{"id":687758,"date":"2026-04-25T23:24:09","date_gmt":"2026-04-25T21:24:09","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-20-avril-2021-n-2019-00837\/"},"modified":"2026-04-25T23:24:13","modified_gmt":"2026-04-25T21:24:13","slug":"cour-superieure-de-justice-20-avril-2021-n-2019-00837","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-20-avril-2021-n-2019-00837\/","title":{"rendered":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 20 avril 2021, n\u00b0 2019-00837"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>1<\/p>\n<p>Arr\u00eat N\u00b0 50\/ 21 IV-COM<\/p>\n<p>Audience publique du vingt avril deux mille vingt-et-un Num\u00e9ro CAL-2019- 00837du r\u00f4le<\/p>\n<p>Composition : Marie-Laure MEYER, pr\u00e9sident de chambre ; Carole BESCH, conseiller ; Nathalie HILGERT, conseiller ; Eric VILVENS, greffier.<\/p>\n<p>E n t r e la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e de droit autrichien A, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0, repr\u00e9sent\u00e9e par ses organes statutaires, inscrite au Registre de Commerce autrichien sous le num\u00e9ro, appelante aux termes d\u2019un acte de l&#039;huissier de justice Nadine Tapella d\u2019Esch- sur-Alzette du 10 juillet 2019,<\/p>\n<p>comparant par la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e Molitor Avocats \u00e0 la Cour, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- 2763 Luxembourg, 8, rue Sainte- Zithe, inscrite \u00e0 la liste V du Tableau de l\u2019Ordre des Avocats du Barreau de Luxembourg, immatricul\u00e9e au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B 211810, repr\u00e9sent\u00e9e par Ma\u00eetre Michel Molitor, avocat \u00e0 la Cour,<\/p>\n<p>e t la soci\u00e9t\u00e9 anonyme B, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0, repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration, inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro, intim\u00e9e aux fins du pr\u00e9dit acte Tapella,<\/p>\n<p>comparant par la soci\u00e9t\u00e9 en commandite simple Bonn Steichen &amp; Partners, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- 2370 Howald, 2, rue Peternelchen, Immeuble C2, inscrite \u00e0 la liste V du Tableau de l\u2019Ordre des Avocats du Barreau de Luxembourg, repr\u00e9sent\u00e9e par son g\u00e9rant, la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e Bonn Steichen &amp; Partners, elle- m\u00eame repr\u00e9sent\u00e9e par Ma\u00eetre Fabio Trevisan, avocat \u00e0 la Cour,<\/p>\n<p>En pr\u00e9sence de :<\/p>\n<p>la soci\u00e9t\u00e9 de droit lituanien C, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0, immatricul\u00e9e au registre lituanien des personnes morales sous le num\u00e9ro, repr\u00e9sent\u00e9e par ses repr\u00e9sentants l\u00e9gaux,<\/p>\n<p>partie intervenante suivant requ\u00eate en intervention volontaire du 25 octobre 2019,<\/p>\n<p>comparant par la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e E2M, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-2419 Luxembourg, 2, rue du Fort Rheinsheim, inscrite \u00e0 la liste V du Tableau de l\u2019Ordre des Avocats du Barreau de Luxembourg, immatricul\u00e9e au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B 210821, repr\u00e9sent\u00e9e par Ma\u00eetre Max Mailliet, avocat \u00e0 la Cour.<\/p>\n<p>LA COUR D&#039;APPEL<\/p>\n<p>Faits<\/p>\n<p>Sur base du contrat de \u00abTransportation Agreement \u00bb sign\u00e9 en date du 19 f\u00e9vrier 2014 (ci-apr\u00e8s \u00ab le contrat-cadre \u00bb) entre la soci\u00e9t\u00e9 anonyme B SA (ci-apr\u00e8s \u00ab B \u00bb) et la soci\u00e9t\u00e9 de droit autrichien A GMBH (ci-apr\u00e8s \u00ab A \u00bb), B a, en date du 13 octobre 2016, confi\u00e9 \u00e0 A le transport de produits alimentaires \u00e0 destination de la Grande- Bretagne.<\/p>\n<p>A a sous-trait\u00e9 ledit transport \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de droit lituanien C UAB (ci-apr\u00e8s \u00ab C \u00bb).<\/p>\n<p>La cargaison a \u00e9t\u00e9 prise en charge dans une usine de B \u00e0 &#8230; en Allemagne \u00e0 destination de la soci\u00e9t\u00e9 D ayant son si\u00e8ge social \u00e0, en passant par Calais en France.<\/p>\n<p>Au poste de contr\u00f4le britannique et avant l\u2019embarquement du camion \u00e0 bord du ferry \u00e0 destination de Douvres, la police britannique a d\u00e9couvert la pr\u00e9sence de quatorze migrants ill\u00e9gaux \u00e0 bord du camion.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s ce contr\u00f4le, la police britannique a scell\u00e9 le camion et le chauffeur a repris le chemin vers le destinataire final, la soci\u00e9t\u00e9 D \u00e0 Nottinghamshire.<\/p>\n<p>Arriv\u00e9e \u00e0 destination, le d\u00e9chargement de la marchandise transport\u00e9e a \u00e9t\u00e9 refus\u00e9e par le destinataire et elle a \u00e9t\u00e9 retourn\u00e9e \u00e0 &#8230;.<\/p>\n<p>Par courrier recommand\u00e9 du 17 octobre 2016, intitul\u00e9 \u00ab liability letter \u00bb, A a \u00e9t\u00e9 mise en demeure de rembourser la valeur de la cargaison s\u2019\u00e9levant \u00e0 60.673,30 GBP \u00e9quivalant \u00e0 la perte totale de la marchandise du fait de l\u2019entr\u00e9e ill\u00e9gale de migrants dans le camion contaminant la cargaison et la rendant impropre \u00e0 la consommation humaine en ce que la qualit\u00e9 et leur int\u00e9grit\u00e9 hygi\u00e9nique n\u2019\u00e9taient plus assur\u00e9es.