{"id":612493,"date":"2026-04-19T23:10:44","date_gmt":"2026-04-19T21:10:44","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-30-mai-2024-n-2021-01052\/"},"modified":"2026-04-19T23:10:48","modified_gmt":"2026-04-19T21:10:48","slug":"tribunal-darrondissement-30-mai-2024-n-2021-01052","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-30-mai-2024-n-2021-01052\/","title":{"rendered":"Tribunal d&#8217;arrondissement, 30 mai 2024, n\u00b0 2021-01052"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>Jugement commercial 2024TALCH06\/00358 Audience publique du jeudi, trente mai deux mille vingt-quatre. Num\u00e9ros de r\u00f4le 175406 et TAL-2021-01052 Composition: Maria FARIA ALVES, vice-pr\u00e9sidente; Muriel WANDERSCHEID, juge; Paula GAUB, juge; Claude FEIT,greffi\u00e8re. I.175406 Entre: 1)la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.),\u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- ADRESSE1.), inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9roNUMERO1.), repr\u00e9sent\u00e9e par ses g\u00e9rants actuellement en fonctions, partie demanderesse, aux termes d\u2019un exploit de l\u2019huissier de justice suppl\u00e9ant Patrick MULLER, en remplacement de l\u2019huissier de justice Frank SCHAAL de Luxembourg, en date du 21 janvier 20216, comparant parMa\u00eetre Pierre REUTER, avocat \u00e0 la Cour constitu\u00e9, demeurant \u00e0 Luxembourg, 2)lasoci\u00e9t\u00e9 en commandite par actionssous la forme d\u2019unesoci\u00e9t\u00e9d\u2019investissement \u00e0 capital variable\u2013fonds d\u2019investissement sp\u00e9cialis\u00e9SOCIETE2.)SCA SICAV-FIS, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-ADRESSE2.), inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9roNUMERO2.), d\u00e9clar\u00e9 en \u00e9tat de liquidation judiciaire par jugement du Tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg du 26 novembre 2020,repr\u00e9sent\u00e9e par son liquidateur, partie demanderesse, aux termesdu pr\u00e9dit exploit SCHAAL, comparantactuellementparMa\u00eetre C\u00e9dric SCHIRRER, avocat \u00e0 la Cour constitu\u00e9, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>2 et: 1)MonsieurPERSONNE1.), demeurant \u00e0 L-ADRESSE3.), partie d\u00e9fenderesse,auxfins du pr\u00e9ditexploit SCHAAL, comparantactuellementpar Ma\u00eetre G\u00e9raldine MERSCH, avocat \u00e0 la Cour constitu\u00e9, demeurant\u00e0 Luxembourg, 2)la soci\u00e9t\u00e9 de droit belgeSOCIETE3.)SPRL, en abr\u00e9g\u00e9SOCIETE3.), anciennement SOCIETE3.)SA, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 B-ADRESSE4.), inscrite au Moniteur Belge sous le num\u00e9roNUMERO3.), repr\u00e9sent\u00e9e par son curateur partie d\u00e9fenderesse,auxfins du pr\u00e9dit exploit SCHAAL, ayant comparu, en dernier lieu, par Ma\u00eetre St\u00e9phanie LACROIX, qui a d\u00e9pos\u00e9 son mandat, II.TAL-2021-01052 Entre: Ma\u00eetre C\u00e9dric SCHIRRER, avocat \u00e0 la Cour, demeurant professionnellement \u00e0 L-1331 Luxembourg, 75, boulevard Grande-Duchesse Charlotte, en sa qualit\u00e9 de liquidateurde soci\u00e9t\u00e9 en commandite par actionssous la forme d\u2019unesoci\u00e9t\u00e9 d\u2019investissement \u00e0 capital variable\u2013fonds d\u2019investissement sp\u00e9cialis\u00e9SOCIETE2.)SCA SICAV-FIS,pr\u00e9qualifi\u00e9e, d\u00e9clar\u00e9e en \u00e9tat de liquidation judiciaire par jugement rendu en date du 26 novembre 2020, partie demanderesse, aux termes d\u2019un exploit de l\u2019huissier dejustice Cath\u00e9rine NILLES de Luxembourg, en date du 5 janvier 2021, comparant en personne, et: Ma\u00eetre Rutger BELSACK, avocat, demeurant professionnellement \u00e0 B-1740 Ternat, 17, Marktplein, en sa qualit\u00e9 de curateur de la soci\u00e9t\u00e9 belge \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOCIETE3.)SPRL,pr\u00e9qualifi\u00e9e, en faillite suivant jugement du tribunal de commerce de Bruxelles du 14 juillet 2020, partie d\u00e9fenderesse,auxfins du pr\u00e9dit exploitCath\u00e9rine NILLES, d\u00e9faillante. _______________________________________________________________________<\/p>\n<p>3 Le Tribunal: Faits La soci\u00e9t\u00e9 en commanditepar actionssous la forme d\u2019unesoci\u00e9t\u00e9 d\u2019investissement \u00e0 capital variable\u2013fonds d\u2019investissement sp\u00e9cialis\u00e9SOCIETE2.)SCASICAV-FIS(ci-apr\u00e8s, \u00abSOCIETE2.)\u00bb ou le \u00abFonds\u00bb) a \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9e le 14 octobre 2009. Elle \u00e9tait inscrite en tant que fonds d\u2019investissement sp\u00e9cialis\u00e9 au sens de la loi modifi\u00e9edu 13 f\u00e9vrier 2007 relative aux fonds d\u2019investissement sp\u00e9cialis\u00e9ssur la liste officielle tenue par la Commission de surveillance du secteur financier (ci-apr\u00e8s,la \u00abCSSF\u00bb)jusqu\u2019\u00e0 sa radiation de ladite liste en date du 1 er ao\u00fbt 2019 et sa mise en liquidation judiciaire subs\u00e9quente parjugement du 26 novembre 2020. Ma\u00eetre C\u00e9dric SCHIRRER a\u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 liquidateur (ci-apr\u00e8s, le \u00abLiquidateur\u00bb). Les investissements mis en place pour le Fonds consistaient \u00e0 mettre \u00e0 disposition des liquidit\u00e9s, sous forme d\u2019achats de titres financiers, \u00e0 des soci\u00e9t\u00e9s (ci-apr\u00e8s, les\u00absoci\u00e9t\u00e9s cibles\u00bb). Avantlamise en liquidationdu Fonds, la soci\u00e9t\u00e9\u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.)(ci- apr\u00e8s, \u00abSOCIETE1.)\u00bb),l\u2019associ\u00e9 commandit\u00e9g\u00e9rant du Fonds,assumait la gestiondu Fonds. Du1 er ao\u00fbt 2013au 29 juillet 2014,PERSONNE1.)aexerc\u00e9 la fonction de membre du conseil de g\u00e9rance deSOCIETE1.),compos\u00e9 de deuxautres membres. Par d\u00e9cision du 29 juillet 2014, l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des actionnaires deSOCIETE1.)a r\u00e9voqu\u00e9 le mandat dePERSONNE1.). Pendant la dur\u00e9e de son mandat, six investissements d\u00e9nomm\u00e9s \u00abORGANISATION1.) SA\u00bb, \u00abORGANISATION2.)\u00bb, \u00abORGANISATION3.)\u00bb, \u00abORGANISATION4.)\u00bb, \u00abORGANISATION5.)\u00bb et \u00abORGANISATION6.)\u00bb ont \u00e9t\u00e9 mis en place. Toutes les soci\u00e9t\u00e9s cibles de ces six investissements ont conclu un contrat d\u2019interm\u00e9diation avec la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE4.)SA (ci-apr\u00e8s, \u00abSOCIETE4.)\u00bb), aux termes duquel une commissionuniquede 10%et une commission annuelle de 0,50%du montantde l\u2019investissement\u00e9taientoctroy\u00e9es\u00e0SOCIETE4.). PERSONNE1.)est administrateur d\u2019SOCIETE4.). En date du 6 f\u00e9vrier 2013, unInvestment advisoryAgreementa \u00e9t\u00e9 conclu entre SOCIETE1.)et la soci\u00e9t\u00e9 de droit belgeSOCIETE3.)SPRL, en abr\u00e9g\u00e9SOCIETE3.), (ci- apr\u00e8s, \u00abSOCIETE3.)\u00bb)(ci-apr\u00e8s, le \u00abIAA\u00bb). PERSONNE1.)\u00e9tait \u00e9galementg\u00e9rant d\u2019SOCIETE3.). SOCIETE3.)a \u00e9t\u00e9 mise en faillite par jugement du 14 juillet 2020 et Ma\u00eetre Rutger BELSACK a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 curateur.<\/p>\n<p>4 Proc\u00e9dure Par acte d\u2019huissier de justice du21 janvier 2016,SOCIETE1.)etle Fonds ontassign\u00e9 PERSONNE1.)etSOCIETE3.)\u00e0 compara\u00eetre devant letribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale, selon les r\u00e8gles de la proc\u00e9dure civile. L\u2019affaire a \u00e9t\u00e9 inscrite au r\u00f4le sous le num\u00e9ro 175406. Par acted\u2019avou\u00e9-\u00e0-avou\u00e9du 18 d\u00e9cembre 2020, le Liquidateur a inform\u00e9SOCIETE1.)et les parties d\u00e9fenderessesau principalde sa volont\u00e9 de reprendre cette instance. Par acte d\u2019huissier de justice du 5 janvier 2021, le Liquidateur a assign\u00e9 Ma\u00eetre Rutger BELSACK, en sa qualit\u00e9 de curateur d\u2019SOCIETE3.),\u00e0 compara\u00eetre devant le tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale, selon les r\u00e8gles de la proc\u00e9dure civile, aux fins de reprise de l\u2019instanceintroduite par l\u2019assignation du 21 janvier 2016par le curateur. L\u2019affairea \u00e9t\u00e9 inscrite au r\u00f4le sous le num\u00e9ro TAL-2021-01052. Par ordonnance du 5 mai 2021, les proc\u00e9dures inscrites au r\u00f4le sous les num\u00e9ros 175406 et TAL-2021-01052 ont \u00e9t\u00e9 jointes. Par courrier du 22 janvier 2021, Ma\u00eetre BELSACK a inform\u00e9 le tribunal et les autres parties qu\u2019il n\u2019entendait pas intervenir \u00e0 l\u2019instance. La cl\u00f4ture de l\u2019instruction a \u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9e en date du 5 juillet 2023 etles affaires ont\u00e9t\u00e9 prisesen d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 par le pr\u00e9sident du si\u00e8ge \u00e0 l\u2019audience de plaidoiries du 7 f\u00e9vrier 2024, sur rapportdu magistrat de la mise en \u00e9tat. Les mandataires des parties n\u2019ont pas demand\u00e9 \u00e0 plaider, de sorte qu\u2019ils sont r\u00e9put\u00e9s avoir r\u00e9p\u00e9t\u00e9 leurs moyens et \u00e9taient dispens\u00e9s de se pr\u00e9senter \u00e0 l\u2019audience de plaidoiries, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 226 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, dans sa version applicable au jour des plaidoiries. Pr\u00e9tentions et moyens Les parties demanderesses au principaldemandentactuellementprincipalement la condamnation dePERSONNE1.)\u00e0 payer \u00e0SOCIETE1.)un montant de 150.000.-euros du chef du pr\u00e9judice financieretde l\u2019atteinte \u00e0 sa r\u00e9putation et \u00e0 payerau Fondsun montant de 980.908,30euros du chef du pr\u00e9judice financier et de l\u2019atteinte \u00e0 sa r\u00e9putation. Elles basent cette demande principalement sur la responsabilit\u00e9 contractuelle et subsidiairement sur la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle. A titre subsidiaire, elles sollicitent les m\u00eames condamnations \u00e0 l\u2019encontre d\u2019SOCIETE3.). Elles basent cette demande sur la responsabilit\u00e9 contractuellepour ce qui estde SOCIETE1.)et sur la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle pour ce qui estdu Fonds. Atitre plus subsidiaire, elles sollicitent les m\u00eames condamnationsin solidum\u00e0 l\u2019encontre des parties d\u00e9fenderessesau principal.<\/p>\n<p>5 Elles demandent \u00e0 voir assortir ces condamnations des int\u00e9r\u00eats au taux r\u00e9sultant des articles 15-1 et 14 de la loi modifi\u00e9e du 18 avril 2004 relative aux d\u00e9lais de paiement et aux int\u00e9r\u00eats de retard, \u00e0 partir de l\u2019assignationdu 21 janvier 2016, sinon \u00e0 partirdu jugement \u00e0 intervenir. En outre, elles demandent \u00e0 voir ordonner \u00e0PERSONNE1.), en sa qualit\u00e9 d\u2019administrateur d\u2019SOCIETE4.)de produire (i) le registredes actions nominatives d\u2019SOCIETE4.), indiquant la d\u00e9signation pr\u00e9cise de chaque actionnaire et le nombre de ses actions, de m\u00eame que les \u00e9ventuels transferts des actions en titres au porteur ou en titres d\u00e9mat\u00e9rialis\u00e9s et (ii) sinon la d\u00e9cision du conseil d\u2019administration ayant nomm\u00e9 un d\u00e9positaire conform\u00e9ment \u00e0 la loi du 10 ao\u00fbt 1915 concernant les soci\u00e9t\u00e9s commerciales, telleque modifi\u00e9e par la loi du 28 juillet 2014 relative \u00e0 l\u2019immobilisation des actions et parts au porteur et \u00e0 la tenue du registre des actions nominatives et du registre des actions au porteur. Elles basent cette demande sur l\u2019article 288 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile. Elles demandent encore \u00e0 voir condamnerPERSONNE1.), sinonSOCIETE3.), sinon les deuxin solidum\u00e0payer \u00e0SOCIETE1.)et \u00e0SOCIETE2.)une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure d\u2019un montant de 5.000.-euros sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code deproc\u00e9dure civileet \u00e0 supporter les frais et d\u00e9pens de l\u2019instance. Elles sollicitent encore l\u2019ex\u00e9cution provisoire sans caution du jugement \u00e0 intervenir, sinon subsidiairement, elles offrent de fournir caution et demandent \u00e0 voir ordonner l\u2019ex\u00e9cution provisoire du jugement sous caution de fournir telle caution que le tribunal jugera utile d\u2019imposer. Elles demandentaussi la condamnation des parties d\u00e9fenderessesau principalau frais et d\u00e9pens de l\u2019instance, avec distraction au profit de Ma\u00eetre PierreREUTER, qui la demande, affirmant en avoir fait l\u2019avance. Les parties demanderesses contestent le moyen d\u2019irrecevabilit\u00e9 tir\u00e9 du libell\u00e9 obscur de l\u2019assignation principale, arguant que ledit exploit pr\u00e9sente le degr\u00e9 de clart\u00e9 requis pour \u00eatre recevable. Leurs moyens seraient expos\u00e9s de mani\u00e8re d\u00e9taill\u00e9e, elles pr\u00e9ciseraient le fondement juridique de leurs demandes et elles feraient la distinction entre la demande de SOCIETE1.)et celle du Fonds en page 5 de l\u2019exploit. De plus, il d\u00e9coulerait clairement de l\u2019assignation que les faits reproch\u00e9s se sont d\u00e9roul\u00e9s pendant le mandat dePERSONNE1.), le litige portant justement sur l\u2019ex\u00e9cution de ce mandat. Elles font encore valoir que le tribunal peut attribuer aux faits qui lui sont pr\u00e9sent\u00e9s la qualification juridique ad\u00e9quate, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 61 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile. En ce qui concerne le moyen d\u2019irrecevabilit\u00e9 tir\u00e9 de l\u2019absence de d\u00e9cision de l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale deSOCIETE1.), les parties demanderesses au principal font valoir que par r\u00e9solution du 29 juillet 2014, l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des actionnaires a confi\u00e9 au conseil de g\u00e9rance le soin d\u2019engager,le cas \u00e9ch\u00e9ant,toute proc\u00e9dure \u00e0 l\u2019encontre dePERSONNE1.), en consid\u00e9ration des fautes qui ont justifi\u00e9 la r\u00e9solution de son mandat de g\u00e9rant. L\u2019action en responsabilit\u00e9 deSOCIETE2.)serait donc recevable \u00e0 son \u00e9gard. A titre subsidiaire, elles pr\u00e9cisent qu\u2019une \u00e9ventuelle irrecevabilit\u00e9 de ce chef ne saurait affecter l\u2019action intent\u00e9e par SOCIETE1.)contreSOCIETE3.), ni l\u2019action intent\u00e9epar le Fonds contre les parties d\u00e9fenderessesau principal.<\/p>\n<p>6 A l\u2019appui de leur demande principale dirig\u00e9e contrePERSONNE1.),les parties demanderesses au principalexposent,\u00e0 titre pr\u00e9liminaire, qu\u2019en tant qu\u2019associ\u00e9 commandit\u00e9 g\u00e9rant du Fonds,SOCIETE1.)g\u00e9rait et administrait le Fondspar l\u2019interm\u00e9diaire de ses g\u00e9rants statutaireset\u00e9taitpr\u00e9sum\u00e9e pouvoir accomplir au nom du Fonds tous les actes n\u00e9cessaire ou utiles \u00e0 l\u2019accomplissement de son objet social, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 107 de laloi modifi\u00e9e du 10 ao\u00fbt 1915 concernant les soci\u00e9t\u00e9s commerciales (ci-apr\u00e8s, la \u00abLSC\u00bb), \u00e0 savoir r\u00e9aliser des investissementsrentables,produisant des b\u00e9n\u00e9ficespour les investisseurs du Fonds.PERSONNE1.)aurait au moins d\u00fb d\u00e9ployer ses meilleurs efforts pour atteindre cet objectif. Elles reprochent\u00e0PERSONNE1.)diff\u00e9rents manquements dans l\u2019exercice de son mandat de g\u00e9rant qui auraient expos\u00e9 le Fonds \u00e0 des pertes, sinon \u00e0 des risques de pertes, dont le Fonds entendrait demander r\u00e9paration. La demande du Fonds serait bas\u00e9e principalement sur la responsabilit\u00e9 contractuelle au motif qu\u2019en sa qualit\u00e9 de g\u00e9rant d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 qui elle-m\u00eame assumerait les fonctions de g\u00e9rant du Fonds,PERSONNE1.)devrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un administrateur du Fonds, devant r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ce dernier des fautes accomplies dans l\u2019ex\u00e9cution de son mandat. A titre subsidiaire, le Fonds agirait sur base de la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle au motif quePERSONNE1.)engagerait sa responsabilit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9gard de tout tiers pour les fautes commises dans l\u2019ex\u00e9cution de son mandat de g\u00e9rant deSOCIETE1.), conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 59 de la LSC.Les g\u00e9rants seraient responsablesde toute faute de r\u00e9gularit\u00e9 et de toute faute intentionnelle vis-\u00e0-vis des tiers. SOCIETE1.), en tant qu\u2019associ\u00e9 commandit\u00e9 du Fonds, serait ind\u00e9finiment responsable des dettes sociales du Fonds, de sorte qu\u2019elle entendrait \u00e0 son tour engager la responsabilit\u00e9 dePERSONNE1.)pour les fautes commises en sa qualit\u00e9 de g\u00e9rant deSOCIETE1.)ayant entra\u00een\u00e9 les pertes financi\u00e8res li\u00e9es aux investissements mis en cause dans la pr\u00e9sente affaire.Le g\u00e9rant serait mandataire de la soci\u00e9t\u00e9 et comme tout mandataire, il serait responsablede l\u2019ex\u00e9cution de ce contratde mandatsur base de la responsabilit\u00e9 contractuelle. Elle base sa demande sur les articles 59 et 192 de la LSC, arguant queles g\u00e9rants dela soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e sont responsables envers la soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019ex\u00e9cution du mandat qu\u2019ils ont re\u00e7u et des fautes commises dans leur gestion. Les g\u00e9rants seraient encore solidairement responsables de tous dommages et int\u00e9r\u00eats r\u00e9sultant d\u2019infractions aux dispositions de la LSC ou des statuts. Premi\u00e8rement, les parties demanderesses reprochent \u00e0PERSONNE1.) des fautes commises dans l\u2019ex\u00e9cution de son mandat de gestion. En r\u00e9ponse aux moyens adverses, elles font valoir qu\u2019il est parfaitement possible d\u2019obtenir r\u00e9paration des pertes survenues de la faute d\u2019un membre du conseil deg\u00e9rance en actionnant ce dernier de fa\u00e7on directe en responsabilit\u00e9, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 192 de la LSC. Ce serait donc \u00e0 tort que les parties d\u00e9fenderessesau principalsoutiendraient que la responsabilit\u00e9 des g\u00e9rants ne saurait \u00eatre que coll\u00e9giale.Les seules fautes de gestion, seraient celles commises \u00e0 titre individuel parPERSONNE1.), de sorte que leur demande ne serait pas dirig\u00e9e contre les autres membres du conseil de g\u00e9rance, \u00e0 l\u2019encontre desquels aucune faute de gestion ne serait caract\u00e9ris\u00e9e.