{"id":562397,"date":"2026-04-14T23:21:38","date_gmt":"2026-04-14T21:21:38","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-de-cassation-30-janvier-2025-n-2024-00060\/"},"modified":"2026-04-14T23:21:41","modified_gmt":"2026-04-14T21:21:41","slug":"cour-de-cassation-30-janvier-2025-n-2024-00060","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/jurisprudences\/cour-de-cassation-30-janvier-2025-n-2024-00060\/","title":{"rendered":"Cour de cassation, 30 janvier 2025, n\u00b0 2024-00060"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>N\u00b019\/2025 du30.01.2025 Num\u00e9roCAS-2024-00060du registre Audiencepublique dela Cour de cassation du Grand-Duch\u00e9 deLuxembourg du jeudi,trentejanvierdeux mille vingt-cinq. Composition: Agn\u00e8s ZAGO, conseiller \u00e0 laCour de cassation,pr\u00e9sident, Marie-Laure MEYER, conseiller \u00e0 la Cour de cassation, Monique HENTGEN, conseiller \u00e0 la Cour de cassation, Jeanne GUILLAUME, conseiller \u00e0 la Cour de cassation, Carine FLAMMANG, conseiller \u00e0 la Cour de cassation, DanielSCHROEDER, greffier\u00e0la Cour. Entre la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE1.),\u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- ADRESSE1.),inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s sous le num\u00e9ro NUMERO1.),repr\u00e9sent\u00e9e par le conseil d\u2019administration,venant aux droits et obligations de la soci\u00e9t\u00e9 en commandite simpleSOCIETE2.), ayant \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie et ayant eu son si\u00e8ge social \u00e0 L-ADRESSE1.), ayant \u00e9t\u00e9inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s sous le num\u00e9roNUMERO2.)et ray\u00e9een date du 3 d\u00e9cembre 2021 suite\u00e0 la fusion avec la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE1.), repr\u00e9sent\u00e9e par le conseil d\u2019administration, demanderesseen cassation, comparant par la soci\u00e9t\u00e9\u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eb-avocats,inscrite\u00e0la liste V dutableau de l\u2019Ordre desavocats dubarreau de Luxembourg, en l\u2019\u00e9tude de laquelle domicile est \u00e9lu,repr\u00e9sent\u00e9e aux fins de la pr\u00e9sente proc\u00e9dure parMa\u00eetre Denis LENFANT, avocat \u00e0 la Cour, et<\/p>\n<p>2 1)l\u2019ADMINISTRATION DE L\u2019ENREGISTREMENT, DES DOMAINES ET DE LA TVA,repr\u00e9sent\u00e9e par le directeur, ayant ses bureaux \u00e0 L-ADRESSE2.), 2)l\u2019ETAT DU GRAND -DUCHE DE LUXEMBOURG ,repr\u00e9sent\u00e9 par le Ministre d\u2019Etat, ayant ses bureaux\u00e0L-1341 Luxembourg, 2, Place de Clairefontaine, d\u00e9fendeursen cassation, comparant parMa\u00eetre Fr\u00e9d\u00e9rique LERCH,avocat \u00e0 la Cour,en l\u2019\u00e9tude de laquelle domicile est \u00e9lu. ___________________________________________________________________ Vu l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 num\u00e9ro5\/24-II-CIV rendu le10janvier2024sous le num\u00e9ro CAL-2021-00595du r\u00f4le par la Cour d\u2019appel du Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg,deuxi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re civile ; Vu le m\u00e9moire en cassation signifi\u00e9 le18avril2024par la soci\u00e9t\u00e9anonyme SOCIETE1.)(ci-apr\u00e8s la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)\u00bb)\u00e0 l\u2019ADMINISTRATION DE L\u2019ENREGISTREMENT, DES DOMAINES ET DE LA TVA (ci -apr\u00e8s\u00ab l\u2019AEDT \u00bb) et \u00e0 l\u2019ETAT DU GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG (ci-apr\u00e8s\u00ab l\u2019ETAT\u00bb), d\u00e9pos\u00e9 le22avril2024au greffe de la Cour sup\u00e9rieure deJustice ; Vu le m\u00e9moire en r\u00e9ponse signifi\u00e9 le27mai2024par l\u2019AEDTet l\u2019ETAT\u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.), d\u00e9pos\u00e9 le5juin2024au greffe de la Cour ; Sur les conclusions dupremieravocatg\u00e9n\u00e9ralMarc HARPES. Sur la recevabilit\u00e9 du pourvoi Les d\u00e9fendeurs en cassation et leMinist\u00e8re public soul\u00e8vent l\u2019irrecevabilit\u00e9 du pourvoi pour autant qu\u2019il est dirig\u00e9 contrel\u2019ETAT. L\u2019AEDT ayant, d\u2019une part,aux termes de l\u2019article 76, paragraphe 3, de la loi modifi\u00e9e du 12 f\u00e9vrier 1979 concernant la taxe sur la valeur ajout\u00e9e(ci-apr\u00e8s\u00abla loi TVA\u00bb), pouvoir d\u2019agir en justice ou d\u2019y d\u00e9fendre, et le pourvoi en cassation ne visant, d\u2019autre part, pas la disposition de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 ayant d\u00e9clar\u00e9 l\u2019appel irrecevable pour autant qu\u2019il \u00e9tait dirig\u00e9 contrel\u2019ETAT,le pourvoi est irrecevableen cequ\u2019il est dirig\u00e9 contrece dernier. Le pourvoi, introduit dans les formes et d\u00e9lai de la loi, est recevable pour le surplus.<\/p>\n<p>3 Sur les faits Selon l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9, le Tribunal d\u2019arrondissement deLuxembourg, si\u00e9geant en mati\u00e8re civile,avait d\u00e9clar\u00e9non fond\u00e9le recours introduit par la demanderesse en cassation contre la d\u00e9cision du directeur de l\u2019AEDTayantrejet\u00e9sa r\u00e9clamation contre plusieurs bulletins de taxation d\u2019office. La Cour d\u2019appel a confirm\u00e9 le jugement. Sur lepremier moyen de cassation \u00abA. Cas d\u2019ouverture invoqu\u00e9 Moyen tir\u00e9 de la violation par l\u2019Arr\u00eat Attaqu\u00e9 de la loi modifi\u00e9e du 12 f\u00e9vrier 1979 concernant la taxe sur la valeur ajout\u00e9e (TVA), en particulier son article 48; Que la loi modifi\u00e9e du 12 f\u00e9vrier 1979 concernant la taxe sur la valeur ajout\u00e9e (TVA) transpose notamment la directive 2006\/112\/CE modifi\u00e9e du Conseil du 28 novembre 2006 relative au syst\u00e8me de droit commun de la taxe sur la valeur ajout\u00e9e, les jurisprudences qui font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 ces directives doivent donc \u00eatre lues comme \u00e9galement en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 cette loi modifi\u00e9e du 12 f\u00e9vrier 1979 ; Attendu que les moyens en appel de la Demanderesse en Cassation se fondaient principalement sur la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019intention la Demanderesse en Cassation de mettre en place des activit\u00e9s soumises \u00e0 TVA-intention mat\u00e9rialis\u00e9e par des actes pr\u00e9paratoires-dont la d\u00e9duction de la TVA des co\u00fbts y li\u00e9s \u00e9tait demand\u00e9e ; Pi\u00e8ce 1. Conclusions r\u00e9capitulatives d\u2019appel B. Partie critiqu\u00e9e de l\u2019Arr\u00eat Attaqu\u00e9 Attendu que, tout comme le jugement entrepris, l\u2019Arr\u00eat Attaqu\u00e9 se fonde principalement, pour refuser cette d\u00e9ductibilit\u00e9, sur le crit\u00e8re de l\u2019activit\u00e9 exerc\u00e9e parSOCIETE1.)et non pas sur celui de la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019activit\u00e9 envisag\u00e9e; Pi\u00e8ce 2. Jugement civil 2021TALCH01\/00008, rendu par le Tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg,1 \u00e8re chambre, en date du 13 janvier 2021, dans l\u2019affaire portant le num\u00e9ro TAL-2019-04864 du r\u00f4le Pi\u00e8ce 3. Arr\u00eat n\u00b05\/24-II- CIV num\u00e9ro CAL-2021-00595 du r\u00f4le Que notamment, page 19, l\u2019Arr\u00eat Attaqu\u00e9 stipule&lt;&lt;Au vu de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, les d\u00e9clarations dela soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)en ce qui concerne l\u2019activit\u00e9 qu\u2019elle a exerc\u00e9e pendant les ann\u00e9es 2014 \u00e02016 et les \u00e9l\u00e9ments de preuve invoqu\u00e9s ne permettent pas d\u2019\u00e9tablir l\u2019existence d\u2019une activit\u00e9\u00e9conomique soumise \u00e0 la TVA ouvrant droit \u00e0 d\u00e9duction de la TVA pay\u00e9e en amont pendant la p\u00e9riode pr\u00e9cit\u00e9e.&gt;&gt;; C. En quoi l\u2019Arr\u00eat Attaqu\u00e9 encourt le reproche all\u00e9gu\u00e9.<\/p>\n<p>4 Que l\u2019Arr\u00eat Attaqu\u00e9 ne se prononce donc pas sur les intentions r\u00e9elles de la Demanderesse en Cassation ni sur ces activit\u00e9s envisag\u00e9es; Or, la loi modifi\u00e9e du 12 f\u00e9vrier 1979 concernant la taxesur la valeur ajout\u00e9e (TVA), en particulier son article 48, sont interpr\u00e9t\u00e9s par la jurisprudence luxembourgeoise et europ\u00e9enne de la mani\u00e8re suivante quant \u00e0 la prise en compte des activit\u00e9s pr\u00e9paratoires: 1.1. Jugement du Tribunal d\u2019Arrondissement du 24\/11\/2021 n\u00b0 TAL-2020- 08593 (Lexnow L2EAAD57A) &lt;&lt;Le principe de neutralit\u00e9 du syst\u00e8me de la TVA implique que les op\u00e9rateurs \u00e9conomiques soient d\u00e9charg\u00e9s du poids de la TVA. A ce titre, ils sont autoris\u00e9s \u00e0 d\u00e9duire de la TVA per\u00e7ue en aval et qu\u2019ils sont tenus de continuer \u00e0 l\u2019Etat en leur qualit\u00e9 d\u2019agents percepteurs, la TVA acquitt\u00e9e par eux en amont. Ce droit \u00e0 d\u00e9duction n\u2019existe cependant en principe que dans la mesure o\u00f9 les biens ou services acquis en amont se trouvent en lien direct et imm\u00e9diat avec les op\u00e9rations taxables au titre de la TVA en aval. Ce droit \u00e0 d\u00e9duction s\u2019\u00e9tend \u00e0 la TVA support\u00e9e en amont au titre d\u2019activit\u00e9s pr\u00e9paratoires \u00e0 une activit\u00e9 \u00e9conomique en aval soumise \u00e0 la TVA. Ce droit \u00e0 d\u00e9duction de la TVA grevant les activit\u00e9s pr\u00e9paratoires subsiste m\u00eame si l\u2019activit\u00e9 taxable en aval envisag\u00e9e ne se r\u00e9alise jamais. Des op\u00e9rations projet\u00e9es mais non r\u00e9alis\u00e9es ne font pas obstacle \u00e0 l\u2019exercice de d\u00e9duction \u00e0 condition que l\u2019assujetti puisse rapporter la preuve qu\u2019il existe defortes potentialit\u00e9s que la r\u00e9alisation du projet puisse l\u2019amener \u00e0 ex\u00e9cuter des op\u00e9rations soumises \u00e0 taxe, de sorte que m\u00eame sans la r\u00e9alisation d\u2019un chiffre d\u2019affaires taxable au titre d\u2019un exercice, voire plusieurs, les frais g\u00e9n\u00e9raux et autres d\u00e9penses engag\u00e9s par l\u2019assujetti ouvrent droit \u00e0 d\u00e9duction s\u2019ils remplissent les conditions \u00e9nonc\u00e9es ci- dessus.