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re instance Par acte d\u2019huissier de justice du 13 novembre 2017, B a assign\u00e9 A \u00e0 compara\u00eetre devant le tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale aux fins de la voir condamner, sous le b\u00e9n\u00e9fice de l\u2019ex\u00e9cution provisoire sans caution, au paiement du montant de 59.262,84 GBP \u00e0 titre de dommages et int\u00e9r\u00eats et d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 5.000 euros. A l\u2019appui de sa demande qu\u2019elle basait principalement sur les articles 17, 23, 25 et 29 de la Convention de Gen\u00e8ve relative au contrat de transport international de marchandise par route du 19 mai 1956 telle que modifi\u00e9e (ci-apr\u00e8s \u00ab CMR \u00bb), sinon sur le contrat-cadre, sinon sur les articles 1782, 1783, 1784, 1785 et 1786 du Code civil et l\u2019article 103 du Code de commerce, B r\u00e9clama le remboursement de la valeur de la cargaison qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truite dans son int\u00e9gralit\u00e9 lors du transport effectu\u00e9 par la d\u00e9fenderesse.<\/p>\n<p>A a soulev\u00e9, in limine litis, l\u2019incomp\u00e9tence territoriale des juridictions luxembourgeoises pour conna\u00eetre du litige.<\/p>\n<p>Elle a encore plaid\u00e9 l\u2019irrecevabilit\u00e9 de la demande pour d\u00e9faut de qualit\u00e9 \u00e0 agir dans le chef de B , au motif que celle-ci aurait assur\u00e9 la marchandise transport\u00e9e et qu\u2019elle aurait d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 indemnis\u00e9e par son assureur.<\/p>\n<p>Au fond, A a contest\u00e9 la demande et a sollicit\u00e9 l\u2019allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 5.000 euros.<\/p>\n<p>Le jugement du 31 octobre 2018 Par jugement du 31 octobre 2018, le tribunal a rejet\u00e9 le moyen d\u2019incomp\u00e9tence territoriale. En pr\u00e9sence de la clause attributive de juridiction pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 29.2 du contrat-cadre qui stipule que \u00ab The Court of the Grand Duchy of Luxembourg shall have exclusive jurisdiction on all disputes arising out of this Agreement \u00bb, argu\u00e9e de nullit\u00e9 pour mettre en \u00e9chec les r\u00e8gles imp\u00e9ratives de comp\u00e9tence territoriale fix\u00e9es \u00e0 l\u2019article 31(1) de la CMR, le tribunal a d\u2019abord retenu que la CMR \u00e9tait applicable au transport litigieux et a analys\u00e9 ensuite son articulation avec la clause d\u2019\u00e9lection de for exclusif.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir cit\u00e9 les articles 31 (1) et 41 de la CMR et analys\u00e9 la jurisprudence belge et autrichienne invoqu\u00e9e par les parties, le tribunal s\u2019est ralli\u00e9 \u00e0 la solution retenue par la Cour supr\u00eame autrichienne dans son arr\u00eat du 27 novembre 2008, \u00e0 savoir celle de la nullit\u00e9 partielle de la clause attributive de juridiction limit\u00e9e \u00e0 la seule exclusivit\u00e9 stipul\u00e9e ce qui constituerait la meilleure conciliation possible entre, d\u2019une part, le respect d\u00fb \u00e0 la loi des parties qui n\u2019a qu\u2019un caract\u00e8re facultatif et, d\u2019autre part, le respect d\u00fb \u00e0 l\u2019article 31 (1) de la CMR consacrant la libert\u00e9 de choix du demandeur entre plusieurs fors de comp\u00e9tence optionnels.<\/p>\n<p>Il en a d\u00e9duit que la clause attributive de juridiction renferm\u00e9e \u00e0 l\u2019article 29.2 du contrat-cadre n\u2019est pas entach\u00e9e de nullit\u00e9 dans son enti\u00e8ret\u00e9 au regard de la CMR mais reste valable sans la stipulation d\u2019exclusivit\u00e9 dans la formulation suivante : \u00ab The Court of the Grand Duchy of Luxembourg shall have jurisdiction on all disputes arising out of this Agreement \u00bb. D\u00e8s lors, le tribunal a retenu que les parties ont valablement attribu\u00e9 comp\u00e9tence aux juridictions luxembourgeoises pour conna\u00eetre des litiges pouvant r\u00e9sulter de leur relation contractuelle.<\/p>\n<p>Le jugement du 20 mars 2019 Le tribunal a d\u00e9clar\u00e9 la demande recevable et fond\u00e9e et a condamn\u00e9 A \u00e0 payer \u00e0 B la somme de 59.262,84 GBP et une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.000 euros. A a \u00e9t\u00e9 d\u00e9bout\u00e9e de sa demande en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure et elle a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9e aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance. Pour statuer ainsi, le tribunal a rejet\u00e9 le moyen tir\u00e9 du d\u00e9faut de qualit\u00e9 \u00e0 agir pour d\u00e9faut de preuve de l\u2019all\u00e9gation suivant laquelle B aurait \u00e9t\u00e9 indemnis\u00e9e par son assureur.<\/p>\n<p>Face au moyen de nullit\u00e9 des clauses 15.1 et 16.1 du contrat-cadre pour mettre \u00e0 charge du transporteur des conditions de responsabilit\u00e9 et d\u2019indemnisation plus strictes que celles pr\u00e9vues aux articles 17 \u00e0 29 de la CMR, le tribunal a d\u2019abord constat\u00e9 qu\u2019A restait en d\u00e9faut d\u2019expliquer concr\u00e8tement en quoi ces stipulations contractuelles mettraient \u00e0 sa charge des conditions plus s\u00e9v\u00e8res que celles pr\u00e9vues par la CMR et il a ensuite relev\u00e9 que le r\u00e9gi me de responsabilit\u00e9 instaur\u00e9 par la CMR constitue un minimum d\u2019ordre public pour les ayants droit du transport international de marchandises mais que certaines clauses tendant \u00e0 aggraver la responsabilit\u00e9 du transporteur routier ou \u00e0 augmenter le plafond de r\u00e9paration sont valables, avec la pr\u00e9cision que le plafond de r\u00e9paration stipul\u00e9 \u00e0 l\u2019article 23 de la CMR s\u2019applique de plein droit. Le moyen de nullit\u00e9 a partant \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9.