{"id":712707,"date":"2026-04-27T23:09:20","date_gmt":"2026-04-27T21:09:20","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-13-janvier-2021-n-2020-00584\/"},"modified":"2026-04-27T23:09:24","modified_gmt":"2026-04-27T21:09:24","slug":"cour-superieure-de-justice-13-janvier-2021-n-2020-00584","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-13-janvier-2021-n-2020-00584\/","title":{"rendered":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 13 janvier 2021, n\u00b0 2020-00584"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>Arr\u00eat N\u00b0 10\/21 \u2013 VII \u2013 CIV<\/p>\n<p>Audience publique du treize janvier deux mille vingt-et -un<\/p>\n<p>Num\u00e9ros CAL-2020-00584 et CAL-2020-00632 du r\u00f4le.<\/p>\n<p>Composition: Yola SCHMIT, conseiller, pr\u00e9sident; Anne-Fran\u00e7ois GREMLING, conseiller; St\u00e9phane PISANI, conseiller; Daniel SCHROEDER, greffier.<\/p>\n<p>I) E n t r e :<\/p>\n<p>F),<\/p>\n<p>appelant aux termes d\u2019un exploit de l\u2019huissier de justice suppl\u00e9ant Kelly FERREIRA SIMOES, en remplacement de l\u2019huissier de justice Frank SCHAAL de Luxembourg en date des 20 et 21 juillet 2020,<\/p>\n<p>comparant par l\u2019\u00e9tude E2M, soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-2419 Luxembourg, 2, rue du Fort Rheinsheim, repr\u00e9sent\u00e9e aux fins de la pr\u00e9sente proc\u00e9dure par Ma\u00eetre Claire RIOU- LEJEUNE, en remplacmenet de Ma\u00eetre Max MAILLIET, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 la m\u00eame adresse ;<\/p>\n<p>e t :<\/p>\n<p>1. I),<\/p>\n<p>intim\u00e9e aux fins du susdit exploit FERREIRA SIMOES du 20 juillet 2020,<\/p>\n<p>comparant par l\u2019\u00e9tude BONN STEICHEN &amp; PARTNERS, soci\u00e9t\u00e9 en commandite simple, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-2370 Howald, 2,<\/p>\n<p>2 rue Peternelchen, repr\u00e9sent\u00e9e aux fins de la pr\u00e9sente proc\u00e9dure par Ma\u00eetre Fabio TREVISAN, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 la m\u00eame adresse ;<\/p>\n<p>2. la soci\u00e9t\u00e9 anonyme X) SERVICES,<\/p>\n<p>3. la soci\u00e9t\u00e9 anonyme X) INTERNATIONAL,<\/p>\n<p>4. la soci\u00e9t\u00e9 anonyme X) BANKING,<\/p>\n<p>intim\u00e9es aux fins du susdit exploit FERREIRA SIMOES des 20 et 21 juillet 2020,<\/p>\n<p>comparant par l\u2019\u00e9tude ARENDT &amp; MEDERNACH, \u00e9tablie ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-2082 Luxembourg, 41A, avenue J.F. Kennedy, repr\u00e9sent\u00e9e aux fins de la pr\u00e9sente proc\u00e9dure par Ma\u00eetre Emmanuelle MOUSEL, en remplacement de Ma\u00eetre Philippe DUPONT, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg ;<\/p>\n<p>II) E n t r e :<\/p>\n<p>F),<\/p>\n<p>appelant aux termes d\u2019un exploit de l\u2019huissier de justice suppl\u00e9ant Kelly FERREIRA SIMOES, en remplacement de l\u2019huissier de justice Frank SCHAAL de Luxembourg en date du 29 juillet 2020,<\/p>\n<p>comparant par l\u2019\u00e9tude E2M, soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-2419 Luxembourg, 2, rue du Fort Rheinsheim, repr\u00e9sent\u00e9e aux fins de la pr\u00e9sente proc\u00e9dure par Ma\u00eetre Claire RIOU- LEJEUNE, en remplacmenet de Ma\u00eetre Max MAILLIET, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 la m\u00eame adresse ;<\/p>\n<p>e t :<\/p>\n<p>1. la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit portugais Z1) ,<\/p>\n<p>2. la soci\u00e9t\u00e9 anonyme Z2) (venant aux droits de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme banque Y)),<\/p>\n<p>3. la soci\u00e9t\u00e9 coop\u00e9rative Z3) ,<\/p>\n<p>4. la soci\u00e9t\u00e9 anonyme Z4) , anc. \u2026\u2026,<\/p>\n<p>intim\u00e9es aux fins du susdit exploit FERREIRA SIMOES du 29 juillet 2020,<\/p>\n<p>ne comparant pas. _________________________________________________________<\/p>\n<p>LA COUR D\u2019APPEL :<\/p>\n<p>Faits et r\u00e9troactes :<\/p>\n<p>Par un arr\u00eat du 10 juillet 2019, la Cour d\u2019appel a confirm\u00e9 la mainlev\u00e9e d\u2019une premi\u00e8re saisie-arr\u00eat pratiqu\u00e9e par F) le 29 mars 2017 sur les actifs de la I) pour recouvrer au Luxembourg le montant de 225 millions de dollars am\u00e9ricains \u00e0 titre de dommages-int\u00e9r\u00eats punitifs lui octroy\u00e9s par un jugement am\u00e9ricain du 11 mars 1998 rendu par la Cour de District des Etats-Unis pour le District de Columbia l\u2019opposant \u00e0 la I).<\/p>\n<p>Le 18 d\u00e9cembre 2019, F) a pratiqu\u00e9 une deuxi\u00e8me saisie-arr\u00eat \u00e0 l\u2019encontre de la I) sur les actifs pouvant \u00eatre d\u00e9tenus par celle-ci aupr\u00e8s de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme X) SERVICES S.A., la soci\u00e9t\u00e9 anonyme X) INTERNATIONAL S.A., la soci\u00e9t\u00e9 anonyme X) BANKING S.A., la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit portugais Z1) S.A., la soci\u00e9t\u00e9 anonyme Z2), la soci\u00e9t\u00e9 coop\u00e9rative Z3) et la soci\u00e9t\u00e9 anonyme Z4) S.A., sur base d\u2019un jugement rendu par d\u00e9faut en date du 9 janvier 2019 par le Tribunal de Grande Instance de Paris n\u00b0RG 18\/06639 et d\u2019un certificat d\u00e9livr\u00e9 le 23 octobre 2019 par ce m\u00eame tribunal et tel que vis\u00e9 par l\u2019article 53 du R\u00e8glement (UE) n\u00b01215\/2012 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil concernant la comp\u00e9tence judiciaire, la reconnaissance de l\u2019ex\u00e9cution des d\u00e9cisions en mati\u00e8re civile et commerciale, d\u00e9clarant ex\u00e9cutoire sur le territoire fran\u00e7ais le pr\u00e9dit jugement am\u00e9ricain du 11 mars 1998.<\/p>\n<p>Par exploit d\u2019huissier du 9 mars 2020, la I) a fait compara\u00eetre F) , la soci\u00e9t\u00e9 X) SERVICES S.A., la soci\u00e9t\u00e9 X) INTERNATIONAL S.A., la soci\u00e9t\u00e9 X) BANKING S.A. (ci-dessous les soci\u00e9t\u00e9s X)), la soci\u00e9t\u00e9 de droit portugais Z1) S.A., la soci\u00e9t\u00e9 Z2), la Z3) S.C. et la soci\u00e9t\u00e9 Z4) S.A. devant le Pr\u00e9sident du Tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, si\u00e9geant comme en mati\u00e8re de r\u00e9f\u00e9r\u00e9, sur base de l\u2019article 685-4 du NCPC pour voir refuser sinon suspendre la reconnaissance et l\u2019ex\u00e9cution au Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg du jugement rendu par d\u00e9faut le 9 janvier 2019 par le Tribunal de Grande Instance de Paris pronon\u00e7ant l\u2019exequatur sur le territoire fran\u00e7ais<\/p>\n<p>4 du jugement du 11 mars 1998 rendu aux Etats-Unis par la U.S. District Court du District of Columbia et du certificat relatif \u00e0 une d\u00e9cision en mati\u00e8re civile et commerciale tel que vis\u00e9 par l\u2019article 53 du R\u00e8glement (UE) n\u00b0 1215\/2012 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil concernant la comp\u00e9tence judiciaire, la reconnaissance de l\u2019ex\u00e9cution des d\u00e9cisions en mati\u00e8re civile et commerciale (ci-dessous le R\u00e8glement 1215\/2012) \u00e9tabli le 23 octobre 2019 par le Tribunal de Grande Instance de Paris et relatif \u00e0 ce jugement du 11 mars 1998 pr\u00e9cit\u00e9.