{"id":798447,"date":"2026-05-01T06:26:28","date_gmt":"2026-05-01T04:26:28","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-9-fevrier-2018\/"},"modified":"2026-05-01T06:26:33","modified_gmt":"2026-05-01T04:26:33","slug":"tribunal-darrondissement-9-fevrier-2018","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-9-fevrier-2018\/","title":{"rendered":"Tribunal d&#8217;arrondissement, 9 f\u00e9vrier 2018"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>1 Jugement commercial 2018TALCH02\/00228<\/p>\n<p>Audience publique du vendredi, neuf f\u00e9vrier deux mille dix -huit.<\/p>\n<p>Num\u00e9ro 162816 du r\u00f4le Composition : MAGISTRAT1.), 1 \u00e8re vice-pr\u00e9sidente ; MAGISTRAT2.), 1 er juge ; MAGISTRAT3.), 1 er juge ; GREFFIER1.), greffier.<\/p>\n<p>E n t r e :<\/p>\n<p>1) La soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit anglais TERME1.) PLC, anciennement (\u2026) TERME1.) (\u2026) GROUP PLC, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 (\u2026), (\u2026), (\u2026) (Royaume- Uni), repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions, inscrite au registre de commerce des soci\u00e9t\u00e9s sous le num\u00e9ro (\u2026) ;<\/p>\n<p>2) La soci\u00e9t\u00e9 suisse TERME1.) INTERNATIONAL AG, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 CH- (\u2026), (\u2026), repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions, inscrite au registre de commerce du canton de Z\u00fcrich sous le num\u00e9ro CHE- (\u2026);<\/p>\n<p>parties demanderesses aux termes d\u2019un exploit de l\u2019huissier de justice suppl\u00e9ant HUISSIER DE JUSTICE1.), en remplacement de l\u2019huissier de justice HUISSIER DE JUSTICE2.) de (\u2026), en date du 20 juin 2014 ;<\/p>\n<p>d\u00e9fenderesses sur reconvention, compar ant par Ma\u00eetre AVOCAT1.) , avocat \u00e0 la Cour constitu\u00e9, assist\u00e9 de Ma\u00eetre AVOCAT2.) , avocat \u00e0 la Cour, les deux demeur ant \u00e0 (\u2026),<\/p>\n<p>e t :<\/p>\n<p>1) la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOCIETE1.) GROUP SA, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- (\u2026), (\u2026), repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions, inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B (\u2026) ;<\/p>\n<p>2) la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOCIETE2.) TERME2.) SA, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-(\u2026), (\u2026), repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B (\u2026) ;<\/p>\n<p>parties d\u00e9fenderesses aux fins du pr\u00e9dit exploit HUISSIER DE JUSTICE1.) du 20 juin 2014,<\/p>\n<p>demanderesses par reconvention, c omparant par la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOCIETE3.) SARL, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- (\u2026), (\u2026), repr\u00e9sent\u00e9e par Ma\u00eetre AVOCAT3.), avocat \u00e0 la Cour constitu\u00e9, demeurant \u00e0 (\u2026).<\/p>\n<p>L e T r i b u n a l :<\/p>\n<p>Faits La soci\u00e9t\u00e9 de droit anglais (\u2026) TERME1.) (\u2026) Group plc a \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9e le 25 avril 1988. Elle a chang\u00e9 sa d\u00e9nomination sociale en TERME1.) plc en novembre 2014. Sa filiale, la soci\u00e9t\u00e9 de droit suisse TERME1.) International AG, d\u00e9tient diff\u00e9rentes marques incluant le signe TERME1.). Il sera fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 ces soci\u00e9t\u00e9s sous la d\u00e9signation les \u00ab soci\u00e9t\u00e9s TERME1.) \u00bb. Les soci\u00e9t\u00e9s TERME1.) sont actives dans le domaine du divertissement, de la communication et de la t\u00e9l\u00e9communication et offrent en particulier un service de t\u00e9l\u00e9vision payante diffus\u00e9e par satellite. Elles utilisent le signe TERME1.) comme marque, d\u00e9nomination sociale et nom commercial et exploitent les sites internet suivants: www. TERME1.).com, <a href=\"http:\/\/www.TERME1\" rel=\"nofollow\">http:\/\/www.TERME1<\/a>.)news.com et <a href=\"http:\/\/www.TERME1\" rel=\"nofollow\">http:\/\/www.TERME1<\/a>.)sports.com. Les soci\u00e9t\u00e9s TERME1.) se sont \u00e9galement lanc\u00e9es dans le sponsoring avec la cr\u00e9ation d\u2018une \u00e9quipe professionnelle de cyclisme appel\u00e9e Team TERME1.) . TERME1.) International d\u00e9tient de nombreuses marques de l\u2019Union europ\u00e9enne. Dans le cadre de la pr\u00e9sente proc\u00e9dure, les marques suivantes sont invoqu\u00e9es:<\/p>\n<p>\u2022 Marque de l\u2019Union europ\u00e9enne figurative \u00ab IMAGE1.)\u00bb n\u00b0 NUMERO1.), d\u00e9pos\u00e9e le 14 avril 2003 pour des produits et services des classes 9, 16, 18, 25, 28, 35, 38 (t\u00e9l\u00e9communications), 41 et 42, enregistr\u00e9e le 4 f\u00e9vrier 2010 ;<\/p>\n<p>\u2022 Marque de l\u2019Union europ\u00e9enne figurative \u00abIMAGE2.)\u00bb n\u00b0 NUMERO2.), d\u00e9pos\u00e9e le 14 avril 2003 pour des produits et services des classes 9, 16, 18, 25, 28, 35, 38 (t\u00e9l\u00e9communications), 41 et 42, enregistr\u00e9e le 12 septembre 2012 ;<\/p>\n<p>\u00abIMAGE3.)\u00bb \u2022 Marque de l\u2019Union europ\u00e9enne figurative n\u00b0 NUMERO3.), d\u00e9pos\u00e9e le 19 mai 2003 pour des produits et services des classes 9, 16, 18, 25, 28, 35, 38 (t\u00e9l\u00e9communications), 41 et 42 et enregistr\u00e9e le 6 septembre 2012 ; \u2022 Marque de l\u2019Union europ\u00e9enne figurative \u00abIMAGE4.)\u00bb n\u00b0 NUMERO4.), d\u00e9pos\u00e9e le 27 janvier 2005 pour des produits et services des classes 9, 16, 28, 35, 36, 38 (dont notamment \u00ab telecommunication services, television and radio broadcasting, transmission and communication services, communications services by satellite \u00bb), 41, 42, 43 et 45 et enregistr\u00e9e le 17 octobre 2012 ;<\/p>\n<p>\u2022 Marque de l\u2019Union europ\u00e9enne verbale TERME1.) n\u00b0 NUMERO5.), d\u00e9pos\u00e9e le 16 mars 2007 pour des services des classes 36 et 37 et enregistr\u00e9e le 17 octobre 2008 ;<\/p>\n<p>\u2022 Marque de l\u2019Union europ\u00e9enne verbale TERME1.) n\u00b0 NUMERO6.), d\u00e9pos\u00e9e le 18 avril 2008 pour des produits et services des classes 3, 4, 7, 9, 11, 12, 16, 17, 18, 25, 28, 35, 36, 37, 38 (dont notamment \u00ab telecommunications services, television and radio broadcasting ; satellite services ; satellite broadcasting and\/or transmission of audio and\/or audio visual programmming \u00bb), 39, 40, 41, 42, 43, 44 et 45 et enregistr\u00e9e le 8 ao\u00fbt 2012;<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOCIETE1.) Group SA (ci-apr\u00e8s \u00ab SOCIETE1.) \u00bb), constitu\u00e9e en 2009, distribue par satellite des bouquets payants de t\u00e9l\u00e9vision num\u00e9rique sous les enseignes DENOMINATION1.) aux Pays-Bas, DENOMINATION2.) en Flandres, DENOMINATION3.) en Belgique francophone et DENOMINATION4.) en Autriche. En R\u00e9publique tch\u00e8que et en Slovaquie, SOCIETE1.) commercialise par satellite des bouquets payants de t\u00e9l\u00e9vision num\u00e9rique sous les enseignes TERME1.)TERME2.) et csTERME2.), enseignes acquises en 2011.<\/p>\n<p>SOCIETE1.) utilise la marque TERME1.)TERME2.) en vertu d\u2018un contrat de licence lui conf\u00e9r\u00e9 par sa filiale, la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOCIETE2.) TERME2.) SA (ci-apr\u00e8s \u00ab SOCIETE2.) \u00bb). Il sera fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 ces deux soci\u00e9t\u00e9s sous la d\u00e9signation \u00ab les soci\u00e9t\u00e9s SOCIETE1.) \u00bb.<\/p>\n<p>SOCIETE2.) est titulaire des marques nationales tch\u00e8ques suivantes :<\/p>\n<p>\u2022 \u00ab IMAGE5.) \u00bb d\u00e9pos\u00e9e le 7 octobre 2008 pour des produits et services des classes 9, 37, 38 et 41 et enregistr\u00e9e le 23 juin 2010 sous le num\u00e9ro NUMERO7.) ;<\/p>\n<p>\u2022 \u00abIMAGE6.) \u00bb , d\u00e9pos\u00e9e le 7 octobre 2008 pour des produits et services des classes 9, 37, 38 et 41 et enregistr\u00e9e le 23 juin 2010 sous le num\u00e9ro NUMERO8.) ;<\/p>\n<p>\u2022 \u00ab IMAGE7.) \u00bb d\u00e9pos\u00e9e le 17 octobre 2006 pour des produits et services des classes 35, 38 et 41 et enregistr\u00e9e le 10 avril 2007 sous le num\u00e9ro NUMERO9.) ;<\/p>\n<p>ainsi que des marques slovaques suivantes:<\/p>\n<p>\u2022 \u00abIMAGE5.) \u00bb d\u00e9pos\u00e9e le 24 octobre 2006 pour des produits et services des classes 9, 35, 37, 38, 41 et 42 et enregistr\u00e9e le 19 septembre 2007 sous le num\u00e9ro NUMERO10.) ;<\/p>\n<p>\u2022 \u00ab IMAGE6.) \u00bb d\u00e9pos\u00e9e le 7 juillet 2008 pour des produits et services des classes 9, 37, 38 et 41 et enregistr\u00e9e le 31 juillet 2013 sous le num\u00e9ro NUMERO11.) .<\/p>\n<p>Les marques TERME1.) TERME2.) ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9es et enregistr\u00e9es notamment pour des services de r\u00e9ception, diffusion et transmission de signaux radio et t\u00e9l\u00e9vision et d\u2018autres signaux et messages de communication et de t\u00e9l\u00e9communications.<\/p>\n<p>Les soci\u00e9t\u00e9s TERME1.) ont intent\u00e9 un certain nombre de recours (opposition, nullit\u00e9 et contrefa\u00e7on) tant en Slovaquie qu\u2018en R\u00e9publique tch\u00e8que contre les deux signes TERME1.)TERME2.).<\/p>\n<p>En particulier, en R\u00e9publique tch\u00e8que, TERME1.) International AG a intent\u00e9 une proc\u00e9dure d\u2019opposition contre l\u2019enregistrement des deux marques.<\/p>\n<p>L\u2019opposition a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e par l\u2019Office tch\u00e8que de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle. Par jugement du 12 f\u00e9vrier 2014, le tribunal municipal de Prague a rejet\u00e9 le recours contre cette d\u00e9cision. Le pourvoi contre ce jugement a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9 par arr\u00eat du 12 mars 2015.<\/p>\n<p>En Slovaquie, TERME1.) Plc a introduit une proc\u00e9dure d\u2018opposition contre l\u2018enregistrement de la marque \u00ab IMAGE6.) \u00bb qui s\u2018est sold\u00e9e par un \u00e9chec (cf. d\u00e9cision du Pr\u00e9sident de l\u2019Office de la propri\u00e9t\u00e9 industrielle de la R\u00e9publique slovaque du 28 juin 2013). Cette marque a \u00e9t\u00e9 d\u00e9finitivement enregistr\u00e9e le 31 juillet 2013.