{"id":581404,"date":"2026-04-16T23:23:30","date_gmt":"2026-04-16T21:23:30","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-11-juillet-2024-n-2022-00506\/"},"modified":"2026-04-16T23:23:33","modified_gmt":"2026-04-16T21:23:33","slug":"cour-superieure-de-justice-11-juillet-2024-n-2022-00506","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-11-juillet-2024-n-2022-00506\/","title":{"rendered":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 11 juillet 2024, n\u00b0 2022-00506"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>Arr\u00eat N\u00b0110\/24-III\u2013CIV Arr\u00eat civil Audience publique duonze juilletdeux mille vingt-quatre Num\u00e9roCAL-2022-00506du r\u00f4le Composition: Alain THORN, pr\u00e9sident de chambre, Anne-Fran\u00e7oise GREMLING,premierconseiller, Marc WAGNER,conseiller, Isabelle HIPPERT, greffier. E n t r e: 1)l\u2019\u00e9tablissement publicH\u00d4PITAL1.)(H\u00d4PITAL1.)),\u00e9tabli et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-ADRESSE1.), repr\u00e9sent\u00e9e parsa commission administrativeactuellement en fonctions, 2)l\u2019SOCIETE1.)(SOCIETE1.)), fondation,\u00e9tabli et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-ADRESSE2.), repr\u00e9sent\u00e9e parson conseil d\u2019administration actuellement en fonctions, appelantsaux termes d\u2019un exploit de l\u2019huissier de justicesuppl\u00e9ant Laura GEIGER, en remplacement de l\u2019huissier de justice Carlos CALVO de Luxembourg, du20 mai 2022, comparant par Ma\u00eetrePatrick KINSCH, avocat \u00e0 la Cour, demeurant\u00e0 Luxembourg, e t:<\/p>\n<p>2 la soci\u00e9t\u00e9de droit allemandSOCIETE2.)G.mb.H.,ayant repris la soci\u00e9t\u00e9 de droit allemandSOCIETE3.)GmbH &amp; Co. KG,\u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0D-ADRESSE3.), inscrite au registre de commercede Wittlichsous le num\u00e9roNUMERO1.), repr\u00e9sent\u00e9e par son g\u00e9rant actuellement en fonctions, intim\u00e9eauxfins du susdit exploitGEIGER, comparant par Ma\u00eetreAndr\u00e9 HARPES, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg. LA COUR D\u2019APPEL: Dans le cadre d\u2019une soumission publique portant sur des travaux de r\u00e9novation, lanc\u00e9e par leH\u00d4PITAL1.)(ci-apr\u00e8s,H\u00d4PITAL1.)) et l\u2019SOCIETE1.)(ci-apr\u00e8s,SOCIETE1.)), en date du 4 f\u00e9vrier 2016, la soci\u00e9t\u00e9 de droit allemandSOCIETE2.)G.m.b.H., anciennement, la soci\u00e9t\u00e9 de droit allemandSOCIETE3.)G.m.b.H. &amp; CO (ci-apr\u00e8s,SOCIETE2.)) a pr\u00e9sent\u00e9 une offre, \u00e0 la suite de laquelleSOCIETE2.)est entr\u00e9e en pourparlers avec lesdits pouvoirs adjudicateurs concernant les travaux \u00e0 r\u00e9aliser. Par courrier recommand\u00e9dat\u00e9 du 6 mai 2016, le repr\u00e9sentant des pouvoirs adjudicateurs a inform\u00e9SOCIETE2.)que son offre avait \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e \u00abaus wirtschaftlichen Gr\u00fcnden\u00bb. Par courrier adress\u00e9 le 29 juin 2016 auH\u00d4PITAL1.)et \u00e0 l\u2019SOCIETE1.), le mandataire deSOCIETE2.)a contest\u00e9 cette d\u00e9cision et notamment le d\u00e9faut de communication de l\u2019identit\u00e9 de l\u2019adjudicataire ainsi que des motifs \u00e9conomiques pr\u00e9cis \u00e0 la base de cette d\u00e9cision. Par courrier du 12 juillet 2016, le mandataire des pouvoirs adjudicateurs lui a r\u00e9pondu, entre autres, que le march\u00e9 public avait \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9 \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE4.)SA(ci-apr\u00e8sSOCIETE4.)), en date du 27 mai 2016. A la suite d\u2019une requ\u00eate d\u00e9pos\u00e9e le 3 ao\u00fbt 2016 au greffe du tribunal administratif par le mandataire deSOCIETE2.), le tribunal administratif a annul\u00e9 \u00abla d\u00e9cision du 6 mai 2016 (\u2026) de rejeter l\u2019offre soumise par la demanderesse (\u2026) et celle portant attribution du march\u00e9 (\u2026) \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE4.)SA\u00bb.<\/p>\n<p>3 Dans son jugement, le tribunal administratif a retenu notamment que les pouvoirs adjudicateurs auraient d\u00fb rejeter d\u2019embl\u00e9e l\u2019offre d\u2019SOCIETE4.) pour raison de non-conformit\u00e9 technique, au lieu de permettre \u00e0 celle-ci de fournirex postdes explications ainsi que des documents en vue de la v\u00e9rification de la conformit\u00e9 technique de l\u2019offre au cahier des charges. Le tribunal a fait\u00e9tat d\u2019une \u00abviolation du principe d\u2019\u00e9galit\u00e9 de traitement, garanti plus particuli\u00e8rement par le principe de l\u2019immutabilit\u00e9 des offres\u00bb. A la suite d\u2019un appel interjet\u00e9 par leH\u00d4PITAL1.)et l\u2019SOCIETE1.), la Cour administrative a confirm\u00e9 ledit jugement par un arr\u00eat rendu le 8 mai 2018. Par exploit du 7 avril 2020,SOCIETE2.)a fait donner assignation au H\u00d4PITAL1.)et \u00e0 l\u2019SOCIETE1.)