<\/p>\n<p>Par ordonnance du 24 juin 2020, un premier juge aupr\u00e8s du tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, si\u00e9geant, en remplacement du Pr\u00e9sident du Tribunal l\u00e9gitimement emp\u00each\u00e9, comme en mati\u00e8re de r\u00e9f\u00e9r\u00e9 en vertu de l\u2019article 685-4 du NCPC, s\u2019est d\u00e9clar\u00e9 comp\u00e9tent pour conna\u00eetre de la demande, l\u2019a d\u00e9clar\u00e9e fond\u00e9e en raison de la contrari\u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019ordre public luxembourgeois du jugement am\u00e9ricain condamnant la I) au paiement des dommages et int\u00e9r\u00eats punitifs et a refus\u00e9 la reconnaissance et l\u2019ex\u00e9cution au Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg du jugement rendu par d\u00e9faut le 9 janvier 2019 par le Tribunal de Grande Instance de Paris pronon\u00e7ant l\u2019ex\u00e9quatur sur le territoire fran\u00e7ais du jugement am\u00e9ricain rendu le 11 mars 1998 par la U.S. District Court du District of Columbia.<\/p>\n<p>Par actes d\u2019huissier de justice des 20 et 21 juillet 2020, F) a relev\u00e9 appel contre l\u2019ordonnance du 24 juin 2020, demandant \u00e0 la Cour, par r\u00e9formation, de rejeter la demande en refus de reconnaissance formul\u00e9e par la I) et de la condamner \u00e0 lui payer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 10.000.- euros sur base de l\u2019article 240 du NCPC. Il demande \u00e0 voir d\u00e9clarer l\u2019arr\u00eat \u00e0 intervenir commun aux trois soci\u00e9t\u00e9s X). Il a encore demand\u00e9 \u00e0 voir prononcer l\u2019ex\u00e9cution provisoire de l\u2019arr\u00eat \u00e0 intervenir, sur minute et avant enregistrement.<\/p>\n<p>Par acte d\u2019huissier de justice du 29 juillet 2020, F) a d\u00e9clar\u00e9 former appel compl\u00e9mentaire contre l\u2019ordonnance du 24 juin 2020. Il a demand\u00e9 \u00e0 voir joindre les appels ainsi introduits, \u00e0 voir r\u00e9former l\u2019ordonnance entreprise et \u00e0 voir d\u00e9clarer l\u2019arr\u00eat \u00e0 intervenir commun \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 Z1) S.A., la soci\u00e9t\u00e9 Z2), la soci\u00e9t\u00e9 coop\u00e9rative Z3) et la soci\u00e9t\u00e9 Z4) S.A.. Il a encore demand\u00e9 \u00e0 voir prononcer l\u2019ex\u00e9cution provisoire de l\u2019arr\u00eat \u00e0 intervenir, sur minute et avant enregistrement.<\/p>\n<p>Outre le fait que F) critique le juge de premi\u00e8re instance pour avoir manqu\u00e9 de caract\u00e9riser \u00e0 quel point la r\u00e8gle nationale invoqu\u00e9e serait essentielle au point de justifier sur base de l\u2019article 45.1.a) du R\u00e8glement (UE) n\u00b01215\/2012 la violation de l\u2019ordre public international vis\u00e9, F) invoque \u00e0 titre principal \u00e0 l\u2019appui de son appel une violation de l\u2019article 52 du R\u00e8glement 1215\/2012.<\/p>\n<p>5 Il fait valoir que la juridiction fran\u00e7aise, agissant comme juge du fond, aurait statu\u00e9 sur l\u2019ex\u00e9cution en France du jugement am\u00e9ricain et aurait d\u00e9cid\u00e9 qu\u2019il en autorise l\u2019ex\u00e9cution en France notamment en ce qu\u2019il est conforme \u00e0 l\u2019ordre public. Ce faisant, la juridiction fran\u00e7aise aurait jug\u00e9 aussi et n\u00e9cessairement en l\u2019application de l\u2019article 39 dudit R\u00e8glement, et sans m\u00eame avoir \u00e0 l\u2019\u00e9noncer, que le jugement am\u00e9ricain \u00ab jouit de la force ex\u00e9cutoire dans les autres Etats membres sans qu\u2019une d\u00e9claration constatant la force ex\u00e9cutoire soit n\u00e9cessaire \u00bb. Etant motiv\u00e9e par l\u2019analyse de la conformit\u00e9 du jugement am\u00e9ricain \u00e0 l\u2019ordre public national luxembourgeois, l\u2019ordonnance entreprise violerait l\u2019article 52 du R\u00e8glement disposant que ce jugement-l\u00e0 ne pourrait \u00ab en aucun cas \u00bb (\u2026) \u00ab faire l\u2019objet d\u2019une r\u00e9vision au fond dans l\u2019Etat requis \u00bb.<\/p>\n<p>F) invoque \u00e0 titre subsidiaire que ni l\u2019ordre public international, ni l\u2019ordre public interne ne s\u2019opposeraien t \u00e0 la reconnaissance et l\u2019ex\u00e9cution au Luxembourg d\u2019une d\u00e9cision contenant une condamnation \u00e0 des dommages-int\u00e9r\u00eats punitifs, soutenant d\u2019une part, que l\u2019ordre public ne saurait permettre \u00e0 un Etat de faire \u00e9chec \u00e0 la sanction des actes terroristes lui \u00e9tant imputables et d\u2019autre part, que le code civil reconna\u00eetrait d\u00e9j\u00e0 aux sommes pouvant \u00eatre allou\u00e9es \u00e0 la victime d\u2019autres finalit\u00e9s que le simple \u00ab d\u00e9dommagement du pr\u00e9judice \u00bb.<\/p>\n<p>Il fait encore valoir que l\u2019ordre public est une notion qui \u00e9volue avec le temps et il donne l\u2019exemple de jurisprudences d\u2019autres pays ayant d\u00e9j\u00e0 \u00e9volu\u00e9 vers une reconnaissance des jugements am\u00e9ricains allouant des dommages-int\u00e9r\u00eats punitifs.<\/p>\n<p>Il soutient que l\u2019Etat n\u2019a pas le monopole de punir et des poursuites \u00e0 caract\u00e8re punitif, d\u2019autres entit\u00e9s ind\u00e9pendantes de l\u2019Etat pronon\u00e7ant des sanctions administratives cons\u00e9quentes (telle que la CSSF).<\/p>\n<p>Il donne finalement \u00e0 consid\u00e9rer que le montant des \u00ab punitive damages \u00bb allou\u00e9s par le jugement am\u00e9ricain ne serait pas faramineux, mais proportionn\u00e9 au regard du pr\u00e9judice subi et des manquements commis.<\/p>\n<p>A l\u2019audience publique des plaidoiries du 1 er d\u00e9cembre 2020, F) invoque \u00e0 titre pr\u00e9liminaire que le jugement du 9 janvier 2019 rendu par le Tribunal de Grande Instance de Paris ferait l\u2019objet d\u2019un appel interjet\u00e9 le 20 juillet 2019 par la I), de sorte que sur base de l\u2019article 51 du R\u00e8glement (UE) n\u00b01215\/2012 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil concernant la comp\u00e9tence judiciaire, la reconnaissance de l\u2019ex\u00e9cution des d\u00e9cisions en mati\u00e8re civile et commerciale, il solliciterait le sursis \u00e0 statuer dans l\u2019attente d\u2019une d\u00e9cision \u00e0 intervenir en instance d\u2019appel devant la juridiction fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>6 Pour le cas o\u00f9 la Cour ne ferait pas droit \u00e0 sa demande de sursis \u00e0 statuer, il invoque, en relation avec le refus de reconnaissance demand\u00e9 au vu de la pr\u00e9tendue violation de l\u2019ordre public, un arr\u00eat de la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne (4 f\u00e9vrier 1988, n\u00b0C-145\/86, Hoffmann\/Krieg) ayant retenu que \u00ab la clause de l\u2019ordre public ne doit jouer que dans des cas exceptionnels \u00bb. Soutenant qu\u2019aucun texte de droit luxembourgeois ne prohibe express\u00e9ment les dommages-int\u00e9r\u00eats punitifs, de sorte que la prohibition ne constituerait pas une r\u00e8gle de droit essentielle de l\u2019ordre public luxembourgeois, il demande \u00e0 la Cour de poser la question pr\u00e9judicielle suivante \u00e0 la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne : \u00ab La notion d\u2019ordre public telle que reprise \u00e0 l\u2019article 45 (1) du R\u00e8glement n\u00b01215\/2012 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 12 d\u00e9cembre 2012 concernant la comp\u00e9tence judiciaire, la reconnaissance et l\u2019ex\u00e9cution des d\u00e9cisions en mati\u00e8re civile et commerciale dit \u00ab Bruxelles I bis \u00bb est-elle \u00e0 interpr\u00e9ter en ce sens que la reconnaissance et l\u2019ex\u00e9cution d\u2019une d\u00e9cision \u00e9manant d\u2019un tribunal d\u2019un Etat membre de l\u2019Union europ\u00e9enne peuvent \u00eatre refus\u00e9es par l\u2019Etat requis au motif que des dommages et int\u00e9r\u00eats punitifs, reconnus dans l\u2019Etat d\u2019origine, seraient contraires \u00e0 l\u2019ordre public de l\u2019Etat requis, ce pourtant en l\u2019absence de toute base l\u00e9gale et\/ou r\u00e8glementaire et\/ou constitutionnelle dans l\u2019ordre juridique de l\u2019Etat requis pr\u00e9voyant une \u00e9ventuelle prohibition de ce type de dommages et int\u00e9r\u00eats ? \u00bb<\/p>\n<p>F) fait encore valoir en relation avec l\u2019absence d\u2019exequatur invoqu\u00e9e qu\u2019en application de l\u2019article 39 du R\u00e8glement (UE) n\u00b01215\/2012, que la proc\u00e9dure d\u2019exequatur a \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9e \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019Union europ\u00e9enne. Il demande \u00e0 la Cour de poser les questions pr\u00e9judicielles suivantes \u00e0 la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne :<\/p>\n<p>1) \u00ab Les articles 36 et 39 du R\u00e8glement n\u00b01215\/2012 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 12 d\u00e9cembre 2012 concernant la comp\u00e9tence judiciaire, la reconnaissance et l\u2019ex\u00e9cution des d\u00e9cisions en mati\u00e8re civile et commerciale dit \u00ab Bruxelles I bis \u00bb sont-ils \u00e0 interpr\u00e9ter comme pr\u00e9voyant la suppression de la proc\u00e9dure d\u2019exequatur et par cons\u00e9quent la reconnaissance et l\u2019ex\u00e9cution automatique des d\u00e9cisions de justice d\u2019exequatur rendues dans un Etat d\u2019origine, de sorte que la jurisprudence ant\u00e9rieure \u00e0 l\u2019entr\u00e9e en vigueur dudit R\u00e8glement Bruxelles I bis de la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne (alors intitul\u00e9e Cour de Justice des Communaut\u00e9s Europ\u00e9ennes) ne trouve plus \u00e0 s\u2019appliquer, notamment celle issue de l\u2019arr\u00eat Owens Bank Ltd vs Bracco n\u00b0 C-129\/92 du 20 janvier 1992 rendu sur base de la maxime \u00ab exequatur sur exequatur ne vaut \u00bb ? \u00bb.<\/p>\n<p>2) \u00ab L\u2019article 2 du R\u00e8glement n\u00b01215\/2012 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 12 d\u00e9cembre 2012 concernant la comp\u00e9tence judiciaire, la reconnaissance et l\u2019ex\u00e9cution des d\u00e9cisions en mati\u00e8re civile et commerciale dit \u00ab Bruxelles I bis \u00bb en ce qu\u2019il d\u00e9finit le terme de<\/p>\n<p>7 \u00ab d\u00e9cision \u00bb et en prenant en consid\u00e9ration la jurisprudence de la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne n\u00b0 C456\/11 du 15 novembre 2012 Gothaer Allgemeine Versicherung AG \/ Samskip GmbH est-il \u00e0 interpr\u00e9ter dans le sens que la notion de \u00ab d\u00e9cision \u00bb inclut un jugement d\u2019exequatur rendu dans un Etat membre de l\u2019Union Europ\u00e9enne ? \u00bb<\/p>\n<p>F) conteste finalement les critiques \u00e9mises par la I) au titre de sa demande initiale et concernant le caract\u00e8re contradictoire du jugement fran\u00e7ais ainsi que la r\u00e9gularit\u00e9 du certificat europ\u00e9en \u00e9mis le 20 octobre 2019 pour ne reposer que sur de simples affirmations du mandataire fran\u00e7ais de la I). Il demande \u00e0 voir \u00e9carter des d\u00e9bats l\u2019avis juridique \u00e9mis par ce mandataire pour manquer de cr\u00e9dibilit\u00e9 et d\u2019objectivit\u00e9.<\/p>\n<p>La I) demande acte que sa pr\u00e9sence \u00e0 l\u2019instance ne vaut aucunement renonciation \u00e0 ses immunit\u00e9s de juridiction et d\u2019ex\u00e9cution.<\/p>\n<p>Elle soul\u00e8ve in limine litis et \u00e0 titre principal l\u2019irrecevabilit\u00e9 de l\u2019acte d\u2019appel, d\u2019une part au motif que l\u2019huissier de justice aurait utilis\u00e9 les modalit\u00e9s de signification de l\u2019acte \u00e0 son \u00e9gard en les annexant \u00e0 un autre acte que celui lui signifi\u00e9, \u00e9tant donn\u00e9 que l\u2019acte lui signifi\u00e9 date du 20 juin 2020 alors que les modalit\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 jointes \u00e0 un acte signifi\u00e9 en date des 20 et 21 juillet 2020. D\u2019autre part, l\u2019ensemble des parties de premi\u00e8re instance ne figurent pas \u00e0 l\u2019acte d\u2019appel du 20 juillet 2020, \u00e9tant donn\u00e9 que les banques tierces saisies dans le cadre des saisies-arr\u00eats pratiqu\u00e9es par F) , autres que X), ne figurent pas dans l\u2019acte d\u2019appel signifi\u00e9 \u00e0 la I). Soutenant que le litige serait indivisible, elle fait valoir que toutes les parties devraient \u00eatre pr\u00e9sentes en appel et ce dans la m\u00eame action.<\/p>\n<p>La I) demande \u00e0 titre subsidiaire la confirmation de l\u2019ordonnance entreprise en ce qu\u2019elle a refus\u00e9 la reconnaissance et l\u2019ex\u00e9cution au Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg du jugement fran\u00e7ais du 9 janvier 2019 ayant reconnu le jugement am\u00e9ricain du 11 mars 1998 qui la condamne \u00e0 des dommages-int\u00e9r\u00eats punitifs pour \u00eatre contraire \u00e0 l\u2019ordre public luxembourgeois.<\/p>\n<p>Elle soutient \u00e0 cet \u00e9gard que l\u2019ordonnance ne contreviendrait pas \u00e0 l\u2019article 52 du R\u00e8glement (UE) n\u00b01215\/2012, \u00e9tant donn\u00e9 que le jugement fran\u00e7ais d\u2019exequatur ne pourrait pas circuler au sein de l\u2019Union europ\u00e9enne sur base dudit R\u00e8glement. Ce dernier ne saurait s\u2019appliquer \u00e0 un jugement d\u2019exequatur rendu par un Etat contractant au sujet de la reconnaissance et de l\u2019ex\u00e9cution d\u2019un jugement rendu en mati\u00e8re civile ou commerciale dans un Etat tiers \u00e0 la Convention de Bruxelles I bis. Elle fait valoir que la question de l\u2019application de la reconnaissance simplifi\u00e9e pr\u00e9vue par les articles 26 et suivants de la Convention de Bruxelles a \u00e9t\u00e9 tois\u00e9e par l\u2019arr\u00eat Owens (Owens Bank Ltd vs Bracco n\u00b0 C-129\/92 du 20 janvier 1992) et que<\/p>\n<p>8 notamment les conclusions de l\u2019avocat g\u00e9n\u00e9ral au sujet de l\u2019affaire soumise \u00e0 la Cour de Justice des Communaut\u00e9s europ\u00e9ennes ayant donn\u00e9 lieu au pr\u00e9dit arr\u00eat seraient tr\u00e8s claires. Elle invoque que cette jurisprudence n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 infirm\u00e9e depuis et serait d\u00e8s lors parfaitement transposable au R\u00e8glement (UE) n\u00b01215\/2012 qui ne serait qu\u2019une refonte de la Convention de Bruxelles.<\/p>\n<p>Elle conclut en cons\u00e9quence au rejet des demandes tendant \u00e0 voir poser des questions pr\u00e9judicielles \u00e0 la Cour de Justice de l\u2019Union europ\u00e9enne, \u00e9tant donn\u00e9e que celle-ci aurait d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 apport\u00e9 une r\u00e9ponse claire et pr\u00e9cise \u00e0 ces questions, de sorte qu\u2019il n\u2019y aurait plus rien \u00e0 interpr\u00e9ter \u00e0 ce sujet. Les questions pr\u00e9judicielles auraient d\u00e8s lors vocation \u00e0 \u00eatre d\u00e9clar\u00e9es irrecevables par celle-ci.