&gt;&gt; 1.2. Arr\u00eat de la CJUE du 29\/02\/1996 n\u00b0 C-110\/94 (Lexnow 7591) &lt;&lt;L\u2019article 4 de la sixi\u00e8me directive 77 \/ 388\/CEE du Conseil, du 17 mai 1977, en mati\u00e8re d\u2019harmonisation des l\u00e9gislations des \u00c9tats membres relatives aux taxes sur le chiffre d&#039;affaires doit \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 en ce sens que lorsque l\u2019administration fiscale a admis la qualit\u00e9 d\u2019assujetti \u00e0 la TVA d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 qui a d\u00e9clar\u00e9 son intention de commencer une activit\u00e9 \u00e9conomique donnant lieu \u00e0 des op\u00e9rations imposables, la commande d\u2019une \u00e9tude de rentabilit\u00e9 pour l\u2019activit\u00e9 envisag\u00e9e peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une activit\u00e9 \u00e9conomique au sens de cet article, m\u00eame si cette \u00e9tude a pour but d\u2019examiner dans quelle mesure l\u2019activit\u00e9 envisag\u00e9e est rentable, et que sauf dans le cas de situations frauduleuses ou abusives, la qualit\u00e9 d\u2019assujetti \u00e0 la TVA ne peut pas \u00eatre retir\u00e9e \u00e0 cette soci\u00e9t\u00e9 avec effet r\u00e9troactif d\u00e8s lors que, au vu des r\u00e9sultats de cette \u00e9tude, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 de ne pas passer \u00e0 la phase op\u00e9rationnelle et de la mettre en liquidation, de sorte que l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique envisag\u00e9e n&#039;a pas donn\u00e9 lieu \u00e0 des op\u00e9rations imposables.&gt;&gt; 1.3. Arr\u00eat de la CJUE du 17\/10\/2018 n\u00b0C249\/17 (Lexnow 20200207323) &lt;&lt;Une soci\u00e9t\u00e9 qui accomplit des actes pr\u00e9paratoires qui s\u2019inscrivent dans le cadre d\u2019un projet d\u2019acquisition d&#039;actions d\u2019une autre soci\u00e9t\u00e9 dans l&#039;intention<\/p>\n<p>5 d\u2019exercer une activit\u00e9 \u00e9conomique consistant \u00e0 s\u2019immiscer dans la gestion de cette derni\u00e8re en lui fournissant des prestations deservicesde gestion soumises \u00e0 la TVA doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme assujetti, au sens de la sixi\u00e8me directive. (point 19)&gt;&gt; 1.4. Arr\u00eat de la CJUE du 08\/16\/2000 n\u00b0 C-396\/98 (Lexnow 7576) &lt;&lt;L\u2019article 17 de la sixi\u00e8me directive 77 \/ 388 \/CEE du Conseil, du 17 mai 1977, en mati\u00e8re d\u2019harmonisation des l\u00e9gislations des \u00c9tats membres relatives aux taxes sur le chiffre d\u2019affaires doit \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 en ce sens que le droit, pour un assujetti, de d\u00e9duire la taxe sur la valeur ajout\u00e9e acquitt\u00e9e sur des biens ou services qui lui ont \u00e9t\u00e9 fournis en vue de r\u00e9aliser certaines op\u00e9rations de location reste acquis lorsqu\u2019une modification l\u00e9gislative post\u00e9rieure \u00e0 la fourniture de ces biens ou de ces services mais ant\u00e9rieure au d\u00e9but desdites op\u00e9rations prive cet assujetti du droit de renoncer \u00e0 l\u2019exon\u00e9ration de celles-ci, m\u00eame si la taxe sur la valeur ajout\u00e9e a \u00e9t\u00e9 liquid\u00e9e sous r\u00e9serve d\u2019un contr\u00f4le a posteriori. \u00c0 cet \u00e9gard, il y a lieu de rappeler quecelui qui a l\u2019intention, confirm\u00e9e par des \u00e9l\u00e9ments objecte, de commencer d\u2019une fa\u00e7on ind\u00e9pendante une activit\u00e9 \u00e9conomique au sens de l\u2019article 4 de la sixi\u00e8me directive et qui effectue les premi\u00e8res d\u00e9penses d\u2019investissement \u00e0 ces fins doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un assujetti. Agissant en tant que tel, il a donc, conform\u00e9ment aux articles 17 et suivants de la sixi\u00e8me directive, le droit de d\u00e9duire imm\u00e9diatement la TVA due ou acquitt\u00e9e sur les d\u00e9penses d\u2019investissement effectu\u00e9es pour les besoins des op\u00e9rations qu\u2019il envisage de faire et qui ouvrent droit \u00e0 d\u00e9duction, sans devoir attendre le d\u00e9but de l\u2019exploitation effective de son entreprise.&gt;&gt; 1.5. Arr\u00eats Midland Bank (C-98\/98, EU:C:2000:300, Rn. 31), et Kretztechnik (C465\/03, (EU:C:2005:320, Rn. 36). &lt;&lt;Apr\u00e8s avoir rappel\u00e9 l\u2019exigence d&#039;un lien direct et imm\u00e9diat entre une op\u00e9ration particuli\u00e8re en amont et une ou plusieurs op\u00e9rations en aval ouvrant droit \u00e0 la d\u00e9duction de la TVA en amont, la Cour a pr\u00e9cis\u00e9 que le droit \u00e0 d\u00e9duction de la TVA en amont est pr\u00e9sum\u00e9 m\u00eame en l&#039;absence d\u2019un lien direct et imm\u00e9diat si les co\u00fbts des services en question font partie des frais g\u00e9n\u00e9raux de l\u2019assujetti et sonten tant que tels-des \u00e9l\u00e9ments du co\u00fbt des biens ou des services qu\u2019il fournit (point 42). \u00c0 cet\u00e9gard, la Cour a constat\u00e9 que l\u2019assujetti avait d\u00e9cid\u00e9 de ne pas inclure ces co\u00fbts dans le prix des op\u00e9rations imposables, mais uniquement dans le prix des op\u00e9rations exon\u00e9r\u00e9es. Toutefois, dans la mesure o\u00f9 ces frais g\u00e9n\u00e9raux ont \u00e9t\u00e9 effectivement support\u00e9s, au moins en partie, en vue dela mise \u00e0 disposition des v\u00e9hicules- op\u00e9ration imposable-ils constituent en tant que tels, selon la Cour, des \u00e9l\u00e9ments de co\u00fbt de ces op\u00e9rations (point 44).&gt;&gt; &lt;&lt;En ce qui concerne l\u2019origine et l\u2019\u00e9tendue du droit \u00e0 d\u00e9duction de la TVA en amont, la Cour de justice se r\u00e9f\u00e8re g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 sa jurisprudence constante, selon laquelle il doit, en principe, exister un lien direct et imm\u00e9diat entre une op\u00e9ration en amont donn\u00e9e et une ou plusieurs op\u00e9rations en aval ouvrant droit \u00e0 la d\u00e9duction de la TVA en amont par l\u2019assujetti. Ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 cette condition que l\u2019assujetti peut d\u00e9duire la TVA en amont et que l\u2019\u00e9tendue du droit \u00e0 d\u00e9duction de la TVA en amont peut \u00eatred\u00e9termin\u00e9e. Toutefois, la Cour pr\u00e9cise qu\u2019un droit \u00e0 d\u00e9duction de la TVA en amont est reconnu \u00e0 l\u2019assujetti m\u00eame en l\u2019absence d\u2019un lien<\/p>\n<p>6 direct et imm\u00e9diat entre une op\u00e9ration sp\u00e9cifique en amont et une ou plusieurs op\u00e9rations en aval ouvrant droit \u00e0 d\u00e9duction de la TVA en amont, si les co\u00fbts des services concern\u00e9s font partie de ses frais g\u00e9n\u00e9raux et sont, en tant que tels, des \u00e9l\u00e9ments duprix des biens ou des services qu&#039;il fournit. En effet, ces co\u00fbts sont directement et imm\u00e9diatement li\u00e9s \u00e0 l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique globale de l\u2019assujetti.&gt;&gt; 1.6. Arr\u00eat C-153\/17, Volkswagen Financial Services (UK) &lt;&lt;La Cour, qui a d\u2019abord examin\u00e9 si les conditions d&#039;assujettissement \u00e9taient r\u00e9unies, s\u2019est notamment r\u00e9f\u00e9r\u00e9e aux arr\u00eats Larentia + Minerva et Marenave Schiffahrt (C-108 \/ 14 et C-109 \/ 14) 14 et a soulign\u00e9 que le droit \u00e0 d\u00e9duction de la TVA suppose une intervention directe ou indirecte dans la gestion de la soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle la participation a \u00e9t\u00e9 acquise (points 16 et 17). En outre, la Cour rappelle que les activit\u00e9s pr\u00e9paratoires font d\u00e9j\u00e0 partie de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique et que, par cons\u00e9quent, toute personne qui a l\u2019intention, \u00e9tay\u00e9e par des preuves objectives, d\u2019exercer une activit\u00e9 \u00e9conomique de mani\u00e8re ind\u00e9pendante et qui effectue des d\u00e9penses d\u2019investissement initial \u00e0 ces fins doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un assujetti (point 18). La Cour conclut qu\u2019une soci\u00e9t\u00e9 qui, dans le cadre d\u2019un projet d\u2019acquisition d\u2019actions d\u2019une autre soci\u00e9t\u00e9, accomplit des actes pr\u00e9paratoires dans l\u2019intention d\u2019exercer une activit\u00e9 \u00e9conomique consistant \u00e0 fournir \u00e0 cettesoci\u00e9t\u00e9 des services de gestion soumis \u00e0 la TVA doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un assujetti au sens de la directive 77 \/ 388 si elle intervient dans la gestion des services de gestion soumis \u00e0 la TVA pour cette soci\u00e9t\u00e9. La Cour pr\u00e9cise en outre que,selon l\u2019arr\u00eat INZO, le droit \u00e0 la d\u00e9duction de la TVA en amont reste en vigueur m\u00eame si l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique envisag\u00e9e n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 exerc\u00e9e par la suite et n\u2019a donc pas donn\u00e9 lieu \u00e0 des op\u00e9rations imposables. Il en va de m\u00eame, selon les arr\u00eats Midland Bank et Ghent Coal Terminal (C-37 \/ 95, EU:C:1998:1), si l&#039;assujetti n&#039;a pas pu utiliser les biens ou les services sur la base desquels la