{"id":652859,"date":"2026-04-22T23:24:20","date_gmt":"2026-04-22T21:24:20","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-29-juin-2022-n-2020-00717\/"},"modified":"2026-04-22T23:24:23","modified_gmt":"2026-04-22T21:24:23","slug":"cour-superieure-de-justice-29-juin-2022-n-2020-00717","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-29-juin-2022-n-2020-00717\/","title":{"rendered":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 29 juin 2022, n\u00b0 2020-00717"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>Arr\u00eat N\u00b095\/22-IX-CIV Audience publique duvingt-neufjuindeux millevingt-deux Num\u00e9roCAL-2020-00717du r\u00f4le Composition: Carole KERSCHEN, pr\u00e9sident de chambre, DaniellePOLETTI, premier conseiller, St\u00e9phane PISANI,conseiller, Laetitia D\u2018ALESSANDRO, greffierassum\u00e9. E n t r e: laR\u00c9PUBLIQUE TCH\u00c8QUE , Minist\u00e8re de la Sant\u00e9, ayant son si\u00e8ge \u00e0 Palack\u00e9ho n\u00e0m. 4, 128 01 Prague 2, R\u00e9publique Tch\u00e8que, repr\u00e9sent\u00e9 par toute personne ou organe habilit\u00e9 \u00e0 la repr\u00e9senter, appelanteaux termes d\u2019un exploit de l\u2019huissier de justice V\u00e9ronique REYTER d\u2019Esch-sur-Alzette du 22 ao\u00fbt 2019, comparant par Ma\u00eetre Didier SCH\u00d6NBERGER, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, e t: la soci\u00e9t\u00e9 europ\u00e9enneSOCIETE1.), constitu\u00e9e selon le droit de la Principaut\u00e9 du Liechtenstein, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0ADRESSE1.), Principaut\u00e9 du Liechtenstein, n\u00b0 d\u2019immatriculationNUMERO1.), repr\u00e9sent\u00e9e par ses organes statutaires actuellement en fonctions, sinon par tout personne habilit\u00e9e \u00e0 la repr\u00e9senter, intim\u00e9eaux fins du pr\u00e9dit exploit REYTER du 22 ao\u00fbt 2019,<\/p>\n<p>2 comparantpar Ma\u00eetre R\u00e9mi CHEVALIER, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg. LA COUR D&#039;APPEL : Expos\u00e9 du litige Le litigeest n\u00e9 \u00e0 l\u2019occasion du recouvrementaupr\u00e8s dela REPUBLIQUE TCH\u00c8QUEd\u2019une cr\u00e9ance quela soci\u00e9t\u00e9 europ\u00e9enneSOCIETE1.),constitu\u00e9e selon le droit de la Principaut\u00e9 du Liechtenstein(ci-apr\u00e8s \u00abSOCIETE1.)\u00bb) a d\u00e9clar\u00e9 d\u00e9tenir \u00e0 l\u2019encontre de cette derni\u00e8re en indemnisation d\u2019un dommage mat\u00e9riel et moral lui accru en raison de manquements commis en 1992 par le Minist\u00e8re de la Sant\u00e9 tch\u00e8que de l\u2019\u00e9poqueen vertu d\u2019une sentence arbitrale rendue le 4 ao\u00fbt 2008 \u00e0 Prague d\u00e9clar\u00e9e ex\u00e9cutoire au Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg par ordonnance d\u2019exequatur du Pr\u00e9sident du tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg du 12 ao\u00fbt 2011 confirm\u00e9e par arr\u00eat de la Cour d\u2019appel du 27 avril 2017 et dont le recours en cassation a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9 par arr\u00eat de la Cour de cassation du 28 juin 2018. Reprochant \u00e0 la REPUBLIQUE TCHEQUE d\u2019essayer de se soustraire au paiement des montants redus,SOCIETE1.), par exploit d\u2019huissier du 4 octobre 2011 et en vertu d\u2019une autorisation pr\u00e9sidentielle du 15 septembre 2011, pratiqua saisie-arr\u00eat sur les comptes d\u00e9tenus par la REPUBLIQUE TCHEQUE aupr\u00e8s de 2 banques de la place financi\u00e8re luxembourgeoise, la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE2.)SA et la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE3.)SA,sur les sommes que celles-ci pourraient redevoir \u00e0 la REPUBLIQUE TCHEQUE pour avoir s\u00fbret\u00e9 et conservation de sa cr\u00e9ance \u00e9valu\u00e9e en principal et int\u00e9r\u00eats \u00e0 la somme de419.734.449.-euros. Cette saisie-arr\u00eat fut d\u00e9nonc\u00e9e \u00e0 la REPUBLIQUE TCHEQUE suivant exploit d\u2019huissier du 10 octobre 2011,ce m\u00eame exploit contenant assignation en condamnation dela REPUBLIQUE TCHEQUE au paiement de la sommede 419.734.449.-euros,ainsi qu\u2019assignation en validation de la saisie-arr\u00eat pratiqu\u00e9epour le pr\u00e9dit montant. La d\u00e9nonciation de la saisie-arr\u00eat fut contre-d\u00e9nonc\u00e9e auxdeuxparties tierces saisies suivant exploit d\u2019huissier du12 octobre 2011. SOCIETE1.)fit exposer que la REPUBLIQUE TCHEQUE aurait \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9e, par sentence arbitrale rendue \u00e0 Prague le 4 ao\u00fbt 2008, \u00e0 lui payer la somme de 4.089.716.666 CZK (couronnes tch\u00e8ques) \u00e0 titre de dommages et int\u00e9r\u00eats, la somme de 4.244.979.686 CZK \u00e0 titre d\u2019int\u00e9r\u00eats moratoires et la somme de 1.287.877 CZK par jour entre le 1 er juillet 2007 et le jour du paiement, de sorte que la somme totale s\u2019\u00e9l\u00e8verait au jour de la requ\u00eate en saisie-arr\u00eat \u00e0 10.312.875.424 CZK, \u00e0 savoir 419.734.449 euros, en application<\/p>\n<p>3 du taux d\u2019\u00e9change EUR\/CZK de 1\/24,57. Elledemanda encons\u00e9quence\u00e0 voir condamnerla REPUBLIQUE TCHEQUE \u00e0 lui payer cette somme, augment\u00e9e en cours d\u2019instance \u00e0 la somme de 524.98.923.