<\/p>\n<p>Elle estime que les d\u00e9veloppements de F) tendraient \u00e0 voir l\u00e9gitimer un cas de forum shopping puisque le Luxembourg ne serait pas favorable \u00e0 la reconnaissance dans son ordre judiciaire de jugements octroyant des dommages-int\u00e9r\u00eats punitifs. Ces d\u00e9veloppements proc\u00e9deraient d\u2019un m\u00e9lange des deux syst\u00e8mes existants au sein de l\u2019Union europ\u00e9enne, \u00e0 savoir celui applicable aux jugements \u00e9manant d\u2019un Etat membre de l\u2019Union europ\u00e9enne et celui applicable aux jugements \u00e9manant d\u2019un Etat tiers \u00e0 l\u2019Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Elle invoque par ailleurs que le jugement fran\u00e7ais d\u2019exequatur a strictement limit\u00e9 ses effets au territoire de l\u2019Etat l\u2019ayant rendu, soit la France, et que tant le jugement en lui-m\u00eame que le certificat europ\u00e9en \u00e9nonceraien t clairement cette limitation territoriale.<\/p>\n<p>Elle soutient encore que sa demande initiale tendant \u00e0 voir constater le refus de reconnaissance du jugement fran\u00e7ais d\u2019exequatur serait justifi\u00e9e, eu \u00e9gard \u00e0 la contrari\u00e9t\u00e9 manifeste du jugement am\u00e9ricain ainsi exequaturi\u00e9 \u00e0 l\u2019ordre public luxembourgeois.<\/p>\n<p>A titre encore plus subsidiaire, la I) invoque diff\u00e9rentes irr\u00e9gularit\u00e9s de forme et de fond, entachant le certificat vis\u00e9 \u00e0 l\u2019article 53 du R\u00e8glement (UE) n\u00b01215\/2012 et \u00e9mis le 23 octobre 2019 par le greffe du Tribunal de Grande Instance de Paris.<\/p>\n<p>Elle forme appel incident et demande \u00e0 la Cour, par r\u00e9formation de l\u2019ordonnance entreprise, de faire droit \u00e0 sa demande en dommages-int\u00e9r\u00eats pour proc\u00e9dure abusive et vexatoire de 20.000.- euros sur base de l\u2019article 6-1 du Code civil en raison du caract\u00e8re abusif et vexatoire de la seconde saisie-arr\u00eat pratiqu\u00e9e par F) , nonobstant le fait que la mainlev\u00e9e d\u2019une premi\u00e8re saisie-arr\u00eat pratiqu\u00e9e exactement dans les m\u00eames termes et<\/p>\n<p>9 conditions que la seconde aurait \u00e9t\u00e9 accord\u00e9e par la Cour par un arr\u00eat du 10 juillet 2019.<\/p>\n<p>Appr\u00e9ciation de la Cour :<\/p>\n<p>Arguant du fait que le jugement du 9 janvier 2019 rendu par le Tribunal de Grande Instance de Paris ferait l\u2019objet d\u2019un appel interjet\u00e9 le 20 juillet 2019 par la I), F) demande \u00e0 titre pr\u00e9liminaire sur base de l\u2019article 51 du R\u00e8glement (UE) n\u00b01215\/2012 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil concernant la comp\u00e9tence judiciaire, la reconnaissance de l\u2019ex\u00e9cution des d\u00e9cisions en mati\u00e8re civile et commerciale, (ci-apr\u00e8s \u00ab le R\u00e8glement (UE) n\u00b01215\/2012 \u00bb) le sursis \u00e0 statuer dans l\u2019attente d\u2019une d\u00e9cision \u00e0 intervenir en instance d\u2019appel devant la juridiction fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>La I) s\u2019oppose \u00e0 cette demande, soutenant qu\u2019il n\u2019existerait aucune n\u00e9cessit\u00e9 \u00e0 attendre l\u2019issue de la proc\u00e9dure d\u2019appel en France, \u00e9tant donn\u00e9 que peu importe l\u2019issue de ce litige, la situation resterait inchang\u00e9e au niveau de la saisie-arr\u00eat pratiqu\u00e9e sur base du titre critiqu\u00e9. Comme la Cour a donn\u00e9 mainlev\u00e9e d\u2019une premi\u00e8re saisie-arr\u00eat pratiqu\u00e9e par F), la deuxi\u00e8me saisie-arr\u00eat pratiqu\u00e9e entre les mains des m\u00eames parties pour les m\u00eames objets et causes devrait logiquement suivre le m\u00eame sort. Il serait d\u00e8s lors inutile de retarder la solution du pr\u00e9sent litige.<\/p>\n<p>Aux termes de l\u2019article 51 alin\u00e9a 1 er du R\u00e8glement (UE) n\u00b01215\/2012, \u00ab la juridiction saisie d\u2019une demande de refus d\u2019ex\u00e9cution ou qui statue sur un recours au titre de l\u2019article 49 ou sur un pourvoi au titre de l\u2019article 50 peut surseoir \u00e0 statuer si la d\u00e9cision fait l\u2019objet d\u2019un recours ordinaire dans l\u2019\u00c9tat membre d\u2019origine ou si le d\u00e9lai pour le former n\u2019est pas expir\u00e9. Dans ce dernier cas, la juridiction peut impartir un d\u00e9lai pour former ce recours \u00bb.<\/p>\n<p>Le sursis \u00e0 statuer constituant une simple facult\u00e9 pour le juge, il y a lieu de proc\u00e9der \u00e0 une pond\u00e9ration des int\u00e9r\u00eats des parties en cause.<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte des renseignements fournis par les parties \u00e0 l\u2019audience des plaidoiries que l\u2019instance d\u2019appel vis\u00e9e est encore toujours en cours d\u2019instruction et que les parties se voient accorder chacune des d\u00e9lais pour conclure de plusieurs mois.<\/p>\n<p>La pr\u00e9sente affaire peut \u00eatre solutionn\u00e9e sans attendre le r\u00e9sultat de la proc\u00e9dure d\u2019appel en France, \u00e9tant donn\u00e9 que m\u00eame \u00e0 supposer que le jugement fran\u00e7ais de premi\u00e8re instance soit confirm\u00e9, ce r\u00e9sultat serait sans aucune incidence quant \u00e0 la question de savoir si un jugement fran\u00e7ais d\u2019exequatur d\u2019un jugement \u00e9manant d\u2019un Etat tiers \u00e0 l\u2019Union europ\u00e9enne<\/p>\n<p>10 peut b\u00e9n\u00e9ficier du r\u00e9gime simplifi\u00e9 de reconnaissance des d\u00e9cisions rendues \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019Union europ\u00e9enne. La I) disposant du droit de voir r\u00e9soudre sans d\u00e9lai la pr\u00e9sente affaire, laquelle a une incidence d\u00e9terminante sur la seconde saisie-arr\u00eat pratiqu\u00e9e par F) , nonobstant la mainlev\u00e9e accord\u00e9e par la Cour \u00e0 une premi\u00e8re saisie-arr\u00eat pratiqu\u00e9e dans les m\u00eames termes, il n\u2019y a pas lieu de faire droit \u00e0 la demande de surs\u00e9ance.<\/p>\n<p>1) L\u2019appel principal de F) :<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la recevabilit\u00e9 :<\/p>\n<p>En ce qui concerne le premier motif d\u2019irrecevabilit\u00e9 de l\u2019appel soulev\u00e9 par la I), il y a lieu de constater que cette derni\u00e8re s\u2019est vue remettre par l\u2019huissier de justice une copie de l\u2019acte d\u2019appel indiquant comme date de signification le 20 juillet 2020 et l\u2019acte d\u2019appel enr\u00f4l\u00e9 indique comme date de signification les 20<\/p>\n<p>et 21 juillet 2020, \u00e9tant donn\u00e9 que la signification aux trois soci\u00e9t\u00e9s X) n\u2019a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e qu\u2019en date du 21 juillet 2020.<\/p>\n<p>Il y a partant lieu d\u2019admettre que l\u2019huissier de justice ex\u00e9cutant n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 proc\u00e9der \u00e0 la signification de l\u2019acte d\u2019appel aux quatre parties destinataires de l\u2019acte en une seule journ\u00e9e, de sorte qu\u2019il a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la modification de la date de l\u2019acte d\u2019appel par ajout de la date du 21 juillet 2020.<\/p>\n<p>Dans la mesure o\u00f9 cette fa\u00e7on de proc\u00e9der r\u00e9sulte de simples contraintes pratiques et qu\u2019aucun grief ne se trouve invoqu\u00e9 par la I) en raison de ces faits, cette fa\u00e7on de proc\u00e9der ne saurait avoir pour cons\u00e9quence de rendre l\u2019appel irrecevable.