<\/p>\n<p>En relation avec la demande d\u2019indemnisation, le tribunal a expos\u00e9 le r\u00e9gime de la pr\u00e9somption de responsabilit\u00e9 pesant sur le<\/p>\n<p>transporteur en application des r\u00e8gles de la CMR. Il a conclu qu\u2019en pr\u00e9sence du refus de la marchandise \u00e0 destination et au regard de la \u00ab liability letter \u00bb du 17 octobre 2016 du consignateur valant d\u00e9nonciation \u00e9crite des avaries non apparentes (contamination) dans le d\u00e9lai de sept jours \u00e0 partir de la livraison, il y avait lieu de retenir que le demandeur en r\u00e9paration avait fait la preuve d\u2019une avarie dans les formes pr\u00e9vues par l\u2019article 30 (1) de la CMR, de sorte que la pr\u00e9somption de livraison conforme ne joue pas et qu\u2019A est pr\u00e9sum\u00e9e responsable, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 17 (1) de la CMR, de l\u2019avarie qui s\u2019est produite entre le moment de la prise en charge de la marchandise et celui de la livraison.<\/p>\n<p>Selon le tribunal, le transporteur, d\u00e9biteur d\u2019une obligation de r\u00e9sultat, est pr\u00e9sum\u00e9 responsable de la perte totale ou partielle, ou de l\u2019avarie, qui se produit entre le moment de la prise en charge de la marchandise et celui de la livraison du dommage, sauf \u00e0 s\u2019exon\u00e9rer par l\u2019une des causes pr\u00e9vues aux paragraphes (2) et (4) de l\u2019article 17 de la CMR, \u00e0 condition toutefois de ne pas avoir commis une faute \u00e9quivalente au dol.<\/p>\n<p>Le tribunal a retenu que B , qui avait conclu \u00e0 l\u2019application de l\u2019article 29 de la CMR et se pr\u00e9valait de la faute lourde du transporteur consistant \u00e0 stationner le camion de nuit sur une aire de stationnement non gard\u00e9e pr\u00e8s de Dunkerque pour en d\u00e9duire qu\u2019A ne saurait se pr\u00e9valoir de dispositions de la CMR excluant ou limitant sa responsabilit\u00e9, n\u2019avait pas rapport\u00e9 la preuve de ses affirmations de sorte que le dol ou de faute \u00e9quipollente au dol n\u2019\u00e9tait pas \u00e9tabli dans le chef d\u2019A et que celle- ci peut valablement se pr\u00e9valoir des dispositions de la CMR l\u2019exon\u00e9rant de sa responsabilit\u00e9 ou limitant cette derni\u00e8re.<\/p>\n<p>A se pr\u00e9valait de l\u2019exon\u00e9ration totale de la pr\u00e9somption de responsabilit\u00e9 pesant sur elle sur le fondement de l\u2019article 17 (2) de la CMR, sinon de l\u2019exon\u00e9ration partielle sur le fondement de l\u2019article 17 (5) de la CMR.<\/p>\n<p>Le tribunal a pr\u00e9cis\u00e9 que lorsque le transporteur invoque une cause normale d\u2019exon\u00e9ration telle que vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 17 (2), il doit faire la preuve compl\u00e8te et certaine que l\u2019avarie r\u00e9sulte bien de la cause invoqu\u00e9e, en faisant la lumi\u00e8re sur les origines du dommage, de simples conjectures ne suffisant pas.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019existence de circonstances que le transporteur ne pouvait pas \u00e9viter et aux cons\u00e9quences desquelles il ne pouvait obvier, le tribunal a retenu qu\u2019en pr\u00e9sence de deux hypoth\u00e8ses pr\u00e9sent\u00e9es par A, les circonstances exactes entourant la survenance de la cause du dommage ne sont pas clairement \u00e9tablies et cette derni\u00e8re ne saurait s\u2019exon\u00e9rer de la responsabilit\u00e9 pesant sur elle.<\/p>\n<p>En relation avec le moyen tir\u00e9 de l\u2019existence de fautes de l\u2019ayant droit qui doivent avoir \u00e9t\u00e9 la cause unique et exclusive du dommage, le tribunal a retenu que les d\u00e9cisions respectives du destinataire de refuser de prendre livraison de la cargaison sans examen d\u00e9taill\u00e9 de la cargaison et celle de B de proc\u00e9der \u00e0 une destruction de l\u2019enti\u00e8ret\u00e9 de la cargaison, sans op\u00e9rer un tri entre les marchandises directement affect\u00e9es par l\u2019intrusion de migrants dans le camion, ne constituent pas des causes uniques et exclusives du dommage, dans la mesure o\u00f9 le pr\u00e9judice est n\u00e9 par suite de l\u2019intrusion ill\u00e9gale des migrants dans le camion.<\/p>\n<p>Les demandes d\u2019exon\u00e9ration totale, sinon partielle d\u2019A ont d\u00e8s lors \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9es.<\/p>\n<p>Pour quantifier l\u2019envergure du pr\u00e9judice subi par B , le tribunal s\u2019est r\u00e9f\u00e9r\u00e9 au rapport Cunningham &amp; Lindsey qui a d\u00e9termin\u00e9 le pr\u00e9judice sur la valeur de march\u00e9 de la cargaison, \u00e0 savoir la facture B intragroupe du 13 octobre 2016, au motif que le principe de pr\u00e9caution en mati\u00e8re alimentaire exige le retrait de la marchandise du march\u00e9 au regard de l\u2019article 3 du r\u00e8glement n\u00b0 852\/2004. Il a \u00e9galement retenu que B avait, \u00e0 suffisance, \u00e9tabli la destruction de l\u2019enti\u00e8ret\u00e9 de la cargaison, de sorte qu\u2019il y avait lieu de l\u2019indemniser pour l\u2019avarie totale de la cargaison.