<\/p>\n<p>7 Les parties demanderesses conviennent que la faute de gestion rel\u00e8ve d\u2019une obligation de moyens, le g\u00e9rant devant apporter tous les soins n\u00e9cessaires \u00e0 la gestion de la soci\u00e9t\u00e9. Le g\u00e9rant engagerait toutefois sa responsabilit\u00e9 pour toute faute, m\u00eame laplus l\u00e9g\u00e8re. Les parties demanderesses au principalexposent que le g\u00e9rant est tenu d\u2019ex\u00e9cuter son mandat de bonne foi, et notamment d\u2019avoir un comportement loyal, \u00e0 savoir qu\u2019il devrait agir dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de la soci\u00e9t\u00e9 et non dansun int\u00e9r\u00eat personnel. Elles reprochent \u00e0PERSONNE1.)d\u2019avoirviol\u00e9 cette obligation enpoursuivantdes int\u00e9r\u00eats personnelssinon concurrents \u00e0 ceux de la soci\u00e9t\u00e9, plus pr\u00e9cis\u00e9ment d\u2019avoir privil\u00e9gi\u00e9 les int\u00e9r\u00eats d\u2019SOCIETE4.)au d\u00e9triment de ceux du Fonds et deSOCIETE1.). Elles soutiennent quePERSONNE1.)\u00e9tait non seulement l\u2019administrateur mais \u00e9galement l\u2019actionnaire d\u2019SOCIETE4.),soit directement soit indirectement\u00e0 travers d\u2019autres soci\u00e9t\u00e9s, de sorte qu\u2019il aurait profit\u00e9 descommissionsper\u00e7ues par celle-ci. Sur les six investissements mis en place,SOCIETE4.)aurait per\u00e7u 1.107.250.-eurosen commissions, ce qui aurait lourdement compromis l\u2019\u00e9quilibre et la rentabilit\u00e9 des investissements, compromettant s\u00e9rieusement les chances de d\u00e9veloppement et de performance des soci\u00e9t\u00e9scibles. Elles citent \u00e0 titre d\u2019exemple l\u2019investissement ORGANISATION3.), qui aurait requis un financement additionnel de 950.000.-euros pour redresser la situation de la soci\u00e9t\u00e9 cible alors que la commission d\u2019SOCIETE4.)aurait \u00e9t\u00e9 de 500.000.-euros. Concernant le courrier du 15 juillet 2014, par lequelPERSONNE1.)auraitrecommand\u00e9 au Fonds de ne pas injecter des fonds suppl\u00e9mentaires dansORGANISATION3.), celui-ci n\u2019aurait \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 qu\u2019apr\u00e8s l\u2019investissement, les solutions propos\u00e9es auraient \u00e9t\u00e9 inadapt\u00e9es et les autres membres du conseil de g\u00e9rance auraient d\u00e9j\u00e0 perdu toute confiance enPERSONNE1.)\u00e0 cette date. Les parties demanderesses au principal soutiennent que les commissions revers\u00e9es \u00e0 SOCIETE4.)n\u2019auraient pas \u00e9t\u00e9 justifi\u00e9es puisqu\u2019elles auraient en r\u00e9alit\u00e9r\u00e9mun\u00e9r\u00e9des activit\u00e9s quePERSONNE1.)accomplissait d\u00e9j\u00e0 en qualit\u00e9 de g\u00e9rant deSOCIETE1.), sinon des prestations accomplies parSOCIETE3.). Autoriser, voire mettre en place de telles commissions n\u2019aurait pas relev\u00e9 d\u2019un acte de gestion diligente. La confusion d\u2019int\u00e9r\u00eatsse refl\u00e8terait encore par le fait quePERSONNE1.)aurait demand\u00e9 de payer directement \u00e0SOCIETE4.), les frais de structuration dus \u00e0SOCIETE3.)au titre de ses services d\u2019assistance aux investissements. Les parties demanderessesconcluent que ce comportementconstitue une faute de gestion. Elles reprochent encore \u00e0PERSONNE1.)d\u2019avoir manqu\u00e9 de loyaut\u00e9 et de transparence, arguantqu\u2019il aurait dissimul\u00e9 l\u2019existencedes commissions revers\u00e9es \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 concurrente, de m\u00eame que ses int\u00e9r\u00eats danscette soci\u00e9t\u00e9. Il aurait d\u00fb informer les parties requ\u00e9rantes au principal de tout \u00e9v\u00e9nement de nature \u00e0 compromettre ou influencer leurs int\u00e9r\u00eats au vu du montant substantiel descommissions vers\u00e9es \u00e0SOCIETE4.), venant compromettre la rentabilit\u00e9 des investissements et augmentant le risque de pertes du Fonds.Les autres membres du conseil de g\u00e9rance deSOCIETE1.)ne se seraient aper\u00e7us de l\u2019existence des commissions vers\u00e9es \u00e0SOCIETE4.)qu\u2019\u00e0 la suite dupremier appel de fonds compl\u00e9mentairedans le dossierORGANISATION3.)en juin 2014et auraient d\u00e8s cette d\u00e9couverte, d\u00e9nonc\u00e9 la situation \u00e0 la prochaine assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale du 24 juillet 2024.<\/p>\n<p>8 Le fait qu\u2019un paiement \u00e9tait pr\u00e9vu en faveur d\u2019SOCIETE4.)dans la convention du 9 juillet 2014 ne prouverait pas la connaissance des parties d\u00e9fenderessesau principaldes commissions d\u2019SOCIETE4.)ant\u00e9rieurement \u00e0 cette date et encore moins leur acceptation. Les parties demanderesses font encore valoir que le g\u00e9rant a une obligation de diligence et de bonne gestion. Il devrait apporter \u00e0 sa gestion, les soins d\u2019un bon p\u00e8re de famille, d\u2019un commer\u00e7ant prudent et diligent. Elles exposent quePERSONNE1.)avait un r\u00f4le plus important que les autres membres du conseil de g\u00e9rance dans la mesure o\u00f9 il constituait les dossiers etchoisissait seul les projets d\u2019investissements, de sorte queSOCIETE1.)aurait \u00e9t\u00e9 principalement g\u00e9r\u00e9e par lui. Elles pr\u00e9cisent qu\u2019il\u00e9tait charg\u00e9 de constituer l\u2019ensemble des informations, documents et pi\u00e8ces justificatives li\u00e9es aux garanties donn\u00e9es au Fonds, ainsi que de l\u2019analyse de risques de chaque investissement du Fonds et d\u2019assurer ladue diligencesur les documents re\u00e7us, l\u2019identification des clients, les formalit\u00e9s de compliance, etc. L\u2019analyse des risques r\u00e9alis\u00e9e par lui aurait \u00e9t\u00e9 consign\u00e9edans des fiches techniques, reprenant notamment une description d\u00e9taill\u00e9e des charges de la soci\u00e9t\u00e9 cibl\u00e9, une projection des revenus escompt\u00e9s et une \u00e9valuation des s\u00fbret\u00e9s consenties pour garantir le remboursement du pr\u00eat. Ces fiches auraient permis d\u2019appr\u00e9cier la capacit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 cible \u00e0 rembourser les avances de liquidit\u00e9, ainsi queles int\u00e9r\u00eats et auraient constitu\u00e9 un \u00e9l\u00e9ment essentiel pour appr\u00e9cier l\u2019opportunit\u00e9 de l\u2019investissement. Ces fiches techniques, qui auraient servi de base \u00e0 la d\u00e9cision du comit\u00e9 de cr\u00e9dit, seraient mises en causes, les analyses \u00e9tant tronqu\u00e9es ou maquill\u00e9es, de sorte que les deux autres membres du conseil de g\u00e9rance n\u2019auraient pas pu prendre une d\u00e9cision \u00e9clair\u00e9e. PERSONNE1.)auraitde factod\u00e9cid\u00e9 seul, alors qu\u2019ilaurait pu compter sur l\u2019accord du conseil de g\u00e9rance sur base de ses propres \u00abanalyses falsifi\u00e9es\u00bb. Elles reprochentencore\u00e0PERSONNE1.)d\u2019avoir commis des erreurs grossi\u00e8res dans l\u2019analyse des risques et la mise en place des diff\u00e9rents projets,qui auraient conduit aux difficult\u00e9s de remboursement rencontr\u00e9es par le Fonds. Dans le dossier ORGANISATION3.),il auraitainsidissimul\u00e9 sinon n\u00e9glig\u00e9 d\u2019int\u00e9grer les commissions accord\u00e9es \u00e0SOCIETE4.)dans l\u2019analyse des risquesetil aurait omis de tenir compte des dettes fournisseursdans la fiche technique du 15 avril 2014,cequi aurait subitement plac\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 cible en grande difficult\u00e9 financi\u00e8re. De plus,l\u2019identification des soci\u00e9t\u00e9s cibles ne r\u00e9pondrait pas aux crit\u00e8res d\u2019investissement du Fonds, \u00e0 savoir pr\u00e9senter des garanties suffisamment fiables et des revenus suffisants pour permettre le remboursement du principal et des int\u00e9r\u00eats, ainsi qu\u2019avoir des dirigeants professionnellement fiables. L\u2019appr\u00e9ciation des qualit\u00e9s professionnelles des g\u00e9rants des soci\u00e9t\u00e9s cibles aurait fait partie de l\u2019analyse des risques dont il aurait \u00e9t\u00e9 charg\u00e9. En particulier, dans le dossierORGANISATION3.),les biens hypoth\u00e9qu\u00e9s auraient \u00e9t\u00e9 inscrits pour une valeur de 6.535.000.-euros alors qu\u2019une expertise immobili\u00e8re effectu\u00e9e a posterioriaurait r\u00e9v\u00e9l\u00e9 de s\u00e9rieux \u00e9carts entre cette valeur et la valeur r\u00e9elle des immeubles, dont certainsauraientm\u00eame en\u00e9tat de ruine et devraient \u00eatre d\u00e9molis.M\u00eame si le dirigeant deORGANISATION3.)a menti sur la situation \u00e9conomique de la soci\u00e9t\u00e9cible, PERSONNE1.)aurait d\u00fb mieux analyser la situation. Sa mauvaise \u00e9valuation des risques pour le Fonds ferait preuved\u2019unmanque de diligence et des soins du bon p\u00e8re de famille. Dans le m\u00eame dossierORGANISATION3.), il aurait surestim\u00e9 les revenus projet\u00e9s. En 2014, le Fonds n\u2019aurait re\u00e7u que 68.680.-euros au lieu des 313.803.-euros projet\u00e9s. Dans<\/p>\n<p>9 le dossierORGANISATION2.), le g\u00e9rant auraitlui-m\u00eamereconnu que les chiffres pr\u00e9sent\u00e9s parPERSONNE1.)\u00e9taient sur\u00e9valu\u00e9s, les loyers mentionn\u00e9s \u00e9tantplus \u00e9lev\u00e9s que ceux procur\u00e9s par ledit g\u00e9rant \u00e0PERSONNE1.).PERSONNE1.)aurait \u00e9galement tent\u00e9 d\u2019inciter le g\u00e9rant dans le dossierORGANISATION5.)\u00e0 gonfler les chiffres, ce que celui-ci aurait refus\u00e9. Dans les dossiersORGANISATION4.)etORGANISATION3.),PERSONNE1.)aurait mal appr\u00e9ci\u00e9 l\u2019honn\u00eatet\u00e9 et les qualit\u00e9s professionnelles des g\u00e9rants. Dans le premier, le g\u00e9rant se serait enfui avec l\u2019argent de la soci\u00e9t\u00e9cibleet dans le deuxi\u00e8me, le g\u00e9rant, PERSONNE2.), auraitd\u00e9tourn\u00e9 des fonds, notamment des loyers qu\u2019il se serait fait payer de la main \u00e0 la main. Deuxi\u00e8mement, les parties demanderessesau principalreprochent \u00e0PERSONNE1.) d\u2019avoir manqu\u00e9 \u00e0 son obligation de r\u00e9sultat de respecter la LSC et les statuts, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 59 de ladite loi, en se pla\u00e7ant dans une situation deconflit d\u2019int\u00e9r\u00eatscontraire \u00e0 l\u2019article 57 de la LSC et \u00e0 l\u2019article 18 des statuts du Fonds. Il aurait occup\u00e9 au sein d\u2019SOCIETE4.)une fonction contraire aux int\u00e9r\u00eats du Fonds et deSOCIETE1.), dont il aurait \u00e9t\u00e9 l\u2019administrateur mais \u00e9galement l\u2019actionnaire,et aurait per\u00e7u \u00e0 titre personnel ou via SOCIETE4.)des commissions portant pr\u00e9judice aux int\u00e9r\u00eats du Fonds et deSOCIETE1.). Le service offert parSOCIETE4.)aurait \u00e9t\u00e9 d\u2019optimiser la situation patrimoniale dessoci\u00e9t\u00e9s cibles, de sorte \u00e0 \u00abconvaincre\u00bb un potentiel pr\u00eateur et lescommissions auraient constitu\u00e9 enlepaiement d\u2019une redevance unique de 10% du financement sollicit\u00e9, payable au plus tard le jour de la mise \u00e0 disposition de fonds par le pr\u00eateur, ainsi qu\u2019une redevance annuelle de 0,50% du financement sollicit\u00e9.PERSONNE1.)aurait donc eu un int\u00e9r\u00eat certain \u00e0 obtenir le financement pour les soci\u00e9t\u00e9s cibles, conditionsine qua nonde la r\u00e9mun\u00e9ration due \u00e0 SOCIETE4.). Or, en qualit\u00e9 de g\u00e9rant deSOCIETE1.), il analysait les pi\u00e8ces qu\u2019il aurait lui- m\u00eame g\u00e9n\u00e9r\u00e9es \u00e0 traversSOCIETE4.). Toutes les soci\u00e9t\u00e9s cibles auraient conclu des conventions d\u2019interm\u00e9diation avec SOCIETE4.). Il aurait eu l\u2019obligation de r\u00e9v\u00e9ler cette situation aux autres membres du conseil de g\u00e9rance et aurait d\u00fb s\u2019abstenir de prendre partaux d\u00e9cisions pour lesquelles il aurait eu un int\u00e9r\u00eat contraire, ce qu\u2019il n\u2019aurait pas fait. Il aurait d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment cach\u00e9 ce conflit d\u2019int\u00e9r\u00eats.Il aurait demand\u00e9 aux g\u00e9rants des soci\u00e9t\u00e9s cibles de ne pas faire \u00e9tat des commissions vers\u00e9es \u00e0 SOCIETE4.), ce qui prouverait sa mauvaise foi. A l\u2019appui de leur demande en production de pi\u00e8ces, les parties demanderesses au principal font valoir que les pi\u00e8ces en question sont de nature \u00e0 d\u00e9montrer quePERSONNE1.)est actionnaire d\u2019SOCIETE4.), et ainsi de faire la lumi\u00e8re sur l\u2019ampleur de ses int\u00e9r\u00eats dans cette soci\u00e9t\u00e9. Il serait essentiel, pour l\u2019application de l\u2019article 57 de la LSC, de d\u00e9terminer avec pr\u00e9cision les avantages personnels quePERSONNE1.)a pu retirer des commissions vers\u00e9es \u00e0SOCIETE4.)par les soci\u00e9t\u00e9s cibles. Quant au pr\u00e9judice, les parties demanderesses au principal indiquent que les agissements fautifs dePERSONNE1.)ont caus\u00e9\u00e0SOCIETE1.)une atteinte \u00e0sar\u00e9putation. Cette derni\u00e8reserait affect\u00e9e dans sa capacit\u00e9 \u00e0 assurer de nouveaux mandats de g\u00e9rant dans le futurs\u2019ils\u2019av\u00e9raitqu\u2019elle a mal g\u00e9r\u00e9 le Fonds. Ces agissements lui auraient encore caus\u00e9 un pr\u00e9judice financer alors qu\u2019elle aurait \u00e9t\u00e9 contrainte de recruter du personnel d\u00e9di\u00e9\u00e0 redresserla situation des soci\u00e9t\u00e9s cibles et au recouvrement des avances. Le premier poste est \u00e9valu\u00e9eex aequo et bono\u00e0 100.000.-euros et le deuxi\u00e8me \u00e0 50.000.-euros.<\/p>\n<p>10 Lesagissementsfautifs dePERSONNE1.)auraient caus\u00e9au Fondsune atteinte \u00e0 sa r\u00e9putationaupr\u00e8s des investisseurs, qui risqueraient de perdre confiance,en raison des pertessubies sur les investissements litigieux. Cette atteinte est\u00e9valu\u00e9e \u00e0 100.000.-euros. Le Fonds se pr\u00e9vaut \u00e9galement d\u2019un pr\u00e9judice financier,\u00e9valu\u00e9actuellement\u00e0980.908,30 euros. Ainsi, le Fonds aurait \u00e9t\u00e9 confront\u00e9 \u00e0 des difficult\u00e9s derecouvrement dans la plupart des six investissements litigieux et aurait \u00e9t\u00e9 contraint de pr\u00e9lever les annuit\u00e9s impay\u00e9es sur les garanties consenties et le Fonds aurait \u00e9t\u00e9 priv\u00e9 de moyens suffisants pour se d\u00e9dier \u00e0 de nouveaux investissements et d\u00e9velopper son activit\u00e9. Dans le dossierORGANISATION3.),portant sur un financement de 4.625.000.-euros sur 5 ansprenant effet le 15 avril 2014, le financement aurait d\u00fb \u00eatre compl\u00e9t\u00e9 le 9 juillet 2014 d\u2019un financement additionnel de 850.000.-euros, par achat d\u2019actions de la soci\u00e9t\u00e9 cible, pour permettre \u00e0 celle-ci de faire face \u00e0 des dettes fournisseurs urgentes,n\u00e9glig\u00e9es par PERSONNE1.). Le 27 ao\u00fbt 2015, un investissement compl\u00e9mentaire de 100.000.-euros aurait encore \u00e9t\u00e9 requis.Cette somme de 950.000.-euros aurait pu \u00eatre investie dans d\u2019autres investissements plus rentables, le Fondssubissant ainsi une perte de chance \u00e9valu\u00e9e \u00e0 76.500.-euros. De plus, le dossier ne g\u00e9n\u00e8rerait pas suffisamment de revenus, \u00e0 savoir65.840.-euros en 2014 au lieu des revenus estimatifs de 313.803.-euros escompt\u00e9s,et la soci\u00e9t\u00e9 cible neserait pas parvenu \u00e0honorer les premi\u00e8res \u00e9ch\u00e9ances de remboursement des int\u00e9r\u00eats.Sur les int\u00e9r\u00eats dus de 416.250.