{"id":591813,"date":"2026-04-18T04:13:38","date_gmt":"2026-04-18T02:13:38","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-21-novembre-2024-n-2022-01054\/"},"modified":"2026-04-18T04:13:41","modified_gmt":"2026-04-18T02:13:41","slug":"cour-superieure-de-justice-21-novembre-2024-n-2022-01054","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-21-novembre-2024-n-2022-01054\/","title":{"rendered":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 21 novembre 2024, n\u00b0 2022-01054"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>Arr\u00eat N\u00b0102\/24-VIII-TRAV Exempt-appel en mati\u00e8re de droit du travail. Audience publique duvingt-et-un novembre deuxmillevingt- quatre Num\u00e9roCAL-2022-01054du r\u00f4le Composition: Elisabeth WEYRICH, pr\u00e9sident de chambre, Yola SCHMIT, premier conseiller, LaurentLUCAS, conseiller, M\u00e1t\u00e9 SEBOK, greffierassum\u00e9. Entre: PERSONNE1.),demeurant \u00e0F-ADRESSE1.), appelantaux termes d\u2019un exploit de l\u2019huissier de justice suppl\u00e9ant Laura GEIGER, en remplacement de l\u2019huissier de justice Carlos CALVO de Luxembourg, du 28 octobre 2022, intim\u00e9 sur appel incident, comparaissant par Ma\u00eetreFran\u00e7ois KAUFFMANN, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0Luxembourg, et: 1.la soci\u00e9t\u00e9\u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.),\u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social\u00e0L-ADRESSE2.), inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourgsous le num\u00e9roNUMERO1.), repr\u00e9sent\u00e9e par song\u00e9rantactuellement en fonctions,<\/p>\n<p>2 intim\u00e9eaux fins du susdit exploitGEIGER, appelante par incident, comparaissant par Ma\u00eetreLaure STACHNIK, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0Luxembourg, 2.l\u2019ETATDU GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG , pris en sa qualit\u00e9 de gestionnaire de l\u2019Agence pour le D\u00e9veloppement de l\u2019Emploi, repr\u00e9sent\u00e9 par son Ministre d\u2019\u00c9tat, \u00e9tabli \u00e0 L-1341 Luxembourg, 2, Place Clairefontaine, intim\u00e9 aux fins du susdit exploitGEIGER, d\u00e9faillant. &#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212; LA COUR D&#039;APPEL: Suivant contrat de travail \u00e0 dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e du11 f\u00e9vrier 2008, PERSONNE1.)a \u00e9t\u00e9 engag\u00e9 comme\u00abResponsable Commercial\u00bb par la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.), anciennement SOCIETE2.)(ci-apr\u00e8s la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)). Suivant avenant du 1 er d\u00e9cembre 2016,PERSONNE1.)a \u00e9t\u00e9 promu au poste de \u00abDirecteur Commercial\u00bb. Depuis les \u00e9lections sociales de mars 2019,PERSONNE1.)est membre suppl\u00e9ant de la d\u00e9l\u00e9gation du personnel. Parcourrier recommand\u00e9 du8 d\u00e9cembre 2020,PERSONNE1.)afait l\u2019objet d\u2019une mise \u00e0 pied avec effet imm\u00e9diat.La lettre de mise \u00e0 pied est libell\u00e9e comme suit : Par requ\u00eated\u00e9pos\u00e9ele9 f\u00e9vrier 2021,PERSONNE1.) a fait convoquer la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.), ainsi que l\u2019ETAT du GRAND- DUCHE DE Luxembourg, pris en sa qualit\u00e9 de gestionnaire de l\u2019Agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi (ci-apr\u00e8s l\u2019ETAT), devant le tribunal du travaild\u2019Esch-sur-Alzette, afin de voirconstater,sur base de l\u2019article L. 415-10 du Code du travail,la r\u00e9siliation de son contrat de travail avec effet \u00e0 la date de notification de la mise \u00e0 pied, ainsi que lecaract\u00e8re abusif de ladite mise \u00e0 pied,estimantquelesfaits lui reproch\u00e9s par l\u2019employeur ne constituent pas des motifs pr\u00e9cis, r\u00e9els et s\u00e9rieux. Il a sollicit\u00e9, selon le dernier \u00e9tat des conclusions, la<\/p>\n<p>3 condamnation de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)au paiement du montant de 93.562,75 euros au titre de r\u00e9paration de son pr\u00e9judice mat\u00e9riel et 15.000 euros au titre de r\u00e9paration de son pr\u00e9judice moral, ces montants avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux tels que sp\u00e9cifi\u00e9s au dispositif de ladite requ\u00eate. Ila r\u00e9clam\u00e9 une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de2.500 euros ainsi que l\u2019ex\u00e9cution provisoire du jugement \u00e0 intervenir. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)a contest\u00e9 la demandeet a r\u00e9clam\u00e9 de mani\u00e8re reconventionnelle la condamnation dePERSONNE1.)\u00e0 lui payer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure. Par courrier du 30 juin 2021, l\u2019ETAT d\u00e9clara ne pasavoir de revendications \u00e0 faire valoir. Par jugement du19 septembre 2022, le tribunal du travail, apr\u00e8s avoir rejet\u00e9 les moyens d\u2019irrecevabilit\u00e9, constat\u00e9la cessation du contrat de travail dePERSONNE1.)au jour de la notification de la mise \u00e0 pied, le 8 d\u00e9cembre 2020, a d\u00e9clar\u00e9 justifi\u00e9e la mise \u00e0 pied et d\u00e9bout\u00e9 PERSONNE1.)de ses demandes en indemnisation des pr\u00e9judices mat\u00e9riel et moral ainsi qu\u2019en paiement d\u2019une indemnit\u00e9de proc\u00e9dure. Le tribunal dutravailaencorecondamn\u00e9PERSONNE1.)\u00e0 payer \u00e0la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de600eurosainsi qu\u2019auxfrais et d\u00e9pens de l\u2019instance. Pour statuerainsi,la juridiction de premi\u00e8re instancea notamment retenu que les motifsde la mise \u00e0 piedont \u00e9t\u00e9 indiqu\u00e9s avec la pr\u00e9cision requise par la loi,que le fait du 15 mai 2018 est trop ancien pour pouvoir \u00eatre invoqu\u00e9 \u00e0 l\u2019appui de la mise \u00e0 pied et que le reproche d\u2019avoir employ\u00e9 le 4 d\u00e9cembre 2020 des \u00abtermes d\u00e9gradants et humiliants\u00bb au sujet de la \u00abresponsable de l\u2019entreprise\u00bb, d\u00fbment \u00e9tabli suivant une attestation testimoniale dePERSONNE2.)est de \u00abnature \u00e0 rompre \u00e0 lui seul la confiance que l\u2019employeur doit n\u00e9cessairement avoir dans son personnel\u00bb. Le tribunal a d\u00e9clar\u00e9 la mise\u00e0 pied litigieuse justifi\u00e9e \u00absans qu\u2019il y ait lieu d\u2019analyser les autres arguments d\u00e9velopp\u00e9s par les parties\u00bb. Par exploit d\u2019huissier de justice du28 octobre 2022,PERSONNE1.)a r\u00e9guli\u00e8rement relev\u00e9appel du jugement du19 septembre2022, qui lui a \u00e9t\u00e9 notifi\u00e9 le23 septembre2022. PERSONNE1.), demande,par r\u00e9formation,\u00e0 voird\u00e9clarerla mise \u00e0 pied du 8 d\u00e9cembre 2020 abusiveet\u00e0 voircondamner la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE2.)au paiement desmontants de 100.201,60 euros autitre de r\u00e9paration de son pr\u00e9judice mat\u00e9riel ainsi que de 15.000 euros au titre de r\u00e9paration de son pr\u00e9judice moral, le tout avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du jour du d\u00e9p\u00f4t de la requ\u00eate en justice jusqu\u2019\u00e0 solde.