<\/p>\n<p>TERME1.) International a encore intent\u00e9 une proc\u00e9dure en nullit\u00e9 contre cette m\u00eame marque. Par d\u00e9cision du 25 ao\u00fbt 2016, cette marque a \u00e9t\u00e9 annul\u00e9e. L\u2019appel est pendant. Une proc\u00e9dure en annulation contre la marque \u00ab IMAGE5.) \u00bb pour non usage a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e en Slovaquie. SOCIETE1.) a interjet\u00e9 appel contre la d\u00e9cision d\u2018annulation du 20 juillet 2016. L\u2018appel, interjet\u00e9 le 24 ao\u00fbt 2016, est toujours pendant.<\/p>\n<p>Proc\u00e9dure Par exploit d\u2019huissier du 20 juin 2014, les soci\u00e9t\u00e9s TERME1.) ont assign\u00e9 les soci\u00e9t\u00e9s SOCIETE1.) devant le tribunal de ce si\u00e8ge, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale selon la proc\u00e9dure civile. L\u2018instruction a \u00e9t\u00e9 cl\u00f4tur\u00e9e par ordonnance du 22 novembre 2017.<\/p>\n<p>Le juge rapporteur a \u00e9t\u00e9 entendu dans son rapport oral \u00e0 l\u2018audience du 6 d\u00e9cembre 2017.<\/p>\n<p>Pr\u00e9tentions et moyens des parties Les soci\u00e9t\u00e9s TERME1.) Il est demand\u00e9 au tribunal d\u2019interdire aux d\u00e9fenderesse s d\u2019utiliser le signe TERME1.)TERME2.) ou tout autre signe similaire aux marques communautaires TERME1.)<\/p>\n<p>des demanderesses, incorporant notamment l\u2019\u00e9l\u00e9ment TERME1.), de rendre une injonction produisant ses effets et s\u2019appliquant dans l\u2019ensemble des Etats membres, respectivement d\u2019interdire aux soci\u00e9t\u00e9s d\u00e9fenderesses d\u2019utiliser le signe TERME1.)TERME2.) ou tout autre signe similaire aux marques TERME1.) sur l\u2019ensemble du territoire communautaire et d\u2019assortir cette injonction, respectivement cette interdiction, d\u2019une astreinte de 10.000,- EUR par jour et par infraction.<\/p>\n<p>Elles sollicitent la condamnation solidaire, sinon in solidum, sinon de chacune pour le tout des d\u00e9fenderesses \u00e0 leur payer la somme de 89.000.000,- EUR, subsidiairement la somme de 40.000.0000,- EUR ou toute autre somme m\u00eame sup\u00e9rieure \u00e0 d\u00e9terminer par le tribunal ou \u00e0 dire d\u2019expert, avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir de la demande en justice.<\/p>\n<p>Elles demandent finalement la condamnation solidaire, sinon in solidum, sinon de chacune pour le tout des d\u00e9fenderesses \u00e0 leur payer une indemnit\u00e9 de 10.000,- EUR sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, l\u2019ex\u00e9cution provisoire du pr\u00e9sent jugement sans caution et la condamnation des d\u00e9fenderesses aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance.<\/p>\n<p>Dans ses corps de conclusions ult\u00e9rieurs, TERME1.) International r\u00e9clame la condamnation des d\u00e9fenderesses au paiement du montant de 89.000.000,- EUR, sinon de 40.000.000,- EUR \u00e0 son seul profit. Les demanderesses r\u00e9clament encore la distraction des frais et d\u00e9pens au profit de leur mandataire.<\/p>\n<p>Il est finalement demand\u00e9 d\u2019inclure les logos \u201cIMAGE8.)\u201d et \u201cIMAGE6.)\u201d dans l\u2019ordre de cessation d\u2019usage.<\/p>\n<p>La demande est bas\u00e9e sur les articles 9.1. b), sinon 9 .1. c), 96, 97 et 98 (1) du R\u00e8glement 207\/2009 sur la marque communautaire ( \u00ab RMC \u00bb). Depuis le 1 er octobre 2017, le R\u00e8glement 207\/2009, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9 par le R\u00e8glement 2015\/2424, est abrog\u00e9 et remplac\u00e9 par le R\u00e8glement (UE) 2017\/1001 sur la marque de l\u2019Union europ\u00e9enne (ci-apr\u00e8s le \u00ab R\u00e8glement \u00bb).<\/p>\n<p>Les r\u00e8gles mat\u00e9rielles restent essentiellement inchang\u00e9es, seule la num\u00e9rotation des articles est modifi\u00e9e de sorte que la demande est bas\u00e9e actuellement sur les articles 9.2 b), sinon 9.2.c), 124, 125 et 126 du R\u00e8glement.<\/p>\n<p>Moyens A titre de remarque g\u00e9n\u00e9rale, les demanderesses font valoir que les marques TERME1.) invoqu\u00e9es dans le cadre du pr\u00e9sent litige seraient toutes pertinentes alors qu\u2019elles ont toutes \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9es pour les services de la classe 38 (services de t\u00e9l\u00e9communications qui incluent les services de diffusion de t\u00e9l\u00e9vision). De plus, la priorit\u00e9 s\u2019appr\u00e9cierait en fonction de la date du d\u00e9p\u00f4t et non pas en fonction de la date d\u2019enregistrement d\u2019une marque. En relation avec le moyen d\u2019incomp\u00e9tence, les soci\u00e9t\u00e9s TERME1.) concluent que le tribunal luxembourgeois saisi est territorialement comp\u00e9tent pour conna\u00eetre de la demande tendant \u00e0 la constatation d\u2019une contrefa\u00e7on dont l\u2019objet serait tout \u00e0 fait distinct d\u2019une demande d\u2019annulation de marques nationales. La validit\u00e9 des marques nationales de SOCIETE2.) ne serait pas mise en cause mais uniquement l\u2019utilisation d\u2019un signe contrefaisant.<\/p>\n<p>La comp\u00e9tence territoriale du tribunal saisi d\u00e9coulerait clairement de l\u2019article 97 RMC (actuellement article 125 du R\u00e8glement) aux termes duquel les actions sont port\u00e9es devant les tribunaux de l\u2019Etat membre sur le territoire duquel le d\u00e9fendeur a son domicile.<\/p>\n<p>Le titulaire d\u2019une marque de l\u2019Union europ\u00e9enne peut agir sur base de l\u2019article 9 du R\u00e8glement sans avoir besoin au pr\u00e9alable de faire annuler une marque nationale post\u00e9rieure.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019actuel article 16 du R\u00e8glement (ancien article 13bis RMC), invoqu\u00e9 par les soci\u00e9t\u00e9s SOCIETE1.), TERME1.) fait valoir que cette disposition \u00e9tablit un concept g\u00e9n\u00e9ral des droits d\u2019intervention du titulaire d\u2019une marque post\u00e9rieure (bien que le conflit entre marques se r\u00e8gle selon le principe de priorit\u00e9). En application de l\u2019article 16, la situation \u00e0 la date du d\u00e9p\u00f4t (ou de priorit\u00e9) de la marque post\u00e9rieure doit \u00e9galement \u00eatre prise en consid\u00e9ration dans le cadre d\u2019une action en contrefa\u00e7on. Le droit ant\u00e9rieur ne l\u2019emporte que si le titulaire de la marque ant\u00e9rieure aurait \u00e9galement r\u00e9ussi \u00e0 faire valoir ses droits \u00e0 la date de d\u00e9p\u00f4t (ou de priorit\u00e9) de la marque post\u00e9rieure. En d\u2019autres termes il faut que la marque ant\u00e9rieure ait acquis un caract\u00e8re distinctif et qu\u2019un risque de confusion existe \u00e0 la date du d\u00e9p\u00f4t (ou de priorit\u00e9) de la marque post\u00e9rieure. De m\u00eame, la marque ant\u00e9rieure doit avoir acquis sa renomm\u00e9e \u00e0 la date de d\u00e9p\u00f4t (ou de priorit\u00e9) de la marque post\u00e9rieure.<\/p>\n<p>Cette disposition serait inapplicable en l\u2019esp\u00e8ce dans la mesure o\u00f9 les marques TERME1.) invoqu\u00e9es seraient intrins\u00e8quement distinctives pour les services de t\u00e9l\u00e9communications m\u00eame fournis par satellite ou par ondes a\u00e9riennes. A titre subsidiaire, les soci\u00e9t\u00e9s TERME1.) font valoir que les marques invoqu\u00e9es avaient d\u00e9j\u00e0 acquis un caract\u00e8re distinctif \u00e9lev\u00e9 au moment du d\u00e9p\u00f4t des diff\u00e9rentes marques des d\u00e9fenderesses et qu\u2019elles avaient d\u00e9j\u00e0 acquis une renomm\u00e9e tr\u00e8s importante dans toute l\u2019Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Il n\u2019y aurait pas lieu de poser une question pr\u00e9judicielle \u00e0 la Cour de Justice de l\u2019Union europ\u00e9enne dans la mesure o\u00f9 les dispositions l\u00e9gislatives r\u00e9pondraient clairement \u00e0 la question pos\u00e9e dans le sens que le principe de coexistence des syst\u00e8mes de marques de l\u2019Union europ\u00e9enne et nationales n\u2019est pas affect\u00e9 par le fait que le propri\u00e9taire d\u2019une marque de l\u2019Union europ\u00e9enne puisse interdire l\u2019utilisation d\u2019un signe qui consiste \u00e9galement en une marque nationale post\u00e9rieure exactement de la m\u00eame mani\u00e8re qu\u2019il peut interdire l\u2019utilisation d\u2019une marque de l\u2019Union europ\u00e9enne post\u00e9rieure (cf. CJUE, C-561\/11 pour les marques de l\u2019Union europ\u00e9enne). Le principe de priorit\u00e9 d\u00e9partagerait un \u00e9ventuel conflit entre marque de l\u2019Union europ\u00e9enne et marque nationale.<\/p>\n<p>La seule existence d\u2019une marque ne saurait constituer une d\u00e9fense \u00e0 toute contrefa\u00e7on. Le principe de priorit\u00e9 devrait s\u2019appliquer \u00e0 un conflit entre marques de l\u2019Union europ\u00e9enne et marques nationales, tout comme il s\u2019applique en cas de conflits entre marques de l\u2019Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Quant au moyen de l\u2019autorit\u00e9 de la chose jug\u00e9e, les soci\u00e9t\u00e9s TERME1.) font valoir que les conditions requises pour son application (\u00e0 savoir existence d\u2019une d\u00e9cision ant\u00e9rieure et d\u00e9finitive au fond qui a le m\u00eame objet et la m\u00eame cause et qui a \u00e9t\u00e9 rendu entre les m\u00eames parties) ne sont pas donn\u00e9es en l\u2019esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>L\u2019objet m\u00eame des proc\u00e9dures d\u2019opposition en R\u00e9publique tch\u00e8que et en Slovaquie serait diff\u00e9rent de l\u2019objet de la pr\u00e9sente affaire. L\u2019opposition tendrait \u00e0 \u00e9viter l\u2019enregistrement d\u2019une marque tandis que l\u2019action en contrefa\u00e7on viserait l\u2019interdiction de l\u2019usage d\u2019un signe, peu importe qu\u2019il soit enregistr\u00e9 comme marque ou non. Le tribunal de l\u2019Union europ\u00e9enne aurait d\u00e9j\u00e0 jug\u00e9 que le principe de l\u2019autorit\u00e9 de la chose jug\u00e9e ne s\u2019applique pas entre une d\u00e9cision finale d\u2019opposition et une d\u00e9cision d\u2019annulation. Les faits et arguments juridiques invoqu\u00e9s dans le cadre des proc\u00e9dures nationales auraient \u00e9t\u00e9 diff\u00e9rents de ceux invoqu\u00e9s en l\u2019esp\u00e8ce. En relation avec la d\u00e9cision slovaque, les soci\u00e9t\u00e9s TERME1.) font de plus encore valoir que l\u2019opposition \u00e9tait bas\u00e9e sur une marque internationale TERME1.) et non pas sur une marque de l\u2019Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Les soci\u00e9t\u00e9s TERME1.) pourraient se pr\u00e9valoir de droits ant\u00e9rieurs sur le signe TERME1.) concernant les services de t\u00e9l\u00e9communications qui incluent les services de diffusion de t\u00e9l\u00e9vision.