-euros en 2014, le fonds n\u2019aurait re\u00e7u que 65.840.-euros, subissant ainsi une perte de 347.570.-euros\u00e0 titre de manque \u00e0 gagner et une perte de chance, alors que cet argent aurait pu \u00eatre investi dans un projet rentable, \u00e9valu\u00e9e \u00e0 31.281,30 euros.Pour le dossierORGANISATION3.), le pr\u00e9judice financier serait ainsi d\u2019un total de 455.351,30 euros pour 2014. Dans le dossierORGANISATION5.),portant sur deux financements de 750.000.-euros et 560.000.-euros respectivement sur 5 ans,la premi\u00e8re \u00e9ch\u00e9ance de paiement des int\u00e9r\u00eats d\u2019un montant de 75.000.-eurosn\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 honor\u00e9e et aurait d\u00fb \u00eatre pr\u00e9lev\u00e9e sur le contrat d\u2019assurance vie nanti au profit du Fonds, diminuant ainsi le niveau des garanties qui ne correspondrait plus au niveau requis.Le Fonds chiffre son pr\u00e9judice pour ce dossier \u00e0 75.000.-euros, plus les int\u00e9r\u00eats issus du contrat d\u2019assurance-vie. Dans le dossierORGANISATION4.),portant sur un financement de 1.150.000.-euros. La premi\u00e8re \u00e9ch\u00e9ance d\u2019un montant de 77.625.-euros n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 pay\u00e9eet aurait d\u00fb \u00eatre pr\u00e9lev\u00e9esur le contrat d\u2019assurance-vie nanti au profit du Fonds, diminuant ainsi le niveau des garanties quine correspondrait plus au niveau requis. Le Fonds chiffre son pr\u00e9judice pour ce dossier \u00e077.625.-euros, plus les int\u00e9r\u00eats issus du contrat d\u2019assurance-vie. Dans le dossierORGANISATION2.),portant sur un financement de 2.500.000.-euros sur 10 ans. Les revenus r\u00e9els n\u2019auraient \u00e9t\u00e9 que de 35.000.-euros au lieu de 291.000.-euros escompt\u00e9s pour 2014. Les premi\u00e8res \u00e9ch\u00e9ances n\u2019auraient pas pu \u00eatre respect\u00e9es et le montant aurait d\u00fb \u00eatre pr\u00e9lev\u00e9 sur la vente de deux biens immobiliers et sur un contrat d\u2019assurance nantiau profit du Fonds, soit un montant de 250.000.-euros, qui viendrait r\u00e9duire le montant de la garantie du Fonds. Le pr\u00e9judice duFonds serait dudit montant de 250.000.-euros.Les m\u00eames difficult\u00e9s se seraient pr\u00e9sent\u00e9es en 2016, obligeant SOCIETE1.)\u00e0 proc\u00e9der \u00e0 une saisie-arr\u00eat entre les mains du notaire aupr\u00e8s duquel le solde de la vente des deux biens immobiliers donn\u00e9s en garantie aurait \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9.<\/p>\n<p>11 Depuis, le Fonds aurait mis la soci\u00e9t\u00e9 et g\u00e9rant, caution solidaire, en demeure de payer le principal et les int\u00e9r\u00eats \u00e9chus impay\u00e9es pour les ann\u00e9es 2017 et 2018, sans que ceux-ci ne donnent suite. Le Fonds aurait d\u00e8s lors fait exercice de son droit de rachat sur le contrat d\u2019assurance-vie nanti \u00e0 son profit mais cette demande aurait \u00e9t\u00e9rejet\u00e9e par l\u2019assureur aupr\u00e8s duquel le contrat d\u2019assurance-vie aurait \u00e9t\u00e9 souscrit, de sorte que le Fonds aurait \u00e9t\u00e9 contrait d\u2019introduire une actionen justice \u00e0 l\u2019encontre de la soci\u00e9t\u00e9ORGANISATION2.) et de son g\u00e9rant, ce qui aurait g\u00e9n\u00e9r\u00e9 des frais d\u2019avocats \u00e0 hauteur de 22.932 euros. Ces frais constitueraient une partie du pr\u00e9judice \u00e0 indemniser dans la mesure o\u00f9 ceux-ci d\u00e9couleraient directement des fautes commises parPERSONNE1.), sinon parSOCIETE3.), sinon par les deux. Ces postes de pr\u00e9judice seraient la cons\u00e9quence directe des fautes reproch\u00e9es \u00e0 PERSONNE1.), qui aurait mis en place des investissements \u00abtoxiques\u00bb. A l\u2019appui deleur demandesubsidiairedirig\u00e9e contreSOCIETE3.),les parties demanderesses au principalexposentqu\u2019SOCIETE3.)\u00e9tait tenue, sous l\u2019IAA, de rendre diff\u00e9rents services \u00e0SOCIETE1.)en lien avec les investissements du Fonds, en mati\u00e8re de strat\u00e9gie d\u2019investissements, de structuration du risque, d\u2019analyses de performances, de n\u00e9gociations dans les acquisitions, de suivi des investissements,etc. Ellesindiquentformuler\u00e0 l\u2019encontre deSOCIETE3.), les m\u00eames griefs que ceux formul\u00e9s \u00e0 l\u2019encontre dePERSONNE1.), \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019SOCIETE3.)aurait\u00e9galement donn\u00e9 son concours aux analyses de risque li\u00e9es aux investissements, dont les faillesseraientd\u00e9crites dans le cadre de la demande principale dirig\u00e9e contrePERSONNE1.).Elles ajoutent que SOCIETE3.)a viol\u00e9 ses obligations contractuelles en commettant des erreurs d\u2019\u00e9valuation des risques et de structuration, dont les d\u00e9tails seraient expos\u00e9s dans le cadre de la demande principale dirig\u00e9e contrePERSONNE1.). Elles pr\u00e9cisent que le Fonds exerce son action contreSOCIETE3.)sur base de la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle, arguant que le tiers \u00e0 un contrat peut invoquer, sur le fondement de la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle, un manquement contractuel d\u00e8s lors que ce manquement lui a caus\u00e9 un dommage. PERSONNE1.), sinonSOCIETE3.), sinon les deux seraient responsables des choix financiers d\u00e9sastreux et des erreurs d\u2019analyse constat\u00e9es. Les parties demanderesses au principal concluent au rejet de lademande reconventionnelle dePERSONNE1.). Elles font valoir que les informations donn\u00e9es aux soci\u00e9t\u00e9s cibles ne pourraient pas \u00eatre qualifi\u00e9es de calomnies alors quePERSONNE1.)aurait effectivement d\u00e9tourn\u00e9 les fonds des soci\u00e9t\u00e9s cibles en r\u00e9clamant une commission au profit d\u2019SOCIETE4.). De plus, ce seraient les soci\u00e9t\u00e9s cibles qui seraient venues se plaindre aupr\u00e8sdu Fonds, comme cela r\u00e9sulterait des attestations testimoniales vers\u00e9es.Elles contestent toute relation causaleentre la faute leur reproch\u00e9e etle pr\u00e9judice invoqu\u00e9. Quant \u00e0 la pr\u00e9tendue atteinte \u00e0 la r\u00e9putation,PERSONNE1.)ne rapporterait pas la preuve de perte de clientsni qu\u2019une telle perteserait li\u00e9e \u00e0 une faute deSOCIETE1.)ou du Fonds. Le dommage ne serait qu\u2019hypoth\u00e9tique donc non r\u00e9parable. Les parties demanderesses au principal soul\u00e8vent l\u2019irrecevabilit\u00e9 de la demande reconventionnelle pr\u00e9sent\u00e9e parSOCIETE3.)au motif que cette demande aurait d\u00e9j\u00e0 fait l\u2019objet d\u2019une assignation devant le tribunal de c\u00e9ans et que lorsqu\u2019une m\u00eame affaire ferait l\u2019objet de deux instances devant la m\u00eame juridiction, la seconde instance serait irrecevable.<\/p>\n<p>12 Elles s\u2019opposent \u00e9galement \u00e0 l\u2019indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure sollicit\u00e9e par les parties d\u00e9fenderessesau principal. Par conclusions du 14 juin 2022,SOCIETE2.)s\u2019oppose \u00e0 la surs\u00e9ance\u00e0 statuer, contestant que les proc\u00e9dures p\u00e9nales engag\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9tranger dans le cadre du dossier ORGANISATION3.)et les d\u00e9cisions \u00e0 intervenir dans ces proc\u00e9dures puissent influer sur la question de la responsabilit\u00e9 dePERSONNE1.).Elle conteste qu\u2019une condamnation d\u2019PERSONNE2.) permettrait \u00abd\u2019innocenter\u00bbPERSONNE1.) au vu des fautes lui reproch\u00e9es. De plus, le tribunal n\u2019aurait aucune obligation de surseoir \u00e0 statuer en raison de proc\u00e9dures p\u00e9nales engag\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Elle argue que sur les six investissements mis en place parPERSONNE1.), quatre d\u2019entre eux se seraient r\u00e9v\u00e9l\u00e9s totalement inopportuns et auraient caus\u00e9 de lourdes pertes au Fondspuis sa mise en liquidation,suivant les pr\u00e9c\u00e9dents d\u00e9veloppements. Quant \u00e0 la question de la responsabilit\u00e9 des g\u00e9rants d\u2019une personne morale associ\u00e9 g\u00e9rante d\u2019une soci\u00e9t\u00e9en commandite par actions, le Fonds rel\u00e8ve qu\u2019en droit fran\u00e7ais, il serait admis que le g\u00e9rant de la personne morale associ\u00e9 g\u00e9rante de la soci\u00e9t\u00e9 en commandite par actions serait soumis aux m\u00eames responsabilit\u00e9scivile et p\u00e9nale que s\u2019il \u00e9tait g\u00e9rant enson nom propre de la soci\u00e9t\u00e9 en commandite par actions, par application des articles L221-3 alin\u00e9a 2 et L226-1 du Code de commerce fran\u00e7ais. En Belgique, la m\u00eame solution serait retenue par l\u2019article 2:55 duCode des soci\u00e9t\u00e9s et associations belges et endroit allemand par la jurisprudence, si la seuleou la principale fonction de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e r\u00e9sideraitdans la gestion de la soci\u00e9t\u00e9 en commandite. Ces pays voisins auraient ainsi tous consacr\u00e9 le principe de la responsabilit\u00e9 personnelle du g\u00e9rant d\u2019une personne morale dirigeante envers la soci\u00e9t\u00e9 en commandite, ceci afin de lutter contre le risque de dilution de responsabilit\u00e9s en raison de la superposition de soci\u00e9t\u00e9s au niveau de la g\u00e9rance de cettela soci\u00e9t\u00e9 en commandite. Le Fondsfait valoir qu\u2019en droit luxembourgeois, en l\u2019absence de disposition l\u00e9gale, le tribunal d\u2019arrondissement aurait par d\u00e9cision du 11 d\u00e9cembre 2013, \u00e0 l\u2019instar de la doctrine et jurisprudence fran\u00e7aises, raisonn\u00e9 par renvoi,pour constater l\u2019applicabilit\u00e9de certaines r\u00e8gles \u00e0 la g\u00e9rance et \u00e0 la surveillance d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 en commandite par actions.Le tribunal aurait consid\u00e9r\u00e9que le renvoi g\u00e9n\u00e9ral op\u00e9r\u00e9 par l\u2019article 103 de la LSCaux dispositions relatives aux soci\u00e9t\u00e9s anonymes concernait \u00e9galement l\u2019article 51 bisde cette loi, pr\u00e9voyant l\u2019obligation de nommer un repr\u00e9sentant permanent du g\u00e9rant personne morale de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme,\u00e9tait \u00e9galement applicable aux soci\u00e9t\u00e9s en commandite par actions et a \u00e9cart\u00e9 sur cette base la th\u00e9orie de l\u2019organe invoqu\u00e9e. Le Fondspr\u00e9cise que si le l\u00e9gislateur luxembourgeois a apport\u00e9des modifications \u00e0 ces dispositionsparl\u2019entr\u00e9e en vigueur de la loi du 10 ao\u00fbt 2016 portant modernisation de la LSC, introduisant express\u00e9ment l\u2019absenced\u2019obligation de nommer un repr\u00e9sentant du g\u00e9rant personnemorale d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 en commandite par actions, cettemodification l\u00e9gislative ne serait intervenue que post\u00e9rieurement \u00e0 la d\u00e9cision du 11 d\u00e9cembre 2013 et auxfaits de l\u2019esp\u00e8ce. Le Fonds argue que les modifications l\u00e9gislatives introduites par la pr\u00e9dite loi du 10 ao\u00fbt 2016 n\u2019auraient pas d\u2019effet r\u00e9troactif et ne vaudraient que pour l\u2019avenir et ne remettraient pas en question les d\u00e9cisions judiciaires intervenues sur la question, ant\u00e9rieurement \u00e0 ces modifications l\u00e9gislatives. En l\u2019occurrence, les d\u00e9cisions menant aux investissements litigieux auraient \u00e9t\u00e9 prises entre juillet 2013 et ao\u00fbt 2014, de sorte que la question de la responsabilit\u00e9 dePERSONNE1.) devrait s\u2019appr\u00e9cier au regardde la jurisprudence et de la loiapplicablesau jour de ces<\/p>\n<p>13 investissements.Le Fonds conclut quePERSONNE1.), en sa qualit\u00e9 de g\u00e9rant de SOCIETE1.), encours la m\u00eame responsabilit\u00e9 civile queSOCIETE1.)\u00e0 l\u2019\u00e9gard du Fonds, comme s\u2019il exer\u00e7ait cette gestion en nom et pour compte propre. SOCIETE2.)ajoute que le Fonds ne saurait \u00eatre raisonnablement qualifi\u00e9 de tiers aux op\u00e9rations litigieuses et au mandat de dirigeant dePERSONNE1.)alors que toutes les d\u00e9cisions prises et les fautescommises par ce dernier l\u2019auraient \u00e9t\u00e9 dans le cadre de la gestion du Fonds.Le seul fait que le Fonds ne soit pas dans un rapport contractuel ou de mandat direct avecPERSONNE1.)ne saurait en faire un tiers aux faits litigieux. Les juridictions luxembourgeoises auraient notamment retenu que l\u2019actionnaire ne serait pas un tiers au mandat du dirigeant de la soci\u00e9t\u00e9 et qu\u2019il ne devrait donc pas \u00e9tablir une faute d\u00e9tachable des fonctions. Il devrait, par analogie,en \u00eatre de m\u00eamepour le Fonds g\u00e9r\u00e9 par unesoci\u00e9t\u00e9.PERSONNE1.)auraitin fineassur\u00e9 la gestion du Fonds. SOCIETE2.)fait valoir, qu\u2019en tout \u00e9tat de cause,PERSONNE1.) engagerait sa responsabilit\u00e9 pour les fautes d\u00e9tachables de ses fonctions \u00e0 son \u00e9gard. Seraient de telles fautes, les fautesintentionnelles d\u2019une particuli\u00e8re gravit\u00e9, incompatibles avec l\u2019exercice normal des fonctions sociales. Les fautes commises dans le cadre des fonctions de g\u00e9rants pourraient \u00e9galement \u00eatre reconnues comme s\u00e9parables de ces fonctions si celle-ci s\u2019av\u00e9raientparticuli\u00e8rement anormales, telle la violation de l\u2019objet social. En l\u2019occurrence, les fautes reproch\u00e9es \u00e0PERSONNE1.)serait d\u2019une gravit\u00e9 telle et manifestement contraires \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat social du Fonds, de sorte \u00e0 constituer des fautes d\u00e9tachables des fonctions de g\u00e9rant dePERSONNE1.). Par exploit d\u2019assignation du 5 janvier 2021,SOCIETE2.)a assign\u00e9 Ma\u00eetre Rutger BELSACK, en sa qualit\u00e9 de curateur deSOCIETE3.), aux fins de voirdirequ\u2019il a \u00e9t\u00e9 valablement contrainte de reprendre l\u2019instance introduitepar l\u2019assignation du 21 janvier 2016, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 486 et suivants du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile et \u00e0 voir statuer par un seul et m\u00eame jugement. SOCIETE1.)indique se rallier enti\u00e8rementaux conclusions deSOCIETE2.)du 14 juin2022. PERSONNE1.)soul\u00e8ve l\u2019irrecevabilit\u00e9 de l\u2019assignation principale pour cause de libell\u00e9 obscur. Il fait valoir que sa responsabilit\u00e9 est recherch\u00e9e \u00e0 la fois parSOCIETE1.)et parle Fonds sans qu\u2019il soit pr\u00e9cis\u00e9 individuellement sur quelles actionsou encore sur quels griefs les parties demanderessesau principalse basent afin de tenter d\u2019actionner sa responsabilit\u00e9 en qualit\u00e9 de membre du conseil de g\u00e9rance deSOCIETE1.).Ilajoutequ\u2019aucune base l\u00e9gale pr\u00e9cise ne serait indiqu\u00e9e. Ensuite, les faits lui reproch\u00e9s ne seraient pas exactement mentionn\u00e9s alors qu\u2019ilauraitfait partiedu conseil d\u2019administrationdeSOCIETE1.)pour \u00e0 peine une ann\u00e9e, ce qui rendrait impossible pour lui de d\u00e9terminer si les faits litigieux ont eu lieu durant son mandat ounon. Par ce manque de pr\u00e9cision, il se verrait dans l\u2019impossibilit\u00e9 de choisir les moyens de d\u00e9fense appropri\u00e9s. PERSONNE1.)fait encore valoir que l\u2019action en responsabilit\u00e9 serait irrecevable \u00e0 d\u00e9faut de d\u00e9cision de l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale d\u00e9cidant d\u2019engager sa responsabilit\u00e9, l\u2019action sociale ne pouvant \u00eatre intent\u00e9e que par l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale d\u00e9cidant \u00e0 la majorit\u00e9 simple.<\/p>\n<p>14 A titre subsidiaire,PERSONNE1.)conclut \u00e0 voir d\u00e9clarer les demandes principales non fond\u00e9es. Il conteste la version des faits adverses, en particulier la raison de sa nomination comme g\u00e9rant deSOCIETE1.). Son r\u00f4le dans le conseil de g\u00e9rance aurait \u00e9t\u00e9 essentiellement concentr\u00e9 dans la gestion et la supervision du compartimentSOCIETE2.)Fonds d\u2019investissement priv\u00e9 et de constituer l\u2019ensemble des informations, documents et pi\u00e8ces li\u00e9s aux garanties donn\u00e9es,ainsi quedansl\u2019analyse de risques de chaque investissement. Son r\u00f4le aurait\u00e9t\u00e9 cantonn\u00e9 \u00e0 examiner les pi\u00e8ces fournies par les soci\u00e9t\u00e9s cibles et \u00e0 les analyser. Cette analyse aurait ensuite \u00e9t\u00e9 transmise au comit\u00e9 de cr\u00e9dit du conseilde g\u00e9rancedeSOCIETE1.),compos\u00e9 des deux autres membres du conseil de g\u00e9rance, lesquelsauraient d\u00fbapprouver ou non le client. Il conteste \u00e9galement avoir \u00e9t\u00e9 assist\u00e9 dans sa mission parSOCIETE3.)avec laquelle SOCIETE1.)aurait d\u00e9j\u00e0 conclu un contrat de prestation de services 6 mois avantsa nomination.Lemandat de g\u00e9rant lui confi\u00e9 ne sauraitse confondre avec les droits et obligations d\u2019SOCIETE3.)sous l\u2019IAA. Il insisten\u2019avoirjamais propos\u00e9 un quelconque investissement en sa qualit\u00e9 de g\u00e9rantau Fonds.Les six investissements litigieux auraient \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s parSOCIETE3.)et non par lui, de sorte que les pr\u00e9tendues fautes li\u00e9es aux mauvais investissements seraient le fait non dePERSONNE1.)mais d\u2019SOCIETE3.). Il conteste encore que les investissementslitigieux auraient \u00e9t\u00e9 inopportuns et,si jamaisle tribunal devait retenir cette conclusion, ilfait valoir quel\u2019ensemble des reproches par rapport \u00e0 sa gestion restant \u00e0 l\u2019\u00e9tat de pures all\u00e9gations. PERSONNE1.)pr\u00e9cise queSOCIETE1.)