{"id":673086,"date":"2026-04-24T14:57:08","date_gmt":"2026-04-24T12:57:08","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-17-fevrier-2022-n-2020-00655\/"},"modified":"2026-04-24T14:57:14","modified_gmt":"2026-04-24T12:57:14","slug":"cour-superieure-de-justice-17-fevrier-2022-n-2020-00655","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-17-fevrier-2022-n-2020-00655\/","title":{"rendered":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 17 f\u00e9vrier 2022, n\u00b0 2020-00655"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>Arr\u00eat N\u00b0 22\/2 2 &#8211; VIII \u2013 TRAV<\/p>\n<p>Exempt &#8211; appel en mati\u00e8re de droit du travail.<\/p>\n<p>Audience publique du dix -sept f\u00e9vrier deux mille vingt-deux<\/p>\n<p>Num\u00e9ro CAL-2020-00655 du r\u00f4le<\/p>\n<p>Composition:<\/p>\n<p>Elisabeth WEYRICH, pr\u00e9sident de chambre, Marianne EICHER, premier conseiller, Yola SCHMIT, premier conseiller, Christophe WAGENER, greffier assum\u00e9 .<\/p>\n<p>E n t r e :<\/p>\n<p>A.), demeurant \u00e0 D -(\u2026),<\/p>\n<p>appelant aux termes d\u2019un exploit de l\u2019huissier de justice Guy Engel de Luxembourg du 23 juillet 2020,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Martine Krieps , avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>e t :<\/p>\n<p>la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) Bank plc, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 (\u2026), Irlande, immatricul\u00e9e au Companies registration Office of Ireland sous le num\u00e9ro (\u2026), repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonction, ayant repris l\u2019instance en lieu et place de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC.1.) (&#8230;) Bank International, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-(\u2026), inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B (\u2026), repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>intim\u00e9e aux fins du susdit exploit Engel ,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Audrey Bertolotti , avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg.<\/p>\n<p>2 LA COUR D\u2019APPEL :<\/p>\n<p>Suivant contrat de travail sign\u00e9 le 4 ao\u00fbt 2006, ayant pris effet le 16 ao\u00fbt 2006, A.) est entr\u00e9 aux services de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1\u2019.) (&#8230;) Bank International SA, devenue par la suite SOC.1.) International SA (ci-apr\u00e8s SOC.1.)).<\/p>\n<p>Un avenant \u00e0 ce contrat de travail a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 le 11 janvier 2011.<\/p>\n<p>Suivant courrier recommand\u00e9 du 29 septembre 2017, A.) a \u00e9t\u00e9 licenci\u00e9, pour des motifs \u00e9conomiques, moyennant un pr\u00e9avis de six mois.<\/p>\n<p>Par requ\u00eate d\u00e9pos\u00e9e le 17 d\u00e9cembre 2018, A.), estimant \u00eatre soumis \u00e0 la convention collective de travail des salari\u00e9s de banque (ci-apr\u00e8s la convention collective), contestant sa qualit\u00e9 de cadre sup\u00e9rieur de SOC.1.) , a fait convoquer son ancien employeur devant le tribunal du travail de Luxembourg aux fins de s\u2019y entendre condamner \u00e0 lui payer les montants chiffr\u00e9s au jour de l\u2019audience des plaidoiries comme suit :<\/p>\n<p>Indemnit\u00e9 conventionnelle de pr\u00e9avis : 59.285,66 euros<\/p>\n<p>13 e mois pour 2015 : 9.583,34 euros<\/p>\n<p>13 e mois pour 2016 : 9.583,34 euros<\/p>\n<p>13 e mois pour 2017 : 9.805,14 euros<\/p>\n<p>13 e mois pour 2018 : 7.524,42 euros<\/p>\n<p>Prime de conjoncture pour 2016 : 3.645 euros<\/p>\n<p>Prime de conjoncture pour 2017 : 3.645 euros<\/p>\n<p>Prime de signature de la convention collective : 400 euros<\/p>\n<p>Primes d\u2019anciennet\u00e9 : 5.360,44 euros<\/p>\n<p>Majorations de salaire pour heures suppl\u00e9mentaires : 11.445,81 euros.<\/p>\n<p>A.) a en outre sollicit\u00e9 l\u2019allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.500 euros.<\/p>\n<p>3 Par jugement du 8 juin 2020, le tribunal du travail, en retenant que A.) a exerc\u00e9 les fonctions de cadre sup\u00e9rieur, a d\u00e9bout\u00e9 A.) de l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de ses demandes et l\u2019a condamn\u00e9 aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance.<\/p>\n<p>De ce jugement, A.) a relev\u00e9 appel suivant exploit d\u2019huissier de justice du 23 juillet 2020.<\/p>\n<p>\u00b0 Aux termes de son acte d\u2019appel, A.) critique le jugement entrepris en ce qu\u2019il n\u2019a pas fait droit \u00e0 ses demandes en r\u00e8glement des montants r\u00e9clam\u00e9s. Ce serait \u00e0 tort que le tribunal a retenu qu\u2019il avait la qualit\u00e9 de cadre sup\u00e9rieur et qu\u2019il \u00e9tait exclu du champ d\u2019application de la convention collective.<\/p>\n<p>L\u2019appelant reproche en particulier au tribunal d\u2019avoir retenu qu\u2019il lui appartenait de prouver le statut d\u2019exception qu\u2019est celui de cadre sup\u00e9rieur, alors qu\u2019il incomberait \u00e0 l\u2019employeur, entendant \u00e0 cet effet se pr\u00e9valoir de l\u2019avenant au contrat sign\u00e9 le 11 janvier 2011, de rapporter la preuve de la l\u00e9galit\u00e9 de la clause y relatif et de sa conformit\u00e9 \u00e0 l\u2019article L.162- 8 (3) du Code du travail.<\/p>\n<p>Le renversement de la charge de la preuve de la qualit\u00e9 de cadre sup\u00e9rieur op\u00e9r\u00e9 par le tribunal au d\u00e9triment de l\u2019appelant toucherait au principe de l\u2019\u00e9galit\u00e9 des armes, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019en ne faisant plus partie de la banque et en tant que partie la plus faible de la relation de travail, A.) soutient qu\u2019il n\u2019aurait pas acc\u00e8s aux documents permettant de comparer son salaire \u00e0 celui des salari\u00e9s couverts par la convention collective.<\/p>\n<p>A.) estime par ailleurs que les crit\u00e8res de fond tels que d\u00e9finis \u00e0 l\u2019article L.162- 8 (3) du Code du travail n\u2019\u00e9taient pas r\u00e9unis, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il n\u2019aurait pas dispos\u00e9 d\u2019un salaire nettement plus \u00e9lev\u00e9 que celui des salari\u00e9s couverts par la convention collective et qu\u2019il n\u2019aurait en fait pas occup\u00e9 un poste correspondant \u00e0 la d\u00e9finition donn\u00e9e par l\u2019article susvis\u00e9.