{"id":819700,"date":"2026-05-03T00:10:26","date_gmt":"2026-05-02T22:10:26","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-8-mars-2017\/"},"modified":"2026-05-03T00:10:29","modified_gmt":"2026-05-02T22:10:29","slug":"cour-superieure-de-justice-8-mars-2017","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-8-mars-2017\/","title":{"rendered":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 8 mars 2017"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>Arr\u00eat N\u00b0 47\/17 \u2013 VII \u2013 CIV<\/p>\n<p>Audience publique du 8 mars deux mille dix -sept<\/p>\n<p>Num\u00e9ro 42943 du r\u00f4le.<\/p>\n<p>Composition: Marie-Laure MEYER, premier conseiller, pr\u00e9sident; Monique HENTGEN, premier conseiller; Marie-Paule BISDORFF, conseiller; Daniel SCHROEDER, greffier.<\/p>\n<p>E n t r e :<\/p>\n<p>la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e FELIX GIORGETTI, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-2350 Luxembourg, 3, rue Jean Piret, repr\u00e9sent\u00e9e par son g\u00e9rant,<\/p>\n<p>appelante aux termes d\u2019un exploit de l\u2019huissier de justice suppl\u00e9ant Patrick MULLER, en remplacement de l\u2019huissier de justice Frank SCHAAL de Luxembourg en date du 22 juillet 2015,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Fran\u00e7ois PRUM, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg ;<\/p>\n<p>e t :<\/p>\n<p>1. la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e BEFFORT &#8211; BANDERMANN, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-2453 Luxembourg, 13, rue Eug\u00e8ne Ruppert, repr\u00e9sent\u00e9e par son g\u00e9rant,<\/p>\n<p>2 intim\u00e9e aux fins du susdit exploit MULLER du 22 juillet 2015,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Laurent LIMPACH, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg ;<\/p>\n<p>2. la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e JERUTO IMMOBILIERE (actuellement AERIUM HITECH s\u00e0rl), \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-2633 Senningerberg, 6A, route de Tr\u00e8ves, repr\u00e9sent\u00e9e par son g\u00e9rant,<\/p>\n<p>intim\u00e9e aux fins du susdit exploit MULLER du 22 juillet 2015,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Georges WIRTZ, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg. _________________________________________________________<\/p>\n<p>LA COUR D\u2019APPEL :<\/p>\n<p>Par contrat d\u2019entreprise du 18 octobre 2000, la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e JERUTO IMMOBILIERE SARL (d\u00e9nomm\u00e9e ci-apr\u00e8s JERUTO IMMOBILIERE) avait charg\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e FELIX GIORGETTI SARL (ci-apr\u00e8s FELIX GIORGETTI) de travaux d\u2019excavation et de construction d\u2019un immeuble \u00e0 bureaux (HITEC CENTER) sur son terrain sis \u00e0 Luxembourg, 11, rue Eug\u00e8ne Ruppert.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e BEFFORT &#8211; BANDERMANN SARL (ci-apr\u00e8s BEFFORT BANDERMANN) leur reproche que les travaux effectu\u00e9s ont caus\u00e9 des dommages \u00e0 son immeuble implant\u00e9 sur le terrain voisin, sis \u00e0 Luxembourg, 13, rue Eug\u00e8ne Ruppert.<\/p>\n<p>En absence d\u2019un arrangement \u00e0 l\u2019amiable, BEFFORT BANDERMANN a, par exploit d\u2019huissier de justice du 21 mai 2012, fait donner assignation \u00e0 FELIX GIORGETTI et \u00e0 JERUTO IMMOBILIERE \u00e0 compara\u00eetre devant le tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, si\u00e9geant en mati\u00e8re civile, \u00e0 l\u2019effet de les entendre condamner \u00e0 lui payer solidairement, sinon in solidum, la somme de 24.013,18.