d\u00e9duction a \u00e9t\u00e9 op\u00e9r\u00e9edans le cadre d\u2019op\u00e9rations imposables en raison de circonstances ind\u00e9pendantes de sa volont\u00e9 (point 25). En outre, la TVA pay\u00e9e ne peut \u00eatre int\u00e9gralement d\u00e9duite en tant qu\u2019imp\u00f4t pr\u00e9alable que si les d\u00e9penses sont fondamentalement justifi\u00e9es exclusivement dans le cadre de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique vis\u00e9e, c&#039;est-\u00e0-dire dans le cadre de la fourniture \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 cible de services de gestion soumis \u00e0 la TVA. Si certaines de ces d\u00e9penses se rapportent \u00e9galement \u00e0 une activit\u00e9 exon\u00e9r\u00e9e ou non \u00e9conomique, la TVA pay\u00e9e en amont sur cesd\u00e9penses ne peut \u00eatre d\u00e9duite que proportionnellement (point 30). La Cour a donc jug\u00e9 que la directive 77\/388 conf\u00e8re \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 qui a l\u2019intention d\u2019acqu\u00e9rir toutes les actions d\u2019une autre soci\u00e9t\u00e9 afin d\u2019exercer une activit\u00e9 \u00e9conomique sous la forme d\u2019une prestation de services de gestion soumise \u00e0 la TVA \u00e0 cette derni\u00e8re, le droit de d\u00e9duire int\u00e9gralement en tant que TVA d\u2019amont la TVA pay\u00e9e sur les d\u00e9penses de services de conseil qu\u2019elle a utilis\u00e9es dans le cadre d\u2019une offre publique d\u2019achat formelle, m\u00eame si cette activit\u00e9 \u00e9conomique n\u2019a finalement pas \u00e9t\u00e9 exerc\u00e9e,\u00e0 condition que ces d\u00e9penses soient exclusivement justifi\u00e9es par l&#039;activit\u00e9 \u00e9conomique envisag\u00e9e.&gt;&gt;,<\/p>\n<p>7 R\u00e9ponse de la Cour La demanderesse en cassationfait grief aux juges d\u2019appel d\u2019avoir viol\u00e9 l\u2019article 48 de la loi TVAenne s\u2019\u00e9tant pas prononc\u00e9ssur ses\u00abintentions r\u00e9elles(\u2026) ni sur ces activit\u00e9s envisag\u00e9es\u00bb, alors queses moyens d\u2019appel se fondaient sur la r\u00e9alit\u00e9 de son intention, mat\u00e9rialis\u00e9e par des actes pr\u00e9paratoires, de mettre en place des activit\u00e9s soumises \u00e0 la TVA, dontelle avait sollicit\u00e9la d\u00e9ductionpay\u00e9e en amont. Le moyen vise le d\u00e9faut de motivation qui est un vice de forme. Le grief, en ce qu\u2019il reproche aux juges d\u2019appel de ne pas avoir motiv\u00e9 leur d\u00e9cision sur le point consid\u00e9r\u00e9 est \u00e9tranger \u00e0l\u2019article 48 de la loi TVAqui fixe le principe et les conditions du droit \u00e0 d\u00e9duction de la taxe sur la valeur ajout\u00e9e acquitt\u00e9e en amont, en transposant l\u2019article 168 de la directive 2006\/112\/CE modifi\u00e9e du Conseil du 28 novembre 2006 relative au syst\u00e8me commun de taxe sur la valeur ajout\u00e9e, tel qu\u2019interpr\u00e9t\u00e9 par la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne(ci-apr\u00e8s\u00abla CJUE\u00bb). Il s\u2019ensuit que le moyen est irrecevable. Sur ledeuxi\u00e8memoyen de cassation Enonc\u00e9 dumoyen \u00abA. Cas d&#039;ouverture invoqu\u00e9 Moyen tir\u00e9 de laviolation par l\u2019Arr\u00eat Attaqu\u00e9 de la loi modifi\u00e9e du 12 f\u00e9vrier 1979 concernant la taxe sur la valeur ajout\u00e9e (TVA), en particulier son article 48 ; Que la loi modifi\u00e9e du 12 f\u00e9vrier 1979 concernant la taxe sur la valeur ajout\u00e9e (TVA) transpose notamment la directive 2006\/112\/CE modifi\u00e9e du Conseil du 28 novembre 2006 relative au syst\u00e8me de droit commun de la taxe sur la valeur ajout\u00e9e, les jurisprudences qui font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 ces directives doivent donc \u00eatre lues comme \u00e9galement en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 cette loi modifi\u00e9e du 12 f\u00e9vrier 1979 ; Attendu que l\u2019Arr\u00eat Attaqu\u00e9 exige des preuves de l&#039;activit\u00e9 \u00e9conomique et se fonde sur le chiffre d&#039;affaires r\u00e9el de la Demanderesse en Cassation ; B. Partie critiqu\u00e9e de l\u2019Arr\u00eat Attaqu\u00e9 Attendu que l\u2019Arr\u00eat Attaqu\u00e9 a exig\u00e9 despreuves \u00e9tablissant &lt;&lt; l\u2019existence d\u2019une activit\u00e9 \u00e9conomique soumise \u00e0 la TVA ouvrant droit \u00e0 d\u00e9duction de la TVA pay\u00e9e en amont pendant la p\u00e9riode pr\u00e9cit\u00e9e. &gt;&gt; ; Qu\u2019il a affirmant &lt;&lt; qu\u2019il appartient \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)de rapporter la preuve que les frais expos\u00e9s dans le cadre des actes pr\u00e9paratoires de son activit\u00e9 d\u2019arrangeur ont un lien direct et imm\u00e9diat avec des activit\u00e9s \u00e9conomiques taxables exerc\u00e9es comme arrangeur &gt;&gt;<\/p>\n<p>8 Qu\u2019il a exig\u00e9 despreuves\u00e9tablissant &lt;&lt; l\u2019existence d\u2019une activit\u00e9 \u00e9conomique soumise \u00e0 la TVA ouvrant droit \u00e0 d\u00e9duction de la TVA pay\u00e9e en amont pendant la p\u00e9riode pr\u00e9cit\u00e9e. &gt;&gt; C. En quoi l\u2019Arr\u00eat Attaqu\u00e9 encourt le reproche all\u00e9gu\u00e9 Attendu qu\u2019en exigeant les preuves d\u00e9crites ci-avant, l\u2019Arr\u00eat Attaqu\u00e9 a appliqu\u00e9 un crit\u00e8re contraire \u00e0 la loi modifi\u00e9e du 12 f\u00e9vrier 1979 concernant la taxe sur la valeur ajout\u00e9e (TVA), en particulier son article 48, comme le rappellent les jurisprudencescit\u00e9es dans la section 1.C ci-dessus, qui \u00e9tablissent clairement qu\u2019une intention d\u2019entreprendre une activit\u00e9 soumise \u00e0 la TVA suffit \u00e0 ouvrir le droit \u00e0 d\u00e9duction.\u00bb. R\u00e9ponse de la Cour La demanderesse en cassation fait grief aux juges d\u2019appel d\u2019avoir viol\u00e9 l\u2019article 48 dela loiTVAen ayant, par le fait d\u2019exigerdes preuves de son activit\u00e9 \u00e9conomique,\u00abappliqu\u00e9 un crit\u00e8re contraire\u00bb\u00e0 l\u2019article 48,interpr\u00e9t\u00e9 par la CJUE et par la jurisprudence luxembourgeoise en ce sens quel\u2019intentiond\u2019entreprendre une activit\u00e9 \u00e9conomique soumise \u00e0 TVA suffirait \u00e0 ouvrir le droit \u00e0 d\u00e9duction. Concernant l\u2019interpr\u00e9tation du droit de l\u2019Union europ\u00e9enne relatif au syst\u00e8me commun de taxe sur la valeur ajout\u00e9e,la CJUE adit pour droit qu\u2019\u00abilincombe \u00e0 celuiqui sollicitelad\u00e9duction de la TVA d\u2019\u00e9tablir que les conditions pour en b\u00e9n\u00e9ficier sont remplieset,notamment,qu\u2019ilaccomplit les crit\u00e8res d\u2019un assujetti\u00bb, que\u00abl\u2019article 4, paragraphe 1, de la sixi\u00e8me directive(\u2026)ne s\u2019oppose pas \u00e0 ce que l\u2019administration fiscale exige que l\u2019intention d\u00e9clar\u00e9e soit confirm\u00e9e par des \u00e9l\u00e9ments objectifs(\u2026)\u00bb(CJCE14 f\u00e9vrier 1985, aff. 268\/83, D.A. Rompelmanet E.A. Rompelman-VanDeelen, points24et 25),que\u00abtoute personne qui a l\u2019intention, confirm\u00e9e par des \u00e9l\u00e9ments objectifs, de commencer une activit\u00e9 \u00e9conomique et qui effectue les premi\u00e8res d\u00e9penses d\u2019investissement \u00e0 ces fins doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme assujetti\u00bbetque\u00abpour que la TVA puisse \u00eatre d\u00e9duite dans son int\u00e9gralit\u00e9 il faut queles d\u00e9penses expos\u00e9es aient, en principe, leur cause exclusive dans l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique envisag\u00e9e\u00bb(CJUE 17 octobre 2018, aff. C- 249\/17,Ryanair,points18et 30). En retenant \u00abLes principes r\u00e9gissant le droit \u00e0 d\u00e9duction de la TVA r\u00e9sultent de deux arr\u00eats rendus par la CJUE en date des 14 f\u00e9vrier 1985 et 29 f\u00e9vrier 1996. Dans l\u2019arr\u00eat du 14 f\u00e9vrier 1985 (Arr\u00eat D.A. Rompelman et E.A. Rompelman- Van Deelen, affaire n\u00b0268\/83), la CJUE(\u2026)a[retenu]qu\u2019il incombe \u00e0 celui qui demande la d\u00e9duction de la TVA d\u2019\u00e9tablir que les conditions pour en b\u00e9n\u00e9ficier sont remplies et, notamment, qu\u2019il accomplit les crit\u00e8res d\u2019un assujetti. Dans l\u2019arr\u00eat du 29 f\u00e9vrier 1996 (Arr\u00eat Intercommunale voor zeewaterontzilting (INZO) en liquidation c. Belgische Staat, affaire n\u00b0110\/94), la CJUE a r\u00e9affirm\u00e9 le principe retenu dans son arr\u00eat Rompelman, \u00e0 savoir qu\u2019il incombe \u00e0 celui qui demande la d\u00e9duction de la TVA d\u2019\u00e9tablir que les conditions<\/p>\n<p>9 pour en b\u00e9n\u00e9ficier sont remplies et que l\u2019administration fiscale est en droit d\u2019exiger que l\u2019intention d\u00e9clar\u00e9e de commencer des activit\u00e9s \u00e9conomiques donnant lieu \u00e0 des op\u00e9rations imposables soit confirm\u00e9e par des \u00e9l\u00e9ments objectifs. Cette preuve peut \u00eatre rapport\u00e9e par tous moyens, donc m\u00eame par de simples pr\u00e9somptions, \u00e0 condition qu\u2019elles reposent sur un faisceau d\u2019indices graves et concordants. Il en r\u00e9sulte qu\u2019il appartient \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)de rapporter la preuve d\u2019une activit\u00e9 \u00e9conomique taxable, respectivement d\u2019actes pr\u00e9paratoires \u00e0 une telle activit\u00e9 ouvrant le droit \u00e0 d\u00e9duction de la TVA support\u00e9e en amont, activit\u00e9 qui, selon ses premi\u00e8res d\u00e9clarations, \u00e9tait celle d\u2019un arrangeur. (\u2026) Dans sa correspondance \u00e9chang\u00e9e avec l\u2019AEDT en date des 20 et 23 avril 2018 ainsi qu\u2019en date du 1 er mai 2018, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)fait valoir que&lt;&lt;[\u2026] Historisch war unser Umsatz vor dem Steuerjahr 2014 null-oder mehrwertssteuerfrei (Provisionen f\u00fcr den Vertrieb von Finanzinstrumenten). Seit sp\u00e4testens 15.06.2014 haben wir jedoch damit begonnen, die beabsichtigte Funktion des Unternehmens zu implementieren, d.h. als&quot;Arranger&quot;verschiedener Verbriefungsgesch\u00e4fte. In dieser Hinsicht betrafen die Kosten der Gesellschaft Rechtsdienstleistungen im Zusammenhang mitbeabsichtigten Beratungs-\/und Strukturierungsaktivit\u00e4ten (&quot;Arranger&quot;f\u00fcr verschiedene Wertpapiergesch\u00e4fte).