<\/p>\n<p>Dans ses conclusions ult\u00e9rieures, A.) s\u2019oppose au moyen d\u2019irrecevabilit\u00e9 de l\u2019acte d\u2019appel pour libell\u00e9 obscur soulev\u00e9 par SOC.1.) et fournit des explications quant aux montants r\u00e9clam\u00e9s.<\/p>\n<p>L\u2019appelant conclut, par r\u00e9formation du jugement d\u00e9f\u00e9r\u00e9, en ordre principal, \u00e0 voir dire qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas cadre sup\u00e9rieur de SOC.1.) et \u00e0 voir condamner cette derni\u00e8re \u00e0 lui payer les montants tels que r\u00e9clam\u00e9s en premi\u00e8re instance, outre les int\u00e9r\u00eats. En ordre subsidiaire, A.) demande \u00e0 voir ordonner \u00e0 SOC.1.) de \u00ab d\u00e9livrer pour les ann\u00e9es 2013 \u00e0 2018, les noms, fonctions et t\u00e2ches des personnes reprises dans la rubrique \u2018Gesch\u00e4ftsf\u00fchrer inklusive Abteilungsleiter\u2019 sinon \u2018Mitglieder der Leitungsorgane\u2019 des bilans, informer la Cour sur la ventilation exacte du<\/p>\n<p>4 montant entre les diff\u00e9rents b\u00e9n\u00e9ficiaires \u00bb et \u00ab ordonner \u00e0 SOC.1.) de d\u00e9livrer le fichier \u2018Zeiterfassung\u2019 de A.) pour la p\u00e9riode allant du mois de novembre 2015 au mois de mars 2018 inclus \u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019appelant sollicite finalement, par r\u00e9formation, l\u2019allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.500<\/p>\n<p>euros pour la premi\u00e8re instance et de 4.500 euros pour l\u2019instance d\u2019appel.<\/p>\n<p>\u00b0 SOC.1.) soul\u00e8ve, in limine litis, l\u2019irrecevabilit\u00e9 de l\u2019acte d\u2019appel pour libell\u00e9 obscur.<\/p>\n<p>Elle estime que A.) se contente \u00e0 critiquer le jugement en ce qu\u2019il a retenu la qualit\u00e9 de cadre sup\u00e9rieur dans son chef sans expliquer les cons\u00e9quences \u00e0 en tirer et sans d\u00e9velopper en fait ou en droit les demandes indemnitaires qu\u2019il formule.<\/p>\n<p>Quant au fond, SOC.1.) conclut \u00e0 la confirmation du jugement d\u00e9f\u00e9r\u00e9, par adoption des motifs de la juridiction de premi\u00e8re instance, en r\u00e9it\u00e9rant et explicitant ses moyens de d\u00e9fense pr\u00e9sent\u00e9s devant le tribunal, sauf \u00e0 relever appel incident en ce qui concerne sa demande en octroi d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.500 euros qui aurait \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e \u00e0 tort par le tribunal.<\/p>\n<p>Appr\u00e9ciation de la Cour<\/p>\n<p>Il y a lieu de donner acte \u00e0 SOC.1.) que la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) International SA a \u00e9t\u00e9 dissoute et que la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) Bank Plc, en tant qu\u2019actionnaire unique, a repris tout l\u2019actif et le passif de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) International SA et reprend l\u2019instance en lieu et place de cette derni\u00e8re.<\/p>\n<p>&#8211; Quant au moyen tir\u00e9 du libell\u00e9 obscur de l\u2019acte d\u2019appel<\/p>\n<p>Il convient de rappeler que conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 585 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, qui renvoie aux dispositions de l\u2019article 154 du m\u00eame code, l\u2019acte d\u2019appel doit contenir \u00e0 peine de nullit\u00e9 l\u2019objet de la demande ainsi qu\u2019un expos\u00e9 sommaire des moyens.<\/p>\n<p>Le degr\u00e9 de pr\u00e9cision requis dans la r\u00e9daction de l\u2019acte d\u2019appel doit permettre \u00e0 l\u2019intim\u00e9e d\u2019aborder l\u2019instance d\u2019appel de fa\u00e7on pertinente d\u00e8s la r\u00e9ception de l\u2019acte d\u2019appel. Les indications requises par la loi dans l\u2019acte introductif d\u2019instance, et partant \u00e9galement dans l\u2019acte d\u2019appel, doivent mettre le juge en mesure de d\u00e9terminer le fondement juridique de la demande, ne pas laisser le d\u00e9fendeur ou l\u2019intim\u00e9 se m\u00e9prendre sur l\u2019objet de celle- ci et le mettre en mesure de pr\u00e9parer sa d\u00e9fense, \u00e9tant pr\u00e9cis\u00e9<\/p>\n<p>5 que l\u2019exception du libell\u00e9 obscur constitue une nullit\u00e9 de forme soumise aux exigences de l&#039;article 264 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile.<\/p>\n<p>La Cour constate que l\u2019acte d\u2019appel du 12 ao\u00fbt 2020 r\u00e9pond aux prescriptions des articles 585 et 154 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, d\u00e8s lors qu\u2019il critique le jugement entrepris en ce qu\u2019il a rejet\u00e9 ses demandes en paiement des avantages dus en raison de la convention collective de travail relative au secteur bancaire disant qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas \u00e0 consid\u00e9rer comme salari\u00e9 conventionn\u00e9 au sens de la loi, et en ce qu\u2019il \u00e9nonce les montants des condamnations requises au titre d\u2019indemnit\u00e9s conventionnelles de pr\u00e9avis, d\u2019allocations de 13 e mois, de primes de conjoncture, de prime de signature, d\u2019arri\u00e9r\u00e9s de primes d\u2019anciennet\u00e9 et de majorations de salaire pour heures suppl\u00e9mentaires prest\u00e9es, en se r\u00e9f\u00e9rant, pour chaque poste, aux dispositions respectives de la convention collective de travail des salari\u00e9s de banque, tels que d\u2019ailleurs r\u00e9clam\u00e9s suivant l\u2019acte introductif d\u2019instance non critiqu\u00e9 sur fondement du libell\u00e9 obscur. SOC.1.) a en outre pr\u00e9sent\u00e9 des moyens de d\u00e9fense appropri\u00e9s tant en premi\u00e8re instance qu\u2019en instance d\u2019appel et n\u2019a pas subi de grief de ce chef, \u00e9tant observ\u00e9 que l\u2019examen du bien- fond\u00e9 des revendications indemnitaires de l\u2019appelant rel\u00e8ve du fond du droit.<\/p>\n<p>SOC.1.) n\u2019ayant pas pu se m\u00e9prendre sur l\u2019objet du litige et ayant pu pr\u00e9senter des moyens de d\u00e9fense appropri\u00e9s, le moyen d\u2019irrecevabilit\u00e9 est \u00e0 rejeter.<\/p>\n<p>L\u2019appel de A.) est d\u00e8s lors recevable pour avoir \u00e9t\u00e9 relev\u00e9 dans les forme et d\u00e9lai de la loi.<\/p>\n<p>&#8211; Quant au fond<\/p>\n<p>Il convient de rappeler que A.) a \u00e9t\u00e9 engag\u00e9 par SOC.1.) suivant contrat de travail du 4 ao\u00fbt 2006 avec effet au 16 ao\u00fbt 2006 et qu\u2019un avenant fut sign\u00e9 entre parties le 11 janvier 2011, avenant qui dispose notamment que : \u00ab Als aussertariflicher Mitarbeiter (\u201acadre sup\u00e9rieur\u2018) hat der Mitarbeiter keinen Anspruch auf etwaige zus\u00e4tzliche Zahlungen. Der Arbeitnehmer hat insbesondere keinen Anspruch auf zus\u00e4tzliche Verg\u00fctung f\u00fcr Mehrarbeit, Sonn- und Feiertagsarbeit \u00bb.