\u00e0 compara\u00eetre devant le tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, si\u00e9geant en mati\u00e8re civile,aux fins de s\u2019y entendre condamner solidairement \u00e0 lui payer la somme de 297.247,33 euros, pour r\u00e9paration de son pr\u00e9judice mat\u00e9riel ainsi que la somme de 10.000 euros, pour r\u00e9paration de son pr\u00e9judice moral, outre les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux. Subsidiairement,SOCIETE2.)demandait la nomination d\u2019un expert avec la mission d\u2019\u00e9valuer le pr\u00e9judice subi. Elle r\u00e9clamait enfin l\u2019allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.000 euros. La demanderesse faisait valoir que les d\u00e9fendeurs seraient responsables du dommage dont elle r\u00e9clamait indemnisation sur base de l\u2019article 1er de la loi modifi\u00e9e du 1er septembre 1988 relative \u00e0 la responsabilit\u00e9 civile de l\u2019Etat et des collectivit\u00e9s publiques (ci-apr\u00e8s, la loi modifi\u00e9e du 1er septembre 1988), et,subsidiairement, sur basede l\u2019article 1382 du Code civil, L\u2019affaire a \u00e9t\u00e9 inscrite sous le num\u00e9ro TAL-2020-NUMERO2.)du r\u00f4le. La partie demanderessesoutenaitque l\u2019offre d\u2019SOCIETE4.), bien qu\u2019\u00e9conomiquement plus avantageuse, aurait d\u00fb \u00eatre rejet\u00e9e par les pouvoirs adjudicateurspour non-conformit\u00e9 au cahier des charges. En effet, celui-ci exigerait, pour le poste \u00abVentilator-Bauteil\u00bb, une r\u00e9serve de 15 % en capacit\u00e9 de volume d\u2019extraction d\u2019air us\u00e9 et d\u2019apport en air frais, et pour atteindre cet objectif, l\u2019installation de moteurs de type SIEMENS IE4 d\u2019une puissance de 3,0 kW. Or, l\u2019offre initiale d\u2019SOCIETE4.)se baserait sur l\u2019installation des moteurs SIEMENS IE2 d\u2019une puissance de 1,66 kW et 2,2 kW, de sorte que la capacit\u00e9 de volume d\u2019extraction d\u2019air prescrite par le cahierdes charges n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 atteinte.<\/p>\n<p>4 SOCIETE2.)affirmait avoir obtenu le march\u00e9 dans un premier temps et avoir commenc\u00e9 \u00e0 ex\u00e9cuter le contrat; il y aurait eu un d\u00e9but d\u2019ex\u00e9cution du march\u00e9 d\u00e8s le 14 mars 2016, date \u00e0 laquelle une premi\u00e8re r\u00e9union de chantier aurait eu lieu. Elle aurait \u00e9t\u00e9 \u00e9vinc\u00e9e par la suite au profit de la soci\u00e9t\u00e9 concurrente SOCIETE4.)dont l\u2019offre aurait pourtant d\u00fb \u00eatre d\u00e9clar\u00e9e non conforme au cahier des charges. En guise d\u2019explication, le repr\u00e9sentant des pouvoirs adjudicateurs aurait inform\u00e9 la demanderesse que \u00abFa.SOCIETE4.)konnte die technische Konformit\u00e4t ihres Angebotes nachweisen, welche anfangs f\u00fcr den pr\u00fcfenden Fachplaner nicht ersichtlich war\u00bb. SOCIETE2.)soutenait que sa concurrenteSOCIETE4.)aurait b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une faveur qui lui aurait permis de modifier son offre initiale afin de la rendre conforme au cahier des charges. Cette faveur, manifestement ill\u00e9gale, aurait conduit au rejet de l\u2019offre de SOCIETE2.)qui elle aurait \u00e9t\u00e9 conforme au cahier des charges. A la suite d\u2019un recours en annulation introduit \u00e0 l\u2019encontre de la d\u00e9cision portant rejet de l\u2019offre deSOCIETE2.)et attribution de l\u2019adjudication du march\u00e9 public \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.), le tribunal d\u2019administratif aurait, par jugement du 13 novembre 2017, annul\u00e9 lesdites d\u00e9cisions, apr\u00e8s avoir retenu que la d\u00e9cision d\u2019adjudication du march\u00e9 \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.), viole le principe d\u2019\u00e9galit\u00e9 de traitement des soumissionnaires, fausse le jeu de la concurrence et m\u00e9connait le principe d\u2019immutabilit\u00e9 desoffres. Ce jugement aurait \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9 par un arr\u00eat du 8 mai 2018 de la Cour administrative d\u2019appel, qui aurait \u00e9galement constat\u00e9 la non-conformit\u00e9 manifeste de l\u2019offre de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)au cahier des charges et retenu une faute dans le chef du pouvoir adjudicateur, qui \u00abse devait de sanctionner, sans aucune possibilit\u00e9 de r\u00e9gularisation, l\u2019offre de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)\u00bb. Selon la partie demanderesse, leH\u00d4PITAL1.)et l\u2019SOCIETE1.)seraient, en tant qu\u2019\u00e9tablissements publics, soumis \u00e0 la loi modifi\u00e9e du 1er septembre 1988. Les deux \u00e9tablissements auraient, en l\u2019occurrence, agi dans le cadre de l\u2019ex\u00e9cution d\u2019une mission de service public. LeH\u00d4PITAL1.)et l\u2019SOCIETE1.)auraient d\u00fb respecter les r\u00e8gles relatives \u00e0 la soumission publique et s\u2019abstenir de permettre la r\u00e9gularisationex post d\u2019une offre non conforme au cahier des charges.