&gt;&gt; (\u2026) Dans ses courriers des 23 avril et 1 er mai 2018 ainsi que dans sa lettre de r\u00e9clamation du 27 ao\u00fbt 2018 relative \u00e0 l\u2019ann\u00e9e 2015, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)a \u00e9galement fait valoir dans des termes similaires qu\u2019elle s\u2019est r\u00e9orient\u00e9e \u00e0 partir de l\u2019ann\u00e9e 2014 \u00e0 une activit\u00e9 d\u2019arrangeur. Dans ces courriers, elle renvoie \u00e0 chaque fois \u00e0 la jurisprudence INZO de la CJUE retenant le principe du droit \u00e0 la d\u00e9duction de la TVA pour des actes pr\u00e9paratoires \u00e0 une activit\u00e9 \u00e9conomique taxable. Dans son acte d\u2019assignation du 25 avril 2019, elle a soutenu que&lt;&lt;depuis 2013, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)a engag\u00e9 la mise en \u0153uvre de la fonction envisag\u00e9e d\u2019arrangeur dans le cadre d\u2019op\u00e9rations de titrisation. Dans ce contexte, les charges support\u00e9es parSOCIETE3.)concernaient des frais de conseil juridique expos\u00e9s dans le cadre de l\u2019activit\u00e9 de conseil\/structuration envisag\u00e9e (i.e. arrangeur dans le cadre d\u2019op\u00e9rations de titrisation)&gt;&gt;. Il convient d\u00e8s lors de retenir que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)a elle-m\u00eame qualifi\u00e9 son activit\u00e9 comme \u00e9tant celle d\u2019un arrangeur. Outre le fait que le courrier de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)du 18 avril 2013 adress\u00e9 \u00e0 la CSSF n\u2019\u00e9tablit pas l\u2019absence de son intention d\u2019intervenir comme arrangeur, ce courrier est contredit par le fait qu\u2019elle mentionne elle-m\u00eame dans son acte d\u2019appel que ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 l\u2019issue d\u2019une r\u00e9union avec la CSSF au moisde d\u00e9cembre 2014, qu\u2019elle a d\u00e9cid\u00e9 qu\u2019elle ne serait pas arrangeur.<\/p>\n<p>10 L\u2019intention de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)d\u2019exercer une activit\u00e9 d\u2019arrangeur r\u00e9sulte encore d\u2019un second document du 5 septembre 2013 invoqu\u00e9 par l\u2019AEDT qualifi\u00e9 de&lt;&lt;Request for Proposal reponse&gt;&gt;. Dans ce document, la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE1.)est d\u00e9sign\u00e9e comme&lt;&lt;Arranger&gt;&gt;. Dans la mesure o\u00f9, dans un premier temps, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)fait elle- m\u00eame valoir qu\u2019elle a r\u00e9orient\u00e9 son activit\u00e9 vers celle d\u2019arrangeur, l\u2019absence tant d\u2019actif \u00e0 transf\u00e9rer que de licence&lt;&lt;MIFID&gt;&gt;, \u00e0 la supposer \u00e9tablie, n\u2019exclut pas qu\u2019elle ait, au cours de la p\u00e9riode concern\u00e9, pos\u00e9 des actes pr\u00e9paratoires \u00e0 une telle activit\u00e9, activit\u00e9 qu\u2019elle pr\u00e9tend avoir abandonn\u00e9 par la suite. En ce qui concerne les prestations fournies par un arrangeur, la Cour d\u2019appel se rallie et fait sienne les d\u00e9veloppements exhaustifs faits par les juges de premi\u00e8re instance. Au vu de ces d\u00e9veloppements, il convient de retenir que de nombreux aspects de l\u2019activit\u00e9 d\u2019arrangeur sont exon\u00e9r\u00e9s de TVA en application de l\u2019article 44, paragraphe 1, points c) et d) en tant qu\u2019op\u00e9rations de conseil en placement, services se rattachant aux op\u00e9rations d\u2019\u00e9mission ainsi qu\u2019op\u00e9rations portant sur les cr\u00e9ances ainsi que la n\u00e9gociation de ces op\u00e9rations. Il convient de rappeler qu\u2019il appartient \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)de rapporter la preuve que les frais expos\u00e9s dans le cadre des actes pr\u00e9paratoires de son activit\u00e9 d\u2019arrangeur ont un lien direct et imm\u00e9diat avec des activit\u00e9s \u00e9conomiques taxables exerc\u00e9es comme arrangeur. Un tel lien ne r\u00e9sulte pas des factures invoqu\u00e9es par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.) pour les ann\u00e9es 2014 \u00e0 2016. Au vu du fait qu\u2019elle a d\u00e9clar\u00e9 avoir eu l\u2019intention d\u2019agir comme arrangeur \u00e0 partir de l\u2019ann\u00e9e 2014 au plus tard, il y a lieu de retenir que les services de conseil juridique ainsi que les frais g\u00e9n\u00e9raux pour lesquels elle sollicite le droit \u00e0 d\u00e9duction de la TVA ont \u00e9t\u00e9 expos\u00e9s dans le cadre des missions centrales de structuration exerc\u00e9es par un arrangeur qui b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019une exon\u00e9ration en application de l\u2019article 44 pr\u00e9cit\u00e9 de la loi TVA. C\u2019est encore \u00e0 tort que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)renvoie au prospectus de base deSOCIETE4.)Spc pr\u00e9voyant en pages 278 et 279 que&lt;&lt;the issuer has concluded an agreement withSOCIETE5.)plc. acting as arranger of the Issuer (the Arranger)&gt;&gt;pour \u00e9tablir qu\u2019elle n\u2019a pas prest\u00e9 des services exon\u00e9r\u00e9s de TVA au sens de l\u2019article 44 pr\u00e9cit\u00e9. Ce prospectus, dat\u00e9 au 4 novembre 2016, n\u2019exclut pas que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)ait envisag\u00e9 une telle activit\u00e9 d\u2019arrangeur avant cette date impliquant que lesdits services prest\u00e9s \u00e0 ce titre \u00e9taient exon\u00e9r\u00e9s de la TVA. Au vu de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)ne rapporte pas la preuve d\u2019actes pr\u00e9paratoires \u00e0 une activit\u00e9 lui ouvrant le droit \u00e0 d\u00e9duction de la TVA.\u00bb, les juges d\u2019appel ontfait l\u2019exacteapplication dela disposition vis\u00e9e au moyen,conform\u00e9ment\u00e0 la jurisprudence dela CJUE. Il s\u2019ensuit que le moyen n\u2019est pas fond\u00e9.<\/p>\n<p>11 Sur le troisi\u00e8me moyen de cassation Enonc\u00e9 du moyen \u00abA. Cas d\u2019ouverture invoqu\u00e9 Moyen tir\u00e9 de la violation par l\u2019Arr\u00eat Attaqu\u00e9 de la loi modifi\u00e9e du 12 f\u00e9vrier 1979concernant la taxe sur la valeur ajout\u00e9e (TVA), en particulier son article 48; Que la loi modifi\u00e9e du 12 f\u00e9vrier 1979 concernant la taxe sur la valeur ajout\u00e9e (TVA) transpose notamment la directive 2006\/112\/CE modifi\u00e9e du Conseil du 28 novembre 2006relative au syst\u00e8me de droit commun de la taxe sur la valeur ajout\u00e9e, les jurisprudences qui font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 ces directives doivent donc \u00eatre lues comme \u00e9galement en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 cette loi modifi\u00e9e du 12 f\u00e9vrier 1979 ; Attendu que l\u2019Arr\u00eat Attaqu\u00e9 s\u2019est fond\u00e9 sur l\u2019\u00e9volution du chiffre d&#039;affaires de la Demanderesse en Cassation pour lui refuser le droit \u00e0 d\u00e9duction ; B. Partie critiqu\u00e9e de l\u2019Arr\u00eat Attaqu\u00e9 Attendu que l\u2019Arr\u00eat Attaqu\u00e9 s\u2019est bas\u00e9 sur l\u2019\u00e9volution du chiffre d\u2019affaires, &lt;&lt; la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)avait un chiffre d&#039;affaires exon\u00e9r\u00e9 de TVA d&#039;un montant de 831.105,52 euros pour 2014, aucun chiffre d&#039;affaires pour 2015 et un chiffre d&#039;affaires de 5.050 euros pour 2016 &gt;&gt; ; C. En quoi l\u2019Arr\u00eat Attaqu\u00e9 encourt le reproche all\u00e9gu\u00e9 Attenduqu\u2019en exigeant les preuves d\u00e9crites ci-avant, l\u2019Arr\u00eat Attaqu\u00e9 a appliqu\u00e9 un crit\u00e8re contraire \u00e0 la loi modifi\u00e9e du 12 f\u00e9vrier 1979 concernant la taxe sur la valeur ajout\u00e9e(TVA), en particulier son article 48, comme le rappellent les jurisprudences cit\u00e9es dans la section 1.C ci-dessus, qui \u00e9tablissent clairement qu\u2019aucun chiffre d\u2019affaire n\u2019est exig\u00e9 pour ouvrir le droit \u00e0 d\u00e9duction.\u00bb. R\u00e9ponse de la Cour La demanderesse faitgrief aux juges d\u2019appel d\u2019avoir viol\u00e9l\u2019article 48 dela loi TVA enayant, par le fait des\u2019\u00eatre fond\u00e9s sur l\u2019\u00e9volution de son chiffre d\u2019affairespour lui refuser le droit \u00e0 d\u00e9duction,\u00abappliqu\u00e9 un crit\u00e8re contraire\u00bb\u00e0 l\u2019article 48telqu\u2019interpr\u00e9t\u00e9 par la CJUEetexig\u00e9des \u00e9l\u00e9ments de preuved\u00e9passant le cadre de la disposition vis\u00e9e au moyen. Les juges d\u2019appel, dans le cadre de leur pouvoir souverain d\u2019appr\u00e9ciation des \u00e9l\u00e9ments de preuve,ont valablementetsans ajouter une condition \u00e0 la disposition vis\u00e9e au moyen, pud\u00e9duire de l\u2019ensemble des \u00e9l\u00e9ments de preuve leur soumisque la demanderesse en cassation n\u2019avait pas rapport\u00e9 la preuve de l\u2019existence d\u2019une activit\u00e9 \u00e9conomique soumise \u00e0 la TVA ouvrant droit \u00e0 la d\u00e9duction de la TVApay\u00e9een amont. Il s\u2019ensuit que le moyen n\u2019est pas fond\u00e9.