{"id":673731,"date":"2026-04-24T16:43:43","date_gmt":"2026-04-24T14:43:43","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-26-janvier-2022-n-2021-00084\/"},"modified":"2026-04-24T16:43:46","modified_gmt":"2026-04-24T14:43:46","slug":"cour-superieure-de-justice-26-janvier-2022-n-2021-00084","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-26-janvier-2022-n-2021-00084\/","title":{"rendered":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 26 janvier 2022, n\u00b0 2021-00084"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>Arr\u00eat N\u00b0 20 \/22 \u2013 VII \u2013 CIV<\/p>\n<p>Audience publique du vingt-six janvier deux mille vingt-deux<\/p>\n<p>Num\u00e9ro CAL-202 1-00084 du r\u00f4le.<\/p>\n<p>Composition: Nadine WALCH, conseiller, pr\u00e9sident; Fran\u00e7oise SCHANEN, conseiller ; Jo\u00eblle DIEDERICH, conseiller ; Andr\u00e9 WEBER, greffier.<\/p>\n<p>E n t r e :<\/p>\n<p>1) F., demeurant \u00e0 L-(.,<\/p>\n<p>2) L., demeurant \u00e0 L- (&#8230;),<\/p>\n<p>3) M., demeurant \u00e0 L- (&#8230;),<\/p>\n<p>4) C., demeurant \u00e0 L- (&#8230;),<\/p>\n<p>parties appelantes aux termes d\u2019un exploit de l\u2019huissier de justice suppl\u00e9ant Kelly FERREIRA SIMOES, en remplacement de l\u2019huissier de justice Carlos CALVO de Luxembourg, en date du 7 d\u00e9cembre 2020,<\/p>\n<p>comparant par la soci\u00e9t\u00e9 anonyme KRIEGER ASSOCIATES, inscrite \u00e0 la liste V du Tableau de l\u2019Ordre des avocats du barreau de Luxembourg, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-2146 Luxembourg, 63- 65, rue de Merl, inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le no B240929, repr\u00e9sent\u00e9e aux fins de la pr\u00e9sente proc\u00e9dure par Ma\u00eetre Georges KRIEGER, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>e t :<\/p>\n<p>L\u2019ETAT DU GRAND -DUCHE DE LUXEMBOURG, repr\u00e9sent\u00e9 par le Ministre d\u2019\u00c9tat, \u00e9tabli \u00e0 L- 1352 Luxembourg, 4, rue de la Congr\u00e9gation,<\/p>\n<p>2 partie intim\u00e9e aux fins du susdit exploit FERREIRA SIMOES du 7 d\u00e9cembre 2020,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Patrick KINSCH, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg. ________________________________________________________<\/p>\n<p>LA COUR D\u2019APPEL :<\/p>\n<p>Par jugement du 31 octobre 2018, le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, si\u00e9geant en mati\u00e8re d\u2019expropriation pour cause d\u2019utilit\u00e9 publique, statuant contradictoirement, sur le rapport du juge rapporteur, a<\/p>\n<p>\u2022 constat\u00e9 qu\u2019ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9es les prescriptions de la loi du 15 mars 1979 sur l\u2019expropriation pour cause d\u2019utilit\u00e9 publique en vue de parvenir \u00e0 l\u2019expropriation pour cause d\u2019utilit\u00e9 publique de &#8211; 40 ares 70 centiares du terrain sis \u00e0 (&#8230;), &#8211; 6 ares 91 centiares du terrain sis \u00e0 (&#8230;), &#8211; 1 are 87 centiares du terrain sis \u00e0 (&#8230;), &#8211; 16 ares 26 centiares du terrain sis \u00e0 (&#8230;), &#8211; 26 ares 88 centiares du terrain sis \u00e0 (&#8230;), &#8211; 1 are 66 centiares du terrain sis \u00e0 (&#8230;) \u2022 donn\u00e9 acte \u00e0 l\u2019ETAT DU GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG qu\u2019il offre de payer &#8211; (43.792,26 + 6.568,84 =) 50.361,10 euros \u00e0 F. &#8211; (43.792,26 + 6.568,84 =) 50.361,10 euros \u00e0 L. &#8211; (28.693,50 + 4.304,03 =) 32.997,53 euros \u00e0 M. &#8211; (105.280 + 15.792 =) 121.072.- euros \u00e0 C. \u2022 fix\u00e9 le montant des indemnit\u00e9s provisionnelles \u00e0 ces sommes,<\/p>\n<p>pour le surplus et avant tout autre progr\u00e8s en cause, a<\/p>\n<p>\u2022 ordonn\u00e9 une expertise et commis pour y proc\u00e9der :<\/p>\n<p>1. Me W., avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 L-(&#8230;), 2. R., demeurant \u00e0 L-(&#8230;), 3. G., demeurant \u00e0 L-(&#8230;), avec la mission de dresser l\u2019\u00e9tat descriptif des immeubles faisant l\u2019objet de l\u2019expropriation et d\u2019\u00e9valuer ceux-ci au jour du rapport par l\u2019\u00e9tude du march\u00e9 immobilier en prenant en consid\u00e9ration les ventes publiques et les ventes de gr\u00e9 \u00e0 gr\u00e9, sauf \u00e0 \u00e9carter les \u00e9l\u00e9ments de comparaison anormaux et les expropriations amiables et judiciaires,<\/p>\n<p>\u2022 autoris\u00e9 les experts commis \u00e0 s\u2019entourer de tous renseignements utiles \u00e0 l\u2019accomplissement de leur mission et m\u00eame \u00e0 entendre de tierces personnes,<\/p>\n<p>\u2022 ordonn\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00c9TAT DU GRAND- DUCHE DE LUXEMBOURG de verser ou de consigner une provision de 500.- \u20ac au profit de chacun des experts,<\/p>\n<p>\u2022 fix\u00e9 jour et heure pour le commencement des op\u00e9rations d\u2019expertise au jeudi 29 novembre 2018 \u00e0 9.30 heures aux lieudits Zapesheck, In der Sang, Moschfeld et Kleinen Wittbusch,<\/p>\n<p>\u2022 charg\u00e9 le premier vice- pr\u00e9sident Thierry HOSCHEIT pour se rendre sur les lieux avec les parties et les experts, recevoir le serment des experts, diriger les op\u00e9rations et faire rapport,<\/p>\n<p>\u2022 dit que ce magistrat remplacera l\u2019expert qui ferait d\u00e9faut ou contre lequel il admettrait des causes de r\u00e9cusation, par la personne dont les parties conviendront, ou qu\u2019\u00e0 d\u00e9faut il d\u00e9signe d\u2019office,<\/p>\n<p>\u2022 dit que pour le cas o\u00f9 il ne pourrait pas \u00eatre proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la visite