<\/p>\n<p>La demande de B a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e fond\u00e9e \u00e0 hauteur de la somme de 59.262,84 GBP \u00e9quivalente \u00e0 la valeur de la marchandise, soit 4.212 unit\u00e9s de B Rochers \u00e0 raison de 14,07 GBP par unit\u00e9 (4.212 x 14,07 = 59.262,84 GBP), y non compris le co\u00fbt des 26 palettes.<\/p>\n<p>L\u2019appel<\/p>\n<p>Les pr\u00e9tention et moyens d\u2019A et de C Par acte d\u2019huissier de justice du 10 juillet 2019, A a relev\u00e9 appel des jugements des 31 octobre 2018 et 20 mars 2019, qui lui avaient \u00e9t\u00e9 signifi\u00e9s le 17 mai 2019, et sollicite par r\u00e9formation qu\u2019il soit d\u00e9clar\u00e9 que les juridictions luxembourgeoises sont territorialement incomp\u00e9tentes pour conna\u00eetre du litige et que les parties soient renvoy\u00e9es devant les juridictions territorialement comp\u00e9tentes en vertu de l\u2019article 31 de la CMR. Subsidiairement, elle demande \u00e0 la Cour de d\u00e9clarer l\u2019action de B prescrite et de la d\u00e9charger de la condamnation intervenue. Plus subsidiairement, elle sollicite \u00e0 \u00eatre d\u00e9charg\u00e9e de toute condamnation en raison d\u2019un cas de force majeure ayant conduit \u00e0 la perte partielle de la marchandise, sinon encore plus subsidiairement elle demande \u00e0 \u00eatre d\u00e9charg\u00e9e d\u2019une partie de la condamnation alors que B endosse une part de responsabilit\u00e9 importante dans la destruction des marchandises et de son pr\u00e9judice. En tout \u00e9tat de<\/p>\n<p>cause, elle requiert \u00e0 \u00eatre d\u00e9charg\u00e9e de la condamnation au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure.<\/p>\n<p>Dans le dernier \u00e9tat de ses conclusions, l\u2019appelante a l\u00e9g\u00e8rement pr\u00e9cis\u00e9 ses demandes.<\/p>\n<p>Par requ\u00eate en intervention volontaire d\u00e9pos\u00e9e \u00e0 la Cour le 15 octobre 2019, C demande qu\u2019il lui soit donn\u00e9 acte qu\u2019elle intervient volontairement au pr\u00e9sent litige sous r\u00e9serve de tous moyens de fait et de droit \u00e0 faire valoir, qu\u2019elle soit admise \u00e0 intervenir au litige afin d\u2019y veiller \u00e0 la d\u00e9fense de ses int\u00e9r\u00eats et \u00e0 la conservation de ses droits. Elle demande acte qu\u2019elle se rallie int\u00e9gralement \u00e0 la motivation d\u2019A et \u00e0 ses demandes et elle sollicite qu\u2019A soit d\u00e9charg\u00e9e de toute condamnation.<\/p>\n<p>A et C concluent que le tribunal s\u2019est \u00e0 tort d\u00e9clar\u00e9 territorialement comp\u00e9tent et elles font valoir que l\u2019article 29.2 du contrat-cadre devrait \u00eatre d\u00e9clar\u00e9 nul en application de l\u2019article 41 de la CMR pour violation de l\u2019article 31 de cette convention.<\/p>\n<p>A et C font valoir que les juridictions comp\u00e9tentes au sens de la CMR seraient 1) les juridictions autrichiennes en raison du si\u00e8ge social de A, 2) les juridictions allemandes en raison du lieu de la prise en charge et 3) les juridictions du Royaume- Uni en raison du lieu pr\u00e9vu pour la livraison de la marchandise transport\u00e9e.<\/p>\n<p>Elles donnent \u00e0 consid\u00e9rer que si la CMR permet aux parties contractantes de pr\u00e9voir une clause attribuant comp\u00e9tence aux juridictions d\u2019un ou plusieurs pays contractants, cette disposition ne pourrait qu\u2019ajouter un choix ouvert \u00e0 la partie demanderesse et non exclure les autres choix figurant aux points a) et b) de l\u2019article 31 de la CMR. En d\u2019autres termes, les juridictions d\u00e9sign\u00e9es par l\u2019article 31 de la CMR ne pourraient \u00eatre \u00e9cart\u00e9es par une stipulation contractuelle d\u00e9signant un for exclusif. Elles ajoutent que les dispositions de la CMR sont imp\u00e9ratives et d\u2019ordre public et doivent \u00eatre appliqu\u00e9es strictement.<\/p>\n<p>A l\u2019appui de leur moyen, elles invoquent deux arr\u00eats de la Cour de cassation belge ainsi qu\u2019une d\u00e9cision du Oberlandesgericht Oldenburg et une d\u00e9cision du Oberlandesgericht de Vienne.<\/p>\n<p>Elles reprochent au tribunal de n\u2019avoir retenu qu\u2019une nullit\u00e9 partielle de la clause attributive de juridiction, limit\u00e9e \u00e0 la seule exclusivit\u00e9 stipul\u00e9e. Une telle solution violerait la norme imp\u00e9rative de droit international consacr\u00e9e par l\u2019article 41 de la CMR.<\/p>\n<p>Elles invoquent \u00e9galement la prescription de l\u2019action introduite par B sur base de l\u2019article 32 de la CMR en faisant valoir que le d\u00e9lai de prescription d\u2019un an a commenc\u00e9 \u00e0 courir le 16 octobre 2016 pour s\u2019achever le 16 octobre 2017, le cas \u00e9ch\u00e9ant augment\u00e9 de 12 jours de<\/p>\n<p>suspension suite \u00e0 la r\u00e9clamation \u00e9crite r\u00e9ceptionn\u00e9e par A le 4 novembre 2016 et rejet\u00e9e le 16 novembre 2016. La prescription serait d\u00e8s lors en tout \u00e9tat de cause d\u00e9finitivement acquise le 29 octobre 2017. Or, l\u2019acte introductif d\u2019instance n\u2019aurait \u00e9t\u00e9 signifi\u00e9 \u00e0 A que le 15 novembre 2017.<\/p>\n<p>C donne encore \u00e0 consid\u00e9rer que la r\u00e9clamation telle que pr\u00e9vue par l\u2019article 30 de la CMR doit \u00e9maner du destinataire, soit en l\u2019esp\u00e8re de la soci\u00e9t\u00e9 D . Or, elle aurait \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9e par B .<\/p>\n<p>A titre subsidiaire, A et C prennent position quant au fond en avan\u00e7ant que le transporteur devrait b\u00e9n\u00e9ficier de la pr\u00e9somption de livraison conforme pr\u00e9vue par l\u2019article 30 de la CMR, le seul refus de d\u00e9charger les marchandises ne signifiant pas qu\u2019il y ait livraison non- conforme et la charge de la preuve de l\u2019\u00e9mission de r\u00e9serves au jour de la livraison incombant au destinataire.