{"id":748426,"date":"2026-04-29T09:09:09","date_gmt":"2026-04-29T07:09:09","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-29-avril-2020\/"},"modified":"2026-04-29T09:09:16","modified_gmt":"2026-04-29T07:09:16","slug":"cour-superieure-de-justice-29-avril-2020","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-29-avril-2020\/","title":{"rendered":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 29 avril 2020"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>1<\/p>\n<p>Arr\u00eat N\u00b0 59\/20 IV-COM<\/p>\n<p>Audience publique du vingt-neuf avril deux mille vingt<\/p>\n<p>Num\u00e9ro 35673 du r\u00f4le<\/p>\n<p>Composition: Marie-Laure MEYER, pr\u00e9sident de chambre; Carole BESCH, conseiller; Nathalie HILGERT, conseiller; Eric VILVENS, greffier.<\/p>\n<p>E n t r e 1) la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit allemand SOC.1.), venant aux droits de Geb\u00e4udeversicherung Baden- W\u00fcrttemberg, immatricul\u00e9e au Registre de Commerce de Stuttgart sous le Nr. (\u2026), avec si\u00e8ge social \u00e0 D-(\u2026), 2) la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit allemand SOC.2.) , anc. SOC.2\u2019.) AG, immatricul\u00e9e au Registre de Commerce de M\u00fcnchen sous le Nr. (\u2026), avec si\u00e8ge social \u00e0 D- (\u2026),<\/p>\n<p>3) la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit allemand SOC.3.) AG, immatricul\u00e9e au Registre de Commerce de Aachen sous le Nr. (\u2026), avec si\u00e8ge social \u00e0 D-(\u2026),<\/p>\n<p>repr\u00e9sent\u00e9es par leurs organes,<\/p>\n<p>appelantes aux termes d\u2019un acte de l&#039;huissier de justice Gilbert Rukavina de Diekirch du 10 ao\u00fbt 2009,<\/p>\n<p>comparant par la soci\u00e9t\u00e9 anonyme Arendt &amp; Medernach, inscrite au barreau de Luxembourg, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-1855 Luxembourg, 41 A, avenue John F. Kennedy, immatricul\u00e9e au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s sous le num\u00e9ro B 186.371, repr\u00e9sent\u00e9e par Ma\u00eetre Fran\u00e7ois Kremer, avocat \u00e0 la Cour,<\/p>\n<p>e t<\/p>\n<p>1) la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC.4.) (anciennement SOC.4\u2019.)), \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- (\u2026), inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B (\u2026),<\/p>\n<p>intim\u00e9e aux fins du susdit acte Rukavina,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Jean Wagener, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>2) la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit fran\u00e7ais SOC.5.), \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 (\u2026), immatricul\u00e9e au Registre de Commerce sous le num\u00e9ro (\u2026),<\/p>\n<p>intim\u00e9e aux fins du susdit acte Rukavina,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Claude Schmartz, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Bofferdange,<\/p>\n<p>3) la soci\u00e9t\u00e9 de droit allemand SOC.6.) GmbH, immatricul\u00e9e au Registre de Commerce de V\u00f6lklingen sous le Nr. (\u2026), \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 D- (\u2026),<\/p>\n<p>intim\u00e9e aux fins du susdit acte Rukavina,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Roger Nothar, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg.<\/p>\n<p>LA COUR D\u2019APPEL<\/p>\n<p>Rappel des faits et des r\u00e9troactes Les faits :<\/p>\n<p>En 1985, la soci\u00e9t\u00e9 SOC.4\u2019.), en abr\u00e9g\u00e9 SOC.4\u2019.), avait install\u00e9 dans le d\u00e9p\u00f4t de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.7.) GmbH &amp; Co sis \u00e0 (&#8230;), un entrep\u00f4t de stocks superpos\u00e9s, \u00e0 savoir un dispositif d\u2019entrep\u00f4ts pour effectuer des op\u00e9rations de stockage de pi\u00e8ces dans le secteur textile (Hochregallager). Le 11 ao\u00fbt 1988, un incendie \u00e9clata au d\u00e9p\u00f4t de la SOC.7.) et d\u00e9truisait l\u2019entrep\u00f4t et les marchandises y entrepos\u00e9es.<\/p>\n<p>La proc\u00e9dure introduite devant les juridictions allemandes :<\/p>\n<p>Les compagnies d\u2019assurances 1) SOC.1\u2019.), 2) SOC.2\u2019.) AG, et 3) SOC.3.) AG, apr\u00e8s avoir indemnis\u00e9 leurs assur\u00e9s respectifs, victimes de l\u2019incendie, et subrog\u00e9es dans les droits de celles-ci, avaient fait assigner la soci\u00e9t\u00e9 SOC.4\u2019.), en abr\u00e9g\u00e9 SOC.4\u2019.), devant le Landgericht M\u00fcnchen I aux fins de la voir condamner \u00e0 leur payer les montants respectifs de 3.885.395 DEM, 12.054.105 DEM et 67.820 DEM. Il r\u00e9sulte du jugement rendu le 17 f\u00e9vrier 1994 par le Landgericht M\u00fcnchen I que la demanderesse sub 1) \u00e9tait l\u2019assureur-incendie (Geb\u00e4udefeuerversicherer) de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.7.), la demanderesse sub 2) \u00e9tait l\u2019assureur de la soci\u00e9t\u00e9-m\u00e8re SOC.7.) et de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.8.) GmbH, tandis que la demanderesse sub 3) a agi en sa qualit\u00e9 d\u2019assureur de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.9.) GmbH, dont le stock de marchandises \u00e9tait entrepos\u00e9 dans les locaux de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.7.) au moment de l\u2019incendie. Suivant le dispositif de ce jugement, le Landgericht M\u00fcnchen I a d\u00e9clar\u00e9 la demande recevable sur le fondement d\u00e9lictuel. Statuant en continuation de cette d\u00e9cision, le Landgericht M\u00fcnchen I a par jugement du 23 mars 1995 d\u00e9clar\u00e9 la demande non fond\u00e9e.<\/p>\n<p>Ce jugement a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9 par une d\u00e9cision de l\u2019Oberlandesgericht M\u00fcnchen du 14 mai 1998. Par arr\u00eat du 23 f\u00e9vrier 1999, le Bundesgerichtshof a rejet\u00e9 le recours en cassation interjet\u00e9 par les compagnies d\u2019assurances. La proc\u00e9dure en premi\u00e8re instance devant le Tribunal d\u2019arrondissement de Diekirch : Exposant avoir conclu un contrat de sous-traitance avec la soci\u00e9t\u00e9 SOC.5.) en vue de la fourniture du mat\u00e9riel et pour effectuer les travaux de montage, la soci\u00e9t\u00e9 SOC.4\u2019.) a, par acte d\u2019huissier de justice du 25 mai 1998, fait assigner la soci\u00e9t\u00e9 SOC.5.) devant le tribunal d\u2019arrondissement de Diekirch, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale, pour le cas o\u00f9 la responsabilit\u00e9 de la demanderesse devait \u00eatre retenue dans le litige l\u2019opposant aux assureurs de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.7.), voir condamner l\u2019assign\u00e9e \u00e0 la tenir quitte et indemne de toute somme que la demanderesse pourrait \u00eatre condamn\u00e9e \u00e0 devoir payer aux assureurs de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.7.).<\/p>\n<p>Suivant acte d\u2019huissier de justice du 22 juin 1998, 1) la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1\u2019.) AG , 2) la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2\u2019.) AG et 3) la soci\u00e9t\u00e9 SOC.3.) AG, agissant en leur qualit\u00e9 d\u2019assureurs des soci\u00e9t\u00e9s victimes de l\u2019incendie et subrog\u00e9es dans les droits de leurs assur\u00e9s respectifs au v\u0153u du \u00a7 67 VVG ( loi relative au contrat d\u2019assurance du droit allemand), ont fait assigner la soci\u00e9t\u00e9 SOC.4\u2019.) devant le m\u00eame tribunal aux fins de la voir<\/p>\n<p>condamner au paiement de la somme de 16.007.320 DEM (3.885.395 DEM +12.054.105 DEM + 67.820 DEM).<\/p>\n<p>L\u2019action r\u00e9cursoire des compagnies d\u2019assurances a \u00e9t\u00e9 introduite en ordre principal sur base du contrat d\u2019entreprise conclu entre les propri\u00e9taires de l\u2019entrep\u00f4t et l\u2019assign\u00e9e SOC.4\u2019.) et en ordre subsidiaire sur la base d\u00e9lictuelle. Suivant acte d\u2019huissier de justice du 24 juin 1998, la soci\u00e9t\u00e9 SOC.4\u2019.) a fait assigner la soci\u00e9t\u00e9 SOC.5.) \u00e0 compara\u00eetre devant le m\u00eame tribunal, pour donner acte \u00e0 la demanderesse que cette assignation \u00e9tait introduite \u00e0 titre subsidiaire pour le cas o\u00f9 celle du 25 mai 1998 devait \u00eatre d\u00e9clar\u00e9e irrecevable ou incompl\u00e8te et pour voir dire que la soci\u00e9t\u00e9 SOC.5.) est tenue d\u2019intervenir dans le litige pendant entre la soci\u00e9t\u00e9 SOC.4\u2019.) et les compagnies d\u2019assurances des soci\u00e9t\u00e9s victimes de l\u2019incendie du 11 ao\u00fbt 1988, qu\u2019elle est responsable de l\u2019incendie du 11 ao\u00fbt 1988 et aux fins de l\u2019entendre condamner \u00e0 tenir la demanderesse quitte et indemne de toute somme que celle-ci pourrait \u00eatre condamn\u00e9e \u00e0 payer aux assureurs pr\u00e9cit\u00e9s. Suivant acte d\u2019huissier de justice du m\u00eame jour, la soci\u00e9t\u00e9 SOC.4\u2019.) a encore assign\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 