des lieux \u00e0 la date indiqu\u00e9e, il sera fix\u00e9 une nouvelle date par le juge d\u00e9l\u00e9gu\u00e9, sur requ\u00eate de la partie la plus diligente, l\u2019autre d\u00fbment appel\u00e9e,<\/p>\n<p>\u2022 dit qu\u2019en cas d\u2019emp\u00eachement du juge d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 il sera proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 son remplacement par ordonnance du pr\u00e9sident de chambre,<\/p>\n<p>\u2022 dit que les experts \u00e9tabliront l\u2019\u00e9tat descriptif des lieux imm\u00e9diatement apr\u00e8s la visite des lieux,<\/p>\n<p>\u2022 dit que les experts d\u00e9poseront leur rapport contenant l\u2019\u00e9valuation motiv\u00e9e des indemnit\u00e9s qu\u2019ils proposent ainsi que tous renseignements utiles \u00e0 la d\u00e9termination de celle-ci au greffe du tribunal dans le d\u00e9lai de trente jours suivant la visite des lieux,<\/p>\n<p>\u2022 fix\u00e9 l\u2019affaire \u00e0 l\u2019audience du mercredi 23 janvier 2019 \u00e0 9.30 heures, salle 3.06 pour continuation des d\u00e9bats,<\/p>\n<p>\u2022 r\u00e9serv\u00e9 la demande bas\u00e9e sur l\u2019article 240 du Nouveau Code de Proc\u00e9dure Civile, les frais et les droits des parties.<\/p>\n<p>Par jugement du 20 f\u00e9vrier 2019, le tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, si\u00e9geant en mati\u00e8re civile, statuant contradictoirement, \u00e0 la suite du jugement N\u00b0 2018TALCH01\/00336 du 31 octobre 2018, sur le rapport du juge rapporteur, a<\/p>\n<p>4 &#8211; dit recevables les conclusions des parties d\u00e9fenderesses du 22 janvier 2019,<\/p>\n<p>&#8211; dit qu\u2019il n\u2019y a pas lieu \u00e0 modification de la mission d\u2019expertise telle que fix\u00e9e au jugement N\u00b0 2018TALCH01\/00336 du 31 octobre 2018,<\/p>\n<p>&#8211; refix\u00e9 l\u2019affaire au 27 mars 2019, 9.30 heures, Cit\u00e9 judiciaire, b\u00e2timent TL, salle TL 3.06 aux fins de plaidoiries,<\/p>\n<p>&#8211; a r\u00e9serv\u00e9 les d\u00e9pens.<\/p>\n<p>Par jugement du 14 octobre 2020, le Tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, si\u00e9geant en mati\u00e8re civile, statuant contradictoirement \u00e0 la suite des jugements N\u00b0 2018TALCH01\/00336 du 31 octobre 2018 et N\u00b02019TALCH01\/00084 du 20 f\u00e9vrier 2019, a<\/p>\n<p>&#8211; rejet\u00e9 les moyens produits \u00e0 l\u2019appui de l\u2019irr\u00e9gularit\u00e9 de la proc\u00e9dure d\u2019expropriation et de la proc\u00e9dure d\u2019\u00e9valuation des terrains soumis \u00e0 expropriation,<\/p>\n<p>&#8211; renvoy\u00e9 le dossier \u00e0 l\u2019instruction sur la question de l\u2019indemnisation \u00e0 laquelle peuvent pr\u00e9tendre les parties d\u00e9fenderesses,<\/p>\n<p>&#8211; r\u00e9serv\u00e9 les d\u00e9pens.<\/p>\n<p>Les jugements en question ont \u00e9t\u00e9 signifi\u00e9s en date des 28 et 29 octobre 2020 \u00e0 F. , L. et C. .<\/p>\n<p>Par exploit d\u2019huissier du 7 d\u00e9cembre 2020, F. , L., M. et C. (ci-apr\u00e8s les consorts F -C.) ont relev\u00e9 appel de ces trois jugements.<\/p>\n<p>Par r\u00e9formation des d\u00e9cisions entreprises, les parties appelantes demandent \u00e0 voir annuler les trois jugements pour non-respect des dispositions de l\u2019article 45 de la loi modifi\u00e9e du 15 mars 1979 sur l\u2019expropriation pour cause d\u2019utilit\u00e9 publique (ci-apr\u00e8s la loi du 15 mars 1979).<\/p>\n<p>Elles demandent ensuite \u00e0 voir annuler sinon r\u00e9former le jugement du 31 octobre 2018 en ce que \u00ab le premier juge n\u2019a pas d\u00e9cid\u00e9 que l\u2019action n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 intent\u00e9e r\u00e9guli\u00e8rement, que les formes prescrites par la loi n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 observ\u00e9es et qu\u2019il n\u2019a pas d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019il n\u2019y avait pas lieu de proc\u00e9der ult\u00e9rieurement \u00bb.<\/p>\n<p>5 Elles demandent \u00e0 voir r\u00e9former le jugement du 20 f\u00e9vrier 2019, en ce que le tribunal n\u2019a pas fait droit aux parties exposantes, qui sollicit\u00e8rent \u00e0 ce que l\u2019expert ne soit pas limit\u00e9 dans l\u2019\u00e9valuation des terrains.<\/p>\n<p>Elles demandent de dire que le jugement du 31 octobre 2018 n\u2019est pas coul\u00e9 en force de chose jug\u00e9e alors que la partie expropri\u00e9e ne put interjeter appel contre le jugement bas\u00e9 sur les articles 27 et 28 de la loi du 15 mars 1979 qu\u2019apr\u00e8s le jugement qui a fix\u00e9 d\u00e9finitivement les indemnit\u00e9s que peut faire valoir l\u2019expropri\u00e9.<\/p>\n<p>Elles demandent \u00e0 r\u00e9former le jugement du 31 octobre 2018 alors que les premiers juges auraient d\u00fb constater que le d\u00e9lai de 5 ans prescrit \u00e0 l\u2019article 3 de l\u2019arr\u00eat\u00e9 grand-ducal du 12 septembre 2013 n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 respect\u00e9.<\/p>\n<p>Elles demandent \u00e0 voir r\u00e9former le jugement du 14 octobre 2020 en ce que le tribunal n\u2019a pas annul\u00e9 le rapport d\u2019expertise ainsi que le rapport d\u2019\u00e9valuation et qu\u2019il n\u2019a pas fait droit \u00e0 la demande en r\u00e9vocation des trois experts.<\/p>\n<p>Elles demandent \u00e0 voir condamner l\u2019Etat du Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg (ci-apr\u00e8s l\u2019Etat) pour les frais et honoraires d\u2019avocat d\u00e9j\u00e0 expos\u00e9s par les expropri\u00e9s \u00e0 hauteur de 56.862,- euros.<\/p>\n<p>Elles concluent enfin \u00e0 la condamnation de la partie intim\u00e9e aux frais et d\u00e9pens des deux instances avec distraction au profit de son avocat \u00e0 la Cour constitu\u00e9 affirmant en avoir fait l\u2019avance.