<\/p>\n<p>\u00b0 Concernant la charge de la preuve de la qualit\u00e9 de cadre sup\u00e9rieur, il importe de rappeler les dispositions de l\u2019article L.162- 8 du Code du travail qui se lit comme suit :<\/p>\n<p>\u00ab (1) Sont soumises aux dispositions d\u2019une convention collective ou d\u2019un accord subordonn\u00e9 toutes les personnes qui les ont sign\u00e9s personnellement ou par mandataire.<\/p>\n<p>(2) Lorsqu\u2019un employeur est li\u00e9 par de tels conventions ou accords, il les applique \u00e0 l\u2019ensemble de son personnel vis\u00e9 par la convention ou l\u2019accord en cause.<\/p>\n<p>(3) Sauf disposition contraire de la convention collective ou de l\u2019accord subordonn\u00e9, les conditions de travail et de salaire des salari\u00e9s ayant la qualit\u00e9 de cadres sup\u00e9rieurs ne sont pas r\u00e9glement\u00e9es par la convention collective ou l\u2019accord subordonn\u00e9 conclus pour le personnel ayant le statut de salari\u00e9.<\/p>\n<p>Toutefois, les parties contractantes qualifi\u00e9es au sens des dispositions qui pr\u00e9c\u00e8dent peuvent d\u00e9cider de n\u00e9gocier une convention collective particuli\u00e8re pour les cadres sup\u00e9rieurs au sens des dispositions ci-dessus vis\u00e9es.<\/p>\n<p>Sont consid\u00e9r\u00e9s comme cadres sup\u00e9rieurs au sens du pr\u00e9sent titre, les salari\u00e9s disposant d\u2019un salaire nettement plus \u00e9lev\u00e9 que celui des salari\u00e9s couverts par la convention collective ou bar\u00e9mis\u00e9s par un autre biais, tenant compte du temps n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019accomplissement des fonctions, si ce salaire est la contrepartie de l\u2019exercice d\u2019un v\u00e9ritable pouvoir de direction effectif ou dont la nature des t\u00e2ches comporte une autorit\u00e9 bien d\u00e9finie, une large ind\u00e9pendance dans l\u2019organisation du travail et une large libert\u00e9 des horaires du travail et notamment l\u2019absence de contraintes dans les horaires.<\/p>\n<p>La convention collective ou l\u2019accord subordonn\u00e9 mentionnent les cat\u00e9gories de personnel non couvertes au sens de la pr\u00e9sente disposition.<\/p>\n<p>Sont nulles toutes les clauses d\u2019une convention collective, d\u2019un accord subordonn\u00e9 et d\u2019un contrat de travail individuel pr\u00e9tendant soustraire aux effets de la convention collective ou de l\u2019accord subordonn\u00e9 applicables des salari\u00e9s qui ne remplissent pas l\u2019ensemble des conditions fix\u00e9es \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 3 du pr\u00e9sent paragraphe.<\/p>\n<p>Par ailleurs, l\u2019ensemble de la l\u00e9gislation du travail, y compris en mati\u00e8re de dur\u00e9e de travail et d\u2019heures suppl\u00e9mentaires est applicable aux salari\u00e9s ne remplissant pas toutes les conditions fix\u00e9es aux alin\u00e9as qui pr\u00e9c\u00e8dent \u00bb.<\/p>\n<p>Il en d\u00e9coule, sauf disposition contraire de la convention collective ou encore de l\u2019existence d\u2019une convention collective sp\u00e9cifique applicable aux seuls cadres sup\u00e9rieurs, hypoth\u00e8ses non remplies en l\u2019esp\u00e8ce, que les conditions de travail et de r\u00e9mun\u00e9ration des salari\u00e9s ayant la qualit\u00e9 de cadres sup\u00e9rieurs ne sont pas r\u00e9glement\u00e9es par la convention collective.<\/p>\n<p>7 En outre, il y a lieu de constater que l\u2019article 1 er de la convention collective de travail des salari\u00e9s de banque 2014- 2016 exclut express\u00e9ment de son champ d\u2019application les cadres sup\u00e9rieurs vis\u00e9s par l\u2019article L.162- 8 du Code du travail.<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e0 juste titre que le tribunal a relev\u00e9 que l\u2019employeur, excipant le statut de cadre sup\u00e9rieur de son salari\u00e9, doit en principe \u00e9tablir que ce dernier exer\u00e7ait en son sein des fonctions dirigeantes de cadre sup\u00e9rieur ou dont la nature des t\u00e2ches comporte une autorit\u00e9 bien d\u00e9finie, r\u00e9mun\u00e9r\u00e9es par un salaire nettement plus \u00e9lev\u00e9 que celui des salari\u00e9s couverts par la convention collective, et qu\u2019en signant l\u2019avenant du 11 janvier 2011, A.) a marqu\u00e9 son accord expr\u00e8s \u00e0 ce qu\u2019il fasse d\u00e9sormais partie des cadres sup\u00e9rieurs et soit exclu du champ d\u2019application de la convention collective.<\/p>\n<p>Le libell\u00e9 de l\u2019avenant, reproduit ci-avant, \u00e9tant univoque, le reproche de A.) selon lequel l\u2019avenant ne soit pas suffisamment clair en ce qui concerne le statut de cadre sup\u00e9rieur n\u2019est pas fond\u00e9.<\/p>\n<p>De m\u00eame, le sout\u00e8nement de l\u2019appelant qu\u2019il n\u2019aurait pas donn\u00e9 un consentement \u00e9clair\u00e9 lors de la signature de l\u2019avenant en 2011, reste, faute d\u2019\u00e9l\u00e9ments fournis par A.) susceptibles de caract\u00e9riser dans son chef l\u2019existence d\u2019un consentement vici\u00e9 d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, \u00e0 l\u2019\u00e9tat de pure all\u00e9gation et ne porte pas \u00e0 cons\u00e9quence.<\/p>\n<p>A d\u00e9faut de plus amples d\u00e9veloppements et arguments concrets, A.) n\u2019\u00e9tablit en effet pas que son consentement ait \u00e9t\u00e9 vici\u00e9 lors de la signature de l\u2019avenant ou encore que cette disposition contractuelle soit contraire \u00e0 la loi sur le contrat de travail, respectivement \u00e0 la convention collective.<\/p>\n<p>L\u2019argumentation de A.) selon laquelle l\u2019avenant serait \u00ab a priori nul \u00bb et qu\u2019il incomberait \u00e0 l\u2019employeur de prouver que \u00ab l\u2019accord n\u2019est pas entach\u00e9 de nullit\u00e9 au sens de l\u2019article L.162- 8 (3 ) \u00bb, ne saurait pas valoir non plus, l\u2019article invoqu\u00e9 pr\u00e9voyant pr\u00e9cis\u00e9ment que \u00ab les conditions de travail et de salaire des salari\u00e9s ayant la qualit\u00e9 de cadres sup\u00e9rieurs ne sont pas r\u00e9glement\u00e9es par la convention collective ou l\u2019accord subordonn\u00e9 conclus pour le personnel ayant le statut de salari\u00e9 \u00bb, un avenant y relatif ne saurait d\u00e8s lors \u00eatre \u00ab a priori nul \u00bb, la question de savoir si A.) jouissait effectivement des attributs de la fonction de cadre sup\u00e9rieur restant \u00e9videmment \u00e0 analyser.