SOC.6.) pour voir dire qu\u2019elle est tenue d\u2019intervenir dans le litige pendant entre la soci\u00e9t\u00e9 SOC.4\u2019.) et les compagnies d\u2019assurances des soci\u00e9t\u00e9s victimes de l\u2019incendie du 11 ao\u00fbt 1988, qu\u2019elle est responsable de cet incendie et aux fins de l\u2019entendre condamner \u00e0 tenir la demanderesse quitte et indemne de toute somme que celle-ci pourrait \u00eatre condamn\u00e9e \u00e0 payer aux assureurs pr\u00e9cit\u00e9s. Finalement, par acte d\u2019huissier de justice du 6 ao\u00fbt 1998, la soci\u00e9t\u00e9 SOC.5.) a assign\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 SOC.6.) GmbH pour voir dire qu\u2019elle est tenue d\u2019intervenir dans le litige pendant entre la soci\u00e9t\u00e9 SOC.4\u2019.) et les compagnies d\u2019assurances des soci\u00e9t\u00e9s victimes de l\u2019incendie du 11 ao\u00fbt 1988, qu\u2019elle est responsable de cet incendie et aux fins de l\u2019entendre condamner \u00e0 tenir la demanderesse quitte et indemne de toute somme que celle-ci pourrait \u00eatre condamn\u00e9e \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC.4\u2019.). Suite \u00e0 une modification des statuts les 21 mai 1999, 21 juin 2004 et 24 novembre 2005, la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1\u2019.) a pris le nom de SOC.1.) AG. Depuis une modification de ses statuts les 6 novembre 2002 et 5 d\u00e9cembre 2003, la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2\u2019.) AG porte la d\u00e9nomination SOC.2.) AG (ci-apr\u00e8s en abr\u00e9g\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.)). La soci\u00e9t\u00e9 SOC.3.) AG a chang\u00e9 de d\u00e9nomination le 6 d\u00e9cembre 2004 et agit depuis sous le nom de SOC.3.) AG (ci-apr\u00e8s en abr\u00e9g\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 SOC.3.)).<\/p>\n<p>Devant la juridiction de premi\u00e8re instance, la soci\u00e9t\u00e9 SOC.4\u2019.) a soulev\u00e9 la fin de non-recevoir tir\u00e9e de l\u2019autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e attach\u00e9e aux d\u00e9cisions rendues par les juridictions allemandes. Les compagnies d\u2019assurances ont conclu au rejet de cette fin de non- recevoir au motif qu\u2019il n\u2019y avait ni identit\u00e9 d\u2019objet, ni identit\u00e9 de cause dans la mesure o\u00f9 le fondement juridique des d\u00e9cisions rendues en Allemagne n\u2019\u00e9tait pas le m\u00eame que celui invoqu\u00e9 devant la juridiction luxembourgeoise, que le Landgericht M\u00fcnchen I s\u2019est d\u00e9clar\u00e9 incomp\u00e9tent pour conna\u00eetre de la demande bas\u00e9e sur la responsabilit\u00e9 contractuelle et que les demanderesses seraient par cons\u00e9quent en droit de rechercher la responsabilit\u00e9 des d\u00e9fenderesses sur cette base juridique devant les tribunaux luxembourgeois. Par un jugement du 26 novembre 2008, le tribunal a accueilli cette fin de non-recevoir, d\u00e9clar\u00e9 irrecevable la demande principale introduite par les compagnies d\u2019assurances et dit que les demandes en intervention dirig\u00e9es contre les soci\u00e9t\u00e9s SOC.5.) et SOC.6.) GmbH pr\u00e9cit\u00e9es \u00e9taient sans objet . Le tribunal a retenu en application de l\u2019article 26 de la Convention de Bruxelles du 27 septembre 1968 concernant la comp\u00e9tence judiciaire et l\u2019ex\u00e9cution des d\u00e9cisions en mati\u00e8re civile et commerciale (ci-apr\u00e8s la Convention de Bruxelles) qu\u2019une d\u00e9cision \u00e9trang\u00e8re reconnue en vertu de cet article doit d\u00e9ployer en principe dans l\u2019Etat requis les m\u00eames effets que ceux qu\u2019elle a dans l\u2019Etat d\u2019origine. La reconnaissance de plein droit d\u2019une d\u00e9cision \u00e9trang\u00e8re englobe \u00e0 la fois l\u2019autorit\u00e9 positive et n\u00e9gative et l\u2019efficacit\u00e9 dont jouit la d\u00e9cision dans l\u2019Etat d\u2019origine, de sorte qu\u2019une d\u00e9cision r\u00e9guli\u00e8re rendue dans un Etat contractant ne peut, si elle est reconnue, \u00eatre remise en cause dans l\u2019Etat requis. Le tribunal a en outre pr\u00e9cis\u00e9 que l\u2019interdiction de r\u00e9vision au fond signifie que le juge de l\u2019Etat requis ne peut refuser la reconnaissance au motif qu\u2019une question quelconque, de droit ou de fait a \u00e9t\u00e9 appr\u00e9ci\u00e9e par le juge d\u2019origine autrement qu\u2019il ne l\u2019aurait fait lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Le tribunal a relev\u00e9 qu\u2019en l\u2019occurrence, aucune contestation quant \u00e0 la reconnaissance des jugements allemands invoqu\u00e9s par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.4\u2019.) n\u2019a \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9e. Consid\u00e9rant qu\u2019il y avait en l\u2019esp\u00e8ce identit\u00e9 de parties et d\u2019objet de la demande, le tribunal a relev\u00e9 que pour qu\u2019il y ait autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e, il y a lieu de rechercher si la demande principale, introduite par acte d\u2019huissier du 22 juin 1998, a la m\u00eame cause que l\u2019affaire qui a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9e par les tribunaux allemands.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir pr\u00e9cis\u00e9 que la cause de la demande consiste dans l\u2019ensemble des faits invoqu\u00e9s par le demandeur \u00e0 l\u2019appui de son action, sans par ailleurs englober la qualification juridique de ces faits, il a relev\u00e9 qu\u2019en l\u2019occurrence, tant devant les juridictions allemandes que devant la juridiction luxembourgeoise, les diff\u00e9rentes compagnies d\u2019assurances ont<\/p>\n<p>fait valoir \u00e0 l\u2019appui de leur demande en allocation de dommages et int\u00e9r\u00eats avoir subi un pr\u00e9judice consistant dans l\u2019indemnisation de leurs assur\u00e9s respectifs \u00e0 la suite de l\u2019incendie survenu le 11 ao\u00fbt 1988 et pour lequel la soci\u00e9t\u00e9 SOC.4\u2019.) serait responsable. D\u00e8s lors que devant les juridictions allemandes et luxembourgeoises, la d\u00e9fenderesse avait \u00e9t\u00e9 actionn\u00e9e tant sur la base contractuelle que sur la base d\u00e9lictuelle, le tribunal a consid\u00e9r\u00e9 que la condition de l\u2019identit\u00e9 de cause \u00e9tait \u00e9galement donn\u00e9e. La juridiction de premi\u00e8re instance a ensuite not\u00e9 que tant en droit allemand qu\u2019en droit luxembourgeois, c\u2019est au dispositif du jugement qu\u2019il faut se r\u00e9f\u00e9rer pour d\u00e9terminer les dispositions qui ont autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e. Ni dans le jugement interlocutoire du 17 f\u00e9vrier 1994 ni dans le jugement d\u00e9finitif du 23 mars 1995, le Landgericht M\u00fcnchen I n\u2019avait d\u00e9clin\u00e9 sa comp\u00e9tence sur la base contractuelle. Selon le tribunal de Diekirch, les dispositifs des d\u00e9cisions allemandes sont clairs et pr\u00e9cis, les tribunaux allemands ne s\u2019\u00e9tant d\u00e9clar\u00e9s incomp\u00e9tents sur l\u2019une quelconque des deux bases juridiques invoqu\u00e9es, ni dans le dispositif du jugement du 17 f\u00e9vrier 1994, ni dans celui du 23 mars 1995. Consid\u00e9rant au vu des dispositifs de ces deux jugements que le Landgericht M\u00fcnchen I \u00ab est cens\u00e9 avoir analys\u00e9 le litige lui soumis sous tous ces aspects \u00bb, que la d\u00e9cision du 17 f\u00e9vrier 1994 a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e en appel par un arr\u00eat de l\u2019Oberlandesgericht M\u00fcnchen du 14 mai 1998 et que le recours en cassation a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9 le 23 f\u00e9vrier 1999 par le Bundesgerichtshof, et que les juridictions allemandes ont d\u00e9finitivement tranch\u00e9 le litige qui leur avait \u00e9t\u00e9 soumis, la juridiction de premi\u00e8re instance a dit irrecevable la demande en allocation de dommages et int\u00e9r\u00eats introduite par les compagnies d\u2019assurances et sans objet les demandes en intervention dirig\u00e9es contre les soci\u00e9t\u00e9s SOC.5.) et SOC.6.) des 25 mai 1998, 24 juin 1998 et 6 ao\u00fbt 1998. La proc\u00e9dure en appel: Les soci\u00e9t\u00e9s de droit allemand SOC.1.), SOC.2.) et SOC.3.) AG ont interjet\u00e9 appel le 10 ao\u00fbt 2009. Statuant sur diff\u00e9rents moyens de nullit\u00e9 de l\u2019acte d\u2019appel, la Cour a, par arr\u00eat du 14 d\u00e9cembre 2011, dit l\u2019appel recevable et a renvoy\u00e9 l\u2019affaire devant le magistrat de la mise en \u00e9tat en vue de l\u2019instruction de l\u2019appel. Les appelantes ont critiqu\u00e9 le tribunal de premi\u00e8re instance pour avoir retenu que le d\u00e9bout\u00e9 de la demande prononc\u00e9 par le Landgericht M\u00fcnchen I concernait \u00e0 la fois la base d\u00e9lictuelle et la base contractuelle et que, d\u00e8s lors, l\u2019autorit\u00e9 de la chose jug\u00e9e en Allemagne s\u2019impose aux juridictions luxembourgeoises et rend donc irrecevable la demande sur la base contractuelle.