- euros, avec les int\u00e9r\u00eats au taux l\u00e9gal \u00e0 partir des faits jusqu\u2019\u00e0 solde, du chef de d\u00e9g\u00e2ts au sol et aux murs (7.609,55.- euros), au vitrage (13.903,63.- euros) et en r\u00e9paration de tracas et de perte de jouissance (2.500.- euros). Elle a en outre sollicit\u00e9 la majoration du taux d\u2019int\u00e9r\u00eat l\u00e9gal, l\u2019obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.000.- euros ainsi que l\u2019ex\u00e9cution provisoire du jugement \u00e0 intervenir.<\/p>\n<p>3 Devant les juges de premi\u00e8re instance, JERUTO IMMOBILIERE et FELIX GIORGETTI ont, en substance, soulev\u00e9 l\u2019absence de relation causale entre les travaux litigieux et les d\u00e9g\u00e2ts all\u00e9gu\u00e9s et ont conclu au rejet de la demande. Le ma\u00eetre d\u2019ouvrage JERUTO IMMOBILIERE a demand\u00e9 \u00e0 titre subsidiaire \u00e0 \u00eatre tenu quitte et indemne par FELIX GIORGETTI de toute condamnation qui serait prononc\u00e9e \u00e0 son \u00e9gard.<\/p>\n<p>Par jugement civil contradictoire n\u00b0 85\/15 du 24 avril 2015, le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg a rejet\u00e9 l\u2019exception de libell\u00e9 obscur soulev\u00e9e par JERUTO IMMOBILIERE ; re\u00e7u la demande en la pure forme ; dit que la responsabilit\u00e9 de JERUTO IMMOBILIERE \u00e9tait engag\u00e9e sur base de l\u2019article 544 du Code civil ; dit que la responsabilit\u00e9 de FELIX GIORGETTI \u00e9tait engag\u00e9e sur base de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 1 er , du m\u00eame code ; d\u00e9clar\u00e9 la demande fond\u00e9e et condamn\u00e9 JERUTO IMMOBILIERE et FELIX GIORGETTI in solidum \u00e0 payer \u00e0 BEFFORT BANDERMANN le montant de 19.208,40.- euros avec les int\u00e9r\u00eats au taux l\u00e9gal \u00e0 partir du 21 mai 2012, jour de la demande, jusqu\u2019\u00e0 solde, le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat l\u00e9gal \u00e9tant major\u00e9 de trois points \u00e0 l\u2019expiration d\u2019un d\u00e9lai de trois mois \u00e0 compter de la signification du jugement. Il a encore condamn\u00e9 JERUTO IMMOBILIERE et FELIX GIORGETTI \u00e0 payer \u00e0 BEFFORT BANDERMANN une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.500 \u20ac, mais a rejet\u00e9 la demande en ex\u00e9cution provisoire du jugement. Il a condamn\u00e9 FELIX GIORGETTI \u00e0 tenir JERUTO IMMOBILIERE quitte et indemne de la condamnation intervenue \u00e0 son \u00e9gard. Il a enfin d\u00e9bout\u00e9 JERUTO IMMOBILIERE de sa demande en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure et condamn\u00e9 les parties d\u00e9fenderesses aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance.<\/p>\n<p>Par exploit signifi\u00e9 le 22 juillet 2015, FELIX GIORGETTI a r\u00e9guli\u00e8rement relev\u00e9 appel de ce jugement signifi\u00e9 en date du 7 juillet 2015 et sollicit\u00e9 d\u2019\u00eatre d\u00e9charg\u00e9e de toutes les condamnations prononc\u00e9es contre elle en premi\u00e8re instance.<\/p>\n<p>Sur l\u2019appel principal de FELIX GIORGETTI contre BEFFORT BANDERMANN<\/p>\n<p>Sur les moyens tir\u00e9s de la violation des articles 54, 61 et 65 du nouveau Code de proc\u00e9dure civile<\/p>\n<p>FELIX GIORGETTI demande l\u2019annulation du jugement entrepris au motif qu\u2019en condamnant FELIX GIORGETTI sur le fondement de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 1 er , du Code civil en sa qualit\u00e9 de gardienne des machines et appareils mis en \u0153uvre pour effectuer les travaux d\u2019excavation sur le terrain litigieux, alors que sa responsabilit\u00e9 \u00e9tait recherch\u00e9e en sa qualit\u00e9 de gardienne du chantier, les premiers juges auraient, en violation de l\u2019article<\/p>\n<p>4 65 du nouveau Code de proc\u00e9dure civile, soulev\u00e9 un moyen d\u2019office sans le soumettre \u00e0 la contradiction des parties ; en violation de l\u2019article 54 du m\u00eame code, d\u00e9pass\u00e9 le cadre du litige et, en violation de l\u2019article 61 du m\u00eame code, chang\u00e9 le fondement juridique du litige.