<\/p>\n<p>Il serait par ailleurs clair que le titulaire d\u2019une marque de l\u2019Union europ\u00e9enne peut agir contre tout signe utilis\u00e9 dans la vie des affaires par un tiers m\u00eame si ce signe a \u00e9t\u00e9 valablement enregistr\u00e9 comme marque de l\u2019Union europ\u00e9enne ou comme marque nationale.<\/p>\n<p>Il n\u2019y aurait pas non plus lieu \u00e0 surseoir \u00e0 statuer en attendant les d\u00e9cisions d\u00e9finitives dans les proc\u00e9dures d\u2019opposition et d\u2019annulation en R\u00e9publique tch\u00e8que et en Slovaquie. En effet, la pr\u00e9sente proc\u00e9dure ne mettrait pas en cause la validit\u00e9 m\u00eame des marques nationales et le r\u00e9gime du droit des marques de l\u2019Union europ\u00e9enne serait un syst\u00e8me autonome, constitu\u00e9 d\u2019un ensemble de r\u00e8gles et poursuivant des objectifs qui lui sont sp\u00e9cifiques.<\/p>\n<p>Face \u00e0 l\u2019argument selon lequel l\u2019utilisation d\u2019une marque nationale valable ne pourrait jamais constituer une contrefa\u00e7on, les soci\u00e9t\u00e9s TERME1.) r\u00e9pliquent qu\u2019une telle marque ne peut jamais \u00eatre une d\u00e9fense contre une action en contrefa\u00e7on. Une action bas\u00e9e sur l\u2019article 9 du R\u00e8glement peut \u00eatre dirig\u00e9e contre tout signe m\u00eame si ce signe constitue une marque nationale.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la demande reconventionnelle, tendant \u00e0 l\u2019annulation des marques de l\u2019Union europ\u00e9enne n\u00b0 00NUMERO6.) et n\u00b0 00NUMERO4.) , les demanderesses contestent que les conditions d\u2018une telle annulation soient donn\u00e9es, le signe TERME1.) ne serait pas descriptif pour des services de t\u00e9l\u00e9distribution par satellite.<\/p>\n<p>Le mot TERME1.) , signifiant \u00ab ciel \u00bb ne d\u00e9signerait pas l\u2018esp\u00e8ce, la qualit\u00e9, la quantit\u00e9, la destination, la valeur, la provenance g\u00e9ographique ou l\u2018\u00e9poque de la production du produit ou de la prestation du service ou d\u2018autres caract\u00e9ristiques de ceux-ci comme indiqu\u00e9 \u00e0 l\u2018article 7 (1) du R\u00e8glement. Le signe TERME1.) ne serait pas non plus d\u00e9pourvu de tout caract\u00e8re distinctif mais serait capable de distinguer les produits et services de TERME1.) de ceux d\u2018autres entreprises. Le mot TERME1.) ne serait descriptif pour aucun des services ou produits pour lesquels les diff\u00e9rentes marques TERME1.) invoqu\u00e9es dans le cadre de la pr\u00e9sente demande sont enregistr\u00e9es. Le caract\u00e8re distinctif intrins\u00e8que du signe TERME1.) aurait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 reconnu par de nombreuses d\u00e9cisions judiciaires europ\u00e9ennes. Nombreuses d\u00e9cisions auraient \u00e9galement retenu que les marques TERME1.) ont acquis un caract\u00e8re distinctif par l\u2018usage intensif qui en a \u00e9t\u00e9 fait.<\/p>\n<p>Les demanderesses critiquent encore les deux sondages vers\u00e9s par les soci\u00e9t\u00e9s SOCIETE1.) et demandent qu\u2019ils soient rejet\u00e9s, sinon pas pris en consid\u00e9ration.<\/p>\n<p>Les conditions pos\u00e9es par l\u2019article 9.2. b) du R\u00e8glement seraient donn\u00e9es, \u00e0 savoir identit\u00e9 ou similitude des produits et services, similitude des signes, risque de confusion et l\u2018usage du signe litigieux dans la vie des affaires \u00e0 titre de marque.<\/p>\n<p>En relation avec une marque de l\u2019Union europ\u00e9enne, le public pertinent serait le public de toute l\u2019Union europ\u00e9enne. Il s\u2019agirait du consommateur moyen, le client final des services de diffusion de t\u00e9l\u00e9vision qui est cens\u00e9 \u00eatre raisonnablement inform\u00e9, attentif et circonspect. Il faudrait garder \u00e0 l\u2018esprit que le consommateur n\u2018aurait que rarement la possibilit\u00e9 de comparer directement les signes mais devrait s e fier \u00e0 l\u2018image imparfaite qu\u2018il en a gard\u00e9e en m\u00e9moire. Le degr\u00e9 d\u2018attention du consommateur moyen ne serait pas particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9 en mati\u00e8re de services de diffusion de t\u00e9l\u00e9vision. Les services de t\u00e9l\u00e9vision constitueraient une activit\u00e9 convergente sans fronti\u00e8res sur un march\u00e9 europ\u00e9en sans barri\u00e8res, de sorte que l\u2019argument selon lequel les signes litigieux ne seraient utilis\u00e9s qu\u2019en R\u00e9publique tch\u00e8que et en Slovaquie et que seuls des consommateurs de ces Etats devraient \u00eatre pris en consid\u00e9ration ne serait pas correct.<\/p>\n<p>En application du principe de l\u2018appr\u00e9ciation globale du risque de confusion, celui-ci devrait se fonder sur l\u2018impression g\u00e9n\u00e9rale laiss\u00e9e par les signes en question tout en gardant \u00e0 l\u2018esprit leurs \u00e9l\u00e9ments distinctifs et dominants. Les marques TERME1.) auraient un caract\u00e8re distinctif important.<\/p>\n<p>En particulier, les signes \u00e0 comparer seraient les suivants :<\/p>\n<p>TERME1.) TERME1.)TERME2.)<\/p>\n<p>\u201cIMAGE2.)\u201d \u201cIMAGE6.)\u201d<\/p>\n<p>Il aurait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 par diff\u00e9rents juridictions europ\u00e9ennes qu\u2019il y a similitude entre les signes TERME1.) et TERME1.)TEC, TERME1.)SOFT, TERME1.)DIVE et TERME1.)TURC. L\u2019EUIPO aurait par ailleurs d\u00e9j\u00e0 compar\u00e9 exactement les m\u00eames signes que ceux en cause en l\u2019esp\u00e8ce, \u00e0 savoir TERME1.) et TERME1.)TERME2.) (d\u00e9cision du 21 ao\u00fbt 2009) (pi\u00e8ce n\u00b029).<\/p>\n<p>Les signes en pr\u00e9sence en l\u2019esp\u00e8ce seraient \u00e9galement similaires. Il y aurait similitude visuelle. Dans des signes compos\u00e9s d\u2019\u00e9l\u00e9ments verbaux et figuratifs, il aurait \u00e9t\u00e9 jug\u00e9 que l\u2019\u00e9l\u00e9ment verbal aurait plus d\u2019impact sur le consommateur que l\u2019\u00e9l\u00e9ment figuratif (TUE, T- 312\/03) et que le consommateur ferait par ailleurs plus attention \u00e0 la premi\u00e8re partie d\u2019une marque (TUE, T-183-02).<\/p>\n<p>Le consommateur aurait \u00e9galement tendance \u00e0 d\u00e9composer un signe en des mots qu\u2019il conna\u00eet, \u00e0 savoir, en l\u2019esp\u00e8ce, en TERME1.) et TERME2.).<\/p>\n<p>La couleur bleue et la police d\u2019\u00e9critures des signes seraient identiques ou similaires.<\/p>\n<p>Il y aurait \u00e9galement similarit\u00e9 phon\u00e9tique et conceptuelle.<\/p>\n<p>A titre subsidiaire, les soci\u00e9t\u00e9s TERME1.) se basent sur l\u2018article 9.2.c) du R\u00e8glement qui prot\u00e8ge les marques de renomm\u00e9e contre les pr\u00e9judices port\u00e9s \u00e0 leur caract\u00e8re distinctif ou \u00e0 leur renomm\u00e9e ou contre les signes qui tirent ind\u00fbment profit du caract\u00e8re distinctif ou de la renomm\u00e9e de la marque ant\u00e9rieure. Il suffirait qu\u2019une marque ait une renomm\u00e9e dans un seul Etat membre pour \u00e9tablir la renomm\u00e9e dans toute l\u2019Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Le tribunal saisi devrait prononcer une injonction pan- europ\u00e9enne avec effet sur tout le territoire de l\u2019Union europ\u00e9enne sur base du caract\u00e8re unitaire de la marque de l\u2019Union europ\u00e9enne. La d\u00e9cision de la Cour de Justice dans l\u2019affaire combit Software GmbH ne serait pas transposable au cas d\u2019esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>La demande tendant \u00e0 l\u2019allocation de dommages et int\u00e9r\u00eats est bas\u00e9e sur l\u2018article 2.21 de la Convention Benelux en mati\u00e8re de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle (\u00ab CBPI \u00bb) et, subsidiairement, sur les articles 1382 et 1383 du Code civil. La CBPI trouverait application conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 129 (anciennement article 101) du R\u00e8glement pour toute question non r\u00e9gl\u00e9e par le R\u00e8glement.<\/p>\n<p>TERME1.) International serait en droit de r\u00e9clamer aux soci\u00e9t\u00e9s d\u00e9fenderesses, ayant fait usage d\u2018un signe similaire aux marques TERME1.) , \u00e0 titre de dommages et int\u00e9r\u00eats, un montant forfaitaire sur la base d\u2019\u00e9l\u00e9ments tels qu\u2019 au moins le montant des redevances ou droits qui auraient \u00e9t\u00e9 dus si le contrevenant avait demand\u00e9 l\u2019autorisation d\u2019utiliser la marque (article 13 de la Directive 2004\/48 du 29 avril 2004 relative au respect des droits de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle).<\/p>\n<p>Les dommages et int\u00e9r\u00eats sont calcul\u00e9s comme suit :<\/p>\n<p>1.000.000 (moyenne arithm\u00e9tique d\u2019abonn\u00e9s TERME1.) TERME2.)) x 297 (moyenne des formules d\u2019abonnement) x 0,05 (redevance raisonnable) x 6 (ann\u00e9es d\u2019utilisation du signe TERME1.)TERME2.)) = 89.100.000,- EUR (alors que le montant r\u00e9clam\u00e9 dans l\u2019assignation est chiffr\u00e9 \u00e0 89.000.000,- EUR).<\/p>\n<p>Les soci\u00e9t\u00e9s SOCIETE1.)