<\/p>\n<p>Par ordonnance du conseiller de la mise en \u00e9tat du 23 ao\u00fbt 2021, l\u2019instruction a \u00e9t\u00e9 cl\u00f4tur\u00e9e.<\/p>\n<p>Conform\u00e9ment aux dispositions de l\u2019article 2 (2) de la loi du 19 d\u00e9cembre 2020 portant adaptation temporaire de certaines modalit\u00e9s proc\u00e9durales en mati\u00e8re civile et commerciale, les mandataires des parties ont \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s par \u00e9crit le 23 ao\u00fbt 2021 que l\u2019affaire serait prise en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 \u00e0 l\u2019audience du 5 janvier 2022. Par avis du 28 septembre 2021, les parties ont \u00e9t\u00e9 inform\u00e9es de la composition du si\u00e8ge.<\/p>\n<p>La farde de proc\u00e9dure de Ma\u00eetre Patrick KINSCH ayant \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e au greffe, l\u2019audience a \u00e9t\u00e9 tenue \u00e0 la date indiqu\u00e9e, suivant les modalit\u00e9s annonc\u00e9es aux parties.<\/p>\n<p>Le conseiller-pr\u00e9sident Nadine WALCH a pris l\u2019affaire en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 et a fix\u00e9 le prononc\u00e9 de l\u2019arr\u00eat au 26 janvier 2022.<\/p>\n<p>Les mandataires des parties ont \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s par \u00e9crit de la composition de la Cour et de la date du prononc\u00e9.<\/p>\n<p>6 Le magistrat ayant pr\u00e9sid\u00e9 l\u2019audience a rendu compte \u00e0 la Cour dans son d\u00e9lib\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p>Position des parties<\/p>\n<p>Les consorts F-C.<\/p>\n<p>Aux termes de leur acte appel, les consorts F- C. demandent \u00e0 voir annuler les trois jugements entrepris au motif que l\u2019article 45 de la loi du 15 mars 1979 n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 respect\u00e9, le minist\u00e8re public n\u2019ayant ni \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent ni \u00e9t\u00e9 entendu.<\/p>\n<p>Ils soul\u00e8vent ensuite que l\u2019article 3 de l\u2019arr\u00eat\u00e9 grand-ducal du 12 septembre 2013 portant approbation des plans des parcelles sujettes \u00e0 emprise et du tableau identifiant les propri\u00e9taires \u00e0 exproprier en vue des travaux de la mise \u00e0 double voie ferroviaire de P\u00e9tange \u00e0 Luxembourg publi\u00e9 au m\u00e9morial le 3 octobre 2013 \u00e9noncerait que \u00ab la prise de possession des parcelles vis\u00e9es doit \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e dans un d\u00e9lai de cinq ans \u00bb.<\/p>\n<p>Aucun envoi en possession ne serait en l\u2019esp\u00e8ce intervenu dans le d\u00e9lai de cinq ans fix\u00e9 dans l\u2019arr\u00eat\u00e9 grand-ducal pr\u00e9cit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire en principe le 12 septembre 2018, sinon au plus tard le 7 octobre 2018, de sorte que ce dernier serait p\u00e9rim\u00e9 de plein droit.<\/p>\n<p>Ce serait \u00e0 tort que les premiers juges, apr\u00e8s avoir constat\u00e9 que l\u2019envoi en possession n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 rendu dans le d\u00e9lai de 5 ans, auraient retenu que \u00ab ce moyen revient \u00e0 remettre en cause le droit de propri\u00e9t\u00e9 de l\u2019Etat, r\u00e9guli\u00e8rement acquis par le jugement du 31 octobre 2018, consolid\u00e9 pour autant que de besoin, par l\u2019ordonnance d\u2019envoi en possession du 24 juin 2019 \u00bb et ont d\u00e9clar\u00e9 le moyen irrecevable.<\/p>\n<p>En effet, cette position serait oppos\u00e9e \u00e0 l\u2019article 32 de la loi du 15 mars 1979 suivant lequel l\u2019envoi en possession intervient n\u00e9cessairement apr\u00e8s le 1 er jugement puisque ce jugement doit \u00eatre signifi\u00e9 alors qu\u2019il n\u2019est en soi pas appelable.<\/p>\n<p>Ils soutiennent encore que la proc\u00e9dure intent\u00e9e par la demande introductive d\u2019instance se serait termin\u00e9e par le jugement du 14 octobre 2020. Si l\u2019article 28 de la loi du 15 mars 1979 pr\u00e9voirait que \u00ab ce jugement ainsi que celui rendu en conformit\u00e9 de l\u2019article pr\u00e9c\u00e9dent n\u2019est susceptible d\u2019aucun recours \u00bb, il devrait \u00eatre compris dans un souci de l\u2019Etat de ne pas voir entraver une proc\u00e9dure d\u2019expropriation pour cause d\u2019utilit\u00e9 publique par de multiples recours aux diff\u00e9rents stades de la proc\u00e9dure. Si le jugement n\u2019est pas appelable en tant que tel, il n\u2019emp\u00eacherait pas les parties appelantes d\u2019invoquer les moyens de fond et de forme dans un acte d\u2019appel qui intervient au sein de la proc\u00e9dure.<\/p>\n<p>7 Ils contestent que le jugement du 31 octobre 2018 soit coul\u00e9 en force de chose jug\u00e9e.<\/p>\n<p>Les appelants critiquent la d\u00e9cision du 20 f\u00e9vrier 2019 pour ne pas avoir modifi\u00e9 la mission des experts. Malgr\u00e9 le fait que la loi n\u2019impose aucune limitation \u00e0 la fixation de l\u2019indemnit\u00e9 due \u00e0 l\u2019expropri\u00e9, les premiers juges auraient maintenu leur position quant au libell\u00e9 de la mission et en cons\u00e9quence, ils auraient limit\u00e9 le pouvoir des experts pour \u00e9valuer la valeur des terrains qui font l\u2019objet de l\u2019expropriation.<\/p>\n<p>Statuant sur une requ\u00eate en r\u00e9vocation des experts et en annulation du rapport d\u2019expertise, les premiers juges auraient, aux termes de leur d\u00e9cision du 14 octobre 2020, \u00e0 tort refus\u00e9 de r\u00e9voquer les trois experts et d\u2019annuler le rapport d\u2019\u00e9valuation du 27 mai 2019 et le rapport d\u2019expertise.