<\/p>\n<p>La partie intim\u00e9e BEFFORT BANDERMANN s\u2019y oppose en faisant valoir, d\u2019une part, qu\u2019elle a d\u00e8s le d\u00e9part recherch\u00e9 la responsabilit\u00e9 de FELIX GIORGETTI sur le fondement de l\u2019article 1384 du Code civil et que les juges de premi\u00e8re instance n\u2019ont donc pas chang\u00e9 le fondement juridique du litige. Elle soutient, d\u2019autre part, que FELIX GIORGETTI n\u2019a pas, en premi\u00e8re instance, contest\u00e9 sa qualit\u00e9 de gardienne du chantier et d\u2019avoir proc\u00e9d\u00e9 aux travaux d\u2019excavation sur le terrain litigieux ; que la soci\u00e9t\u00e9 gardienne du chantier est de ce fait gardienne des machines lui appartenant, de sorte qu\u2019en statuant comme ils l\u2019ont fait, les premiers juges n\u2019ont pas viol\u00e9 le principe du contradictoire ou les droits de d\u00e9fense de FELIX GIORGETTI, et qu\u2019il appartient \u00e0 FELIX GIORGETTI de prouver qu\u2019elle n\u2019a pas ex\u00e9cut\u00e9 les travaux d\u2019excavation sur le terrain litigieux au moyen de ses propres machines.<\/p>\n<p>Il ressort de l\u2019assignation introductive d\u2019instance que BEFFORT BANDERMANN a bas\u00e9 sa demande contre FELIX GIORGETTI sur l\u2019article 1384 du Code civil.<\/p>\n<p>L\u2019alin\u00e9a 1 er de l\u2019article 1384 du Code civil ne constitue qu\u2019une subdivision de l\u2019article 1384 de ce code, de sorte que la r\u00e9f\u00e9rence dans l\u2019assignation introductive d\u2019instance \u00e0 l\u2019article 1384 du Code civil comporte celle \u00e0 l\u2019article 1384, alin\u00e9a 1 er , du m\u00eame code.<\/p>\n<p>En cons\u00e9quence, le moyen de FELIX GIORGETTI tir\u00e9 d\u2019une violation de l\u2019article 61 du nouveau Code de proc\u00e9dure civile n\u2019est pas fond\u00e9.<\/p>\n<p>La Cour d\u2019appel constate que FEL IX GIORGETTI n\u2019a contest\u00e9 ni en premi\u00e8re instance, ni en instance d\u2019appel, d\u2019avoir obtenu transfert de la garde du chantier et d\u2019avoir ex\u00e9cut\u00e9 les travaux d\u2019excavation et de construction n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019\u00e9dification de l\u2019immeuble HITEC CENTER.<\/p>\n<p>La notion de \u00ab garde du chantier \u00bb vise l\u2019exercice, lors de la survenance du sinistre, des pouvoirs de direction et de contr\u00f4le sur les op\u00e9rations de construction, ces derni\u00e8res \u00e9tant effectu\u00e9es, notamment, \u00e0 l\u2019aide de mat\u00e9riel comprenant des machines et des engins, de sorte que la garde du chantier implique celle des machines y utilis\u00e9es (Cass fr. 3 e civ, 8 mars 1978, n\u00b0 du pourvoi 77-10.596 ; CA 17 novembre 2004, n\u00b0 28136) sauf la preuve, incombant au constructeur, que la garde des machines et engins fut exerc\u00e9e par un tiers, permettant alors de dissocier les notions de garde du chantier et de garde des machines le composant, sachant que les pr\u00e9pos\u00e9s du<\/p>\n<p>5 constructeur ne sont pas, dans l\u2019exercice de leurs fonctions, \u00e0 consid\u00e9rer comme des tiers.<\/p>\n<p>Cette notion \u00e9tait donc soumise \u00e0 la contradiction des parties depuis l\u2019introduction de l\u2019instance.<\/p>\n<p>La partie appelante FELIX GIORGETTI n\u2019ayant \u00e0 aucun moment soutenu que les machines et engins composant le chantier sous sa garde, \u00e9taient, quant \u00e0 eux, sous le pouvoir effectif de direction, de surveillance et de contr\u00f4le d\u2019un tiers-gardien, il s\u2019ensuit que le moyen tir\u00e9 d\u2019une violation des articles 54 et 65 du nouveau Code de proc\u00e9dure civile est \u00e0 \u00e9carter comme non fond\u00e9.