<\/p>\n<p>Les d\u00e9fenderesses concluent \u00e0 l\u2018incomp\u00e9tence du tribunal saisi et lui demandent de d\u00e9cliner sa comp\u00e9tence en faveur des instances tch\u00e8ques et slovaques comp\u00e9tentes pour conna\u00eetre d\u2019une action en invalidation des marques tch\u00e8ques n\u00b0 NUMERO7.) et n\u00b0 NUMERO8.) et des marques slovaques n\u00b0 NUMERO10.) et n\u00b0 NUMERO11.), sinon de poser la question pr\u00e9judicielle suivante \u00e0 la Cour de justice de l\u2018Union europ\u00e9enne:<\/p>\n<p>\u00ab Est-ce que le principe de coexistence des marques de l\u2019Union europ\u00e9enne et des marques nationales tel qu\u2019\u00e9nonc\u00e9 par le sixi\u00e8me consid\u00e9rant du r\u00e8glement n\u00b0 207\/2009 du Conseil du 26 f\u00e9vrier 2009 sur la marque de l\u2019Union europ\u00e9enne, s\u2019oppose \u00e0 ce qu\u2019un titulaire d\u2019une marque de l\u2019Union europ\u00e9enne entame une action en contrefa\u00e7on sur base de l\u2019article 9, paragraphe 2, sous b) et\/ou c) du r\u00e8glement n\u00b0207\/2009 afin de faire interdire l\u2019usage d\u2019un signe dans un autre Etat membre o\u00f9 le signe en question constitue une marque nationale valablement enregistr\u00e9e, en ce que le constat \u00e9ventuel d\u2019une infraction sur la base du dit article du r\u00e8glement 207\/2009 est susceptible d\u2019\u00e9liminer la protection conf\u00e9r\u00e9e par la marque nationale en question? \u00bb.<\/p>\n<p>A titre subsidiaire, elles demandent au tribunal de d\u00e9clarer irrecevable l\u2018action de TERME1.) International AG d\u00e8s lors que le jugement 9A 175\/2010- 11 du 12 f\u00e9vrier 2014 et la d\u00e9cision POZ 5852-2008 II\/58- 2013 du 28 juin 2013 ont autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e au moins vis-\u00e0-vis de TERME1.) International AG et au moins sur le point de l\u2018absence d\u2018un risque de confusion entre le signe figuratif et verbal TERME1.)TERME2.) et les marques invoqu\u00e9es de TERME1.) International AG et TERME1.) plc.<\/p>\n<p>Plus subsidiairement, elles demandent la surs\u00e9ance \u00e0 statuer jusqu\u2018\u00e0 ce que les instances tch\u00e8que et slovaque comp\u00e9tentes aient rendu une d\u00e9cision d\u00e9finitive par rapport aux actions en nullit\u00e9s des marques tch\u00e8ques et slovaques de SOCIETE2.) .<\/p>\n<p>Encore plus subsidiairement, elles demandent au tribunal de constater que l\u2018usage de TERME1.)TERME2.) ou de signes contenant ce terme en R\u00e9publique tch\u00e8que et en Slovaquie est couvert par des marques nationales valides, \u00e0 savoir les marques tch\u00e8ques n\u00b0 NUMERO7.) et NUMERO8.) et les marques slovaques n\u00b0219268 et 253244, sinon de constater la nullit\u00e9 des marques de l\u2018Union europ\u00e9enne n\u00b0 00NUMERO6.) et 00NUMERO4.) au moins dans la mesure o\u00f9 elles ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9es pour des services de broadcasting de t\u00e9l\u00e9vision et de communication par satellite (classe 38) et d\u2018ordonner la radiation de ces marques du registre des marques de l\u2018Union europ\u00e9enne aupr\u00e8s de l\u2018EUIPO. En l\u2018absence d\u2018un tel constat, elles demandent au tribunal de constater que l\u2018usage de TERME1.)TERME2.) ou de signes contenant ce terme en R\u00e9publique tch\u00e8que et en Slovaquie ne constitue nullement un risque de confusion dans l\u2018esprit du public avec les marques de l\u2018Union europ\u00e9enne invoqu\u00e9es par TERME1.) International, voire ne tirent pas profit du caract\u00e8re distinctif ou de la renomm\u00e9e de ces marques de l\u2018Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Elles demandent au tribunal de constater en tout \u00e9tat de cause que l\u2018usage de TERME1.)TERME2.) ou de signes contenant ce terme ne viole ni l\u2018article 9.2 b), ni l\u2018article 9.2 c) du R\u00e8glement et en tout cas que l\u2018usage du signe \u201cIMAGE8.) \u201d ne viole pas ces dispositions.<\/p>\n<p>Subsidiairement, elles demandent de poser la question pr\u00e9judicielle suivante \u00e0 la Cour de Justice de l\u2018Union Europ\u00e9enne:<\/p>\n<p>\u00ab Le fait qu\u2019un signe attaqu\u00e9 sur la base d\u2019une marque de l\u2019Union europ\u00e9enne soit utilis\u00e9 dans un nombre tr\u00e8s limit\u00e9 d\u2019Etats membres constitue- t-il un facteur pertinent dans le cadre de l\u2019appr\u00e9ciation globale, soit du risque de confusion au regard de l\u2019article 9, paragraphe 2, sous b) du r\u00e8glement 207\/2009 du Conseil du 26 f\u00e9vrier 2009 sur la marque de l\u2019Union europ\u00e9enne, soit du profit indu ou du pr\u00e9judice au regard de l\u2019article 9, paragraphe 2, sous c) du m\u00eame r\u00e8glement, lorsque la marque de l\u2019Union europ\u00e9enne dont la violation est invoqu\u00e9e n\u2019est pas effectivement utilis\u00e9e dans ces Etats membres, ni par son titulaire, n i par des preneurs de licence? \u00bb.<\/p>\n<p>Elles sollicitent encore le rejet de l\u2018ordre d\u2018injonction, sinon sa limitation aux territoires du Royaume- Uni, l\u2018Allemagne, l\u2018Italie, l\u2018Autriche et le Luxembourg et le rejet de l\u2018astreinte.<\/p>\n<p>A titre infiniment subsidiaire, elles demandent le rejet de la demande tendant \u00e0 l\u2018allocation de dommages et int\u00e9r\u00eats.<\/p>\n<p>Elles sollicitent finalement la condamnation solidaire des demanderesses \u00e0 payer \u00e0 chacune des d\u00e9fenderesses une indemnit\u00e9 de 25.000,- EUR sur base de l\u2018article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile.<\/p>\n<p>Moyens Les soci\u00e9t\u00e9s SOCIETE1.) reprochent aux soci\u00e9t\u00e9s TERME1.) de mener une politique abusive en mati\u00e8re de protection de leurs marques. Une telle pratique s\u2019apparenterait \u00e0 du \u00ab trademark trolling \u00bb. Quant \u00e0 la comp\u00e9tence, les soci\u00e9t\u00e9s SOCIETE1.) font valoir que le syst\u00e8me de protection des marques de l\u2018Union europ\u00e9enne est fond\u00e9 sur le principe de coexistence des marques de l\u2018Union europ\u00e9enne et des marques nationales. Il r\u00e9sulterait de l\u2018arr\u00eat Formula One Licensing BV de la Cour de Justice de l\u2019Union europ\u00e9enne que la question de la validit\u00e9 de marques nationales rel\u00e8ve de la comp\u00e9tence exclusive des juridictions de l\u2018Etat de leur d\u00e9p\u00f4t ou enregistrement. Le principe de coexistence serait viol\u00e9 si une proc\u00e9dure dans le cadre d\u2019une marque de l\u2019Union europ\u00e9enne aboutirait \u00e0 une \u00ab situation susceptible d\u2019\u00e9liminer la protection nationale \u00bb. Selon les soci\u00e9t\u00e9s SOCIETE1.) , cet enseignement signifierait \u00e9galement que la validit\u00e9 d\u2018une marque nationale ne pourrait pas non plus \u00eatre remise en cause, directement ou indirectement, par une action en contrefa\u00e7on sur base d\u2018une marque de l\u2018Union europ\u00e9enne, comme en l\u2018esp\u00e8ce. Reconna\u00eetre l\u2018existence d\u2018une contrefa\u00e7on entrainerait une \u00ab situation susceptible d\u2018\u00e9liminer la protection nationale \u00bb. La protection des marques nationales serait de facto \u00e9limin\u00e9e car elles ne pourraient plus \u00eatre utilis\u00e9es et leur d\u00e9ch\u00e9ance pourrait \u00eatre prononc\u00e9e apr\u00e8s une certaine p\u00e9riode de non-utilisation. La comp\u00e9tence pour invalider les marques nationales tch\u00e8ques et slovaques des d\u00e9fenderesses, m\u00eame de mani\u00e8re indirecte par le biais d\u2018une proc\u00e9dure d\u2018opposition, d\u2018annulation ou de contrefa\u00e7on, reviendrait exclusivement aux instances nationales. Les soci\u00e9t\u00e9s SOCIETE1.) invoquent encore l\u2018article 16 paragraphe 2 du R\u00e8glement (anciennement article 13 bis paragraphe 2 du R\u00e8glement 207\/2009). L\u2018incomp\u00e9tence du tribunal luxembourgeois r\u00e9sulterait encore de l\u2018article 22 du R\u00e8glement n\u00b0 44\/2001 concernant la comp\u00e9tence judiciaire, la reconnaissance et l\u2019ex\u00e9cution des d\u00e9cisions en mati\u00e8re civile et commerciale (ci-apr\u00e8s \u00ab R\u00e8glement 44\/2001 \u00bb). En relation avec le moyen d\u2018irrecevabilit\u00e9 en raison de l\u2018autorit\u00e9 de la chose jug\u00e9e, les soci\u00e9t\u00e9s SOCIETE1.) invoquent l\u2018article 1351 du Code civil (le droit luxembourgeois serait applicable en l\u2018absence de disposition communautaire sur base de l\u2018article 101 RMC) et concluent \u00e0 l\u2018irrecevabilit\u00e9 de la demande, du moins \u00e0 l\u2018\u00e9gard de SOCIETE2.). Il y aurait identit\u00e9 des parties, d\u2019objets et de cause. M\u00eame si les d\u00e9cisions tch\u00e8ques et slovaques n\u2018avaient pas d\u2018autorit\u00e9 de la chose jug\u00e9e, toujours est-il qu\u2018elles ne pourraient pas \u00eatre totalement ignor\u00e9es conform\u00e9ment \u00e0 l\u2018enseignement tir\u00e9 de l\u2018arr\u00eat Ferrero du Tribunal de l\u2019Union europ\u00e9enne (TUE, T-140\/08).<\/p>\n<p>La d\u00e9cision du tribunal municipal de Prague devrait \u00eatre reconnue automatiquement au Luxembourg en application des articles 33 et 36 du R\u00e8glement 44\/2001.<\/p>\n<p>L\u2018autorit\u00e9 de la chose jug\u00e9e devrait \u00e9galement \u00eatre reconnue \u00e0 la d\u00e9cision du Pr\u00e9sident de l\u2018office de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle slovaque en date du 28 juin 2013, du moins en ce qui concerne la demande dirig\u00e9e contre SOCIETE2.) . Il y a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 que la marque figurative slovaque n\u00b0 NUMERO11.) TERME1.)TERME2.) ne pr\u00eate pas \u00e0 confusion avec la marque internationale NUMERO12.)A TERME1.).<\/p>\n<p>Dans le contexte de leur demande tendant \u00e0 la surs\u00e9ance \u00e0 statuer, les d\u00e9fenderesses invoquent les conclusions de l\u2018avocat g\u00e9n\u00e9ral dans l\u2018affaire C-226\/15.