\u00e9tait g\u00e9r\u00e9e par unconseil de g\u00e9rance compos\u00e9 de trois membres et que ladite soci\u00e9t\u00e9ne pouvait \u00eatre engag\u00e9e que par la signature conjointe d\u2019au moins deux de ces membres. Il serait encore faux de dire qu\u2019il aurait personnellement \u00abmis en place\u00bb six investissements alors que leur miseenplace aurait \u00e9t\u00e9 le r\u00e9sultat d\u2019une collaboration entre lui et les deux autres membres du conseil de g\u00e9rance.Lesdeux autres membres du conseil de g\u00e9rance auraient eu seuls le pouvoir d\u00e9cisionnel final par rapport aux investissements. Il n\u2019aurait pas particip\u00e9 \u00e0 la d\u00e9cision finaleni d\u2019ailleurs \u00e0 la conclusion des investissements. Les autres membres du conseil de g\u00e9rancen\u2019auraient pas \u00e9t\u00e9dispens\u00e9s d\u2019examiner les dossiers,compte tenu de leur qualit\u00e9 de professionnels, nid\u2019appr\u00e9cier l\u2019opportunit\u00e9 des investissements. Siles deux autres membresavaienteu une confiance aveugle en PERSONNE1.), cela n\u2019aurait pas constitu\u00e9 le comportement de gestionnaires suffisamment prudents et diligents.Il conclut que nulne peutse plaindre de sa propre turpitude. Il conclut que s\u2019il devait y avoir responsabilit\u00e9, il devrait s\u2019agir d\u2019une responsabilit\u00e9 des deux membres signataires de l\u2019accord d\u2019investissement, sinon d\u2019une responsabilit\u00e9 coll\u00e9giale du conseil de g\u00e9rance dans son ensemble mais pasd\u2019uneresponsabilit\u00e9 individuelle\u00e0 son \u00e9gard. PERSONNE1.)fait valoir que l\u2019obligation qui p\u00e8se sur le conseil de g\u00e9rance d\u2019\u0153uvrer dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de la soci\u00e9t\u00e9 serait une obligation de moyenset non de r\u00e9sultat.Le juge devrait en outre tenir compte de la th\u00e9orie de l\u2019apparence marginale, \u00e0 savoir que ne pourraient \u00eatre sanctionn\u00e9es que les fautes consistant en des d\u00e9cisions, actes ou comportements qui<\/p>\n<p>15 exc\u00e8dent manifestement la marge dans laquelle les administrateurs normalement prudents et diligents plac\u00e9s dans les m\u00eames circonstances peuvent raisonnablement avoir une opinion divergente. Dans l\u2019ex\u00e9cution de sa mission, ledirigeant social serait soumis vis-\u00e0-vis de la soci\u00e9t\u00e9 aux m\u00eames devoirs que les mandataires du Code civil. Il souligne que la responsabilit\u00e9 d\u2019un dirigeant ne saurait \u00eatre prononc\u00e9e lorsque ce dernier a propos\u00e9 un investissement qui semblait judicieux mais qui s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 ruineux par la suite. PERSONNE1.) conteste avoir eu l\u2019obligation de produire des b\u00e9n\u00e9fices pour les investisseurs du Fonds, ainsi que d\u2019avoir pr\u00e9sent\u00e9 le moindre investisseur au Fonds et encore moins en sa qualit\u00e9 de membre du conseil deg\u00e9rance deSOCIETE1.). PERSONNE1.) fait valoir que le Fonds ne pourrait pas engager directement sa responsabilit\u00e9, que ce soit contractuelle ou d\u00e9lictuelle,en r\u00e9paration des pertes pr\u00e9tendument subies par lui maisqu\u2019il faudrait qu\u2019il engage la responsabilit\u00e9 deSOCIETE1.) en sa qualit\u00e9 de g\u00e9rant du Fonds au motif que le mandataire engage le mandant sans s\u2019engager lui-m\u00eame.L\u2019acte que commettraitl\u2019organe de la personne morale au nom de celle-ci serait, en raison de la th\u00e9orie de l\u2019organe, l\u2019acte de la personne morale elle-m\u00eame et non le sien.La base juridiquede l\u2019action des tiers serait n\u00e9cessairement une faute commise en dehors de tout mandat. S\u2019il admet qu\u2019il devait agir dans le meilleur int\u00e9r\u00eat deSOCIETE1.), il n\u2019en serait pas de m\u00eame du Fonds. Il n\u2019aurait assum\u00e9 aucune obligation contractuelle, ni de mandat \u00e0 l\u2019\u00e9gard du Fonds.De plus, aucun engagement n\u2019aurait pes\u00e9 sur lui de procurer un quelconque quantum de revenus au Fonds. Ensuite, il conteste le pr\u00e9tendu conflit d\u2019int\u00e9r\u00eats, arguant que les parties demanderesses au principal \u00e9taient conscientes, avant m\u00eame qu\u2019il concluaitdes contrats de structuration patrimoniale avecdessoci\u00e9t\u00e9s. De plus, les sommes pay\u00e9es \u00e0SOCIETE4.)n\u2019auraient pas \u00e9t\u00e9 \u00absoustraites\u00bb au Fonds et il n\u2019auraitpas gard\u00e9 le secret sur ces commissions. Il ajoute qu\u2019un int\u00e9r\u00eat contraire dans son chef manquerait d\u2019\u00eatre \u00e9tabli, le Fonds ayant encaiss\u00e9 des sommes substantielles. Enfin, il fait valoir que les contrats de prestations r\u00e9alis\u00e9s pour le compte des clientsl\u2019auraient \u00e9t\u00e9 parSOCIETE4.)et non parPERSONNE1.)\u00e0 titre personnel puisqu\u2019il ne serait intervenu qu\u2019en tant qu\u2019administrateur d\u2019SOCIETE4.). PERSONNE1.)conteste toute faute de gestion. Il conteste d\u2019abord avoir poursuivi des int\u00e9r\u00eats personnels sinonconcurrents \u00e0 ceux de SOCIETE1.)et tout manque de loyaut\u00e9. Les demanderesses au principal ne prouveraient d\u2019ailleurs pas qu\u2019il aurait des int\u00e9r\u00eats personnels dansSOCIETE4.), en dehors de son mandat d\u2019administrateur.Il argue par ailleurs que l\u2019activit\u00e9 d\u2019SOCIETE4.)serait la restructuration de cr\u00e9dits, ce qui ne serait pasdes services propos\u00e9s par les parties demanderesses au principal, de sorte que ces derni\u00e8res seraient malvenues de faire \u00e9tat d\u2019un conflit d\u2019int\u00e9r\u00eats.Il fait valoir que les relations contractuelles des soci\u00e9t\u00e9s cibles avec SOCIETE4.)seraient ant\u00e9rieures \u00e0 leur entr\u00e9 en relation avecSOCIETE1.)et le Fonds. Il conteste que les services prest\u00e9s parSOCIETE4.)seraient les m\u00eames quelesactivit\u00e9s qu\u2019il accomplissaiten tant que g\u00e9rant deSOCIETE1.).<\/p>\n<p>16 Il soutient encore queSOCIETE1.)\u00e9tait au courantde l\u2019intervention d\u2019SOCIETE4.)etdes prestations d\u2019interm\u00e9diation factur\u00e9es parSOCIETE4.), arguant qu\u2019en date du 9 juillet 2024, une convention de cession d\u2019actions aurait \u00e9t\u00e9 conclue entre la soci\u00e9t\u00e9ORGANISATION3.) et le Fonds,en pr\u00e9sence d\u2019SOCIETE4.), en sa qualit\u00e9 de soci\u00e9t\u00e9 d\u2019interm\u00e9diation.Il fait encore valoir que diff\u00e9rentes factures relatives aux commissions per\u00e7ues parSOCIETE4.) ont \u00e9t\u00e9 sign\u00e9es pour accordparPERSONNE3.),qui seraitmembre du conseil de g\u00e9rance deSOCIETE1.). Il soutient \u00e9galement que les calculs de rentabilit\u00e9 effectu\u00e9spar lui relativement aux investissementspropos\u00e9s \u00e9taient pr\u00e9sent\u00e9s \u00e0SOCIETE1.)avec la mention des frais de r\u00e9trocessions d\u2019SOCIETE4.).De plus, ces calculsauraient \u00e9t\u00e9r\u00e9alis\u00e9s apr\u00e8s le paiement des commissions \u00e0SOCIETE4.). Il ne serait pas \u00e9tabli que les commissions octroy\u00e9es \u00e0SOCIETE4.)aient compromis l\u2019\u00e9quilibre et la rentabilit\u00e9 des investissements. Le fait qu\u2019il ait demand\u00e9 \u00e0 ce que les commissions dues \u00e0SOCIETE3.)soient pay\u00e9es \u00e0 SOCIETE4.)ne porterait pas \u00e0 cons\u00e9quence puisqu\u2019il s\u2019agirait uniquementd\u2019un m\u00e9canisme decession de cr\u00e9ance. De plus, le Fonds etla soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE5.)SAauraient \u00e9galement factur\u00e9 leurs prestations d\u2019analyse des dossiers \u00e0SOCIETE4.). PERSONNE1.)conteste ensuite toute erreur d\u2019analyse dans son chef. Il ne serait pas prouv\u00e9 qu\u2019il ne se serait pas comport\u00e9 en bon p\u00e8re de famille dans l\u2019analyse des risques. Dans le dossierORGANISATION3.), la soci\u00e9t\u00e9 cible aurait sciemment menti sur sa situation \u00e9conomiquer\u00e9elle. Toutes les garanties mobili\u00e8res et immobili\u00e8res auraient \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9es par des rapports d\u2019expertise ind\u00e9pendants etauraient \u00e9t\u00e9suffisantes lors de la pr\u00e9sentation du dossier. Les parties demanderesses au principal avoueraient elles-m\u00eames que le g\u00e9rant deORGANISATION3.)ad\u00e9tourn\u00e9 des fonds, ce qui serait \u00e0 l\u2019origine des probl\u00e8mes rencontr\u00e9s,qui ne lui seraient donc pas imputables. Il soutient qu\u2019aucun reproche ne pourrait lui \u00eatre fait alors que le comit\u00e9 de cr\u00e9dit aurait d\u00fb proc\u00e9der \u00e0 une proc\u00e9dure dedue diligenceconcernant ce client. Ensuite, il argue que par courrier du 15 juillet 2014, il a attir\u00e9 l\u2019attention du Fonds sur le fait de ne pas injecter de l\u2019argent dans cette soci\u00e9t\u00e9 cible, sans que sa recommandation ne soit suivie. PERSONNE1.)contestequ\u2019il n\u2019aurait pastenu compte desdettes fournisseurs dans le dossierORGANISATION3.), \u00e0 d\u00e9faut de preuve en ce sens.De plus,si jamais il avait omis des dettes fournisseurs,cela serait d\u00fb aux man\u0153uvres dolosives d\u2019PERSONNE2.). Il fait \u00e9galement valoir qu\u2019une simple erreur ne saurait engager sa responsabilit\u00e9 mais uniquement une faute. PERSONNE1.)demande le rejet des attestations testimoniales adverses pour ne pas r\u00e9pondre aux prescriptions de l\u2019article 402 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile. Il ajoute encore qu\u2019il ne saurait endosserla responsabilit\u00e9 de la pr\u00e9tendue malhonn\u00eatet\u00e9 des g\u00e9rants des soci\u00e9t\u00e9s cibles et il conteste tout reproche par rapport au fait qu\u2019il n\u2019aurait pas cern\u00e9 la personnalit\u00e9 de ceux-ci.<\/p>\n<p>17 Ensuite, il conteste toute faute en rapport avec un pr\u00e9tendu conflit d\u2019int\u00e9r\u00eatspour les raisons ci-avant expos\u00e9es. PERSONNE1.)conteste \u00e9galement tout lien de causalit\u00e9 entre les fautes all\u00e9gu\u00e9es et les pr\u00e9judices invoqu\u00e9s. Quant aux pr\u00e9judicesall\u00e9gu\u00e9spar les parties demanderessesau principal,PERSONNE1.) conteste toute atteinte\u00e0 la r\u00e9putation deSOCIETE1.)oudu Fonds\u00e0 d\u00e9faut pourceux-ci d\u2019\u00e9tablir une\u00abr\u00e9putation\u00bbouune atteinte \u00e0 celle-ci,arguant queles faits lui reproch\u00e9s n\u2019auraientfait l\u2019objet d\u2019aucune publicit\u00e9 ou communication. De plus,lesparties demanderesses au principalne pr\u00e9ciseraient pas la base l\u00e9gale de leurs demandes respectives en indemnisation. PERSONNE1.)conteste \u00e9galement l\u2019existence de tout pr\u00e9judice financier dans le chef de SOCIETE1.)et en particulier que cette derni\u00e8re aurait d\u00fb embaucher du personnel pour faire face au redressement des soci\u00e9t\u00e9s cibles. Quant au pr\u00e9tendu pr\u00e9judice financier deSOCIETE2.),PERSONNE1.)conteste que le Fonds doive faire face \u00e0 des difficult\u00e9s de recouvrementou qu\u2019il ait \u00e9t\u00e9 priv\u00e9 de moyens suffisants pours\u2019adonner \u00e0 de nouveaux investissements. Concernant le dossierORGANISATION3.), il indique avoir conseill\u00e9 au Fonds de ne pas injecter d\u2019argent suppl\u00e9mentaire dans la soci\u00e9t\u00e9 cibleet argue quenul ne peutse plaindre de sa propreturpitude. Il conteste encore que l\u2019investissement ne g\u00e9n\u00e8rerait pas suffisamment de revenuset fait valoir que le fait de ne pas g\u00e9n\u00e9rer suffisamment de revenus ne constitue pas un pr\u00e9judice. Concernant le dossierORGANISATION5.), il ne saurait \u00eatre argu\u00e9eque le Fonds aurait perdu 75.000.-euros alors qu\u2019il r\u00e9sulterait de l\u2019assignation que ce montant aurait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9lev\u00e9 de l\u2019assurance-vie nantie au profit du Fonds. PERSONNE1.)ajoute que le risque de perte ne serait qu\u2019hypoth\u00e9tique et constituerait un pr\u00e9judice futur et incertain, donc contest\u00e9. Les m\u00eames conclusions s\u2019imposeraient pour les investissementsORGANISATION4.)et ORGANISATION2.). Il conclut que le Fonds n\u2019aurait pas eu de r\u00e9el pr\u00e9judice. Il ajoute encore quele taux d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e9lev\u00e9 pratiqu\u00e9 par le Fonds, l\u2019exposerait \u00e0 un risque de d\u00e9faut de paiement au-dessus de la moyenne. A titre subsidiaire,il fait valoir queles investissements ayant \u00e9t\u00e9 accord\u00e9s par le comit\u00e9 de cr\u00e9dit du conseil de g\u00e9rance, c\u2019est celui-ci qui doitassumer les pertes subies. PERSONNE1.)formule une demande reconventionnelleen condamnationdeSOCIETE1.) et deSOCIETE2.),solidairement sinonin solidumsinon chacune pour le tout,\u00e0 lui r\u00e9gler sur base de leur responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle, sinon sur toute autre base l\u00e9gale, la somme de 500.000.-euros en r\u00e9paration du pr\u00e9judice moral dePERSONNE1.), suite \u00e0 son enl\u00e8vement et \u00e0 sa s\u00e9questration, ainsi qu\u2019une somme de 900.000.-euros en indemnisation de son pr\u00e9judice r\u00e9putationnel et de perte de client\u00e8le.<\/p>\n<p>18 Il base cette demande sur la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle. Il fait valoir que les parties demanderesses au principal se seraient livr\u00e9es, par l\u2019interm\u00e9diaire de leurs organes repr\u00e9sentatifs, \u00e0 une tentative de captation de client\u00e8le de PERSONNE1.)par calomnies. Elles auraient contact\u00e9 chaque soci\u00e9t\u00e9 cible en leurfaisant croire, \u00e0 tort,quePERSONNE1.)aurait d\u00e9tourn\u00e9 des fonds de leurs soci\u00e9t\u00e9s respectives au d\u00e9triment du Fonds. Plusieurs clients l\u2019auraient accus\u00e9 \u00e0 tort d\u2019avoir d\u00e9tourn\u00e9 des fonds et la rumeur s\u2019\u00e9tant propag\u00e9e, de nombreux clients auraient d\u00e9cid\u00e9 de ne plus travailler avec lui. MessieursPERSONNE4.)etPERSONNE3.)auraient, en leur qualit\u00e9 de g\u00e9rants de SOCIETE1.), contact\u00e9 les b\u00e9n\u00e9ficiaires \u00e9conomiques deORGANISATION3.)afin de leur faire croire \u00e0 un d\u00e9tournement de 460.000.-euros de leur soci\u00e9t\u00e9 parPERSONNE1.).Suite \u00e0 ces mensonges,PERSONNE1.)aurait fait l\u2019objet d\u2019un enl\u00e8vement et d\u2019une s\u00e9questration parl\u2019un des actionnaires deORGANISATION3.),PERSONNE2.). Ce dernier l\u2019auraitoblig\u00e9, sous la menace, notammentla menacede s\u2019en prendre \u00e0son enfant, \u00e0 signer une reconnaissance de dette \u00e0 hauteur de 460.000.-euros. Ce seraientlesall\u00e9gations fallacieusesdes repr\u00e9sentants l\u00e9gaux deSOCIETE1.)qui auraient conduit \u00e0 cette agression, de sorte que les parties demanderesses au principal devraient r\u00e9parer le pr\u00e9judice subi par lui de ce chef. PERSONNE1.)demandeactuellement \u00e9galement\u00e0 ce qu\u2019il soit sursis \u00e0 statuer sur base de la r\u00e8gle \u00able criminel tient le civil en l\u2019\u00e9tat\u00bb, tir\u00e9e de l\u2019article 3 du Code de proc\u00e9dure p\u00e9nal. Il fait valoir qu\u2019en l\u2019esp\u00e8ce, les parties demanderesses au principal font grand cas du dossier ORGANISATION3.)et des pertes subies \u00e0 la suite de cet investissement. Or, trois proc\u00e9dures p\u00e9nales seraient en cours, l\u2019une devant les juridiction vervi\u00e9toises et deux devant les juridictions li\u00e9geoises. Dans ce cadre,PERSONNE1.)aurait fait l\u2019objet d\u2019une audition par la police de Charleroi pour des questions de faux et usages de faux dans le cadre du financement octroy\u00e9 au groupeORGANISATION3.)par le Fonds. Il aurait par ailleurs \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli que la falsification d\u2019une expertise immobili\u00e8re pr\u00e9sent\u00e9e par PERSONNE2.)afin d\u2019augmenter la valeur r\u00e9elle d\u2019un b\u00e2timent pris en garantie par le Fonds en contrepartie du pr\u00eat de 4.625.000.-euros ne serait pas de son fait mais bien de celui d\u2019PERSONNE2.), qui ne le nierait pas. Il serait manifeste, au vu des pi\u00e8ces vers\u00e9es, qu\u2019PERSONNE2.)aurait sciemment menti sur sa situation \u00e9conomiquer\u00e9ellelors de l\u2019analyse effectu\u00e9e parPERSONNE1.). Ces proc\u00e9dures seraient susceptibles d\u2019avoir un impactsur la demande formul\u00e9e par les parties demanderesses au principal d\u00e8s lors qu\u2019\u00e0 supposer qu\u2019PERSONNE2.)soit reconnu coupable des fraudes ayant permis \u00e0 ses soci\u00e9t\u00e9s d\u2019obtenir des investissements octroy\u00e9s parle Fondset quePERSONNE1.)soit pleinement innocent\u00e9, la responsabilit\u00e9 de ce dernier serait exclue.De plus, les parties demanderesses au principalseraient \u00e0 la cause dans ces proc\u00e9dures p\u00e9nales et les r\u00e8gles belges leur permettraient, m\u00eame devant un juge p\u00e9nal, de solliciter l\u2019indemnisation de leur pr\u00e9judice civil, que ce soit \u00e0 l\u2019encontre d\u2019PERSONNE2.)ou dePERSONNE1.).