<\/p>\n<p>12 Sur lequatri\u00e8me moyen de cassation Enonc\u00e9 du moyen \u00abA. Casd\u2019ouvertureinvoqu\u00e9 Moyen tir\u00e9 de la violation par l\u2019Arr\u00eat Attaqu\u00e9 de la loi modifi\u00e9e du 12 f\u00e9vrier 1979 concernant la taxe sur la valeur ajout\u00e9e (TVA), en particulier sonarticle 48; Que la loi modifi\u00e9e du 12 f\u00e9vrier 1979 concernant la taxe sur la valeur ajout\u00e9e (TVA) transpose notamment la directive 2006\/112\/CE modifi\u00e9e du Conseil du 28 novembre 2006 relative au syst\u00e8me de droit commun de la taxe sur la valeur ajout\u00e9e, les jurisprudences qui font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 ces directives doivent donc \u00eatre lues comme \u00e9galement en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 cette loi modifi\u00e9e du 12 f\u00e9vrier 1979 ; Attendu que l\u2019Arr\u00eat Attaqu\u00e9 s\u2019est fond\u00e9 sur une exigence de preuve non pr\u00e9vue par le texte ; B. Partie critiqu\u00e9e de l\u2019Arr\u00eat Attaqu\u00e9 Attendu l\u2019Arr\u00eat Attaqu\u00e9 affirme qu\u2019&lt;&lt; ilincombe \u00e0 celui qui demande la d\u00e9duction de la TVA d\u2019\u00e9tablir que les conditions pour en b\u00e9n\u00e9ficier sont remplies et que l\u2019administration fiscale est en droit d\u2019exiger que l\u2019intention d\u00e9clar\u00e9e de commencer des activit\u00e9s \u00e9conomiques donnant lieu \u00e0 des op\u00e9rations imposables soit confirm\u00e9e par des \u00e9l\u00e9ments objectifs. Cette preuve peut \u00eatre rapport\u00e9e par tous moyens, donc m\u00eame par de simples pr\u00e9somptions, \u00e0 condition qu\u2019elles reposent sur unfaisceau d\u2019indices graves et concordants.&gt;&gt;. C. Enquoi l\u2019Arr\u00eat Attaqu\u00e9 encourt le reproche all\u00e9gu\u00e9 Attenduqu\u2019en exigeant un &lt;&lt; faisceau d\u2019indices graves et concordants &gt;&gt; comme crit\u00e8re suppl\u00e9mentaire aux exigences de la loi modifi\u00e9e du 12f\u00e9vrier 1979 concernant la taxe sur la valeur ajout\u00e9e (TVA), en particulier son article 48, alors qu\u2019aucune jurisprudence communautaire ou luxembourgeoise ne semble en faire \u00e9tat.\u00bb. R\u00e9ponse de la Cour La demanderesse faitgrief aux juges d\u2019appel d\u2019avoir viol\u00e9l\u2019article 48 dela loi TVA enayant, par l\u2019exigence d\u2019un\u00abfaisceau d\u2019indices graves et concordants\u00bb en rapport avec la preuvede l\u2019intention d\u00e9clar\u00e9ed\u2019une activit\u00e9 \u00e9conomique taxable ouvrant droit \u00e0 une d\u00e9duction de la TVApay\u00e9een amont,requis une preuve non pr\u00e9vue \u00e0 la disposition vis\u00e9e au moyen. Le moyen proc\u00e8de d\u2019une lecture erron\u00e9e de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9en ce queles juges d\u2019appel, par rapport \u00e0 l\u2019administration de la preuve, n\u2019ont fait que rappelerle principe suivant lequella preuve,en mati\u00e8re de d\u00e9duction de la TVA,peut se faire\u00abpar tous<\/p>\n<p>13 moyens, donc m\u00eame par de simples pr\u00e9somptions, \u00e0 condition qu\u2019elles reposent sur un faisceau d\u2019indices graves et concordants\u00bb. Il s\u2019ensuit que le moyen manque en fait. Sur la demande en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure Il serait in\u00e9quitable de laisser \u00e0 charge de la d\u00e9fenderesse en cassation sub 1) l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des frais expos\u00e9s non compris dans les d\u00e9pens. Il convient de lui allouer l\u2019indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure sollicit\u00e9e de3.500 euros. PAR CES MOTIFS, la Cour de cassation d\u00e9clare le pourvoi en cassation irrecevable en ce qu\u2019il est dirig\u00e9 contre l\u2019ETAT DU GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG ; le rejettepour le surplus; condamnela demanderesse en cassation \u00e0 payer \u00e0 la d\u00e9fenderesse en cassation sub 1) une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 3.500 euros; la condamne aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance en cassation, avec distraction au profit de Ma\u00eetre Fr\u00e9d\u00e9rique LERCH, sur ses affirmations de droit. La lecture du pr\u00e9sent arr\u00eat a \u00e9t\u00e9 faite en la susdite audience publique par le conseiller Agn\u00e8s ZAGOen pr\u00e9sence du premieravocat g\u00e9n\u00e9ralSimone FLAMMANG et du greffier Daniel SCHROEDER.<\/p>\n<p>14 Conclusions du Parquet g\u00e9n\u00e9ral dansl\u2019affaire de cassation entre la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE1.) et 1.l\u2019Administration de l\u2019enregistrement, des domaines et de la TVA 2.l\u2019\u00c9tat du Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg (n\u00b0 CAS-2024-00060 du registre) Par m\u00e9moire signifi\u00e9 le 18 avril 2024 \u00e0 l\u2019Administration de l\u2019enregistrement, des domaines et de la TVA (ci-apr\u00e8s l\u2019\u00abAEDT\u00bb) et \u00e0 l\u2019Etat du Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg et d\u00e9pos\u00e9 le 22 avril 2024 au greffe de la Cour sup\u00e9rieure de justice, Ma\u00eetre Denis LENFANT, avocat \u00e0 la Cour, agissant au nom et pour le compte de la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE1.)(ci-apr\u00e8s \u00abSOCIETE1.)\u00bb),a form\u00e9un pourvoi en cassation contre un arr\u00eat rendu contradictoirement le 10 janvier 2024 par la Cour d\u2019appel, deuxi\u00e8me chambre, si\u00e9geanten mati\u00e8re civile, dans la cause inscrite sous le num\u00e9ro CAL-2021-00595 du r\u00f4le. Sur la recevabilit\u00e9 du pourvoi en cassation: Aux termes de l\u2019article 76, paragraphe 3, de la loi modifi\u00e9e du 12 f\u00e9vrier 1979 concernant la taxe sur la valeur ajout\u00e9e (ci-apr\u00e8s, la \u00abLoi TVA\u00bb), l\u2019AEDT dispose du pouvoir d\u2019agir en justice et d\u2019y d\u00e9fendre 1 . Cette disposition fait exception \u00e0 la r\u00e8gle \u00e9dict\u00e9e par l\u2019article 163 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile selon laquelle les assignations concernant uneadministration publique \u00e9tatique qui n\u2019a pas de personnalit\u00e9 juridique sont \u00e0 diriger contre l\u2019\u00c9tat, repr\u00e9sent\u00e9 par le ministre d\u2019\u00c9tat 2 . 1 Cass. 23 mai 2019, num\u00e9ro CAS-2018-00052 du registre. 2 Cass. 7 avril 2011, num\u00e9ro 2849 du registre.<\/p>\n<p>15 Il r\u00e9sulte par ailleurs de l\u2019examen des moyens de cassation que le pourvoi en cassation ne vise pas la disposition de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 qui a d\u00e9clar\u00e9 l\u2019appel irrecevable en ce qu\u2019il \u00e9tait dirig\u00e9 contre l\u2019\u00c9tat du Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg 3 . Il en suit que le pourvoi doit uniquement \u00eatre dirig\u00e9 contre l\u2019AEDT et qu\u2019il est irrecevable en ce qu\u2019il est dirig\u00e9 contre l\u2019\u00c9tat du Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg. Pour le surplus, le pourvoi introduit est recevable en ce qu\u2019il est dirig\u00e9 contre une d\u00e9cision contradictoire rendue en dernier ressort qui tranche tout le principal. Il remplit encore les conditions de d\u00e9lai 4 et de forme 5 pr\u00e9vues par la loi modifi\u00e9e du 18 f\u00e9vrier 1885 sur les pourvois et la proc\u00e9dure en cassation. Il en suit que le pourvoi est recevable en ce qu\u2019il est dirig\u00e9 contre l\u2019AEDT. Sur le m\u00e9moire en r\u00e9ponse: Un m\u00e9moire en r\u00e9ponse a \u00e9t\u00e9 signifi\u00e9 le 27 mai 2024 \u00e0SOCIETE1.)par Ma\u00eetre Fr\u00e9d\u00e9rique LERCH, avocat \u00e0 la Cour, agissant au nom et pour le compte des d\u00e9fendeurs en cassation et d\u00e9pos\u00e9 au greffe de la Cour sup\u00e9rieure de justice le 5 juin 2024. Ce m\u00e9moire peut \u00eatre pris en consid\u00e9ration pour avoir \u00e9t\u00e9 introduit dans lesconditions de forme et de d\u00e9lai pr\u00e9vues dans la loi modifi\u00e9e du 18 f\u00e9vrier 1885 sur les pourvois et la proc\u00e9dure en cassation. Sur les faits et r\u00e9troactes: Par proc\u00e8s-verbaux des 4 janvier et 8 mai 2018, l\u2019AEDT a refus\u00e9 \u00e0 la demanderesse en cassation la d\u00e9duction de la TVA support\u00e9e en amont pour les ann\u00e9es d\u2019imposition 2014, 2015 et 2016, au motif qu\u2019elle n\u2019\u00e9tablissait pas de lien direct et imm\u00e9diat avec son chiffre d\u2019affaires. Elle lui a adress\u00e9, le 11 mai 2018, trois bulletins de taxation d\u2019office sur la TVA contre lesquels la demanderesse en cassation a introduit une r\u00e9clamation par trois courriers du 27 ao\u00fbt 2018. 3 Cass. 23 mai 2019, pr\u00e9cit\u00e9. 4 L\u2019arr\u00eat entrepris a \u00e9t\u00e9 signifi\u00e9 \u00e0la demanderesse en cassationle27 f\u00e9vrier 2024(pi\u00e8ce n\u00b01de MeFr\u00e9d\u00e9rique Lerch), de sorte que le pourvoi introduit le22 avril2024 l\u2019a \u00e9t\u00e9 end\u00e9ans le d\u00e9lai de deux mois pr\u00e9vus \u00e0 l\u2019article 7 de la loi modifi\u00e9e du 18 f\u00e9vrier 1885 sur les pourvoiset la proc\u00e9dure en cassation. 5 La demanderesse encassation a d\u00e9pos\u00e9au greffe de la Cour sup\u00e9rieure de justiceun m\u00e9moire en cassationsign\u00e9 par un avocat \u00e0 la Cour,signifi\u00e9 pr\u00e9alablement \u00e0 son d\u00e9p\u00f4t aux d\u00e9fendeurs en cassation, de sorte que les formalit\u00e9s impos\u00e9es par l\u2019article 10 de la loimodifi\u00e9e du 18 f\u00e9vrier 1885 sur les pourvois et la proc\u00e9dure en cassationont \u00e9t\u00e9 respect\u00e9es.