<\/p>\n<p>Pour autant que la livraison serait n\u00e9anmoins consid\u00e9r\u00e9e non conforme, A reproche au tribunal de ne pas avoir \u00e9cart\u00e9 les clauses 15.1, 15.2 et 16.1 du contrat-cadre en ce qu\u2019elles imposent au transporteur des conditions de responsabilit\u00e9 plus s\u00e9v\u00e8res que la CMR. Elle se pr\u00e9vaut \u00e9galement de la force majeure comme cause d\u2019exon\u00e9ration en pr\u00e9cisant que la CMR n\u2019impose pas que l\u2019\u00e9v\u00e9nement invoqu\u00e9 soit impr\u00e9visible. C conclut dans le m\u00eame sens.<\/p>\n<p>Plus subsidiairement, A invoque encore la faute de B qui a pris la d\u00e9cision de d\u00e9truire toutes les marchandises, sans examen microbiologique, pour s\u2019exon\u00e9rer du moins partiellement.<\/p>\n<p>C donne finalement \u00e0 consid\u00e9rer que B n\u2019a pas minimis\u00e9 son pr\u00e9judice mais l\u2019a aggrav\u00e9 en d\u00e9truisant toute la marchandise sans que cela n\u2019ait \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p>Les pr\u00e9tentions et moyens de B B demande \u00e0 la Cour de lui donner acte qu\u2019elle se rapporte \u00e0 prudence de justice quant \u00e0 la recevabilit\u00e9 de l\u2019acte d\u2019appel et de la requ\u00eate en intervention volontaire en la forme. Au fond, elle sollicite que l\u2019appel soit d\u00e9clar\u00e9 non fond\u00e9 et la requ\u00eate en intervention volontaire rejet\u00e9e et que les jugements soient confirm\u00e9s avec la pr\u00e9cision que la condamnation portant sur la somme de 59.262,84 GBP soit convertie en euros au jour du jugement de premi\u00e8re instance. Elle sollicite encore une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 5.000 euros pour l\u2019instance d\u2019appel et la condamnation de l\u2019appelante aux frais et d\u00e9pens. B conclut que c\u2019est \u00e0 bon droit que le tribunal a retenu que les juridictions luxembourgeoises sont territorialement comp\u00e9tentes pour conna\u00eetre du pr\u00e9sent litige motif pris que le choix contractuel d\u2019un for n\u2019exclut pas que le demandeur puisse porter le litige devant une des<\/p>\n<p>autres juridictions vis\u00e9es par la CMR. Selon l\u2019intim\u00e9e, le choix concernant la juridiction comp\u00e9tente pr\u00e9vu par le contrat-cadre a un caract\u00e8re suppl\u00e9tif et facultatif et n\u2019entra\u00eene pas la nullit\u00e9 de la clause contractuelle pour \u00eatre contraire \u00e0 la CMR. Les parties peuvent donc porter leur litige devant les tribunaux pr\u00e9vus par la CMR en plus des tribunaux qui peuvent \u00eatre convenus conventionnellement par les parties. Le tribunal n\u2019aurait partant \u00e0 juste titre que supprim\u00e9 la stipulation d\u2019exclusivit\u00e9 contenue \u00e0 l\u2019article 29.2 du contrat-cadre tout en confirmant la validit\u00e9 de la clause de mani\u00e8re non- exclusive.<\/p>\n<p>B qui qualifie le dommage comme une perte totale, tel que cela r\u00e9sulte de la lettre de r\u00e9clamation du 17 octobre 2016, fait valoir que le d\u00e9lai de prescription a commenc\u00e9 \u00e0 courir le 11 d\u00e9cembre 2016 pour s\u2019achever le 11 d\u00e9cembre 2017. L\u2019action introduite le 13 novembre 2017 ne serait partant pas prescrite. Pour autant que la perte ne soit pas consid\u00e9r\u00e9e comme totale mais comme avarie, B donne \u00e0 consid\u00e9rer que le d\u00e9lai de prescription serait rest\u00e9 suspendu jusqu\u2019au jour de l\u2019introduction de la demande.<\/p>\n<p>Au fond, l\u2019intim\u00e9e r\u00e9fute l\u2019applicabilit\u00e9 de la pr\u00e9somption de livraison conforme au motif que le dommage doit \u00eatre qualifi\u00e9 de non apparent et que c\u2019est \u00e0 bon droit que la marchandise a \u00e9t\u00e9 refus\u00e9e, refus d\u2019ailleurs appos\u00e9 sur la lettre de voiture. M\u00eame \u00e0 admettre que le dommage soit apparent, la CMR n\u2019imposerait aucun formalisme pour la formulation de r\u00e9serves. En tout \u00e9tat de cause la perte devrait \u00eatre qualifi\u00e9e de totale pour laquelle la CMR ne requiert aucune formalit\u00e9 de r\u00e9clamation.<\/p>\n<p>La pr\u00e9somption de responsabilit\u00e9 du transporteur serait pleinement applicable. B expose encore que les dispositions contractuelles n\u2019aggraveraient pas la responsabilit\u00e9 du transporteur, de telle mani\u00e8re qu\u2019elles seraient valables. A ne pourrait s\u2019exon\u00e9rer de sa responsabilit\u00e9 en invoquant un cas de force majeure.<\/p>\n<p>B n\u2019aurait pas non plus commis de faute \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019elle n\u2019aurait pas pu prendre le risque de mettre sur le march\u00e9 des produits ne respectant potentiellement plus des normes d\u2019hygi\u00e8ne et de s\u00e9curit\u00e9 alimentaires.<\/p>\n<p>La perte totale de la marchandise ne serait pas due \u00e0 la d\u00e9cision de B de d\u00e9truire l\u2019ensemble de la cargaison mais bien de l\u2019entr\u00e9e non autoris\u00e9e de quatorze migrants dans la remorque du camion appartenant \u00e0 A qui aurait d\u00fb savoir que la zone de transit entre la France et l\u2019Angleterre est particuli\u00e8rement expos\u00e9e au risque de la migration clandestine et qui aurait de ce fait d\u00fb prendre toutes les mesures pour pr\u00e9venir l\u2019incident.