<\/p>\n<p>Sur le bien-fond\u00e9 de la demande bas\u00e9e sur 1384, alin\u00e9a 1 er , du Code civil<\/p>\n<p>quant \u00e0 la pr\u00e9somption de responsabilit\u00e9<\/p>\n<p>Consid\u00e9rant que nul ne peut \u00eatre qualifi\u00e9 de gardien d\u2019un objet non identifi\u00e9, FELIX GIORGETTI conteste sa qualit\u00e9 de gardienne des engins du chantier litigieux au motif qu\u2019il n\u2019est pas \u00e9tabli en cause qu\u2019elle f\u00fbt la gardienne des machines ayant servi \u00e0 r\u00e9aliser les travaux d\u2019excavation puisque ces machines, faute d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9ment d\u00e9sign\u00e9es dans l\u2019assignation introductive d\u2019instance ou les conclusions ult\u00e9rieures, n\u2019auraient pas \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es.<\/p>\n<p>Il est constant en cause que FELIX GIORGETTI a proc\u00e9d\u00e9 aux travaux d\u2019excavation et de construction sur le terrain litigieux, de sorte que, contrairement \u00e0 son affirmation, les choses sous sa garde ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es comme \u00e9tant celles \u00e0 l\u2019aide desquelles les travaux d\u2019excavation et de construction ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s sans qu\u2019il ne soit n\u00e9cessaire de les individualiser.<\/p>\n<p>Il s\u2019ensuit que le moyen n\u2019est pas fond\u00e9.<\/p>\n<p>quant au lien causal<\/p>\n<p>A titre subsidiaire, FELIX GIORGETTI fait valoir qu\u2019en absence de contact physique entre les machines et appareils sous sa garde et l\u2019immeuble endommag\u00e9, il appartenait \u00e0 BEFFORT BANDERMANN d\u2019\u00e9tablir le r\u00f4le causal de ces machines dans la survenance du dommage all\u00e9gu\u00e9 et que, cette preuve n\u2019\u00e9tant pas rapport\u00e9e en cause, les conditions d\u2019application de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 1 er , du Code civil ne seraient pas r\u00e9unies en l\u2019esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>BEFFORT BANDERMANN conclut au rejet du moyen au motif qu\u2019elle a rapport\u00e9 cette preuve par le biais de l\u2019expertise r\u00e9alis\u00e9e par l\u2019expert KINTZELE selon lequel les d\u00e9g\u00e2ts accrus au vitrage et au carrelage du b\u00e2timent endommag\u00e9 r\u00e9sultent des vibrations caus\u00e9es par les travaux d\u2019excavation sur le terrain de JERUTO IMMOBILIERE.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019il y a absence de contact mat\u00e9riel entre la chose mobile et le si\u00e8ge du dommage, il appartient \u00e0 la victime du dommage d\u2019\u00e9tablir que la chose a jou\u00e9, dans la survenance du dommage, un r\u00f4le actif, lequel suppose qu\u2019elle ait eu un comportement anormal (Cass. civ. fr. 2 e , 14 f\u00e9vrier 1974, D. 1974, 753.- 3 avril 1978, Bull. civ. II, n\u00b0 110).<\/p>\n<p>Dans ses rapports des 10 mai 2005 et 8 juillet 2005, l\u2019expert extrajudiciaire Gilles KINTZELE a conclu que des d\u00e9sordres \u00e0 l\u2019immeuble de BEFFORT BANDERMANN \u00ab sont apparus (ou se sont aggrav\u00e9s) suite aux vibrations engendr\u00e9es lors des travaux \u00bb.<\/p>\n<p>Doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un comportement anormal de la chose, la production, par des machines et engins de chantier, m\u00eame non affect\u00e9s d\u2019un vice, de vibrations au moment de leur utilisation pour les travaux d\u2019excavation et de construction qui par leur intensit\u00e9 d\u00e9passent le seuil d\u2019une simple g\u00eane et provoquent ainsi des d\u00e9sordres dans l\u2019immeuble voisin de celui que l\u2019on \u00e9difie.