<\/p>\n<p>D\u00e8s lors que A.) a sign\u00e9 ledit avenant qui le qualifie de \u00ab aussertariflicher Mitarbeiter \u2018cadre sup\u00e9rieur\u2019 \u00bb et qui pr\u00e9cise qu\u2019il n\u2019a pas droit \u00ab auf etwaige zus\u00e4tzliche Zahlungen \u00bb et qu\u2019il n\u2019a, en particulier, pas droit \u00ab auf zus\u00e4tzliche Verg\u00fctung f\u00fcr Mehrarbeit, Sonn- und Feiertagsarbeit \u00bb, il a express\u00e9ment marqu\u00e9 son accord \u00e0 ce qu\u2019il fasse d\u00e9sormais partie des<\/p>\n<p>8 cadres sup\u00e9rieurs et soit exclu du champ d\u2019application de la convention collective, et il n\u2019incombe plus \u00e0 l\u2019employeur SOC.1.) , mais au salari\u00e9 A.), qui soutient que les conditions de ce statut telles que fix\u00e9es \u00e0 l\u2019article L.162- 8 (3), alin\u00e9a 3, du Code du travail, ne sont pas remplies, d\u2019en rapporter la preuve (dans le m\u00eame sens CA, 19 avril 2007, n\u00b030831 et 30833; CA, 28 avril 2016, n\u00b0 41270 du r\u00f4le).<\/p>\n<p>A cet \u00e9gard, force est de constater que A.) affirme lui-m\u00eame, aux termes de son acte d\u2019appel et de ses conclusions ult\u00e9rieures, que le seul salari\u00e9 conventionn\u00e9 s\u2019\u00e9tant trouv\u00e9 dans une situation comparable \u00e0 la sienne, \u00e9tait le d\u00e9nomm\u00e9 B.) , \u00ab Local Head of Treasury \u00bb.<\/p>\n<p>Dans la mesure o\u00f9 A.) dispose des donn\u00e9es relatives \u00e0 la r\u00e9mun\u00e9ration de ce dernier, le moyen de l\u2019appelant tir\u00e9 d\u2019une atteinte \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 des armes en ce qui concerne la charge de la preuve du crit\u00e8re du salaire nettement plus \u00e9lev\u00e9, est inop\u00e9rant.<\/p>\n<p>Il s\u2019y ajoute qu\u2019il ne r\u00e9sulte d\u2019aucun \u00e9l\u00e9ment du dossier que A.) ait manifest\u00e9 un quelconque d\u00e9saccord concernant sa qualit\u00e9 de cadre sup\u00e9rieur jusqu\u2019au moment de l\u2019introduction de sa requ\u00eate en d\u00e9cembre 2018, soit presque huit ans apr\u00e8s la signature de l\u2019avenant lui attribuant le statut de cadre sup\u00e9rieur, et que durant toute cette dur\u00e9e d\u2019ex\u00e9cution de la relation de travail, A.) a n\u00e9cessairement d\u00fb avoir connaissance et conscience qu\u2019il \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme cadre sup\u00e9rieur, aucune heure suppl\u00e9mentaire n\u2019ayant \u00e9t\u00e9 comptabilis\u00e9e et aucune prime pr\u00e9vue par la convention collective ne lui ayant \u00e9t\u00e9 pay\u00e9e.<\/p>\n<p>\u00b0 Concernant les conditions pos\u00e9es \u00e0 l\u2019article L.162- 8 (3), alin\u00e9a 3, du Code du travail, &#8211; \u00e0 savoir * un salaire nettement plus \u00e9lev\u00e9 que celui des salari\u00e9s couverts par la convention collective, * un v\u00e9ritable pouvoir de direction effectif ou dont la nature des t\u00e2ches comporte une autorit\u00e9 bien d\u00e9finie, * une large ind\u00e9pendance dans l\u2019organisation du travail et une large libert\u00e9 des horaires du travail &#8211; , le tribunal a rappel\u00e9 \u00e0 juste titre que ces conditions doivent \u00eatre remplies cumulativement pour se voir attribuer la qualit\u00e9 de cadre sup\u00e9rieur.<\/p>\n<p>*Quant au niveau de r\u00e9mun\u00e9ration de A.)<\/p>\n<p>A.) soutient en premier lieu, tel qu\u2019\u00e9voqu\u00e9 d\u00e9j\u00e0 ci-avant, que le seul salari\u00e9 conventionn\u00e9 dans une situation comparable \u00e0 la sienne \u00e9tait B.) . Il fait valoir que ce dernier aurait touch\u00e9 en 2017 un salaire mensuel brut de base de 8.026,53 euros et une prime mensuelle de fonction de 323 euros, auxquels se seraient ajout\u00e9s le treizi\u00e8me mois ainsi que les primes de conjoncture et de signature, faisant un total annuel brut de 110.455,69<\/p>\n<p>9 euros, sinon de 109.811,89 euros. Il estime encore qu\u2019\u00e0 anciennet\u00e9 et poste \u00e9gaux, B.) aurait touch\u00e9, primes de conjoncture et de fonction incluses, un salaire annuel de 116.873,89 euros. En 2018, le salaire annuel brut de B.) se serait \u00e9lev\u00e9 \u00e0 114.105,39 euros. A.) en d\u00e9duit que son salaire n\u2019\u00e9tait pas nettement sup\u00e9rieur \u00e0 celui de B.) .<\/p>\n<p>L\u2019appelant affirme en outre que son salaire n\u2019\u00e9tait pas nettement sup\u00e9rieur \u00e0 celui des salari\u00e9s int\u00e9gr\u00e9s dans la cat\u00e9gorie de salaire la plus \u00e9lev\u00e9e de la convention collective et pr\u00e9sentant la m\u00eame anciennet\u00e9 de service que lui, \u00e0 savoir la cat\u00e9gorie des salari\u00e9s class\u00e9s dans la cat\u00e9gorie VI, seuil 2, dont le salaire annuel minimum aurait \u00e9t\u00e9 de 90.245,89 euros, auquel il faudrait ajouter la prime de fonction, portant le salaire annuel \u00e0 98.729,89 euros, soit un \u00e9cart de 18.931,79 euros par an. Il avance encore un autre calcul selon lequel le salaire annuel du salari\u00e9 conventionn\u00e9 class\u00e9 au groupe salarial VI, seuil 2, s\u2019\u00e9l\u00e8verait \u00e0 105.000 euros.<\/p>\n<p>A.) fait encore \u00e9tat de ce que les r\u00e9mun\u00e9rations du \u00ab management \u00bb s\u2019\u00e9l\u00e8veraient au triple, voire au sextuple de sa propre r\u00e9mun\u00e9ration.<\/p>\n<p>SOC.1.) estime que la comparaison de la r\u00e9mun\u00e9ration de A.) doit \u00eatre faite par rapport \u00e0 la grille de la convention collective dont il invoque le b\u00e9n\u00e9fice et non par rapport \u00e0 ses coll\u00e8gues de travail, cette solution permettrait de pallier toute difficult\u00e9 pour le salari\u00e9 de bonne foi de comparer sa r\u00e9mun\u00e9ration.<\/p>\n<p>Elle explique en outre que la r\u00e9mun\u00e9ration de B.) , auquel A.) entend se comparer, a \u00e9t\u00e9 exceptionnellement augment\u00e9e en raison d\u2019une prise de fonctions additionnelles de ce dernier, l\u2019employeur \u00e9tant libre de r\u00e9mun\u00e9rer un salari\u00e9 pour des services particuliers ou additionnels. Ce serait d\u00e8s lors \u00e0 juste titre que le tribunal a retenu que A.) ne saurait se comparer avec un seul salari\u00e9 conventionn\u00e9 se trouvant dans une situation comparable.