<\/p>\n<p>5 Au vu de l\u2019arr\u00eat de la Cour administrative rendu le 8 mai 2018, coul\u00e9 en force de chose jug\u00e9e, l\u2019existence d\u2019une faute dans le chef des pouvoirs adjudicateurs serait \u00e9tablie. L\u2019\u00e9viction du march\u00e9 aurait caus\u00e9 \u00e0SOCIETE2.)un pr\u00e9judice mat\u00e9riel et moral. Le pr\u00e9judice mat\u00e9riel serait constitu\u00e9, d\u2019une part, de la marge b\u00e9n\u00e9ficiaire escompt\u00e9e s\u2019\u00e9levant \u00e0 104.133,13 euros, et d\u2019autre part, de la marge de contribution couvrant les co\u00fbts fixes s\u2019\u00e9levant \u00e0 193.114,20 euros (dans la mesure o\u00f9 elle aurait \u00e9t\u00e9 contrainte de tenir sa main d\u2019\u0153uvre disponible pour ce march\u00e9), de sorte que l\u2019\u00e9viction injustifi\u00e9e du march\u00e9lui aurait caus\u00e9 un pr\u00e9judice mat\u00e9riel \u00e0 hauteur de la somme totale de 297.247,33 euros. De plus, la d\u00e9cision d\u2019\u00e9viction constituerait une d\u00e9cision vexatoire et r\u00e9ellement \u00abbrutale\u00bbpourSOCIETE2.)dont l\u2019image aurait \u00e9t\u00e9 \u00abentach\u00e9e\u00bb. Il en serait r\u00e9sult\u00e9 un pr\u00e9judice moral \u00e9valu\u00e9 \u00e0 la somme de 10.000 euros. LeH\u00d4PITAL1.)et l\u2019SOCIETE1.)concluaient au rejet de la demande. Ils contestaient toute attribution du march\u00e9 \u00e0 la partie adverse ou un d\u00e9but d\u2019ex\u00e9cution par celle-ci. D\u2019autre part, il n\u2019existeraitaucun lien causal entre l\u2019annulation de la d\u00e9cision d\u2019adjudication du march\u00e9 \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)et le pr\u00e9judice pr\u00e9tendument subi par la partie adverse. Au vu de la position s\u00e9v\u00e8re adopt\u00e9e par les juges administratifs dans l\u2019analyse de la r\u00e9gularit\u00e9de l\u2019offre d\u2019SOCIETE4.), il y aurait lieu d\u2019appliquer le m\u00eame raisonnement pour ce qui concerne l\u2019offre deSOCIETE2.)et de retenir que cette derni\u00e8re n\u2019aurait, contrairement \u00e0 ses dires, pas pu emporter le march\u00e9. Le fait que l\u2019offre deSOCIETE2.)ait \u00e9t\u00e9 class\u00e9e seconden\u2019impliquerait pas n\u00e9cessairement une reconnaissance de conformit\u00e9 au cahier des charges. L\u2019annulation de la d\u00e9cision de l\u2019adjudication du march\u00e9 \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE4.)n\u2019aurait pas entrain\u00e9ipso factol\u2019attribution du march\u00e9 \u00e0 SOCIETE2.). Pareille annulation conduirait les pouvoirs adjudicateurs \u00e0 r\u00e9adjuger le march\u00e9 \u00e0 l\u2019entreprise qui a pr\u00e9sent\u00e9 une offre conforme au cahier des charges. Or, tel n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 le cas de l\u2019offre pr\u00e9sent\u00e9e parSOCIETE2.) et la question d\u2019une nouvelle adjudication ne se serait en l\u2019occurrence pas pos\u00e9e, le march\u00e9 ayant \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement ex\u00e9cut\u00e9 parSOCIETE4.)avant l\u2019issue du contentieux administratif, \u00e0 d\u00e9faut pour lapartie adversed\u2019avoir introduit une requ\u00eate en sursis \u00e0 ex\u00e9cution de la d\u00e9cision d\u2019adjudication du march\u00e9.<\/p>\n<p>6 Face \u00e0 l\u2019affirmation deSOCIETE2.), selon laquelle les pouvoirs adjudicateurs seraient toujours li\u00e9s par leur d\u00e9cision, prise en 2016, de d\u00e9clarer l\u2019offre de SOCIETE2.)conforme au cahier des charges, d\u00e9cision qui n\u2019aurait jamais fait l\u2019objet d\u2019une contestation, leH\u00d4PITAL1.)et l\u2019SOCIETE1.)r\u00e9pliquaient qu\u2019une telle d\u00e9cision serait intiment li\u00e9e \u00e0 la d\u00e9cision finale d\u2019adjudication du march\u00e9. Dans la mesure o\u00f9 la d\u00e9cision d\u2019adjudication du march\u00e9 aurait \u00e9t\u00e9 annul\u00e9e pour un motif tenant \u00e0l\u2019appr\u00e9ciation de la r\u00e9gularit\u00e9 de l\u2019offre et qu\u2019en l\u2019occurrence, l\u2019irr\u00e9gularit\u00e9 constat\u00e9e par les juges administratifs affecterait toutes les offres et serait transposable \u00e0 celle de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.), le H\u00d4PITAL1.)et l\u2019SOCIETE1.)seraient en droit d\u2019invoquer l\u2019exception d\u2019ill\u00e9galit\u00e9 afin qu\u2019il ne soit pas tenu compte de la d\u00e9cision d\u00e9clarant l\u2019offre de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)conforme au cahier des charges. En ordre subsidiaire, les parties assign\u00e9es contestaient le pr\u00e9judice all\u00e9gu\u00e9 dans son principeet dans son quantum. Elles r\u00e9clamaient une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.500 euros sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure. Par jugement rendu en date du 2 mai 2022, le tribunal a d\u00e9clar\u00e9 la demande recevable et fond\u00e9e dans son principe, surbase de l\u2019article 1 er de la loi modifi\u00e9e du 1 er septembre 1988 relative \u00e0 la responsabilit\u00e9 civile de l\u2019Etat et des collectivit\u00e9s publiques, avant de nommer un expert aux fins d\u2019\u00e9valuer le pr\u00e9judice subi parSOCIETE2.)\u00abdufait de la privation de la marge brute et de v\u00e9rifier dans quelle mesure la perte de b\u00e9n\u00e9fice r\u00e9sultant de la perte du march\u00e9 public en question avait, le cas \u00e9ch\u00e9ant, \u00e9t\u00e9 compens\u00e9e par le b\u00e9n\u00e9fice procur\u00e9 par les activit\u00e9s commerciales auxquels(SOCIETE2.))aurait d\u00fb renoncer si elle s\u2019\u00e9tait vue adjuger le march\u00e9 public concernant les \u00abHLK Installationsarbeiten\u00bb pour le projet \u00abSOCIETE1.)