<\/p>\n<p>A l\u2019appui de leur argumentation, les parties appelantes ont invoqu\u00e9 un avis juridique du Dr. A.) du 6 ao\u00fbt 2009 corrobor\u00e9 par un rapport du Prof. Dr. B.) du 21 novembre 2012 suivant lesquels le dispositif de la d\u00e9cision du 17 f\u00e9vrier 1994 du Landgericht M\u00fcnchen I a limit\u00e9 la port\u00e9e de la suite de la proc\u00e9dure devant les juridictions allemandes au fondement extracontractuel. Cette position se trouverait d\u2019ailleurs confirm\u00e9e par les motifs de la d\u00e9cision en question, lesquels pourraient servir \u00e0 interpr\u00e9ter le dispositif. La juridiction allemande aurait dans la motivation de son jugement express\u00e9ment exclu le fondement contractuel de son appr\u00e9ciation de sorte que le jugement rendu ne saurait avoir autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e \u00e0 cet \u00e9gard. Elles concluent, par r\u00e9formation, \u00e0 voir d\u00e9clarer recevable leur demande principale. La soci\u00e9t\u00e9 SOC.4\u2019.) a fait valoir aux termes de ses \u00e9critures du 17 septembre 2012 qu\u2019avant m\u00eame que le BGH n\u2019ait rendu sa d\u00e9cision en 1999, les parties appelantes l\u2019avaient d\u00e9j\u00e0 assign\u00e9e devant le tribunal d\u2019arrondissement de Diekirch pour le m\u00eame objet et pour la m\u00eame cause. Aussi, l\u2019intim\u00e9e a-t-elle invoqu\u00e9 l\u2019exception de litispendance internationale sur le fondement de l\u2019article 21 de la Convention de Bruxelles et a conclu \u00e0 l\u2019irrecevabilit\u00e9 de la demande des parties appelantes. La demande serait encore \u00e0 d\u00e9clarer irrecevable sur le fondement de l\u2019article 26 alin\u00e9a 1 er de cette m\u00eame convention qui pose la r\u00e8gle de l\u2019interdiction faite aux tribunaux des Etats requis de remettre en cause l\u2019autorit\u00e9 de la chose jug\u00e9e d\u2019une d\u00e9cision \u00e9manant de l\u2019Etat d\u2019origine. L\u2019intim\u00e9e s\u2019est pr\u00e9value , \u00e0 l\u2019appui de son raisonnement d\u2019un avis juridique du Prof. Dr. C.) du 15 novembre 2005 et de deux avis juridiques compl\u00e9mentaires (Erg\u00e4nzende Gutachten) des 2 juin 2012 et 2 mai 2013 du m\u00eame auteur. Elle sollicite la confirmation de la d\u00e9cision entreprise et la condamnation des parties appelantes au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 15.000 euros. Les soci\u00e9t\u00e9s SOC.5.) et SOC.6.) se sont ralli\u00e9es aux conclusions de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.4\u2019.). Dans son arr\u00eat du 8 juillet 2015, la Cour a constat\u00e9 que les parties se sont accord\u00e9es \u00e0 raison pour dire que les questions de la litispendance internationale et de l\u2019autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e des d\u00e9cisions allemandes sont \u00e0 analyser \u00e0 la lumi\u00e8re de la Convention de Bruxelles de 1968<\/p>\n<p>concernant la comp\u00e9tence judiciaire et l\u2019ex\u00e9cution des d\u00e9cisions en mati\u00e8re civile et commerciale. Elle a ensuite rejet\u00e9 le moyen d\u2019irrecevabilit\u00e9 tir\u00e9 de l\u2019article 21 de la Convention de Bruxelles du 27 septembre 1968.<\/p>\n<p>La Cour a en outre d\u00e9clar\u00e9 l\u2019appel non fond\u00e9 en ce qui concerne l\u2019action introduite par la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC.3.) AG et a confirm\u00e9 le jugement entrepris de ce chef. Quant \u00e0 l\u2019action introduite par les soci\u00e9t\u00e9s SOC.1.) AG et SOC.2.), la Cour a finalement retenu, au vu des avis juridiques contradictoires des juristes allemands C.), A.) et B.) quant \u00e0 la question de savoir si les juridictions allemandes ont \u00e9galement proc\u00e9d \u00e9 \u00e0 l\u2019examen de l\u2019action introduite par ces soci\u00e9t\u00e9s, sur le fondement de la responsabilit\u00e9 contractuelle, dans le but d\u2019obtenir les \u00e9claircissements n\u00e9cessaires quant au contenu du droit allemand, qu\u2019il \u00e9tait indiqu\u00e9 de proc\u00e9der sur le fondement de la Convention europ\u00e9enne dans le domaine de l\u2019information sur le droit \u00e9tranger sign\u00e9e \u00e0 Londres le 7 juin 1968 concernant l\u2019information sur le droit \u00e9tranger et du Protocole additionnel du 15 mars 1978 et de poser \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 allemande comp\u00e9tente les questions suivantes : \u00ab 1. Haben das Landgericht M\u00fcnchen I sowie das Oberlandesgericht M\u00fcnchen in den jeweiligen Urteilen vom 17 Februar 1994, 23 M\u00e4rz 1995 und 14 Mai 1998 eine Streitgegenstandsbeschr\u00e4nkung ohne Teilabweisung (Abschichtung) vorgenommen, indem sie die vertraglichen Anspruchsgrundlagen der Gesellschaften SOC.1\u2019.) und SOC.2\u2019.) AG, im Sinne des Europ\u00e4ischen Gerichtsstands- und Vollstreckungs\u00fcbereinkommen (EuGV\u00dc) bewusst und unmissverst\u00e4ndlich ausgegrenzt haben, d.h. jene Anspruchsgrundlagen die nicht Artikel 5 N\u00b0 3 des EuGV\u00dc unterfallen? 2. Oder aber haben diese deutschen Gerichte in den obengenannten Urteilen \u00fcber alle materiellen Anspruchsgrundlagen entschieden und somit alle (d.h. sowohl deliktische als auch vertragliche) Schadensersatzanspr\u00fcche gegen die luxemburgische Aktiengesellschaft SOC.4\u2019.) (heute SOC.4\u2019.)) aus dem Brand in der Firma SOC.7.) abgewiesen? 3. Falls das Gericht eindeutig in den Entscheidungsgr\u00fcnden zum Ausdruck gebracht hat, dass es nur in eine bestimmte rechtliche Richtung pr\u00fcft, und infolge autonomer Qualifikation im Sinne des EuGV\u00dc vertragliche Anspruchsgrundlagen ausgeschlossen hat, zieht dies, nach deutschem Prozessualrecht eine entsprechende Einschr\u00e4nkung der Rechtskraft mit sich, ohne dass dies durch teilweise Klageabweisung wegen Unzust\u00e4ndigkeit im Urteilstenor erfolgen musste? \u00bb<\/p>\n<p>Par courrier entr\u00e9 au greffe de la Cour le 12 juillet 2016, le Bundesministerium f\u00fcr Justiz und Verbraucherschutz a fait savoir que \u00ab das Bundesministerium der Justiz \u2026 hat nicht die Aufgabe, Gerichtsurteile unabh\u00e4ngiger Gerichte zu kommentieren oder auszulegen \u00bb.<\/p>\n<p>Suite \u00e0 l\u2019instruction de l\u2019affaire par les parties, une ordonnance de cl\u00f4ture a \u00e9t\u00e9 prise le 13 mars 2018 et l\u2019affaire fut renvoy\u00e9e \u00e0 l\u2019audience des plaidoiries du 27 novembre 2018 pour rapport et plaidoiries. A cette audience, le mandataire de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.4.) (anciennement SOC.4\u2019.)) a vers\u00e9 deux jurisprudences de sorte que l\u2019ordonnance de cl\u00f4ture a \u00e9t\u00e9 r\u00e9voqu\u00e9e et les parties furent invit\u00e9es \u00e0 fournir des conclusions suppl\u00e9mentaires par rapport \u00e0 l\u2019arr\u00eat C-456\/11 Go.) de la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne (CJUE) du 15 novembre 2012 et \u00e0 la jurisprudence Ga.) et de leurs implications en l\u2019esp\u00e8ce. Pr\u00e9tentions actuelles des parties appelantes: Les soci\u00e9t\u00e9s SOC.1.) et SOC.2.) continuent \u00e0 soutenir que les juridictions allemandes n\u2019ont pas analys\u00e9 le fondement contractuel de la demande en indemnisation. Suite \u00e0 la r\u00e9vocation de l\u2019ordonnance de cl\u00f4ture du 27 novembre 2018, les parties appelantes analysent d\u00e9sormais la port\u00e9e de la jurisprudence Go.) de la CJUE et de ses implications en l\u2019esp\u00e8ce. Les appelants soutiennent que les juges allemands n\u2019ont pas examin\u00e9 au fond l\u2019ensemble du litige, mais se sont limit\u00e9s aux aspects de responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle. Il n\u2019y aurait d\u00e8s lors aucun motif \u00e0 ce que les juridictions luxembourgeoises refusent de conna\u00eetre du volet de la responsabilit\u00e9 contractuelle qui n\u2019aurait \u00e9t\u00e9 trait\u00e9 par aucune juridiction. Ils estiment que l\u2019arr\u00eat Go.) rend pour l\u2019essentiel sans objet les rapports des experts sur la port\u00e9e de l\u2019autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e en droit allemand et am\u00e8ne \u00e0 attacher davantage de poids aux motifs des jugements allemands. Sur base de la jurisprudence Go.), il y aurait lieu \u00e0 application de la conception europ\u00e9enne de l\u2019autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e et non celle de l\u2019Etat membre d\u2019origine ou de l\u2019Etat membre requis. Par rapport \u00e0 l\u2019arr\u00eat Ga.)