<\/p>\n<p>L\u2019intim\u00e9e consid\u00e8re encore qu\u2019en suivant les propres explications de A.), selon lesquelles la convention collective pr\u00e9voyait pour le groupe VI, seuil 2, une r\u00e9mun\u00e9ration brute annuelle de 84.135,09 euros, sinon de 90.245,89 euros en y ajoutant les diff\u00e9rentes primes pr\u00e9vues conventionnellement, il n\u2019en resterait pas moins que la diff\u00e9rence entre la r\u00e9mun\u00e9ration de A.) et la r\u00e9mun\u00e9ration des salari\u00e9s de l\u2019\u00e9chelon le plus \u00e9lev\u00e9 sous convention collective bancaire applicable \u00e0 l\u2019\u00e9poque serait encore de 27.415,79 euros, faisant une diff\u00e9rence de 23,5 %.<\/p>\n<p>SOC.1.) donne par ailleurs \u00e0 consid\u00e9rer que m\u00eame \u00e0 admettre le nouveau calcul de A.) pr\u00e9sent\u00e9 dans ses conclusions ult\u00e9rieures, il resterait un \u00e9cart de r\u00e9mun\u00e9ration de 18.931,79 euros, soit plus de 19%, et partant toujours<\/p>\n<p>10 une r\u00e9mun\u00e9ration nettement sup\u00e9rieure \u00e0 celle r\u00e9sultant du bar\u00e8me de la convention collective, dont A.) demande application.<\/p>\n<p>SOC.1.) s\u2019oppose finalement \u00e0 la demande subsidiaire de l\u2019appelant en communication forc\u00e9e des documents sollicit\u00e9s, au motif qu\u2019une telle communication se heurterait au respect des donn\u00e9es personnelles des salari\u00e9s concern\u00e9s, et que ces documents n\u2019auraient en tout \u00e9tat de cause aucune pertinence pour la solution du litige.<\/p>\n<p>La Cour constate qu\u2019il r\u00e9sulte des pi\u00e8ces vers\u00e9es que le salaire mensuel de base brut de A.) s\u2019\u00e9levait \u00e0 9.098 euros, auquel s\u2019est ajout\u00e9 une \u00ab Funktionszugabe \u00bb mensuelle de 707 euros, soit une r\u00e9mun\u00e9ration brute annuelle de 117.661,68 euros.<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e0 bon droit que le tribunal a retenu que la comparaison de la r\u00e9mun\u00e9ration de A.) ne saurait \u00eatre faite par rapport \u00e0 un seul autre salari\u00e9 conventionn\u00e9, en l\u2019occurrence B.) , dont A.) affirme, \u00e0 plusieurs reprises (acte d\u2019appel p. 7 et conclusions du 15 juillet 2021, p.3) qu\u2019il \u00e9tait le seul salari\u00e9 se trouvant dans une situation comparable, ce d\u2019autant plus que SOC.1.) explique que B.) , engag\u00e9 en 2015, s\u2019est vu attribuer en 2018 de nouvelles fonctions qu\u2019elle a entendu r\u00e9mun\u00e9rer et qu\u2019au vu de la fermeture prochaine de SOC.1.) au Luxembourg, il fut d\u00e9cid\u00e9 de ne pas remettre en cause le droit de B.) aux b\u00e9n\u00e9fices de la convention collective, ces explications fournies par SOC.1.) n\u2019\u00e9tant pas s\u00e9rieusement d\u00e9menties par A.). \u00c0 ces circonstances particuli\u00e8res s\u2019ajoute que l\u2019employeur reste libre d\u2019octroyer unilat\u00e9ralement des droits \u00e0 certains de ses salari\u00e9s remplissant des fonctions additionnelles ou ayant des comp\u00e9tences particuli\u00e8res.<\/p>\n<p>A.) se pr\u00e9vaut en outre de ce que la convention collective pr\u00e9voirait pour le groupe VI, seuil 2, groupe salarial le plus \u00e9lev\u00e9, une r\u00e9mun\u00e9ration brute mensuelle de 6.471,93 euros, soit un montant brut annuel de 84.135,09 euros. En ajoutant les diff\u00e9rentes primes pr\u00e9vues conventionnellement, primes d\u2019anciennet\u00e9, de conjoncture et de signature, le montant total annuel s\u2019\u00e9l\u00e8verait \u00e0 90.245,89 euros, auquel il faudrait encore ajouter ses propres primes de fonction et contractuelles, ce qui porterait le salaire annuel d\u2019un salari\u00e9 conventionn\u00e9, faisant partie dudit groupe salarial, \u00e0 105.000 euros.<\/p>\n<p>Tel que l\u2019a retenu \u00e0 bon escient la juridiction de premi\u00e8re instance, A.) ne saurait inclure dans le calcul d\u2019un salaire conventionn\u00e9 comparable au sien ses propres primes de fonction et primes contractuelles. M\u00eame en admettant, pour les besoins de la discussion, le chiffre avanc\u00e9 de 90.245,89 euros, force est de constater qu\u2019il existe toujours un \u00e9cart<\/p>\n<p>11 consid\u00e9rable avec le salaire annuel de A.) qui s\u2019est \u00e9lev\u00e9 \u00e0 117.661,68 euros.<\/p>\n<p>De m\u00eame, le calcul avanc\u00e9 par A .) selon lequel le salari\u00e9 conventionn\u00e9 \u00ab plac\u00e9 dans les m\u00eames circonstances que A.) \u00bb aurait touch\u00e9 un montant de 98.729,89 euros, constituant un \u00e9cart de 18.931,79 par an, ne saurait justifier son argumentation. M\u00eame \u00e0 admettre ce calcul, le salaire de A .) resterait nettement sup\u00e9rieur \u00e0 ce qu\u2019il aurait th\u00e9oriquement per\u00e7u en qualit\u00e9 de salari\u00e9 conventionn\u00e9.<\/p>\n<p>Dans ce sens, il a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9 qu\u2019une diff\u00e9rence de salaire de 20%, sinon de 13,60%, \u00e9tait suffisante pour constituer un salaire nettement plus \u00e9lev\u00e9 que celui des salari\u00e9s couverts par la convention collective dont le salari\u00e9 se pr\u00e9vaut (Cour d\u2019appel, 28 avril 2016, n\u00b0 41270 et Cour d\u2019appel, 7 juin 2018, n\u00b045229).<\/p>\n<p>Quel que soit finalement le montant \u00e0 retenir, soit 90.245,89 euros, soit 98.729,89 euros, la Cour retient, au vu des consid\u00e9rations qui pr\u00e9c\u00e8dent, que le salaire de A.) \u00e9tait nettement sup\u00e9rieur \u00e0 ce qu\u2019il pr\u00e9tend avoir d\u00fb th\u00e9oriquement percevoir en qualit\u00e9 de salari\u00e9 conventionn\u00e9. Il s\u2019ensuit que l\u2019appelant reste encore en d\u00e9faut d\u2019\u00e9tablir que sa r\u00e9mun\u00e9ration annuelle n\u2019est pas nettement sup\u00e9rieure \u00e0 celle d\u2019un salari\u00e9 conventionn\u00e9 du groupe VI, seuil 2.<\/p>\n<p>Il en suit que les d\u00e9veloppements de l\u2019appelant tenant \u00e0 voir comparer sa r\u00e9mun\u00e9ration \u00e0 celles d\u2019autres salari\u00e9s de la banque sont d\u00e9pourvus de pertinence, \u00e9tant rappel\u00e9 que A.) affirme lui-m\u00eame que la seule personne s\u2019\u00e9tant trouv\u00e9e dans une situation comparable \u00e0 la sienne \u00e9tait B.), A.) ayant pr\u00e9cis\u00e9 \u00e0 cet \u00e9gard dans ses derni\u00e8res conclusions que \u00ab c\u2019est par rapport \u00e0 B.) qu\u2019une comparaison entre r\u00e9mun\u00e9rations peut et doit \u00eatre effectu\u00e9e \u2013 les autres salari\u00e9s conventionn\u00e9s de SOC.1.) avaient manifestement des responsabilit\u00e9s moins importantes que lui-m\u00eame et B.) , et ne se trouvaient ainsi pas dans la m\u00eame situation, respectivement dans les m\u00eames conditions \u00bb.