<\/p>\n<p>En ce qui concerne le second motif d\u2019irrecevabilit\u00e9 de l\u2019appel soulev\u00e9 par la I), il convient de constater que F) a interjet\u00e9 appel \u00e0 l\u2019encontre de l\u2019ordonnance du 24 juin 2020 pour demander la r\u00e9formation de celle-ci en dirigeant un premier acte d\u2019appel signifi\u00e9 par exploits d\u2019huissier de justice des 20 et 21 juillet 2020 \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la I), ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9gard des soci\u00e9t\u00e9s X) SERVICES S.A., X) INTERNATIONAL S.A. et X) BANKING S.A., pour lesquelles une simple demande en d\u00e9claration d\u2019arr\u00eat commun est formul\u00e9e, en tant que soci\u00e9t\u00e9s tierces saisies dans le cadre de la saisie-arr\u00eat pratiqu\u00e9e par lui le 18 d\u00e9cembre 2019.<\/p>\n<p>Il a encore interjet\u00e9 appel \u00e0 l\u2019encontre de l\u2019ordonnance du 24 juin 2020 en dirigeant un deuxi\u00e8me acte d\u2019appel du 29 juillet 2020 \u00e0 l\u2019\u00e9gard de quatre autres banques tierces saisies dans le cadre de la saisie-arr\u00eat pratiqu\u00e9e par lui le 18 d\u00e9cembre 2019, \u00e0 savoir les banques Z1) S.A., Z2), Z3) et Z4) S.A., sollicitant aux termes de ce deuxi\u00e8me acte d\u2019appel la r\u00e9formation de<\/p>\n<p>11 l\u2019ordonnance entreprise, tout en pr\u00e9cisant que ce deuxi\u00e8me acte d\u2019appel serait compl\u00e9mentaire au premier, qu\u2019il y aurait lieu \u00e0 jonction des deux actes d\u2019appel et \u00e0 voir d\u00e9clarer l\u2019arr\u00eat \u00e0 intervenir \u00e9galement commun \u00e0 ces quatre autres banques tierces saisies.<\/p>\n<p>Arguant de l\u2019indivisibilit\u00e9 du litige, la I) conclut \u00e0 l\u2019irrecevabilit\u00e9 de l\u2019appel ainsi formul\u00e9 sur base de deux actes mat\u00e9riels distincts.<\/p>\n<p>A d\u00e9faut d\u2019invoquer la disposition l\u00e9gale qui impose \u00e0 un appelant d\u2019attraire en justice en seconde instance toutes les parties ayant figur\u00e9 en premi\u00e8re instance sur base d\u2019un acte d\u2019appel unique, le moyen d\u2019irrecevabilit\u00e9 est \u00e0 rejeter.<\/p>\n<p>Il convient encore de relever que l\u2019objet du pr\u00e9sent litige est une demande tendant au refus de voir reconna\u00eetre au Luxembourg le jugement fran\u00e7ais du 9 janvier 2019 rendant ex\u00e9cutoire sur le territoire fran\u00e7ais le jugement am\u00e9ricain du 11 mars 1998. Il s\u2019agit en principe d\u2019une instance autonome et ind\u00e9pendante de l\u2019instance form\u00e9e entre les m\u00eames parties suite \u00e0 la saisie-arr\u00eat pratiqu\u00e9e par F) le 18 d\u00e9cembre 2019.<\/p>\n<p>La pr\u00e9sente instance a cependant une incidence d\u00e9terminante sur l\u2019instance de saisie-arr\u00eat dans le cas o\u00f9 le refus de voir reconna\u00eetre le jugement fran\u00e7ais d\u2019exequatur du jugement am\u00e9ricain serait prononc\u00e9, puisque ce jugement d\u2019exequatur constitue le titre invoqu\u00e9 \u00e0 la base de la saisie-arr\u00eat pratiqu\u00e9e. Le caract\u00e8re indivisible du litige se mouvant entre F) et la I) par rapport aux parties tierces saisies dans le cadre de la seconde saisie-arr\u00eat pratiqu\u00e9e le 18 d\u00e9cembre 2019 est d\u00e8s lors manifeste.<\/p>\n<p>Or, il est admis dans le cadre d\u2019une saisie-arr\u00eat que \u00ab la pr\u00e9sence du tiers saisi en instance est indispensable, d\u00e8s lors qu\u2019il pourrait r\u00e9sulter une contrari\u00e9t\u00e9 de jugements de son absence en instance d\u2019appel dans la mesure o\u00f9 les diff\u00e9rents chefs d\u2019un jugement de validation (condamnation du d\u00e9biteur, validation de la saisie-arr\u00eat, instructions donn\u00e9es au tiers saisi, condamnation du tiers saisi en tant que d\u00e9biteur pur et simple) sont indivisiblement li\u00e9es entre eux, de sorte qu\u2019on ne peut entreprendre les uns sans attaquer indirectement les autres. L\u2019appelant doit donc obligatoirement intimer \u00e9galement le tiers saisi, faute de quoi l\u2019acte d\u2019appel doit \u00eatre d\u00e9clar\u00e9 irrecevable \u00bb (cf. Th. Hoscheit, Les saisies-arr\u00eats et cessions sp\u00e9ciales, n\u00b0169, p.97 et 98 et les jurisprudences y cit\u00e9s).<\/p>\n<p>Le premier acte d\u2019appel n\u2019ayant \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9 qu\u2019\u00e0 l\u2019encontre de trois des sept parties tierces saisies figurant \u00e0 l\u2019instance de saisie-arr\u00eat, F) a dirig\u00e9 un second acte d\u2019appel \u00e0 l\u2019encontre des quatre autres parties tierces saisies, en pr\u00e9cisant qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un acte d\u2019appel compl\u00e9mentaire et en demandant la jonction des deux instances.<\/p>\n<p>Si une demande de jonction constitue une mesure purement administrative et n\u2019est pas de nature \u00e0 cr\u00e9er un lien entre deux instances, il n\u2019en reste pas moins que le deuxi\u00e8me acte d\u2019appel constitue un appel compl\u00e9mentaire au premier pour avoir le m\u00eame objet et la m\u00eame cause.<\/p>\n<p>Il y a partant lieu de d\u00e9clarer recevable l\u2019appel form\u00e9 sur base des deux actes d\u2019appel, lesquels ont \u00e9t\u00e9 par ailleurs introduits dans les forme et d\u00e9lai requis par la loi.<\/p>\n<p>L\u2019acte d\u2019appel du 29 juillet 2020 ayant \u00e9t\u00e9 remis par l\u2019huissier de justice \u00e0 chacune des parties assign\u00e9es en la personne d\u2019un salari\u00e9 d\u00e9clarant \u00eatre habilit\u00e9 \u00e0 recevoir l\u2019acte en question, il y a lieu de statuer par arr\u00eat r\u00e9put\u00e9 contradictoire \u00e0 leur encontre.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la pr\u00e9tendue violation des dispositions des articles 45 et 52 du R\u00e8glement 1215\/2012 :<\/p>\n<p>En ce qui concerne le cadre l\u00e9gal du litige, il convient de rappeler, \u00e0 l\u2019instar du juge de premi\u00e8re instance, que l\u2019article 45 du R\u00e8glement (UE) n\u00b01215\/2012 pr\u00e9voit en son point 1.a) qu\u2019\u00e0 la demande de toute partie int\u00e9ress\u00e9e, la reconnaissance d\u2019une d\u00e9cision d\u2019un Etat membre est refus\u00e9e si la reconnaissance est manifestement contraire \u00e0 l\u2019ordre public de l\u2019Etat membre requis. L\u2019article 46 du m\u00eame r\u00e8glement permet \u00e0 une personne contre laquelle l\u2019ex\u00e9cution d\u2019une d\u00e9cision est demand\u00e9e de former \u00e0 son tour une demande tendant \u00e0 voir refuser l\u2019ex\u00e9cution \u00e0 une d\u00e9cision si l\u2019un des motifs de l\u2019article 45 est constat\u00e9.<\/p>\n<p>La proc\u00e9dure de reconnaissance et d\u2019ex\u00e9cution des d\u00e9cisions rendues dans un Etat membre de l\u2019Union europ\u00e9enne se trouve r\u00e9gie par l\u2019article 685-4 du NCPC qui dispose que:<\/p>\n<p>\u00ab (1) Les d\u00e9cisions judicaires en mati\u00e8re civile et commerciale rendues dans un Etat membre de l\u2019Union europ\u00e9enne qui y sont ex\u00e9cutoires et qui aux termes du r\u00e8glement n\u00b01215\/2012 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 12 d\u00e9cembre 2012 concernant la comp\u00e9tence judiciaire, la reconnaissance et l\u2019ex\u00e9cution des d\u00e9cisions en mati\u00e8re civile et commerciale, remplissent les conditions pour \u00eatre reconnues et ex\u00e9cut\u00e9es au Luxembourg, sont reconnues et ex\u00e9cut\u00e9es dans les formes pr\u00e9vues par ce r\u00e8glement. (2) La demande de refus d\u2019ex\u00e9cution, la demande constatant l\u2019absence de motifs de refus de reconnaissance, la demande de refus de reconnaissance et la demande de suspension de l\u2019ex\u00e9cution d\u2019une d\u00e9cision<\/p>\n<p>13 \u00e9trang\u00e8re sont port\u00e9es devant le pr\u00e9sident du tribunal d\u2019arrondissement si\u00e9geant comme en mati\u00e8re de r\u00e9f\u00e9r\u00e9. (3) Un recours contre la d\u00e9cision du pr\u00e9sident du tribunal d\u2019arrondissement peut \u00eatre form\u00e9 devant la Cour d\u2019appel si\u00e9geant comme en mati\u00e8re de r\u00e9f\u00e9r\u00e9. Ce recours doit \u00eatre intent\u00e9 dans les formes et d\u00e9lais pr\u00e9vus en mati\u00e8re de r\u00e9f\u00e9r\u00e9. La d\u00e9cision rendue par la Cour peut faire l\u2019objet d\u2019un pourvoi en cassation dans les formes et d\u00e9lais pr\u00e9vus en mati\u00e8re civile de droit commun \u00bb.