\/D.I.I.) invoqu\u00e9 par les parties intim\u00e9es, les parties appelantes estiment que les jugements allemands de l\u2019esp\u00e8ce diff\u00e8rent profond\u00e9ment du jugement de l\u2019Etat membre d\u2019origine (Pologne) dans l\u2019affaire Ga.), alors que les juges allemands ont \u00e9tabli d\u00e8s le d\u00e9part qu\u2019ils ne pouvaient pas conna\u00eetre de l\u2019ensemble du litige port\u00e9 devant eux. Leur examen du dossier au fond n\u2019aurait donc port\u00e9 que sur le volet responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle, soit sur une partie du litige seulement. Les juges allemands auraient express\u00e9ment retenu que le tribunal n\u2019\u00e9tait pas comp\u00e9tent pour fonder sa d\u00e9cision sur les aspects contractuels, en particulier sur les pr\u00e9tentions tir\u00e9es de la violation des obligations d\u00e9coulant du contrat d\u2019entreprise. Elles ajoutent encore que les deux affaires (Ga.) et la pr\u00e9sente) se distingueraient \u00e9galement au niveau de la cause des actions, \u00e9tant donn\u00e9 que dans l\u2019affaire Ga.) les pr\u00e9tentions<\/p>\n<p>\u00e9mises par la demanderesse \u00e9taient susceptibles de relever de deux fondements juridiques (concurrence d\u00e9loyale et responsabilit\u00e9 contractuelle) tandis qu\u2019en l\u2019esp\u00e8ce l\u2019action en responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle n\u2019a pas trait \u00e0 un manquement contractuel et n\u2019est pas fond\u00e9e sur le contrat mais porte sur le devoir g\u00e9n\u00e9ral de prudence. Elle ne d\u00e9coulerait donc pas du m\u00eame acte juridique que l\u2019action en responsabilit\u00e9 contractuelle. Les juges allemands auraient \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s clairs sur la diff\u00e9rence entre le devoir g\u00e9n\u00e9ral de prudence, qui p\u00e8se sur toute personne, ind\u00e9pendamment de l\u2019existence ou non d\u2019un contrat, et sur les obligations d\u00e9coulant de et sp\u00e9cifiques \u00e0 une relation contractuelle. A cela s\u2019ajouterait qu\u2019en l\u2019esp\u00e8ce l\u2019action en responsabilit\u00e9 contractuelle serait fond\u00e9e sur le droit luxembourgeois tandis que l\u2019action en responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle serait fond\u00e9e sur le droit allemand. Les appelantes estiment encore que rejeter comme irrecevable la demande en responsabilit\u00e9 contractuelle reviendrait \u00e0 les priver d\u2019un acc\u00e8s effectif \u00e0 une juridiction pour cet aspect du litige, en violation de l\u2019article 47 de la Charte des droits fondamentaux de l\u2019Union europ\u00e9enne. A titre subsidiaire, les parties appelantes analysent la port\u00e9e des jugements allemands au regard des conceptions allemandes. Elles proposent en ordre plus subsidiaire \u00e0 voir poser une question pr\u00e9judicielle \u00e0 la CJUE, sinon \u00e0 voir ordonner une expertise judiciaire sur ce point. Elles concluent d\u00e8s lors, par r\u00e9formation, \u00e0 voir d\u00e9clarer recevable leur demande principale et \u00e0 se voir allouer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 100.000 euros. Pr\u00e9tentions des parties intim\u00e9es: La soci\u00e9t\u00e9 SOC.4.) (anciennement SOC.4\u2019.)) reprend son moyen d\u2019irrecevabilit\u00e9 tir\u00e9 de l\u2019article 21 de la Convention de Bruxelles et demande la r\u00e9formation de l\u2019arr\u00eat du 8 juillet 2015 sur ce point. La demande serait encore irrecevable par application de l\u2019article 26 de ladite Convention. Elle renvoie \u00e0 l\u2019arr\u00eat de la Cour de Cassation fran\u00e7aise du 17 f\u00e9vrier 2015 et \u00e0 l\u2019arr\u00eat de la Cour d\u2019Appel de Nancy du 14 mars 2018 dans l\u2019affaire Ga.)\/D.I.I.) qui s\u2019est r\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00e0 l\u2019arr\u00eat Go.) C-456\/11 pour dire que la notion d\u2019autorit\u00e9 de la chose jug\u00e9e dans le droit de l\u2019Union ne s\u2019attache pas qu\u2019au dispositif de la d\u00e9cision juridictionnelle en cause, mais s\u2019\u00e9tend aux motifs de celle-ci qui constituent le soutien n\u00e9cessaire de son dispositif et sont, de ce fait, indissociables de ce dernier. Elle estime qu\u2018en l\u2019esp\u00e8ce, les faits invoqu\u00e9s \u00e0 l\u2019appui de la demande formul\u00e9e par les assureurs devant le Landgericht M\u00fcnchen I \u00e9taient identiques \u00e0 ceux invoqu\u00e9s \u00e0 l\u2019appui de la demande introduite devant le Tribunal d\u2019arrondissement de Diekirch et que les demandes proc\u00e9daient du m\u00eame<\/p>\n<p>rapport juridique, en l\u2019occurrence la responsabilit\u00e9 contractuelle, voire d\u00e9lictuelle suite \u00e0 l\u2019incendie survenu en date du 11 ao\u00fbt 1988. Elle en d\u00e9duit que les demandes ont d\u00e8s lors la m\u00eame cause et le m\u00eame objet au sens de la Convention de Bruxelles. Elle estime que conform\u00e9ment \u00e0 la jurisprudence pr\u00e9cit\u00e9e, l\u2019interpr\u00e9tation de la Convention de Bruxelles\/du R\u00e8glement Bruxelles I doit \u00eatre effectu\u00e9e de mani\u00e8re autonome conform\u00e9ment aux objectifs de ces instruments communautaires et non conform\u00e9ment au droit national. Le concept europ\u00e9en de l\u2019autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e admettrait par ailleurs plus de souplesse dans son analyse de la question de savoir s\u2019il existe \u00ab en substance une identit\u00e9 de fait et de droit \u00bb entres les deux affaires en abandonnant l\u2019application rigide des triples crit\u00e8res d\u2019identit\u00e9. L\u2019identit\u00e9 de l\u2019objet viserait le contenu de la contestation tranch\u00e9e par la premi\u00e8re d\u00e9cision et l\u2019absence d\u2019identit\u00e9 entre les deux litiges serait seulement retenue si un second recours se fondrait sur de nouveaux \u00e9l\u00e9ments d\u2019ordre factuel, ind\u00e9pendamment du fait si le fondement juridique est identique ou pas. Elle en d\u00e9duit qu\u2019en l\u2019esp\u00e8ce les demandes des parties appelantes, m\u00eame \u00e0 consid\u00e9rer qu\u2019elles auraient des fondements juridiques diff\u00e9rents, sont bas\u00e9es sur les m\u00eames \u00e9l\u00e9ments de fait, la qualification juridique donn\u00e9e par les parties \u00e9tant sans pertinence. A titre subsidiaire, la soci\u00e9t\u00e9 SOC.4.) estime que l\u2019autorit\u00e9 de la chose jug\u00e9e selon le Code de proc\u00e9dure civile allemand, s\u2019oppose \u00e9galement \u00e0 une nouvelle demande en justice. Elle demande encore \u00e0 voir d\u00e9clarer irrecevable la demande pour autant qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 introduite par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) \u00e0 d\u00e9faut de relation contractuelle entre son assur\u00e9, la soci\u00e9t\u00e9 SOC.8.) et la soci\u00e9t\u00e9 SOC.4.). Elle demande en outre \u00e0 voir ordonner la disjonction des proc\u00e9dures de nature contractuelle et d\u00e9lictuelle au sens des articles 5.1 et 5.3 de la Convention de Bruxelles. Finalement elle demande \u00e0 voir soumettre \u00e0 la CJUE les questions pr\u00e9judicielles formul\u00e9es dans les conclusions de Me Wagener du 22 janvier 2018. Elle conclut d\u00e8s lors \u00e0 la confirmation du jugement et demande la condamnation de chacune des parties appelantes au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 15.000 euros. 2.La soci\u00e9t\u00e9 SOC.5.) consid\u00e8re que tous les aspects du litige- contractuels et d\u00e9lictuels au sens des articles 5.1) et 5.3) de la Convention de Bruxelles- ont \u00e9t\u00e9 analys\u00e9s par les juridictions allemandes et ne peuvent plus faire l\u2019objet d\u2019une nouvelle analyse par les juridictions luxembourgeoises. Elle se rallie pour le surplus aux d\u00e9veloppements de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.4.).<\/p>\n<p>3. La soci\u00e9t\u00e9 SOC.6.) GmbH se rallie aux conclusions prises par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.4.) et demande partant \u00e0 confirmer le jugement de premi\u00e8re instance. Elle demande en outre la condamnation des parties appelantes au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.500<\/p>\n<p>euros. Appr\u00e9ciation: Quant \u00e0 l\u2019exception de litispendance internationale : La soci\u00e9t\u00e9 SOC.4.) r\u00e9it\u00e8re son moyen relatif \u00e0 la litispendance et reproche actuellement \u00e0 la Cour d\u2019avoir dans l\u2019arr\u00eat du 8 juillet 2015 rejet\u00e9 ce moyen. Dans la mesure o\u00f9 la Cour a d\u00e9j\u00e0 tranch\u00e9 ce moyen par arr\u00eat du 8 juillet 2015 pour le rejeter, la Cour ne saurait une seconde fois statuer sur ce moyen. Quant \u00e0 la fin de non-recevoir tir\u00e9e de l\u2019autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e : La Cour rappelle que l\u2019autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e d\u2019une d\u00e9cision \u00e9trang\u00e8re est son effet d\u2019incontestabilit\u00e9 qui interdit de remettre en cause ce qui a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tranger en reprenant devant une juridiction d\u2019un autre Etat membre le proc\u00e8s entre les m\u00eames parties, sur le m\u00eame objet et pour la m\u00eame cause. Cet effet, appel\u00e9 aussi \u00ab