-euros, \u00e0 laquelle viendrait s\u2019ajouter la somme de 50.254,54 euros par jour de retard \u00e0 compter du 10 juillet 2018, et \u00e0 voirvalider la saisie-arr\u00eat \u00e0 hauteur decessommesquela REPUBLIQUE TCHEQUE refuserait toujours de payer. Elle demanda enfin l\u2019allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 25.000.- eurossur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, l\u2019ex\u00e9cution provisoire du jugement et la condamnation dela REPUBLIQUE TCHEQUEaux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance. LaREPUBLIQUE TCHEQUE s\u2019 opposa \u00e0 la demande. Ellesouleva l\u2019incomp\u00e9tence du tribunal saisi pour conna\u00eetre tant de la demande en condamnation que de la demande en validation. Elleinvoquaensuite\u00e0 son profit l\u2019immunit\u00e9 de juridiction et l\u2019immunit\u00e9 d\u2019ex\u00e9cution en tant qu\u2019Etat souverain qui ne pourrait pas \u00eatre attrait devant les juridictions d\u2019un autre Etat et ne pourrait pas faire l\u2019objet de voies d\u2019ex\u00e9cution dans un autre Etat pour des faits relevant de son activit\u00e9iure imperia. A titre subsidiaire, elleconclut \u00e0 la nullit\u00e9 de la saisie, en faisant valoir que la sentence du 4 ao\u00fbt 2008 aurait \u00e9t\u00e9 sous le coup d\u2019un recours, rendant la cr\u00e9ance ni certaine, ni liquide, ni exigible. SOCIETE1.)ne disposant pas d\u2019un titre ex\u00e9cutoire, il y aurait lieu d\u2019ordonner la mainlev\u00e9e de la saisie pratiqu\u00e9e. Elle conclut encore \u00e0 la condamnation de SOCIETE1.)\u00e0 luipayer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 5.000.-euros en application de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile. Par jugement contradictoiren\u00b0 2019TALCH10\/00094du7 juin2019,le tribunal a re\u00e7ules demandes en la forme; a dit sans objet la demande en condamnation formul\u00e9eSOCIETE1.)dans l\u2019assignation du 10 octobre 2011; a dit recevable et fond\u00e9e la demande en validation de la saisie-arr\u00eat pratiqu\u00e9e par exploitd\u2019huissier du 4 octobre 2011;partant,ad\u00e9clar\u00e9bonne et valable la saisie-arr\u00eat form\u00e9e parSOCIETE1.)suivant exploit d&#039;huissier du 4 octobre 2011 au pr\u00e9judice de la REPUBLIQUE TCHEQUE pour assurer le recouvrement de la somme de 4.089.716.666.-CZK\u00e0 titre de dommages et int\u00e9r\u00eats, la somme de 4.244.879.686.-CZKau titre des int\u00e9r\u00eats moratoires portant sur la p\u00e9riode du 1 er juillet 1992 au 30 juin 2007 et la somme de 1.287.877.-CZKpar jour entre le 1 er juillet 2007 et la date du paiement, conform\u00e9ment \u00e0 ce qui a \u00e9t\u00e9 retenu dans la sentence arbitrale du 4 ao\u00fbt 2008, le tout \u00e0 convertir en euros au taux de change du jour du jugement et sans que le montant total ne puisse d\u00e9passer le montant de 419.734.449.-euros, \u00e0 hauteur duquel saisie-arr\u00eat a \u00e9t\u00e9pratiqu\u00e9e le 4 octobre 2011; adit qu&#039;en cons\u00e9quence les sommes dont les parties tierces-saisies se reconna\u00eetront ou seront jug\u00e9es d\u00e9bitrices seront par elles vers\u00e9es entre les mainsde SOCIETE1.)en d\u00e9duction et jusqu\u2019\u00e0 concurrence de la cr\u00e9ance; ad\u00e9clar\u00e9 fond\u00e9e \u00e0 concurrence de 5.000.-euros la demande formul\u00e9e parSOCIETE1.) sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile;partant,a condamn\u00e9la REPUBLIQUE TCHEQUE \u00e0 payer \u00e0 SOCIETE1.)le montant de 5.000.-euros \u00e0 titre d\u2019indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure; aordonn\u00e9l\u2019ex\u00e9cution provisoire du jugementet acondamn\u00e9la REPUBLIQUE TCHEQUE aux frais et d\u00e9pens de l&#039;instance.<\/p>\n<p>4 Pour statuer ainsi, le tribunal, apr\u00e8s s\u2019\u00eatre d\u00e9clar\u00e9 comp\u00e9tent pour conna\u00eetre de la demande en validation,a retenuque lesparties en cause ont sign\u00e9 une convention d\u2019arbitrage en date du 18 septembre 1996; qu\u2019ild\u00e9coule des termes employ\u00e9s dans la d\u00e9finition du litige \u00e0 r\u00e9soudre, que ce dernier a trait \u00e0 une question de droit priv\u00e9 et se trouve partant d\u00e9pourvu de lien avec l\u2019exercice par l\u2019Etat tch\u00e8que de ses pouvoirs souverainsetqu\u2019ild\u00e9coule del\u2019engagement pris par la REPUBLIQUE TCHEQUE qu\u2019elle a implicitement et sans \u00e9quivoque renonc\u00e9 \u00e0 invoquer son immunit\u00e9 de juridiction dans le cadre de la mise en \u0153uvre de la sentence arbitrale \u00e0 intervenir. Pour les m\u00eames motifs, letribunala retenuque la REPUBLIQUE TCHEQUE a implicitement et sans \u00e9quivoque renonc\u00e9 \u00e0 invoquer son immunit\u00e9 d\u2019ex\u00e9cution dans le cadre du litige l\u2019opposant \u00e0SOCIETE1.)en signant la convention d\u2019arbitrage, dans la mesure o\u00f9 la mise en \u0153uvre de la d\u00e9cision \u00e0 intervenir, qu\u2019elle accepte en principe de soumettre \u00e0 la juridiction comp\u00e9tente, rel\u00e8ve du domaine de son ex\u00e9cution. Les juges de premi\u00e8re instance ont ensuite,pour rejeter la nullit\u00e9 de la saisie- arr\u00eat,retenu que l\u2019existence de la cr\u00e9ance invoqu\u00e9e ne saurait \u00eatre mise en doute,SOCIETE1.)