<\/p>\n<p>16 Par d\u00e9cision du directeur de l\u2019AEDT du 18 janvier 2019, les trois bulletins de taxation ont \u00e9t\u00e9 maintenus au motif que la demanderesse en cassation n\u2019avait pas \u00e9tabli de fa\u00e7on objective son intention d\u2019exercer une activit\u00e9 \u00e9conomique donnant lieu \u00e0 des op\u00e9rations imposables. Par un jugement du 13 janvier 2021, le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg a dit non fond\u00e9 le recours introduit par la demanderesse en cassation contre la d\u00e9cision de l\u2019AEDT du 18 janvier 2019. Par l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 par le pourvoi, la Cour d\u2019appel a confirm\u00e9 ce jugement au motif que la demanderesse en cassation n\u2019avait pas \u00e9tabli l\u2019existence d\u2019une activit\u00e9 \u00e9conomique soumise \u00e0 TVA ouvrant droit \u00e0 d\u00e9duction de la TVA pay\u00e9e en amont, respectivement qu\u2019elle n\u2019avait pas rapport\u00e9 la preuve d\u2019actes pr\u00e9paratoires \u00e0 une telle activit\u00e9. Sur les moyens de cassation: A l\u2019appui de son pourvoi, le demandeur en cassation invoque quatre moyens, tous tir\u00e9s de la violation de la Loi TVA, \u00aben particulier son article48\u00bb. L\u2019article 48 de la loi modifi\u00e9e du 12 f\u00e9vrier 1979 concernant la taxe sur la valeur ajout\u00e9e fixe le principe et les conditions du droit \u00e0 d\u00e9duction de la taxe sur la valeur ajout\u00e9e acquitt\u00e9e en amont, en transposant l\u2019article 168 de la directive 2006\/112\/CE modifi\u00e9e du Conseil du 28 novembre 2006 relative au syst\u00e8me commun de taxe sur la valeur ajout\u00e9e. Sur le premier moyen de cassation: Aux termes du premier moyen, la demanderesse en cassation fait valoir que ses moyens d\u2019appel se \u00abfondaient principalement sur la r\u00e9alit\u00e9 de[son]intention de mettre en place des activit\u00e9s soumises \u00e0 TVA\u2013intention mat\u00e9rialis\u00e9e par des actes pr\u00e9paratoires\u2013dont la d\u00e9duction de la TVA des co\u00fbts y li\u00e9s(\u2026) \u00bb et que la Cour d\u2019appel, en consid\u00e9rant que \u00ables d\u00e9clarations de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)en ce qui concerne l\u2019activit\u00e9 qu\u2019elle a exerc\u00e9e pendant les ann\u00e9es 2014 \u00e0 2016 et les \u00e9l\u00e9ments de preuve invoqu\u00e9s ne permettent pas d\u2019\u00e9tablir l\u2019existence d\u2019une activit\u00e9 \u00e9conomique soumise \u00e0 la TVA ouvrant droit \u00e0 d\u00e9duction de la TVA pay\u00e9e en amont pendantla p\u00e9riode pr\u00e9cit\u00e9e\u00bb ne se serait pas prononc\u00e9e \u00absur les intentions r\u00e9elles de la demanderesse en cassation, ni sur ces activit\u00e9s envisag\u00e9es\u00bb. Elle se r\u00e9f\u00e8re encore \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation de l\u2019article 48 de la Loi TVA par la jurisprudence luxembourgeoise et celle de la Cour de justice de<\/p>\n<p>17 l\u2019Union europ\u00e9enne qui d\u00e9cideraient de la prise en compte au titre de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique, d\u2019activit\u00e9s pr\u00e9paratoires \u00e0 une telle activit\u00e9 \u00e9conomique. A titre principal, en faisant grief \u00e0 la Cour d\u2019appel de ne pas s\u2019\u00eatre prononc\u00e9e sur les intentions de la demanderesse en cassation de mettre en place des activit\u00e9s soumises \u00e0 TVA, eu \u00e9gard \u00e0 la jurisprudence en rapport avec l\u2019article 48 de la Loi TVA concernant la prise en compte d\u2019activit\u00e9s pr\u00e9paratoires, la demanderesse en cassation reproche \u00e0 l\u2019arr\u00eat entrepris une insuffisance de motifs par rapport \u00e0 la disposition l\u00e9gale vis\u00e9e au moyen et vise ainsi en r\u00e9alit\u00e9 le cas d\u2019ouverture du d\u00e9faut de base l\u00e9gale qui concerne le cas o\u00f9 la d\u00e9cision entreprise comporte des motifs, de sorte que sa r\u00e9gularit\u00e9 formelle ne saurait \u00eatre contest\u00e9e, mais o\u00f9 les motifs sont impr\u00e9cis ou incomplets \u00e0 un point tel que la Cour de cassation est dans l\u2019impossibilit\u00e9 de contr\u00f4lerl\u2019application de la loi. Ce cas d\u2019ouverture \u00e0 cassation est d\u00e9fini comme \u00e9tant l\u2019insuffisance des constatations de fait qui sont n\u00e9cessaires pour statuer sur le droit 6 . Le grief invoqu\u00e9, en ce qu\u2019il rel\u00e8ve du cas d\u2019ouverture du d\u00e9faut de base l\u00e9gale, est partant \u00e9tranger au cas d\u2019ouverture de la violation de la loi vis\u00e9 au moyen 7 . Il en suit, \u00e0 titre principal, que le moyen est irrecevable. A titre subsidiaire, l\u2019arr\u00eat entrepris est motiv\u00e9 comme suit sur le point consid\u00e9r\u00e9: \u00abLes principes r\u00e9gissant le droit \u00e0 d\u00e9duction de la TVA r\u00e9sultent de deux arr\u00eats rendus par la CJUE en date des 14 f\u00e9vrier 1985 et 29 f\u00e9vrier 1996. Dans l\u2019arr\u00eat du 14 f\u00e9vrier 1985 (Arr\u00eat D.A. Rompelman et E.A. Rompelman-Van Deelen, affaire n\u00b0268\/83), la CJUE a consid\u00e9r\u00e9 que la personne ayant l\u2019intention confirm\u00e9e par des \u00e9l\u00e9ments objectifs de commencer une activit\u00e9 \u00e9conomique et qui acquiert, dans cebut des biens et des services tax\u00e9s doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un assujetti en tant que tel. Cette qualit\u00e9 l\u2019autorise \u00e0 d\u00e9duire imm\u00e9diatement la TVA relative aux d\u00e9penses effectu\u00e9es pour les besoins de ses futures op\u00e9rations tax\u00e9es sans devoir attendre le d\u00e9but de l\u2019exploitation de l\u2019entreprise, quand m\u00eame bien celle-ci ne commencerait jamais. La CJUE a encore ajout\u00e9 qu\u2019il incombe \u00e0 celui qui demande la d\u00e9duction de la TVA d\u2019\u00e9tablir que les conditions pour en b\u00e9n\u00e9ficier sont remplies et, notamment, qu\u2019il accomplit les crit\u00e8res d\u2019un assujetti. Dans l\u2019arr\u00eat du 29 f\u00e9vrier 1996 (Arr\u00eat Intercommunale voor zeewaterontzilting (INZO) en liquidation c. Belgische Staat, affaire n\u00b0110\/94), la CJUE a r\u00e9affirm\u00e9 le 6 J. et L. BOR\u00c9, La cassation en mati\u00e8re p\u00e9nale, 6 \u00e8me \u00e9dition 2023\/2024, n\u00b0s 78.05, 78.08 et 78.31. 7 ComparerCass. 17 mars 2022, num\u00e9ro CAS-2021-00028 du r\u00f4le.<\/p>\n<p>18 principe retenu dans son arr\u00eat Rompelman, \u00e0 savoir qu\u2019il incombe \u00e0 celui qui demande la d\u00e9duction de la TVA d\u2019\u00e9tablir que les conditions pour en b\u00e9n\u00e9ficier sont remplies et que l\u2019administration fiscale est en droit d\u2019exiger que l\u2019intention d\u00e9clar\u00e9e de commencer des activit\u00e9s \u00e9conomiques donnant lieu \u00e0 des op\u00e9rations imposables soit confirm\u00e9e par des \u00e9l\u00e9ments objectifs. Cette preuve peut \u00eatre rapport\u00e9e par tous moyens, donc m\u00eame par de simples pr\u00e9somptions, \u00e0 condition qu\u2019elles reposent sur un faisceau d\u2019indices graves et concordants. Il en r\u00e9sulte qu\u2019il appartient \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)de rapporter la preuve d\u2019une activit\u00e9 \u00e9conomique taxable, respectivement d\u2019actes pr\u00e9paratoires \u00e0 une telle activit\u00e9 ouvrant le droit \u00e0 d\u00e9duction de la TVA support\u00e9e en amont, activit\u00e9 qui, selon ses premi\u00e8res d\u00e9clarations, \u00e9tait celle d\u2019un arrangeur. [\u2026] Dans ses courriers des 23 avril et 1er mai 2018 ainsi que dans sa lettre de r\u00e9clamation du 27 ao\u00fbt 2018 relative \u00e0 l\u2019ann\u00e9e 2015, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)a \u00e9galement fait valoir dans des termes similaires qu\u2019elle s\u2019est r\u00e9orient\u00e9e \u00e0 partir de l\u2019ann\u00e9e 2014 \u00e0 une activit\u00e9 d\u2019arrangeur. Dans ces courriers, elle renvoie \u00e0 chaque fois \u00e0 la jurisprudence INZO de la CJUE retenant le principe du droit \u00e0 la d\u00e9duction de la TVA pour des actes pr\u00e9paratoires \u00e0 une activit\u00e9 \u00e9conomique taxable. Dans son acte d\u2019assignation du 25 avril 2019, elle a soutenu que \u00ab depuis 2013, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)a engag\u00e9 la mise en \u0153uvre de la fonction envisag\u00e9e d\u2019arrangeur dans le cadre d\u2019op\u00e9rations de titrisation. Dans ce contexte, les charges support\u00e9es parSOCIETE3.)concernaient des frais de conseil juridique expos\u00e9s dans le cadre de l\u2019activit\u00e9 de conseil\/structuration envisag\u00e9e (i.e. arrangeur dans le cadre d\u2019op\u00e9rations de titrisation) \u00bb. Il convient d\u00e8s lors de retenir que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)a elle-m\u00eame qualifi\u00e9 son activit\u00e9 comme \u00e9tant celle d\u2019un arrangeur. Cette qualification r\u00e9sulte encore d\u2019un document invoqu\u00e9 par l\u2019AEDT intitul\u00e9 \u00ab Arranger Agreement betweenSOCIETE4.)P.L.C. (\u201e Issuer\u201c) \u00bb mentionnant \u00e0 sa page 1 que cet accord sort ses effets \u00e0 partir de 2015 (\u00ab THIS AGREEMENT is made with effect as of [\u25cf] 2015 \u00bb).