<\/p>\n<p>En relation avec le reproche de la contrefa\u00e7on, les d\u00e9fenderesses font valoir qu\u2018en application du principe de coexistence, l\u2018usage d\u2018une marque nationale valide ne peut pas \u00eatre constitutif d\u2018un acte de contrefa\u00e7on d\u2018une marque de l\u2018Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Les soci\u00e9t\u00e9s SOCIETE1.) concluent encore \u00e0 la nullit\u00e9 des marques invoqu\u00e9es par les soci\u00e9t\u00e9s TERME1.) faute de pouvoir distinctif dans toute l\u2018Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Le signe TERME1.) serait descriptif pour des services de t\u00e9l\u00e9distribution par satellite (classe 38). Le mot TERME1.) , signifiant ciel, serait descriptif en ce qu\u2018il \u00ab d\u00e9signe une caract\u00e9ristique des produits ou services concern\u00e9s \u00bb.<\/p>\n<p>Le tribunal de l\u2018Union europ\u00e9enne aurait justement reconnu dans son arr\u00eat du 5 mai 2015 (TUE, T-423\/12, T-183\/13 et T-184\/13, TERME1.)pe\/TERME1.)) que le terme TERME1.) pr\u00e9sente un caract\u00e8re descriptif par rapport aux services de t\u00e9l\u00e9diffusion en raison de son caract\u00e8re allusif par rapport \u00e0 ces services, \u00e0 tout le moins dans la mesure o\u00f9 ils sont transmis par voie de satellite.<\/p>\n<p>M\u00eame \u00e0 admettre que le signe TERME1.) ait acquis un certain pouvoir distinctif par un usage intensif dans certaines juridictions, telles que le Royaume- Uni, l\u2018Irlande et l\u2018Allemagne, toujours est-il qu\u2018en ce qui concerne une marque de l\u2018Union europ\u00e9enne, le caract\u00e8re distinctif doit \u00eatre acquis dans tous les Etats membres de l\u2018Union europ\u00e9enne, tel que cela r\u00e9sulte clairement, selon les d\u00e9fenderesses, de l\u2018arr\u00eat Storck de la Cour de Justice (CJUE, C-25\/05) et des arr\u00eats Louis Vuitton Malletier et Mondelez du Tribunal de l\u2018Union europ\u00e9enne (TUE, T-359\/12 et T-112\/13).<\/p>\n<p>En relation avec la demande bas\u00e9e sur l\u2018article 9.2 b) du R\u00e8glement, les soci\u00e9t\u00e9s SOCIETE1.) contestent que les conditions d\u2018application soient r\u00e9unies.<\/p>\n<p>Pour appr\u00e9cier la similitude entre les signes il faudrait comparer le signe figuratif TERME1.)TERME2.) \u201cIMAGE6.)\u201d utilis\u00e9 par SOCIETE1.) \u00e0 la marque verbale TERME1.) et \u00e0 la marque figurative \u201cIMAGE4.)\u201d.<\/p>\n<p>Le signe TERME1.)TERME2.) comporterait des \u00e9l\u00e9ments additionnels, de sorte qu\u2018aucune similitude visuelle ne serait donn\u00e9e. L\u2018ajout du logo consistant en huit points rouges et occupant une place non n\u00e9gligeable dans le signe TERME1.) TERME2.) lui conf\u00e9rerait un caract\u00e8re tout \u00e0 fait distinctif. Ce logo exclurait toute similitude visuelle d\u2018autant plus que les<\/p>\n<p>marques TERME1.) ne sont accompagn\u00e9es d\u2018aucun logo. Les polices d\u2018\u00e9criture utilis\u00e9es pour les marques TERME1.) et le signe TERME1.)TERME2.) diff\u00e9reraient \u00e9galement.<\/p>\n<p>Au niveau phon\u00e9tique, la marque TERME1.) , compos\u00e9e d\u2018une syllabe, se distinguerait du signe attaqu\u00e9 beaucoup plus long et comportant deux syllabes. Ces deux syllabes constitueraient un seul mot, un ensemble indissociable.<\/p>\n<p>Les signes en pr\u00e9sence seraient \u00e9galement diff\u00e9rents au niveau conceptuel pour le public concern\u00e9, un public non- anglophone.<\/p>\n<p>Sur base d\u2018une appr\u00e9ciation globale de l\u2018affaire et prenant en compte tous les facteurs pertinents du cas d\u2018esp\u00e8ce, l\u2018existence d\u2018un risque de confusion serait exclu. Il n\u2018y aurait risque de confusion que si le public peut croire que les produits ou services en cause proviennent de la m\u00eame entreprise, ou, le cas \u00e9ch\u00e9ant, d\u2018entreprises \u00e9conomiquement li\u00e9es. Cette preuve, \u00e0 savoir que le public pertinent attribuerait le signe \u201c IMAGE6.) \u00bb \u00e0 une entreprise li\u00e9e \u00e0 TERME1.) , ne serait pas rapport\u00e9e. En effet, selon l\u2018\u00e9tude de march\u00e9 vers\u00e9e, seul un nombre n\u00e9gligeable de la population tch\u00e8que et slovaque attribuerait le nom TERME1.) \u00e0 l\u2018entreprise TERME1.) . A fortiori, ce public n\u2018attribuerait pas le signe TERME1.)TERME2.) aux soci\u00e9t\u00e9s TERME1.).<\/p>\n<p>Les d\u00e9fenderesses contestent l\u2018affirmation de TERME1.) selon laquelle TERME1.) constituerait l\u2018\u00e9l\u00e9ment dominant et distinctif d u signe TERME1.)TERME2.). TERME1.) n\u2018aurait pas de caract\u00e8re distinctif pour les services de t\u00e9l\u00e9distribution par satellite et beaucoup d\u2018autres entreprises tch\u00e8ques et slovaques utiliseraient le mot TERME1.) dans leurs d\u00e9nomination. TERME1.) TERME2.) constituerait un n\u00e9ologisme, voire un terme fantaisiste.<\/p>\n<p>Aucun \u00e9l\u00e9ment du signe TERME1.)TERME2.) ne serait dominant et il faudrait prendre en consid\u00e9ration le signe dans sa totalit\u00e9.<\/p>\n<p>Quant au public pertinent, les soci\u00e9t\u00e9s SOCIETE1.) font valoir qu\u2018il s\u2018agit de consommateurs ayant un niveau d\u2018attention \u00e9lev\u00e9 eu \u00e9gard \u00e0 la nature des services vis\u00e9s par les signes en pr\u00e9sence.<\/p>\n<p>Les soci\u00e9t\u00e9s TERME1.) ne pourraient se baser sur la renomm\u00e9e dans le cadre de l\u2018appr\u00e9ciation globale du risque de confusion dans la mesure o\u00f9 les marques TERME1.) ne seraient connues que d\u2018une partie n\u00e9gligeable du public tch\u00e8que et slovaque.<\/p>\n<p>Dans la mesure o\u00f9 les marques TERME1.) ne seraient utilis\u00e9es ni en R\u00e9publique tch\u00e8que, ni en Slovaquie, tout risque de confusion par le public concern\u00e9 s erait exclu. L\u2018existence d\u2018un risque de confusion devrait \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9e dans l\u2018Etat membre ou la zone linguistique o\u00f9 la violation de la marque est invoqu\u00e9e. Cela r\u00e9sulterait de la jurisprudence de la Cour de Justice de l\u2019Union europ\u00e9enne et notamment de l\u2018arr\u00eat combit Software.<\/p>\n<p>Le risque de confusion devrait encore \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9 en fonction de l\u2018usage concret des signes litigieux (cf. polices d\u2018\u00e9critures, couleurs etc.).<\/p>\n<p>En relation avec l\u2018article 9.2.c) du R\u00e8glement, les d\u00e9fenderesses contestent \u00e9galement que les conditions d\u2018application de cet article soient remplies :<\/p>\n<p>\u2022 les signes en question doivent \u00eatre similaires<\/p>\n<p>Par r\u00e9f\u00e9rence aux d\u00e9veloppements faits en relation avec l\u2018article 9.2.b) du R\u00e8glement, les d\u00e9fenderesses concluent que les signes en question ne sont ni identiques, ni m\u00eame similaires et qu\u2018en absence de similitude, il n\u2018est pas possible de tirer profit d\u2018une autre marque.<\/p>\n<p>\u2022 la marque attaquante a une renomm\u00e9e<\/p>\n<p>Dans la mesure o\u00f9 TERME1.) n\u2018offre pas des services de t\u00e9l\u00e9distribution par satellite ni en R\u00e9publique tch\u00e8que ni en Slovaquie, les marques TERME1.) ne pourraient avoir une renomm\u00e9e aupr\u00e8s du public concern\u00e9 de ces Etats membres, ce qui serait d\u2018ailleurs confirm\u00e9 par les \u00e9tudes de march\u00e9 vers\u00e9e s.<\/p>\n<p>\u2022 l\u2018usage du signe post\u00e9rieur entra\u00eene un risque de modification du comportement \u00e9conomique du consommateur moyen<\/p>\n<p>Cette condition doit \u00eatre prouv\u00e9e sur base de d\u00e9ductions logiques et non de simples suppositions (CJUE, C-383\/12).<\/p>\n<p>\u2022 absence de juste motif pour l\u2018usage du signe post\u00e9rieur<\/p>\n<p>Les soci\u00e9t\u00e9s SOCIETE1.) auraient un juste motif pour l\u2018usage du signe TERME1.)TERME2.) qui est couvert par des marques valides en R\u00e9publique tch\u00e8que et en Slovaquie.<\/p>\n<p>De plus, le nom commercial TERME1.) TERME2.) aurait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 dans ces deux pays en 2007.<\/p>\n<p>\u2022 profit ind\u00fbment tir\u00e9 du caract\u00e8re distinctif ou de la renomm\u00e9e de la marque ant\u00e9rieure ou pr\u00e9judice port\u00e9 \u00e0 la renomm\u00e9e ou au caract\u00e8re distinctif<\/p>\n<p>Cette condition viserait le parasitisme, le ternissement de la marque ou la dilution de la marque. L\u2018usage du signe litigieux ne correspondrait \u00e0 aucun de ces trois cas de figure.<\/p>\n<p>A titre subsidiaire ultime, les d\u00e9fenderesses font valoir qu\u2018une injonction de cessation devrait \u00eatre limit\u00e9e aux territoires o\u00f9 TERME1.) poursuit une activit\u00e9 r\u00e9elle et non- n\u00e9gligeable, \u00e0 savoir le Royaume- Uni, l\u2018Allemagne, l\u2018Italie, l\u2018Autriche et le Luxembourg. Il faudrait en tout cas exclure le territoire de la R\u00e9publique tch\u00e8que et de la Slovaquie et cela en suivant les enseignements de l\u2018arr\u00eat combit Software du 22 septembre 2016 (CJUE, C-223\/15).<\/p>\n<p>En relation avec la demande tendant \u00e0 l\u2018allocation de dommages et int\u00e9r\u00eats sur base de la CBPI, les soci\u00e9t\u00e9s SOCIETE1.) r\u00e9pliquent que, en application de l\u2018article 130 paragraphe 2 (ancien article 102 paragraphe 2) du R\u00e8glement, cette demande serait \u00e0 trancher sur base du droit national tch\u00e8que et slovaque.<\/p>\n<p>En cas d\u2018application du droit luxembourgeois, les d\u00e9fenderesses contestent avoir commis une quelconque faute en faisant usage d\u2018une marque nationale valide.<\/p>\n<p>Aucune disposition de droit luxembourgeois n\u2019aurait introduit la m\u00e9thode de calcul alternative du pr\u00e9judice sur la base de redevances au sens de l\u2019article 13. 1. b) de la directive 2004\/48 pr\u00e9cit\u00e9e.<\/p>\n<p>Elles contestent l\u2018allocation d\u2018un montant forfaitaire correspondant aux redevances. Il faudrait prouver un pr\u00e9judice r\u00e9el et certain. Comme TERME1.) n\u2018exerce aucune activit\u00e9 dans les deux Etats membres concern\u00e9s, elle n\u2018aurait subi aucun manque \u00e0 gagner.