<\/p>\n<p>19 Il conclut \u00e0 voir suspendre la demande principale en attendant qu\u2019il soit statu\u00e9 sur l\u2019action publique. SOCIETE3.)soul\u00e8ve l\u2019irrecevabilit\u00e9 de l\u2019assignation principale pour cause de libell\u00e9 obscur. Elle indique que m\u00eame une lecture attentive del\u2019exploitne permettrait pas de comprendre par quelle soci\u00e9t\u00e9 ni sur quelles bases l\u00e9gales sa responsabilit\u00e9 serait recherch\u00e9e. Les parties demanderessesau principalresteraient en d\u00e9faut de sp\u00e9cifier clairement laquelle des deux formeraient une demande \u00e0 l\u2019encontre d\u2019SOCIETE3.)ni encore sur quelles bases juridiques la demande serait bas\u00e9e. Les parties demanderessesferaient r\u00e9f\u00e9rence au IAA etse contenteraient de mani\u00e8re lacunaire de pr\u00e9tendre qu\u2019SOCIETE3.) se serait engag\u00e9e \u00e0 rendre \u00abdiff\u00e9rents services\u00bb\u00e0SOCIETE1.)sans pourtant sp\u00e9cifier de quels services il s\u2019agirait. L\u2019exploitne contiendrait aucun grief \u00e0 l\u2019encontre d\u2019SOCIETE3.). Par ce manque de pr\u00e9cision, elle se verrait dans l\u2019impossibilit\u00e9 de choisir les moyens de d\u00e9fense appropri\u00e9s. Au fond,SOCIETE3.)conteste toute faute de nature \u00e0 engager sa responsabilit\u00e9. Par conclusions du 2 novembre 2016,SOCIETE3.)formule une demande reconventionnelle en condamnation deSOCIETE1.)\u00e0 lui payer un montant de 274.044,76 euros HTVA. Elle expose les services qu\u2019elle devait fournir sous le IAA \u00e9taient r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s par des r\u00e9trocessions de commissions, d\u00e9taill\u00e9es \u00e0 l\u2019article 6 de cette convention.SOCIETE1.) resterait en d\u00e9faut de r\u00e9gler latotalit\u00e9 des r\u00e9trocessions dues. Elle lui redevrait un montant de 274.044,76 euros HTVA au titre des r\u00e9trocessions pour l\u2019ann\u00e9e 2014 et les deux premiers trimestres 2015. Malgr\u00e9 deux mises en demeure des 30 octobre 2014 et 17 ao\u00fbt 2015, SOCIETE1.) refuserait de s\u2019ex\u00e9cuter. PERSONNE1.)etSOCIETE3.)ont initialement sollicit\u00e9la condamnation solidaire sinonin solidumsinon chacune pour le tout,des parties demanderesses au principal \u00e0 leur payer une indemnit\u00e9 d\u2019un montant de 4.500.-euros sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, ainsi que leur condamnation aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance, avec distraction au profit de Ma\u00eetre Marjorie GOLINVAUX,celle-ciaffirmant en avoir fait l\u2019avance. Dans son dernier corps de conclusions du 4 f\u00e9vrier 2022,PERSONNE1.)demande la condamnation solidaire, sinonin solidum,sinon chacune pour le tout,des parties demanderesses au principal \u00e0 lui payer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure d\u2019un montant de 4.500.-euros et leur condamnation solidaire, sinonin solidum,sinon chacune pour le tout aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance. Motifsde la d\u00e9cision L\u2019exception dilatoire bas\u00e9e sur l\u2019article 3 du Code de proc\u00e9dure p\u00e9nale visant \u00e0 la surs\u00e9ance sur le fond dulitige, il y a lieu d\u2019analyser d\u2019abord le moyen tir\u00e9 du libell\u00e9 obscur et ensuite cette exception.<\/p>\n<p>20 Quantmoyen tir\u00e9 du libell\u00e9 obscurde l\u2019exploit introductif d\u2019instance du 21 janvier 2016 PERSONNE1.)etSOCIETE3.)ont, avant toute d\u00e9fense au fond, soulev\u00e9 le moyen tir\u00e9 du libell\u00e9 obscur. Il y a donc lieu de v\u00e9rifier si la demande principale est conforme aux exigences prescrites \u00e0 peine de nullit\u00e9 par l\u2019article 154 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile. Aux termes del\u2019article 154, alin\u00e9a 1 er duNouveau Code de proc\u00e9dure civile, l\u2019exploit d\u2019ajournement contiendra, \u00ab(&#8230;)l\u2019objet de la demande et un expos\u00e9 sommaire des moyens, (&#8230;) \u00bb, le tout \u00e0 peine de nullit\u00e9. La partie assign\u00e9e doit, en effet, pour pr\u00e9parer sa d\u00e9fense, savoir de fa\u00e7on pr\u00e9cise : 1) ce qu\u2019on lui demande et 2) sur quelle qualit\u00e9, quel titre, quels motifs le demandeur se fonde. La prescription doit \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e en ce sens que l\u2019indication exacte des pr\u00e9tentions et la d\u00e9signation des circonstances de fait qui forment la base de la demande sont requises. La description des faits doit \u00eatre suffisamment pr\u00e9cise pour mettre le juge en mesure de d\u00e9terminer le fondement juridique de la demande, pour ne pas laisser le d\u00e9fendeur se m\u00e9prendre sur l\u2019objet de celle-ci et pour lui permettre le choix des moyens de d\u00e9fense appropri\u00e9s. Il n\u2019est toutefois pas n\u00e9cessaire de qualifier juridiquement les circonstances de fait. Il appartient au juge d\u2019appr\u00e9cier souverainement si un libell\u00e9 donn\u00e9 est suffisamment pr\u00e9cis etexplicite ; il ressort \u00e9galement des pouvoirs et devoirs du juge de proc\u00e9der \u00e0 la qualification, voire \u00e0 la requalification juridique de celle que les parties ont pu confier \u00e0 leurs rapports, soit dans une convention, soit dans la demande en justice. S\u2019ilappartient ainsi au juge de toiser le litige moyennant les r\u00e8gles de droit objectivement applicables, encore faut-il, dans le souci des principes du contradictoire et du respect des droits de la d\u00e9fense, que l\u2019acte introductif d\u2019instancecontienne une structure des faits claire ne pr\u00eatant pas \u00e0 \u00e9quivoque. Il ne saurait en effet \u00eatre laiss\u00e9 au pouvoir discr\u00e9tionnaire des juges, partant \u00e0 l\u2019arbitraire, de s\u00e9lectionner dans les faits ceux qui formeront le support mat\u00e9riel de la demande et du jugement \u00e0 rendre. Le libell\u00e9 obscur s\u2019appr\u00e9cie uniquement sur base de l\u2019assignation introductive d\u2019instance et cette derni\u00e8re ne saurait \u00eatre rep\u00each\u00e9e ni par des conclusions ult\u00e9rieurement prises, ni par r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des actes ant\u00e9rieurs, ni surtout par les pi\u00e8ces vers\u00e9eslesquelles int\u00e9ressent uniquement le fond du litige (Cour d\u2019appel 5 juillet 2007, n\u00b0 30520 du r\u00f4le; Cour d\u2019appel 27 f\u00e9vrier 2013, n\u00b0 37883 du r\u00f4le). Aussi,letribunalne saurait, afin de d\u00e9terminer si l\u2019acte d\u2019assignation est conforme aux prescriptions del\u2019article 154 Nouveau Code de proc\u00e9dure civilese r\u00e9f\u00e9rer aux conclusions ult\u00e9rieurement prises parles parties demanderesses au principal. Il s\u2019agit donc d\u2019analyser la recevabilit\u00e9 de la demande sur base du seul acte d\u2019assignation. Dans leur assignation,SOCIETE1.)etle Fondsont expliqu\u00e9 dans la premi\u00e8re partie, d\u00e9di\u00e9e \u00e0 l\u2019expos\u00e9 des faits,quePERSONNE1.)a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 membre du conseil de g\u00e9rance de SOCIETE1.)\u00e0 compter du 1 er ao\u00fbt 2013 et queSOCIETE1.)est l\u2019associ\u00e9 commandit\u00e9 g\u00e9rantdeSOCIETE2.).<\/p>\n<p>21 Les parties demanderesses au principal indiquent quePERSONNE1.)\u00e9tait assist\u00e9 dans son activit\u00e9 parSOCIETE3.), avec laquelle un contrat de prestation de services avait \u00e9t\u00e9 conclu le 6 f\u00e9vrier 2023 aux termes duquel cette soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tait \u00abtenue d\u2019apporter une assistance dans l\u2019identification des soci\u00e9t\u00e9s-cibles une assistance strat\u00e9gique dans la mise en place des investissements (analyse de risque, \u00e9valuation des investissements, projection des retours sur investissements etc..), ainsi qu\u2019un suivi de chaque investissement\u00bb. SOCIETE3.)aurait conseill\u00e9 \u00e0SOCIETE1.)et au fonds \u00abd\u2019investir dans des cibles non rentables\u00bb. Elles indiquentencoreque \u00abpendant la dur\u00e9e de son mandat de g\u00e9rant\u00bbPERSONNE1.) aurait mis en place six investissements,nomm\u00e9sdans l\u2019assignation, et que quatre d\u2019entre eux, \u00e9galement nomm\u00e9s, se seraient r\u00e9v\u00e9l\u00e9s \u00eatre totalement inopportuns et auraient suscit\u00e9 de lourdes pertes pour leFonds. Des pr\u00e9cisions sont donn\u00e9es sur les difficult\u00e9s rencontr\u00e9s pour ces quatre dossiers et il est indiqu\u00e9que celles-ci r\u00e9v\u00e8leraient les \u00ablourdes et grossi\u00e8res erreurs de gestion\u00bb commises parPERSONNE1.)dans l\u2019ex\u00e9cution de son mandat de gestion, sinon parSOCIETE3.) \u00abalors que cettesoci\u00e9t\u00e9 \u00e9tait en charge d\u2019apporter son assistance en mati\u00e8re d\u2019analyse financi\u00e8re et strat\u00e9gique dans la mise en place des investissements\u00bb. Les parties demanderesses au principal font \u00e9galement \u00e9tat d\u2019une situation de conflit d\u2019int\u00e9r\u00eatscontraire \u00e0 la bonne ex\u00e9cution du mandat de g\u00e9rant dePERSONNE1.), exposant que toutes les soci\u00e9t\u00e9scibles auraient conclu un contrat d\u2019interm\u00e9diation avecSOCIETE4.) donnant droit \u00e0 une commission de 10 % \u00e0 cette soci\u00e9t\u00e9, dontPERSONNE1.)serait l\u2019administrateur et l\u2019actionnaire. Elles arguent quePERSONNE1.)aurait sciemment cach\u00e9 l\u2019existence de ces commissionset qu\u2019apr\u00e8s avoir d\u00e9couvert \u00ables multiples erreurs et manipulations\u00bb effectu\u00e9es parPERSONNE1.),SOCIETE1.)aurait r\u00e9voqu\u00e9 son mandat de g\u00e9rant. Dans la partie \u00abEN DROIT\u00bb, les demanderesses au principal exposent,en partie I,sur 10 pages les moyens sur base desquels elles entendent mettre en cause la responsabilit\u00e9 de PERSONNE1.), en sa qualit\u00e9 de g\u00e9rant deSOCIETE1.). Elles commencent par desexplications sur les relations entre le Fonds etSOCIETE1.). Elles y expliquent que les investissements propos\u00e9s parPERSONNE1.)auraient entra\u00een\u00e9 des pertes financi\u00e8res pour le Fonds par la faute dePERSONNE1.), dont ce dernier entendrait obtenir r\u00e9paration et qu\u2019en tant qu\u2019associ\u00e9 commandit\u00e9 du Fonds,SOCIETE1.)serait ind\u00e9finiment responsable des dettes sociales du Fonds, de sorte qu\u2019elle entendrait \u00e0 son tour engager la responsabilit\u00e9 dePERSONNE1.)pour les fautes que ce dernier aurait commis en qualit\u00e9 de g\u00e9rant deSOCIETE1.)et qui auraient entra\u00een\u00e9 les pertes financi\u00e8res li\u00e9es aux investissements mis en cause dans la pr\u00e9sente affaire. Les parties demanderesses au principalse r\u00e9f\u00e8rentaux articles 59 et 192 de la LSC, arguant que la soci\u00e9t\u00e9 peut engager la responsabilit\u00e9 de son administrateur pour toute les fautes de gestion commises dans l\u2019ex\u00e9cution de son mandat ou pour toute violation de la loi ou des statuts. Elles pr\u00e9cisent que la demande formul\u00e9e parSOCIETE1.)\u00e0 l\u2019encontre dePERSONNE1.) est bas\u00e9e sur la responsabilit\u00e9 contractuelle sinon d\u00e9lictuelle et que celle du Fonds est \u00e9galement bas\u00e9e sur la responsabilit\u00e9 contractuelle \u00abalors que MonsieurPERSONNE1.),<\/p>\n<p>22 en qualit\u00e9 de g\u00e9rant d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 qui elle-m\u00eame assumait les fonctions de g\u00e9rant du fonds, doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un administrateur du fonds, devant r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ce dernier des fautes accomplies dans l\u2019ex\u00e9cution de son mandat\u00bb et subsidiairement bas\u00e9e sur la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle, par r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019article 59 de laLSC, si le Fonds devait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un tiers. Elles proc\u00e8dent ensuite, dans un premier point, par d\u00e9tailler quelles fautes auraient \u00e9t\u00e9 commises parPERSONNE1.)dans l\u2019ex\u00e9cution de son mandat de g\u00e9rant et indiquent qu\u2019il aurait commis une violation de son obligation de diligence et de bonne gestion, qu\u2019il aurait manqu\u00e9 aux r\u00e8gles qui d\u00e9finissent le comportement d\u2019un dirigeant social normalement diligent et qu\u2019il n\u2019aurait pas ex\u00e9cut\u00e9 son mandat de bonne foi. Elles d\u00e9taillent ensuite chaque faute isol\u00e9ment, \u00e0 savoir la poursuite d\u2019int\u00e9r\u00eats personnels sinon concurrents \u00e0 ceux de la soci\u00e9t\u00e9 au regard des commissions per\u00e7ues parSOCIETE4.) qui auraient compromis l\u2019\u00e9quilibre et la rentabilit\u00e9 des investissements, le manque de loyaut\u00e9 en dissimulant l\u2019existence des commissions, les erreurs d\u2019analyse, l\u2019omission de mentionner les commissionsSOCIETE4.), l\u2019omission de tenir compte de dettes fournisseurs urgentes dans le dossierORGANISATION3.), l\u2019identification de soci\u00e9t\u00e9scibles ne r\u00e9pondant pasaux crit\u00e8res d\u2019investissements du Fonds au vu de l\u2019absence de garanties et de revenus suffisants et des difficult\u00e9s survenues au sein de la g\u00e9rance des soci\u00e9t\u00e9s ORGANISATION4.)etORGANISATION3.). Les parties demanderesses au principal d\u00e9taillent ensuite, dans un deuxi\u00e8me point, le conflit d\u2019int\u00e9r\u00eats, le qualifiant de faute de r\u00e9gularit\u00e9 par r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019article 59 de la LSC, indiquant qu\u2019il s\u2019agirait d\u2019une obligation de r\u00e9sultat.Elles se r\u00e9f\u00e8rent encore \u00e0 l\u2019article 57 de la m\u00eame loi et \u00e0 l\u2019article 18 des statuts duFonds, arguant quePERSONNE1.)aurait occup\u00e9 ausein d\u2019SOCIETE4.)une fonction contraire aux int\u00e9r\u00eats du Fonds et deSOCIETE1.). Les parties demanderesses d\u00e9taillent ensuite les diff\u00e9rents postes de pr\u00e9judice en indiquant quel pr\u00e9judice aurait \u00e9t\u00e9 subi parSOCIETE1.)et quel pr\u00e9judice aurait \u00e9t\u00e9 subi par le Fonds. En ce qui concerne le pr\u00e9judice financier du Fonds, elles passent en revueles investissements mis en cause dans la pr\u00e9sente affaire afin de chiffrer ce poste. Elles indiquent ensuite,sous un point \u00abD. Lien de causalit\u00e9\u00bb, que ces pertes financi\u00e8res serait la \u00abcons\u00e9quence directe des fautes reproch\u00e9es \u00e0 MonsieurPERSONNE1.),qui a mis en place des investissements \u00abtoxiques\u00bb: les commissions accord\u00e9es \u00e0SOCIETE4.) ayant directement fragilis\u00e9 les soci\u00e9t\u00e9s-cibles, les erreurs d\u2019\u00e9valuation et de structuration des risques ayant plac\u00e9 le fonds dans la situation de ne pas percevoir les int\u00e9r\u00eats dus \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance et de ne pas pouvoir envisager de nouveaux projets faute de fonds disponibles, et de risques de lourdes pertes si le montant du capital n\u2019est pas rembours\u00e9 \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance\u00bb. Les parties demanderesses au principal exposent, en partie II,surunedemi-page, leur demande subsidiaire \u00e0 l\u2019encontre deSOCIETE3.).Elles indiquent vouloir mettre en cause la responsabilit\u00e9 contractuelle deSOCIETE3.), qui \u00aba prest\u00e9 diff\u00e9rents services dans le cadre des investissements en cause\u00bb. Elles indiquent queSOCIETE1.)a conclu un contrat de prestations de services avec SOCIETE3.), prenant effet le 6 f\u00e9vrier 2013, aux termes duquelSOCIETE3.)\u00e9tait tenue de rendre diff\u00e9rents services \u00e0SOCIETE1.)en lien avec les investissements du Fonds, en mati\u00e8re de strat\u00e9gie d\u2019investissements, de structuration du risque, d\u2019analyses de performances, de n\u00e9gociations dans les acquisitions et de suivi des investissements,etc.<\/p>\n<p>23 pour en conclure qu\u2019il conviendrait de formuler \u00e0 l\u2019encontre deSOCIETE3.), \u00ables m\u00eames griefs que ceux formul\u00e9s\u00e0 l\u2019encontre de MonsieurPERSONNE1.), \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019elle a \u00e9galement donn\u00e9 son concours aux analyses de risque li\u00e9es aux investissements, dontles failles ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crites dans le cadre de la demande principale dirig\u00e9e contre Monsieur PERSONNE1.)\u00bb. Elles ajoutent que pour \u00abces manquements\u00bb,SOCIETE1.)et le Fonds demanderaient au tribunal d\u2019engager la responsabilit\u00e9 contractuelle deSOCIETE3.)