<\/p>\n<p>En effet, l\u2019expertise ordonn\u00e9e suivant le jugement du 31 octobre 2018 se serait d\u00e9roul\u00e9e en violation des articles 31, 33, 34 de la loi du 15 mars 1979.<\/p>\n<p>Les appelants soutiennent qu\u2019il y aurait eu violation de l\u2019article 31 de la loi du 15 mars 1979, en ce que l\u2019\u00e9tat descriptif n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9 dans le mois de la visite des lieux, sans qu\u2019une prorogation du d\u00e9lai n\u2019ait \u00e9t\u00e9 demand\u00e9e.<\/p>\n<p>Les articles 33 et 34 de la loi du 15 mars 1979 auraient \u00e9galement \u00e9t\u00e9 viol\u00e9s, en ce que le rapport d\u2019\u00e9valuation n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9 end\u00e9ans les trois mois de la visite des lieux, sans qu\u2019une prorogation du d\u00e9lai n\u2019ait \u00e9t\u00e9 demand\u00e9e, en ce que ledit rapport n\u2019aurait par ailleurs pas \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 le jour de son d\u00e9p\u00f4t aux parties et en ce que les experts auraient omis d\u2019entendre les parties avant le d\u00e9p\u00f4t du rapport.<\/p>\n<p>Le tribunal de premi\u00e8re instance aurait \u00e0 tort consid\u00e9r\u00e9 que la violation des d\u00e9lais ne justifierait pas l\u2019annulation du rapport d\u2019\u00e9valuation au motif qu\u2019une telle annulation retarderait l\u2019indemnisation \u00e0 laquelle pourrait pr\u00e9tendre l\u2019expropri\u00e9.<\/p>\n<p>Il aurait encore \u00e0 tort retenu que le non-respect des articles pr\u00e9cit\u00e9s ne saurait justifier la r\u00e9vocation des experts. En effet, une telle position conduirait \u00e0 l\u2019\u00e9cart pur et simple des dispositions pr\u00e9cit\u00e9es, les experts pouvant agir comme bon leur semble.<\/p>\n<p>Les premiers juges auraient ensuite fait une lecture incorrecte de l\u2019article 34 de la loi de 1979 en retenant que la contrainte d\u2019entendre les parties avant le d\u00e9p\u00f4t du rapport pr\u00e9vue audit article ne jouerait que dans l\u2019hypoth\u00e8se du remplacement des experts initialement d\u00e9sign\u00e9s.<\/p>\n<p>Les parties appelantes critiquent ensuite que d\u2019une part, l\u2019\u00e9tat descriptif et le rapport d\u2019\u00e9valuation seraient sign\u00e9s par un seul des trois experts nomm\u00e9s<\/p>\n<p>8 par le jugement du 31 octobre 2018, sans que ceux-ci ne puissent se conf\u00e9rer mutuellement mandat pour se repr\u00e9senter aux op\u00e9rations d\u2019expertise et \u00e0 la signature des rapports et que d\u2019autre part, ils n\u2019auraient pas \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9s en commun par les trois experts nomm\u00e9s par le jugement du 31 octobre 2018. Ainsi, elles estiment qu\u2019il ne serait pas d\u00e9montr\u00e9 que le rapport d\u2019\u00e9valuation soit l\u2019\u0153uvre commune des trois experts.<\/p>\n<p>Elles r\u00e9it\u00e8rent ensuite leurs critiques du rapport d\u2019\u00e9valuation en ce qu\u2019il ne serait pas motiv\u00e9 concernant la destination des terrains expropri\u00e9s, en ce qu\u2019il se limiterait \u00e0 fixer globalement un prix par are, sans tenir compte de la sp\u00e9cificit\u00e9 des diff\u00e9rents terrains, en ce qu\u2019il omettrait de tenir compte des ventes de gr\u00e9 \u00e0 gr\u00e9, alors cependant que ceux-ci \u00e9taient inclus dans la mission d\u2019expertise au titre d\u2019\u00e9l\u00e9ments de comparaison et en ce qu\u2019il omettrait de renseigner sur les caract\u00e9ristiques particuli\u00e8res des terrains pris en consid\u00e9ration \u00e0 titre d\u2019\u00e9l\u00e9ments de comparaison et inclurait des terrains soumis \u00e0 expropriation amiable.<\/p>\n<p>Ce serait finalement \u00e0 tort que les premiers juges auraient refus\u00e9 de faire droit aux autres indemnisations auxquelles elles pourraient pr\u00e9tendre et notamment les pertes d\u2019exploitation et tous autres frais en relation avec l\u2019expropriation litigieuse.<\/p>\n<p>Les parties appelantes demandent principalement que l\u2019affaire soit \u00e9voqu\u00e9e par la Cour sinon renvoy\u00e9e devant les premiers juges avant de statuer sur les indemnisations qui ne sont pas retenues dans le rapport d\u2019expertise.<\/p>\n<p>Elles sollicitent notamment une prise en compte d\u2019une perte d\u2019exploitation respectivement une perte de loyer \u00e0 hauteur de 18.000,- euros par an et par hectare et la prise en compte et la condamnation de l\u2019Etat \u00e0 tous les frais qu\u2019elles ont subis du fait de l\u2019expropriation et notamment les frais et honoraires d\u2019avocat s\u2019\u00e9levant \u00e0 ce jour \u00e0 52.862,- euros TTC.<\/p>\n<p>Elles demandent enfin la condamnation de la partie intim\u00e9e aux frais et d\u00e9pens des deux instances, avec distraction au profit de leur avocat \u00e0 la Cour constitu\u00e9, affirmant en avoir fait l\u2019avance.<\/p>\n<p>L\u2019Etat<\/p>\n<p>L\u2019Etat, apr\u00e8s avoir rendu attentif \u00e0 l\u2019irr\u00e9gularit\u00e9 de l\u2019acte d\u2019appel pour avoir \u00e9t\u00e9 signifi\u00e9 au nom de M., d\u00e9c\u00e9d\u00e9e en septembre 2019, soul\u00e8ve ensuite l\u2019irrecevabilit\u00e9 de l\u2019appel dirig\u00e9 contre le jugement d\u2019expropriation du 31 octobre 2018 pour \u00eatre un jugement insusceptible de recours au v\u0153u de l\u2019article 28 alin\u00e9a 4 de la loi du 15 mars 1979 et de l\u2019appel dirig\u00e9 contre les jugements des 20 f\u00e9vrier 2019 et 14 octobre 2020 pour \u00eatre des jugements avant-dire droit qui ne tranchent pas, dans leur dispositif, une partie du principal.