\u2013HYBRID\u2013OP\u00bb. Il a sursis \u00e0 statuer pour le surplus. Pour statuer ainsi, les juges de premi\u00e8re instance ont consid\u00e9r\u00e9 que la faute des parties d\u00e9fenderesses \u00e9tait constitu\u00e9e par l\u2019ill\u00e9galit\u00e9 de la d\u00e9cision administrative prise par celles-ci, telle que constat\u00e9e par le juge administratif; que cette faute \u00e9tait la cause de la perte d\u2019une chance d\u2019obtenir le march\u00e9subie parSOCIETE2.); que, dans certaines circonstances, la jurisprudence admet que cette chance est tr\u00e8s forte et donne lieu \u00e0 \u00abune indemnisation quasi int\u00e9grale voire int\u00e9grale\u00bb et qu\u2019il apparaissait \u00aben l\u2019occurrence certain que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)se serait vue attribuer le march\u00e9 en l\u2019absence de l\u2019ill\u00e9galit\u00e9 commise par les pouvoirs adjudicateurs, de sorte qu\u2019elle peut, en<\/p>\n<p>7 principe, pr\u00e9tendre \u00e0 l\u2019indemnisation int\u00e9grale de son pr\u00e9judice, consistant dans la privation de sa marge brute\u00bb. Eu \u00e9gardaux contestations relatives \u00e0 la fixation du montant du pr\u00e9judice et notamment \u00e0la question du montant \u00e0 d\u00e9duire en raison de l\u2019ex\u00e9cution par SOCIETE2.)d\u2019autres march\u00e9s pendant la p\u00e9riode pr\u00e9vue par la soumission, la juridiction du premier degr\u00e9 a institu\u00e9 une expertise. Par exploit du 20 mai 2022, leH\u00d4PITAL1.)et l\u2019SOCIETE1.)ont r\u00e9guli\u00e8rement relev\u00e9 appel de ce jugement qui ne leur a pas \u00e9t\u00e9 signifi\u00e9. Les appelants demandent \u00e0 la Cour de d\u00e9clarer infond\u00e9e la demande en r\u00e9paration form\u00e9e \u00e0 leur encontre, par r\u00e9formation du jugement d\u00e9f\u00e9r\u00e9, et de leur allouer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.500 euros pour chaque instance. Selon les appelants, il n\u2019y aurait jamais eu d\u00e9but d\u2019ex\u00e9cution du march\u00e9 par SOCIETE2.)ni attribution du march\u00e9 \u00e0 celle-ci. D\u2019autre part,SOCIETE2.)n\u2019aurait eu aucune chance d\u2019obtenir le march\u00e9 litigieux. En effet, son offre n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 techniquement conforme, en ce que celle- ci n\u2019aurait pas contenu l\u2019installation pr\u00e9vue par la position 1.8.8 du bordereau de soumission, intitul\u00e9e \u00abVollautomatischer Dampf-Luftbefeuchter\u00bb, de sorte que ladite offre aurait d\u00fb \u00eatre rejet\u00e9e, en application des articles 71 et 75 du r\u00e8glement grand-ducal du 3 ao\u00fbt 2009 portant ex\u00e9cution de la loi du 25 juin 2009 sur les march\u00e9s publics. En cons\u00e9quence, il n\u2019y aurait pas de lien causal entre l\u2019annulation de la d\u00e9cision d\u2019adjudication \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)et le pr\u00e9judice pr\u00e9tendument subi parSOCIETE2.). Le classement de l\u2019offre deSOCIETE2.)en deuxi\u00e8me position ne prouverait pas sa conformit\u00e9 techniqueni une reconnaissance de sa conformit\u00e9 par les appelants. Les appelants font valoir \u00e0 cet \u00e9gard que cette d\u00e9cision de classement serait la cons\u00e9quence d\u2019une approche \u00abpeu s\u00e9v\u00e8re\u00bb de leur part dans l\u2019appr\u00e9ciation des offres quant \u00e0 leurconformit\u00e9 technique. Celle-ci les aurait amen\u00e9s \u00e0 permettre aux soumissionnaires de fournir, par la suite, des pr\u00e9cisions et compl\u00e9ments d\u2019information leur permettant de r\u00e9gulariser leurs offres initiales.<\/p>\n<p>8 Il aurait appartenu aux appelants, avant de r\u00e9adjuger le march\u00e9, de proc\u00e9der \u00e0 une nouvelle analyse des offres en tenant compte de l\u2019arr\u00eat de la Cour administrative du 8 mai 2018. En appliquant \u00e0 l\u2019offre deSOCIETE2.), la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 appliqu\u00e9e par la Cour administrative \u00e0 l\u2019offre d\u2019SOCIETE4.), cela conform\u00e9ment au principe de l\u2019\u00e9galit\u00e9 de traitement, l\u2019offre deSOCIETE2.)devrait \u00e9galement \u00eatre \u00abjug\u00e9e non conforme\u00bb. Les appelants insistent sur \u00abla n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019appr\u00e9cier de mani\u00e8re objective ce qu\u2019ils auraient fait en l\u2019absence de la faute qu\u2019ils ont commise\u00bb; ce serait l\u00e0 \u00able seul crit\u00e8re de l\u2019existence d\u2019un lien causal\u00bb. L\u2019intim\u00e9e conclut au rejet de l\u2019appel, \u00e0 la confirmation du jugement entrepris \u00aben tous points\u00bb et \u00e0 l\u2019allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.500 pour chaque instance. Elle r\u00e9it\u00e8re ses demandes indemnitaires formul\u00e9es en premi\u00e8re instance. Le chantier aurait \u00e9t\u00e9 factuellement confi\u00e9 \u00e0SOCIETE2.)d\u00e8s le 14 mars 2016. Dans un second temps, le ma\u00eetre de l\u2019ouvrage aurait fait volte-face et auraitde facto\u00e9vinc\u00e9SOCIETE2.)par son courrier du 6 mai 2016. De plus, par le seul fait de son classement au deuxi\u00e8me rang et par une \u00abapplication d\u2019office de l\u2019article 71 du RGD du 3 ao\u00fbt 2009\u00bb, il y aurait lieu de consid\u00e9rer que l\u2019offre initiale deSOCIETE2.)avait \u00e9t\u00e9d\u00e9clar\u00e9e conforme au cahier des charges, d\u00e8s avant l\u2019\u00e9viction de celle-ci. Le fait par les appelants d\u2019avoir fait ex\u00e9cuter le march\u00e9 parSOCIETE4.) \u00abpourtant \u00e9limin\u00e9e pour non-conformit\u00e9\u00bb constituerait une \u00abviolation directe et grave du droit deSOCIETE2.)d\u2019ex\u00e9cuter le march\u00e9 \u00e0 titre de class\u00e9 2 pass\u00e9 automatiquement en premier rang suite \u00e0 l\u2019\u00e9limination d\u2019SOCIETE4.)