<\/p>\n<p>Il en est ainsi m\u00eame si ces vibrations ne peuvent pas \u00eatre \u00e9vit\u00e9es ou r\u00e9duites car la responsabilit\u00e9 de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 1 er , du Code civil ne d\u00e9pend pas d\u2019une faute du gardien.<\/p>\n<p>Il s\u2019ensuit, au vu des conclusions de l\u2019expert, que c\u2019est par le fait d\u2019appareils du chantier que des d\u00e9sordres se sont produits dans l\u2019immeuble appartenant \u00e0 BEFFORT BANDERMANN, de sorte que le moyen soulev\u00e9 par FELIX GIORGETTI est \u00e0 rejeter comme non fond\u00e9.<\/p>\n<p>FELIX GIORGETTI conteste encore l\u2019existence d\u2019un lien causal entre le chantier, ou l\u2019intervention des engins de chantier, et le dommage all\u00e9gu\u00e9 au motif, d\u2019une part, qu\u2019il n\u2019est pas \u00e9tabli que le terrain se f\u00fbt d\u00e9solidaris\u00e9 \u00e0 la suite des travaux et, d\u2019autre part, que l\u2019expert a conclu au fait de la chose sans analyser si la fissuration du vitrage n\u2019\u00e9tait pas due \u00e0 une absence d\u2019espace suffisant pour permettre la dilatation du vitrage.<\/p>\n<p>BEFFORT BANDERMANN fait valoir que l\u2019expert a exclu toute autre cause en ce qui concerne les vitrages fissur\u00e9s et, en ce qui concerne les carrelages, que si l\u2019expert a tenu compte du fait que les carreaux n\u2019avaient<\/p>\n<p>7 \u00e9t\u00e9 que faiblement encoll\u00e9s, leur d\u00e9tachement n\u2019est cependant intervenu que suite aux travaux entrepris par FELIX GIORGETTI.<\/p>\n<p>La Cour d\u2019appel constate que l\u2019expert a attribu\u00e9 l\u2019apparition des d\u00e9sordres ou leur aggravation aux vibrations engendr\u00e9es lors des travaux. Il s\u2019ensuit que l\u2019absence de preuve relative \u00e0 une d\u00e9solidarisation du terrain \u00e0 la suite des travaux litigieux, soulev\u00e9e par la partie appelante, est sans incidence sur la solution du litige.<\/p>\n<p>En ce qui concerne les vitrages endommag\u00e9s, il r\u00e9sulte du rapport d\u2019expert du 8 juillet 2005 que 45,57 m2 de vitrages ont \u00e9t\u00e9 fissur\u00e9s ou ont pr\u00e9sent\u00e9 des \u00e9clats et que ces d\u00e9g\u00e2ts ne sont apparus qu\u2019\u00e0 la suite des travaux de sorte que \u00ab les d\u00e9g\u00e2ts \u00e9tant intervenus apr\u00e8s travaux nous estimons devoir les prendre en compte dans le chiffrage global \u00bb.<\/p>\n<p>Il en ressort encore que lors d\u2019une visite des lieux en date du 1 er juin 2005, le d\u00e9nomm\u00e9 M. A.), en sa qualit\u00e9 de repr\u00e9sentant d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 KOMPAKT BAUMANAGEMENT GmbH, a fait la remarque, concernant la survenance de d\u00e9g\u00e2ts aux vitrages, \u00ab qu\u2019il pourrait s\u2019agir d\u2019un probl\u00e8me de dilatation, si le verre est comprim\u00e9 et que l\u2019espace pr\u00e9vu pour la dilatation est trop faible \u00bb.<\/p>\n<p>Dans son rapport du 8 juillet 2005, l\u2019expert note que \u00ab pour des raisons \u00e9conomiques, les investigations dans le pr\u00e9sent rapport se basent sur des recherches qui, d\u2019exp\u00e9rience de l\u2019expert, suffisent \u00e0 d\u00e9terminer les causes et moyens de remise en \u00e9tat avec une grande probabilit\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p>En absence d\u2019un quelconque indice, voire d\u2019\u00e9l\u00e9ment de fait probant, de nature \u00e0 donner \u00e0 l\u2019explication sugg\u00e9r\u00e9e par le repr\u00e9sentant de la soci\u00e9t\u00e9 KOMPAKT BAUMANAGEMENT GmbH, non partie au litige, au moins une apparence de vraisemblance, l\u2019expert qui a retenu que les d\u00e9g\u00e2ts aux vitrages \u00e9taient cons\u00e9cutifs aux travaux d\u2019excavation et de construction qu\u2019il a identifi\u00e9s comme \u00e9tant \u00e0 l\u2019origine du dommage par l\u2019effet des vibrations qui ont \u00e9t\u00e9 provoqu\u00e9es durant leur r\u00e9alisation, n\u2019avait pas, contrairement \u00e0 l\u2019affirmation de FELIX GIORGETTI, \u00e0 rechercher de cause alternative purement hypoth\u00e9tique (Cass. fr. 1 e civ., 5 d\u00e9cembre 1973, n\u00b0 du pourvoi 72-11.931, Bull.civ, n\u00b0 339, p. 300).