<\/p>\n<p>A titre subsidiaire, la partie intim\u00e9e se rapporte \u00e0 prudence de justice en ce qui concerne la question du non- respect de l\u2019article 45 alin\u00e9a 1 er de la loi du 15 mars 1979, et plus particuli\u00e8rement en ce qui concerne la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019entendre le minist\u00e8re public et en ce qui concerne la sanction en cas de non- respect de ladite formalit\u00e9.<\/p>\n<p>A admettre la nullit\u00e9 des jugements, elle demande, au regard de l\u2019effet d\u00e9volutif de l\u2019appel, de statuer d\u00e9finitivement sur le fond, le minist\u00e8re public entendu.<\/p>\n<p>Concernant la pr\u00e9tendue expiration du temps fix\u00e9 pour la prise de possession des parcelles, la partie intim\u00e9e soutient que ce moyen aurait \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9 tardivement par les consorts F- C. aux termes de leurs conclusions du 22 septembre 2020, l\u2019expropriation ayant \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9e depuis le 31 octobre 2018. Ce jugement aurait op\u00e9r\u00e9 le transfert de propri\u00e9t\u00e9, l\u2019envoi en possession \u00e9tant par la suite intervenu par l\u2019ordonnance d\u2019envoi en possession du 24 juin 2019. Au moment o\u00f9 le moyen tir\u00e9 d\u2019une pr\u00e9tendue expiration du temps fix\u00e9 pour la prise de possession des parcelles avait \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9, seule la question de l\u2019indemnisation des expropri\u00e9s aurait encore \u00e9t\u00e9 sujette \u00e0 d\u00e9bats. Les parties d\u00e9fenderesses ne pourraient pas se servir de ces d\u00e9bats pour remettre en cause la r\u00e9gularit\u00e9 de la proc\u00e9dure d\u2019expropriation et exercer incidemment un recours contre le jugement du 31 octobre 2018. Les premiers juges seraient d\u00e8s lors \u00e0 confirmer en ce qu\u2019ils ont \u00e9cart\u00e9 le moyen en question.<\/p>\n<p>Sur le fond du moyen avanc\u00e9, l\u2019Etat fait valoir que le principe de la fixation d\u2019un d\u00e9lai pour assurer la prise de possession des parcelles vis\u00e9es par l\u2019expropriation aurait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9vu pour \u00e9viter que le pouvoir expropriant ne tire ind\u00fbment avantage de ses pouvoirs de puissance publique et n\u2019immobilise de fa\u00e7on indue pendant une p\u00e9riode prolong\u00e9e les parcelles \u00e0 exproprier sans faire preuve d\u2019une r\u00e9elle volont\u00e9 d\u2019entamer et de poursuivre la proc\u00e9dure d\u2019expropriation. Le texte serait \u00e0 interpr\u00e9ter de fa\u00e7on t\u00e9l\u00e9ologique, c\u2019est-\u00e0- dire en fonction de l\u2019objectif poursuivi, et non pas de fa\u00e7on litt\u00e9rale. L\u2019Etat ne conteste pas que la prise de possession soit intervenue apr\u00e8s un d\u00e9lai de plus de 5 ann\u00e9es, mais soutient que ce d\u00e9lai aurait \u00e9t\u00e9 suspendu entre le 9 f\u00e9vrier 2015, date de l\u2019introduction d\u2019un recours par les parties appelantes devant le tribunal administratif contre l\u2019arr\u00eat\u00e9 grand-ducal du 12 septembre 2013, et le 12 juillet 2018, date de l\u2019arr\u00eat de la Cour administrative emportant rejet d\u00e9finitif du recours en question. La n\u00e9cessit\u00e9 de suspendre la proc\u00e9dure judiciaire aurait \u00e9t\u00e9 reconnue par le juge de la mise en \u00e9tat par un bulletin du 16 d\u00e9cembre 2015 ordonnant la surs\u00e9ance \u00e0 statuer. L\u2019Etat explique ensuite qu\u2019apr\u00e8s l\u2019arr\u00eat de la Cour administrative du 12 juillet 2018, la pr\u00e9sente proc\u00e9dure judiciaire aurait \u00e9t\u00e9 diligemment reprise, avec des plaidoiries ayant eu lieu de 3 octobre 2018 et le jugement ayant \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9 le 31 octobre 2018.<\/p>\n<p>10 En ordre subsidiaire, au cas o\u00f9 il fallait appliquer l\u2019article 12 de la loi modifi\u00e9e du 15 mars 1979 de fa\u00e7on litt\u00e9rale, l\u2019Etat soul\u00e8ve qu\u2019il lui aurait \u00e9t\u00e9 impossible de faire aboutir la proc\u00e9dure judiciaire en raison de la proc\u00e9dure pendante devant les juridictions administratives. Pour achever la proc\u00e9dure d\u2019expropriation, il aurait eu besoin du concours des juridictions judiciaires et en raison des r\u00e9partitions de comp\u00e9tences entre juridictions de l\u2019ordre judiciaire et de l\u2019ordre administratif, le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg aurait \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 d\u2019attendre l\u2019issue de la proc\u00e9dure devant les juridictions administratives relative \u00e0 la l\u00e9galit\u00e9 de l\u2019arr\u00eat\u00e9 grand-ducal du 12 septembre 2013 pour poursuivre la proc\u00e9dure d\u2019expropriation. Le principe selon lequel \u00e0 l\u2019impossible nul n\u2019est tenu aurait engendr\u00e9 une suspension du d\u00e9lai de 5 ann\u00e9es entre le 9 f\u00e9vrier 2015 et le 12 juillet 2018.<\/p>\n<p>L\u2019Etat consid\u00e8re d\u00e8s lors qu\u2019en tout \u00e9tat de cause, seules les p\u00e9riodes du 12 septembre 2013 au 9 f\u00e9vrier 2015 et du 12 juillet 2018 au 24 juin 2019 devraient \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es pour v\u00e9rifier si le d\u00e9lai de 5 ann\u00e9es a \u00e9t\u00e9 respect\u00e9. Dans la mesure o\u00f9 ces p\u00e9riodes cumul\u00e9es totaliseraient 2 ans et 5 mois, le d\u00e9lai de 5 ann\u00e9es n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9pass\u00e9 en l\u2019esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>Concernant le reproche fait aux premiers juges d\u2019avoir limit\u00e9 le pouvoir des experts pour \u00e9valuer la valeur des terrains faisant l\u2019objet de l\u2019expropriation et d\u2019avoir refus\u00e9 de modifier la mission d\u2019expertise telle que fix\u00e9e par le jugement du 31 octobre 2018, l\u2019Etat estime que la mission des experts n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9duite par rapport \u00e0 l\u2019article 28 de la loi du 15 mars 1979.