\u00e9tablissant qu\u2019au 4 octobre 2011, jour de la saisie, elle disposait d\u2019une cr\u00e9ance vis-\u00e0-vis de la REPUBLIQUE TCHEQUE, issue d\u2019une d\u00e9cision arbitrale \u00e9trang\u00e8re d\u00e9clar\u00e9e ex\u00e9cutoire au Luxembourg comme si elle \u00e9manait d\u2019une juridiction indig\u00e8ne par une ordonnance d\u2019exequatur du 10 ao\u00fbt 2011. Pour valider la saisie-arr\u00eat litigieuse, les juges de premi\u00e8re instance ont enfin, sur base de l\u2019ordonnanced\u2019exequaturentretemps coul\u00e9e en force de chose jug\u00e9e suite \u00e0 l\u2019arr\u00eat de rejet de la Cour de cassation du 28 juin 2018,rejet\u00e9 l\u2019ensemble des moyens et arguments d\u00e9velopp\u00e9s par la REPUBLIQUE TCHEQUE pour contester le caract\u00e8re ex\u00e9cutoire de la sentence arbitralesans qu\u2019il soit n\u00e9cessaire d\u2019examiner plus avantles diff\u00e9rentes questions pr\u00e9judicielles formul\u00e9es par cette derni\u00e8re. Par exploit du22 ao\u00fbt 2019,laREPUBLIQUE TCHEQUE a relev\u00e9 appel du jugementpr\u00e9cit\u00e9 qui, selon les informations \u00e0 disposition de la Cour, ne lui a pas \u00e9t\u00e9 signifi\u00e9. L\u2019instruction a \u00e9t\u00e9 cl\u00f4tur\u00e9e par ordonnance du 30 mars 2022. Les mandataires des parties ont \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s que l\u2019affaire serait prise en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 \u00e0 l\u2019audience du 2 juin 2022. Conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 1 de la loi du 17 d\u00e9cembre 2021 portant modification de la loi du 19 d\u00e9cembre 2020 portant adaptation temporaire de certaines mesures proc\u00e9durales en mati\u00e8re civile et commercialeles mandataires des parties ont \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s par \u00e9crit le 16 mai 2022 de la tenue de l\u2019audience et de la composition de la Cour. Les mandataires des parties ayant inform\u00e9 la Cour qu\u2019ils n\u2019entendaient pas plaider l\u2019affaire, et les fardes de proc\u00e9dure ayant \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9es au greffe,<\/p>\n<p>5 l\u2019audience a \u00e9t\u00e9 tenue etl\u2019affaireprise en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 \u00e0 la date indiqu\u00e9e, suivant les modalit\u00e9s annonc\u00e9es aux parties. Les mandataires des parties ont \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s par \u00e9crit de la date du prononc\u00e9. Le magistrat ayant pr\u00e9sid\u00e9 l\u2019audience a rendu compte \u00e0 la Cour dans son d\u00e9lib\u00e9r\u00e9. Discussion La REPUBLIQUE TCHEQUE demande \u00e0 la Cour de r\u00e9former le jugement entrepris en ce quele tribunal n\u2019a pas retenu l\u2019application des principes d\u2019immunit\u00e9s de juridiction et d\u2019ex\u00e9cution.Pour voir statuer dans ce sens,elle affirme ne jamais avoir renonc\u00e9 \u00e0 son immunit\u00e9 de juridiction et conteste que la signature du pacte compromissoire ayant conduit \u00e0 la proc\u00e9dure arbitrale puisse valoir renonciation \u00e0 son immunit\u00e9 juridictionnelle tel que l\u2019a retenu le tribunal. Ellese r\u00e9f\u00e8repour ce faire\u00e0 la Convention des Nations Unies sur les immunit\u00e9s juridictionnelles des Etats et de leurs biens pr\u00e9voyant l\u2019exigence d\u2019une renonciation expresse et non \u00e9quivoque. Il en irait de m\u00eame avec l\u2019immunit\u00e9 d\u2019ex\u00e9cution en ce qui concerne l\u2019existence d\u2019une renonciation.De plus, pour \u00e9carter le b\u00e9n\u00e9fice de l\u2019immunit\u00e9 d\u2019ex\u00e9cution d\u2019un Etat et saisir les biens de cet Etat, il ne suffirait pas de d\u00e9montrer que le titre ex\u00e9cutoire sur lequel se fonde cette saisie concerne des actes de gestion relevant du droit priv\u00e9, mais il faudrait \u00e9galement d\u00e9montrer que les biens saisis ont un lien suffisant avec les cr\u00e9ances d\u00e9tenues et le titre ex\u00e9cutoire ce que le tribunal aurait omis de faire en l\u2019esp\u00e8ce. Elle conteste que les comptes bancaires saisis en l\u2019esp\u00e8ce correspondraient \u00e0 des comptes ayant \u00e9t\u00e9 affect\u00e9s \u00e0 une activit\u00e9 commerciale de droit priv\u00e9. A ce titre, ils devraient b\u00e9n\u00e9ficier de l\u2019immunit\u00e9 d\u2019ex\u00e9cution. Elle critique enfin le tribunal de ne pas avoir annul\u00e9 la saisie-arr\u00eat litigieuse et fait valoir,comme en premi\u00e8re instance,que les juridictions d\u2019autres Etats auraient refus\u00e9 de reconna\u00eetre le caract\u00e8re ex\u00e9cutoire de la sentence arbitrale du 4 ao\u00fbt 2008. Elle se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 cet \u00e9gard \u00e0 des d\u00e9cisions rendues au Pays- Bas, en Autriche, en France, au Royaume-Uni, en Belgique, en Suisse, au Liechtenstein et aux \u00c9tats-Unis. Elle conclut encore \u00e0 la condamnation deSOCIETE1.)