<\/p>\n<p>Le magistrat de premi\u00e8re instance a retenu que \u00ab selon un principe fondamental du droit luxembourgeois, la victime n\u2019a, au civil, droit qu\u2019au d\u00e9dommagement de son pr\u00e9judice, et non pas \u00e0 l\u2019allocation de montants tenant \u00e0 des consid\u00e9rations \u00e9trang\u00e8res \u00e0 ce dommage. Or, les dommages et int\u00e9r\u00eats tels qu\u2019allou\u00e9s, en ce qu\u2019ils n\u2019ont manifestement pas pour unique objet la r\u00e9paration du pr\u00e9judice au civil, mais poursuivent \u00e9galement un objectif dissuasif et ont, par ailleurs, un caract\u00e8re punitif vis-\u00e0-vis de l\u2019auteur du dommage, sont contraires au principe ci-dessus \u00e9nonc\u00e9. (\u2026) Il s\u2019ensuit que le jugement du 11 mars 1998 pr\u00e9cit\u00e9 est \u00e0 consid\u00e9rer comme \u00e9tant contraire \u00e0 l\u2019ordre public luxembourgeois. Au regard de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, il y a lieu de retenir que les conditions pos\u00e9es par l\u2019article 45 1. a) et 46 du R\u00e8glement 1215\/2012 sont remplies, de sorte qu\u2019il y a lieu de refuser au jugement d\u2019exequatur du 9 janvier 2019, rendu par le Tribunal de Grande Instance de Paris, la reconnaissance et l\u2019ex\u00e9cution sur le territoire luxembourgeois \u00bb.<\/p>\n<p>Le magistrat de premi\u00e8re instance a encore retenu qu\u2019il serait \u00ab superf\u00e9tatoire d\u2019analyser, plus en avant, la question de savoir si le certificat pr\u00e9cit\u00e9 du 23 octobre 2019, \u00e9mis conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 53 du R\u00e8glement 1215\/2012, est entach\u00e9 d\u2019irr\u00e9gularit\u00e9s de forme ou de fond dans la mesure o\u00f9 ce certificat ne fait qu\u2019attester l\u2019existence et le contenu du jugement d\u2019exequatur du 9 janvier 2019 \u00bb .<\/p>\n<p>L\u2019appelant soutient que le refus constat\u00e9 au titre de l\u2019ordonnance entreprise de reconna\u00eetre le jugement fran\u00e7ais d\u2019ex\u00e9quatur par un autre Etat membre contreviendrait \u00e0 l\u2019interdiction \u00e9dict\u00e9e par l\u2019article 52 du R\u00e8glement (UE) n\u00b01215\/2012, disposant, selon F), que \u00ab ce j ugement-l\u00e0 en aucun cas (\u2026) ne peut faire l\u2019objet d\u2019une r\u00e9vision au fond dans l\u2019Etat requis \u00bb.<\/p>\n<p>Aux termes de l\u2019article 52 du R\u00e8glement (UE) n\u00b01215\/2012, \u00ab En aucun cas une d\u00e9cision rendue dans un \u00c9tat membre ne peut faire l\u2019objet d\u2019une r\u00e9vision au fond dans l\u2019\u00c9tat membre requis \u00bb.<\/p>\n<p>14 Arguant du fait que le jugement d\u2019exequatur a \u00e9t\u00e9 rendu par un Etat membre de l\u2019Union europ\u00e9enne, F) soutient que ce jugement doit pouvoir circuler dans tous les autres Etats membres de l\u2019Union europ\u00e9enne, sans exceptions et sans limites, le jugement fran\u00e7ais ayant d\u00e9finitivement statu\u00e9 sur l\u2019ex\u00e9cution du jugement am\u00e9ricain dans l\u2019Union europ\u00e9enne et pour toute l\u2019Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Le R\u00e8glement (UE) n\u00b01215\/2012 s\u2019applique, selon l\u2019article 1 er , \u00ab en mati\u00e8re civile et commerciale et quelle que soit la nature de la juridiction. Il ne s\u2019applique notamment ni aux mati\u00e8res fiscales, douani\u00e8res ou administratives, ni \u00e0 la responsabilit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat pour des actes ou des omissions commis dans l\u2019exercice de la puissance publique (acta jure imperii) \u00bb.<\/p>\n<p>Suivant l\u2019article 2 du m\u00eame r\u00e8glement , \u00ab aux fins du pr\u00e9sent r\u00e8glement, on entend par: a) \u00abd\u00e9cision\u00bb, toute d\u00e9cision rendue par une juridiction d\u2019un \u00c9tat membre, quelle que soit la d\u00e9nomination qui lui est donn\u00e9e telle qu\u2019arr\u00eat, jugement, ordonnance ou mandat d\u2019ex\u00e9cution, ainsi qu\u2019une d\u00e9cision concernant la fixation par le greffier du montant des frais du proc\u00e8s \u00bb .<\/p>\n<p>Sauf remplacement de l\u2019expression \u00ab Etat contractant \u00bb par celle de \u00ab Etat membre \u00bb, cette d\u00e9finition est identique \u00e0 la d\u00e9finition du terme \u00ab d\u00e9cision \u00bb donn\u00e9e par l\u2019article 25 de la Convention de Bruxelles de 1968, dont le R\u00e8glement (UE) n\u00b01215\/2012 n\u2019est qu\u2019une refonte.<\/p>\n<p>La Cour de justice des Communaut\u00e9s Europ\u00e9ennes, actuellement d\u00e9nomm\u00e9e Cour de Justice de l\u2019Union europ\u00e9enne (CJUE), a pr\u00e9cis\u00e9 au point 25 d\u2019un arr\u00eat Owens Bank Ltd vs Bracco (n\u00b0 C-129\/92 du 20 janvier 1992) rendu au sujet de l\u2019interpr\u00e9tation des articles 25 et 26 \u2013 31 de cette convention, qu\u2019 \u00ab il y a lieu par cons\u00e9quent de conclure que la {Convention de Bruxelles} ne s\u2019applique pas aux proc\u00e9dures {d\u2019exequatur} visant \u00e0 d\u00e9clarer ex\u00e9cutoires des jugements rendus en mati\u00e8re civile et commerciale dans un Etat tiers \u00bb.<\/p>\n<p>La I) soutient que cette jurisprudence n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 infirm\u00e9e depuis lors et qu\u2019elle serait parfaitement transposable au R\u00e8glement (UE) n\u00b01215\/2012.<\/p>\n<p>Les soci\u00e9t\u00e9s X) font \u00e9galement valoir que les jugements d\u2019exequatur seraient exclus du champ d\u2019application du R\u00e8glement (UE) n\u00b01215\/2012 en se basant sur un extrait doctrinal aux termes duquel les auteurs fran\u00e7ais H\u00e9l\u00e8ne Gaudemet-Tallon et Marie-Elodie Ancel (Comp\u00e9tence et ex\u00e9cution des jugements en Europe, LGDJ, 6 i\u00e8me \u00e9dition, n\u00b0399, p.571) ont estim\u00e9, en se r\u00e9f\u00e9rant au pr\u00e9dit arr\u00eat Owens, que \u00ab bien que les textes ne le pr\u00e9cisent<\/p>\n<p>15 pas, il est certain qu\u2019un jugement rendu dans un Etat europ\u00e9en, dont l\u2018objet est de reconna\u00eetre ou d\u2019ex\u00e9cuter une d\u00e9cision rendue \u00e0 l\u2019\u00e9tranger (dans un Etat tiers ou dans un Etat europ\u00e9en), ne peut b\u00e9n\u00e9ficier du m\u00e9canisme simplifi\u00e9 de reconnaissance et d\u2019ex\u00e9cution ou de la dispense d\u2019exequatur dans un autre Etat europ\u00e9en. C\u2019est l\u2019application de la maxime [ exequatur sur exequatur ne vaut] \u00bb.