<\/p>\n<p>4 Il demande encore, par r\u00e9formation, \u00e0 \u00eatre d\u00e9charg\u00e9 \u00ab des condamnations intervenues \u00e0 sa charge en premi\u00e8re instance\u00bb et r\u00e9clame une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.500 euros pour la premi\u00e8re instance, une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.500 euros pour l\u2019instance d\u2019appel, la condamnation de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)auxfrais et d\u00e9pens de l\u2019instance ainsi qu\u2019\u00e0 voir d\u00e9clarer commun l\u2019arr\u00eat \u00e0 intervenir \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019ETAT. PERSONNE1.)demande, pour autant que de besoin, d\u2019ordonner, sur base des articles 284,285 et 288du NCPC, \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.), sinon \u00e0 PERSONNE2.)\u00abde communiquer l\u2019original de l\u2019enregistrement contenant les pr\u00e9tendues insultes prof\u00e9r\u00e9es par lui avec toutes les informations du fichier de l\u2019enregistrement(num\u00e9ro de s\u00e9rie de l\u2019appareil par lequel l\u2019enregistrement a \u00e9t\u00e9 fait ainsi que la date et heure de l\u2019enregistrement)\u00bb. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.),conclut\u00e0 titre principal,\u00e0 la confirmation du jugement d\u00e9f\u00e9r\u00e9 et formule, pour autant que de besoin, une offre de preuvetelle que suit: A titre subsidiaire, elle demande \u00e0 voir r\u00e9duire les demandes indemnitaires adverses \u00e0 de plus justes proportions. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)conclut encore au rejet de la demande adverse \u00e0 voir ordonner la production de l\u2019enregistrement sur base du principe de l\u2019estoppel,PERSONNE1.)ayant en premi\u00e8re instance admis le contenu de cet enregistrement, pour le contester dans l\u2019instanced\u2019appel, sinon sur base du fait que les conditions des articles 284 du NCPC ne seraient pas remplies, sinon que l\u2019attestation testimoniale dePERSONNE2.)suffirait \u00e0 prouver les faits litigieux. A titre plus subsidiaire, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)ne s\u2019oppose pas \u00e0 la production dudit enregistrement \u00absi tant est qu\u2019un int\u00e9r\u00eat existe pour la solution du litige\u00bb. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)conteste la demande dePERSONNE1.) tendant \u00e0 l\u2019obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure et, interjetant appel incident, elle demande, par r\u00e9formation, de condamner PERSONNE1.)au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de3.000 eurospour la premi\u00e8re instance. Elle r\u00e9clame finalement la condamnation de l\u2019appelante au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de3.000 euros pour l\u2019instance d\u2019appel. L\u2019ETAT n\u2019a pas constitu\u00e9 avocat. L\u2019acte d\u2019appel ayant \u00e9t\u00e9 notifi\u00e9 \u00e0 une personne habilit\u00e9e \u00e0 le recevoir (huissier aupr\u00e8s du Minist\u00e8re d\u2019Etat), il y a lieu de statuer par arr\u00eat r\u00e9put\u00e9 contradictoire \u00e0 son encontre.<\/p>\n<p>5 Quant \u00e0 la pr\u00e9cision des motifs Discussion PERSONNE1.)fait valoir que les motifs querell\u00e9s seraient impr\u00e9cis et m\u00e9conna\u00eetraient les dispositions de l\u2019article L. 415-10 (4) du Code du travail. Concernant les pr\u00e9tendues insultes \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la g\u00e9rante dela soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.), la partie intim\u00e9e aurait indiqu\u00e9 comme date le 4 d\u00e9cembre sans pr\u00e9ciser l\u2019ann\u00e9e. En plus, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.) aurait omis d\u2019indiquer le nom du t\u00e9moin qui pourrait confirmer les pr\u00e9tendues insultes, \u00e9tant donn\u00e9 quePERSONNE3.), mentionn\u00e9 dans ladite lettre comme t\u00e9moin, ne confirmerait pas ces reproches. En ce qui concerne le reproche visant \u00abl\u2019acc\u00e8s par mail pendant plusieurs mois et r\u00e9guli\u00e8rement au courant 2018 \u00e0 des informations confidentielles et sensibles dans mes mails priv\u00e9s et professionnels suite \u00e0 une faille dans le syst\u00e8me informatique\u00bb,la lettre de mise \u00e0 pied ne contiendrait aucune explication \u00abpar qui ou comment\u00bb la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)aurait pris connaissance du pr\u00e9tendu acc\u00e8s \u00e0 ces informations, ni quant \u00e0 la nature de \u00abfaille dans le syst\u00e8me informatique\u00bb, ni quant \u00e0 la signification du reproche d\u2019avoir \u00abacc\u00e8s par mail\u00bb. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)aurait aussi omis d\u2019expliquer commentPERSONNE1.)aurait pu avoir acc\u00e8s \u00e0 ces informations suite \u00e0 une\u00abfaille dans le syst\u00e8me informatique\u00bb. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)conclut \u00e0 la confirmation du jugement d\u00e9f\u00e9r\u00e9 sur ce point sp\u00e9cifique qui a retenu que la lettre de licenciement correspond au caract\u00e8re de pr\u00e9cision requis par la loi.PERSONNE1.) omettrait notamment de faire la distinction entre obligation de pr\u00e9ciser les motifs et celle d\u2019en rapporter la preuve. Appr\u00e9ciation La juridiction du premier degr\u00e9 a rappel\u00e9 correctement les principes r\u00e9gissant l\u2019exigence de pr\u00e9cision des motifs d\u2019une mise \u00e0 pied et a consid\u00e9r\u00e9 \u00e0 bon droit quela lettre recommand\u00e9e de mise \u00e0pied du8 d\u00e9cembre 2020, en \u00e9non\u00e7ant les circonstances de fait et de temps ayant entour\u00e9 les fautes reproch\u00e9es \u00e0PERSONNE1.)et en indiquant les circonstances de nature \u00e0 attribuer \u00e0 celles-ci le caract\u00e8re d\u2019un motif grave, remplit cette exigence depr\u00e9cision. En \u00e9crivant dans la lettre de mise \u00e0 pied du 8 d\u00e9cembre 2020 \u00aben date du vendredi 4 d\u00e9cembre, vers 9 heures\u00bb et en pr\u00e9cisant