<\/p>\n<p>En plus, la destruction de la marchandise aurait \u00e9t\u00e9 moins on\u00e9reuse que solliciter des analyses sur tous les produits de la cargaison. Ce<\/p>\n<p>serait partant \u00e0 bon droit que le tribunal a condamn\u00e9 A au paiement de la valeur total de la marchandise. Appr\u00e9ciation<\/p>\n<p>L\u2019intim\u00e9e se rapporte \u00e0 prudence de justice quant \u00e0 la recevabilit\u00e9 de l\u2019acte d\u2019appel et de la requ\u00eate en intervention volontaire en la forme. Si le fait, pour une partie de se rapporter \u00e0 prudence de justice \u00e9quivaut \u00e0 une contestation, il n\u2019en reste pas moins qu\u2019une contestation non autrement \u00e9tay\u00e9e est \u00e0 \u00e9carter, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il n\u2019appartient pas au juge de suppl\u00e9er la carence des parties et de rechercher lui-m\u00eame les moyens juridiques qui auraient pu se trouver \u00e0 la base de leurs conclusions. L\u2019appel est recevable pour avoir \u00e9t\u00e9 introduit selon les forme et d\u00e9lai pr\u00e9vus par la loi. Il en est de m\u00eame de l\u2019intervention volontaire.<\/p>\n<p>Il est constant en cause pour ne pas \u00eatre contest\u00e9 par les parties que leurs relations sont r\u00e9gies par le contrat-cadre et la CMR.<\/p>\n<p>Il est pareillement admis que la CMR est un texte d\u2019ordre public qui exclut l\u2019application du droit national sauf sur les points o\u00f9 elle s\u2019y r\u00e9f\u00e8re ou sur ceux qu\u2019elle ne r\u00e8gle pas et que le juge doit l\u2019appliquer d\u2019office et les parties ne peuvent y d\u00e9roger hors les cas qu\u2019elle pr\u00e9voit (Cour de cassation fran\u00e7aise, 30 juin 2009, n\u00b0 de pourvoi 08- 15026).<\/p>\n<p>En effet, la CMR \u00e9dicte des dispositions de droit mat\u00e9riel international qui se substituent \u00e0 celles de la loi nationale qui aurait \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e applicable par le syst\u00e8me de conflit de lois du juge saisi. Elle exclut donc la l\u00e9gislation interne des \u00c9tats participants, sauf \u00e9videmment lorsqu&#039;elle renvoie express\u00e9ment \u00e0 une loi nationale comme pour fixer les causes de suspension et d&#039;interruption de la prescription, ou lorsqu&#039;elle ne r\u00e8gle pas certains points particuliers. Elle constitue un bloc qui se suffit normalement \u00e0 lui -m\u00eame. L&#039;article 41 proclame la nullit\u00e9 absolue de toute clause qui y d\u00e9rogerait directement ou indirectement. La CMR a un caract\u00e8re imp\u00e9ratif aussi bien pour les \u00c9tats contractants que pour les parties au contrat de transport (Jurisclasseur Transport, Fasc. 775, Transport routier international, Contrat de transport de voyageurs et de marchandises, n\u00b055; S. Grignon- Dumoulin, \u00ab Forum shopping \u2013 Article 31 de la CMR \u00bb, Rev. dr. unif. 2006, p. 609).<\/p>\n<p>L\u2019article 31 (1) de la CMR dispose que :<\/p>\n<p>\u00ab Pour tous litiges auxquels donnent lieu les transports soumis \u00e0 la pr\u00e9sente Convention, le demandeur peut saisir, en dehors des juridictions des pays contractants d\u00e9sign\u00e9es d\u2019un commun accord par les parties, les juridictions du pays sur le territoire duquel :<\/p>\n<p>a) Le d\u00e9fendeur a sa r\u00e9sidence habituelle, son si\u00e8ge principal ou sa succursale ou l\u2019agence par l\u2019interm\u00e9diaire de laquelle le contrat de transport a \u00e9t\u00e9 conclu, ou b) Le lieu de la prise en charge de la marchandise ou celui pr\u00e9vu pour la livraison est situ\u00e9,<\/p>\n<p>et ne peut saisir que ces juridictions. \u00bb<\/p>\n<p>L\u2019article 41 de la CMR est de la teneur suivante :<\/p>\n<p>\u00ab (1) Sous r\u00e9serve des dispositions de l\u2019article 40, est nulle et de nul effet toute stipulation qui, directement ou indirectement, d\u00e9rogerait aux dispositions de la pr\u00e9sente Convention. La nullit\u00e9 de telles stipulations n\u2019entra\u00eene pas la nullit\u00e9 des autres dispositions du contrat.<\/p>\n<p>(2) En particulier, seraient nulles toute clause par laquelle le transporteur se ferait c\u00e9der le b\u00e9n\u00e9fice de l\u2019assurance de la marchandise ou toute autre clause analogue, ainsi que toute clause d\u00e9pla\u00e7ant le fardeau de la preuve. \u00bb<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte de l\u2019article 31 de la CMR que les parties contractantes sont libres de convenir d\u2019une clause attributive de juridiction et que dans une telle hypoth\u00e8se, ce for librement d\u00e9sign\u00e9 se rajoute, sans s\u2019y superposer, aux juridictions pareillement comp\u00e9tentes pr\u00e9vues par la CMR. Une clause attributive de juridiction convenue par les parties ne peut avoir qu\u2019un r\u00f4le suppl\u00e9tif, le demandeur restant toujours libre de porter le litige devant une des juridictions d\u00e9sign\u00e9es en application de l\u2019article 31 pr\u00e9cit\u00e9.<\/p>\n<p>Si la stipulation d\u2019une clause d\u2019\u00e9lection de for suppl\u00e9mentaire \u00e0 ceux d\u00e9sign\u00e9s par la CMR est express\u00e9ment autoris\u00e9e par cette convention, la question de la validit\u00e9 d\u2019une clause contractuelle attribuant comp\u00e9tence exclusive \u00e0 une juridiction reste pos\u00e9e.