<\/p>\n<p>Selon les d\u00e9fenderesses le montant des dommages et int\u00e9r\u00eats r\u00e9clam\u00e9s serait totalement surfait et se baserait sur des param\u00e8tres incorrects.<\/p>\n<p>Motifs de la d\u00e9cision Le moyen d\u2019incomp\u00e9tence Il convient tout d\u2019abord de relever que le tribunal luxembourgeois, en tant que tribunal des marques de l\u2019Union europ\u00e9enne, est territorialement comp\u00e9tent pour conna\u00eetre de la pr\u00e9sente action en contrefa\u00e7on, les d\u00e9fenderesses \u00e9tant \u00e9tablies au Luxembourg (cf articles 124 et 125 du R\u00e8glement). Dans la mesure o\u00f9 une action en contrefa\u00e7on ne met pas en cause la validit\u00e9 des marques nationales mais tend, le cas \u00e9ch\u00e9ant, \u00e0 une interdiction d\u2019usage des signes critiqu\u00e9s, elle ne rel\u00e8ve pas de la comp\u00e9tence exclusive des juridictions du d\u00e9p\u00f4t, respectivement de l\u2019enregistrement des marques nationales. Cette distinction entre interdiction d\u2019usage et annulation d\u2019une marque nationale n\u2019est pas affect\u00e9e par la circonstance qu\u2019une marque non utilis\u00e9e pendant une certaine dur\u00e9e risque, le cas \u00e9ch\u00e9ant, la d\u00e9ch\u00e9ance selon la l\u00e9gislation nationale y applicable. Une \u00e9ventuelle d\u00e9ch\u00e9ance de la marque nationale pour non-usage constitue tout au plus une cons\u00e9quence indirecte et al\u00e9atoire d\u2019une d\u00e9cision d\u2019interdiction d\u2019usage. Sur base de l\u2019arr\u00eat du 24 mai 2012 de la Cour de Justice de l\u2019Union europ\u00e9enne (C-196\/11, Formula One Licensing), les soci\u00e9t\u00e9s SOCIETE1.) font encore remarquer que la pr\u00e9sente d\u00e9cision ne devrait pas cr\u00e9er \u00ab une situation susceptible d\u2019\u00e9liminer la protection nationale \u00bb des marques. Or, cet arr\u00eat a \u00e9t\u00e9 rendu dans le contexte d\u2019une proc\u00e9dure d\u2019opposition intent\u00e9e par le titulaire d\u2019une marque nationale \u00e0 l\u2019encontre de l\u2019enregistrement d\u2019une marque de l\u2019Union europ\u00e9enne. La Cour de Justice a retenu, eu \u00e9gard \u00e0 la coexistence des marques communautaires et des marques nationales, que la validit\u00e9 des marques nationales ne peut \u00eatre mise en cause lors d\u2019une proc\u00e9dure d\u2019opposition \u00e0 une demande d\u2019enregistrement d\u2019une marque communautaire et que les v\u00e9rifications \u00e0 op\u00e9rer par l\u2019EUIPO dans le cadre de la proc\u00e9dure d\u2019opposition se trouvent limit\u00e9es car elles ne peuvent aboutir \u00e0 la constatation de l\u2019absence de caract\u00e8re distinctif d\u2019un signe identique \u00e0 une marque nationale enregistr\u00e9e et prot\u00e9g\u00e9e, une telle constatation ne serait pas compatible avec le coexistence des marques communautaires et des marques nationales. Cette constatation porterait atteinte aux marques nationales identiques \u00e0 un signe consid\u00e9r\u00e9 comme d\u00e9pourvu de caract\u00e8re distinctif, car l\u2019enregistrement d\u2019une telle marque communautaire constituerait une situation susceptible d\u2019\u00e9liminer la protection nationale de ces marques (n\u00b0 44 et 45 de l\u2019arr\u00eat pr\u00e9cit\u00e9).<\/p>\n<p>Dans la mesure o\u00f9 le tribunal saisi n\u2019est pas amen\u00e9 \u00e0 analyser des \u00e9l\u00e9ments de validit\u00e9 des marques nationales des d\u00e9fenderesses, tels que le caract\u00e8re distinctif, l\u2019enseignement de la Cour de Justice n\u2019est pas transposable en l\u2019esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>Une action bas\u00e9e sur l\u2018article 9 du R\u00e8glement ne remet pas en cause la validit\u00e9 d\u2018une marque nationale, m\u00eame pas de fa\u00e7on indirecte.<\/p>\n<p>La pr\u00e9sente demande ne porte pas non plus atteinte au principe de coexistence des marques de l\u2019Union europ\u00e9enne et nationales tel que reconnu par les consid\u00e9rants n\u00b0 7 et 8 du R\u00e8glement et par la jurisprudence de la Cour de Justice de l\u2019Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>En effet, ce principe ne saurait pas \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 dans le sens qu\u2019il conf\u00e9rerait une protection absolue \u00e0 une marque nationale contre toute action en contrefa\u00e7on lanc\u00e9e par le titulaire d\u2019une marque de l\u2019Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Le principe de coexistence signifie que le syst\u00e8me de la marque de l\u2019Union europ\u00e9enne et le droit national existent et fonctionnent en parall\u00e8le. Le m\u00eame signe peut \u00eatre prot\u00e9g\u00e9 par le m\u00eame titulaire en tant que marque de l\u2019Union europ\u00e9enne et en tant que marque nationale dans un \u00c9tat membre ou dans la totalit\u00e9 des \u00c9tats membres. Le principe de coexistence implique \u00e9galement que le syst\u00e8me de la marque de l\u2019Union europ\u00e9enne reconna\u00eet activement la pertinence des droits nationaux et l\u2019\u00e9tendue de leur protection. Lorsque des conflits surviennent entre des marques de l\u2019Union europ\u00e9enne et des marques nationales ou d\u2019autres droits nationaux, il n\u2019existe pas de hi\u00e9rarchie d\u00e9terminant qu\u2019un syst\u00e8me pr\u00e9vaut sur l\u2019autre; en lieu et place, c\u2019est le principe de priorit\u00e9 qui est appliqu\u00e9. Si les exigences respectives sont satisfaites, des marques nationales ant\u00e9rieures ou d\u2019autres droits nationaux ant\u00e9rieurs peuvent faire obstacle \u00e0 l\u2019enregistrement d\u2019une marque de l\u2019Union europ\u00e9enne plus r\u00e9cente ou faire prononcer sa nullit\u00e9 (Directives relatives \u00e0 l\u2019examen sur les marques de l\u2019Union europ\u00e9enne (EUIPO)).<\/p>\n<p>Les d\u00e9fenderesses sugg\u00e8rent, en cas de doute du tribunal quant \u00e0 sa comp\u00e9tence territoriale, de poser une question pr\u00e9judicielle \u00e0 la Cour de Justice.<\/p>\n<p>L\u2018article 267 du Trait\u00e9 sur le fonctionnement de l\u2019Union europ\u00e9enne pr\u00e9cise que les juridictions nationales qui statuent en dernier ressort, c\u2019est-\u00e0-dire dont les d\u00e9cisions ne peuvent faire l\u2019objet d\u2019un recours, ont l\u2019obligation de saisir la Cour de Justice d&#039;une demande pr\u00e9judicielle, sauf lorsqu\u2019il existe d\u00e9j\u00e0 une jurisprudence de la Cour en la mati\u00e8re ou lorsque l&#039;interpr\u00e9tation de la r\u00e8gle de droit de l&#039;Union europ\u00e9enne en cause est \u00e9vidente.<\/p>\n<p>En revanche, les juridictions nationales qui ne statuent pas en dernier ressort n\u2019ont pas l\u2019obligation d\u2019exercer ce renvoi, m\u00eame si l\u2019une des parties le demande.<\/p>\n<p>Toute juridiction concern\u00e9e dispose du pouvoir d\u2019adresser \u00e0 la Cour une demande de d\u00e9cision pr\u00e9judicielle relative \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation d\u2019une r\u00e8gle du droit de l\u2019Union lorsqu\u2019elle l\u2019estime n\u00e9cessaire pour r\u00e9soudre le litige dont elle est saisie.<\/p>\n<p>Cependant, une juridiction dont les d\u00e9cisions ne sont pas susceptibles d\u2019un recours juridictionnel de droit interne est tenue de saisir la Cour d\u2019une telle demande, sauf lorsqu\u2019il existe d\u00e9j\u00e0 une jurisprudence en la mati\u00e8re (et que le cadre \u00e9ventuellement nouveau ne soul\u00e8ve pas de doute r\u00e9el quant \u00e0 la possibilit\u00e9 d\u2019appliquer en l\u2019esp\u00e8ce cette jurisprudence)<\/p>\n<p>ou lorsque la mani\u00e8re correcte d\u2019interpr\u00e9ter la r\u00e8gle de droit en cause appara\u00eet de toute \u00e9vidence.<\/p>\n<p>Ainsi, une juridiction nationale peut, notamment lorsqu\u2019elle s\u2019estime suffisamment \u00e9clair\u00e9e par la jurisprudence de la Cour, d\u00e9cider elle- m\u00eame de l\u2019interpr\u00e9tation correcte du droit de l\u2019Union et de son application \u00e0 la situation factuelle qu\u2019elle constate (Recommandations \u00e0 l\u2019attention des juridictions nationales, relatives \u00e0 l\u2019introduction de proc\u00e9dures pr\u00e9judicielles, 2012\/C 338\/01).<\/p>\n<p>Outre le fait que le tribunal, ne statuant pas en dernier ressort, n\u2018a aucune obligation de poser une question pr\u00e9judicielle \u00e0 la Cour de Justice, il a \u00e9t\u00e9 expos\u00e9 ci-dessus que le principe de coexistence des marques de l\u2018Union europ\u00e9enne et des marques nationales n\u2018a pas comme cons\u00e9quence de mettre une marque nationale \u00e0 l\u2018abri d\u2018une action en contrefa\u00e7on et qu\u2019une action en contrefa\u00e7on ne met pas en cause la validit\u00e9 d\u2019une marque nationale. En effet, coexistence ne signifie pas absence de toute possibilit\u00e9 de conflit.<\/p>\n<p>Il en d\u00e9coule qu\u2019il n\u2019y a pas lieu de poser une question pr\u00e9judicielle \u00e0 la Cour de Justice. Le moyen tir\u00e9 de l\u2019incomp\u00e9tence territoriale est rejet\u00e9.<\/p>\n<p>Les soci\u00e9t\u00e9s SOCIETE1.) invoquent encore \u00e0 ce stade, c\u2019est-\u00e0-dire en relation avec le moyen d\u2019incomp\u00e9tence territoriale, l\u2019article 16 paragraphe 2 du R\u00e8glement (anciennement article 13bis, introduit par le R\u00e8glement 2015\/2424) aux termes duquel \u00ab lors d&#039;une proc\u00e9dure en contrefa\u00e7on, le titulaire d&#039;une marque de l&#039;Union europ\u00e9enne ne peut interdire l&#039;usage d&#039;une marque nationale enregistr\u00e9e post\u00e9rieurement lorsque cette marque post\u00e9rieure n&#039;aurait pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e nulle en vertu de l&#039;article 8 ou de l&#039;article 9, paragraphe 1 ou 2, ou de l&#039;article 46, paragraphe 3, de la directive (UE) 2015\/2436 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil \u00bb.