<\/p>\n<p>Si la mission telle que libell\u00e9e dans le jugement du 31 octobre 2018 \u00e9tait plus d\u00e9taill\u00e9e en ce qu\u2019elle contenait une liste exemplative d\u2019\u00e9l\u00e9ments \u00e0 prendre en consid\u00e9ration par les experts lors de l\u2019\u00e9valuation, toujours est-il que les participants \u00e0 la visite des lieux auraient \u00e9t\u00e9 d\u2019accord \u00e0 ce que la mission confi\u00e9e par le tribunal aux experts correspondait in fine \u00e0 l\u2019article 28\u00a72 de la loi et que la mission aurait \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9e sur cette base.<\/p>\n<p>A titre subsidiaire, la partie intim\u00e9e demande \u00e0 entendre les experts sur ce point.<\/p>\n<p>Par adoption des motifs du jugement entrepris, l\u2019Etat demande ensuite \u00e0 \u00e9carter la demande en annulation de l\u2019\u00e9tat descriptif et du rapport d\u2019\u00e9valuation ainsi que la demande en r\u00e9vocation des experts pour non- respect de la proc\u00e9dure d\u2019expertise et notamment des articles 31, 33 et 34 de la loi du 15 mars 1979.<\/p>\n<p>Contrairement aux affirmations des parties appelantes, l\u2019\u00e9tat descriptif aurait \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9 dans le mois qui a suivi la visite des lieux du 13 d\u00e9cembre 2018, de sorte que les dispositions de l\u2019article 31 de la loi auraient \u00e9t\u00e9 respect\u00e9es. M\u00eame \u00e0 admettre que le d\u00e9lai ne fut pas respect\u00e9, l\u2019article 34 de la loi du 15 mars 1979 ne pr\u00e9voirait pas comme sanction la r\u00e9vocation<\/p>\n<p>11 automatique des experts et l\u2019annulation de leur rapport. L\u2019article 31 de la loi pr\u00e9cit\u00e9e ne constituerait pas une r\u00e8gle fondamentale ou d\u2019ordre public devant conduire en tout \u00e9tat de cause \u00e0 l\u2019annulation de l\u2019\u00e9tat descriptif. En l\u2019absence de pr\u00e9judice, la demande en annulation serait \u00e0 rejeter. Par ailleurs, pareille sanction manquerait de sens dans le cas d\u2019esp\u00e8ce, l\u2019\u00e9tat descriptif ayant \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9, de sorte que les parties appelantes n\u2019auraient aucun int\u00e9r\u00eat \u00e0 demander la r\u00e9vocation des experts respectivement l\u2019annulation du rapport.<\/p>\n<p>L\u2019Etat admet que le d\u00e9lai de trois mois pour d\u00e9poser le rapport d\u2019\u00e9valuation au greffe, pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article 33 de la loi du 15 mars 1979, n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 respect\u00e9 en l\u2019esp\u00e8ce. Dans la mesure o\u00f9 le rapport a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9, son d\u00e9p\u00f4t tardif ne justifierait pas la r\u00e9vocation des experts. En effet, la r\u00e9vocation des experts s\u2019inscrirait dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 les experts n\u2019auraient r\u00e9dig\u00e9 aucun rapport. Par ailleurs, le non-respect dudit article ne constituerait pas non plus une violation d\u2019une r\u00e8gle fondamentale ou d\u2019ordre public devant conduire en tout \u00e9tat de cause \u00e0 l\u2019annulation de l\u2019\u00e9tat descriptif. Comme pour l\u2019article 31, il s\u2019agirait d\u2019une pure r\u00e8gle de forme, dont la violation n\u2019entra\u00eenerait la nullit\u00e9 que si le demandeur en nullit\u00e9 prouve avoir subi un pr\u00e9judice du fait de cette violation. Un tel pr\u00e9judice n\u2019est ni all\u00e9gu\u00e9 ni surtout prouv\u00e9. Comme mentionn\u00e9 ci-avant les experts ayant d\u00e9pos\u00e9 le rapport d\u2019\u00e9valuation, la demande en annulation du rapport et en r\u00e9vocation des experts serait d\u00e9pourvue de bons sens alors qu\u2019elle ne ferait que ralentir la proc\u00e9dure.<\/p>\n<p>Concernant le non-respect all\u00e9gu\u00e9 de l\u2019article 34 de la loi du 15 mars 1979, l\u2019Etat fait observer que les premiers juges ont \u00e0 juste titre retenu que ledit article ne trouve pas application en l\u2019esp\u00e8ce et m\u00eame \u00e0 admettre que tel serait le cas, la sanction encourue ne serait pas la nullit\u00e9.<\/p>\n<p>Quant au fait que le rapport d\u2019\u00e9valuation n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 le jour de son d\u00e9p\u00f4t aux parties, l\u2019Etat rel\u00e8ve que cette obligation ne serait affect\u00e9e par la loi d\u2019aucune sanction et que cette formalit\u00e9 ne serait ni substantielle ni d\u2019ordre public de nature \u00e0 justifier l\u2019annulation du rapport.<\/p>\n<p>Le reproche que l\u2019\u00e9tat descriptif et le rapport d\u2019\u00e9valuation n\u2019\u00e9maneraient pas des trois experts aurait \u00e9t\u00e9 contredit par les experts lors de leur audition. Les experts auraient confirm\u00e9 avoir proc\u00e9d\u00e9 tous les trois ensemble aux op\u00e9rations d\u2019expertise.<\/p>\n<p>La partie intim\u00e9e cite ensuite plusieurs exemples afin de d\u00e9montrer que les experts auraient travaill\u00e9 ensemble \u00e0 la r\u00e9daction des deux documents et qu\u2019ils auraient tous les trois approuv\u00e9 les documents remis au tribunal, de sorte que tant l\u2019\u00e9tat descriptif que le rapport d\u2019\u00e9valuation seraient r\u00e9guliers et n\u2019encourraient pas l\u2019annulation.