autorit\u00e9 n\u00e9gative de chose jug\u00e9e \u00bb, est invoqu\u00e9 devant la juridiction d\u2019un Etat membre par le biais de l\u2019exception de chose jug\u00e9e qu\u2019une partie, en l\u2019esp\u00e8ce les soci\u00e9t\u00e9s SOC.4.), SOC.5.) et SOC.6.) GmbH, oppose \u00e0 la demande introduite par les soci\u00e9t\u00e9s SV SOC.1.), SOC.2.) et SOC.3.), pour la faire d\u00e9clarer irrecevable au motif qu\u2019elle est totalement identique \u00e0 celle qu\u2019ont trait\u00e9e les d\u00e9cisions du Landgericht M\u00fcnchen I et de l\u2019Oberlandesgericht M\u00fcnchen (JCL Droit international, Fasc. 584-31 Effets en France des Jugements \u00e9trangers subordonn\u00e9s \u00e0 leur r\u00e9gularit\u00e9 internationale, n\u00b0 54). Aux termes de l\u2019article 26 de la Convention de Bruxelles, \u00ab les d\u00e9cisions rendues dans un Etat contractant sont reconnues dans les autres Etats contractants, sans qu\u2019il soit n\u00e9cessaire de recourir \u00e0 aucune proc\u00e9dure. (\u2026) Si la reconnaissance est invoqu\u00e9e de fa\u00e7on incidente devant une juridiction d\u2019un Etat contractant, celle-ci est comp\u00e9tente pour en conna\u00eetre \u00bb. Bien qu\u2019aucune proc\u00e9dure sp\u00e9cifique aux fins de reconnaissance ne soit mise en place par la Convention de Bruxelles, except\u00e9 dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 la reconnaissance du jugement \u00e9tranger est demand\u00e9e \u00e0 titre principal, le juge saisi \u00e0 titre incident de la reconnaissance devra n\u00e9anmoins se livrer \u00e0 un contr\u00f4le pour v\u00e9rifier si la d\u00e9cision \u00e9trang\u00e8re m\u00e9rite son insertion dans le syst\u00e8me juridique de l\u2019Etat membre requis. La reconnaissance de plein droit a pour effet de faire produire, dans tout \u00c9tat couvert par l&#039;instrument, \u00e0 un jugement qui a \u00e9t\u00e9 rendu dans un<\/p>\n<p>autre \u00c9tat li\u00e9, les effets qui lui sont attach\u00e9s dans cet \u00c9tat, au moment m\u00eame o\u00f9 le jugement a \u00e9t\u00e9 rendu. La reconnaissance est \u00ab automatique \u00bb, elle attribue \u00ab aux d\u00e9cisions l&#039;autorit\u00e9 et l&#039;efficacit\u00e9 dont elles jouissent dans l&#039;\u00c9tat o\u00f9 elles ont \u00e9t\u00e9 rendues \u00bb. La reconnaissance emp\u00eache que le m\u00eame litige (m\u00eame cause, m\u00eame objet, m\u00eames parties) soit \u00e0 nouveau introduit, au m\u00e9pris de la chose jug\u00e9e, dans un autre \u00c9tat li\u00e9 par la convention. Ce principe a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9 avec force par la Cour de justice \u00e0 l&#039;encontre du demandeur lui-m\u00eame dans l\u2019arr\u00eat D.W.) c\/ S.H.C.) (CJCE, 30 nov. 1976, aff. 42\/76, Gaz. Pal. 1977, 1, 97). Aux termes de la Convention de Bruxelles, certains points sont express\u00e9ment soustraits au dit contr\u00f4le. Ainsi l\u2019article 29 dispose qu\u2019en aucun cas, la d\u00e9cision \u00e9trang\u00e8re ne peut faire l\u2019objet d\u2019une r\u00e9vision au fond. En outre l\u2019article 28 alin\u00e9a 3 dispense, en principe, le juge charg\u00e9 de contr\u00f4ler la d\u00e9cision soumise \u00e0 la reconnaissance, de v\u00e9rifier la comp\u00e9tence de la juridiction \u00e9trang\u00e8re. Il dispose \u00ab que sans pr\u00e9judice des dispositions du premier alin\u00e9a, il ne peut \u00eatre proc\u00e9d\u00e9 au contr\u00f4le de la comp\u00e9tence des juridictions de l\u2019Etat d\u2019origine ; les r\u00e8gles relatives \u00e0 la comp\u00e9tence ne concernent pas l\u2019ordre public vis\u00e9 \u00e0 l\u2019article 7 paragraphe 1 \u00bb. L\u2019exception au principe ainsi pos\u00e9 est pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1 er de l\u2019article 28 de la Convention de Bruxelles qui dispose \u00ab de m\u00eame, les d\u00e9cisions ne sont pas reconnues si les dispositions des sections 3,4 et 5 du titre II ont \u00e9t\u00e9 m\u00e9connues ainsi que dans le cas pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article 59 \u00bb. Les dispositions vis\u00e9es dans les sections 3, 4 et 5 du titre II sont les r\u00e8gles de comp\u00e9tence en mati\u00e8re d\u2019assurance (section 3) et de contrats conclus par les consommateurs (section 4) ainsi que les r\u00e8gles de comp\u00e9tences exclusives pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019article 16 de la Convention de Bruxelles (section 5). Dans la mesure o\u00f9 les soci\u00e9t\u00e9s appelantes n\u2019ont \u00e0 aucun moment soutenu que les jugements du Landgericht M\u00fcnchen I, voire l\u2019arr\u00eat du Oberlandesgericht M\u00fcnchen seraient contraires \u00e0 l\u2019ordre public de l\u2019Etat requis, inconciliables avec une d\u00e9cision rendue entre les m\u00eames parties dans l\u2019Etat requis, sinon avec une d\u00e9cision ant\u00e9rieurement rendue dans un Etat non contractant entre les m\u00eames parties, la Cour avait retenu dans l\u2019arr\u00eat du 8 juillet 2015 sur le fondement de l\u2019article 26 de ladite Convention que ces jugements sont reconnus de plein droit. La Cour a encore rappel\u00e9 qu\u2019au regard des dispositions des articles 26 et 28 de la Convention de Bruxelles, les juridictions luxembourgeoises n\u2019ont pas \u00e0 v\u00e9rifier la comp\u00e9tence des juridictions allemandes sur le<\/p>\n<p>fondement de l\u2019article 5 de la Convention de Bruxelles, ce contr\u00f4le n\u2019\u00e9tant pas pr\u00e9vu par les dispositions de la Convention de Bruxelles, applicable au pr\u00e9sent litige. De m\u00eame, la Cour n\u2019est pas autoris\u00e9e, au regard du principe de la confiance mutuelle inspirant le syst\u00e8me de reconnaissance et d\u2019ex\u00e9cution des d\u00e9cisions provenant d\u2019un autre Etat membre de proc\u00e9der \u00e0 une r\u00e9vision au fond des d\u00e9cisions allemandes, une telle possibilit\u00e9 de r\u00e9vision au fond constituant une voie de recours suppl\u00e9mentaire contre des d\u00e9cisions nationales qui sont devenues d\u00e9finitives (CJUE affaire Sa.) C-157\/12). Il a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9 par la Cour de cassation fran\u00e7aise dans un litige tombant sous le champ d\u2019application de la Convention de Bruxelles que l&#039;autorit\u00e9 d&#039;une d\u00e9cision rendue sur la comp\u00e9tence peut avoir pour effet de priver les juridictions d&#039;un autre \u00c9tat membre ou contractant de leur comp\u00e9tence pour statuer sur le m\u00eame litige (Cass. 1 \u00e8re civ., 17 f\u00e9vr. 2010, n\u00b0 08- 13.743 ). L\u2019importance du principe de l\u2019autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 relev\u00e9e par la CJCE dans un arr\u00eat du 30 septembre 2003 (CJCE, K\u00f6.) \/ C-224\/01) concernant la question de la responsabilit\u00e9 des Etats membres de l\u2019Union europ\u00e9enne du fait de la d\u00e9cision d&#039;une juridiction statuant en dernier ressort. La CJCE a pr\u00e9cis\u00e9 qu\u2019\u00ab il y a lieu de rappeler l\u2019importance que rev\u00eat, tant dans l\u2019ordre juridique communautaire que dans les ordres juridiques nationaux, le principe de l\u2019autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e. En effet, en vue de garantir aussi bien la stabilit\u00e9 du droit et des relations juridiques qu\u2019une bonne administration de la justice, il importe que des d\u00e9cisions juridictionnelles devenues d\u00e9finitives apr\u00e8s \u00e9puisement des voies de recours disponibles ou apr\u00e8s des d\u00e9lais pr\u00e9vus pour ces recours ne puissent plus \u00eatre remises en cause \u00bb. Le principe de coop\u00e9ration d\u00e9coulant de l&#039;article 10 du trait\u00e9 CE (remplac\u00e9, par l&#039;article 4, \u00a7 3, UE) \u00ab n&#039;impose pas \u00e0 une juridiction nationale d&#039;\u00e9carter des r\u00e8gles de proc\u00e9dure internes afin de r\u00e9examiner une d\u00e9cision judiciaire pass\u00e9e en force de chose jug\u00e9e et de l&#039;annuler, lorsqu&#039;il appara\u00eet qu&#039;elle est contraire au droit communautaire \u00bb (CJCE, 16 mars 2006, aff. C-234\/04, R.K.) c\/ Sch.) GmbH : Rev. crit. DIP 2007, p. 140, note S. Francq). En dispensant le juge d&#039;un \u00c9tat membre de remettre en cause la chose jug\u00e9e dans cet \u00c9tat, m\u00eame lorsqu&#039;elle est contraire au droit de l&#039;Union, la Cour reconna\u00eet la force de la chose jug\u00e9e comme un principe de s\u00e9curit\u00e9 juridique fondamental, qui d\u00e9passe l&#039;int\u00e9r\u00eat l\u00e9gitime des parties, et m\u00eame de l&#039;Union, \u00e0 voir correctement appliquer le droit communautaire. La circonstance que le jugement devra \u00eatre reconnu de plein droit dans un autre \u00c9tat membre n&#039;affaiblit pas ce principe (JCL Droit International,<\/p>\n<p>Fasc. 3040 : Convention de Bruxelles, Conventions de Lugano et r\u00e8glement (CE) n\u00b0 44\/ 2001, \u00e9d.num\u00e9rique 22 novembre 2012, Reconnaissance des d\u00e9cisions