deux paragraphes plus loin, au sujet d\u2019autres \u00abpropos tenus \u00e9galement en date du 4 d\u00e9cembre 2020\u00bb,PERSONNE1.)n\u2019apas pu se m\u00e9prendre<\/p>\n<p>6 quant \u00e0 la date de la profanation des \u00abpropos irrespectueux et diffamatoires\u00bb lui reproch\u00e9s. Il y a encore lieu de constater qu\u2019il est pr\u00e9cis\u00e9 dans la lettre de mise \u00e0 pied que ces propos ont \u00e9t\u00e9 tenus en pr\u00e9sence dePERSONNE3.). La mani\u00e8re dontPERSONNE2.)ait pu entendre ces propos, lesquels n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 tenus en sa pr\u00e9sence physique,concernele caract\u00e8re r\u00e9elde la mise \u00e0 piedet non pas la pr\u00e9cision du motifde la mise \u00e0 pied etsera analys\u00e9e ci-dessous. Il en va de m\u00eame de la mani\u00e8re dontPERSONNE1.)aurait eu acc\u00e8s aux \u00abinformations confidentielles et sensibles\u00bb, cet \u00e9l\u00e9ment concernant le seulcaract\u00e8re r\u00e9el de la mise \u00e0 pied. Le fait de ne pas avoir pr\u00e9cis\u00e9 la nature de la\u00abfaille dans le syst\u00e8me informatique\u00bb, voire, comment techniquement cette faille ait pu rendre possible cet acc\u00e8s, ne sont pas de nature \u00e0 influer sur l\u2019exigence de pr\u00e9cision du motif en question, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il est reproch\u00e9 \u00e0PERSONNE1.) d\u2019avoir acc\u00e9d\u00e9 audites donn\u00e9s et non d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 \u00e0l\u2019origine de la faille informatique. Finalement,PERSONNE1.)n\u2019a pas pu se m\u00e9prendre quant \u00e0 l\u2019indication \u00abvous avez eu acc\u00e8s par mail\u00bb. Le moyen tir\u00e9 de l\u2019impr\u00e9cision des motifs du licenciementapartant\u00e9t\u00e9 rejet\u00e9 \u00e0 bon droit par le tribunal du travail. Quantau d\u00e9lai d\u2019un mois pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article L.415-10, paragraphe (4), alin\u00e9as 2 et 3 du Code du travail Discussion PERSONNE1.)conclut \u00e0 titre principal au rejet de l\u2019ensemble des \u00abfaits remontant \u00e0 2018 et\/ou 2019\u00bb au motif qu\u2019ilsauraient fait l\u2019objet d\u2019un pardon patronal implicite et \u00e9tant donn\u00e9 que les \u00abpr\u00e9tendues fautes graves du 26 novembre 2020 et 4 d\u00e9cembre 2020 ne sont pas prouv\u00e9es, aucun des autres motifs revit\u00bb. PERSONNE1.)fait encore valoir que les fautes reproch\u00e9es pour les ann\u00e9es 2018 et 2019 seraient d\u2019une nature diff\u00e9rente que \u00ables fautes nouvelles\u00bb, de sorte qu\u2019elles ne pourraient pas \u00eatre prises en consid\u00e9ration. A titre subsidiaire,PERSONNE1.)conclutau rejet dureproche relatif \u00e0 l\u2019acc\u00e8s par email \u00ab\u00e0 desinformations confidentielles et sensibles\u00bb, en application de l\u2019article L.415-10 du Code du travail, au motif que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)ne prouverait pas qu\u2019elle en auraiteu<\/p>\n<p>7 connaissance que le 26 novembre 2020, de sorte que ces faits auraient fait l\u2019objet d\u2019un pardon. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)r\u00e9plique avoir \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 de l\u2019acc\u00e8s par email parPERSONNE1.)aux susdites \u00abinformations confidentielles et sensibles\u00bb qu\u2019au moment o\u00f9 elle avait convoqu\u00e9 Madame PERSONNE4.), la comptable de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.), en date du 26 novembre 2020. Les autres faits plus anciens pourraient \u00eatre invoqu\u00e9s \u00e0 l\u2019appui de \u00abnouvelles fautes\u00bb, sans qu\u2019ils ne devraient \u00eatre similaires, afin de justifier la mise \u00e0 pied. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)estime que siPERSONNE1.)a reconnu lors d\u2019une r\u00e9union avec MmePERSONNE5.)au mois de mai 2019, avoir sans autorisation pris le mot de passe personnel de cette derni\u00e8re, il n\u2019aurait cependant pas fait l\u2019objet d\u2019un avertissement, de sorte que ce fait revivrait et devrait \u00eatre pris en compte dans l\u2019appr\u00e9ciation de la mise \u00e0 pied litigieuse. Appr\u00e9ciation Aux termes de l\u2019article L. 415-10, paragraphe (4), alin\u00e9as 2 et 3 du Code du travail, \u00able ou les faits ou fautes susceptibles de justifier une r\u00e9siliation pour motif grave ne peuvent \u00eatre invoqu\u00e9s au-del\u00e0 d\u2019un mois \u00e0compter du jour o\u00f9 la partie qui l\u2019invoque en a eu connaissance, \u00e0 moins que ce fait n\u2019ait donn\u00e9 lieu dans le mois \u00e0 l\u2019exercice de poursuites p\u00e9nales\u00bb, ce d\u00e9lain\u2019\u00e9tant\u00abpas applicable lorsqu\u2019une partie invoque un fait ou une faute ant\u00e9rieure \u00e0 l\u2019appuid\u2019un nouveau fait ou d\u2019une nouvelle faute.\u00bb Afin de justifier le bien-fond\u00e9 d\u2019une mise \u00e0 pied, l\u2019employeur peut, en vertu de la disposition cit\u00e9e ci-dessus, se pr\u00e9valoir non seulement de faits se situant dans le d\u00e9lai l\u00e9gal d\u2019un mois, mais aussi de faits ant\u00e9rieurs. Il appartient dans cette hypoth\u00e8se \u00e0 la juridiction du travail de proc\u00e9der \u00e0 une analyse globale et d\u2019appr\u00e9cier si tous ces faits, pris dans leur ensemble, sont d\u2019une gravit\u00e9 suffisante pour justifier la mesure prise (Cass. 8 d\u00e9cembre 2016, arr\u00eat n\u00b094\/16, n\u00b03717 du registre). D\u2019apr\u00e8s l\u2019arr\u00eat de cassation pr\u00e9cit\u00e9, les juges d\u2019appel ont viol\u00e9 la disposition de l\u2019article L.124-10 (6) \u00aben d\u00e9cidant, en l\u2019esp\u00e8ce, que les faits nouveaux invoqu\u00e9s par l\u2019employeur n\u2019\u00e9taient pas de nature \u00e0 rendre imm\u00e9diatement et d\u00e9finitivement impossible le maintien de la relation de travail et que \u00ab d\u00e8s lors les faits ant\u00e9rieurs au mois(\u2026)ne peuvent pas \u00eatre invoqu\u00e9s \u00e0 l\u2019appui des faits nouveaux, qui en eux- m\u00eames ne constituent pas un motif grave et qui ne prennentpas cette nature par l\u2019effet des faits anciens\u00bb.<\/p>\n<p>8 La m\u00eame conclusion s\u2019impose, par analogie, en ce qui concerne l\u2019articleL. 