\u00abpour les pertes subies du fait des investissements r\u00e9alis\u00e9s sur ses conseils\u00bb. Enfin, elles indiquent qu\u2019\u00e0 titre encore plus subsidiaire, le tribunal \u00abpourra condamner in solidumPERSONNE1.)etSOCIETE3.)au paiement de dommages et int\u00e9r\u00eats\u00bb. Au dispositif de l\u2019assignation, elles demandent principalement,la condamnation de PERSONNE1.)\u00e0 payer \u00e0SOCIETE1.)un montant de 150.000.-euros du chef de son pr\u00e9judice financier et de l\u2019atteinte \u00e0 sa r\u00e9putation et \u00e0 payer au Fonds unmontant de 957.976,30 eurosdu chef de son pr\u00e9judice financier et de l\u2019atteinte \u00e0 sa r\u00e9putation, subsidiairement,la condamnationdeSOCIETE3.)\u00e0 payer aux parties demanderesses au principal respectivement lesm\u00eamesmontants, et plus subsidiairement,la condamnationin solidumdes parties d\u00e9fenderesses au principal \u00e0 leurpayerrespectivement les m\u00eames montant. Ensuite,ellesformulent leurs demandes accessoires. En ce qui concernePERSONNE1.),le tribunal constate au vu de ce qui pr\u00e9c\u00e8dent,que l\u2019assignation comporte l\u2019indication exacte des pr\u00e9tentions formul\u00e9es \u00e0 son encontre et une d\u00e9signation pr\u00e9cise des circonstances de fait qui forment la base de ces pr\u00e9tentions. Il ressort encore clairement de l\u2019assignation que la p\u00e9riode vis\u00e9e est celle pendant laquelle PERSONNE1.)exer\u00e7ait le mandat de g\u00e9rant deSOCIETE1.). Il est \u00e9galement clairement indiqu\u00e9 pour quelle raisonSOCIETE1.)entend engager la responsabilit\u00e9 dePERSONNE1.)et pour quelle raison le Fonds entend engager sa responsabilit\u00e9 et si les pr\u00e9judices deSOCIETE1.)et du Fonds ne sont pas ventil\u00e9s dans le dispositif de l\u2019assignation, ils sont clairement ventil\u00e9s dans la motivationde l\u2019assignation. Quant\u00e0 la qualification juridique,il r\u00e9sulte de ce qui pr\u00e9c\u00e8de que les parties demanderesses se basent principalement sur la responsabilit\u00e9 contractuelle et subsidiairement sur la d\u00e9lictuelle.ConcernantSOCIETE1.), il est fait express\u00e9ment r\u00e9f\u00e9rence aux articles 57, 59 et 192 de la LSC.Concernantle Fonds,dontPERSONNE1.)n\u2019est pas le g\u00e9rant, il est expliqu\u00e9 pourquoi il devrait n\u00e9anmoins r\u00e9pondre \u00e0 son encontre des fautes commises dans sa gestion. Le m\u00e9rite de cette explication rel\u00e8ve du fond de l\u2019affaire et non de l\u2019analyse du libell\u00e9 obscur. Le tribunal en d\u00e9duit quePERSONNE1.)n\u2019a pas pu se m\u00e9prendre sur l\u2019objet de la demande dirig\u00e9e \u00e0 son encontre et que l\u2019expos\u00e9 des faits et moyens est suffisamment d\u00e9taill\u00e9 pour lui permettre d\u2019assurer utilement sa d\u00e9fense. Le moyen tir\u00e9 dulibell\u00e9obscursoulev\u00e9 parPERSONNE1.)est donc non fond\u00e9. En ce qui concerneSOCIETE3.),le tribunal note que l\u2019acte introductif d\u2019instance ne contient aucune description pr\u00e9cise d\u2019une faute pouvant \u00eatre reproch\u00e9e \u00e0SOCIETE3.).<\/p>\n<p>24 En effet, les parties demanderesses se sont limit\u00e9 dans leur motivation de l\u2019assignation\u00e0 dire quePERSONNE1.)\u00e9tait \u00abassist\u00e9\u00bb deSOCIETE3.)\u00abdans l\u2019identification des soci\u00e9t\u00e9s- cibles\u00bb,dans la\u00abmise en place des investissements\u00bb et dans le \u00absuivi de chaque investissement\u00bb, qu\u2019SOCIETE3.)\u00e9tait tenue, sous l\u2019IAA, de rendre diff\u00e9rents services \u00e0 SOCIETE1.)en lien avec les investissements du Fonds, en mati\u00e8re de strat\u00e9gie d\u2019investissements, de structuration du risque, d\u2019analyses de performances, de n\u00e9gociations dans les acquisitions, et de suivi des investissements,etc.sans indiquer qu\u2019elles obligations contractuelles elle aurait viol\u00e9 ou m\u00eame en quoi le Fonds, dont il n\u2019est pas indiqu\u00e9 qu\u2019il serait partie au IAA, pourrait s\u2019en pr\u00e9valoirpour engager sa responsabilit\u00e9 contractuelle. Lar\u00e9f\u00e9rence aux \u00abm\u00eames griefs\u00bb que ceux formul\u00e9s \u00e0l\u2019encontrePERSONNE1.)est insuffisantepour\u00e9clairer le tribunal oupermettre \u00e0SOCIETE3.)d\u2019assurer convenablement sa d\u00e9fenseet porte m\u00eame \u00e0 confusion,dans la mesure o\u00f9ce sontprincipalementdes fautes de gestion qui sont reproch\u00e9es\u00e0PERSONNE1.), en sa qualit\u00e9 de g\u00e9rant deSOCIETE1.), elle-m\u00eame g\u00e9rante du Fonds,et un conflit d\u2019int\u00e9r\u00eats au vu des int\u00e9r\u00eats qu\u2019il aurait personnellementdansSOCIETE4.).Concernant plusparticuli\u00e8rement le conflit d\u2019int\u00e9r\u00eats, il n\u2019est nullement expliqu\u00e9 en quoi cegriefserait transposable\u00e0SOCIETE3.). Dans le dispositif, les parties demanderessesdemandent\u00e0SOCIETE3.), \u00e0 titre subsidiaire, lesm\u00eamesmontantsqu\u2019\u00e0PERSONNE1.)et pour les m\u00eames chefs de pr\u00e9judicealors que dans la motivation, il n\u2019est fait aucune r\u00e9f\u00e9rence \u00e0SOCIETE3.)dans la partie d\u00e9di\u00e9e aux diff\u00e9rents postes de pr\u00e9judice.De surcro\u00eet, l\u2019assignation indique en pages11et 14quele pr\u00e9judiceinvoqu\u00e9serait la cons\u00e9quence directe des fautes reproch\u00e9es \u00e0PERSONNE1.), sansaucuner\u00e9f\u00e9rence \u00e0SOCIETE3.). Au regard desd\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent,SOCIETE3.)n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 en mesure, \u00e0 la lecture de l\u2019assignation, de savoir de fa\u00e7on pr\u00e9cise pour quel fait et sur quelle base SOCIETE1.)et le Fondslui r\u00e9clamentdes dommages et int\u00e9r\u00eats. La l\u00e9sion des int\u00e9r\u00eatsd\u2019SOCIETE3.)r\u00e9sidedans le fait qu\u2019elle ne pouvait pas valablement pr\u00e9parer sa d\u00e9fense,\u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019elle ignorece que lesdemanderessesau principallui reprochent. Le moyentir\u00e9 du libell\u00e9 obscursoulev\u00e9 parSOCIETE3.)est donc fond\u00e9. A l\u2019\u00e9gard d\u2019SOCIETE3.), l\u2019assignationdu 21 janvier 2016estnulle etla demande principale irrecevable. Quant \u00e0la demande de surs\u00e9ance \u00e0 statuer La surs\u00e9ance \u00e0 statuer est le proc\u00e9d\u00e9 qui consiste pour une juridiction \u00e0 ne pas prendre une d\u00e9cision sur le litige dont elle est saisie enattendant l\u2019intervention d\u2019un \u00e9v\u00e9nement futur, en principe certain dans sa survenance, mais plus ou moins \u00e9loign\u00e9 dans le temps. Il appartient \u00e0 celui qui soul\u00e8ve l\u2019exception dilatoire et entend former obstacle au d\u00e9roulement normal de la proc\u00e9dure civilede d\u00e9montrer que les conditions d\u2019application sont remplies. (Th. HOSCHEIT, Le droit judiciaire priv\u00e9 au Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg, p. 442 et s.). La r\u00e8gle \u00able criminel tient le civil en l\u2019\u00e9tat\u00bb, qui est inscrite \u00e0 l\u2019article 3,2 \u00e8me alin\u00e9a du Code de proc\u00e9dure p\u00e9nale, s\u2019applique lorsqu\u2019une action publique qui est de nature \u00e0 influer sur la d\u00e9cision civile est en cours devant une juridiction r\u00e9pressive. Cette r\u00e8gle ne requiert pas comme condition d\u2019application l\u2019identit\u00e9 de la personne, ni m\u00eame l\u2019identit\u00e9des faits en cause<\/p>\n<p>25 dans les actions civile et p\u00e9nale, mais il faut et il suffit que la d\u00e9cision \u00e0 intervenir sur l\u2019action publique soit susceptible d\u2019influer sur celle qui sera rendue par la juridiction civile, ce qui est le cas chaque fois que le juge p\u00e9nal sera amen\u00e9 \u00e0 prendre parti lorsqu\u2019il rendra son jugement, le but du sursis \u00e0 statuer \u00e9tant d\u2019\u00e9viter une \u00e9ventuelle contrari\u00e9t\u00e9 des d\u00e9cisions \u00e0 intervenir (Cour d\u2019appel, 24 octobre 2012, n\u00b036995 du r\u00f4le). Par arr\u00eat du 21 avril 2016, la Cour de cassationa pr\u00e9cis\u00e9 que \u00abla r\u00e8gle &quot; le criminel tient le civil en l\u2019\u00e9tat &quot; ne s\u2019applique dans les relations internationales qu\u2019en vertu d\u2019un trait\u00e9, non invoqu\u00e9 en l\u2019esp\u00e8ce, que la r\u00e8gle \u00e9tant inapplicable \u00e0 une action publique intent\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, la question del\u2019incidence de son caract\u00e8re d\u2019ordre public ne se pose pas\u00bb (Cour de cassation, 21 avril 2016, n\u00b040\/16 et n\u00b03632 du registre). Il ne ressort d\u2019aucun \u00e9l\u00e9ment du dossier qu\u2019une action publique serait actuellement en mouvement auGrand-Duch\u00e9 deLuxembourg etPERSONNE1.)ne fait pas \u00e9tat d\u2019un trait\u00e9 international qui rendrait la r\u00e8gleinvoqu\u00e9eapplicable aux actions publiques intent\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, dont il fait \u00e9tat. Dans les hypoth\u00e8ses de sursis \u00e0 statuer facultatif, comme en l\u2019esp\u00e8ce, le juge dispose du pouvoir d\u2019appr\u00e9cier les conditions et l\u2019opportunit\u00e9 de son prononc\u00e9. G\u00e9n\u00e9ralement, le sursis \u00e0 statuer est prononc\u00e9 en consid\u00e9ration d\u2019une bonne administration de la justice, notamment lorsqu\u2019une d\u00e9cision \u00e0 rendre dans le cadre d\u2019une autre instance pendanteest de nature \u00e0 influer sur la solution de la contestation. En l\u2019occurrence,les pi\u00e8ces vers\u00e9es parPERSONNE1.)par rapport aux proc\u00e9dures p\u00e9nales \u00e9trang\u00e8resmontrent qu\u2019\u00e0 un moment donn\u00e9 une proc\u00e9dure p\u00e9nale a \u00e9t\u00e9 ouverte contre PERSONNE1.)devant le tribunal de premi\u00e8re instance de Li\u00e8ge pour faux et usage de faux, abus de confiance dans le cadre des relations financi\u00e8res entreSOCIETE2.)et PERSONNE2.), sans que plus de d\u00e9tails quant \u00e0 cette proc\u00e9duren\u2019en ressorte. SiPERSONNE2.)\u00e9tait le g\u00e9rant de lasoci\u00e9t\u00e9 cible dans le dossierORGANISATION3.), l\u2019un des investissements mis en cause dans le cadre du pr\u00e9sent litige, au vu des contestations adverses, les pi\u00e8ces vers\u00e9es ne sont pas suffisantes pour \u00e9tablir qu\u2019une d\u00e9cision \u00e0 rendre dans le cadre de la proc\u00e9dure p\u00e9nale belge serait de nature \u00e0 influersurla d\u00e9cision \u00e0 prendre dans le pr\u00e9sent litige. D\u2019ailleurs, les parties demanderesses au principal ne contestent pas la mauvaise foi d\u2019PERSONNE2.)mais soutiennent quePERSONNE1.)aurait d\u00fb s\u2019en rendre compte. Enfin, siPERSONNE1.)argue que les parties demanderesses au principal seraient \u00e9galement parties \u00e0 la cause dans les proc\u00e9dures p\u00e9nales \u00e9trang\u00e8res et qu\u2019elles pourraient demander une indemnisation civile devant ces juridictions, il n\u2019en tire aucune cons\u00e9quence juridique et n\u2019all\u00e8gue pas qu\u2019elles auraient formul\u00e9 une telle demande devant ces juridictions. Le tribunal ne fait donc pas droit \u00e0 la demande de surs\u00e9ance \u00e0 statuer. Quant \u00e0 l\u2019assignation en reprise d\u2019instance Les articles 486 et suivants du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile reprennent les r\u00e8gles aff\u00e9rentes \u00e0 la reprise d\u2019instance.<\/p>\n<p>26 Le changement d\u2019\u00e9tat d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 et la cessation des fonctions de l\u2019organe la repr\u00e9sentant suite \u00e0 la mise en faillite de la soci\u00e9t\u00e9 ne sont jamais une cause d\u2019interruption de l\u2019instance, que l\u2019affaire soit en \u00e9tat ou non. (Cour d\u2019appel 16 janvier 2019, Pas. 39, p.409) La mise en faillite d\u2019SOCIETE3.)n\u2019ayant pas entra\u00een\u00e9 l\u2019interruption de l\u2019instanceintroduire par assignation du 21 janvier2016,il n\u2019y avait pas lieu \u00e0 r\u00e9gularisation de cette proc\u00e9dure et il ne saurait \u00eatre attribu\u00e9 \u00e0 l\u2019assignation du 5 janvier 2021 les effets pr\u00e9vus \u00e0 l\u2019article 493 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile. Quant aum\u00e9ritede la demande principale dirig\u00e9e contrePERSONNE1.) -L\u2019action intent\u00e9e parSOCIETE1.) PERSONNE1.) soul\u00e8ve l\u2019irrecevabilit\u00e9 de l\u2019action deSOCIETE1.)en l\u2019absence d\u2019approbation par l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9ralede cette soci\u00e9t\u00e9de l\u2019actionsociale engag\u00e9e \u00e0 son encontre. Aux termes de l\u2019article441-9 alin\u00e9a 1 er ,anciennement l\u2019article 59alin\u00e9a 1 er , de la LSC,les administrateurs sont responsables envers la soci\u00e9t\u00e9, conform\u00e9ment au droit commun, de l\u2019ex\u00e9cution du mandat qu\u2019ils ont re\u00e7u et des fautes commises dans leur gestion. L\u2019actio mandatiestune action en responsabilit\u00e9 civile, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment une action en responsabilit\u00e9 contractuelle dirig\u00e9e par le mandant contre son mandataire. Il est de principe que c\u2019est la soci\u00e9t\u00e9 qui donne mandat \u00e0 ses administrateurs de la repr\u00e9senter et d\u2019agir enson nom. C\u2019est au mandant et \u00e0 lui seul que le mandataire doit rendre compte de l\u2019ex\u00e9cution de son mandat et c\u2019est en principe au mandant qu\u2019appartient l\u2019actio mandati. Il appartient \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des actionnaires de d\u00e9cider d\u2019engagerl\u2019action en responsabilit\u00e9 contre les administrateurs. Elle est l\u2019\u00e9manation la plus directe de la soci\u00e9t\u00e9, elle se confond avec elle, peut-on dire, et c\u2019est \u00e0 elle d\u2019ailleurs que les mandataires ont, \u00e0 des p\u00e9riodes d\u00e9termin\u00e9es, \u00e0 rendre compte de leur gestion. L\u2019intervention de l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale est donc n\u00e9cessaire pour autoriser l\u2019action sociale. Le conseil d\u2019administration n\u2019aurait pas de pouvoirs suffisants pour prendre une semblable d\u00e9cision vis-\u00e0-vis d\u2019anciens administrateurs ; il repr\u00e9sente la soci\u00e9t\u00e9 vis-\u00e0-vis des tiers mais il ne la repr\u00e9sente pas vis-\u00e0-vis d\u2019elle-m\u00eame (Resteau, trait\u00e9 des soci\u00e9t\u00e9s anonymes, \u00e9d. 1982, no 943 et suiv. p. 187 et 188 ; Fr\u00e9d\u00e9ricq, trait\u00e9 de droit commercial belge, tome V, no 438 ; Van Ryn et Ommeslaghe, Rev. cit. Jur.belge, 1973, n\u00b0 43, p.405-406). Cette r\u00e8gle qui donne comp\u00e9tence \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des actionnaires se trouve d\u2019ailleurs confirm\u00e9e par les dispositions de l\u2019article 444-1,anciennement l\u2019article 63 de la LSC,en vertu duquel \u00abL&#039;assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale qui a d\u00e9cid\u00e9 d&#039;exercer contre les administrateurs, les membres du directoire, du conseil de surveillance ou les commissaires en fonction l&#039;action sociale des articles 441-9, 442-10, 442-16 et 443-2, alin\u00e9a 3, peut charger un ou plusieurs mandataires de l&#039;ex\u00e9cution de cette d\u00e9lib\u00e9ration. \u00bb<\/p>\n<p>27 L\u2019exercice de l\u2019actio mandatidoit partant \u00eatre autoris\u00e9 par l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des actionnaires. Dans la mesure o\u00f9 les conditions de recevabilit\u00e9 de la demande s\u2019appr\u00e9cient au jour de l\u2019introduction de celle-ci, la d\u00e9cision de l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale doit en principe exister au jour de l\u2019assignation (Cour d\u2019appel Anvers, 1er mars 1999, R.D.C. 2000, p. 615 confirm\u00e9 par Cass. fr., 25 septembre 2003, R.D.C. 2005, p. 382 ; Cour 26 octobre 2011, r\u00f4le n\u00b0 35784). La m\u00eame solution s\u2019impose par ailleurs dans le cadre des soci\u00e9t\u00e9s \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 710-16,anciennement l\u2019article 192, de la LSC. En l\u2019esp\u00e8ce,les parties demanderesses au principalversentun proc\u00e8s-verbal de l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale tenue en date du29 juillet 2014, dont il r\u00e9sulte ce qui suit : \u00abThe meeting further takes the decision to request to the Board (\u2026) to decide whether or not proceedings against Mr.PERSONNE1.)on the basis of the facts substantiated above, as relevant, should be initiated.\u00bb.Cette r\u00e9solution a \u00e9t\u00e9 prise \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9. PERSONNE1.)ne conteste ni la pr\u00e9cision, ni la validit\u00e9 de cette r\u00e9solution. Il y a donc lieu de conclure queSOCIETE1.)dispose d\u2019une autorisation de son assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale pour introduire uneactio mandaticontrePERSONNE1.). Le moyen d\u2019irrecevabilit\u00e9 avanc\u00e9 parPERSONNE1.)n\u2019est partantpas fond\u00e9. Il est constant en cause quePERSONNE1.)