<\/p>\n<p>Cet article vise essentiellement \u00e0 pr\u00e9ciser dans quels cas, lors d\u2019une action en contrefa\u00e7on, le titulaire d\u2019une marque de l\u2019Union europ\u00e9enne ne pourra pas s\u2019opposer \u00e0 l\u2019usage d\u2019une marque post\u00e9rieure. Lorsque le titulaire d\u2019une marque de l\u2019Union europ\u00e9enne engage une action en contrefa\u00e7on contre une marque nationale enregistr\u00e9e post\u00e9rieurement, celui-ci ne pourra pas interdire l\u2019usage de la marque nationale post\u00e9rieure notamment si celle- ci a \u00e9t\u00e9 acquise \u00e0 un moment o\u00f9 la marque ant\u00e9rieure \u00e9tait susceptible d\u2019\u00eatre d\u00e9clar\u00e9e nulle ou que son titulaire \u00e9tait susceptible d\u2019\u00eatre d\u00e9chu de ses droits, par exemple parce qu\u2019elle n\u2019avait pas encore acquis de caract\u00e8re distinctif par l\u2019usage ou si la marque ant\u00e9rieure ne pouvait pas \u00eatre oppos\u00e9e \u00e0 la marque post\u00e9rieure faute de remplir les conditions n\u00e9cessaires par exemple faute d\u2019avoir d\u00e9j\u00e0 acquis une renomm\u00e9e. L\u2019application de cet article m\u00e8nera \u00e0 une coexistence l\u00e9gale forc\u00e9e entre ces deux marques (O. Mandel, Le nouveau R\u00e8glement sur la marque de l\u2019Union europ\u00e9enne est entr\u00e9 en vigueur le 23 mars 2016, article disponible en ligne).<\/p>\n<p>Bien qu\u2019intitul\u00e9 \u00ab droit d\u2019intervention du titulaire d\u2019une marque enregistr\u00e9e post\u00e9rieurement comme moyen de d\u00e9fense dans une proc\u00e9dure en contrefa\u00e7on \u00bb, cet article a trait \u00e0 des exceptions de proc\u00e9dure et fins de non- recevoir que peut opposer, avant tout examen du fond du litige, le titulaire d\u2019une marque nationale lorsqu\u2019il est d\u00e9fendeur dans une action en contrefa\u00e7on (A. Folliard- Monguiral, La r\u00e9forme du r\u00e8glement sur la marque de l&#039;Union europ\u00e9enne, Premi\u00e8re partie, Propri\u00e9t\u00e9 industrielle n\u00b0 9, Septembre 2016, \u00e9tude 16, n\u00b082).<\/p>\n<p>L\u2019article 16 du R\u00e8glement, qui est \u00e9tranger \u00e0 la question de la comp\u00e9tence territoriale internationale, sera d\u00e8s lors analys\u00e9 dans le cadre de l\u2019action en contrefa\u00e7on.<\/p>\n<p>Le moyen d\u2019irrecevabilit\u00e9 en raison de l\u2019autorit\u00e9 de la chose jug\u00e9e<\/p>\n<p>Conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 129 paragraphe 3 du R\u00e8glement et aux conclusions concordantes des parties, il convient d\u2019analyser le moyen tir\u00e9 de l\u2019autorit\u00e9 de la chose jug\u00e9e selon le droit luxembourgeois.<\/p>\n<p>Il n\u2019est pas contest\u00e9 que les d\u00e9cisions de justice tch\u00e8que et slovaque invoqu\u00e9es par les soci\u00e9t\u00e9s SOCIETE1.) b\u00e9n\u00e9ficient de la reconnaissance automatique au sens du R\u00e8glement 44\/2001 (encore applicable au moment de l\u2019introduction de la demande par assignation du 20 juin 2014). La mati\u00e8re d\u2019inscription ou de validit\u00e9 des marques tombe effectivement dans le champ d\u2019application dudit R\u00e8glement.<\/p>\n<p>Aux termes de l\u2019article 1351 du Code civil, \u00ab l\u2019autorit\u00e9 de la chose jug\u00e9e n\u2019a lieu qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9gard de ce qui a fait l\u2019objet du jugement. Il faut que la chose demand\u00e9e soit la m\u00eame ; que la demande soit fond\u00e9e sur la m\u00eame cause ; que la demande soit entre les m\u00eames parties et form\u00e9e par elles et contre elles en la m\u00eame qualit\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019exception de l\u2019autorit\u00e9 de la chose jug\u00e9e emp\u00eache que ce qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9finitivement jug\u00e9 ant\u00e9rieurement puisse \u00e0 nouveau \u00eatre soumis \u00e0 l\u2019appr\u00e9ciation d\u2019un juge.<\/p>\n<p>Pour qu\u2019elle puisse jouer il faut qu\u2019il y ait triple identit\u00e9 d\u2019objet, de cause et de parties agissant en m\u00eames qualit\u00e9s.<\/p>\n<p>L\u2019autorit\u00e9 de la chose jug\u00e9e n\u2019a lieu qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9gard de ce qui a fait l\u2019objet du jugement. L\u2019objet du litige est d\u00e9termin\u00e9 par les pr\u00e9tentions respectives des parties (Cass, 18 mars 2010, n\u00b02727 du Registre, n\u00b016\/10).<\/p>\n<p>Il n\u2019y a identit\u00e9 d\u2019objet que lorsque le juge s\u2019expose, en statuant sur les pr\u00e9tentions des parties, \u00e0 contredire une d\u00e9cision ant\u00e9rieure affirmant un droit ni\u00e9 ou niant un droit affirm\u00e9 par la premi\u00e8re d\u00e9cision (Th. HOSCHEIT, Le droit judiciaire priv\u00e9 au Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg, n\u00b0 932, p. 477 ; Cass, 18 mars 2010, n\u00b02727 du Registre, n\u00b016\/10).<\/p>\n<p>La proc\u00e9dure d\u2019opposition contre l\u2019enregistrement d\u2019une marque nationale tend \u00e0 emp\u00eacher l\u2019enregistrement d\u2019une marque sur base de droits ant\u00e9rieurs tandis que l\u2019action en contrefa\u00e7on bas\u00e9e sur une marque de l\u2019Union europ\u00e9enne tend \u00e0 interdire l\u2019usage d\u2019un signe (qu\u2019il soit une marque ou non) \u00e0 l\u2019\u00e9chelle communautaire. Une telle demande n\u2019affecte pas la validit\u00e9 de l\u2019enregistrement de la marque en question. Si, dans certaines circonstances, des questions similaires, telles que le risque de confusion et la similitude des marques et produits et services vis\u00e9s doivent \u00eatre examin\u00e9es afin de pouvoir rendre la d\u00e9cision, toujours est-il que le r\u00e9sultat des diff\u00e9rentes proc\u00e9dures est diff\u00e9rent.<\/p>\n<p>A cela s\u2019ajoute que les juridictions slovaques et tch\u00e8ques, saisies de demandes d\u2019enregistrement de marques nationales, analysent les arguments avanc\u00e9s dans le cadre de la proc\u00e9dure d\u2019opposition en relation avec la seule l\u00e9gislation nationale et non pas communautaire. Ainsi, les crit\u00e8res tels que le risque de confusion et le public concern\u00e9 sont n\u00e9cessairement diff\u00e9rents selon qu\u2019ils sont analys\u00e9s au niveau purement national dans le<\/p>\n<p>cadre de la proc\u00e9dure d\u2019opposition ou au niveau communautaire dans le cadre de la proc\u00e9dure de contrefa\u00e7on bas\u00e9e sur une marque de l\u2019Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Les proc\u00e9dures d\u2019opposition et en contrefa\u00e7on sont compl\u00e9mentaires et ne s\u2019excluent pas mutuellement. Ce n\u2019est pas parce qu\u2019une partie n\u2019a pas obtenu gain de cause dans une proc\u00e9dure d\u2019opposition qu\u2019elle est forclose \u00e0 agir en contrefa\u00e7on ou qu\u2019elle perdra son action en contrefa\u00e7on.<\/p>\n<p>Dans un contexte similaire, le Tribunal de l\u2018Union europ\u00e9enne a pr\u00e9cis\u00e9 qu\u2018une d\u00e9cision finale en mati\u00e8re d\u2018opposition n\u2018a pas d\u2018autorit\u00e9 de la chose jug\u00e9e par rapport \u00e0 une demande ult\u00e9rieure en nullit\u00e9 (TUE, 23 septembre 2014, T-11\/13).<\/p>\n<p>Il est vrai que le m\u00eame tribunal a retenu que les constatations op\u00e9r\u00e9es dans la d\u00e9cision finale en mati\u00e8re d\u2018opposition ne peuvent pas \u00eatre totalement ignor\u00e9es lorsqu\u2018il s\u2018agit de statuer sur la demande en nullit\u00e9 \u00e0 condition que ces constatations ne soient pas affect\u00e9es par de nouveaux \u00e9l\u00e9ments de faits, de nouvelles preuves ou de nouveaux motifs. Il a n\u00e9anmoins \u00e9galement pr\u00e9cis\u00e9 que les instances de l\u2018EUIPO saisies de la demande en nullit\u00e9 n\u2018\u00e9taient pas li\u00e9es par les constatations ant\u00e9rieures op\u00e9r\u00e9es dans le cadre de la d\u00e9cision finale en mati\u00e8re d\u2018opposition. Si elles \u00e9taient li\u00e9es, la contestation de l\u2018enregistrement d\u2018une marque communautaire ayant fait l\u2018objet d\u2019une d\u00e9cision en mati\u00e8re d\u2018opposition par une demande en nullit\u00e9 opposant les m\u00eames parties, portant sur le m\u00eame objet et fond\u00e9 sur les m\u00eames motifs serait priv\u00e9e de tout effet utile alors m\u00eame qu\u2018elle est possible en vertu du r\u00e8glement 40\/94 (TUE, 14 octobre 2009, T-140\/08).<\/p>\n<p>M\u00eame si le Tribunal de l\u2018Union europ\u00e9enne a pr\u00e9cis\u00e9 dans le contexte de la question de l\u2018autorit\u00e9 de la chose jug\u00e9e, que les proc\u00e9dures devant l\u2018EUIPO sont de nature administrative et non de nature juridictionnelle et que, d\u00e8s lors, son enseignement n\u2018est peut-\u00eatre pas enti\u00e8rement transposable au cas d\u2018esp\u00e8ce, il reste qu\u2018une proc\u00e9dure d\u2018opposition et une proc\u00e9dure en contrefa\u00e7on sont des proc\u00e9dures diff\u00e9rentes, ayant chacune un objet diff\u00e9rent et une existence propre.<\/p>\n<p>Cela a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9 par la Cour de Justice qui a clairement d\u00e9limit\u00e9 les objets respectifs d\u2019une action en contrefa\u00e7on et d\u2019une proc\u00e9dure d\u2019opposition contre l\u2019enregistrement d\u2019une marque, en l\u2019esp\u00e8ce, de l\u2019Union europ\u00e9enne. Elle a ainsi clairement dit que \u00ab eu \u00e9gard \u00e0 la comp\u00e9tence exclusive des instances de l\u2019EUIPO pour autoriser ou refuser l\u2019enregistrement d\u2019une marque de l\u2019Union europ\u00e9enne (\u2026), toute proc\u00e9dure devant l\u2019EUIPO relative \u00e0 l\u2019enregistrement d\u2019une marque de l\u2019Union europ\u00e9enne ou \u00e0 l\u2019opposition \u00e0 cet enregistrement a n\u00e9cessairement un objet diff\u00e9rent de toute proc\u00e9dure se d\u00e9roulant devant une juridiction nationale, m\u00eame lorsque ladite juridiction agit en tant que tribunal des marques de l\u2019Union europ\u00e9enne \u00bb (CJUE, 21 juillet 2016, C-226\/15, n\u00b0 62 ayant rejet\u00e9 le pourvoi dirig\u00e9 contre TUE, 25 mars 2015, T-378\/13) et que la d\u00e9cision du tribunal national est d\u00e9pourvue d\u2019autorit\u00e9 de la chose jug\u00e9e et ne lie pas l\u2019EUIPO.