<\/p>\n<p>La d\u00e9cision invoqu\u00e9e par B par laquelle le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg a retenu que les juridictions luxembourgeoises, \u00e0 savoir celles du si\u00e8ge social de la d\u00e9fenderesse, sont comp\u00e9tentes, nonobstant l\u2019existence d\u2019une clause attributive de juridiction exclusive attribuant comp\u00e9tence \u00e0 un tribunal fran\u00e7ais, laquelle n\u2019a pas de caract\u00e8re contraignant dans le cadre d\u2019un litige relevant de CMR (cf. TAL 15 \u00e8me , 15 mars 2017, r\u00f4le n\u00b0 179787) n\u2019est que d\u2019une pertinence relative \u00e9tant donn\u00e9 que la juridiction luxembourgeoise \u00e9tait comp\u00e9tente en application de l\u2019article 31 de la CMR. Il reste que le tribunal n\u2019a pas fait application de la clause d\u2019\u00e9lection de for exclusive.<\/p>\n<p>Selon la doctrine, une clause attributive de juridiction qui \u00e9carte les autres juridictions d\u00e9sign\u00e9es \u00e0 l\u2019article 31 de la CMR serait nulle en vertu de l\u2019article 41 de la CMR. La clause d\u2019\u00e9lection de for n\u2019est donc pas exclusive de comp\u00e9tence (S. Grignon- Dumoulin, \u00ab Forum shopping \u2013 Article 31 de la CMR \u00bb, Rev. dr. unif. 2006, p. 610 et 611).<\/p>\n<p>La Cour de cassation belge a, face \u00e0 une clause attributive de juridiction exclusive telle que celle en cause en l\u2019esp\u00e8ce, rejet\u00e9 un recours en cassation contre un arr\u00eat qui avait consid\u00e9r\u00e9, sur la base d\u2019une interpr\u00e9tation souveraine de la clause, que la clause attributive de comp\u00e9tence exclusive figurant dans le contrat \u00e9carte les juridictions d\u00e9sign\u00e9es comme comp\u00e9tentes \u00e0 l\u2019article 31.1, littera a et b, ce qui implique automatiquement, sur la base de l\u2019article 41.1, la nullit\u00e9 de la clause attributive de comp\u00e9tence (Cour de cassation belge, 21 janvier 2010, n\u00b0 C.08.0246.N) .<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, l\u2019article 29.2 du contrat-cadre, en ce qu\u2019il attribue comp\u00e9tence exclusive \u00e0 une juridiction et qu\u2019il exclut tout choix, est contraire \u00e0 l\u2019article 31 de la CMR.<\/p>\n<p>La seule question qui reste pos\u00e9e est celle de savoir si, en raison de cette violation d\u2019une disposition d\u2019ordre public, respectivement imp\u00e9rative, la disposition contractuelle droit \u00eatre annul\u00e9e int\u00e9gralement ou s\u2019il suffit de lui amputer la partie illicite, \u00e0 savoir le caract\u00e8re exclusif, tout en laissant subsister la partie r\u00e9guli\u00e8re. En d\u2019autres termes, le juge peut-il \u00ab amputer partiellement \u00bb une clause contraire \u00e0 une disposition imp\u00e9rative ou contraire \u00e0 l\u2019ordre public et ainsi proc\u00e9der \u00e0 une \u00ab r\u00e9duction validante \u00bb. Peut-il sauver une clause en limitant sa port\u00e9e pour la maintenir du seuil de raisonnabilit\u00e9 accept\u00e9 par l&#039;ordre juridique.<\/p>\n<p>Les juges de premi\u00e8re instance ont suivi la d\u00e9cision de la Cour supr\u00eame autrichienne qui, apr\u00e8s avoir mis l\u2019accent sur le caract\u00e8re controvers\u00e9 de la question, a limit\u00e9 la nullit\u00e9 au caract\u00e8re d\u2019exclusivit\u00e9 de la clause attributive de juridiction tout en laissant subsister pour le reste le choix de la juridiction comp\u00e9tente.<\/p>\n<p>Il est de principe que le juge ne saurait refaire le contrat pour quelque motif que ce soit. Ce pouvoir est de la seule comp\u00e9tence des parties conform\u00e9ment \u00e0 ce qui est pr\u00e9vu par l\u2019article 1134 du Code civil (Dalloz, R\u00e9pertoire de droit civil, art.2, Bonne foi dynamique, de l\u2019interpr\u00e9tation \u00e0 la modification du contrat, n\u00b078).<\/p>\n<p>De plus, si la jurisprudence et la doctrine se sont souvent prononc\u00e9es sur la question de savoir si, en cas de nullit\u00e9 d\u2019une clause contractuelle, tout le contrat doit \u00eatre annul\u00e9 ou si la nullit\u00e9 reste limit\u00e9e \u00e0 la disposition litigieuse, la question de l\u2019amputation d\u2019une disposition contractuelle, qui forme en principe un tout indivisible, de sa seule partie illicite se pose plus rarement.<\/p>\n<p>Lorsqu&#039;une clause ou une partie d&#039;une convention est nulle, le juge ne peut combler la lacune laiss\u00e9e dans l&#039;acte par l&#039;annulation partielle en substituant une clause valable \u00e0 celle annul\u00e9e, m\u00eame si cette clause est de nature \u00e0 produire des effets semblables \u00e0 ceux escompt\u00e9s initialement par les parties. Seul le l\u00e9gislateur peut<\/p>\n<p>proc\u00e9der \u00e0 semblable substitution (Jurisclasseur, Civil, Art. 1188 \u00e0 1192 &#8211; Fasc. 20 : CONTRAT. \u2013 Interpr\u00e9tation du contrat. \u2013 La mise en \u0153uvre : r\u00f4le respectif des juges du fond et de la Cour de cassation, n\u00b033).<\/p>\n<p>En effet, parfois le l\u00e9gislateur intervient pour conf\u00e9rer au juge un pouvoir mod\u00e9rateur pour \u00e9viter qu\u2019une disposition contractuelle doive \u00eatre annul\u00e9e. Tel a \u00e9t\u00e9 le cas en mati\u00e8re de clause p\u00e9nale, l\u2019article 1152 du Code civil conf\u00e9rant au juge le pouvoir de mod\u00e9rer ou augmenter la peine convenue si elle est manifestement excessive ou d\u00e9risoire. Il a \u00e9t\u00e9 la volont\u00e9 du l\u00e9gislateur de soustraire la clause p\u00e9nale du r\u00e9gime des clauses abusives notamment.