<\/p>\n<p>19 Outre le fait que le courrier de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)du 18 avril 2013 adress\u00e9 \u00e0 la CSSF n\u2019\u00e9tablit pas l\u2019absence de son intention d\u2019intervenir comme arrangeur, ce courrier est contredit par le fait qu\u2019elle mentionne elle-m\u00eame dans son acte d\u2019appel que ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 l\u2019issue d\u2019une r\u00e9union avec la CSSF au moisde d\u00e9cembre 2014, qu\u2019elle a d\u00e9cid\u00e9 qu\u2019elle ne serait pas arrangeur. L\u2019intention de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)d\u2019exercer une activit\u00e9 d\u2019arrangeur r\u00e9sulte encore d\u2019un second document du 5 septembre 2013 invoqu\u00e9 par l\u2019AEDT qualifi\u00e9 de \u00ab Request for Proposal reponse \u00bb. Dans ce document, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)est d\u00e9sign\u00e9e comme \u00ab Arranger \u00bb. Dans la mesure o\u00f9, dans un premier temps, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)fait elle-m\u00eame valoir qu\u2019elle a r\u00e9orient\u00e9 son activit\u00e9 vers celle d\u2019arrangeur, l\u2019absence tant d\u2019actif \u00e0 transf\u00e9rer que de licence \u00ab MIFID \u00bb, \u00e0 la supposer \u00e9tablie, n\u2019exclut pas qu\u2019elle ait, au cours de la p\u00e9riode concern\u00e9, pos\u00e9 des actes pr\u00e9paratoires \u00e0 une telle activit\u00e9, activit\u00e9 qu\u2019elle pr\u00e9tend avoir abandonn\u00e9 par la suite. En ce qui concerne les prestations fournies par un arrangeur, la Cour d\u2019appel se rallie et fait sienne les d\u00e9veloppements exhaustifs faits par les juges de premi\u00e8re instance. Au vu de ces d\u00e9veloppements, il convient de retenir que de nombreux aspects de l\u2019activit\u00e9 d\u2019arrangeur sont exon\u00e9r\u00e9s de TVA en application de l\u2019article 44, paragraphe 1, points c) et d) en tant qu\u2019op\u00e9rations de conseil en placement, services se rattachant aux op\u00e9rations d\u2019\u00e9mission ainsi qu\u2019op\u00e9rations portant sur les cr\u00e9ances ainsi que la n\u00e9gociation de ces op\u00e9rations. Il convient de rappeler qu\u2019il appartient \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)de rapporter la preuve que les frais expos\u00e9s dans le cadre des actes pr\u00e9paratoires de son activit\u00e9 d\u2019arrangeur ont un lien direct et imm\u00e9diat avec des activit\u00e9s \u00e9conomiques taxables exerc\u00e9es comme arrangeur. Un tel lien ne r\u00e9sulte pas des factures invoqu\u00e9es par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)pour les ann\u00e9es 2014 \u00e0 2016. Au vu du fait qu\u2019elle a d\u00e9clar\u00e9 avoir eu l\u2019intention d\u2019agir comme arrangeur \u00e0 partir de l\u2019ann\u00e9e 2014 au plus tard, il y a lieu de retenir que les services de conseil juridique ainsi que les frais g\u00e9n\u00e9raux pour lesquels elle sollicite le droit \u00e0 d\u00e9duction de la TVA ont \u00e9t\u00e9 expos\u00e9s dans le cadre des missions centrales de structuration exerc\u00e9es par un arrangeur qui b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019une exon\u00e9ration en application de l\u2019article 44 pr\u00e9cit\u00e9 de la loi TVA.<\/p>\n<p>20 C\u2019est encore \u00e0 tort que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)renvoie au prospectus de base de SOCIETE4.)Spc pr\u00e9voyant en pages 278 et 279 que \u00ab the issuer has concluded an agreement withSOCIETE5.)plc. acting as arranger of the Issuer (the Arranger) \u00bb pour \u00e9tablir qu\u2019elle n\u2019a pas prest\u00e9 des services exon\u00e9r\u00e9s de TVA au sens de l\u2019article 44 pr\u00e9cit\u00e9. Ce prospectus, dat\u00e9 au 4 novembre 2016, n\u2019exclut pas que la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE1.)ait envisag\u00e9 une telle activit\u00e9 d\u2019arrangeur avant cette date impliquant que lesdits services prest\u00e9s \u00e0 ce titre \u00e9taient exon\u00e9r\u00e9s de la TVA. Au vu de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)ne rapporte pas la preuve d\u2019actes pr\u00e9paratoires \u00e0 une activit\u00e9 lui ouvrant le droit \u00e0 d\u00e9duction de la TVA.\u00bb Il r\u00e9sulte de ces motifs que la Cour d\u2019appel a recherch\u00e9 non seulement si la demanderesse en cassation avait exerc\u00e9 une activit\u00e9 \u00e9conomique taxable ouvrant le droit \u00e0 d\u00e9duction de la TVA support\u00e9e en amont, mais encore si elle avait accompli des actes pr\u00e9paratoires \u00e0 une activit\u00e9 qu\u2019elle avait eu l\u2019intention d\u2019exercer, en l\u2019esp\u00e8ce celle d\u2019arrangeur dans le cadre d\u2019op\u00e9rations de titrisation. La Cour d\u2019appel a ainsi d\u00fbment justifi\u00e9, par des motifs exempts d\u2019insuffisance, eu \u00e9gard aux dispositions de l\u2019article 48 de la Loi TVA, sa d\u00e9cision que de la demanderesse en cassation n\u2019avait pas \u00e9tabli avoir exerc\u00e9 au cours de lap\u00e9riode consid\u00e9r\u00e9e une activit\u00e9 \u00e9conomique soumise \u00e0 la TVA ouvrant droit \u00e0 d\u00e9duction de la TVA pay\u00e9e en amont. Il en suit, \u00e0 titre subsidiaire, que le moyen n\u2019est pas fond\u00e9. Sur le deuxi\u00e8me moyen de cassation: Aux termes du deuxi\u00e8me moyen, lademanderesse en cassation fait valoir qu\u2019en exigeant la production de preuves \u00e9tablissant \u00abl\u2019existence d\u2019une activit\u00e9 \u00e9conomique soumise \u00e0 la TVA ouvrant droit \u00e0 d\u00e9duction de la TVA pay\u00e9e en amont\u00bb, respectivement en affirmant \u00abqu\u2019il appart[enait]\u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)de rapporter la preuve que les frais expos\u00e9s dans le cadre des actes pr\u00e9paratoires de son activit\u00e9 d\u2019arrangeur ont un lien direct et imm\u00e9diat avec des activit\u00e9s \u00e9conomiques taxables exerc\u00e9es comme arrangeur\u00bb, la Cour d\u2019appel aurait viol\u00e9 l\u2019article 48 de la Loi TVA alors que cette disposition l\u00e9gale serait interpr\u00e9t\u00e9e par la jurisprudence luxembourgeoise et celle de la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne dans le sens que \u00ab[l\u2019]intention d\u2019entreprendre une activit\u00e9 soumise \u00e0 TVA suffit \u00e0 ouvrir le droit \u00e0 d\u00e9duction\u00bb. Il est relev\u00e9 en premier lieu que la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne consid\u00e8re qu\u2019il incombe \u00e0 celui qui demande la d\u00e9duction de la TVA d\u2019\u00e9tablir que les conditions pour<\/p>\n<p>21 en b\u00e9n\u00e9ficier sont remplies 8 . Cette position est une application de la r\u00e8gle reprise \u00e0 l\u2019article 58 du Nouveau code de proc\u00e9dure civile en vertu de laquelle il incombe \u00e0 chaque partie de prouver conform\u00e9ment \u00e0 la loi les faits n\u00e9cessaires au succ\u00e8s de sa pr\u00e9tention. La Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne consid\u00e8re encore que la personne ayant l\u2019intention, confirm\u00e9e par des \u00e9l\u00e9ments objectifs, d\u2019exercer une activit\u00e9 \u00e9conomique de mani\u00e8re ind\u00e9pendante et qui effectue des d\u00e9penses d\u2019investissement\u00e0 ces fins 9 , doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un assujetti 10 . Concernant le lien causal entre les d\u00e9penses et l\u2019activit\u00e9 envisag\u00e9e, la Cour de Luxembourg retient que la TVA acquitt\u00e9e ne peut \u00eatre d\u00e9duite dans son int\u00e9gralit\u00e9 que dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 les d\u00e9penses expos\u00e9es aient, en principe, leur cause exclusive dansl\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique envisag\u00e9e. Dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 ces d\u00e9penses se rapporteraient pour partie \u00e9galement \u00e0 une activit\u00e9 exon\u00e9r\u00e9e ou non \u00e9conomique, la TVA acquitt\u00e9e sur ces d\u00e9penses ne pourrait \u00eatre d\u00e9duite que partiellement 11 . En consid\u00e9rant, par les motifs reproduits au moyen pr\u00e9c\u00e9dent, que la demanderesse en cassation avait eu l\u2019intention d\u2019exercer une activit\u00e9 d\u2019arrangeur dans le cadre d\u2019op\u00e9rations de titrisation, mais qu\u2019elle n\u2019avait pas \u00e9tabli un lien direct et imm\u00e9diat entre les frais expos\u00e9s dans le cadre des actes pr\u00e9paratoires de son activit\u00e9 d\u2019arrangeur et des activit\u00e9s \u00e9conomiques taxables exerc\u00e9es comme arrangeur, alors que les d\u00e9penses pour lesquelles le droit \u00e0 d\u00e9duction de la TVA \u00e9tait sollicit\u00e9 avaient \u00e9t\u00e9 faitesdans le cadre d\u2019op\u00e9rations b\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019une exon\u00e9ration de TVA, de sorte que la demanderesse en cassation n\u2019avait pas rapport\u00e9 la preuve d\u2019actes pr\u00e9paratoires \u00e0 une activit\u00e9 \u00e9conomique taxable lui ouvrant le droit \u00e0 d\u00e9duction de la TVA, la Cour d\u2019appel afait l\u2019exacte application de la disposition l\u00e9gale vis\u00e9e au moyen, compte tenu de la jurisprudence de la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne. Il en suit que le moyen n\u2019est pas fond\u00e9. Sur le troisi\u00e8me moyen de cassation : Aux termes du troisi\u00e8me moyen, la demanderesse en cassation fait grief \u00e0 la Cour d\u2019appel, en se fondant sur l\u2019\u00e9volution de son chiffre d\u2019affaires pour lui refuser le droit \u00e0 d\u00e9duction sollicit\u00e9, d\u2019avoir introduit un nouveau crit\u00e8re contraire \u00e0 la Loi TVA et \u00e0 la 8 CJUE 14 f\u00e9vrier 1985, Rompelman, C-268\/83, point 24. 9 Soulign\u00e9 par le soussign\u00e9. 10 P.ex. CJUE 17 octobre 2018, Ryanair, C-249\/17, point 18. 11 Idem, point 30.