\u00bb. Selon l\u2019intim\u00e9e, les parties adverses seraient forcloses \u00e0 soulever le d\u00e9faut de conformit\u00e9 technique de l\u2019offreSOCIETE2.), celle-ciayant \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e conforme et class\u00e9e deuxi\u00e8me en 2016. L\u2019\u00e9limination de l\u2019offre class\u00e9e en premier n\u2019ouvrirait nullement une nouvelle adjudication, la premi\u00e8re mise \u00e0 adjudication pour ce march\u00e9 et la d\u00e9cision de classement restant valables \u00abavec l\u2019exception que l\u2019offre qualifi\u00e9e de non- conforme par la juridiction administrative est \u00e9limin\u00e9e\u00bb.<\/p>\n<p>9 Il n\u2019appartiendrait pas au juge civil de proc\u00e9der \u00e0 une nouvelle \u00e9valuation des offres en cause dans un march\u00e9 public et donc de se substituer au pouvoir adjudicateur. Les appelants resteraient li\u00e9s par leur d\u00e9cision de classement et seraient partant dans \u00abl\u2019obligation de voir ex\u00e9cut\u00e9 ce march\u00e9, d\u00e8s l\u2019\u00e9limination du class\u00e9 en premier rang, par celui class\u00e9 au 2 e rang, donc par la partieSOCIETE2.)\u00bb. L\u2019intim\u00e9e conteste formellement la non-conformit\u00e9 technique de son offre et soutient que les appelants resteraient en d\u00e9faut de rapporter la preuve de leur all\u00e9gation. Enfin, l\u2019intim\u00e9e consid\u00e8re que l\u2019argument relatif \u00e0 la non-conformit\u00e9 de l\u2019offre initiale pr\u00e9sent\u00e9e parSOCIETE2.)ne saurait \u00eatre admis, parce qu\u2019il serait contraire au principe de droit bien \u00e9tabli, selon lequel \u00abnul ne peut se pr\u00e9valoir de sa propre turpitude\u00bb. Appr\u00e9ciation de la Cour Il est constant que l\u2019annulation des d\u00e9cisions des appelants par le juge administratif constitueles appelantsen faute, eu \u00e9gard au principe de l\u2019unit\u00e9 des notions de faute et d\u2019ill\u00e9galit\u00e9. Les appelants contestent en revanche, avec insistance, tant l\u2019existence d\u2019un lien causal entre ladite faute et le pr\u00e9judice all\u00e9gu\u00e9 par l\u2019intim\u00e9e que l\u2019existence de ce pr\u00e9judice. Le document intitul\u00e9Aufkl\u00e4rungsprotokoll,\u00e9tabli le 14 mars 2016 (cf. pi\u00e8ce n\u00b0 4 de la farde de Me KINSCH) stipule, \u00e0 la page 2, sous le point 2, \u00abDie Vertragspartner sind sich dar\u00fcber einig, dass im Falle der Auftragerteilung an den AN(i.e.SOCIETE2.))dieses Verhandlungsprotokoll und die zus\u00e4tzlichen Vorbemerkungen gem\u00e4ss Lastenheft Vertragsbestandteilwerden \u00bbet, \u00e0 la page 4, au-dessus de la date et des signatures, \u00abEine Beauftragung kommt durch dieses Verhandlungsprotokoll nicht zustande\u00bb. Il se d\u00e9duit des stipulations explicites cit\u00e9es ci-dessus que le march\u00e9 en cause n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9 \u00e0SOCIETE2.), \u00e0 ce stade. Aucune autre pi\u00e8ce vers\u00e9e parSOCIETE2.)ne permet la conclusion que le march\u00e9 aurait \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9 \u00e0 l\u2019intim\u00e9e et que celle-ci aurait commenc\u00e9 \u00e0 ex\u00e9cuter le contrat litigieux, avant la d\u00e9cision prise par les appelants de rejeter son offre et d\u2019attribuer le march\u00e9 \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9concurrenteSOCIETE4.), de<\/p>\n<p>10 sorte que l\u2019intim\u00e9e soutient \u00e0 tort qu\u2019elle aurait \u00e9t\u00e9 \u00e9vinc\u00e9e par les appelants, apr\u00e8s avoir obtenu le march\u00e9 et commenc\u00e9 \u00e0 l\u2019ex\u00e9cuter. Cependant, il ressort de ce m\u00eame document que les pourparlers entre les parties au litige \u00e9taient largement engag\u00e9s et que plusieurs modalit\u00e9s d\u2019ex\u00e9cution du contrat \u00e9ventuel avaient d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 convenues, de sorte qu\u2019il y a lieu de supposer que l\u2019offre deSOCIETE2.)avait \u00e9t\u00e9 jug\u00e9e, au pr\u00e9alable, conforme au cahier des charges. Un courriel, adress\u00e9 en date du 14 mars 2016 \u00e0 la partie intim\u00e9e par le repr\u00e9sentant des appelants, ne fait qu\u2019\u00e9tayer cette conclusion, puisque l\u2019auteur dudit courriel y \u00e9nonce, en treize points, des conditions pr\u00e9cises \u00e0 respecter par l\u2019intim\u00e9e en cours d\u2019ex\u00e9cution du contrat, lesquelles conditions ont trait notamment au calendrier \u00e0 respecter, aux modalit\u00e9s des r\u00e9unions de chantier ou encore aux d\u00e9lais de fourniture de divers plans (cf. pi\u00e8ce n\u00b0 3 de la farde de Me KINSCH). Il ressort par ailleurs d\u2019un courrier recommand\u00e9 adress\u00e9en date du6 mai 2016 par le consultant des appelants \u00e0 la partie intim\u00e9e (cf. pi\u00e8ce n\u00b0 2 de la farde de Me HARPES) qu\u2019apr\u00e8s examen complet de l\u2019offre de cette derni\u00e8re (\u00abnach der fachtechnischen, rechnerischen und qualitativen Pr\u00fcfungihres