<\/p>\n<p>Il s\u2019ensuit que le moyen n\u2019est pas fond\u00e9.<\/p>\n<p>FELIX GIORGETTI conteste encore l\u2019existence d\u2019un lien causal entre les travaux d\u2019excavation et le pr\u00e9judice all\u00e9gu\u00e9 motif pris de ce que les dommages \u00e0 l\u2019immeuble litigieux ne se seraient pas produits si les ouvrages endommag\u00e9s avaient \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9s dans les r\u00e8gles de l\u2019art et fait grief \u00e0 l\u2019expert de ne pas avoir analys\u00e9 si des carreaux correctement coll\u00e9s<\/p>\n<p>8 n\u2019auraient pas r\u00e9sist\u00e9 aux vibrations ayant pu \u00eatre g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par les travaux voisins.<\/p>\n<p>Au soutien de son moyen, FELIX GIORGETTI se pr\u00e9vaut des rapports des 10 mai 2005 et 8 juillet 2005, pr\u00e9cit\u00e9s, aux termes desquels \u00ab de nombreux dommages sont la r\u00e9sultante d\u2019une mauvaise mise en \u0153uvre de mat\u00e9riaux \u00e0 l\u2019origine de la construction (encollage carrelages muraux insuffisant ( \u2026)) \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab D\u00e8s lors que le r\u00f4le actif de la chose aura \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9, le gardien ne pourra plus s\u2019exon\u00e9rer que par la preuve d\u2019une cause \u00e9trang\u00e8re \u00bb (VINEY et JOURDAIN, Les conditions de responsabilit\u00e9, LGDJ, n\u00b0 671 ; Dalloz, v\u00b0 Responsabilit\u00e9 du fait des choses inanim\u00e9es, n\u00b0 163).<\/p>\n<p>Or, l\u2019\u00e9tat dans lequel l\u2019immeuble endommag\u00e9 se trouvait avant les travaux litigieux ne constitue pas, dans le chef de FELIX GIORGETTI, de cause \u00e9trang\u00e8re qui, en raison de son caract\u00e8re impr\u00e9visible, irr\u00e9sistible et insurmontable, aurait eu pour effet de rompre le lien causal et d\u2019exon\u00e9rer le constructeur de la responsabilit\u00e9 retenue contre lui sur le fondement de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 1 er , du Code civil.<\/p>\n<p>C\u2019est donc \u00e0 tort que FELIX GIORGETTI se pr\u00e9vaut de la mauvaise ex\u00e9cution des ouvrages dans l\u2019immeuble litigieux pour conclure \u00e0 l\u2019absence de lien causal. Le moyen y aff\u00e9 rent est partant \u00e0 \u00e9carter comme non fond\u00e9.<\/p>\n<p>Eu \u00e9gard aux consid\u00e9rations ant\u00e9rieures, il y a lieu de confirmer le jugement frapp\u00e9 d\u2019appel en ce qu\u2019il a dit que la responsabilit\u00e9 de FELIX GIORGETTI \u00e9tait engag\u00e9e sur base de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 1 er , du Code civil.<\/p>\n<p>Sur l\u2019appel principal de FELIX GIORGETTI contre JERUTO IMMOBILIERE<\/p>\n<p>Dans son acte d\u2019appel, FELIX GIORGETTI fait grief aux premiers juges d\u2019avoir fait droit \u00e0 la demande en garantie de JERUTO IMMOBILIERE contre FELIX GIORGETTI sur base du contrat d\u2019entreprise conclu entre parties et demande, par r\u00e9formation du jugement entrepris, \u00e0 \u00eatre d\u00e9charg\u00e9e de la condamnation \u00e0 tenir JERUTO IMMOBILIERE quitte et indemne de la condamnation intervenue \u00e0 l\u2019\u00e9gard de cette derni\u00e8re au motif qu\u2019il n\u2019est pas prouv\u00e9 que les travaux ex\u00e9cut\u00e9s par elle pour le compte de JERUTO IMMOBILIERE en vertu du contrat d\u2019entreprise du 18 octobre 2000 soient \u00e0 l\u2019origine des d\u00e9g\u00e2ts all\u00e9gu\u00e9s par BEFFORT BANDERMANN.