<\/p>\n<p>La Cour de Justice a retenu que les objets, \u00e0 savoir les pr\u00e9tentions respectives d\u2018une action en contrefa\u00e7on et d\u2018une proc\u00e9dure d\u2018opposition, ne sont pas identiques.<\/p>\n<p>L\u2019avocat g\u00e9n\u00e9ral a \u00e9galement pr\u00e9cis\u00e9 dans le cadre de cette affaire que l\u2019appr\u00e9ciation du risque de confusion, devant \u00eatre faite tant dans la proc\u00e9dure d\u2019opposition que dans l\u2019action en contrefa\u00e7on diff\u00e9rerait en fonction du type de proc\u00e9dure. En effet, cette appr\u00e9ciation doit<\/p>\n<p>\u00eatre r\u00e9trospective et plus concr\u00e8te dans les actions visant \u00e0 faire interdire l\u2019utilisation d\u2019un signe tandis que l\u2019\u00e9valuation est obligatoirement prospective et plus g\u00e9n\u00e9rale dans les proc\u00e9dures d\u2019opposition (conclusion de l\u2019avocat g\u00e9n\u00e9ral dans l\u2019affaire C-226\/15, n\u00b0 61).<\/p>\n<p>Il a \u00e9galement estim\u00e9 que l\u2019appr\u00e9ciation de l\u2019identit\u00e9 des proc\u00e9dures, qui est le seul \u00e9l\u00e9ment d\u00e9clencheur du principe de l\u2019autorit\u00e9 de la chose jug\u00e9e, est une appr\u00e9ciation formelle \u00e0 spectre \u00e9troit. Son interpr\u00e9tation doit \u00eatre pr\u00e9visible et plut\u00f4t stricte (idem, n\u00b0 64). Il a finalement retenu que l\u2019obligation de tenir compte n\u2019est pas la m\u00eame chose qu\u2019\u00eatre li\u00e9 par la teneur d\u2019une d\u00e9cision ant\u00e9rieure et ne signifie pas que la juridiction saisie en second lieu serait oblig\u00e9e de tirer la m\u00eame conclusion au fond (idem, n\u00b0 69).<\/p>\n<p>Concr\u00e8tement, cela signifie que l\u2019interdiction d\u2019utiliser un signe en tant que marque nationale ne saurait faire obstacle \u00e0 l\u2019enregistrement et \u00e0 l\u2019utilisation du m\u00eame signe en tant que marque de l\u2019Union europ\u00e9enne (idem, n\u00b0 70).<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, il faut conclure que les objets des proc\u00e9dures d\u2019opposition contre l\u2019enregistrement de marques nationales et de l\u2019action en contrefa\u00e7on sont diff\u00e9rents. La question de savoir si les parties demanderesses sont en droit d\u2018interdire aux entit\u00e9s SOCIETE1.) l\u2018usage du signe TERME1.) TERME2.) sur base de l\u2018article 9 du R\u00e8glement n\u2018a pas encore \u00e9t\u00e9 tranch\u00e9e et la r\u00e9ponse \u00e0 apporter \u00e0 cette question ne risque pas de remettre en question ce qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9finitivement d\u00e9cid\u00e9 par les juridictions tch\u00e8ques et slovaques.<\/p>\n<p>Les soci\u00e9t\u00e9s SOCIETE1.) invoquent encore l\u2018autorit\u00e9 de la chose jug\u00e9e de la d\u00e9cision du Pr\u00e9sident de l\u2018Office de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle slovaque du 28 juin 2013 qui a rejet\u00e9 le recours contre le jugement ayant rejet\u00e9 l\u2019opposition de TERME1.) contre la marque TERME1.)TERME2.) .<\/p>\n<p>Les m\u00eames remarques que celles faites ci-dessus s\u2018imposent. En effet, l\u2018objet de la d\u00e9cision invoqu\u00e9e diff\u00e8re de l\u2018objet de la pr\u00e9sente demande. De plus, la marque invoqu\u00e9e par TERME1.) dans le cadre de l\u2018opposition \u00e9tait une marque internationale et non pas une marque de l\u2018Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Il d\u00e9coule de tout ce qui pr\u00e9c\u00e8de que le moyen tir\u00e9 de l\u2018autorit\u00e9 de la chose jug\u00e9e est \u00e0 rejeter.<\/p>\n<p>Le sursis \u00e0 statuer<\/p>\n<p>Il est admis en jurisprudence qu\u2019en mati\u00e8re de sursis \u00e0 statuer, le juge dispose d\u2019un pouvoir discr\u00e9tionnaire pour appr\u00e9cier l\u2019opportunit\u00e9 du sursis \u00e0 statuer, sa dur\u00e9e et ses modalit\u00e9s (Cour d\u2019appel, 17 d\u00e9cembre 1997, n\u00b019225 et 20643 du r\u00f4le). Le sursis \u00e0 statuer est facultatif, seul le souci d\u2019une bonne administration de la justice doit guider le juge, qui dispose dans ce contexte d\u2019un pouvoir discr\u00e9tionnaire (Cour d\u2019appel, 9 juin 2010, n\u00b034962 du r\u00f4le).<\/p>\n<p>Dans la mesure o\u00f9, comme relev\u00e9 ci-dessus, m\u00eames des d\u00e9cisions d\u00e9finitives des autorit\u00e9s tch\u00e8ques et slovaques n\u2018ont pas autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e et ne lient pas le tribunal saisi, il n\u2018y a pas non plus lieu \u00e0 surseoir \u00e0 statuer en attendant des d\u00e9cisions additionnelles dans le cadre de proc\u00e9dures ayant trait \u00e0 la validit\u00e9 m\u00eame des marques slovaques ou tch\u00e8ques. Comme relev\u00e9 ci-dessus, dans la mesure o\u00f9 ces juridictions n\u2019appliquent que le droit<\/p>\n<p>national des marques tandis que la pr\u00e9sente action en contrefa\u00e7on doit \u00eatre tranch\u00e9e selon le droit communautaire, le sursis ne s\u2019impose pas pour garantir une bonne administration de la justice.<\/p>\n<p>Le moyen de la surs\u00e9ance \u00e0 statuer est d\u00e8s lors \u00e0 rejeter.<\/p>\n<p>Les soci\u00e9t\u00e9s SOCIETE1.) concluent ensuite que l\u2018usage d\u2018une marque nationale valide ne peut pas \u00eatre constitutif de contrefa\u00e7on d\u2018une marque de l\u2018Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Dans la mesure o\u00f9 ce moyen rel\u00e8ve du fond et concerne la demande principale en contrefa\u00e7on, il sera abord\u00e9 lors de l\u2019analyse de l\u2019article 9 du R\u00e8glement.<\/p>\n<p>La demande reconventionnelle tendant \u00e0 l\u2019annulation des marques TERME1.)<\/p>\n<p>Dans un souci de logique juridique, il convient tout d\u2019abord d\u2019analyser la demande reconventionnelle tendant \u00e0 l\u2019annulation, du moins pour certains produits et services, des marques de l\u2019Union europ\u00e9enne TERME1.) n\u00b0 00NUMERO6.) et n\u00b0 00NUMERO4.) .<\/p>\n<p>L\u2019article 59. 1 (anciennement article 52.1) du R\u00e8glement dit que \u00ab la nullit\u00e9 de la marque communautaire est d\u00e9clar\u00e9e sur demande pr\u00e9sent\u00e9e aupr\u00e8s de l&#039;Office ou sur demande reconventionnelle dans une action en contrefa\u00e7on a) lorsque la marque communautaire a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9e contrairement aux dispositions de l&#039;article 7 (\u2026) \u00bb.<\/p>\n<p>Aux termes de l\u2019article 128. 4 du R\u00e8glement (ancien article 100 du R\u00e8glement 207\/2009, tel que modifi\u00e9 par le R\u00e8glement 2015\/2424), \u00ab le tribunal des marques de l&#039;Union europ\u00e9enne devant lequel une demande reconventionnelle en d\u00e9ch\u00e9ance ou en nullit\u00e9 de la marque de l&#039;Union europ\u00e9enne a \u00e9t\u00e9 introduite ne proc\u00e8de pas \u00e0 l&#039;examen de cette demande reconventionnelle tant que la date \u00e0 laquelle celle- ci a \u00e9t\u00e9 introduite n&#039;a pas \u00e9t\u00e9 communiqu\u00e9e \u00e0 l&#039;Office par la partie int\u00e9ress\u00e9e ou par le tribunal. L&#039;Office inscrit cette information au registre. Si une demande en d\u00e9ch\u00e9ance ou en nullit\u00e9 de la marque de l&#039;Union europ\u00e9enne a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 introduite aupr\u00e8s de l&#039;Office avant le d\u00e9p\u00f4t de la demande reconventionnelle pr\u00e9cit\u00e9e, le tribunal en est inform\u00e9 par l&#039;Office et sursoit \u00e0 statuer conform\u00e9ment \u00e0 l&#039;article 132, paragraphe 1, jusqu&#039;\u00e0 ce que la d\u00e9cision concernant cette demande soit d\u00e9finitive ou que la demande soit retir\u00e9e \u00bb.<\/p>\n<p>Cette nouvelle version de l\u2019actuel article 128 est entr\u00e9e en vigueur le 23 mars 2016.<\/p>\n<p>Les parties n\u2019ont pas inform\u00e9 le tribunal de l\u2019\u00e9ventuel accomplissement de la communication de la date de la demande reconventionnelle \u00e0 l\u2019EUIPO. Avant tout autre progr\u00e8s en cause et pour autant qu e cette information n\u2019ait pas encore \u00e9t\u00e9 communiqu\u00e9e, les soci\u00e9t\u00e9s SOCIETE1.) sont invit\u00e9es \u00e0 informer le tribunal, par voie de conclusions \u00e9crites, si elles entendent en informer l\u2019EUIPO ou si elle s demandent au tribunal de le faire. P a r c e s m o t i f s : le tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, deuxi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale selon la proc\u00e9dure civile, statuant contradictoirement,<\/p>\n<p>re\u00e7oit les demande principale et reconventionnelle en la pure forme ;<\/p>\n<p>rejette les moyens d\u2018incomp\u00e9tence et d\u2018irrecevabilit\u00e9;<\/p>\n<p>dit qu\u2019il n\u2019y a pas lieu \u00e0 surseoir \u00e0 statuer en attendant les d\u00e9cisions d\u00e9finitives des juridictions tch\u00e8ques et slovaques ;<\/p>\n<p>r\u00e9serve le surplus et les frais ;<\/p>\n<p>fixe l\u2019affaire \u00e0 la conf\u00e9rence de mise en \u00e9tat du 7 mars 2018, \u00e0 9.00 heures, salle CO . 1.01, au tribunal de commerce.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/tribunal-darrondissement-luxembourg-commerce\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/tribunal-darrondissement-luxembourg-commerce\/20240827-235848\/20180209-talux2-162816-anonymise-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). Republication autorisee avec attribution, sans modification editoriale du texte integral.<\/em><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1 Jugement commercial 2018TALCH02\/00228 Audience publique du vendredi, neuf f\u00e9vrier deux mille dix -huit. Num\u00e9ro 162816 du r\u00f4le Composition : MAGISTRAT1.), 1 \u00e8re vice-pr\u00e9sidente ; MAGISTRAT2.), 1 er juge ; MAGISTRAT3.), 1 er juge ; GREFFIER1.), greffier. 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