\u00e0 lui payer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 5.000.-euros en application de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile. En r\u00e9ponse au moyen de d\u00e9faut d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 agir, elle r\u00e9plique que son appel n\u2019est pas d\u00e9pourvud\u2019int\u00e9r\u00eat, m\u00eame si aucune somme ne fut saisie aupr\u00e8s des banques tierces-saisies, dans la mesure o\u00f9 elle a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9e \u00e0 payer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure ainsi que les frais et d\u00e9pens.Elle soutient ensuite que son int\u00e9r\u00eat \u00e0 agir serait caract\u00e9ris\u00e9 par la consid\u00e9ration qu\u2019il ne saurait \u00eatre exclu que des proc\u00e9dures de saisies identiques puissent \u00e0 l\u2019avenir faire l\u2019objet de nouvelles tentatives de mises\u00e0 ex\u00e9cution tant que la saisie initiale n\u2019est pas annul\u00e9e. Elle ajoute enfin que son int\u00e9r\u00eat serait encore<\/p>\n<p>6 caract\u00e9ris\u00e9 par le dommage moral qu\u2019elle subirait comme \u00e9tant d\u00e9peinte aupr\u00e8s des \u00e9tablissements bancaires et autres op\u00e9rateurs \u00e9conomiques comme mauvais d\u00e9biteur contre lequel il faudrait agir par voie de mesure d\u2019ex\u00e9cution forc\u00e9e. SOCIETE1.), apr\u00e8s avoir rappel\u00e9 l\u2019historique des faits, reprendson argumentation d\u00e9j\u00e0 d\u00e9velopp\u00e9e en premi\u00e8re instance en ce qui concerne les principes d\u2019immunit\u00e9 soulev\u00e9spar l\u2019appelante. Elle insiste notamment sur le fait quela REPUBLIQUE TCHEQUE aurait consenti \u00e0 la conclusion du pacte compromissoire du 18 septembre 1996 et accept\u00e9 de voir trancher le diff\u00e9rend l\u2019opposant \u00e0SOCIETE1.)par un coll\u00e8ge d\u2019arbitres. Ce faisant, elle aurait express\u00e9ment renonc\u00e9 au b\u00e9n\u00e9fice de son immunit\u00e9 de juridiction conform\u00e9ment \u00e0 la doctrine applicable en mati\u00e8re d\u2019arbitrage. Elle ajouteque le droit au tribunal garanti par l\u2019article 6 de la Convention de sauvegarde des droits de l\u2019homme et des libert\u00e9s fondamentales emp\u00eacherait de pouvoir invoquer l\u2019immunit\u00e9 de juridictionet pr\u00e9cise \u00e0 nouveau que le diff\u00e9rend entre parties porterait sur les activit\u00e9s d\u2019agent priv\u00e9 et de commer\u00e7ant de la REPUBLIQUE TCHEQUE, et non pas sur des actes tenant \u00e0 l\u2019exercice des pr\u00e9rogatives de puissance publique. Concernant l\u2019immunit\u00e9 d\u2019ex\u00e9cution, elle oppose que les fonds formant l\u2019objet de la saisie-arr\u00eat ne sont pas affect\u00e9s \u00e0 des missions de service public ou relevant autrement de l\u2019exercice de pr\u00e9rogatives de puissance publique; que la REPUBLIQUE TCHEQUE a renonc\u00e9 express\u00e9ment \u00e0 l\u2019immunit\u00e9 d\u2019ex\u00e9cution en consentant \u00e0 la clause compromissoire et \u00e0 travers les \u00e9crits de son mandataire tant dans le cadre de la proc\u00e9dure d\u2019exequatur que dans le cadre de la proc\u00e9dure d\u2019ex\u00e9cution; que la REPUBLIQUE TCHEQUE a retir\u00e9tous les fonds saisissables du Luxembourg et qu\u2019aucun bien n\u2019a pu \u00eatre saisi de sorte qu\u2019elle ne serait pas en droit d\u2019invoquer ce principe; que le droit \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution trouvant son fondement dans l\u2019article 6 de la Convention de sauvegarde des droits de l\u2019homme et des libert\u00e9sfondamentales primerait le droit \u00e0 l\u2019immunit\u00e9 d\u2019ex\u00e9cution, tant en raison de sa qualit\u00e9 de norme juridique plus r\u00e9cente qu\u2019en raison de norme juridique sp\u00e9ciale par opposition \u00e0 une norme juridique g\u00e9n\u00e9rale; que reconna\u00eetre l\u2019immunit\u00e9 d\u2019ex\u00e9cution au profit de la REPUBLIQUE TCHEQUE reviendrait \u00e0 rompre l\u2019\u00e9galit\u00e9 des armes et conduirait \u00e0 un d\u00e9ni de justice. Concernant le caract\u00e8re ex\u00e9cutoire de la sentence arbitrale du 4 ao\u00fbt 2008, elle maintient que la sentence arbitrale du 4 ao\u00fbt 2008 est d\u00e9finitivement ex\u00e9cutoire au Luxembourg par suite de l\u2019ordonnance d\u2019exequatur du 12 ao\u00fbt 2011, apr\u00e8s confirmation par arr\u00eat de la Courd\u2019appel du 27 avril 2017 et apr\u00e8s rejet du pourvoiencassation par arr\u00eat de la Cour de cassation du 28 juin 2018. Relativement aux d\u00e9cisions des Pays-Bas, elle expose que le raisonnement de l\u2019appelante tend \u00e0 voir \u00e9carter les effets d\u2019une d\u00e9cision prise par une juridiction nationale en raison de l\u2019existence d\u2019une d\u00e9cision contraire adopt\u00e9e par une juridiction \u00e9trang\u00e8re ce qui serait contraire aux principes essentiels r\u00e9gissant l\u2019effet, l\u2019autorit\u00e9 et la force ex\u00e9cutoire des d\u00e9cisions de justice nationales devenues d\u00e9finitives.