<\/p>\n<p>Concernant le reproche que le rapport ne serait pas motiv\u00e9 concernant la destination des terrains expropri\u00e9s, l\u2019Etat conteste qu\u2019il serait projet\u00e9 d\u2019installer sur les parcelles \u00e0 exproprier un centre national de stockage<\/p>\n<p>12 d\u2019hydrocarbure et estime que les experts ont \u00e0 juste titre \u00e9cart\u00e9 les affirmations adverses \u00e0 ce sujet.<\/p>\n<p>Le fait que les experts n\u2019ont pas suivi l\u2019argumentation des parties appelantes sur cette question ne rendrait pas le rapport d\u2019\u00e9valuation irr\u00e9gulier.<\/p>\n<p>L\u2019Etat soutient que le mode de d\u00e9termination du prix du terrain tel qu\u2019effectu\u00e9 par les experts serait correct. Les experts auraient encore r\u00e9pondu \u00e0 la mission qui leur a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e alors que lors de leur audition, ils auraient expliqu\u00e9 avoir tenu compte de toutes les ventes publiques et ventes de gr\u00e9 \u00e0 gr\u00e9 concernant des terrains comparables \u00e0 ceux faisant l\u2019objet de la proc\u00e9dure d\u2019expropriation. Au besoin, l\u2019Etat demande \u00e0 entendre les experts sur ce point.<\/p>\n<p>La partie intim\u00e9e conteste encore la demande adverse tendant \u00e0 voir augmenter l\u2019indemnit\u00e9 fix\u00e9e par les experts de 18.000,- euros pour la perte de revenus dans les quinze prochaines ann\u00e9es du fait de l\u2019expropriation et de 18.000,- euros pour la perte de revenus r\u00e9sultant du fait que les terrains restants sont si petits qu\u2019une exploitation agricole devient d\u00e9ficitaire. Non seulement cette demande ne figurerait pas au dispositif de l\u2019acte d\u2019appel mais encore elle laisserait d\u2019\u00eatre fond\u00e9e, le pr\u00e9judice all\u00e9gu\u00e9 \u00e9tant \u00e9ventuel respectivement sans relation causale directe avec le fait dommageable. Les parties appelantes ne subiraient aucun pr\u00e9judice d\u00e9passant l\u2019indemnit\u00e9 fix\u00e9e par les experts, pour autant qu\u2019elles prennent les mesures n\u00e9cessaires pour r\u00e9duire leur dommage. A titre tout \u00e0 fait subsidiaire, elle demande un compl\u00e9ment d\u2019expertise sur ce point.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la demande en paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de 56.862,- euros au titre de frais subis du fait de l\u2019expropriation et notamment des frais d\u2019avocat, l\u2019Etat conteste cette demande en son principe et en son quantum, faute de preuve d\u2019une faute dans son chef.<\/p>\n<p>Au vu des consid\u00e9rations ci-avant, l\u2019Etat demande de d\u00e9clarer l\u2019appel du 7 d\u00e9cembre 2020 contre les jugements des 31 octobre 2018, 20 f\u00e9vrier 2019 et 14 octobre 2020 irrecevable sinon non fond\u00e9 et requiert la condamnation des parties appelantes aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance d\u2019appel avec distraction au profit de son avocat \u00e0 la Cour constitu\u00e9 qui affirme en avoir fait l\u2019avance.<\/p>\n<p>Les parties appelantes n\u2019ont plus pris position par rapport aux moyens d\u2019irrecevabilit\u00e9 de l\u2019appel soulev\u00e9s par la partie intim\u00e9e dans ses conclusions du 4 mars 2021.<\/p>\n<p>Appr\u00e9ciation de la Cour<\/p>\n<p>13 La recevabilit\u00e9 de l\u2019appel<\/p>\n<p>L\u2019Etat fait \u00e0 titre pr\u00e9liminaire remarquer que l\u2019appel relev\u00e9 M., d\u00e9c\u00e9d\u00e9e le 9 septembre 2019, soit avant la signification de l\u2019acte d\u2019appel le 7 d\u00e9cembre 2020, est \u00ab irr\u00e9gulier \u00bb.<\/p>\n<p>Il est constant en cause que M. est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e en date du 9 septembre 2019.<\/p>\n<p>Si une demande introduite au nom d\u2019une personne d\u00e9c\u00e9d\u00e9e est irrecevable, cette irrecevabilit\u00e9 n\u2019atteint pas n\u00e9cessairement la validit\u00e9 de l\u2019acte introductif d\u2019instance d\u2019appel \u00e0 l\u2019\u00e9gard des autres appelants (Cour d\u2019appel, 10 juillet 2002, n\u00b020766 du r\u00f4le, Cour de cassation fran\u00e7aise, 3 e<\/p>\n<p>chambre civile, 5 octobre 2017, n\u00b016-21.499).<\/p>\n<p>L\u2019Etat conclut ensuite \u00e0 l\u2019irrecevabilit\u00e9 de l\u2019appel dirig\u00e9 contre le jugement d\u2019expropriation du 31 octobre 2018 au regard de l\u2019article 28, alin\u00e9a 4, de la loi du 15 mars 1979, aux termes duquel pareil jugement n\u2019est susceptible d\u2019aucun recours.<\/p>\n<p>L\u2019article 28 de la loi du 15 mars 1979 dispose que<\/p>\n<p>\u00ab Lorsque le tribunal fait droit \u00e0 la requ\u00eate de l&#039;expropriant, il fixe dans le m\u00eame jugement, par la voie d&#039;\u00e9valuation sommaire, le montant des indemnit\u00e9s provisionnelles que l&#039;expropriant devra payer \u00e0 titre global \u00e0 chacune des parties d\u00e9fenderesses. Le montant de ces indemnit\u00e9s ne peut \u00eatre inf\u00e9rieur \u00e0 quatre- vingt-dix pour cent de la somme offerte par l&#039;expropriant. Par le m\u00eame jugement le tribunal nomme un ou trois experts charg\u00e9s de dresser l&#039;\u00e9tat descriptif des immeubles et d&#039;\u00e9valuer ceux-ci. Il commet un juge pour faire rapport et pour se rendre sur les lieux avec les parties et les experts aux jour, heure et lieu qui sont indiqu\u00e9s au m\u00eame jugement. Le greffe du tribunal adresse \u00e0 l&#039;expropriant dans les dix jours l&#039;exp\u00e9dition du jugement. Ce jugement ainsi que celui rendu en conformit\u00e9 de l&#039;article pr\u00e9c\u00e9dent n&#039;est susceptible d&#039;aucun recours. Le jugement constatant l&#039;accomplissement r\u00e9gulier des formalit\u00e9s est transcrit \u00e0 la diligence de l&#039;expropriant sur le registre du conservateur des hypoth\u00e8ques comp\u00e9tent et produit, \u00e0 l&#039;\u00e9gard des tiers, les m\u00eames effets que la transcription d&#039;un acte de cession. \u00bb<\/p>\n<p>Dans la mesure o\u00f9 aux termes de l\u2019article pr\u00e9cit\u00e9 le jugement d\u2019expropriation n\u2019est pas susceptible d\u2019appel, l\u2019appel de F. , L. et C. est \u00e0 d\u00e9clarer irrecevable (cf. Cour d\u2019appel, 24 avril 2013, n\u00b038283 du r\u00f4le).