415-10, paragraphe (4), alin\u00e9a3du Code du travail, sa terminologie \u00e9tant identique \u00e0 celle de l\u2019articleL.124-10paragraphe (6), alin\u00e9a 2 du m\u00eame code. D\u00e8s lors, contrairement \u00e0 l\u2019argumentation dePERSONNE1.), le caract\u00e8re r\u00e9el et s\u00e9rieux d\u2019un \u00abnouveau fait ou d\u2019une nouvelle faute\u00bb ne saurait influer quant au droit d\u2019invoquer \u00abun fait ou une faute ant\u00e9rieure\u00bb. Ceserait \u00e9galement, contrairement \u00e0 l\u2019argumentation de PERSONNE1.),ajouter aux prescriptions de la loi que d\u2019exiger l\u2019analogie ou la similitude des faits ant\u00e9rieurs aux faits invoqu\u00e9s qui se situent dans le d\u00e9lai de la loi (Cour d\u2019appel,7 d\u00e9cembre 2023, n\u00b0CAL- 2022-00141 du r\u00f4le;Cour d\u2019appel, 14 d\u00e9cembre 2017, n\u00b0 44280 du r\u00f4le). M\u00eame si des faits anciens peuvent \u00eatre invoqu\u00e9s \u00e0 l\u2019appui de faits r\u00e9cents, cela ne signifien\u00e9anmoinspas que l\u2019employeur soit admis \u00e0 puiser \u00e0 l\u2019infini dans le pass\u00e9 defa\u00e7on \u00e0 noyer de facto les fautes r\u00e9centes. D\u00e8s lors, les faits remontant loin dans le temps ne sont plus pris en consid\u00e9ration (Cour d\u2019appel, 7 d\u00e9cembre 2023, n\u00b0CAL-2022- 00141 du r\u00f4le; Cour d\u2019appel, 28 mai 2020, n\u00b0 CAL-2019-00866). C\u2019est donc \u00e0 raison que le tribunal a \u00e9cart\u00e9 le fait du 15 mai 2018, consistant pourPERSONNE1.)d\u2019avoir demand\u00e9 \u00e0 plusieurs coll\u00e8gues de travail de ne plus adresser la parole \u00e0PERSONNE6.), pour \u00eatre trop ancien pour pouvoir \u00eatre pris en consid\u00e9ration dans le cadre de la justification de la mise \u00e0 pied avec effet imm\u00e9diat. Il en va de m\u00eame des autresfaits invoqu\u00e9s dans la lettre de mise \u00e0 pied et qui se situent au cours de l\u2019ann\u00e9e 2019. En effet, si l\u2019employeur, apr\u00e8s avoir pris connaissance de l\u2019incident, tarde \u00e0 r\u00e9agir, ilne pourra plus prononcer de sanction, le pardon patronal se d\u00e9duisant de l\u2019\u00e9coulement du temps (PERSONNE7.), Comprendre et appliquer le droit du travail,5 \u00e8me \u00e9dition page163). M\u00eame siPERSONNE1.)ne conclut qu\u2019en ordre subsidiaire au rejetdu motif li\u00e9 \u00e0 l\u2019acc\u00e8s par email \u00ab\u00e0 des informations confidentielles et sensibles\u00bb, en application de l\u2019article L.415-10 du Code du travail,en soutenantque la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)ne prouverait pas qu\u2019elle en aurait eu connaissance qu\u2019en date du26 novembre 2020, de sorte que ces faits auraient fait l\u2019objet d\u2019un pardon, il y a lieu, pour des raisons de logique juridique, d\u2019analyser ce moyen en premier lieu. Selon les termes deL. 415-10, paragraphe (4), alin\u00e9a 2du Code du travail, le d\u00e9lai du mois court \u00e0 compter du jour ou la partie a eu connaissance du fait qu\u2019elle invoque. En cas de contestation, il<\/p>\n<p>9 appartient \u00e0 l\u2019employeur, qui pr\u00e9tend n\u2019avoir eu connaissance que plus tard de la faute invoqu\u00e9e \u00e0 l\u2019appui de la mise \u00e0 pied avec effet imm\u00e9diat, de prouver quand il en a obtenu connaissance (Cour d\u2019appel, 3 juillet 2014 n\u00b0 39914 du r\u00f4le; Cour d\u2019appel, 30 mars 2017, n\u00b041224 du r\u00f4le). La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)pr\u00e9tend par voie de conclusions avoir \u00e9t\u00e9 inform\u00e9e dudit \u00abacc\u00e8s par mail\u00bb litigieux ainsi que du transfert des informations confidentielles ainsi obtenues, faits s\u2019\u00e9tant pr\u00e9tendument d\u00e9roul\u00e9s au cours de l\u2019ann\u00e9e 2018, qu\u2019en date du 26 novembre 2020 \u00aben convoquant MadamePERSONNE4.)\u00bb. Il ne ressort cependant ni des diff\u00e9rentes attestations testimoniales vers\u00e9es en cause et \u00e9manant dePERSONNE4.), ni d\u2019aucun autre document vers\u00e9, que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)n\u2019aurait \u00e9t\u00e9 inform\u00e9e desdits faits qu\u2019en date du 26 novembre 2020. L\u2019offre de preuve formul\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)et tendant \u00e0 prouver en son point 6 que \u00abattendu que MadamePERSONNE5.)a appris le 26 novembre 2020, sans pr\u00e9judice quant \u00e0 la date exacte\u00bb les susdits acc\u00e8s et transferts des informations confidentielles est \u00e0 rejeter quant \u00e0 ce point pour d\u00e9faut de pr\u00e9cision, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il ne ressort ni comment, ni par qui la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)en aurait eu connaissance. D\u00e8s lors, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)ne prouvant pas avoir eu connaissance desdits faits \u00e0 une date post\u00e9rieure\u00e0 leur survenance, \u00e0 savoir l\u2019ann\u00e9e 2018, ces motifs sont \u00e9galement \u00e0 \u00e9carter pour \u00eatre trop anciens. Au vu de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, il y a lieu d\u2019analyser le caract\u00e8re r\u00e9el et s\u00e9rieux des seuls motifs concernant la date du 4 d\u00e9cembre 2020 se situant dans le d\u00e9lai d\u2019un mois pr\u00e9vu parl\u2019article L. 415-10, paragraphe (4), alin\u00e9a 2du Code du travail. Le caract\u00e8re r\u00e9el et s\u00e9rieux des motifs Discussion PERSONNE1.)conclut, par r\u00e9formation, au rejet du motif relatif aux \u00abinsultes prof\u00e9r\u00e9es par la partie appelante en date du 4 d\u00e9cembre\u00bb \u00abpour avoir \u00e9t\u00e9 obtenu de mani\u00e8re ill\u00e9gale. Il fait valoir que la th\u00e8se adverse tendant \u00e0 affirmer quePERSONNE2.) etPERSONNE5.), la g\u00e9rante dela soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.), auraient pu entendre la conversation entrePERSONNE1.)etPERSONNE3.), via un t\u00e9l\u00e9phone mal raccroch\u00e9, ne saurait \u00eatre retenue, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il ressort de l\u2019attestation testimoniale dePERSONNE3.)que lui-m\u00eame etPERSONNE1.)auraient v\u00e9rifi\u00e9, le matin du 4 d\u00e9cembre 2020, que le t\u00e9l\u00e9phone \u00e9tait bien raccroch\u00e9. D\u00e8s lors, l\u2019attestation testimoniale<\/p>\n<p>10 dePERSONNE2.) serait \u00e0 rejeter pour \u00eatre \u00abcalqu\u00e9e sur un enregistrement vocal ill\u00e9gal fait \u00e0 l\u2019insu de la partie appelante et violant le principe de loyaut\u00e9 dans l\u2019administration de la preuve\u00bb. A toutes fins utiles, la production forc\u00e9e de l\u2019enregistrement en question permettrait de prouver que l\u2019enregistrement n\u2019a pas pu se faire de mani\u00e8re l\u00e9gale. M\u00eame \u00e0 supposer quePERSONNE2.)ait personnellement entendu les d\u00e9clarations reproch\u00e9es \u00e0 la partie appelante, son attestation serait \u00e0 rejeter au motif qu\u2019elle