<\/p>\n<p>La demande subsidiaire de A.) tendant \u00e0 voir ordonner \u00e0 SOC.1.) de \u00ab d\u00e9livrer les fiches de salaire de B.) et des autres salari\u00e9s concernant l\u2019ann\u00e9e 2017 \u00bb et de \u00ab d\u00e9livrer pour les ann\u00e9es 2013 \u00e0 2018, les noms, fonctions et t\u00e2ches des personnes reprises dans la rubrique \u2018Gesch\u00e4ftsf\u00fchrer inklusive Abteilungsleiter\u2019 sinon \u2018Mitglieder der Leitungsorgane\u2019 des bilans et d\u2019informer la Cour sur la ventilation exacte du montant entre les diff\u00e9rents b\u00e9n\u00e9ficiaires \u00bb, ind\u00e9pendamment des questions de savoir si cette demande en production forc\u00e9e de documents est l\u00e9galement admissible touchant \u00e0 la protection des donn\u00e9es<\/p>\n<p>12 personnelles des personnes concern\u00e9es et si elle satisfait au degr\u00e9 de pr\u00e9cision requis, manque de pertinence et est partant \u00e0 rejeter.<\/p>\n<p>De m\u00eame, les documents vers\u00e9s en pi\u00e8ces 22 \u00e0 24 sont d\u00e9pourvus de toute valeur probante dans la mesure o\u00f9 ils se r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 des r\u00e9mun\u00e9rations du \u00ab management \u00bb et qu\u2019ils se rapportent aux ann\u00e9es 2011 \u00e0 2013, alors que les demandes de A.) concernent les ann\u00e9es 2015 \u00e0 2018.<\/p>\n<p>Il s\u2019ensuit que A.) n\u2019a pas \u00e9tabli que le crit\u00e8re du salaire nettement plus \u00e9lev\u00e9 que celui des salari\u00e9s couverts par la convention collective ne soit pas rempli.<\/p>\n<p>Le jugement est partant \u00e0 confirmer sur ce point.<\/p>\n<p>*Quant au pouvoir de direction effectif ou dont la nature des t\u00e2ches comporte une autorit\u00e9 bien d\u00e9finie<\/p>\n<p>A.) se r\u00e9f\u00e8re aux fonctions telles qu\u2019\u00e9nonc\u00e9es au contrat de travail conclu le 4 ao\u00fbt 2016 et aux fonctions des salari\u00e9s du groupe VI telles que d\u00e9finies par la convention collective. Il soutient par ailleurs que le poste qu\u2019il occupait s\u2019inscrirait dans le cadre des \u00ab fonctions de contr\u00f4le interne \u00bb d\u00e9crites \u00e0 la partie I, chapitre 6, sous-chapitre 6.2 de la circulaire CSSF 12\/552, telle que modifi\u00e9e, pour affirmer qu\u2019il a ex\u00e9cut\u00e9 les t\u00e2ches y renseign\u00e9es sans disposer d\u2019un pouvoir d\u00e9cisionnel effectif.<\/p>\n<p>Aucune des t\u00e2ches lui d\u00e9volues ne t\u00e9moignerait d\u2019un v\u00e9ritable pouvoir de direction effectif, ces t\u00e2ches ayant \u00e9t\u00e9 accomplies sous l\u2019hi\u00e9rarchie et le contr\u00f4le de C.) .<\/p>\n<p>La Cour constate que l\u2019obligation de A.) de rendre compte \u00e0 la direction autoris\u00e9e, \u00e0 savoir \u00e0 C.) en sa fonction d\u2019administrateur d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 et de \u00ab Chief Risk Officer \u00bb ainsi qu\u2019\u00e0 la CSSF, &#8211; outre que ce report constitue une obligation prudentielle -, n\u2019exclut pas l\u2019exercice d\u2019une autorit\u00e9 bien d\u00e9finie dans l\u2019ex\u00e9cution des t\u00e2ches qui lui incombaient.<\/p>\n<p>Dans la mesure o\u00f9 A.) fait plaider lui-m\u00eame que la fonction de contr\u00f4le interne exerc\u00e9e par lui n\u00e9cessite imp\u00e9rativement une certaine ind\u00e9pendance et une autorit\u00e9 particuli\u00e8re, telle que r\u00e9gul\u00e9e par la circulaire 12\/552 de la CSSF \u00e0 laquelle il se r\u00e9f\u00e8re, notamment au point 109 de cette circulaire, les d\u00e9veloppements de l\u2019appelant quant \u00e0 l\u2019absence dans son chef d\u2019un pouvoir d\u00e9cisionnel effectif sont inop\u00e9rants.<\/p>\n<p>De m\u00eame, le fait d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 soumis par un lien de subordination \u00e0 son employeur, ce qui constitue l\u2019essence m\u00eame d\u2019un contrat de travail, ne<\/p>\n<p>13 remet pas en cause la qualit\u00e9 de cadre sup\u00e9rieur de A.) . Le fait qu\u2019il soit plac\u00e9 sous l\u2019autorit\u00e9 d\u2019un sup\u00e9rieur n\u2019exclut, \u00e0 lui seul, pas une autorit\u00e9 bien d\u00e9finie et une large ind\u00e9pendance dans son chef dans l\u2019ex\u00e9cution de son travail.<\/p>\n<p>L\u2019affirmation de A.) qu\u2019il \u00e9tait le seul salari\u00e9 du d\u00e9partement \u00ab risk management \u00bb ne porte pas \u00e0 cons\u00e9quence non plus, un salari\u00e9 pouvant \u00eatre cadre sup\u00e9rieur, sans qu\u2019il ne dirige une \u00e9quipe d\u00e9termin\u00e9e (Cour d\u2019appel, 19 avril 2007, no 30833 du r\u00f4le).<\/p>\n<p>A.) ne saurait pas davantage se pr\u00e9valoir de la convention collective de 2020, cette convention n\u2019ayant pas \u00e9t\u00e9 applicable entre 2015 et 2018.<\/p>\n<p>L\u2019appelant reste encore en d\u00e9faut d\u2019\u00e9tablir qu\u2019il n\u2019ait pas rempli en tant que \u00ab Head of Risk &amp; Management Control \u00bb les responsabilit\u00e9s telles que d\u00e9crites au certificat de travail, dont il n\u2019all\u00e8gue pas qu\u2019il contienne des contre- v\u00e9rit\u00e9s.<\/p>\n<p>Ce certificat \u00e9num\u00e8re en effet un certain nombre de t\u00e2ches, dont il y a lieu de relever, entre autres, celles de \u201et\u00e4gliche Uberwachung der Einhaltung der vom Verwaltungsrat festgelegten Limits und Richtwerte zur Steuerung der Liquidit\u00e4ts- und Marktrisiken mittels eigenst\u00e4ndig konzipierter und stetig weiterentwickelter Reports, Anfertigung und Pr\u00e4sentation einschl\u00e4giger Beschlussvorlagen f\u00fcr die Gesch\u00e4ftsf\u00fchrung sowie den Verwaltungsrat der Bank\u201c, \u201eVorsitz im lokalen Kreditkommittee und Mitglied im SOC.1.) Management Risk Committee\u201c.<\/p>\n<p>En plus des responsabilit\u00e9s en tant que \u00ab Head of Risk &amp; Management Control \u00bb, A.) disposait d\u2019un pouvoir de signature de type A, pouvoir de signature le plus \u00e9lev\u00e9 au sein de la banque. Le fait que tout engagement de la soci\u00e9t\u00e9 requ\u00e9rait une double signature n\u2019enl\u00e8ve en rien l\u2019existence d\u2019une autorit\u00e9 bien d\u00e9finie de A.) dans l\u2019ex\u00e9cution de ses fonctions de contr\u00f4le interne.