<\/p>\n<p>7 Elle conclut enfin\u00e0 la condamnation dela REPUBLIQUE TCHEQUE \u00e0 lui payer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de25.000.-euros en application de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile. Par conclusions subs\u00e9quentes, elle conclut \u00e0 la nullit\u00e9 de l\u2019appel interjet\u00e9 par la REPUBLIQUE TCHEQUE pour d\u00e9faut d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 agir, motif pris que la saisie op\u00e9r\u00e9e aupr\u00e8s des 2 banques tierces-saisies n\u2019a donn\u00e9 lieu \u00e0 aucune saisie de fonds. La saisie ayant \u00e9t\u00e9 infructueuse et inop\u00e9rante,l\u2019appelante n\u2019aurait aucun int\u00e9r\u00eat l\u00e9gitime et actuel \u00e0 agir en annulation de celle-ci. Elle d\u00e9nie toute pertinence \u00e0 l\u2019argument tir\u00e9 d\u2019une nouvelle tentative de mise \u00e0 ex\u00e9cution en faisant valoir que les effets de la saisie seraient r\u00e9gis par le droit national et que le droit luxembourgeois n\u2019affecterait les biens du d\u00e9biteur saisi se trouvant entre les mains du tiers saisi que dans la mesure de leur existence au moment de la notification de la saisie, sans toucher des avoirs qui viendraient \u00e0 \u00eatre d\u00e9tenus ult\u00e9rieurement par le tiers saisi.Enfin, le risque d\u00e9peint d\u2019une mise \u00e0 ex\u00e9cution future de l\u2019ordonnance de2011ne caract\u00e9riserait pas un int\u00e9r\u00eat suffisant, d\u00e8s lors que pareille mise \u00e0 ex\u00e9cution serait purement hypoth\u00e9tique et ne donnerait pas naissance \u00e0 un int\u00e9r\u00eat n\u00e9 et actuel.Pour ce qui concerne les frais et d\u00e9pens, elle se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 une d\u00e9cision de la Cour de cassation fran\u00e7aise du 25 mars 2021 ayant confirm\u00e9 un arr\u00eat d\u2019appel jugeant irrecevables les d\u00e9biteurs saisis \u00e0 contester une saisie-arr\u00eat infructueuse dans la mesure o\u00f9leur int\u00e9r\u00eat tiendrait \u00e0 l\u2019obtention d\u2019une dispense des frais de saisie. Appr\u00e9ciation de la Cour -Int\u00e9r\u00eat \u00e0 agir Ilestrappel\u00e9queledroitd\u2019agirn\u2019existequesileplaideurjustified\u2019unint\u00e9r\u00eatau momento\u00f9ilformeunedemandeenjustice.Leplaideurdoit\u00eatretitulaired\u2019un int\u00e9r\u00eatn\u00e9etactuel\u00e0agir,unint\u00e9r\u00eat\u00e9ventuelouhypoth\u00e9tiquenedonnantpas naissance\u00e0uneaction.Pour\u00eatreautoris\u00e9\u00e0exerceruneactionenjustice,il fautavoir\u00e9t\u00e9directementetpersonnellementl\u00e9s\u00e9danssesint\u00e9r\u00eatspropres. L&#039;int\u00e9r\u00eat\u00e0agirestd\u00e9finicommeleprofit,l&#039;utilit\u00e9oul&#039;avantagequel&#039;actionpeut procurerauplaideur.Cetint\u00e9r\u00eatexistelorsqueler\u00e9sultatdelademandeest denature\u00e0modifierou\u00e0am\u00e9liorerlaconditionjuridiquedudemandeur.Ilsuffit queledemandeuraffirmequetelestlecas.L&#039;existencedudroitoudelal\u00e9sion invoqu\u00e9einfluenonpassurlarecevabilit\u00e9delademande,maissursonbien- fond\u00e9.L&#039;existencer\u00e9elledudroitinvoqu\u00e9n&#039;estpasappr\u00e9ci\u00e9eaustadedela recevabilit\u00e9delademande. Il arrive souvent que des d\u00e9biteurs qui font l\u2019objet d\u2019une proc\u00e9dure de saisie, envisagent de la contester, bien qu\u2019elle soit infructueuse et que le cr\u00e9ancier ne soit pas parvenu \u00e0 saisir des sommes sur le compte bancaire. En effet,une proc\u00e9dure de saisie, se r\u00e9v\u00e9lerait-elle infructueuse, implique n\u00e9cessairement des effets dommageables pour le d\u00e9biteur, justifiant qu&#039;il ait int\u00e9r\u00eat \u00e0 la contester, ne serait-ce que par l&#039;indisponibilit\u00e9 qu&#039;elle entra\u00eene, par l&#039;atteinte qu&#039;elle porte \u00e0son image et \u00e0 son cr\u00e9dit et par les frais qu&#039;elle lui impose.