<\/p>\n<p>22 jurisprudence de la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne d\u2019apr\u00e8s lesquelles aucun chiffre d\u2019affaires ne serait exig\u00e9 pour ouvrir le droit \u00e0 d\u00e9duction. Ainsi que rappel\u00e9 dans la r\u00e9ponse au moyen pr\u00e9c\u00e9dent, il incombe \u00e0 celui qui demande la d\u00e9duction de la TVA d\u2019\u00e9tablir que les conditions pour en b\u00e9n\u00e9ficier sont remplies, et donc d\u2019\u00e9tablir l\u2019existence une activit\u00e9 \u00e9conomique taxable ouvrant droit \u00e0 d\u00e9duction de la TVA acquitt\u00e9e en amont. Si l\u2019appr\u00e9ciation de la preuve rel\u00e8ve du pouvoir souverain des juges du fond, il en va autrement du respect des r\u00e8gles sur l\u2019administration de la preuve et en particulier sur la charge de la preuve sur lequel la Cour de cassation exerce son contr\u00f4le 12 . En l\u2019esp\u00e8ce, la demanderesse en cassation reproche aux juges d\u2019appel d\u2019avoir tenu compte de son chiffre d\u2019affaires pour conclure \u00e0 l\u2019absence d\u2019une activit\u00e9 \u00e9conomique soumise \u00e0 TVA. Elle semble donc faire grief \u00e0 l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 d\u2019avoir m\u00e9connu, en rapportavec la preuve d\u2019une activit\u00e9 \u00e9conomique taxable, les r\u00e8gles relatives \u00e0 l\u2019administration de la preuve. Or, l\u2019article 48 de la Loi TVA, s\u2019il fixe le principe et les conditions dans lesquelles un assujetti peut pr\u00e9tendre \u00e0 la d\u00e9duction de la TVA, il ne pr\u00e9voit pas de r\u00e8gles relatives \u00e0 l\u2019administration de la preuve en rapport avec la preuve de l\u2019existence d\u2019une activit\u00e9 \u00e9conomique soumise \u00e0 TVA ouvrant droit \u00e0 d\u00e9duction de la TVA pay\u00e9e en amont. Le grief invoqu\u00e9 est partant \u00e9tranger \u00e0 l\u2019article 48 de la Loi TVA sur la violation duquel le moyen est fond\u00e9. Il en suit, \u00e0 titre principal, que le moyen est irrecevable. A titre subsidiaire, il r\u00e9sulte de l\u2019arr\u00eat entrepris que la demanderesse en cassation soutenait qu\u2019elle est en droit de d\u00e9duire la TVA pay\u00e9e en amont au motif qu\u2019elle aurait eu une activit\u00e9 de prestataire de services en agissant comme\u00abconsultant\/conseiller de l\u2019\u00e9metteur dans le cadre de la structuration des op\u00e9rations de titrisation, sans \u00eatre impliqu\u00e9 dans la gestion effective des v\u00e9hicules de titrisation et en s\u2019occupant de la gestion active de sa filialeSOCIETE4.)Plc.\u00bb Les juges d\u2019appel ont rejet\u00e9 cette pr\u00e9tention pour les motifs suivants: \u00abIl r\u00e9sulte des d\u00e9clarations de la TVA des ann\u00e9es 2014 \u00e0 2016 que la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE1.)avait un chiffre d\u2019affaires exon\u00e9r\u00e9 de TVA d\u2019un montant de 831.105,52 12 J. et L. BOR\u00c9,pr\u00e9cit\u00e9, n\u00b0 64.121;Cass. 18 juin 2015, n\u00b0 52 \/ 15, num\u00e9ro 3493 du registre.<\/p>\n<p>23 euros pour 2014, aucun chiffre d\u2019affaires pour 2015 et un chiffre d\u2019affaires de 5.050 euros pour 2016. L\u2019affirmation de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)d\u2019avoir prest\u00e9 des services de gestion \u00e0 d\u2019autres soci\u00e9t\u00e9s du groupeSOCIETE1.)est partant contredite par l\u2019absence de chiffre d\u2019affaires imposable pour les ann\u00e9es 2014 et 2015. Les contrats de service conclus le 2 juin 2013 par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)avec les soci\u00e9t\u00e9sSOCIETE6.)LTD etSOCIETE7.)LTD n\u2019\u00e9tablissent pas \u00e0 eux seuls que de tels services aient \u00e9t\u00e9 prest\u00e9s de 2014 \u00e0 2016. Au vu du changement d\u2019activit\u00e9 all\u00e9gu\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)\u00e0 partir de 2014, les contrats de service conclus avec ces m\u00eames soci\u00e9t\u00e9s en 2009 n\u2019\u00e9tablissent pas non plus que de tels services aient \u00e9t\u00e9 prest\u00e9s \u00e0 partir de 2014. Pour \u00e9tablir l\u2019existence des prestations de service pour l\u2019ann\u00e9e 2016, la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE1.)invoque quatre factures, \u00e0 savoir : * deux factures adress\u00e9es en date du 30 juin 2016 aux soci\u00e9t\u00e9s \u00abSOCIETE8.)Ltd. \u00bb et \u00abSOCIETE9.)Ltd. \u00bb d\u2019un montant chacune de 1.550,25 euros TTC pour des \u00ab IT-Services \u00bb ainsi que * deux factures adress\u00e9es en date du 30 septembre 2016 aux soci\u00e9t\u00e9sSOCIETE4.) S.A. etSOCIETE10.)S.A. du montant de respectivement 1.345,50 euros TTC et 1.462,50 euros TTC pour des services \u00ab Unterst\u00fctzung bei der Prospekterstellung [\u2026] \u00bb. Outre le fait que le chiffre d\u2019affaires imposable r\u00e9alis\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.) est tr\u00e8s r\u00e9duit pour l\u2019ann\u00e9e 2016 par rapport \u00e0 un chiffre d\u2019affaires imposable pour des prestations de service similaires qu\u2019elle pr\u00e9tend avoir effectu\u00e9s en 2010 d\u2019un montant de 580.000 euros, il ne se d\u00e9gage pas des factures relatives \u00e0 ses prestationsde services des 30 juin et 30 septembre 2016 qu\u2019elles portent sur des activit\u00e9s \u00e9conomiques taxables. Au vu de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, les d\u00e9clarations de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)en ce qui concerne l\u2019activit\u00e9 qu\u2019elle a exerc\u00e9e pendant les ann\u00e9es 2014 \u00e0 2016 et les \u00e9l\u00e9ments de preuve invoqu\u00e9s ne permettent pas d\u2019\u00e9tablir l\u2019existence d\u2019une activit\u00e9 \u00e9conomique soumise \u00e0 la TVA ouvrant droit \u00e0 d\u00e9duction de la TVA pay\u00e9e en amont pendantla p\u00e9riode pr\u00e9cit\u00e9e.\u00bb<\/p>\n<p>24 Il en r\u00e9sulte que les juges d\u2019appel ont, dans le cadre de leur pouvoir souverain d\u2019appr\u00e9ciation des \u00e9l\u00e9ments de preuve, et sans violer la disposition l\u00e9gale reproduite au moyen ou les r\u00e8gles relatives \u00e0 l\u2019administration des preuves applicables en vertu desquelles il incombe \u00e0 celui qui demande la d\u00e9duction de la TVA d\u2019\u00e9tablir que les conditions pour en b\u00e9n\u00e9ficier sont remplies, pu d\u00e9duire du constat de l\u2019absence de chiffre d\u2019affaires taxable pour la p\u00e9riode consid\u00e9r\u00e9e que la demanderesse en cassation n\u2019avait pas rapport\u00e9 la preuve, pour cette p\u00e9riode, de l\u2019existence d\u2019une activit\u00e9 \u00e9conomique soumise \u00e0 la TVA ouvrant droit \u00e0 d\u00e9duction de la TVA pay\u00e9e en amont. Il en suit que le moyen n\u2019est pas fond\u00e9. Sur le quatri\u00e8me moyen de cassation: Aux termes du quatri\u00e8me moyen, la demanderesse en cassation fait grief \u00e0 l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9, en exigeant un \u00abfaisceau d\u2019indices graves et concordants\u00bb en rapport avec la preuve de l\u2019existence d\u2019une activit\u00e9 \u00e9conomique taxable ouvrant droit \u00e0 une \u00e0 d\u00e9duction de la TVA support\u00e9e en amont,de s\u2019\u00eatre fond\u00e9 sur une exigence de preuve non pr\u00e9vue par l\u2019article 48 de la Loi TVA. Dans l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9, la Cour d\u2019appel a consid\u00e9r\u00e9 que la preuve de l\u2019existence d\u2019une activit\u00e9 \u00e9conomique taxable ouvrant droit \u00e0 une \u00e0 d\u00e9duction de la TVA support\u00e9e en amont, respectivement d\u2019actes pr\u00e9paratoires \u00e0 un telle activit\u00e9, \u00abpeut \u00eatre rapport\u00e9e par tous moyens, donc m\u00eame par simples pr\u00e9somptions, \u00e0 conditions qu\u2019elles reposent sur un faisceau d\u2019indices graves et concordants\u00bb. A l\u2019instar du moyen pr\u00e9c\u00e9dent, la demanderesse semble faire grief \u00e0 l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 d\u2019avoir m\u00e9connu les r\u00e8gles relatives \u00e0 l\u2019administration de la preuve en rapport avec la preuve de l\u2019existence d\u2019une activit\u00e9 \u00e9conomique taxable ouvrant droit \u00e0 une d\u00e9duction de la TVA support\u00e9e en amont. A titre principal, le moyen est donc, au m\u00eame titre que le pr\u00e9c\u00e9dent, irrecevable alors que le grief invoqu\u00e9 est \u00e9tranger \u00e0 l\u2019article 48 de la Loi TVA qui n\u2019\u00e9tablit pas de r\u00e8gles relatives \u00e0 l\u2019administration de la preuve en rapport avec la preuve de l\u2019existence d\u2019une activit\u00e9 \u00e9conomique taxable. A titre subsidiaire, la Cour d\u2019appel, en retenant que des pr\u00e9somptions-en l\u2019esp\u00e8ce en rapport avec l\u2019existence d\u2019une activit\u00e9 \u00e9conomique taxable ouvrantdroit \u00e0 une d\u00e9duction de la TVA support\u00e9e en amont-doivent reposer sur un faisceau d\u2019indices graves et concordants, n\u2019a fait que rappeler les dispositions de l\u2019article 1353 du Code civil qui<\/p>\n<p>25 dispose comme suit: \u00abLes pr\u00e9somptions qui ne sont point \u00e9tablies par la loi, sont abandonn\u00e9es aux lumi\u00e8res et \u00e0 la prudence du magistrat, qui ne doit admettre que des pr\u00e9somptions graves, pr\u00e9cises et concordantes, et dans les cas seulement o\u00f9 la loi admet les preuves testimoniales, \u00e0 moins que l&#039;acte ne soit attaqu\u00e9 pour cause de fraude ou de dol.\u00bb Il en suit qu\u2019en statuant comme elle l\u2019a fait, la Cour d\u2019appel a fait l\u2019exacte application de l\u2019article 1353 du Code civil et n\u2019a pas viol\u00e9 l\u2019article 48 de la Loi TVA. Il en suit qu\u2019\u00e0 titre subsidiaire, le moyen n\u2019est pas fond\u00e9. Conclusion Le pourvoi est irrecevable en ce qu\u2019il est dirig\u00e9 contre l\u2019Etat du Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg. Il est recevable pour le surplus, mais non fond\u00e9. Pour le Procureur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Etat, le premier avocat g\u00e9n\u00e9ral, Marc HARPES<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-de-cassation\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-de-cassation\/20250203-031553\/20250130-cas-2024-00060-19-pseudonymise-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). 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