juridictionnelles, n\u00b0 68). Ce principe a \u00e9t\u00e9 rappel\u00e9 par la CJUE dans l\u2019arr\u00eat Sa.) GmbH ( 26 septembre 2013, C-157\/12) dans lequel la Cour a retenu \u00ab qu\u2019une fois la d\u00e9cision devenue d\u00e9finitive \u00e0 l\u2019issue de la proc\u00e9dure dans l\u2019Etat membre d\u2019origine, la non-ex\u00e9cution de celle-ci au motif de son caract\u00e8re inconciliable avec une autre d\u00e9cision provenant du m\u00eame Etat membre serait comparable \u00e0 une r\u00e9vision au fond de la d\u00e9cision dont l\u2019ex\u00e9cution est demand\u00e9e, ce qui est pourtant express\u00e9ment exclu par l\u2019article 45, paragraphe 2, du r\u00e8glement n\u00b044\/2001. Une telle possibilit\u00e9 de r\u00e9vision au fond constituerait, de facto, une voie de recours suppl\u00e9mentaire contre une d\u00e9cision devenue d\u00e9finitive dans l\u2019Etat membre d\u2019origine (\u2026) \u00bb. Apr\u00e8s avoir pos\u00e9 ces principes, la Cour s\u2019\u00e9tait pench\u00e9e sur la question de la loi applicable \u00e0 la d\u00e9termination de l\u2019\u00e9tendue de l\u2019autorit\u00e9 de la chose jug\u00e9e. Elle a rappel\u00e9 qu\u2019en mati\u00e8re internationale, la fin de non-recevoir tir\u00e9e de la chose jug\u00e9e fait surgir des interrogations relatives \u00e0 la loi appel\u00e9e \u00e0 en d\u00e9finir les conditions et les effets : identification des types de d\u00e9cisions et des \u00e9l\u00e9ments de chaque d\u00e9cision susceptible d\u2019\u00eatre recouverts de l\u2019autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e, conditions \u00e0 r\u00e9unir pour caract\u00e9riser l\u2019identit\u00e9 des demandes, port\u00e9e relative ou absolue de la chose jug\u00e9e (R\u00e9p. internat. Dalloz, \u00e9d. num\u00e9rique juin 2014, Action en justice, n\u00b0 96 et suivants). Les parties sont d\u00e9sormais d\u2019accord qu\u2019il y a lieu d\u2019appr\u00e9cier la port\u00e9e de l\u2019autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e par rapport \u00e0 la notion autonome telle que d\u00e9finie par la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne. La CJUE retient \u00e0 cet \u00e9gard que la notion d\u2019autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e doit \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e de mani\u00e8re autonome en se r\u00e9f\u00e9rant au syst\u00e8me et aux objectifs de la Convention de Bruxelles, respectivement dans les arr\u00eats plus r\u00e9cents au syst\u00e8me et aux objectifs du R\u00e8glement 44\/2001, (les dispositions de ces instruments pouvant \u00eatre qualifi\u00e9es d\u2019\u00e9quivalentes cf. arr\u00eat du 14 novembre 2013, Ma.) C-478\/12, EU :C :2013 :735, point 27 et jurisprudence cit\u00e9e), de sorte qu\u2019il n\u2019y a pas lieu d\u2019appr\u00e9cier cette notion par rapport au droit luxembourgeois ni par rapport au droit allemand. Les d\u00e9veloppements faits par les parties sur base des diff\u00e9rents rapports d\u2019experts allemands sont d\u00e8s lors sans pertinence pour appr\u00e9cier la fin de non-recevoir tir\u00e9e de l\u2019autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e. En ce qui concerne la d\u00e9limitation de la chose jug\u00e9e, la CJUE retient que la notion d\u2019autorit\u00e9 de la chose jug\u00e9e dans le droit de l\u2019Union ne<\/p>\n<p>s\u2019attache pas qu\u2019au dispositif de la d\u00e9cision juridictionnelle en cause, mais s\u2019\u00e9tend aux motifs de celle-ci qui constituent le soutien n\u00e9cessaire de son dispositif et sont, de ce fait, indissociables de ce dernier. Cette formule trouve ses racines dans des arr\u00eats concernant l\u2019autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e des arr\u00eats d\u2019annulation et s\u2019est \u00e9tendue pour \u00eatre appliqu\u00e9e \u00e0 tout type de contentieux devant les juridictions de l\u2019Union europ\u00e9enne, et par l\u2019arr\u00eat Go.) du 15 novembre 2012 (Aff. Go.) C-456\/11) \u00e9galement en droit international priv\u00e9. Il ne s\u2019agit pas r\u00e9ellement d\u2019interpr\u00e9ter le dispositif \u00e0 la lumi\u00e8re des motifs, tout en continuant de leur refuser toute autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e, mais bien de les int\u00e9grer dans la v\u00e9rification juridictionnelle qui constitue la chose jug\u00e9e et dont l\u2019irr\u00e9vocabilit\u00e9 est ainsi prot\u00e9g\u00e9e. La port\u00e9e de la chose jug\u00e9e n\u2019est toutefois pas uniquement \u00e9tendue par le recours \u00e0 la notion de motifs qui constituent le soutien n\u00e9cessaire du dispositif. Une jurisprudence constante de la CJUE conf\u00e8re l\u2019autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e aux points de fait et de droit \u00ab n\u00e9cessairement tranch\u00e9s \u00bb. Les points de fait et de droit n\u00e9cessairement tranch\u00e9s se d\u00e9finissent comme des \u00e9l\u00e9ments n\u2019apparaissant pas explicitement dans l\u2019arr\u00eat ou l\u2019ordonnance vis\u00e9e, mais qui paraissent logiquement n\u00e9cessaires \u00e0 la d\u00e9cision et \u00e0 sa motivation. Formul\u00e9e sous une forme n\u00e9gative, l\u2019autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e ne s\u2019attache qu\u2019aux points de fait et de droit effectivement ou n\u00e9cessairement tranch\u00e9s par la d\u00e9cision judiciaire, et donc pas \u00e0 l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du texte de cette d\u00e9cision (cf. Picod, Fabrice Turmo, L&#039;autorit\u00e9 de la Chose Jug\u00e9e en Droit de l&#039;Union Europ\u00e9enne, Bruylant, Editions juridiques, 2017, p.141 et suivants). En application de ces principes, il faut d\u00e8s lors relever que c\u2019est \u00e0 tort que le tribunal d\u2019arrondissement a retenu sur le seul dispositif des jugements allemands la fin de non-recevoir soulev\u00e9e par les parties d\u00e9fenderesses\/actuellement intim\u00e9es. L\u2019exception de chose jug\u00e9e repose sur la constatation d\u2019une identit\u00e9 entre la d\u00e9cision b\u00e9n\u00e9ficiant de l\u2019autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e et la nouvelle demande, tant en ce qui concerne les parties qu\u2019en ce qui concerne ce qui a \u00e9t\u00e9 tranch\u00e9. La formulation de l\u2019exception de chose jug\u00e9e suppose la preuve de l\u2019identit\u00e9 entre la demande \u00e0 laquelle on souhaite faire obstacle et le jugement d\u00e9j\u00e0 adopt\u00e9. La jurisprudence de la CJUE retient \u00e0 cet \u00e9gard les crit\u00e8res cumulatifs d\u2019identit\u00e9 de parties, de cause et d\u2019objet. Si en l\u2019esp\u00e8ce, le premier crit\u00e8re de l\u2019identit\u00e9 des personnes ne pose pas de probl\u00e8me, \u00e9tant donn\u00e9 que le litige se meut, en ce qui concerne la demande principale, entre les m\u00eames personnes, en revanche les parties sont en d\u00e9saccord en ce qui concerne l\u2019identit\u00e9 de cause et d\u2019objet.<\/p>\n<p>Le crit\u00e8re de l\u2019identit\u00e9 d\u2019objet vise le contenu de la contestation tranch\u00e9e par la premi\u00e8re d\u00e9cision et celle qui fait l\u2019objet du nouveau recours. C\u2019est l\u2019objet de la demande principale, tranch\u00e9e par la d\u00e9cision couverte par l\u2019autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e, qui est compar\u00e9 \u00e0 l\u2019objet de la nouvelle demande (cf. Picod, Fabrice Turmo, L&#039;autorit\u00e9 de la Chose Jug\u00e9e en Droit de l&#039;Union Europ\u00e9enne, Bruylant, Editions juridiques, 2017, p.158 et suivants). La cause est g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9finie comme comprenant les faits et la r\u00e8gle juridique invoqu\u00e9s comme fondement de la demande et l\u2019objet comme consistant dans le but de la demande, l\u2019interpr\u00e9tation extensive de la notion d\u2019objet r\u00e9sultant de la jurisprudence de la CJUE conduit toutefois \u00e0 consid\u00e9rer comme identiques des demandes n\u2019ayant pas le m\u00eame fondement juridique mais d\u00e9coulant d\u2019un m\u00eame acte juridique (Cour d\u2018appel de Nancy, 5 e chambre, 14 mars 2018, n\u00b015\/01554). Il convient d\u00e8s lors d\u2019analyser les d\u00e9cisions allemandes \u00e0 la lumi\u00e8re des principes ci-avant expos\u00e9s. Par jugement interlocutoire du 17 f\u00e9vrier 1994 le Landgericht M\u00fcnchen I a retenu dans son dispositif \u00ab Die Klage ist, beschr\u00e4nkt auf deliktische Anspr\u00fcche, zul\u00e4ssig. \u00bb Pour retenir sa comp\u00e9tence territoriale en ce qui concerne la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle, le Landgericht M\u00fcnchen a consid\u00e9r\u00e9 dans la motivation \u00ab Entscheidungsgr\u00fcnde \u00bb que \u00ab die Klage ist zul\u00e4ssig, da f\u00fcr die deliktischen Anspr\u00fcche der Kl\u00e4gerin die deutschen Gerichte gem\u00e4ss art.5 Nr 3 des europ\u00e4ischen \u00dcbereinkommens \u00fcber die gerichtliche Zust\u00e4ndigkeit