<\/p>\n<p>8 Il est vrai, tel que le fait plaiderSOCIETE1.), que la Cour de Cassation fran\u00e7aisevient r\u00e9cemment de juger que \u00abL&#039;action est ouverte \u00e0 tous ceux qui ont un int\u00e9r\u00eat l\u00e9gitime au succ\u00e8s ou au rejet d&#039;une pr\u00e9tention, sous r\u00e9serve des cas dans lesquels la loi attribue le droit d&#039;agir aux seules personnes qu&#039;elle qualifie pour \u00e9lever ou combattre une pr\u00e9tention, ou pour d\u00e9fendre un int\u00e9r\u00eat d\u00e9termin\u00e9. En cons\u00e9quence, lorsqu&#039;une saisie-attribution s&#039;av\u00e8re infructueuse, le d\u00e9biteur ne peut valablement soutenir que son int\u00e9r\u00eat tiendrait \u00e0 l&#039;obtention d&#039;une dispense des frais de saisie ni que la contestation de la saisie-attribution aurait pour but d&#039;\u00e9viter que le cr\u00e9ancier ne tire profit de l&#039;effet interruptif de prescription que constitue cet acte d&#039;ex\u00e9cution. (Cass. 2e civ., 25mars 2021, n\u00b019-26.109 et 20-16.877)\u00bb. Le d\u00e9biteur devra donc justifier devant le juge de son int\u00e9r\u00eat \u00e0 agir. Enl\u2019esp\u00e8ce, il n\u2019est pas contest\u00e9 que la saisie litigieuse du15 septembre 2011 s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e infructueuse d\u00e8s l\u2019acte de saisie. En application de la jurisprudence pr\u00e9cit\u00e9e, la REPUBLIQUE TCHEQUE serait d\u00e8s lors malvenue \u00e0 soutenir que son int\u00e9r\u00eat tiendrait \u00e0 l\u2019obtention d\u2019une dispense des frais de saisie. Dans le pr\u00e9sent cas de figure,force est cependant de constater que le jugement entrepris causeencorepr\u00e9judice \u00e0 la REPUBLIQUE TCHEQUE en ce qu\u2019il l\u2019a condamn\u00e9e, outre les frais de saisieen discussion, \u00e0 payer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de5.000.-euros \u00e0SOCIETE1.), condamnation motiv\u00e9e par le fait que cette derni\u00e8re a obtenu gain de cause, et qu\u2019elle a de ce fait int\u00e9r\u00eat \u00e0 exercer cet appel pour voir rejuger le litigeet se voir d\u00e9charger le cas \u00e9ch\u00e9ant de cette condamnation. Il y a partant lieu de dire quela REPUBLIQUE TCHEQUE a int\u00e9r\u00eat \u00e0 agir et sonappel, qui n\u2019est pasautrement contest\u00e9ou contestable,est \u00e0 d\u00e9clarer recevable. -Immunit\u00e9 juridictionnelle L\u2019immunit\u00e9de juridiction dont jouissent tous les Etats ainsi que leurs \u00e9manations, permet\u00e0son b\u00e9n\u00e9ficiaire de s\u2019opposer\u00e0ce qu\u2019un tribunal connaisse d\u2019une demande dirig\u00e9e\u00e0son encontre. Elle n\u2019affecte pas seulement la comp\u00e9tence juridictionnelle du tribunal saisi, mais elle atteint le droit d\u2019agir du demandeur. Elle le prive en effet du recours aux tribunaux d\u2019un ordre judiciaire donn\u00e9pour statuer sur sa demande, que celle-ci soit fond\u00e9e ou non. L\u2019immunit\u00e9de juridiction est un privil\u00e8ge auquel l\u2019Etat ou l\u2019entit\u00e9qui en b\u00e9n\u00e9ficient peuvent renoncer. La renonciation doit\u00eatre certaine et non \u00e9quivoque ; elle peut\u00eatre expresse ou implicite et\u00eatre d\u00e9duite des circonstances. La renonciation\u00e0l\u2019immunit\u00e9de juridiction peut notamment r\u00e9sulter de clauses contractuelles manifestant la volont\u00e9certaine de renoncer au b\u00e9n\u00e9fice de l\u2019immunit\u00e9, tout en n\u2019opposant pas son immunit\u00e9et en acceptant le d\u00e9bat au fond.<\/p>\n<p>9 Il n\u2019est pas contest\u00e9 queles parties ont sign\u00e9 une convention d\u2019arbitrage en date du 18 septembre 1996aux termes de laquelle elless\u2019engagent \u00e0 soumettre le litige qui les oppose, \u00e0 savoir,\u00abden Ersatz, des Schadens, der im Zusammenhang mit dem Brief von Dr.med. PERSONNE1.), CSc; des damaligenGesundheitsministers der Tschechischen Republik, an PERSONNE2.), den Vizepr\u00e4sidenten derSOCIETE4.)vom-9.M\u00e4rz 1992 verursacht werden sollte\u00bb(cf.traduction officielle allemande de ladite convention)\u00e0 un coll\u00e8ge d\u2019arbitres. En souscrivant une clause d\u2019arbitrage, l\u2019Etat \u00e9tranger s\u2019est soumis \u00e0 la juridiction des arbitres, acceptant par l\u00e0-m\u00eame de renoncer audit privil\u00e8ge, et il a accept\u00e9 que leur sentence puisse \u00eatre rev\u00eatue de l\u2019exequatur. Il ne saurait donc opposer avec succ\u00e8s son immunit\u00e9 de juridiction au juge de l\u2019exequatur d\u2019une sentence arbitrale (JCL Droit international, Fasc. 409-50, Immunit\u00e9s internationales, point n\u00b052). C\u2019est donc \u00e0 juste titreque le tribunal a retenu que la REPUBLIQUE TCHEQUE ne peut pas invoquer son immunit\u00e9 de juridiction dans le pr\u00e9sent litige. Le jugement entrepris estainsi\u00e0 confirmersur ce point pour lesm\u00eamesmotifs que ceuxdes juges de premi\u00e8re instance. -Immunit\u00e9 d\u2019ex\u00e9cution L\u2019immunit\u00e9 d\u2019ex\u00e9cution tend \u00e0 soustraire son b\u00e9n\u00e9ficiaire de l\u2019ex\u00e9cution d\u2019une d\u00e9cision qui l\u2019a condamn\u00e9. Elle interdit \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 judiciaire de prononcer une mesure ou une sanction \u00e0 l\u2019encontre du b\u00e9n\u00e9ficiaire du privil\u00e8ge. Pour d\u00e9terminer le domaine de l&#039;immunit\u00e9 d&#039;ex\u00e9cution, le crit\u00e8re actuellement retenu-au d\u00e9triment de celui prenant en consid\u00e9ration la nature commerciale ou non, publique ou priv\u00e9e de l&#039;acte ou de l&#039;activit\u00e9 