\u00e9tait g\u00e9rant deSOCIETE1.)du 1 er ao\u00fbt 2013 au 29 juillet 2014. Un dirigeant d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 peut \u00eatre tenu de r\u00e9parer le pr\u00e9judice qu\u2019il a caus\u00e9 \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9. Il peut \u00eatre tenu responsable, dans le cadre de la gestion d\u2019une soci\u00e9t\u00e9, soit parce qu\u2019il n\u2019a pas respect\u00e9 les r\u00e8gles juridiquesqui s\u2019imposent \u00e0 lui, c\u2019est-\u00e0-dire parce qu\u2019il a commis une faute de r\u00e9gularit\u00e9, soit parce qu\u2019il a mal g\u00e9r\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire parce qu\u2019il a commis une faute de gestion (A. Steichen, Pr\u00e9cis de droit des soci\u00e9t\u00e9s, p. 302). A la diff\u00e9rence de la fautede gestion, o\u00f9 il faut conc\u00e9der aux dirigeants le droit \u00e0 l\u2019erreur, la faute de r\u00e9gularit\u00e9 rel\u00e8ve de l\u2019obligation de r\u00e9sultat (A. Steichen, Pr\u00e9cis de droit des soci\u00e9t\u00e9s, p. 303). Il suffit d\u00e8s lors de rapporter la preuve d\u2019une infraction au cadre l\u00e9gal commise par le dirigeant pour que la responsabilit\u00e9 de ce dernier soit engag\u00e9e. Aux termes de l\u2019article 441-9,anciennement l\u2019article 59 dela LSC, les administrateurs sont responsables envers la soci\u00e9t\u00e9, conform\u00e9ment au droit commun, de l\u2019ex\u00e9cution du mandat qu\u2019ils ont re\u00e7u et des fautes commises dans leur gestion. Ils sont solidairement responsables, soit envers la soci\u00e9t\u00e9, soit envers tous tiers, de tous dommages-int\u00e9r\u00eats r\u00e9sultant d\u2019infractions aux dispositions de la pr\u00e9sente loi ou des statuts sociaux. Ils ne seront d\u00e9charg\u00e9s de cette responsabilit\u00e9, quant aux infractions a et s\u2019ils ont d\u00e9nonc\u00e9 ces infractions \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale la plus prochaine apr\u00e8s qu\u2019ils en auront eu connaissance. Cet article sanctionne la responsabilit\u00e9 des organes sociaux envers la soci\u00e9t\u00e9 conform\u00e9ment au droit commun de l&#039;ex\u00e9cution du mandat qu\u2019ils ont re\u00e7u et pour fautes commises dans leur gestion, ainsi que leur responsabilit\u00e9 solidaire envers la soci\u00e9t\u00e9 et<\/p>\n<p>28 envers tous tiers de tous dommages-int\u00e9r\u00eats r\u00e9sultant d\u2019infractions aux dispositions de la LSC ou des statuts sociaux. Le r\u00e9gime de responsabilit\u00e9 tel que d\u00e9fini par le pr\u00e9dit article s\u2019applique aux soci\u00e9t\u00e9s \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e, l\u2019article 710-1,anciennement l\u2019article 192 dela LSC, y renvoyant express\u00e9ment. La pr\u00e9diteresponsabilit\u00e9 est bas\u00e9e sur le mandat confi\u00e9 au g\u00e9rant par la soci\u00e9t\u00e9 et est donc de nature contractuelle. La demande deSOCIETE1.)est donc recevable contrePERSONNE1.)sur base de la responsabilit\u00e9 contractuelle. Pour aboutir dans sa demande,SOCIETE1.)doit \u00e9tablir une faute de gestion ou rapporter la preuve d\u2019une infraction au cadre l\u00e9gal ou aux statuts deSOCIETE1.)dans le chef de PERSONNE1.),ainsi qu\u2019un pr\u00e9judice en lien avec cette faute ou infraction. Pour \u00eatre r\u00e9parable, le dommageall\u00e9gu\u00e9 doit \u00eatre certain et non hypoth\u00e9tique ou \u00e9ventuel. Il ne suffit pas non plus qu\u2019il apparaisse comme probable ou possible (G. Ravarani, La responsabilit\u00e9 civile des personnes priv\u00e9es et publiques, 3\u00e8me \u00e9d., n\u00b0 1109). L&#039;article 1149 du Code civil dispose que les dommages et int\u00e9r\u00eats dus au cr\u00e9ancier sont, en g\u00e9n\u00e9ral, la perte qu&#039;il a faite et le gain dont il a \u00e9t\u00e9 priv\u00e9. En application du principe de la r\u00e9paration int\u00e9grale, les dommages et int\u00e9r\u00eats doivent couvrir tous les aspects du pr\u00e9judice, commele pr\u00e9cise l\u2019article 1149 du Code civil pour le domaine contractuel. La r\u00e9paration comprend donc la perte \u00e9prouv\u00e9e et le gain manqu\u00e9. Il d\u00e9coule encore du principe de la r\u00e9paration int\u00e9grale, constituant la directive essentielle en ce qui concerne l\u2019indemnisation des dommages, que l\u2019indemnisation ne doit pas exc\u00e9der la valeur du pr\u00e9judice et qu\u2019elle ne saurait procurer un enrichissement \u00e0 la victime. La somme due au titre des dommages et int\u00e9r\u00eats doit correspondre rigoureusement \u00e0 la perte caus\u00e9e par le fait dommageable (G. VINEY et P. JOURDAIN, les effets de la responsabilit\u00e9, L.G.D.J., 2\u00e8me \u00e9dition, no.57). En l\u2019occurrence,SOCIETE1.)all\u00e8gue avoir subi une atteinte \u00e0 sa r\u00e9putation et un pr\u00e9judice financier. Or,SOCIETE1.)ne verse aucune pi\u00e8ce par rapport \u00e0 la pr\u00e9tendue atteinte \u00e0 sa r\u00e9putation et reste en d\u00e9faut d\u2019\u00e9tablir qu\u2019elle a effectivement \u00e9t\u00e9 affect\u00e9e dans sa capacit\u00e9 \u00e0 assurer de nouveaux mandats de g\u00e9rant ou que sa r\u00e9putation a souffert de quelque forme que ce soit. Pareillement, elle n\u2019\u00e9tablit pas avoir \u00e9t\u00e9 contrainte de recruter du personnel d\u00e9di\u00e9 \u00e0 redresser la situation des soci\u00e9t\u00e9s cibles et au recouvrement des avances.En effet, il ne d\u00e9coule pas du contrat de travail dePERSONNE5.)vers\u00e9 au dossier que cette derni\u00e8re aurait \u00e9t\u00e9 embauch\u00e9e \u00e0 cette fin.Au demeurant, c\u2019est la soci\u00e9t\u00e9anonymeSOCIETE5.)SA qui a embauch\u00e9 cette personne, de sorte queSOCIETE1.)ne saurait se pr\u00e9valoir d\u2019un pr\u00e9judice personnel et direct \u00e0 cet \u00e9gard.<\/p>\n<p>29 A d\u00e9faut d\u2019\u00e9tablir les pr\u00e9judices all\u00e9gu\u00e9s, la demande deSOCIETE1.)est \u00e0 d\u00e9clarer non fond\u00e9e sur base de la responsabilit\u00e9 contractuelle sans qu\u2019il y ait lieu d\u2019analyser les autres conditions decette responsabilit\u00e9. SOCIETE1.)se pr\u00e9valant exclusivement de fautes qu\u2019aurait commisesPERSONNE1.)dans l\u2019exercice de ses fonctions de g\u00e9rant, sur base des dispositions de la LSC pr\u00e9cit\u00e9es, la demande est irrecevable sur la base subsidiaire de la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle. -L\u2019action intent\u00e9e parle Fonds La th\u00e9orie de l\u2019organe, dont se pr\u00e9vautPERSONNE1.), est \u00e0 premi\u00e8re vue susceptible de s\u2019appliquer \u00e0 la pr\u00e9sente esp\u00e8ce dans laquelle la responsabilit\u00e9du g\u00e9rant personne physiqued\u2019une soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e, ayant elle-m\u00eame la qualit\u00e9 d\u2019associ\u00e9 commandit\u00e9 et g\u00e9rant d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 en commandite par actions, est recherch\u00e9e. Le Fondsse pr\u00e9vaut toutefois de l\u2019obligation de d\u00e9signer un repr\u00e9sentant permanent de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e, ayant la qualit\u00e9 de g\u00e9rant d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 en commandite par actions, par renvoie aux dispositions applicables aux soci\u00e9t\u00e9s anonymes, pour faire obstacle \u00e0 cette th\u00e9orie. Aux termes de l\u2019article 441-3, anciennement l\u2019article 51 bis, de la LSC de ladite loi, lorsqu&#039;une personne morale est nomm\u00e9e administrateur, celle-ci est tenue de d\u00e9signer un repr\u00e9sentant permanent charg\u00e9 de l&#039;ex\u00e9cution de cette mission au nom et pour le compte de la personne morale. Ce repr\u00e9sentant est soumis aux m\u00eames conditions et encourt la m\u00eame responsabilit\u00e9 civile que s&#039;il exer\u00e7ait cette mission en nom et pour compte propre, sans pr\u00e9judice de la responsabilit\u00e9 solidaire de la personne morale qu&#039;il repr\u00e9sente. L\u2019article 600-2,anciennement l\u2019article 103, de la LSCpr\u00e9voit quant \u00e0 lui que \u00ables dispositions relatives aux soci\u00e9t\u00e9s anonymes sont applicables aux soci\u00e9t\u00e9s en commandite par actions, sauf les modifications indiqu\u00e9es dans la pr\u00e9sente section\u00bb. Il a \u00e9t\u00e9 admis que le renvoi g\u00e9n\u00e9ral op\u00e9r\u00e9 parcette dispositionvise \u00e9galement l\u2019article 441- 3 et rend partant l\u2019obligation de d\u00e9signer un repr\u00e9sentant permanent pour toute personne moraleoccupant la fonction de g\u00e9rant applicable aux soci\u00e9t\u00e9s en commandite par actions (TAL, 11 d\u00e9cembre 2013, XV n\u00b0 1648 \/ 13, num\u00e9ro 145 725 du r\u00f4le). S\u2019il est vrai que par une loi du 10 ao\u00fbt 2016, l\u2019obligation de d\u00e9signer un repr\u00e9sentant permanent a \u00e9t\u00e9 express\u00e9ment exclue en ce qui concerne les g\u00e9rants personnes morales des soci\u00e9t\u00e9s en commandite par actions, une telle exemption n\u2019existait pas au moment o\u00f9 SOCIETE1.)a accept\u00e9 le mandat d\u2019associ\u00e9 commandit\u00e9 dansle Fondset pendant toute la dur\u00e9e du mandat de g\u00e9rant dePERSONNE1.)dansSOCIETE1.). Aussi, ant\u00e9rieurement \u00e0 l\u2019entr\u00e9e en vigueur de la loi du 10 ao\u00fbt 2016, et donc au moment des faits litigieux,SOCIETE1.)\u00e9tait tenue de d\u00e9signer un repr\u00e9sentant permanent. La loi ne pr\u00e9voit toutefois pas de sanctions sp\u00e9cifiques si aucun repr\u00e9sentant permanent n\u2019a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9.<\/p>\n<p>30 Or, il y a lieu de consid\u00e9rer que le d\u00e9faut de nomination d\u2019un repr\u00e9sentant permanent constituera une faute de r\u00e9gularit\u00e9, susceptible d\u2019entra\u00eener la responsabilit\u00e9 des dirigeants de la personne moraleadministrateur. En outre, la soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle devrait si\u00e9ger le repr\u00e9sentant permanent pourrait se d\u00e9fendre en s\u2019effor\u00e7ant d\u2019obtenir la r\u00e9vocation de la personne morale en tant qu\u2019un de ses administrateurs (voir en ce sens : A. Steichen, Pr\u00e9cis de droit des soci\u00e9t\u00e9s, 6e \u00e9dition, n\u00b0 888). Toutefois,contrairement aux d\u00e9veloppementsdu Fonds,il ne saurait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 qu\u2019en l\u2019absence de d\u00e9signation d\u2019un repr\u00e9sentant permanent, les dirigeants de la personne morale administrateur seraient tous tenus comme s\u2019ils \u00e9taientde factorepr\u00e9sentants permanents de ladite personne morale. D\u2019ailleurs, enraison de l\u2019une des finalit\u00e9s de l\u2019article 441-3, anciennement l\u2019article 51 bis, de la LSC,\u00e0 savoir le souci d\u2019\u00e9viter les risques de diversit\u00e9 des interlocuteurs, le repr\u00e9sentant permanent est n\u00e9cessairement unique (op. cit, n\u00b0 888). Ilne sauraitdonc s\u2019agir destroisg\u00e9rantsdeSOCIETE1.)ouPERSONNE1.)\u00e0 l\u2019exclusion des deux autres g\u00e9rants composant le conseil de g\u00e9rance deSOCIETE1.)\u00e0 l\u2019\u00e9poque des faits litigieux. L\u2019action en responsabilit\u00e9deSOCIETE2.)est doncirrecevable sur base de la responsabilit\u00e9 contractuelleet recevable sur base de la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle. En effet, l\u2019\u00e9ventuelle responsabilit\u00e9 dePERSONNE1.)enversSOCIETE2.)estde nature d\u00e9lictuelle, alors quecelui-ci\u00e9taitdirigeant non pas du Fonds, mais du g\u00e9rant associ\u00e9 commandit\u00e9 etqu\u2019il n\u2019\u00e9tait d\u00e8s lorspas li\u00e9 contractuellement au Fonds. Pour engager la responsabilit\u00e9 dePERSONNE1.)sur base de la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle, SOCIETE2.)doit \u00e9tablir une faute, un dommage et un lien de causalit\u00e9 entre cette faute et le dommage. Tout manquement d&#039;un dirigeant \u00e0 ses obligations contractuelles envers la soci\u00e9t\u00e9 dont il est le mandataire ne constitue pas n\u00e9cessairement une faute aquilienne. Dans un arr\u00eat du 7 novembre 1997 (R.C.J.B. 1999, 730; Revue pratique des soci\u00e9t\u00e9s 2005, p.215) la Cour de Cassation belge a d\u00e9cid\u00e9 que \u00ablorsqu&#039;une partie contractante agit par un organe, un pr\u00e9pos\u00e9 ou un agent pour l&#039;ex\u00e9cution de sonobligation contractuelle, celui-ci ne peut \u00eatre d\u00e9clar\u00e9 responsable sur le plan extracontractuel que si la faute mise \u00e0 sa charge constitue un manquement non \u00e0 une obligation contractuelle mais \u00e0 l&#039;obligation g\u00e9n\u00e9rale de prudence et que si cette faute a caus\u00e9 un dommage autre que celui r\u00e9sultant de la mauvaise ex\u00e9cution du contrat.\u00bb Dansunarr\u00eat du 20 mai 2003(pourvoit n\u00b0 99-17.092), la Cour de Cassation fran\u00e7aise, chambre commerciale,a dit \u00abque la responsabilit\u00e9 personnelle d&#039;un dirigeant \u00e0 l&#039;\u00e9gard des tiers ne peut \u00eatre retenue que s&#039;il a commis une faute s\u00e9parable de ses fonctions; qu&#039;il en est ainsi lorsque le dirigeant commet intentionnellement une faute d&#039;une particuli\u00e8re gravit\u00e9 incompatible avec l&#039;exercice normal des fonctions sociales.\u00bb En l\u2019esp\u00e8ce,le tribunalconstateque les attestations vers\u00e9es au dossier par les parties requ\u00e9rantes au principal ne sont pas accompagn\u00e9es de cartes d\u2019identit\u00e9s et ne pr\u00e9sentent pas les garanties requises pour valoir t\u00e9moignage \u00e9crit. C\u2019est partant \u00e0 juste titre que PERSONNE1.)en demande le rejet.<\/p>\n<p>31 Les courriels \u00e9manant des parties requ\u00e9rantes ou de leurs repr\u00e9sentants, de m\u00eame que le proc\u00e8s-verbalde l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9raledu 29 juillet 2014,ne constituent pas des \u00e9l\u00e9ments de preuve objectifs etne sont pas de nature \u00e0 \u00e9tablirquePERSONNE1.)a commis une faute s\u00e9parable de ses fonctions de g\u00e9rant deSOCIETE1.). Il n\u2019est en particulier pas \u00e9tabli quePERSONNE1.)aurait intentionnellement cach\u00e9 ou falsifi\u00e9, voire tent\u00e9 de cacher ou falsifier la situation financi\u00e8re r\u00e9elle des soci\u00e9t\u00e9s cibles afin de faire approuver les investissements litigieux ou qu\u2019il aurait sciemment propos\u00e9 des investissements \u00abtoxiques\u00bbou ruineuxpour approbation. En outre, le tribunal retientque les pr\u00e9tendues erreurs d\u2019analyse, m\u00eame grossi\u00e8res, all\u00e9gu\u00e9es parle Fonds, au vu de leur qualification ne pr\u00e9sentent pas un caract\u00e8re intentionnel, ni le degr\u00e9 de gravit\u00e9 requis pour constituer une faute s\u00e9parable des fonctions de g\u00e9rant.Les simples manquementsde diligence et de soin all\u00e9gu\u00e9s n\u2019\u00e9tant pas suffisants pour valoir cette qualification. En ce qui concerne la faute de r\u00e9gularit\u00e9,le Fondsdoit rapporter la preuve d\u2019un dommage r\u00e9sultat d\u2019une infraction aux dispositions de la LSC ouauxstatutsdeSOCIETE1.).Le Fonds ne peut pas se pr\u00e9valoir d\u2019une violation de ses propres statuts ou de son int\u00e9r\u00eat social. Le Fondsse pr\u00e9vaut d\u2019une violation des r\u00e8gles en mati\u00e8re de conflit d\u2019int\u00e9r\u00eats. Aux termes de l\u2019article 441-7,anciennement l\u2019article 57 de la LSC, dans sa version applicableau moment des faits : \u00abL&#039;administrateur qui a un int\u00e9r\u00eat oppos\u00e9 \u00e0 celui de la soci\u00e9t\u00e9, dans une op\u00e9ration soumise \u00e0 l&#039;approbation du Conseil d&#039;administration, est tenu d&#039;en pr\u00e9venir le conseil et de faire mentionner cetted\u00e9claration au proc\u00e8s-verbal de la s\u00e9ance. Il ne peut prendre part \u00e0 cette d\u00e9lib\u00e9ration. Il est sp\u00e9cialement rendu compte, \u00e0 la premi\u00e8re assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, avant tout vote sur d&#039;autres r\u00e9solutions, des op\u00e9rations dans lesquelles un des administrateurs aurait eu un int\u00e9r\u00eat oppos\u00e9 \u00e0 celui de la soci\u00e9t\u00e9.\u00bb Le pr\u00e9dit article pr\u00e9voit que l\u2019administrateur qui a un int\u00e9r\u00eat oppos\u00e9 \u00e0 celui de la soci\u00e9t\u00e9 dans une op\u00e9ration soumise \u00e0 l\u2019approbation du conseil d\u2019administration, est tenu d\u2019en pr\u00e9venir le conseil d\u2019administration et de faire mentionner cette d\u00e9claration au proc\u00e8s-verbal de la s\u00e9ance. Il ne peut prendre part \u00e0 cette d\u00e9lib\u00e9ration. En outre, le conseil d\u2019administration doit rendre sp\u00e9cialement compte \u00e0 la premi\u00e8re assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, des op\u00e9rations dans lesquelles un des administrateurs aurait eu un int\u00e9r\u00eat oppos\u00e9 \u00e0 celui de la soci\u00e9t\u00e9. L\u2019administrateur qui omet de signaler le conflit d\u2019int\u00e9r\u00eats au conseil d\u2019administration commet une infraction \u00e0 la l\u00e9gislation sur les soci\u00e9t\u00e9s commerciales. Le but dela disposition pr\u00e9cit\u00e9eest d\u2019\u00e9viter qu\u2019un administrateur soit, lors d\u2019une d\u00e9cision \u00e0 prendre par le conseil d\u2019administration, plus influenc\u00e9 par son int\u00e9r\u00eat personnel que par l\u2019int\u00e9r\u00eat de la soci\u00e9t\u00e9. Cet int\u00e9r\u00eat de l\u2019administrateur peut \u00eatre direct ou indirect.Il faut cependant que les avantages que l\u2019administrateur peut retirer, soient suffisamment importants pour influencer son vote au conseil et que les avantages paraissent plus grands pour l\u2019administrateur que pour la soci\u00e9t\u00e9. Ainsi, si un administrateur nepeut retirer qu\u2019un avantage tout \u00e0 fait marginal de la transaction, il n\u2019y a plus opposition d\u2019int\u00e9r\u00eats.