und Vollstreckung zust\u00e4ndig sind. Art.5 Nr. 3 des oben genannten \u00dcbereinkommens bestimmt, dass eine Person, die ihren Wohnsitz in dem Hoheitsgebiet eines Vertragstaates hat, in einem anderen Vertragsstaat verklagt werden kann, wenn eine unerlaubte Handlung oder eine Handlung, die einer unerlaubten Handlung gleichsteht, vorliegt. Dies ist hier der Fall, da die behauptete unerlaubte Handlung n\u00e4mlich die nicht gen\u00fcgende Beaufsichtigung des Subunternehmers durch die Beklagte in Ravensburg erfolgte. Art 1. des Zusatzssprotokolls zu dem europ\u00e4ischen \u00dcbereinkommen \u00fcber die gerichtliche Zust\u00e4ndigkeit und Vollstreckung schliesst die internationale Zust\u00e4ndigkeit nicht aus. Nach der klaren Regelung des art. 1 des Zusatzprotokolls ist nur die Zust\u00e4ndigkeit des Erf\u00fcllungsortes gem\u00e4ss art 5 Nr. 1 des europ\u00e4ischen \u00dcbereinkommens \u00fcber die gerichtliche Zust\u00e4ndigkeit und Vollstreckung ausgeschlossen, nicht jedoch art 5 Nr.3. Die Beklagte f\u00fchrt zwar zu Recht aus, dass die Begriffe des europ\u00e4ischen \u00dcbereinkommens \u00fcber die Zust\u00e4ndigkeit und Vollstreckung autonom auszulegen sind. Aber auch die autonome Auslegung f\u00fchrt nicht zu einem anderen Ergebnis. Ein Anspruch aus unerlaubter Handlung, der auch ohne Vertrag eine unerlaubte Handlung darstellt, wird nicht zu einem vertraglichen Anspruch, wenn zuf\u00e4lligerweise neben diesem Anspruch<\/p>\n<p>auch noch vertragliche Anspr\u00fcche treten. Dies gilt auch dann, wenn nach dem Recht eines Vertragstaates vertragliche Anspr\u00fcche nicht zugleich mit deliktischen Anspr\u00fchen geltend gemacht werden k\u00f6nnen, sondern nur alternativ. (\u2026) Damit sind die deutschen Gerichte international zust\u00e4ndig, allerdings ist das Gericht bei der Pr\u00fcfung der Rechtsfrage auf deliktische Anspr\u00fcche beschr\u00e4nkt \u00bb. Dans son jugement d\u00e9finitif du 23 mars 1995, le Landgericht M\u00fcnchen I a statu\u00e9 au fond et retenu que \u00ab die Klage wird abgewiesen \u00bb. Dans la motivation de cette d\u00e9cision, le tribunal a consid\u00e9r\u00e9 que \u00ab die zul\u00e4ssige Klage ist unbegr\u00fcndet. Auf Grund des rechtskr\u00e4ftigen Zwischenurteils gem\u00e4ss \u00a7\u00a7 303,280 Abs. 2 ZPO ist das Gericht auf die Pr\u00fcfung deliktischrechtlicher Anspr\u00fcche beschr\u00e4nkt. Das Gericht ist nicht befugt vertragliche Anspr\u00fcche, insbesondere Anspr\u00fcche aus PVV des Werkvertrages seiner Entscheidung zugrundezulegen. Die Beklagte schuldet keinen Schadensersatz gem\u00e4ss \u00a7\u00a7 831 BGB, da selbst\u00e4ndige Subunternehmer, die die Beklagte einsetzte, keine Verrichtungsgehilfen sind (\u2026). Unstreitig waren bei der Ausf\u00fchrung der Schweissarbeiten keine Arbeitnehmer der Beklagten eingesetzt. Die Beklagte schuldet keinen Schadensersatz gem\u00e4ss \u00a7\u00a7 823 Abs.1 BGB oder \u00a7\u00a7 823 Abs. 2 BGB da die Beklagte keine eigene Handlungs- bzw. \u00dcberwachungspflicht verletzt hat. (\u2026) Nach alledem war die Klage abzuweisen. (\u2026)\u00bb. Par arr\u00eat du 14 mai 1998, l\u2018Oberlandesgericht M\u00fcnchen a, dans la partie \u00ab Endurteil \u00bb consid\u00e9r\u00e9 sous le point I que \u00ab die Berufungen der Berufungskl\u00e4gerinnen gegen das Endurteil des Landgericht M\u00fcnchen I vom 23 M\u00e4rz 1995 werden zur\u00fcckgewiesen \u00bb. Cette juridiction a dans la motivation de l\u2018arr\u00eat retenu que \u00ab Aufgrund des rechtskr\u00e4ftigen Zwischenurteils des Landgerichts vom 17.2. 1994 in diesem Rechtsstreit, auf dessen Gr\u00fcnde Bezug genommen wird (\u00a7\u00a7543 Abs.2 ZPO), hat das Landgericht zu Recht seine Pr\u00fcfung auf deliktische Anspr\u00fcche nach \u00a7\u00a7 823 ff BGB beschr\u00e4nkt. Dies wird auch von den Berufungen nicht angegriffen. Die deliktische Haftung der Beklagten beurteilt sich grunds\u00e4tzlich nach dem Recht des Tatorts (\u2026) und somit nach deutschem Recht, also nach \u00a7\u00a7 823 ff BGB.<\/p>\n<p>(\u2026) \u00bb Quant \u00e0 la question de la responsabilit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.4.) , l\u2018Oberlandesgericht M\u00fcnchen a retenu la motivation suivante : \u00ab (..) 3) Zu Recht hat das Landgericht eine Haftung der Beklagten aus \u00a7 831 BGB abgelehnt, da die von der Beklagten eingesetzten Subunternehmerinnen (\u2026) keine Verrichtungsgehilfen der Beklagten waren (\u2026) 4) Im Gegensatz zur urspr\u00fcnglich vom Senat vertretenen Auffassung war die Beklagte nicht nach \u00a7823 Abs. 1 BGB verkehrssicherungspflichtig. (\u2026) Rechtlicher Ausgangspunkt ist danach \u2013 (\u2026) &#8211; die Erw\u00e4gung, dass vertraglich begr\u00fcndete Obhutspflichten, die nur Verkehrssicherungspflichten im Verh\u00e4ltnis der Parteien zueinander begr\u00fcnden, nur dann unerlaubte Handlungen darstellen k\u00f6nnen, wenn damit zugleich allgemeine Pflichten verletzt werden, die jeder kraft Gesetzes zu beachten hat und die dem Schutze jedermanns dienen (\u2026). \u00bb Si cette juridiction \u00e9carte l\u2019analyse relative \u00e0 l\u2019obligation contractuelle de s\u00e9curit\u00e9, (Auf eine auf Vertrag mit der SOC.7.) beruhende Verkehrssicherungspflicht (\u2026) scheidet schon deshalb aus, weil dies die vorgesehenen Grenzen zwischen deliktischer und vertraglicher Haftung unter Verletzung des europ\u00e4ischen Gemeinschaftsrecht in Art. I des Protokolls zum EuGV\u00dc verletzen w\u00fcrden\u201c ), elle appr\u00e9cie cette obligation de s\u00e9curit\u00e9 dans le cadre des r\u00e8gles allemandes applicables \u00e0 la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle comme suit \u201eF\u00fcr die deliktische Haftung ist aber die tats\u00e4chliche Durchf\u00fchrung der Arbeiten anstelle des Auftragsgebers, an der es hier fehlt, Voraussetzung, wobei es unerheblich ist, ob \u00fcberhaupt ein Vertrag mit dem Auftraggeber als Prim\u00e4rversicherungspflichtigen zustande gekommen ist oder rechtlichen Bestand hat (\u2026). Entscheiden ist allein, dass der in die Verkehrssicherungspflicht eintretende faktisch die Aufgabe der Verkehrssicherung in dem Gefahrenbereich \u00fcbernimmt und im Hinblick hierauf Schutzvorkehrungen durch den prim\u00e4r Verkehrssicherungspflichtigen unterbleiben, weil sich dieser auf das T\u00e4tigwerden des Beauftragten verl\u00e4sst ) pour ensuite retenir sur base des \u00e9l\u00e9ments de faits lui soumis que \u00ab konnte bei der Beklagten keine Verkehrssicherungspflicht entstanden sein. \u00bb Cette d\u00e9cision de l\u2019Oberlandesgericht M\u00fcnchen a fait l\u2019objet d\u2019un pourvoi devant le Bundesgerichtshof et suivant d\u00e9cision du 23 f\u00e9vrier 1999, celui-ci a d\u00e9cid\u00e9 que \u00ab Die Revision der Kl\u00e4gerinnen gegen das Urteil des 19. Zivilsenats des Oberlandesgerichts M\u00fcnchen vom 14 Mai 1998 wird nicht angenommen \u00bb.<\/p>\n<p>De prime abord, il y a lieu de retenir que les motifs des d\u00e9cisions repris ci-dessus sont \u00e0 consid\u00e9rer conform\u00e9ment aux principes retenus par la CJUE comme constituant le soutien n\u00e9cessaire des d\u00e9cisions rendues et sont d\u00e8s lors rev\u00eatus de l\u2019autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e. Il r\u00e9sulte encore de la comparaison des demandes introduites par les assureurs que leurs demandes actuellement formul\u00e9es ont le m\u00eame objet que celui port\u00e9 devant les juridictions allemandes, en ce qu\u2019elles tendent \u00e0 l\u2019indemnisation du m\u00eame pr\u00e9judice occasionn\u00e9 par l\u2019incendie survenu dans le d\u00e9p\u00f4t de la SOC.7.) le 11 ao\u00fbt 1988. Quant au fondement juridique invoqu\u00e9 par les assureurs, le m\u00eame constat s\u2019impose \u00e9tant donn\u00e9 que la demande port\u00e9e devant les juridictions allemandes tendait \u00e0 mettre en cause tant la responsabilit\u00e9 contractuelle que la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.4.) et que les assureurs ont bas\u00e9 leur demande introduite devant le tribunal d\u2019arrondissement de Diekirch principalement sur la base contractuelle et subsidiairement sur la base d\u00e9lictuelle. Il se d\u00e9gage des motifs repris ci-dessus que les juridictions allemandes se sont d\u00e9clar\u00e9es comp\u00e9tentes pour appr\u00e9cier la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.4.) en excluant toute analyse sur base de la responsabilit\u00e9 contractuelle, pour laquelle, comme le font plaider \u00e0 juste titre les parties appelantes, les juridictions allemandes se sont d\u00e9clar\u00e9es, dans les motifs d\u00e9cisifs, territorialement incomp\u00e9tentes. S\u2019il se d\u00e9gage ainsi des d\u00e9cisions allemandes que les juridictions allemandes se sont limit\u00e9es \u00e0 analyser la demande en indemnisation sur la base d\u00e9lictuelle, il convient cependant de constater qu\u2019elles se sont livr\u00e9es \u00e0 un examen exhaustif