<\/p>\n<p>L\u2019Etat conclut enfin \u00e0 l\u2019irrecevabilit\u00e9 de l\u2019appel dirig\u00e9 contre les d\u00e9cisions du 20 f\u00e9vrier 2019 et du 14 octobre 2020 sur base des articles 579 et 580 du Nouveau Code de Proc\u00e9dure Civile au motif que les jugements en question seraient de purs jugements d\u2019avant-dire droit.<\/p>\n<p>Aux termes de l\u2019article 579 du Nouveau Code de P roc\u00e9dure Civile, les jugements qui tranchent dans leur dispositif une partie du principal et ordonnent une mesure d&#039;instruction ou une mesure provisoire peuvent \u00eatre imm\u00e9diatement frapp\u00e9s d&#039;appel comme les jugements qui tranchent tout le principal. L\u2019article 580 du m\u00eame code poursuit que les autres jugements ne peuvent \u00eatre frapp\u00e9s d\u2019appel ind\u00e9pendamment des jugements sur le fond.<\/p>\n<p>Les jugements qui sont purement avant dire droit au sens strict, et par extension d\u2019apr\u00e8s la jurisprudence \u00e9galement ceux qui contiennent une disposition sur le fond sans en m\u00eame temps ordonner une mesure provisoire ou d\u2019instruction, ne peuvent \u00eatre frapp\u00e9s d\u2019appel qu\u2019ensemble avec un jugement rendu ult\u00e9rieurement au cours de la m\u00eame instance et qui remplit les conditions pour \u00eatre appelable. (cf. Thierry HOSCHEIT, Le droit judiciaire priv\u00e9 au Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg, \u00e9d. 2019, n\u00b0 1 397).<\/p>\n<p>L\u2019objet de la proc\u00e9dure actuellement pendante devant le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg est la fixation de l\u2019indemnisation compl\u00e9mentaire des consorts F -C..<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte du dispositif du jugement du 20 f\u00e9vrier 2019 que le tribunal, apr\u00e8s avoir d\u00e9clar\u00e9 recevable les conclusions des consorts F- C., a dit qu\u2019il n\u2019y a pas lieu \u00e0 modification de la mission d\u2019expertise telle que fix\u00e9e au jugement n\u00b02018TALCH01\/00446 du 31 octobre 2018 et a refix\u00e9 l\u2019affaire aux 27 mars 2019 aux fins de plaidoiries.<\/p>\n<p>Dans le jugement du 14 octobre 2020, les juges de premi\u00e8re instance ont rejet\u00e9 les moyens produits \u00e0 l\u2019appui de l\u2019irr\u00e9gularit\u00e9 de la proc\u00e9dure d\u2019expropriation et de la proc\u00e9dure d\u2019\u00e9valuation des terrains soumis \u00e0 expropriation et ont renvoy\u00e9 le dossier \u00e0 l\u2019instruction sur la question de l\u2019indemnisation \u00e0 laquelle peuvent pr\u00e9tendre les parties d\u00e9fenderesses.<\/p>\n<p>Force est d\u00e8s lors de constater que dans le dispositif des jugements des 20 f\u00e9vrier 2019 et 14 octobre 2020, le tribunal n\u2019a pas mis fin \u00e0 l\u2019instance et n\u2019a rien tranch\u00e9 au principal.<\/p>\n<p>En cons\u00e9quence, aucun des moyens de plaidoiries invoqu\u00e9s par les appelants pour conclure soit \u00e0 la recevabilit\u00e9 de l\u2019appel, soit \u00e0 l\u2019irr\u00e9gularit\u00e9 de la mesure institu\u00e9e, ne saurait, \u00e0 ce stade de la proc\u00e9dure, valoir et l\u2019appel est irrecevable.<\/p>\n<p>Au regard de ces consid\u00e9rations, il est devenu superf\u00e9tatoire de s\u2019attarder \u00e0 la question d\u2019une \u00e9ventuelle r\u00e9gularisation de la proc\u00e9dure d\u2019appel par la mise en intervention des h\u00e9ritiers de feu M..<\/p>\n<p>Eu \u00e9gard \u00e0 l\u2019issue du litige, la demande des parties appelantes en remboursement des frais et honoraires d\u2019avocat est \u00e0 \u00e9carter .<\/p>\n<p>PAR CES MOTIFS :<\/p>\n<p>la Cour d\u2019appel, septi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re civile, statuant contradictoirement, \u00e0 l\u2019\u00e9gard de F. , de L., de C. et de l\u2019\u00c9TAT DU GRAND- DUCHE DE LUXEMBOURG,<\/p>\n<p>d\u00e9clare l\u2019appel interjet\u00e9 par exploit d&#039;huissier du 7 d\u00e9cembre 2020 irrecevable;<\/p>\n<p>condamne F., L. et C. aux frais et d\u00e9pens de l&#039;instance d\u2019appel et en ordonne la distraction au profit de Ma\u00eetre Patrick KINSCH qui la demande, affirmant en avoir fait l&#039;avance.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-superieure-de-justice-chambre-7-civil\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-superieure-de-justice-chambre-7-civil\/20240827-190156\/20220126-cal-2021-00084-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). Republication autorisee avec attribution, sans modification editoriale du texte integral.<\/em><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Arr\u00eat N\u00b0 20 \/22 \u2013 VII \u2013 CIV Audience publique du vingt-six janvier deux mille vingt-deux Num\u00e9ro CAL-202 1-00084 du r\u00f4le. Composition: Nadine WALCH, conseiller, pr\u00e9sident; Fran\u00e7oise SCHANEN, conseiller ; Jo\u00eblle DIEDERICH, conseiller ; Andr\u00e9 WEBER, greffier. 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