ne reposerait \u00abque sur l\u2019enregistrement ill\u00e9gal qui a \u00e9t\u00e9 fait \u00e0 l\u2019insu de la partie appelante\u00bb. Latraduction de son attestation serait encore \u00e0 rejeter \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019elle aurait \u00e9t\u00e9 faite par \u00abun certain M.PERSONNE8.), sans indiquer la moindre qualification professionnelle de ce traducteur\u00bb, de sorte \u00e0 n\u2019avoir \u00abaucune certitude par rapport \u00e0 l\u2019exactitude de ladite traduction\u00bb. L\u2019appelantcontesteencoreavoir prof\u00e9r\u00e9 les injures lui reproch\u00e9s. PERSONNE1.)soutient ensuite, que les propos lui reproch\u00e9s, ne seraient pas, eu \u00e9gard \u00e0 son anciennet\u00e9 dansla soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.), du fait qu\u2019il \u00ab\u00e9tait la main droite\u00bb dePERSONNE5.), et que les propos ont \u00e9t\u00e9 prof\u00e9r\u00e9s dans le cadre d\u2019une conversation priv\u00e9e entre deux coll\u00e8gues de travail, d\u2019une gravit\u00e9 suffisante pour justifier une mise \u00e0 pied avec effet imm\u00e9diat. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)soutient quePERSONNE1.)ne contesterait pas les propos injurieux lui reproch\u00e9s et qu\u2019il se contenterait d\u2019arguer que ce motif aurait \u00e9t\u00e9 obtenu de mani\u00e8re ill\u00e9gale. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)explique que le matin du 4 d\u00e9cembre 2020, PERSONNE1.)aurait t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 \u00e0PERSONNE5.)pour effectuer une commande de mat\u00e9riel pour la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)et que suite \u00e0 cet appel,PERSONNE2.), quise trouvait \u00e0 ce moment dans le bureau de PERSONNE5.), et cette derni\u00e8re auraient entendu une conversation entrePERSONNE1.)etPERSONNE3.). Ceci n\u2019aurait pu se faire que \u00abpar le biais d\u2019un t\u00e9l\u00e9phone mal raccroch\u00e9 et\/ou d\u2019une erreur de manipulation de cedernier\u00bb. L\u2019affirmation dePERSONNE3.)qu\u2019il serait \u00abimpossible que le t\u00e9l\u00e9phone ait \u00e9t\u00e9 mal raccroch\u00e9\u00bb ne viendrait pas infirmer la version des faits de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.), ce d\u2019autant plus qu\u2019il ne serait ni technicien, ni expert en t\u00e9l\u00e9phonie et que son affirmation serait contredite par \u00able rapport d\u2019intervention de laPost\u00bb. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)conclut \u00e0 la validit\u00e9 de l\u2019attestation testimoniale dePERSONNE2.)au motif qu\u2019elle contiendrait la relation<\/p>\n<p>11 des faits auxquels son auteur a personn ellement assist\u00e9. PERSONNE2.)aurait commenc\u00e9 \u00e0 enregistrer la discussion litigeuse \u00abcompte tenu des propos insultants prononc\u00e9s\u00bbparPERSONNE1.) \u00abetl\u2019a par la suite retranscrit sur son attestation testimoniale\u00bb. Elle estime finalement que les injures prof\u00e9r\u00e9es seraient suffisamment graves pour justifier la mise \u00e0 pied avec effet imm\u00e9diat. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)fait valoir qu\u2019il r\u00e9sulterait des attestations testimoniales dePERSONNE9.) et dePERSONNE2.) que PERSONNE1.)a en date du 4 d\u00e9cembre 2020 \u00abvoulu r\u00e9cup\u00e9rer du mat\u00e9riel destin\u00e9 \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)pour un agent ind\u00e9pendant indien MonsieurPERSONNE9.)et il lui a propos\u00e9 de lui ramener du mat\u00e9riel par le biais de MonsieurPERSONNE10.), contre un profit r\u00e9mun\u00e9ratoire \u00e0 son \u00e9gard, le tout \u00e0 l\u2019insu de son employeur\u00bb. PERSONNE1.)conteste que ces affirmations seraient confirm\u00e9es par les susdites attestations testimoniales et qu\u2019en tout \u00e9tat de cause, celle dePERSONNE2.)serait \u00e0 \u00e9carter pour \u00eatre bas\u00e9e sur un enregistrement ill\u00e9gal. Il conclut donc au rejet de ce motif pour n\u2019\u00eatre ni r\u00e9el ni s\u00e9rieux. Appr\u00e9ciation de la Cour Il est rappel\u00e9 qu&#039;il incombe \u00e0 l&#039;employeur de prouverla r\u00e9alit\u00e9 et la gravit\u00e9des griefs formul\u00e9s \u00e0 l\u2019appui de la mise \u00e0 pied. Il ressort non seulement des conclusions de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.), mais encore de l\u2019attestation testimoniale dePERSONNE2.), que cette attestation est la retranscription de l\u2019enregistrement r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 l\u2019aide d\u2019un t\u00e9l\u00e9phone portable des propos litigieux tenus parPERSONNE1.) en date du 4 d\u00e9cembre 2020. Il y a d\u00e8s lors lieu d\u2019examinerde prime abordl\u2019admissibilit\u00e9 de cette attestation testimoniale au regard du respect de la vie priv\u00e9e. L\u2019article 8 de la CEDH dispose que : \u00ab1) Toute personne a droit au respect de sa vie priv\u00e9e et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2) Il ne peut y avoir ing\u00e9rence d\u2019une autorit\u00e9 publique dans l\u2019exercice de ce droit que pour autant que cette ing\u00e9rence est pr\u00e9vue par la loi et qu\u2019elle constitue une mesure qui, dans une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique, est n\u00e9cessaire \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 nationale, \u00e0 la s\u00fbret\u00e9 publique, au bien-\u00eatre \u00e9conomique du pays, \u00e0 la d\u00e9fense de l\u2019ordre et \u00e0 la pr\u00e9vention des infractions p\u00e9nales, \u00e0 la protection de la sant\u00e9 ou de la morale, ou \u00e0 la protection des droits et libert\u00e9s d\u2019autrui.