ayant donn\u00e9 lieu au litige- est tir\u00e9 de la nature des fonds ou des biens, objet de la mesure d&#039;ex\u00e9cution qui assure l&#039;autonomie de l&#039;immunit\u00e9 d&#039;ex\u00e9cution par rapport \u00e0 l&#039;immunit\u00e9 de juridiction. Ce crit\u00e8re consiste \u00e0 distinguer les fonds publics, sur lesquels aucune mesure ne peut \u00eatre pratiqu\u00e9e, desfonds priv\u00e9s dont la saisie est possible et interdit \u00e0 l&#039;Etat de se pr\u00e9valoir de son immunit\u00e9 d&#039;ex\u00e9cution. S&#039;agissant de la charge de la preuve, la Cour de Cassation fran\u00e7aise a pris en consid\u00e9ration la qualit\u00e9 du d\u00e9tenteur de biens saisis, c&#039;est-\u00e0-dire de celui qui invoque l&#039;immunit\u00e9 d&#039;ex\u00e9cution. Elle a \u00e9tabli une pr\u00e9somption d&#039;affectation publique de ces biens lorsque la personne saisie est l&#039;Etat lui-m\u00eame, la preuve contraire devant \u00eatre apport\u00e9e par le cr\u00e9ancier saisissant s&#039;il veut \u00e9carter le jeu de l&#039;immunit\u00e9, cette preuve pouvant se faire par tous moyens (cf.Lexisnexis, Jurisclasseur, Fasc. 581-50 Conflits de Juridictions, Immunit\u00e9s de juridiction et d&#039;ex\u00e9cution, nos 206 et suivants). Par ailleurs, il est admis que parmi les exceptions \u00e0 l\u2019immunit\u00e9 d\u2019ex\u00e9cution figure la renonciation accord\u00e9e par l\u2019Etat \u00e9tranger, l\u2019immunit\u00e9 n\u2019\u00e9tant pas d\u2019ordre public (cf.Cass. fr. 6.2.2007, Civ. 1E, Bull. 2007, I, no 52).<\/p>\n<p>10 Ainsi, un Etat peut renoncer \u00e0 son immunit\u00e9 d&#039;ex\u00e9cution. La renonciation \u00e0 l\u2019immunit\u00e9 d\u2019ex\u00e9cution doit \u00eatre sp\u00e9ciale et non \u00e9quivoque. Elle peut notamment r\u00e9sulter d\u2019une disposition particuli\u00e8re d\u2019un accord manifestant, m\u00eame implicitement, une volont\u00e9 certaine et non \u00e9quivoque en ce sens. En d&#039;autres termes, ilappartient aux juges d&#039;analyser chaque convention \u00e0 la lumi\u00e8re de son contenu et des circonstances de fa\u00e7on \u00e0 \u00e9tablir la volont\u00e9 de l&#039;Etat \u00e9tranger. A noter \u00e9galement que la renonciation \u00e0 l\u2019immunit\u00e9de juridiction n\u2019entra\u00eene pas automatiquement renonciation \u00e0 l\u2019immunit\u00e9 d\u2019ex\u00e9cution. La Cour renvoie \u00e0 l\u2019analyse des juges de premi\u00e8re instance concernantla d\u00e9finition du litige \u00e0 r\u00e9soudre, la mise en \u0153uvre de la d\u00e9cision arbitrale \u00e0 intervenir, le principe de soumettre cette d\u00e9cision \u00e0 la juridiction comp\u00e9tente et le fait que ce principe rel\u00e8ve du domaine de son ex\u00e9cutionde sorte \u00e0 exclure toute immunit\u00e9 d\u2019ex\u00e9cutionet elle fait siennes leurs conclusions sur ses points. Admettre le contraire et autoriserla REPUBLIQUE TCHEQUE \u00e0faire obstacle \u00e0 une proc\u00e9dure d\u2019ex\u00e9cutiondans un autre Etat dans lequel elle dispose d\u2019avoirs ou vers lequel elle a transf\u00e9r\u00e9 des avoirsreviendrait \u00e0largement vider de sensl\u2019accord des partiesgisant \u00e0 la base de la conventiond\u2019arbitragedu 18 septembre 1996. L\u2019appel n\u2019est donc pas fond\u00e9 sous cet aspect. -Validation de la saisie La Cour se rallie \u00e9galement aux conclusions des juges de premi\u00e8re instance qu\u2019elle reprend int\u00e9gralement pour retenir quel\u2019appelante ayantrenonc\u00e9 \u00e0 se pr\u00e9valoir tant de son immunit\u00e9 de juridiction que de son immunit\u00e9 d\u2019ex\u00e9cution, letribunala pustatuer\u00e0 bon droitsurle bienfond\u00e9 dela demande en validation de la saisie-arr\u00eat pratiqu\u00e9e le15 septembre 2011. C\u2019est encore \u00e0 bon droit que le tribunal s\u2019est d\u00e9clar\u00e9 comp\u00e9tent pour en conna\u00eetre, les 2 tiers-saisis ayant leur domicile au Luxembourg. La Courrel\u00e8veensuiteque la saisie-arr\u00eat est une proc\u00e9dure mettant en cause trois personnes que sont le cr\u00e9ancier saisissant, son d\u00e9biteur le d\u00e9biteur saisi, et le d\u00e9biteur de ce dernier que constitue le tiers saisi. Ainsi, le saisissant, sur le fondement d\u2019un droit de cr\u00e9ance dont il est titulaire \u00e0 l\u2019encontre du d\u00e9biteur saisi, pratique une mesure d\u2019ex\u00e9cution entre les mains d\u2019une personne appel\u00e9e tiers saisi, d\u00e9biteur de son propre d\u00e9biteur : ne parvenant pas, par hypoth\u00e8se, \u00e0 recouvrer sa cr\u00e9ance aupr\u00e8s de ce dernier, le cr\u00e9ancier saisissant peut ainsi se faire payer sur ce qui est d\u00fb par une autre personne \u00e0 son d\u00e9biteur. La cr\u00e9ance dont dispose le cr\u00e9ancier sur le d\u00e9biteur saisi constitue ce qu\u2019il convient d\u2019appeler la cr\u00e9ance \u00ab cause \u00bb de la saisie tandis que la cr\u00e9ance qu\u2019il saisit sur le tiers est la cr\u00e9ance \u00ab objet \u00bb de la saisie. La cr\u00e9ance doit exister dans le patrimoine du d\u00e9biteur saisi au jour de la notification de l\u2019acte de saisie au tiers-saisi.