<\/p>\n<p>32 En l\u2019occurrence, s\u2019il est constant en cause quePERSONNE1.)\u00e9tait administrateur d\u2019SOCIETE4.), il conteste en avoir \u00e9t\u00e9 le b\u00e9n\u00e9ficiaire \u00e9conomique. Or, cette derni\u00e8re qualit\u00e9 n\u2019est pas \u00e9tablie par les pi\u00e8ces vers\u00e9es au dossieret est contest\u00e9e parPERSONNE1.). Quant \u00e0 la production forc\u00e9e de pi\u00e8ces sollicit\u00e9e par les parties demanderessesafin d\u2019\u00e9tablir cette qualit\u00e9 dans son chef, l\u2019article 60, alin\u00e9a2 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile pr\u00e9voit que si une partie d\u00e9tient un \u00e9l\u00e9ment de preuve, le juge peut, \u00e0 la requ\u00eate de l\u2019autre partie, lui enjoindre de le produire. En l\u2019absence de toute communication, les articles 280 et 281 du m\u00eame code pr\u00e9voient une proc\u00e9dure destin\u00e9e \u00e0 contraindre la partie r\u00e9calcitrante \u00e0 communiquer ses pi\u00e8ces : \u00e0 la demande de son adversaire, elle peut \u00eatre condamn\u00e9e sous peine du paiement d\u2019une astreinte \u00e0 op\u00e9rer cette communication. L\u2019injonction de communiquer, lorsqu\u2019elle est sollicit\u00e9e, n\u2019est pas obligatoire pour les juges, qui restent libres dans leur appr\u00e9ciation sur le caract\u00e8re pertinent de la mesure sollicit\u00e9e. (Thierry HOSCHEIT, Le droit judiciaire priv\u00e9 au Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg, 2\u00e8me \u00e9dition, n\u00b0 594, p.362) Pour que le juge puisse faire droit \u00e0 une demande d\u2019injonction \u00e0 une des parties de verser une pi\u00e8ce sur base des articles pr\u00e9cit\u00e9s, il faut que la demande de production porte sur une pi\u00e8ce identifi\u00e9e ou tout au moins identifiable. De tout temps, il est apparu essentiel d\u2019\u00e9viter que par la voie d\u2019une demande de production forc\u00e9e un plaideur ne cherche \u00e0 se soustraire \u00e0 la charge de la preuve, voire \u00e0 d\u00e9couvrir des pi\u00e8ces qui lui seraient inconnues susceptibles d\u2019appuyer ses pr\u00e9tentions. La pi\u00e8ce ainsi identifi\u00e9e doit ensuite exister et le demandeur doit apporter la justification de son existence m\u00eame si les juges du fonds tendent \u00e0 exiger que l&#039;existence du document sollicit\u00e9 soit seulement \u00abvraisemblable \u00bb. Elle doit de plus exister entre les mains d\u2019une partie ou d\u2019un tiers d\u00e9sign\u00e9 par la demande. Lorsque la production est demand\u00e9e \u00e0 une partie au proc\u00e8s, l&#039;absence de contestation quant \u00e0 la d\u00e9tention de la pi\u00e8ce vaut aveu de cette d\u00e9tention. En aucun cas, le demandeur ne doit d\u00e9tenir lui-m\u00eame la pi\u00e8ce dont il sollicite la production, ni \u00eatre en mesure de se procurer lui-m\u00eame le document en cause. S\u2019ajoutent \u00e0 cela des conditions tenant au contenu de la pi\u00e8ce, qui doit \u00e9galement \u00eatre pr\u00e9cis\u00e9 dans la demande. Dans un souci d\u2019\u00e9conomie proc\u00e9durale, il faut surtout que la pi\u00e8ce rende vraisemblable le fait all\u00e9gu\u00e9, qu\u2019elle soit utile au succ\u00e8s de la pr\u00e9tention. La demande de production doit ainsi pr\u00e9senter une \u00ab certitude d\u2019utilit\u00e9 \u00bb justifiant qu\u2019elle soit ordonn\u00e9e.(Dalloz, R\u00e9pertoire de proc\u00e9dure civile, v\u00b0 production forc\u00e9e des pi\u00e8ces, n\u00b025 \u00e0 31) En l\u2019occurrence, le but des pi\u00e8ces sollicit\u00e9es est plus de d\u00e9couvrir siPERSONNE1.)est l\u2019actionnaire d\u2019SOCIETE4.)plut\u00f4t que de faire la preuve de ce fait. En effet, les parties demanderesses admettent elles-m\u00eames qu\u2019il nes\u2019agit que d\u2019une supposition et qu\u2019il peut \u00e9galement \u00eatre l\u2019actionnaire indirecte d\u2019SOCIETE4.), dans quel cas les pi\u00e8ces demand\u00e9es ne seraient d\u2019aucune utilit\u00e9. Le tribunal ne fait donc pas droit \u00e0 la demandede production forc\u00e9e de pi\u00e8ces. En l\u2019absence de preuve de la qualit\u00e9 de b\u00e9n\u00e9ficiaire \u00e9conomique d\u2019SOCIETE4.)de PERSONNE1.), sa qualit\u00e9 d\u2019administrateur de cette soci\u00e9t\u00e9 n\u2019est pas\u00e0 elle seulesuffisante pour d\u00e9gager un conflit d\u2019int\u00e9r\u00eats par rapport au paiement de commissions \u00e0SOCIETE4.).<\/p>\n<p>33 De plus, il ne r\u00e9sulte pas des \u00e9l\u00e9ments du dossier que le paiement des commissions \u00e0 SOCIETE4.)amis les soci\u00e9t\u00e9s cibles dans l\u2019incapacit\u00e9 d\u2019honorerleursengagements envers le Fonds, cette affirmation restant \u00e0 l\u2019\u00e9tat de pure all\u00e9gation. SOCIETE2.)reste d\u2019ailleurs en d\u00e9faut d\u2019\u00e9tablir qu\u2019elle n\u2019a pas pu r\u00e9cup\u00e9rer son investissement, en particulier au vu des garanties prises sur lesdiff\u00e9rentsinvestissements litigieux. En effet,les pi\u00e8ces vers\u00e9es ne permettent pas de cerner si et dans quelle mesure le Fonds a subi des pertes en rapport avec les investissements litigieux. Tant que des actions en recouvrement restent ouvertes au Fonds ou que la r\u00e9alisation de garanties donn\u00e9es en faveur du Fonds reste possible, il ne saurait \u00eatre question de pr\u00e9judice certain. Lespertesfinanci\u00e8resall\u00e9gu\u00e9es restent hypoth\u00e9tiques et ne constituent donc pas un pr\u00e9judice r\u00e9parable. Pareillement,le Fondsne verse aucune pi\u00e8ce de nature \u00e0 \u00e9tablir une atteinte \u00e0 sa r\u00e9putation. Elle ne verse pas non plus de pi\u00e8ces permettant d\u2019\u00e9tablir l\u2019affirmation que les agissements dePERSONNE1.)auraient conduit \u00e0 sa liquidation judiciaire.Cette affirmation reste \u00e0 l\u2019\u00e9tat de pure all\u00e9gation. Il en est de m\u00eame de la pr\u00e9tendue perte de chance d\u2019investir dans d\u2019autres investissements plus retables, qui n\u2019est \u00e9tay\u00e9e par aucune pi\u00e8ce. Aussi,SOCIETE2.)reste-t-elle \u00e9galement en d\u00e9faut d\u2019\u00e9tablir les postes de pr\u00e9judice all\u00e9gu\u00e9s. La demandedeSOCIETE2.)est donc non fond\u00e9e sur base de la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle. Quant \u00e0 la demande reconventionnelle dePERSONNE1.) Afin d\u2019aboutir dans sa demande bas\u00e9e sur la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle,PERSONNE1.)doit \u00e9tablir une faute, un pr\u00e9judice et un lien de causalit\u00e9 entre cette faute et ce pr\u00e9judice. En l\u2019occurrence, la seule pi\u00e8ce quePERSONNE1.)verse \u00e0 l\u2019appui de sa demande en r\u00e9paration de son pr\u00e9judice moral est le proc\u00e8s-verbal de sa propre audition par la police de Charleroi. Or, nul ne pouvant t\u00e9moigner dans sa propre cause, cette pi\u00e8ce n\u2019a pas de valeur probante. PERSONNE1.)reste ainsi en d\u00e9faut d\u2019\u00e9tablir les conditions de la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle et ce chef de sa demande n\u2019est pas fond\u00e9. Quant au pr\u00e9judice r\u00e9putationnel et \u00e0 la perte de client\u00e8leall\u00e9gu\u00e9s,PERSONNE1.)reste \u00e9galement en d\u00e9faut de verser la moindre pi\u00e8ce \u00e0 cet \u00e9gard. Or, le pr\u00e9judice ne pouvant pas simplement \u00eatre probable ou possible mais devant \u00eatre certain,PERSONNE1.)manque d\u2019\u00e9tablir les postes de pr\u00e9judice all\u00e9gu\u00e9s. Par cons\u00e9quent, ces chefs desa demande sont \u00e9galement non fond\u00e9s. Quant \u00e0 la demande reconventionnelle d\u2019SOCIETE3.)<\/p>\n<p>34 Lademande reconventionnelled\u2019SOCIETE3.)tendant \u00e0 la condamnation deSOCIETE1.) au paiementde r\u00e9trocessions de commissionsconform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 6 du IAA ne tend pas \u00e0 faire \u00e9chec en tout ou en partie \u00e0 la demande principale mais tend \u00e0procurer au demandeur sur reconvention un avantage enti\u00e8rement distinct. Cette demande n\u2019est donc pas affect\u00e9e par la nullit\u00e9 de l\u2019exploit introductif d\u2019instance pour cause de libell\u00e9 obscurprononc\u00e9e en faveur d\u2019SOCIETE3.). Cependant,il y a lieu de constater qu\u2019SOCIETE3.)formule la m\u00eame demande que celle d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 formul\u00e9epar elle, devant le tribunal de c\u00e9ans,dans le r\u00f4le172018 devant le tribunal de c\u00e9ans parassignation du 4 septembre 2015. La demande introduite en deuxi\u00e8me lieu dans la pr\u00e9sente instance est \u00e0 dire irrecevable dans la mesure o\u00f9 le m\u00eame tribunal ne peut \u00eatre saisi de deux demandes identiques. Quant aux mesures accessoires Les parties n\u2019\u00e9tablissant pas l\u2019iniquit\u00e9 requise, leurs demandes respectives en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure sont \u00e0 d\u00e9clarer non fond\u00e9es. Le jugement commercial est ex\u00e9cutoire par provision de plein droit. Il n\u2019y a pas lieu d\u2019ordonner l\u2019ex\u00e9cution provisoire sans caution du pr\u00e9sent jugement, alors que les conditions de l\u2019article 567 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile ne sont pas donn\u00e9es en l\u2019esp\u00e8ce.Il estloisible\u00e0 la partie qui entend fournir caution,de se conformer \u00e0 l\u2019article 568 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile. Au vu de l\u2019issue du litige, le tribunal fait masse des frais et d\u00e9pensde la proc\u00e9dure enr\u00f4l\u00e9e sous lenum\u00e9ro 175406 du r\u00f4leet les impose pour un tiers \u00e0SOCIETE1.), un tiers \u00e0 SOCIETE2.)et un tiers \u00e0PERSONNE1.), avec distraction au profit deMa\u00eetre Pierre REUTER, avocat, qui la demande, pour la part qui lui revient. Le tribunal laisse les frais et d\u00e9pens de la proc\u00e9dure enr\u00f4l\u00e9esous le num\u00e9ro TAL-2021- 01052 du r\u00f4le\u00e0 charge deSOCIETE2.). SOCIETE3.)ayant initialement comparu par Ma\u00eetre St\u00e9phanie LACROIX, avocat \u00e0 la Cour, qui a d\u00e9pos\u00e9 son mandat, en application des articles 76 et 197 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, le jugement \u00e0 prendre \u00e0 son encontre,dans la proc\u00e9dureenr\u00f4l\u00e9e sous le num\u00e9ro 175406 du r\u00f4le,reste contradictoire. Conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 79 alin\u00e9a 1 er , il y a lieu de statuer par d\u00e9faut \u00e0 l\u2019encontre de Ma\u00eetre BELSACK,en saqualit\u00e9 de curateur d\u2019SOCIETE3.),dans la proc\u00e9dureenr\u00f4l\u00e9e sous le num\u00e9ro TAL-2021-01052 du r\u00f4le, alors qu\u2019il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 touch\u00e9 \u00e0 personne. P a r c e s m o t i f s : le tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, sixi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re commercialeselon la proc\u00e9dure civile, statuant contradictoirementdans le r\u00f4le num\u00e9ro 175406 et par d\u00e9faut \u00e0 l\u2019encontre deMa\u00eetre BELSACK,en saqualit\u00e9 de curateurdela soci\u00e9t\u00e9 de droit belgeSOCIETE3.)S.P.R.L., en abr\u00e9g\u00e9SOCIETE3.), dans le r\u00f4le num\u00e9ro TAL-2021-01052,<\/p>\n<p>35 rejettele moyen tir\u00e9 du libell\u00e9 obscur de l\u2019assignation du 21 janvier 2016 soulev\u00e9 par PERSONNE1.); ditl\u2019exploit d\u2019assignation du 21 janvier 2016nulen ce qu\u2019il est dirig\u00e9 contre la soci\u00e9t\u00e9 de droit belgeSOCIETE3.)S.P.R.L., en abr\u00e9g\u00e9SOCIETE3.); partantditla demande principale irrecevable \u00e0 l\u2019encontre de la soci\u00e9t\u00e9 de droit belge SOCIETE3.)S.P.R.L., en abr\u00e9g\u00e9SOCIETE3.); ditqu\u2019il n\u2019y a pas lieu de surseoir \u00e0 statuer sur le fond du litige; ditla demande principaleformul\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.) contrePERSONNE1.)recevable sur base de la responsabilit\u00e9 contractuelle et irrecevable sur base de la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle; laditnon fond\u00e9e sur base de la responsabilit\u00e9 contractuelle et en d\u00e9boute; ditla demande principale formul\u00e9e parlasoci\u00e9t\u00e9 en commanditepar actionssous la forme d\u2019unesoci\u00e9t\u00e9 d\u2019investissement \u00e0 capital variable\u2013fonds d\u2019investissement sp\u00e9cialis\u00e9 SOCIETE2.)SCA SICAV-FIScontrePERSONNE1.) irrecevable sur base de la responsabilit\u00e9 contractuelle et recevable sur base de la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle; laditnon fond\u00e9e sur base de la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle et en d\u00e9boute; ditla demande reconventionnelle dePERSONNE1.)recevable mais non fond\u00e9e et en d\u00e9boute; ditla demande reconventionnelle de la soci\u00e9t\u00e9 de droit belgeSOCIETE3.)S.P.R.L., en abr\u00e9g\u00e9SOCIETE3.), irrecevable; ditles demandes respectives des parties bas\u00e9es sur l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile recevables mais non fond\u00e9es et en d\u00e9boute; ditqu\u2019il n\u2019y a pas lieu \u00e0 ex\u00e9cution provisoire sans caution du pr\u00e9sent jugement; fait massedes fraiset d\u00e9pensde la proc\u00e9dure enr\u00f4l\u00e9e sous lenum\u00e9ro 175406 du r\u00f4leet lesimposepour un tiers\u00e0lasoci\u00e9t\u00e9 en commandite par actionssous la forme d\u2019unesoci\u00e9t\u00e9 d\u2019investissement \u00e0 capital variable\u2013fonds d\u2019investissement sp\u00e9cialis\u00e9SOCIETE2.)SCA SICAV-FIS,pour un tiers \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.)et pour un tiers \u00e0 PERSONNE1.), avec distraction, pour la part qui lui revient,au profit de Ma\u00eetre Pierre REUTER, avocat, qui la demande; laisseles frais et d\u00e9pensde la proc\u00e9dure enr\u00f4l\u00e9esous le num\u00e9ro TAL-2021-01052 du r\u00f4le \u00e0 charge delasoci\u00e9t\u00e9 en commandite par actionssous la forme d\u2019unesoci\u00e9t\u00e9 d\u2019investissement \u00e0 capital variable\u2013fonds d\u2019investissement sp\u00e9cialis\u00e9SOCIETE2.)SCA SICAV-FIS.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/tribunal-darrondissement-luxembourg-commerce\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/tribunal-darrondissement-luxembourg-commerce\/20240828-002345\/20240530-tal06-175406-et-tal-2021-01052-pseudonymise-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). 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Num\u00e9ros de r\u00f4le 175406 et TAL-2021-01052 Composition: Maria FARIA ALVES, vice-pr\u00e9sidente; Muriel WANDERSCHEID, juge; Paula GAUB, juge; Claude FEIT,greffi\u00e8re. I.175406 Entre: 1)la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.),\u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-\u2026","og_url":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-30-mai-2024-n-2021-01052\/","og_site_name":"Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris","article_modified_time":"2026-04-19T21:10:48+00:00","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"\u9884\u8ba1\u9605\u8bfb\u65f6\u95f4":"90 \u5206"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-30-mai-2024-n-2021-01052\/","url":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-30-mai-2024-n-2021-01052\/","name":"Tribunal d'arrondissement, 30 mai 2024, n\u00b0 2021-01052 - Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris","isPartOf":{"@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/#website"},"datePublished":"2026-04-19T21:10:44+00:00","dateModified":"2026-04-19T21:10:48+00:00","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-30-mai-2024-n-2021-01052\/#breadcrumb"},"inLanguage":"zh-Hans","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-30-mai-2024-n-2021-01052\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-30-mai-2024-n-2021-01052\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Jurisprudences","item":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/jurisprudences\/"},{"@type":"ListItem","position":3,"name":"Tribunal d&rsquo;arrondissement, 30 mai 2024, n\u00b0 2021-01052"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/#website","url":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/","name":"Kohen Avocats","description":"Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat p\u00e9naliste \u00e0 Paris, intervient exclusivement en droit p\u00e9nal pour la d\u00e9fense des particuliers, notamment en mati\u00e8re d\u2019accusations de viol. 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