\u00bb Si le point 2 de l\u2019article8 de la CEDH ser\u00e9f\u00e8re exclusivement aux relations desautorit\u00e9s publiques avec les personnespriv\u00e9es, en ce<\/p>\n<p>12 qu\u2019il limite le droit d\u2019ing\u00e9rencedes autorit\u00e9s publiques dans la vie priv\u00e9edes particuliers \u00e0 certains cas d\u00e9finis, lepremier point de l\u2019article8 pose, cependant,le principe g\u00e9n\u00e9ral du droit de tout un chacun au respect de sa vie priv\u00e9e, sansqu\u2019il y soit fait une distinction entre le casde la violation de ce droit par une autorit\u00e9publique et celui o\u00f9 la violation \u00e9maned\u2019une entit\u00e9 priv\u00e9e. Ily a, d\u00e8s lors, lieu d\u2019admettre que l\u2019article 8 de la CEDH, etnotamment le premier point de cet article,est applicable dans les relations entrepersonnes priv\u00e9es, afin de garantir le droitpositif de chacun au respect de sa vie priv\u00e9e. L\u2019article 2 de la loi du 11 ao\u00fbt 1982concernant la protection de la vie priv\u00e9e\u00e9rige en d\u00e9lit l\u2019atteinte \u00e0 l\u2019intimit\u00e9 de la viepriv\u00e9e commise notamment par le faitd\u2019\u00e9couter ou de faire \u00e9couter, d\u2019enregistrerou de faire enregistrer, de transmettre ou defairetransmettre, au moyen d\u2019un appareilquelconque, des paroles prononc\u00e9es enpriv\u00e9 par une personne, sans le consentement de celle-ci. D\u2019ailleurs, qu\u2019elle soit ou non p\u00e9nalement sanctionn\u00e9e, l\u2019atteinte audroit au respect de la vie priv\u00e9e est unefaute civiledont les \u00e9l\u00e9ments constitutifssont procur\u00e9s par l\u2019interpr\u00e9tation donn\u00e9e \u00e0la d\u00e9finition de la faute selon le droit commun \u00e0 la lumi\u00e8re de l&#039;article 8 de laCEDH (Cour 26 f\u00e9vrier 2008, n\u00b0 100\/08V); Cour d\u2019appel,3 juin 2015, Pasicrisie,2016\/1page498) C\u2019est aux juridictions qu\u2019il appartientd\u2019identifier les biens prot\u00e9g\u00e9s par le conceptde vie priv\u00e9e et de mesurer la force aveclaquelle ils contrebalancent les droitsconcurrents des agents juridiques accus\u00e9s d\u2019y avoir port\u00e9 atteinte. Si une partie \u00e0 unproc\u00e8s a obtenu une preuve en ayantrecours \u00e0 un proc\u00e9d\u00e9 illicite, l\u2019une descons\u00e9quences de la faute ainsi commise estde faire \u00e9carter un tel mode de preuve des d\u00e9bats judiciaires ( Rigaux : La protectionde la vie priv\u00e9e et des autres biens de lapersonnalit\u00e9, n\u00b0 139 et 647). Dans ce contexte,le faitque l\u2019interlocuteur \u00e9cout\u00e9 soit inform\u00e9 ounon de l\u2019\u00e9coute ou de l\u2019enregistrement deses d\u00e9clarations constitue un \u00e9l\u00e9mentessentiel pour d\u00e9terminer si oui ou non il y aviolation du respect \u00e0 la viepriv\u00e9e et usaged\u2019un proc\u00e9d\u00e9 d\u00e9loyal ( Cass.fr. chambrecivile 2, 7 octobre 2004, n\u00b0 03-12653,Bulletin 2004, II, n\u00b0 447, p.380 et Assembl\u00e9epl\u00e9ni\u00e8re 7 janvier 2011, n\u00b0 09-14316 09- 14667). En l\u2019esp\u00e8ce, il est constant en cause, pour r\u00e9sulter notamment des conclusions de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.), que les paroles enregistr\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9es en priv\u00e9 entrePERSONNE1.)etPERSONNE3.) et que l\u2019enregistrement a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 sans le consentement et \u00e0 l\u2019insu dePERSONNE1.). D\u00e8s lors, l\u2019enregistrement litigieux constitue un proc\u00e9d\u00e9 d\u00e9loyal et a \u00e9t\u00e9 fait en violation du respect \u00e0 la vie priv\u00e9e. Etant donn\u00e9, qu\u2019il ressort aussi bien des affirmations de la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE2.)que de l\u2019attestation dePERSONNE2.), que cette<\/p>\n<p>13 attestation constitue une simple retranscription de l\u2019enregistrement litigieux, cette attestation constitue partant un \u00e9l\u00e9ment de preuve illicite portant atteinte \u00e0 la protection de la vie priv\u00e9e dePERSONNE1.)et doit en cons\u00e9quence \u00eatre \u00e9cart\u00e9e. Pour les m\u00eames motifs,la demande enproduction forc\u00e9ede cet enregistrementest \u00e0 rejeter. Il y a encore lieu de rejeter les points 1,2 et 4 de l\u2019offre de preuve formul\u00e9es par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.), pour la preuve desquels la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)propose l\u2019audition dePERSONNE2.), \u00e9tant donn\u00e9 que apr\u00e8s avoir \u00e9cout\u00e9 l\u2019enregistrement litigieux et l\u2019avoir fid\u00e8lement retranscrit dans le cadre de la susdite attestation, il ne puiserait, dans le cadre d\u2019une audition, non dans les souvenirs ayant leur source dans la conversation qu\u2019il a entendu le4 d\u00e9cembre 2020, mais dans ceux trouvant leur source dans l\u2019\u00e9coute de l\u2019enregistrement litigieux, de sorte \u00e0 constituer un moyen de preuve d\u00e9loyal. D\u00e8s lors et \u00e0 d\u00e9faut de verser en cause un autre document prouvant les paroles pr\u00e9tendument tenues parPERSONNE1.)le 4 d\u00e9cembre 2020 dans le cadre de sa conversation avecPERSONNE3.), il y a lieu de retenir, par r\u00e9formation, que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)ne rapporte pas la preuve du caract\u00e8re r\u00e9el et s\u00e9rieux des motifs relatifs aux points susvis\u00e9s. Quant au point8) de l\u2019offre de preuve, contrairement aux affirmations dela soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.), il ne ressort pas de l\u2019attestation testimoniale dePERSONNE9.)quePERSONNE1.)lui aurait propos\u00e9 de\u00ablui ramener du mat\u00e9riel par le biais de MonsieurPERSONNE10.), contre un profit r\u00e9mun\u00e9ratoire \u00e0 son \u00e9gard, le tout \u00e0 l\u2019insu de son employeur\u00bb. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)offre encore de prouver ces faits par l\u2019audition des t\u00e9moinsPERSONNE9.)etPERSONNE10.). Il s\u2019agit du point huit de l\u2019offre de preuve de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)qui entend prouver que PERSONNE1.)auraittenu de tels propos dans le cadre d\u2019un entretien t\u00e9l\u00e9phonique avecPERSONNE10.). Il y a lieu de rejeter ce point de l\u2019offre de preuve pour d\u00e9faut de pr\u00e9cision, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il n\u2019en r\u00e9sulte pas de quelle mani\u00e8re PERSONNE1.) aurait affirm\u00e9 vouloir livrer du mat\u00e9riel \u00e0 PERSONNE9.)en contrepartie d\u2019un profit personnel, des \u00absous- entendus\u00bb n\u2019\u00e9tant qu\u2019une appr\u00e9ciation subjective des t\u00e9moins. L\u2019offre de preuve est finalement \u00e0 d\u00e9clarer irrecevable pour l\u2019ensemble des faits figurant aux points 3), 5), 6) et 7) et qui ont \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9s ci- dessus pour \u00eatre trop anciens.