<\/p>\n<p>11 Autrement dit, la saisie-arr\u00eat pr\u00e9suppose qu\u2019il existe, dans les relations entre le d\u00e9biteur saisi et le tiers saisi, une cr\u00e9ance, telle que par exemple, comme en l\u2019esp\u00e8ce, une cr\u00e9ance de restitution des objets mat\u00e9riels confi\u00e9s au banquier et plac\u00e9s soitdans un coffre-fort, soit sur un compte bancaire par ce dernier. La saisie-arr\u00eat est en cons\u00e9quence sans objet ni effet si au moment o\u00f9 elle est pratiqu\u00e9e, il n\u2019existe pas de cr\u00e9ance du saisi contre le tiers m\u00eame si ult\u00e9rieurement celui-ci devient d\u00e9biteur du saisi. En effet, l\u2019efficacit\u00e9 d\u2019une proc\u00e9dure de recouvrement est conditionn\u00e9e par l\u2019existence d\u2019une cr\u00e9ance sur laquelle elle puisse produire effet, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019une cr\u00e9ance objet de la saisie-arr\u00eat (Thierry HOSCHEIT, les saisies-arr\u00eats et cessions sp\u00e9ciales, no 311). En l\u2019occurrence, il est admis de part et d\u2019autrequ\u2019il n\u2019existait pas de cr\u00e9ance du d\u00e9biteur saisi \u00e0 l\u2019encontredes2tiers-saisisle jour de la notification de la saisie-arr\u00eatdu15 septembre 2011et celle-ci n\u2019a donc produit aucun effet, en l\u2019absence de cr\u00e9ance objet de la saisie. Par cons\u00e9quent,il ya lieu, par r\u00e9formation du jugement entrepris,ded\u00e9clarer non fond\u00e9e la demande en validation de la saisie-arr\u00eat pratiqu\u00e9e le15 septembre 2011etd\u2019ordonner la mainlev\u00e9e de laditesaisie-arr\u00eat, sans pr\u00e9judice de la partie saisissante de pratiquerune nouvellesaisie. L\u2019appel est donc fond\u00e9 \u00e0 cet \u00e9gard. -Demandes accessoires Il convient, enfin, der\u00e9formerle jugement entrepris quant \u00e0 la d\u00e9cision relative \u00e0l\u2019indemnit\u00e9 de proc\u00e9durer\u00e9clam\u00e9e parSOCIETE1.)et de d\u00e9chargerla REPUBLIQUE TCHEQU E decette condamnation,alors qu\u2019il est de principe que la partie qui succombe ne saurait b\u00e9n\u00e9ficier des dispositions en question. N\u2019ayant pas justifi\u00e9 de l\u2019iniquit\u00e9 requise par la loi,le jugement entrepris est n\u00e9anmoins \u00e0 confirmer, quoique pour d\u2019autres motifs, en ce qu\u2019il a d\u00e9bout\u00e9la REPUBLIQUE TCHEQU Ede sa demande d\u2019 octroi d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dureen premi\u00e8re instance. Auvudel\u2019issuedulitige,lademandeeninstanced\u2019appeldeSOCIETE1.)est \u00e9galement\u00e0rejeter. L\u2019appelanteconclut\u00e0l\u2018obtentiond\u2019uneindemnit\u00e9deproc\u00e9durede5.000.- euros.N\u2019ayantpasjustifi\u00e9del\u2019iniquit\u00e9requiseparlaloi,elleest\u00e9galement\u00e0 d\u00e9bouterdesademanded\u2019octroid\u2019uneindemnit\u00e9deproc\u00e9durepourl\u2019instance d\u2019appel.<\/p>\n<p>12 PAR CES MOTIFS la Cour d\u2019appel, neuvi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8recivile, statuant contradictoirement, vu l\u2019article 1 de la loi du17 d\u00e9cembre2021 portant modification de la loi du 19 d\u00e9cembre 2020 portant prorogation des mesures devant les juridictions soumises \u00e0 la proc\u00e9dure civile; re\u00e7oit l\u2019appel en la forme ; le ditpartiellementfond\u00e9; r\u00e9formant, d\u00e9clarenon fond\u00e9e la demande en validation de la saisie-arr\u00eat pratiqu\u00e9e le15 septembre 2011\u00e0 charge delaREPUBLIQUE TCHEQU Eet en d\u00e9boute ; ordonne la mainlev\u00e9e de la saisie-arr\u00eat pratiqu\u00e9e le15 septembre 2011sur les avoirs delaREPUBLIQUE TCHEQU Eentre les mains desdeuxbanques de la place financi\u00e8re luxembourgeoisevis\u00e9es; d\u00e9chargelaREPUBLIQUE TCHEQU Ede toutes les condamnations prononc\u00e9es \u00e0 son encontre; confirme le jugement entrepris, quoique partiellement pour d\u2019autres motifs, pour le surplus; d\u00e9boute les parties de leurs demandes respectives en octroi d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure; condamnela soci\u00e9t\u00e9 europ\u00e9enneSOCIETE1.), constitu\u00e9e selon le droit de la Principaut\u00e9 du Liechtensteinaux frais et d\u00e9pensde l\u2019instance d\u2019appelavec distraction au profit deMa\u00eetreDidier SCH\u00d6NBERGER,sursesaffirmations de droit. La lecture du pr\u00e9sent arr\u00eat a \u00e9t\u00e9 faite en la susdite audience publique par Carole KERSCHEN, pr\u00e9sident de chambre,en pr\u00e9sence du greffierassum\u00e9 Laetitia D\u2019ALESSANDRO.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-superieure-de-justice-chambre-9\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-superieure-de-justice-chambre-9\/20250824-230321\/20220629-cach09-cal-2020-00717-pseudonymise-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). 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