<\/p>\n<p>Finalement, l\u2019argumentation de A.) selon laquelle son reclassement professionnel en mi-temps exclurait le statut de cadre sup\u00e9rieur ne saurait tenir, \u00e9tant pr\u00e9cis\u00e9 que pour des raisons de sant\u00e9, raisons ind\u00e9pendantes de la volont\u00e9 de l\u2019employeur, A.) a r\u00e9duit, pendant quelques semaines, sa dur\u00e9e de travail journali\u00e8re, la Cour y reviendra ci -apr\u00e8s.<\/p>\n<p>Il s\u2019ensuit que A.) n\u2019a pas \u00e9tabli que la nature des t\u00e2ches qui lui incombaient ne comportaient pas une autorit\u00e9 bien d\u00e9finie au sens de l\u2019article L.162- 8 (3), alin\u00e9a 3, du Code du travail.<\/p>\n<p>14 Le jugement est encore \u00e0 confirmer \u00e0 cet \u00e9gard, quoique pour des motifs diff\u00e9rents.<\/p>\n<p>*Quant \u00e0 l\u2019organisation du travail et les horaires<\/p>\n<p>A.) renvoie aux dispositions relatives aux horaires de travail contenues dans son contrat de travail pour contester une large ind\u00e9pendance dans l\u2019organisation de son travail ainsi qu\u2019une importante libert\u00e9 quant \u00e0 ses horaires. L\u2019article 7 de son contrat de travail pr\u00e9voirait non seulement un horaire de travail, mais \u00e9galement la possibilit\u00e9 d\u2019instructions organisationnelles de la part de l\u2019employeur.<\/p>\n<p>Affirmant avoir \u00e9t\u00e9 soumis aux \u00ab Grunds\u00e4tze der flexiblen Arbeitszeit im Team \u00bb, il n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 \u00ab en mesure d\u2019organiser son travail et son horaire en toute libert\u00e9 et en dehors de toute contrainte \u00bb.<\/p>\n<p>SOC.1.) r\u00e9plique que chaque contrat de travail doit comporter en vertu de l\u2019article L.121- 4 du Code de travail, des mentions obligatoires quant au lieu, \u00e0 la dur\u00e9e et \u00e0 l\u2019horaire de travail, sans que ces dispositions du contrat de travail ne puissent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme indice ou preuve d\u2019une absence d\u2019autonomie du salari\u00e9 dans l\u2019organisation de son travail.<\/p>\n<p>L\u2019intim\u00e9e estime en outre qu\u2019au regard de l\u2019ind\u00e9pendance structurelle attach\u00e9e au poste de A.), ce dernier aurait b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une grande flexibilit\u00e9 dans ses horaires de travail, qui en outre n\u2019auraient jamais fait l\u2019objet d\u2019une surveillance.<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e0 bon droit que le tribunal a relev\u00e9 que si l\u2019article L. 121- 4. (2) du Code du travail pr\u00e9voit certes diverses mentions obligatoires quant \u00e0 l\u2019organisation du travail, ces mentions ne suffisent n\u00e9anmoins pas \u00e0 \u00e9tablir l\u2019absence d\u2019autonomie et d\u2019ind\u00e9pendance dans l\u2019organisation du travail.<\/p>\n<p>Dans la mesure o\u00f9 l\u2019avenant sign\u00e9 en 2011, pr\u00e9cit\u00e9, pr\u00e9cise que: \u201eAls aussertariflicher Mitarbeiter (\u201acadre sup\u00e9rieur\u2018) hat der Mitarbeiter keinen Anspruch auf etwaige zus\u00e4tzliche Zahlungen. Der Arbeitnehmer hat insbesondere keinen Anspruch auf zus\u00e4tzliche Verg\u00fctung f\u00fcr Mehrarbeit, Sonn- und Feiertagsarbeit \u00bb, la question de savoir si et quelles dispositions du \u00ab Grunds\u00e4tze der flexiblen Arbeitszeit im Team \u00bb, document interne dat\u00e9 du 27 avril 2010, soit d\u2019une \u00e9poque ant\u00e9rieure \u00e0 la signature de l\u2019avenant, manque de pertinence, A.) n\u2019ayant pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 pour des heures suppl\u00e9mentaires, ni pour le travail les jours de f\u00eate et les dimanches.<\/p>\n<p>M\u00eame \u00e0 supposer que ce document ait \u00e9t\u00e9 applicable \u00e0 A.) , ce dernier reste en d\u00e9faut d\u2019indiquer et de prouver comment les dispositions y<\/p>\n<p>15 relev\u00e9es \u00e9taient concr\u00e8tement mises en \u0153uvre \u00e0 son \u00e9gard. A.) ne fournit pas la preuve qu\u2019il ait d\u00fb se soumettre \u00e0 un syst\u00e8me d\u2019horaire flexible surveill\u00e9.<\/p>\n<p>A.) se pr\u00e9vaut encore d\u2019une attestation testimoniale \u00e9manant de D.) et des emails \u00e9chang\u00e9s avec ce t\u00e9moin ainsi qu\u2019avec C.). SOC.1.) conteste la pertinence des d\u00e9clarations de ce t\u00e9moin et des pi\u00e8ces vers\u00e9es relatives \u00e0 des cong\u00e9s.<\/p>\n<p>L\u2019attestation testimoniale de D.), outre qu\u2019elle est r\u00e9dig\u00e9e en des termes vagues, manque de pr\u00e9cision en ce qui concerne l\u2019\u00e9poque vis\u00e9e. Sachant que ce t\u00e9moin a travaill\u00e9 pour la soci\u00e9t\u00e9- m\u00e8re \u00e0 Munich jusqu\u2019en d\u00e9cembre 2014, ses d\u00e9clarations ne sauraient viser les ann\u00e9es 2015 \u00e0 2018, seules ann\u00e9es auxquelles se rapportent les revendications de A.) , et sont partant d\u00e9pourvues de pertinence. L\u2019\u00e9change d\u2019emails avec ce t\u00e9moin remonte \u00e0 l\u2019ann\u00e9e 2013 et manque d\u00e8s lors \u00e9galement de pertinence. L\u2019\u00e9change d\u2019emails avec C.) les 22 et 23 octobre 2017 confirme que A.) disposait d\u2019une large libert\u00e9 dans l\u2019organisation de ses cong\u00e9s, ce dernier n\u2019ayant seulement inform\u00e9 son employeur, le dimanche 22 octobre 2017, qu\u2019il comptait prendre cong\u00e9 le lendemain.<\/p>\n<p>L\u2019appelant affirme encore qu\u2019il aurait d\u00fb demander \u00ab de pouvoir prendre cong\u00e9s \u00bb et les inscrire au syst\u00e8me interne E-days.<\/p>\n<p>L\u2019obligation pour A.) de se voir avaliser ses cong\u00e9s et les inscrire dans un syst\u00e8me interne de la banque rel\u00e8ve du bon fonctionnement de l\u2019entreprise aux fins d\u2019en assurer une continuit\u00e9 sereine, et n\u2019exclut aucunement ni une large libert\u00e9 des horaires du travail ni une large ind\u00e9pendance dans l\u2019organisation de son travail.<\/p>\n<p>A.) affirme encore que suite \u00e0 une mesure de reclassement interne du 12 novembre 2016, il lui aurait \u00e9t\u00e9 interdit de prester des heures de travail au- del\u00e0 de huit heures par jour, ce qui serait incompatible avec le statut de cadre sup\u00e9rieur, dont la pr\u00e9sence \u00e0 l\u2019entreprise serait indispensable pour en assurer le fonctionnement.