<\/p>\n<p>14 Au vu de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, il y a lieu de dire fond\u00e9 l\u2019appel interjet\u00e9 par PERSONNE1.)etde retenirque, par r\u00e9formation du jugement entrepris, la mise \u00e0 pied avec effet imm\u00e9diat du 9 d\u00e9cembre 2020 de PERSONNE1.)n\u2019\u00e9tait pas justifi\u00e9e. Elle est d\u00e8s lorsirr\u00e9guli\u00e8repour ne pas \u00eatre bas\u00e9esur des motifs r\u00e9els et s\u00e9rieux. Quant aux cons\u00e9quences de la mise \u00e0 pied irr\u00e9guli\u00e8re Discussion PERSONNE1.)argue que m\u00eame si en raison de son statut de d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 du personnel il n\u2019aurait pas droit aux indemnit\u00e9s compensatoires de pr\u00e9avis et de de d\u00e9part, ces indemnit\u00e9s devraient n\u00e9anmoins \u00eatre prises en compte pour le calcul de son pr\u00e9judice mat\u00e9riel \u00e9tant donn\u00e9 que \u00able l\u00e9gislateur ne voulait certainement pas traiter les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s du personnel moins favorablement que les salari\u00e9s ordinaires\u00bb. Ayant d\u00e8s lors droit \u00e0 six mois d\u2019indemnit\u00e9s compensatoires de pr\u00e9avis et \u00e0 deux mois d\u2019indemnit\u00e9de d\u00e9part, dur\u00e9e \u00e0 laquelle il y aurait lieu d\u2019enlever \u00abtrois mois couverts par le maintien du paiement de salaires l\u00e9galement pr\u00e9vu\u00bb, il demande \u00e0 voir condamner la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE2.)\u00e0 lui payer le montant de 70.722,25 euros correspondant \u00e0 cinq mois de salaires. Il demande encore la fixation d\u2019une p\u00e9riode de r\u00e9f\u00e9rence de six mois \u00e0 partir du 1 er mars 2021, suivant \u00abla fin de la p\u00e9riode de trois mois relative au maintien du paiement des salaires l\u00e9galement pr\u00e9vu\u00bb. En tenant compte des \u00ab indemnit\u00e9s compl\u00e9mentaires\u00bb et du salaire touch\u00e9 aupr\u00e8s de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE3.), \u00e0 partir du 1 er juin 2021, il sollicite encore la condamnation de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)au paiement du montant de 29.479,35 euros au titre de r\u00e9paration de son pr\u00e9judice mat\u00e9riel. Eu \u00e9gard \u00e0 son anciennet\u00e9 de douze mois, de son \u00e2ge, du fait qu\u2019il aurait \u00e9t\u00e9 un salarie exemplaire, que sa mise \u00e0 pied serait intervenue en pleine crise de Covid et qu\u2019ilse serait fait des soucis pour son avenir, il sollicite la condamnation de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)\u00e0 lui payer le montant de 15.000 euros au titre de r\u00e9paration de son pr\u00e9judice moral. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)conteste, \u00e0 titre principal, l\u2019existence d\u2019un pr\u00e9judice mat\u00e9riel en son principe et son quantum. A titre subsidiaire, son pr\u00e9judice mat\u00e9riel serait \u00e0 suffisance r\u00e9par\u00e9 par le maintien de son salaire pendant trois mois suivant la mise \u00e0 pied en raison de son statut de d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 du personnel. A titre plus subsidiaire encore,la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)argue que la p\u00e9riode de r\u00e9f\u00e9rence r\u00e9clam\u00e9e serait excessive, compte tenu du \u00ablaxisme dePERSONNE1.)dans sa recherche d\u2019emploi\u00bb.<\/p>\n<p>15 La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)s\u2019oppose \u00e0 la demande dePERSONNE1.)en r\u00e9paration de son pr\u00e9judice moral au motif qu\u2019il n\u2019en rapporterait pas la preuve. Appr\u00e9ciation Il y a lieu de pr\u00e9ciser que le jugement entrepris n\u2019est pasremis en cause en ce que le tribunal a d\u00e9clar\u00e9r\u00e9sili\u00e9 le contrat de travail de PERSONNE1.)avec effet au 8 d\u00e9cembre 2020, date de la notification de la mise \u00e0 pied. Quant au pr\u00e9judice mat\u00e9riel L\u2019article L. 415-10, (4), alin\u00e9a 6, du Code du travail, disposeque\u00able d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 qui ne souhaite pas \u00eatre maintenu ou, le cas \u00e9ch\u00e9ant, \u00eatre r\u00e9int\u00e9gr\u00e9, peut saisir, dans les trois mois de la notification de la mise \u00e0 pied, le tribunal du travail d\u2019une demande en constatation de la r\u00e9siliation de son contrat de travail et d\u2019une demande tendant \u00e0 la condamnation de l\u2019employeur \u00e0 verser des dommages et int\u00e9r\u00eats tenant compte du dommage sp\u00e9cifique subi par la cessation du contrat en rapport avec son statut de d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 jouissant d\u2019une protection sp\u00e9ciale\u00bb. Cette disposition ne pr\u00e9voit pas que le d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 dont le contrat de travail a cess\u00e9 dans les conditions cit\u00e9es ci-dessus, ait droit \u00e0 une indemnit\u00e9 compensatoire de pr\u00e9avis et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, \u00e0 une indemnit\u00e9 de d\u00e9part. Ladite disposition ne comporte pas non plus de renvoi aux articles sp\u00e9cifiques du Code du travail. Force estdoncde constater qu\u2019aucune disposition l\u00e9gale ne permet au d\u00e9l\u00e9gu\u00e9, optant pour une action en d\u00e9dommagement, de r\u00e9clamer une indemnit\u00e9 compensatoire de pr\u00e9avis et une indemnit\u00e9 de d\u00e9part (Cour, 7 d\u00e9cembre 2023,n\u00b0CAL-2022-00141 du r\u00f4le). Il n\u2019y a d\u00e8s lors pas lieu, contrairement \u00e0 l\u2019argumentation de PERSONNE1.), de tenir compte, par \u00e9quivalence, de ces indemnit\u00e9s dans la fixation de l\u2019indemnisation \u00e0 lui accorder au titre de r\u00e9paration du pr\u00e9judice mat\u00e9riel. Cependant, conform\u00e9ment aux r\u00e8gles de droit commun,l\u2019appelant a, en principe, droit \u00e0 r\u00e9paration pour les pr\u00e9judices mat\u00e9riel et moral subisqui pr\u00e9sentent un lien causal direct avec sa mise \u00e0 pied irr\u00e9guli\u00e8re.<\/p>\n<p>16 Face aux contestations de l\u2019employeur, il appartient au salari\u00e9 d\u2019\u00e9tablir qu\u2019il a subi un dommage mat\u00e9riel par suite de la mise \u00e0 pied irr\u00e9guli\u00e8re. Le salari\u00e9 licenci\u00e9 doit prouver qu\u2019il a entrepris les d\u00e9marches n\u00e9cessaires pour retrouver un nouvel emploi, afin de pouvoir invoquer la relation causale entre l\u2019\u00e9ventuel pr\u00e9judice mat\u00e9riel et la mise \u00e0 pied dont il a fait l\u2019objet. Les pertes subies ne sont \u00e0 prendre en consid\u00e9ration que pour autant qu\u2019elles se rapportent \u00e0 une \u00e9poque qui aurait raisonnablement d\u00fb suffire pour permettre au salari\u00e9 de trouver un nouvel emploi, le salari\u00e9 \u00e9tant oblig\u00e9de faire tous les efforts n\u00e9cessaires pour trouver un emploi de remplacement et pour minimiser son dommage ( Cour d\u2019appel, 18 juin 2020, n\u00b0 CAL-2019- 00066 du r\u00f4le). Cette p\u00e9riode qui est fix\u00e9e en tenant compte de l\u2019\u00e2ge du salari\u00e9 au moment du licenciement, de sa qualification et de la situation sur le march\u00e9 de l\u2019emploi, prend g\u00e9n\u00e9ralement