<\/p>\n<p>F) invoque une jurisprudence de la CJUE (n\u00b0 C456\/11 du 15 novembre 2012, Gothaer Allgemeine Versicherung AG \/ Samskip GmbH) ayant consid\u00e9r\u00e9 que la notion de \u00ab d\u00e9cision \u00bb ne doit pas recevoir une interpr\u00e9tation restrictive, pour soutenir qu\u2019au vu de cette jurisprudence post\u00e9rieure \u00e0 l\u2019arr\u00eat Owens, il y aurait lieu d\u2019inclure les jugements d\u2019exequatur dans la cat\u00e9gorie de d\u00e9cisions tombant dans le champ d\u2019application du R\u00e8glement (UE) n\u00b01215\/2012. A toutes fins utiles, il demande \u00e0 voir poser \u00e0 la CJUE deux questions pr\u00e9judicielles tendant \u00e0 voir interpr\u00e9ter les articles 36 et 39 ainsi que l\u2019article 2 du R\u00e8glement (UE) n\u00b01215\/2012 en ce sens.<\/p>\n<p>L\u2019article 19, paragraphe 3, point b du Trait\u00e9 sur l\u2019Union europ\u00e9enne, ainsi que l\u2019article 267 du Trait\u00e9 sur le fonctionnement de l\u2019Union europ\u00e9enne pr\u00e9voient la comp\u00e9tence de la CJUE pour se prononcer \u00e0 titre pr\u00e9judiciel sur l\u2019interpr\u00e9tation des trait\u00e9s et sur la validit\u00e9 et l\u2019interpr\u00e9tation du droit d\u00e9riv\u00e9 de l\u2019Union europ\u00e9enne lorsque la d\u00e9cision sur un tel point est n\u00e9cessaire pour qu\u2019une juridiction nationale puisse trancher un litige qui lui est soumis. La possibilit\u00e9 de soumettre une question pr\u00e9judicielle \u00e0 la CJUE est limit\u00e9e aux questions qui mettent en cause l\u2019interpr\u00e9tation des trait\u00e9s ou la validit\u00e9 et l\u2019interpr\u00e9tation de l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du droit d\u00e9riv\u00e9 de l\u2019Union europ\u00e9enne. Le juge national dispose d\u2019une certaine latitude pour poser une question pr\u00e9judicielle \u00e0 la CJUE. Il peut \u00eatre d\u2019avis que le litige qui lui est soumis ne comporte aucune incidence en termes de droit communautaire et que la question d\u2019un renvoi pr\u00e9judiciel ne se pose pas. Pour autant que le droit europ\u00e9en a une incidence sur le litige, le renvoi pr\u00e9judiciel est facultatif pour les juridictions nationales dont les d\u00e9cisions peuvent faire l\u2019objet d\u2019un recours interne, tel le cas en l\u2019esp\u00e8ce (Th. Hoscheit, Le droit judiciaire priv\u00e9, n\u00b0883 et 884 cit\u00e9s par : Cour d\u2019appel, 11 d\u00e9cembre 2019, n\u00b0CAL-2018-00667 du r\u00f4le).<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte des d\u00e9veloppements pr\u00e9c\u00e9dents que la CJUE a d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation de la notion de \u00ab d\u00e9cision \u00bb vis\u00e9e par l\u2019article 25 de la Convention de Bruxelles, article qui a \u00e9t\u00e9 int\u00e9gralement et litt\u00e9ralement (sauf remplacement de l\u2019expression \u00ab Etat contractant \u00bb par celle de \u00ab Etat membre \u00bb) repris par l\u2019article 2 du R\u00e8glement (UE) n\u00b01215\/2012, de sorte que la jurisprudence Owens, rendue sur base de la Convention de Bruxelles, trouve encore toujours \u00e0 s\u2019appliquer, \u00e0 d\u00e9faut d\u2019une jurisprudence de la CJUE allant en sens contraire.<\/p>\n<p>Le fait que le syst\u00e8me de reconnaissance et d\u2019ex\u00e9cution des d\u00e9cisions rendues dans un Etat membre A par un autre Etat membre B a \u00e9t\u00e9 simplifi\u00e9 sur base du R\u00e8glement (UE) n\u00b01215\/2012 par rapport \u00e0 la Convention de Bruxelles, en proc\u00e9dant \u00e0 l\u2019inversion des proc\u00e9dures (aucune demande d\u2019exequatur n\u2019\u00e9tant n\u00e9cessaire, l\u2019exequatur \u00e9tant de droit et les justiciables dans l\u2019Etat membre B b\u00e9n\u00e9ficiant n\u00e9anmoins de la possibilit\u00e9 de demander le refus de reconnaissance, tel qu\u2019en l\u2019esp\u00e8ce) n\u2019est pas de nature \u00e0 invalider la maxime \u00ab exequatur sur exequatur ne vaut \u00bb.<\/p>\n<p>En cons\u00e9quence, la demande de F) tendant \u00e0 voir poser les deux questions pr\u00e9judicielles susvis\u00e9es \u00e0 la CJUE est \u00e0 rejeter, l\u2019interpr\u00e9tation telle que sollicit\u00e9e allant \u00e0 l\u2019encontre d\u2019une interpr\u00e9tation claire et pr\u00e9cise d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 rendue par la CJUE.<\/p>\n<p>D\u00e8s lors, en application de l\u2019arr\u00eat Owens et de la maxime \u00ab exequatur sur exequatur ne vaut \u00bb, il y a lieu de retenir que le jugement fran\u00e7ais du 9 janvier 2019 ayant rendu ex\u00e9cutoire sur le territoire fran\u00e7ais le jugement am\u00e9ricain du 11 mars 1998 rendu aux Etats-Unis par la U.S. District Court du District of Columbia constitue un jugement d\u2019exequatur d\u2019une d\u00e9cision rendue dans un pays tiers, de nature \u00e0 \u00eatre exclu du champ d\u2019application du R\u00e8glement (UE) n\u00b01215\/2012 et de la proc\u00e9dure simplifi\u00e9e de reconnaissance et d\u2019ex\u00e9cution des d\u00e9cisions rendues \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019Union europ\u00e9enne. Il en r\u00e9sulte n\u00e9cessairement un refus de reconna\u00eetre et d\u2019ex\u00e9cuter au Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg le pr\u00e9dit jugement fran\u00e7ais d\u2019exequatur.<\/p>\n<p>Le jugement fran\u00e7ais du 9 janvier 2019 \u00e9tant exclu du champ d\u2019application du R\u00e8glement (UE) n\u00b01215\/2012, il ne peut \u00eatre reproch\u00e9 au magistrat de premi\u00e8re instance d\u2019avoir viol\u00e9 l\u2019article 52 dudit R\u00e8glement.<\/p>\n<p>Il ne saurait par ailleurs \u00eatre reproch\u00e9 au juge de premi\u00e8re instance d\u2019avoir viol\u00e9 l\u2019article 45.1.a) du R\u00e8glement (UE) n\u00b01215\/2012 pr\u00e9voyant la possibilit\u00e9 pour un juge national de refuser la reconnaissance d\u2019un jugement d\u2019un Etat membre qui serait \u00ab manifestement contraire \u00e0 l\u2019ordre public de l\u2019Etat membre requis \u00bb, \u00e0 savoir celui du Luxembourg. En effet, dans la mesure o\u00f9 le jugement fran\u00e7ais d\u2019exequatur ne peut pas b\u00e9n\u00e9ficier de la proc\u00e9dure simplifi\u00e9e de reconnaissance et d\u2019ex\u00e9cution des d\u00e9cisions rendues \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019Union europ\u00e9enne, l\u2019ensemble des arguments soulev\u00e9s par F) relatifs \u00e0 la conformit\u00e9 \u00e0 l\u2019ordre public du jugement fran\u00e7ais d\u2019exequatur est d\u00e9pourvu de pertinence.<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte par ailleurs des d\u00e9veloppements pr\u00e9c\u00e9dents relatifs \u00e0 la demande pr\u00e9liminaire de F) tendant \u00e0 voir ordonner le sursis \u00e0 statuer que le certificat d\u00e9livr\u00e9 le 23 octobre 2019 par le greffe du Tribunal de Grande<\/p>\n<p>17 Instance de Paris en application de l\u2019article 53 du R\u00e8glem ent (UE) n\u00b01215\/2012 relatif au jugement fran\u00e7ais du 9 janvier 2019 d\u00e9clarant ex\u00e9cutoire sur le territoire fran\u00e7ais le jugement am\u00e9ricain du 11 mars 1998, a \u00e9t\u00e9 \u00e9mis en contravention des conditions d\u2019\u00e9mission d\u2019un tel certificat \u00e9dict\u00e9es par l\u2019article 53 du R\u00e8glement (UE) n\u00b01215\/2012, lequel pr\u00e9voit notamment que le certificat ne peut porter que sur un jugement ex\u00e9cutoire dans l\u2019Etat qui l\u2019a rendu. En effet, il est constant en cause que la I) a interjet\u00e9 appel contre le jugement fran\u00e7ais en date du 20 juillet 2019, soit ant\u00e9rieurement \u00e0 l\u2019\u00e9mission du certificat, et il n\u2019est pas autrement contest\u00e9 que l\u2019exercice de la voie de recours de l\u2019appel en droit fran\u00e7ais a un effet suspensif de nature \u00e0 \u00f4ter tout caract\u00e8re ex\u00e9cutoire au jugement en question.