<\/p>\n<p>9 JERUTO IMMOBILIERE conclut de son c\u00f4t\u00e9 \u00e0 la confirmation du jugement entrepris en ce qu\u2019il a condamn\u00e9 FELIX GIORGETTI \u00e0 la tenir quitte et indemne sur base de la clause contractuelle 10.2 en vertu de laquelle \u00ab Der Auftragnehmer haftet f\u00fcr durch ihn, gegen\u00fcber dem Bauherrn oder an Dritten verursachte Personen-, Sach- und Verm\u00f6genssch\u00e4den in H\u00f6he seiner Versicherung \u00bb.<\/p>\n<p>Eu \u00e9gard aux consid\u00e9rations ant\u00e9rieures, retenant l\u2019existence d\u2019un lien causal entre les travaux effectu\u00e9s par FELIX GIORGETTI en ex\u00e9cution du contrat d\u2019entreprise conclu avec JERUTO IMMOBILIERE et le pr\u00e9judice subi par BEFFORT BANDERMANN, et en consid\u00e9ration de l\u2019engagement contractuel de FELIX GIORGETTI de garantir le ma\u00eetre d\u2019ouvrage JERUTO IMMOBILIERE contre le recours de tiers en cas de dommages patrimoniaux caus\u00e9s lors de la r\u00e9alisation des travaux, l\u2019appel de FELIX GIORGETTI est \u00e0 \u00e9carter comme non fond\u00e9 et le jugement appel\u00e9 est \u00e0 confirmer sur ce point.<\/p>\n<p>Sur l\u2019appel incident de JERUTO IMMOBILIERE contre BEFFORT BANDERMANN<\/p>\n<p>Par conclusions du 9 mars 2016, la partie intim\u00e9e JERUTO IMMOBILIERE forme appel incident et demande \u00e0 la Cour d\u2019appel, par r\u00e9formation du jugement entrepris, principalement de la d\u00e9charger de la condamnation au paiement \u00e0 BEFFORT BANDERMANN de la somme de 19.208,40.- euros sur le fondement de l\u2019article 544 du Code civil, et d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.500.- euros, intervenue \u00e0 son encontre en premi\u00e8re instance et, subsidiairement, de r\u00e9duire le montant de la condamnation principale.<\/p>\n<p>A cet effet, elle conclut \u00e0 l\u2019absence de lien causal entre les d\u00e9g\u00e2ts constat\u00e9s par l\u2019expert dans son \u00e9tat des lieux dress\u00e9 en date du 13 janvier 2004 et les travaux litigieux qui n\u2019auraient commenc\u00e9 au courant de l\u2019ann\u00e9e 2004, apr\u00e8s l\u2019\u00e9tablissement dudit \u00e9tat des lieux, sinon que les troubles caus\u00e9s par ces travaux n\u2019auraient pas exc\u00e9d\u00e9 les inconv\u00e9nients normaux du voisinage. En outre, BEFFORT BANDERMANN n\u2019aurait pas rapport\u00e9 la preuve du pr\u00e9judice effectivement subi qui, par r\u00e9formation du jugement appel\u00e9, devrait \u00eatre \u00e9valu\u00e9 \u00e0 4.830,50.- euros, sinon \u00e0 7.126,15.- euros, et JERUTO IMMOBILIERE devrait \u00eatre d\u00e9charg\u00e9e de la condamnation au montant de 1.500.- euros pour tracas et perte de jouissance.<\/p>\n<p>Par conclusions du 9 juin 2016, BEFFORT BANDERMANN soul\u00e8ve l\u2019irrecevabilit\u00e9 de cet appel d\u2019intim\u00e9 \u00e0 intim\u00e9.<\/p>\n<p>10 Il est de jurisprudence constante que l\u2019appel incident n\u2019est pas admis d\u2019intim\u00e9 \u00e0 intim\u00e9, sauf lorsque le litige est indivisible. Le litige n\u2019est indivisible que lorsque l\u2019ex\u00e9cution conjointe des d\u00e9cisions distinctes, auxquelles il donnerait lieu, serait mat\u00e9riellement impossible. En l\u2019esp\u00e8ce toutefois, la responsabilit\u00e9 de JERUTO IMMOBILIERE est recherch\u00e9e sur base d\u2019une responsabilit\u00e9 sans faute, tandis que celle de FELIX GIORGETTI est recherch\u00e9e sur le fondement d\u2019une responsabilit\u00e9 sans faute mais bas\u00e9e sur la garde de la chose. Les actions en r\u00e9paration trouvent donc leur fondement juridique dans des causes l\u00e9gales distinctes et une ex\u00e9cution conjointe de d\u00e9cisions distinctes auxquelles donnerait lieu le pr\u00e9sent litige n\u2019est d\u00e8s lors pas mat\u00e9riellement impossible (CA, 24 octobre 2012, n\u00b0 36995).