fin au moment o\u00f9 le salari\u00e9 licenci\u00e9 a trouv\u00e9 un nouvel emploi. Il est constant en cause quelesalairedePERSONNE1.)a \u00e9t\u00e9 maintenu pendant trois moiset ce jusqu\u2019\u00e0 fin f\u00e9vrier 2021. Au regard des demandes de candidatures vers\u00e9es sous le n\u00b04de sa farde de pi\u00e8ces,et du fait qu\u2019il a trouv\u00e9 un nouvel emploi \u00e0 partir du 1 er juin 2021,PERSONNE1.)justifie avoir faitles effortsn\u00e9cessaires afin de retrouver un nouvel emploi. Compte tenu de l\u2019\u00e2ge dusalari\u00e9 au moment de sa mise \u00e0 pied, de son anciennet\u00e9 de services et de la situation difficile sur le march\u00e9 de l\u2019emploi li\u00e9e \u00e0 la crise sanitaire du Covid19,il y a lieu de fixer la p\u00e9riode de r\u00e9f\u00e9rence jusqu\u2019au 31 mai 2021. Les salaires dePERSONNE1.)ayant \u00e9t\u00e9 maintenus jusqu\u2019\u00e0 fin f\u00e9vrier 2021, il y a lieu de condamnerla soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)\u00e0 payer \u00e0 PERSONNE1.)le montant de 42.433,35 euros (14.144,45 x 3) au titre de r\u00e9paration de son pr\u00e9judice mat\u00e9riel. Quant au dommage moral L\u2019indemnisation du pr\u00e9judice moral subi par le salari\u00e9faisant l\u2019objet d\u2019une mise \u00e0 pied irr\u00e9guli\u00e8re, vise \u00e0 r\u00e9parer, d\u2019une part, les soucis, voire le d\u00e9sarroi, \u00e9prouv\u00e9s par celui-ci, confront\u00e9 \u00e0 une situation mat\u00e9rielle et \u00e0 un avenir professionnel incertains et, d\u2019autre part, l\u2019atteinte port\u00e9e \u00e0 sa dignit\u00e9 de salari\u00e9 qui est \u00e0 \u00e9valuer en fonction de la dur\u00e9e des relations de travail et des circonstances dans lesquelles le licenciement s\u2019est op\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p>17 Le licenciement est intervenu le 8 avril 2020, soit au d\u00e9but de la crise du Covid 19. Eu \u00e9gard \u00e0 l\u2019\u00e2ge et \u00e0 l\u2019anciennet\u00e9 de services dePERSONNE1.),au fait que le mise \u00e0 pied est intervenue lors de la crise du Covid 19, ainsi qu\u2019aux circonstances de samise \u00e0 pied, il convient de fixer le pr\u00e9judice moral qu\u2019ila subi du fait de l\u2019atteinte \u00e0 sa dignit\u00e9 ainsi que de l\u2019anxi\u00e9t\u00e9 quant \u00e0 son avenir professionnel et des soucis et tracas li\u00e9s \u00e0 la recherche d\u2019un nouvel emploi \u00e01.500 \u20ac. Quant aux demandes accessoires Au vu du caract\u00e8reirr\u00e9gulier de la mise \u00e0 pied,il serait in\u00e9quitable de laisser \u00e0 charge dePERSONNE1.)les frais non compris dans les d\u00e9pens qu\u2019ila d\u00fb exposer en premi\u00e8re instance pour faire valoir ses droits. Il y a donc lieu, par r\u00e9formation du jugement de premi\u00e8re instance, de dire fond\u00e9e la demande dePERSONNE1.)bas\u00e9e sur l\u2019article 240 du Nouveau code de proc\u00e9dure civile pour le montant de 1.000 \u20ac. La demande dePERSONNE1.)en obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure pour l\u2019instance d\u2019appel est \u00e0 d\u00e9clarer fond\u00e9e \u00e0 concurrence du montant de 1.500 \u20ac. Eu \u00e9gard \u00e0 l\u2019issue du litige,la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)est, par r\u00e9formation du jugement de premi\u00e8re instance, \u00e0 condamner aux frais et d\u00e9pens de la premi\u00e8re instance et \u00e0 d\u00e9bouter de sa demande en obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure. Sa demande en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure pour l\u2019instance d\u2019appel est \u00e0 rejeter et elle doit supporter les frais et d\u00e9pens de l\u2019instance d\u2019appel. Le pr\u00e9sent arr\u00eat est \u00e0 d\u00e9clarer commun \u00e0l\u2019ETAT. PAR CES MOTIFS: la Cour d\u2019appel, huiti\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re de droit du travail,statuant par arr\u00eat r\u00e9put\u00e9 contradictoire \u00e0 l\u2019encontre de l\u2019ETAT DU GRAND -DUCHE DE LUXEMBOURG, en sa qualit\u00e9 de gestionnaire du Fonds pourl\u2019Emploiet contradictoirement \u00e0 l\u2019\u00e9gard des autres parties, re\u00e7oit les appels principal et incident, dit l\u2019appel incident non fond\u00e9,<\/p>\n<p>18 dit l\u2019appel principalpartiellementfond\u00e9, r\u00e9formant, d\u00e9clareirr\u00e9guli\u00e8rela mise \u00e0 pied prononc\u00e9e le8 d\u00e9cembre 2020par la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.)\u00e0 l\u2019encontre de PERSONNE1.), dit fond\u00e9e la demande dePERSONNE1.)pour le montant de 42.433,35 euros au titrede r\u00e9paration du pr\u00e9judice mat\u00e9riel et pour le montant de 1.500 eurosau titrede r\u00e9paration du pr\u00e9judice moral, condamnela soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.)\u00e0 payer \u00e0 PERSONNE1.)le montant de43.933,35 eurosavec les int\u00e9r\u00eats au taux l\u00e9gal \u00e0 partir du9 f\u00e9vrier 2021, jusqu\u2019\u00e0 solde, dit non fond\u00e9e la demandeen allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure dela soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.)pour la premi\u00e8re instance, d\u00e9chargePERSONNE1.)de toutes condamnations prononc\u00e9es \u00e0 son \u00e9gard par le jugement entrepris du19 septembre 2022, condamne la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.)\u00e0 payer \u00e0 PERSONNE1.)une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.000eurospour la premi\u00e8re instance, ditnon fond\u00e9e la demande de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOCIETE1.)en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure pour l\u2019instance d\u2019appel, condamne la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.)\u00e0 payer \u00e0 PERSONNE1.)une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.500eurospour l\u2019instance d\u2019appel, d\u00e9clare le pr\u00e9sent arr\u00eat commun \u00e0 l\u2019ETAT DU GRAND-DUCHE DE Luxembourg, en sa qualit\u00e9 de gestionnaire du Fonds pour l\u2019Emploi, condamne la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.)aux frais et d\u00e9pens des deux instances,avec distraction au profit de Ma\u00eetre Fran\u00e7ois KAUFMANN,avocat concluant, sur ses affirmations de droit.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-superieure-de-justice-chambre-8\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-superieure-de-justice-chambre-8\/20241223-014830\/20241121-ca08-cal-2022-01054-pseudonymise-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). 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