Angebotes \u00bb) celle-ci a \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9e pour des raisons financi\u00e8res (\u00abaus wirtschaftlichen Gr\u00fcnden\u00bb), de sorte qu\u2019il y a lieu d\u2019en conclurea contrarioque l\u2019offre avait \u00e9t\u00e9 accept\u00e9e sur le plan technique et d\u00e9clar\u00e9e conforme au cahier des charges. De plus, il est constant que les appelants avaient class\u00e9 l\u2019offre deSOCIETE2.) en deuxi\u00e8me position, avant que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)ne soit mise en mesure de \u00abr\u00e9gulariser\u00bba posteriorison offre initiale. Dans une certaine mesure, les appelants reconnaissent d\u2019ailleurs eux-m\u00eames cette d\u00e9claration de conformit\u00e9 au cahier des charges de l\u2019offre de l\u2019intim\u00e9e, puisqu\u2019ils \u00e9crivent ce qui suit dans leurs conclusions, \u00ab\u2026le fait que plus de trois mois se sont \u00e9coul\u00e9s entre la notification des r\u00e9sultats de l\u2019adjudication dans le cadre de laquelle les concluants avaient d\u00e9clar\u00e9 l\u2019offre de SOCIETE2.)conforme\u2026 \u00bb ou encore \u00abm\u00eame \u00e0 supposer que les concluants ne soient pas en mesure de revenir sur leur appr\u00e9ciation par laquelle ils ont d\u00e9clar\u00e9 l\u2019offre deSOCIETE2.)conforme\u2026 \u00bb et enfin \u00ab\u2026l\u2019appr\u00e9ciation initiale des concluants selon laquelle l\u2019offre deSOCIETE2.)\u00e9tait conforme au cahier des chargesn\u2019\u00e9tait pas d\u00e9finitive \u2026\u00bb (cf. conclusions r\u00e9capitulatives, p. 10 et 11). Dans ces conditions, il convient de retenir que l\u2019offre deSOCIETE2.)avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e conforme au cahier des charges.<\/p>\n<p>11 Cette d\u00e9cision quant \u00e0 la conformit\u00e9 de l\u2019offre pr\u00e9sent\u00e9e parSOCIETE2.)est intervenue ant\u00e9rieurement \u00e0 la d\u00e9cision d\u2019\u00e9carterSOCIETE2.)et d\u2019attribuer le march\u00e9 \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 concurrenteSOCIETE4.). Le juge administratif n\u2019a pas censur\u00e9 l\u2019appr\u00e9ciation des appelants quant \u00e0 la conformit\u00e9 technique de l\u2019offre pr\u00e9sent\u00e9e parSOCIETE2.)et la juridiction de ce si\u00e8ge n\u2019a pas comp\u00e9tence pour ce faire. Dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 l\u2019annulation se fonde sur une irr\u00e9gularit\u00e9 de proc\u00e9dure, l\u2019administration n\u2019a pas \u00e0 recommencer la proc\u00e9dureab initiosi l\u2019erreur s\u2019est produite en cours de proc\u00e9dureni \u00e0 refaire les actes de proc\u00e9dure ant\u00e9rieurs; il suffit de corriger cette erreur et de refaire les actes de proc\u00e9dure ult\u00e9rieurs dans la mesure o\u00f9 ils ont \u00e9t\u00e9 entach\u00e9s par l\u2019erreur censur\u00e9e par le juge (cf. Cour administrative, 26.01.2011, n\u00b0 27711C; R. Ergec et F. Delaporte, Le contentieux administratif en droit luxembourgeois, Pasicrisie-Bulletin de jurisprudence administrative 2022, p. 59, n\u00b0 92). Etant donn\u00e9 que l\u2019annulation prononc\u00e9e par le juge administratif concerne uniquement \u00abla d\u00e9cision du 6 mai 2016de rejeter l\u2019offre\u00bb deSOCIETE2.) \u00abet celle portant attribution du march\u00e9\u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE4.)SA \u00bb \u00bb et, compte tenu de la position jurisprudentielle r\u00e9sum\u00e9e ci-dessus, la juridiction de ce si\u00e8ge n\u2019a pas \u00e0 se replacer dans la situation ant\u00e9rieure aux d\u00e9cisions censur\u00e9es par le juge administratif et \u00e0 r\u00e9examiner, \u00e0 la lumi\u00e8re de la d\u00e9cision du juge administratif, la d\u00e9cision des appelants retenant la conformit\u00e9 au cahier des charges de l\u2019offre pr\u00e9sent\u00e9e parSOCIETE2.), acte ant\u00e9rieur aux d\u00e9cisions censur\u00e9es. C\u2019est partant \u00e0 tort que les appelants soutiennent que l\u2019existence d\u2019un lien de causalit\u00e9 entre l\u2019annulation des d\u00e9cisions des appelants et le pr\u00e9judice invoqu\u00e9 par l\u2019intim\u00e9e serait \u00e0 exclure, au motif que, dans le cadred\u2019un r\u00e9examen \u00abplus s\u00e9v\u00e8re\u00bb de la conformit\u00e9 de l\u2019offreSOCIETE2.)au cahier des charges, \u00e0 la lumi\u00e8re de l\u2019arr\u00eat confirmatif de la Cour administrative, cette offre devrait \u00abn\u00e9cessairement\u00bb \u00eatre jug\u00e9e non conforme, et queSOCIETE2.)n\u2019aurait d\u00e8s lors pas pu obtenir le march\u00e9 public dont il s\u2019agit. Quant au pr\u00e9judice mat\u00e9riel et moral invoqu\u00e9 par l\u2019intim\u00e9e, les appelants en contestent tant le principe que le quantum. Ils soutiennent, en ordre principal, queSOCIETE2.)ne justifie d\u2019aucun pr\u00e9judice mat\u00e9riel ou moral et devrait partant \u00eatre d\u00e9bout\u00e9e int\u00e9gralement de sa demande en r\u00e9paration et, en ordre subsidiaire, queSOCIETE2.)a \u00abperdu tout au plus une chance de se voir attribuer le march\u00e9\u00bb, laquelle pourrait \u00abtout au plus s\u2019\u00e9lever \u00e0 5 %\u00bb, et non\u00e0 100% tel que d\u00e9cid\u00e9 en premi\u00e8re instance.