des faits pour retenir sur base de leurs r\u00e8gles nationales relatives \u00e0 la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle qu\u2019aucune faute ne pouvait \u00eatre retenue \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.4.) en relation avec le sinistre et que celle-ci n\u2019\u00e9tait pas tenue au moment des faits d\u2019une obligation de s\u00e9curit\u00e9 vis-\u00e0-vis de ses sous-traitants. Contrairement \u00e0 ce que soutiennent les parties appelantes, il n\u2019incombe actuellement pas aux juridictions luxembourgeoises de trancher une inex\u00e9cution d\u2019une obligation principale du contrat d\u2019entreprise, laquelle n\u2019ayant pas encore fait l\u2019objet d\u2019une d\u00e9cision par les juridictions allemandes, mais d\u2019une obligation accessoire au contrat d\u2019entreprise. C\u2019est \u00e0 l\u2019occasion des travaux confi\u00e9s \u00e0 un sous-traitant de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.4.) que l\u2019incendie a \u00e9clat\u00e9, de sorte qu\u2019il faut retenir au vu des \u00e9l\u00e9ments du dossier que l\u2019obligation mise en cause par les assureurs, tant sur le fondement contractuel que (subsidiairement) sur la base d\u00e9lictuelle, est celle incombant \u00e0 l\u2019entrepreneur (la soci\u00e9t\u00e9 SOC.4.)) et ayant pour objet la r\u00e9paration du dommage injustement caus\u00e9 qui est \u00e9tranger \u00e0 la r\u00e9alisation de l\u2019objectif contractuel, \u00e0 savoir l\u2019obligation de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p>Cette obligation est qualifi\u00e9e par le droit luxembourgeois comme \u00e9tant accessoire au contrat et rel\u00e8ve d\u00e8s lors, dans les relations entre les parties au contrat, du r\u00e9gime de la responsabilit\u00e9 contractuelle. Si, en droit luxembourgeois, la r\u00e8gle du non-cumul des responsabilit\u00e9 contractuelle et d\u00e9lictuelle s\u2019oppose d\u00e8s lors \u00e0 ce que le r\u00e9gime de la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle puisse s\u2019appliquer lorsque le dommage subi par le cr\u00e9ancier r\u00e9sulte de l\u2019inex\u00e9cution (totale, partielle ou tardive) par le d\u00e9biteur d\u2019une obligation n\u00e9e du contrat, en revanche il faut constater \u00e0 la lecture des motifs d\u00e9cisifs des d\u00e9cisions allemandes que tel n\u2019est pas le cas en droit allemand. Il r\u00e9sulte en effet de ces motifs que les juridictions allemandes ont certes limit\u00e9 leur analyse sur le volet d\u00e9lictuel et se d\u00e9clarant incomp\u00e9tentes pour le volet contractuel, mais que dans l\u2019appr\u00e9ciation qu\u2019elles ont \u00e9t\u00e9 amen\u00e9es \u00e0 faire sur la responsabilit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.4.) dans la gen\u00e8se du sinistre, elles ont statu\u00e9 sur le m\u00eame fait juridique, \u00e0 savoir l\u2019obligation de s\u00e9curit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.4.). L\u2019identit\u00e9 du fait juridique n\u2019est pas non plus remise en cause par l\u2019application de droit nationaux diff\u00e9rents, alors que les crit\u00e8res cumulatifs d\u2019identit\u00e9 d\u2019objet, cause et parties doivent \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9s en se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 la notion autonome telle que d\u00e9finie par la CJUE et ne sauraient d\u00e8s lors d\u00e9pendre du droit applicable au litige selon qu\u2019il est port\u00e9 devant une juridiction d\u2019un Etat plut\u00f4t que d\u2019un autre. Il s\u2019ensuit que la circonstance que les juridictions allemandes n\u2019ont analys\u00e9 la faute (inex\u00e9cution fautive) invoqu\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.4.) que par rapport \u00e0 leurs r\u00e8gles applicables en mati\u00e8re d\u00e9lictuelle, n\u2019enl\u00e8ve en rien l\u2019autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e attach\u00e9e \u00e0 leurs d\u00e9cisions et s\u2019impose d\u00e8s lors \u00e0 la Cour. Au vu des motifs repris ci-dessus des d\u00e9cisions allemandes, il faut constater que les juges allemands ont bien appr\u00e9ci\u00e9 s\u2019il y a eu violation de l\u2019obligation de s\u00e9curit\u00e9 incombant \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC.4.). Leur d\u00e9cision relative \u00e0 cette obligation accessoire fait d\u00e8s lors \u00e9chec \u00e0 ce que le m\u00eame fait juridique soit de nouveau invoqu\u00e9 devant les juridictions luxembourgeoises. Les compagnies d\u2019assurances invoquent encore en vain une violation de l\u2019article 47 de la Charte des droits fondamentaux de l\u2019Union europ\u00e9enne, alors qu\u2019il faut constater que d\u2019une part, ce sont les compagnies d\u2019assurance elles-m\u00eames qui ont fait le choix de porter d\u2019abord leur action contractuelle et d\u00e9lictuelle devant les juridictions allemandes et qu\u2019elles n\u2019ont \u00e0 aucun moment remis en cause la comp\u00e9tence des juridictions allemandes pour appr\u00e9cier l\u2019obligation de s\u00e9curit\u00e9 invoqu\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.4.). Admettre en l\u2019esp\u00e8ce que les juridictions luxembourgeoises puissent \u00e0 nouveau appr\u00e9cier cette<\/p>\n<p>m\u00eame obligation reviendrait en fait \u00e0 une r\u00e9vision du fond des d\u00e9cisions allemandes. La demande doit partant \u00eatre d\u00e9clar\u00e9e irrecevable pour se heurter \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e des d\u00e9cisions allemandes. Le jugement est d\u00e8s lors \u00e0 confirmer en ce qu\u2019il a d\u00e9clar\u00e9 irrecevable la demande principale et sans objet les demandes en interventions dirig\u00e9es contre les soci\u00e9t\u00e9s SOC.5.) SA et SOC.6.) GmbH.<\/p>\n<p>Les demandes bas\u00e9es sur l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile Dans la mesure o\u00f9 les appelantes ont succomb\u00e9 tant en premi\u00e8re instance qu\u2019en instance d\u2019appel, elles sont \u00e0 d\u00e9bouter de leur demande en paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure. Il para\u00eet cependant in\u00e9quitable de laisser \u00e0 charge des soci\u00e9t\u00e9s SOC.4.) et SOC.6.) GmbH les frais irr\u00e9p\u00e9tibles de l\u2019instance d\u2019appel. La Cour fixe ex \u00e6quo et bono \u00e0 7.500 euros les indemnit\u00e9s de proc\u00e9dure pour l\u2019instance d\u2019appel devant revenir \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC.4.) et \u00e0 1.500 euros la soci\u00e9t\u00e9 SOC.6.) GmbH.<\/p>\n<p>PAR CES MOTIFS<\/p>\n<p>la Cour d\u2019appel, quatri\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale, statuant contradictoirement, sur rapport du magistrat de la mise en \u00e9tat, vidant l\u2019arr\u00eat du 8 juillet 2015, confirme le jugement entrepris, dit la demande de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit allemand SOC.1.), de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit allemand SOC.2.) et de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit allemand SOC.3.) AG, introduite sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile non fond\u00e9e, dit les demandes respectives de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.4.) S\u00e0rl, et de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.6.) GmbH introduites sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile fond\u00e9es, condamne la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit allemand SOC.1.), la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit allemand SOC.2.) et la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit allemand SOC.3.) AG \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC.4.) S\u00e0rl une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 7.500 euros,<\/p>\n<p>condamne la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit allemand SOC.1.), la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit allemand SOC.2.) et la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit allemand SOC.3.) AG \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC.6.) GmbH une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.500 euros, condamne la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit allemand SOC.1.), la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit allemand SOC.2.) et la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit allemand SOC.3.) AG aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance d\u2019appel avec distraction au profit de Ma\u00eetre Roger Nothar et de Ma\u00eetre Claude Schmartz qui la demandent affirmant en avoir fait l\u2019avance.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-superieure-de-justice-chambre-4\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-superieure-de-justice-chambre-4\/20240827-172229\/20200429-ca4-35673a-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). 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