<\/p>\n<p>En mati\u00e8re de clauses abusives, la Cour de Justice de l\u2019Union europ\u00e9enne a retenu que la directive 93\/13 ne saurait \u00eatre compris comme permettant au juge national, dans le cas o\u00f9 il constate l\u2019existence d\u2019une clause abusive de r\u00e9viser le contenu de ladite clause au lieu d\u2019en \u00e9carter simplement l\u2019application \u00e0 l\u2019\u00e9gard du consommateur (CJUE, 14 juin 2012, C-618\/10, n\u00b071). Elle a motiv\u00e9 cette solution par le fait qu\u2019une facult\u00e9 de r\u00e9vision contribuerait \u00e0 \u00e9liminer l\u2019effet dissuasif exerc\u00e9 sur les professionnels par la pure et simple non-application \u00e0 l\u2019\u00e9gard du consommateur de telles clauses abusives, dans la mesure o\u00f9 ceux-ci demeureraient tent\u00e9s d\u2019utiliser lesdites clauses, en sachant que, m\u00eame si celles-ci devaient \u00eatre invalid\u00e9es, le contrat pourrait n\u00e9anmoins \u00eatre compl\u00e9t\u00e9, dans la mesure n\u00e9cessaire, par le juge national de sorte \u00e0 garantir ainsi l\u2019int\u00e9r\u00eat desdits professionnels (idem, n\u00b0 69).<\/p>\n<p>M\u00eame si en mati\u00e8re de clauses abusives, il s\u2019agit de prot\u00e9ger les int\u00e9r\u00eats d\u2019un consommateur face \u00e0 un professionnel, ce qui n\u2019est certes pas le cas en l\u2019esp\u00e8ce, il reste qu\u2019une annulation partielle de la clause litigieuse risque d\u2019encourager la partie profitant du maintien de la clause amput\u00e9e \u00e0 \u00ab pratiquer l\u2019illicite \u00bb (Dalloz, R\u00e9pertoire de droit civil, A. Nullit\u00e9 totale et nullit\u00e9 partielle, n\u00b0164). En d\u2019autres termes, une telle solution n\u2019encourage pas que la clause soit volontairement rectifi\u00e9e par son r\u00e9dacteur qui reste assur\u00e9 qu\u2019en cas de contestation de la r\u00e9gularit\u00e9 de la clause, seule la partie irr\u00e9guli\u00e8re est supprim\u00e9e.<\/p>\n<p>La Cour conclut de ce qui pr\u00e9c\u00e8de que, hormis le cas o\u00f9 le l\u00e9gislateur autorise express\u00e9ment le juge \u00e0 remodeler ou adapter les clauses contractuelles qui, aux termes de l\u2019article 1134 du Code civil, tiennent lieu de loi \u00e0 ceux qui les ont faites, il ne lui appartient ni de refaire le contrat, ni de d\u00e9pecer une clause contractuelle pour en extraire ce qui est valable.<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, l\u2019article 29.2 du contrat-cadre constitue un tout, il attribue comp\u00e9tence exclusive aux juridictions luxembourgeoises et le respect du contrat-cadre aurait emp\u00each\u00e9 A de saisir une des juridictions pr\u00e9vues par l\u2019article 31 de la CMR.<\/p>\n<p>En cela, l\u2019article 29.2 du contrat-cadre n\u2019est pas conforme \u00e0 l\u2019article 31 de la CMR et doit \u00eatre d\u00e9clar\u00e9 nul dans son int\u00e9gralit\u00e9 en application de l\u2019article 41 de cette convention.<\/p>\n<p>Il en d\u00e9coule que les juridictions luxembourgeoises sont sans comp\u00e9tence territoriale pour conna\u00eetre du pr\u00e9sent litige et qu\u2019il convient de r\u00e9former le jugement du 31 octobre 2018 \u00e0 cet \u00e9gard.<\/p>\n<p>A demande encore \u00e0 la Cour de renvoyer les parties devant les juridictions comp\u00e9tentes en vertu de l\u2019article 31 de la CMR. Or, outre le fait que l\u2019article 31 ne pr\u00e9voit pas un tel renvoi, un renvoi ne se con\u00e7oit pas au vu du choix du for offert par l\u2019article 31 au demandeur.<\/p>\n<p>Au vu de l\u2019issue r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 son appel, la demande d\u2019A tendant \u00e0 \u00eatre d\u00e9charg\u00e9e de la condamnation \u00e0 payer \u00e0 B une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure est \u00e0 accueillir.<\/p>\n<p>Il convient d\u00e8s lors par r\u00e9formation du jugement du 20 mars 2019 \u00e0 d\u00e9clarer la demande de B en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure non fond\u00e9e.<\/p>\n<p>Comme elle succombe \u00e9galement en appel, sa demande bas\u00e9e sur l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile est \u00e0 d\u00e9clarer non fond\u00e9e.<\/p>\n<p>PAR CES MOTIFS<\/p>\n<p>la Cour d\u2019appel, quatri\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale, statuant contradictoirement, en application de l\u2019article 2 de la loi du 19 d\u00e9cembre 2020 portant adaptation temporaire de certaines modalit\u00e9s proc\u00e9durales en mati\u00e8re civile et commerciale,<\/p>\n<p>re\u00e7oit l\u2019appel,<\/p>\n<p>re\u00e7oit l\u2019intervention volontaire,<\/p>\n<p>dit l\u2019appel fond\u00e9,<\/p>\n<p>par r\u00e9formation des jugements du 31 octobre 2018 et 20 mars 2019,<\/p>\n<p>se d\u00e9clare territorialement incomp\u00e9tent pour conna\u00eetre de la demande,<\/p>\n<p>dit non fond\u00e9e la demande de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme B en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure,<\/p>\n<p>laisse les frais et d\u00e9pens de l\u2019instance \u00e0 charge de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme B,<\/p>\n<p>dit non fond\u00e9e la demande de la soci\u00e9t\u00e9 B en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure pour l\u2019instance d\u2019appel,<\/p>\n<p>condamne la soci\u00e9t\u00e9 anonyme B aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance d\u2019appel.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-superieure-de-justice-chambre-4\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-superieure-de-justice-chambre-4\/20240827-172527\/20210420-cal-2019-00837-xv-a-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). 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