<\/p>\n<p>12 Bien que la partie intim\u00e9e ne conclue pas \u00e0 l\u2019irrecevabilit\u00e9 de l\u2019appel sous ce rapport, il est relev\u00e9 que l\u2019appel ne peut porter que sur une d\u00e9cision figurant au dispositif du jugement attaqu\u00e9, seule une telled\u00e9cision \u00e9tant de nature \u00e0 pr\u00e9judicier \u00e0 ses int\u00e9r\u00eats (cf. not. Cour d\u2019appel, 24.05.1978, Pas, 24, 136). En l\u2019occurrence, les juges de premi\u00e8re instance ont retenu, dans la partie consacr\u00e9e aux motifs, qu\u2019il appara\u00eet \u00aben l\u2019occurrence certain que la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE2.)se serait vu attribuer le march\u00e9 en l\u2019absence de l\u2019ill\u00e9galit\u00e9 commise par les pouvoirs adjudicateurs, de sorte qu\u2019elle peut, en principe, pr\u00e9tendre \u00e0 une indemnisation int\u00e9grale de son pr\u00e9judice consistant dans la privation de sa marge brute\u00bb, avant de dire, dans le dispositif du jugement dont appel, \u00abfond\u00e9e en son principe la demande de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.) G.m.b.H. sur base de l\u2019article 1 er , alin\u00e9a 1 er , de la loi modifi\u00e9e du 1 er septembre 1998 relative \u00e0 la responsabilit\u00e9 civile de l\u2019Etat et des collectives publiques\u00bb. Dans ces conditions, la demande en r\u00e9formation des appelants est recevable pour avoir trait \u00e0 une d\u00e9cision de nature \u00e0 pr\u00e9judicier \u00e0 ses int\u00e9r\u00eats. Force est de constater que les juges de premi\u00e8re instance ont d\u00e9cid\u00e9 que SOCIETE2.)pouvait \u00abpr\u00e9tendre \u00e0 l\u2019indemnisation int\u00e9grale de son pr\u00e9judice\u00bb et qu\u2019il n\u2019y avait pas lieu d\u2019appliquer une d\u00e9cote afin de tenir compte de l\u2019al\u00e9a, au motif qu\u2019il apparaissait \u00aben l\u2019occurrence certain que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)se serait vu attribuer le march\u00e9 en l\u2019absence de l\u2019ill\u00e9galit\u00e9 commise par les pouvoirs adjudicateurs\u00bb, apr\u00e8s avoir retenu pourtant l\u2019existence d\u2019un pr\u00e9judice consistant dans la \u00abperte d\u2019une chance\u00bb pourSOCIETE2.)de se voir attribuer le march\u00e9 en question. Si la Cour rejoint les juges du premier degr\u00e9 en ce qu\u2019ils ont consid\u00e9r\u00e9 que le pr\u00e9judice deSOCIETE2.)consistait dans la perte d\u2019une chance de se voir attribuer le march\u00e9 en question, il en est autrement de leur appr\u00e9ciation quant \u00e0 l\u2019\u00e9tendue de la r\u00e9paration revenant \u00e0SOCIETE2.). Le pr\u00e9judice invoqu\u00e9 par le demandeur en r\u00e9paration n\u2019est indemnisable que si l\u2019on a la certitude qu\u2019il s\u2019est d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9 ou qu\u2019il se r\u00e9alisera un jour. Le pr\u00e9judice certain s\u2019oppose ainsi au pr\u00e9judice \u00e9ventuel qui est trop hypoth\u00e9tique pour \u00eatre r\u00e9par\u00e9. Seul le pr\u00e9judice certain peut donner lieu \u00e0 r\u00e9paration et il n\u2019en va pas diff\u00e9remment de la perte d\u2019une chance. En effet, la perte d\u2019une chance constitue un pr\u00e9judice certain,\u00e0 la condition que la chance perdue ait \u00e9t\u00e9 r\u00e9elle et s\u00e9rieuse, dans la mesure o\u00f9 l\u2019on consid\u00e8re que la chance perdue, ainsi d\u00e9finie, pr\u00e9sente, en elle-m\u00eame, une valeur dont le<\/p>\n<p>13 demandeur en r\u00e9paration a \u00e9t\u00e9 priv\u00e9 (cf. A. Weill et F. Terr\u00e9, Les obligations, Dalloz, coll.Pr\u00e9cis, 4e \u00e9d., n\u00b0 602 ; Cass. 1re civ. 07.04.1998, Bull. civ. I, n\u00b0 147; 07.04.2002, Bull. civ. I, n\u00b0 116). La perte d\u2019une chance ne concerne que l\u2019\u00e9valuation du pr\u00e9judice, non le rapport de causalit\u00e9 (cf. Cass. 1re civ. 17.11.1982, Bull. civ. I, n\u00b0 39, RTD civ. 1983, 547, obs. G. Durry ; Ph. Malaurie et L. Ayn\u00e8s, Les obligations, Cujas, 10 e \u00e9d., n\u00b0 242). En commettant la faute censur\u00e9e par le juge administratif, les parties appelantes ont priv\u00e9 l\u2019intim\u00e9e d\u2019une chance r\u00e9elle et s\u00e9rieuse de se voir attribuer le march\u00e9 public en question. Cette perte d\u2019une chance r\u00e9elle et s\u00e9rieuse pr\u00e9sente un lien causal direct avec la faute retenue dans le chef des appelants. L\u2019indemnisation de la perte d\u2019une chance est soumise au principe de la r\u00e9paration int\u00e9grale. Mais comme ce principe oblige \u00e0 tenir compte de tous les \u00e9l\u00e9ments du pr\u00e9judice, le juge ne peut \u00e9viter de prendre en consid\u00e9ration l\u2019al\u00e9a qui affecte la r\u00e9alisation de la chance perdue. Il doit d\u00e8s lors effectuer un abattement par rapport \u00e0 l\u2019indemnisation du pr\u00e9judice non al\u00e9atoire. L\u2019indemnisation sera donc n\u00e9cessairement inf\u00e9rieure. Dans son \u00e9valuation, le juge doit tenir compte non seulement de l\u2019existence, mais aussi du degr\u00e9 de l\u2019al\u00e9a (cf. G. Viney, La responsabilit\u00e9: conditions, L.G.D.J., n\u00b0 284 ; Cour d\u2019appel, IX, 01.06.2017, num\u00e9ros du r\u00f4le 38 786 et 38 787, Pas. 38, 546; III, 18.11.2021, num\u00e9ro du r\u00f4le CAL-2018-00729). La r\u00e9paration doit \u00eatre mesur\u00e9e \u00e0 la chance perdue et ne peut \u00eatre \u00e9gale \u00e0 l\u2019avantage qu\u2019aurait procur\u00e9 cette chance sielle s\u2019\u00e9tait r\u00e9alis\u00e9e (cf. Cass. 1re Civ., 08.07.1997, Bull. civ. I, n\u00b0 239 ; 16.07.1998, Bull. civ. I, n\u00b0 260). C\u2019est donc \u00e0 tort que les juges de premi\u00e8re instance ont d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 d\u00e9cid\u00e9 qu\u2019aucun abattement (ou d\u00e9cote) ne devait \u00eatre appliqu\u00e9e. Quant\u00e0 l\u2019importance de la d\u00e9cote applicable en pareil cas, tout d\u00e9pendra de la probabilit\u00e9 que la chance avait de se r\u00e9aliser ; la r\u00e9paration sera fix\u00e9e en cons\u00e9quence (cf. B. Fages, Droit des obligations, L.G.D.J., 4e \u00e9d., n\u00b0 319). En l\u2019esp\u00e8ce, eu \u00e9gard au degr\u00e9 de l\u2019al\u00e9a en cause, la Cour estime appropri\u00e9 d\u2019appliquer une d\u00e9cote de 10 % au pr\u00e9judice non al\u00e9atoire. C\u2019est par de justes motifs que la Cour fait siens que les juges du premier degr\u00e9 ont institu\u00e9 une expertise avec la mission plus amplement sp\u00e9cifi\u00e9edans le dispositif du jugement dont appel afin d\u2019\u00e9valuer le pr\u00e9judice mat\u00e9riel subi par SOCIETE2.).<\/p>\n<p>14 Au vu des conclusions de l\u2019expert judiciaire, il appartiendra, le moment venu, \u00e0 la juridiction de premi\u00e8re instance de fixer le montant de l\u2019indemnit\u00e9 revenant \u00e0 l\u2019intim\u00e9e en appliquant la d\u00e9cote susmentionn\u00e9e de 10 %. Il y a partant lieu de r\u00e9former lejugement entrepris sur ce point. Quant au pr\u00e9judice moral, pour la r\u00e9paration duquelSOCIETE2.)r\u00e9clame en instance d\u2019appel, comme en premi\u00e8re instance, l\u2019allocation de dommages et int\u00e9r\u00eats d\u2019un montant de 10.000 euros, tout en demandant la confirmationdu jugement attaqu\u00e9 \u00aben tous points\u00bb, la Cour constate que les juges du premier degr\u00e9 ont r\u00e9serv\u00e9 ce volet de la demande, outre le volet de la demande en r\u00e9paration pour pr\u00e9judice mat\u00e9riel, \u00aben attendant l\u2019issue de la mesure d\u2019expertise ordonn\u00e9e\u00bb. D\u2019autre part, il convient de r\u00e9server le sort des pr\u00e9tentions des parties au litige en ce qui concerne les frais de la premi\u00e8re instance et les indemnit\u00e9s de proc\u00e9dure r\u00e9clam\u00e9es de part et d\u2019autre pour la premi\u00e8re instance. Eu \u00e9gard \u00e0 l\u2019issue du litige, ily a lieu de rejeter la demande en obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure pour l\u2019instance d\u2019appel form\u00e9e par leH\u00d4PITAL1.)et l\u2019SOCIETE1.)et de faire droit \u00e0 celle form\u00e9e parSOCIETE2.)relativement \u00e0 l\u2019instance d\u2019appel, \u00e0 hauteur de 2.000 euros. Compte tenu des proportions dans lesquelles les parties au litige ont obtenu gain de cause, il convient de faire masse des frais et d\u00e9pens de l\u2019instance d\u2019appel et de les imposer, \u00e0 raison de trois quarts, auH\u00d4PITAL1.)et \u00e0 l\u2019SOCIETE1.)et,d\u2019un quart,\u00e0SOCIETE2.). PAR CES MOTIFS: la Cour d\u2019appel, troisi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re civile, statuant contradictoirement, re\u00e7oit l\u2019appel, le dit partiellement fond\u00e9, r\u00e9formant, dit fond\u00e9e enson principe, \u00e0 raison de 90 %, la demande de la soci\u00e9t\u00e9 de droit allemandSOCIETE2.)G.m.b.H. sur base de l\u2019article 1 er , alin\u00e9a 1 er , de la loi<\/p>\n<p>15 modifi\u00e9e du 1 er septembre 1998 relative \u00e0 la responsabilit\u00e9 civile de l\u2019Etat et des collectives publiques, confirme le jugement entrepris pour le surplus, r\u00e9serve le sort des demandes en obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure pour la premi\u00e8re instance ainsi que des frais de la premi\u00e8re instance, d\u00e9boute leH\u00d4PITAL1.)et l\u2019SOCIETE1.)de leur demande en obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure pour l\u2019instance d\u2019appel, condamne leH\u00d4PITAL1.)et l\u2019SOCIETE1.)\u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de droit allemandSOCIETE2.)G.m.b.H. une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.000 euros pour l\u2019instance d\u2019appel, fait masse des frais et d\u00e9pens de l\u2019instance d\u2019appel et en impose trois quarts auH\u00d4PITAL1.)et \u00e0 l\u2019SOCIETE1.)et un quart \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de droit allemand SOCIETE2.)G.m.b.H., avec distraction au profit de Me Patrick KINSCH et de Me Andr\u00e9 HARPES, sur leurs affirmations de droit, renvoie l\u2019affaire en pros\u00e9cution de cause devant la juridiction du premier degr\u00e9 autrement compos\u00e9e. La lecture du pr\u00e9sent arr\u00eat a \u00e9t\u00e9 faite en la susdite audience publique par Alain THORN, pr\u00e9sident de chambre,en pr\u00e9sence du greffier Isabelle HIPPERT.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-superieure-de-justice-chambre-3\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-superieure-de-justice-chambre-3\/20240827-162759\/20240711-ca3-cal-2022-00506-pseudonymise-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). 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