<\/p>\n<p>SOC.1.) r\u00e9plique que A.) a fait l\u2019objet d\u2019une mesure de reclassement professionnel fin 2016 se traduisant par une limitation de ses horaires de travail pendant quelques semaines \u00e0 quatre respectivement huit heures par jour pour raisons de sant\u00e9. Par la suite, A.) n\u2019aurait pas fait l\u2019objet d\u2019un reclassement professionnel voire de r\u00e9\u00e9valuations de son \u00e9tat de sant\u00e9. Le fait que pour des raisons de sant\u00e9, A.) n\u2019aurait travaill\u00e9 que pendant quatre heures par jour n\u2019enl\u00e8verait en rien sa libert\u00e9 dans l\u2019organisation de ce temps de travail.<\/p>\n<p>16 La Cour constate qu\u2019outre le document vers\u00e9 en pi\u00e8ce 9, qui se prononce sur une limitation de la dur\u00e9e de travail de A.) \u00e0 quatre heures par jour durant la p\u00e9riode du 12 novembre au 25 novembre 2016 et \u00e0 huit heures par jour jusqu\u2019au 12 d\u00e9cembre 2016, A.) ne verse aucun justificatif relatif \u00e0 l\u2019\u00e9poque post\u00e9rieure et n\u2019\u00e9tablit pas que cette r\u00e9duction temporaire de la dur\u00e9e de travail journali\u00e8re, pour raisons de sant\u00e9, ait eu une incidence sur ses libert\u00e9s des horaires et d\u2019organisation de son travail. Ce moyen ne saurait d\u00e8s lors valoir.<\/p>\n<p>Finalement, quant \u00e0 la demande subsidiaire de A.) tendant \u00e0 voir ordonner \u00e0 SOC.1.) de produire le fichier \u00ab Zeiterfassung \u00bb pour la p\u00e9riode du mois de novembre 2015 au mois de mars 2018, il convient de rappeler qu\u2019une demande en production forc\u00e9e de documents, en application des articles 288, 284 et 285 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, ne saurait aboutir que dans la mesure o\u00f9 les pi\u00e8ces requises sont d\u00e9termin\u00e9es avec pr\u00e9cision, o\u00f9 leur existence est vraisemblable et o\u00f9 les pi\u00e8ces sollicit\u00e9es sont pertinentes pour la solution du litige.<\/p>\n<p>Outre que cette demande de A.) manque de pr\u00e9cision en ce qui concerne le document sollicit\u00e9, il ne r\u00e9sulte pas des \u00e9l\u00e9ments soumis qu\u2019un tel document devait exister. La condition de la vraisemblance de l\u2019existence dudit document n\u2019\u00e9tant pas remplie, la demande en production forc\u00e9e est \u00e0 rejeter.<\/p>\n<p>A.) reste partant en d\u00e9faut de prouver l\u2019absence d\u2019une large ind\u00e9pendance dans l\u2019organisation de son travail et d\u2019une large libert\u00e9 de ses horaires du travail.<\/p>\n<p>Etant donn\u00e9 que l\u2019appelant n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 prouver qu\u2019il ne remplit pas au moins une des conditions cumulatives pr\u00e9vues par l\u2019article L.162- 8 (3) alin\u00e9a 3 du Code du travail, il y a lieu de confirmer le jugement entrepris en ce que le tribunal a retenu que A.) a eu le statut de cadre sup\u00e9rieur et qu\u2019en cons\u00e9quence la convention collective et ses avantages financiers accord\u00e9s aux salari\u00e9s concern\u00e9s ne lui sont pas applicables.<\/p>\n<p>L\u2019ensemble des revendications financi\u00e8res de l\u2019appelant \u00e9tant bas\u00e9es sur l\u2019applicabilit\u00e9 de la convention collective \u00e0 sa personne, A.) a \u00e9t\u00e9 \u00e0 bon droit d\u00e9bout\u00e9 de ses demandes y aff\u00e9rentes.<\/p>\n<p>Au vu de l\u2019issue du pr\u00e9sent litige, la demande de A.) en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure pour la premi\u00e8re instance a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e \u00e0 bon droit.<\/p>\n<p>L\u2019appel principal n\u2019est d\u00e8s lors pas fond\u00e9 et le jugement entrepris est \u00e0 confirmer en ce qu\u2019il a d\u00e9bout\u00e9 A.) de l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de ses demandes.<\/p>\n<p>17 En revanche, la condition d\u2019iniquit\u00e9 \u00e9tant remplie dans le chef de S OC.1.), il y a lieu de lui allouer, par r\u00e9formation du jugement entrepris, une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.000 euros pour la premi\u00e8re instance.<\/p>\n<p>L\u2019appel incident est partant partiellement fond\u00e9.<\/p>\n<p>Succombant en appel, A.) est \u00e0 d\u00e9bouter de sa demande en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure pour l\u2019instance d\u2019appel.<\/p>\n<p>En revanche, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il serait in\u00e9quitable de laisser \u00e0 la charge de SOC.1.) les sommes expos\u00e9es par elle et non comprises dans les d\u00e9pens, il y a encore lieu de lui allouer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.000 euros pour l\u2019instance d\u2019appel.<\/p>\n<p>PAR CES MOTIFS<\/p>\n<p>la Cour d&#039;appel, huiti\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re de droit du travail, statuant contradictoirement, par application de l\u2019article 2 de la loi modifi\u00e9e du 19 d\u00e9cembre 2020 portant adaptation temporaire de certaines modalit\u00e9s proc\u00e9durales en mati\u00e8re civile et commerciale,<\/p>\n<p>donne acte \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) Bank Plc de sa reprise d\u2019instance en lieu et place de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) International SA, anciennement la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) (&#8230;) International Bank SA,<\/p>\n<p>re\u00e7oit les appels principal et incident,<\/p>\n<p>dit l\u2019appel principal non fond\u00e9,<\/p>\n<p>dit l\u2019appel incident partiellement fond\u00e9,<\/p>\n<p>par r\u00e9formation,<\/p>\n<p>condamne A.) \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) Bank Plc le montant de 1.000 euros au titre d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure pour la premi\u00e8re instance,<\/p>\n<p>confirme le jugement d\u00e9f\u00e9r\u00e9 pour le surplus,<\/p>\n<p>condamne A.) \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) Bank Plc le montant de 2.000 euros au titre d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure pour l\u2019instance d\u2019appel,<\/p>\n<p>d\u00e9boute A.) de sa demande en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure pour l\u2019instance d\u2019appel,<\/p>\n<p>condamne A.) aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance d\u2019appel et en ordonne la distraction au profit de Ma\u00eetre Audrey Bertolotti, avocat concluant affirmant en avoir fait l\u2019avance.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-superieure-de-justice-chambre-8\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-superieure-de-justice-chambre-8\/20240827-210728\/20220217-ca8-cal-2020-00655-22a-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). 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