<\/p>\n<p>Le certificat \u00e9mis en application de l\u2019article 53 du R\u00e8glement (UE) n\u00b01215\/2012 par rapport \u00e0 un jugement non susceptible de b\u00e9n\u00e9ficier de la proc\u00e9dure simplifi\u00e9e instaur\u00e9e par ledit R\u00e8glement et n\u2019\u00e9tant, de surcro\u00eet, pas rev\u00eatu du caract\u00e8re ex\u00e9cutoire, doit d\u00e8s lors \u00eatre priv\u00e9 de tout effet au Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg.<\/p>\n<p>L\u2019appel de F) est partant non fond\u00e9, l\u2019ordonnance entreprise \u00e9tant \u00e0 confirmer, quoique pour d\u2019autres motifs et il y a lieu de pr\u00e9ciser qu\u2019est d\u00e9pourvu d\u2019effet au Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg le certificat \u00e9tabli le 23 octobre 2019 par le Tribunal de Grande Instance de Paris aff\u00e9rent au jugement rendu le 9 janvier 2019 par le Tribunal de Grande Instance de Paris pronon\u00e7ant l\u2019exequatur sur le territoire fran\u00e7ais du jugement du 11 mars 1998 rendu aux Etats-Unis par la U.S. District Court du District of Columbia.<\/p>\n<p>L\u2019appel incident de la I) : La I) insiste \u00e0 voir r\u00e9former l\u2019ordonnance entreprise en ce que le premier magistrat n\u2019a pas fait droit \u00e0 sa demande en dommages-int\u00e9r\u00eats pour proc\u00e9dure abusive et vexatoire, alors que, nonobstant le fait que la mainlev\u00e9e de la premi\u00e8re saisie-arr\u00eat pratiqu\u00e9e par F) a \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9e par la Cour, ce dernier n\u2019a pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 pratiquer une seconde saisie-arr\u00eat sur les m\u00eames fonds pour les m\u00eames cause et objet que la premi\u00e8re. Cette fa\u00e7on de proc\u00e9der constituerait clairement un abus de droit.<\/p>\n<p>L\u2019article 6-1 du Code civil sanctionne l\u2019exercice malveillant, de mauvaise foi des droits ou sans utilit\u00e9 r\u00e9elle pour leur titulaire et sans \u00e9gard aux droits concurrents des tiers par un d\u00e9tournement de leur fonction sociale.<\/p>\n<p>L\u2019exercice d\u2019une action en justice ne d\u00e9g\u00e9n\u00e8re en faute pouvant donner lieu \u00e0 des dommages et int\u00e9r\u00eats que s\u2019il constitue un acte de malice ou de<\/p>\n<p>18 mauvaise foi ou, au moins, une erreur grossi\u00e8re \u00e9quipollente au dol ou si le demandeur a agi avec une l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 bl\u00e2mable.<\/p>\n<p>Il convient de sanctionner, non pas le fait d\u2019avoir exerc\u00e9 \u00e0 tort une action en justice ou d\u2019y avoir r\u00e9sist\u00e9 injustement \u2013 puisque l\u2019exercice d\u2019une action en justice est libre \u2013 mais uniquement le fait d\u2019avoir abus\u00e9 de son droit en commettant une faute ind\u00e9pendante du seul exercice des voies de droit (Cour 17 mars 1993, no 14446 du r\u00f4le ; Cour 22 mars 1993, no 14971 du r\u00f4le).<\/p>\n<p>Cette faute intentionnelle engage la responsabilit\u00e9 civile de la partie demanderesse \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la partie d\u00e9fenderesse, si elle prouve avoir subi un pr\u00e9judice (Cour 16 f\u00e9vrier 1998, nos 21687 et 22631 du r\u00f4le).<\/p>\n<p>L\u2019ensemble des \u00e9l\u00e9ments du dossier soumis \u00e0 l&#039;appr\u00e9ciation de la Cour, laquelle se trouve saisie d\u2019une instance tendant \u00e0 voir refuser de voir reconna\u00eetre le jugement fran\u00e7ais d\u2019exequatur du jugement am\u00e9ricain, et non pas de l\u2019instance en validation de la seconde saisie-arr\u00eat, ne permettent pas de retenir que F) ait en l\u2019esp\u00e8ce agi dans un dessein de nuire, respectivement avec une l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 bl\u00e2mable.<\/p>\n<p>L\u2019appel incident de la I) est partant \u00e0 rejeter.<\/p>\n<p>3) Les demandes accessoires : F) ayant succomb\u00e9 \u00e0 l\u2019action, il ne saurait partant pr\u00e9tendre \u00e0 l\u2019allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure dans le cadre de l\u2019instance d\u2019appel. La demande en r\u00e9formation de l\u2019ordonnance entreprise en ce qu\u2019elle a rejet\u00e9 sa demande en indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure pour la premi\u00e8re instance est partant \u00e0 rejeter pour ce m\u00eame motif.<\/p>\n<p>Au vu de l\u2019issue du litige, sa demande en ex\u00e9cution provisoire est sans objet. En outre, l\u2019ex\u00e9cution provisoire ne se con\u00e7oit qu\u2019en pr\u00e9sence d\u2019une voie de recours ayant un effet suspensif. Le pr\u00e9sent arr\u00eat n\u2019\u00e9tant susceptible que d\u2019un pourvoi en cassation, d\u00e9pourvu d\u2019effet suspensif, la demande est encore sans objet.<\/p>\n<p>PAR CES MOTIFS :<\/p>\n<p>la Cour d&#039;appel, septi\u00e8me chambre, si\u00e9geant comme en mati\u00e8re r\u00e9f\u00e9r\u00e9, sur base de l\u2019article 685-4 du NCPC, statuant contradictoirement,<\/p>\n<p>19 joint les r\u00f4les introduits sous les num\u00e9ros CAL-2020-00584 et CAL- 2020-00632 ;<\/p>\n<p>re\u00e7oit les appels, principal et incident ;<\/p>\n<p>les d\u00e9clare non fond\u00e9s ;<\/p>\n<p>confirme l\u2019ordonnance entreprise, quoique pour d\u2019autres motifs, et en pr\u00e9cisant qu\u2019est d\u00e9pourvu d\u2019effet au Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg le certificat \u00e9tabli le 23 octobre 2019 par le Tribunal de Grande Instance de Paris aff\u00e9rent au jugement rendu le 9 janvier 2019 par le Tribunal de Grande Instance de Paris pronon\u00e7ant l\u2019exequatur sur le territoire fran\u00e7ais du jugement du 11 mars 1998 rendu aux Etats-Unis par la U.S. District Court du District of Columbia ;<\/p>\n<p>rejette la demande de F) en obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure ;<\/p>\n<p>d\u00e9clare le pr\u00e9sent arr\u00eat commun \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anonyme X) SERVICES S.A., la soci\u00e9t\u00e9 anonyme X) INTERNATIONAL S.A., la soci\u00e9t\u00e9 anonyme X) BANKING S.A., la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit portugais Z1) S.A., la soci\u00e9t\u00e9 anonyme Z2), la soci\u00e9t\u00e9 coop\u00e9rative Z3) et la soci\u00e9t\u00e9 anonyme Z4) S.A. ;<\/p>\n<p>condamne F) aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-superieure-de-justice-chambre-7-civil\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-superieure-de-justice-chambre-7-civil\/20240827-185735\/20210113-cal-2020-00584-cal-2020-00632-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). Republication autorisee avec attribution, sans modification editoriale du texte integral.<\/em><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Arr\u00eat N\u00b0 10\/21 \u2013 VII \u2013 CIV Audience publique du treize janvier deux mille vingt-et -un Num\u00e9ros CAL-2020-00584 et CAL-2020-00632 du r\u00f4le. Composition: Yola SCHMIT, conseiller, pr\u00e9sident; Anne-Fran\u00e7ois GREMLING, conseiller; St\u00e9phane PISANI, conseiller; Daniel SCHROEDER, greffier. 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