<\/p>\n<p>Il s\u2019ensuit que l\u2019appel incident est irrecevable pour avoir \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9 par une partie intim\u00e9e contre une autre partie intim\u00e9e.<\/p>\n<p>Sur l\u2019appel incident de BEFFORT BANDERMANN contre FELIX GIORGETTI<\/p>\n<p>Par conclusions du 1 er f\u00e9vrier 2016, BEFFORT BANDERMANN rel\u00e8ve appel incident contre le jugement n\u00b0 85\/15 du 24 avril 2015 en faisant grief aux juges de premi\u00e8re instance de ne pas lui avoir allou\u00e9 l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du montant qu\u2019elle a r\u00e9clam\u00e9 et demande, par r\u00e9formation du jugement entrepris, que FELIX GIORGETTI soit condamn\u00e9e \u00e0 lui payer le montant de 13.903,63.- euros pour le remplacement des vitrages, de 7.609,55.- euros pour la r\u00e9paration des carrelages et de 2.500.- euros en indemnisation des tracas et de la perte de jouissance lors des travaux de r\u00e9fection.<\/p>\n<p>Au soutien de son appel incident, elle fait valoir que m\u00eame si l\u2019expert a conclu que les carrelages n\u2019\u00e9taient que pauvrement encoll\u00e9s, ils ont cependant tenu en place et que ce n\u2019est que suite aux travaux d\u2019excavation sur le terrain voisin par FELIX GIORGETTI qu\u2019ils se sont d\u00e9tach\u00e9s de sorte que FELIX GIORGETTI, en application de la th\u00e9orie de la causalit\u00e9 ad\u00e9quate, devra r\u00e9paration de l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du dommage.<\/p>\n<p>Dans ses conclusions du 18 mai 2016, FELIX GIORGETTI, qui n\u2019a pas, dans son acte d\u2019appel, contest\u00e9 le montant de la condamnation intervenue \u00e0 son \u00e9gard en premi\u00e8re instance, fait valoir que \u00ab L\u2019appel incident formul\u00e9 par BEFFORT BANDERMANN doit par contre \u00eatre d\u00e9clar\u00e9 non fond\u00e9, les pr\u00e9judices r\u00e9clam\u00e9s ne sont nullement en rapport avec les travaux ex\u00e9cut\u00e9s par FELIX GIORGETTI. C\u2019est en effet \u00e0 juste titre que le tribunal de premi\u00e8re instance n\u2019a pas fait droit \u00e0 l\u2019ensemble des pr\u00e9tentions indemnitaires de BEFFORT BANDERMANN notamment eu<\/p>\n<p>11 \u00e9gard aux conclusions non \u00e9quivoques de l\u2019expert KINTZELE au sujet de la mauvaise ex\u00e9cution et mise en \u0153uvre non conforme des mat\u00e9riaux au sein de l\u2019immeuble BEFFORT BANDERMANN. Pour le surplus, la partie concluante fait sienne les conclusions de Me WIRTZ (lire : JERUTO IMMOBILIERE) sur ce point \u00bb et r\u00e9capitule ses pr\u00e9tentions au dispositif des conclusions comme suit :<\/p>\n<p>\u00ab Constater que les travaux r\u00e9alis\u00e9s par FELIX GIORGETTI ne sont nullement en relation causale avec les diff\u00e9rents d\u00e9sordres dont se pr\u00e9vaut BEFFORT BANDERMANN,<\/p>\n<p>Par r\u00e9formation du jugement de premi\u00e8re instance, d\u00e9charger FELIX GIORGETTI des condamnations prononc\u00e9es contre elle en premi\u00e8re instance.<\/p>\n<p>Pour le surplus, statuer conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019acte d\u2019appel enti\u00e8rement pris en la cause,<\/p>\n<p>D\u00e9bouter les intim\u00e9es de leurs demandes en indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure respective,<\/p>\n<p>R\u00e9server \u00e0 la partie concluante tous autres droits, dus, moyens et actions \u00bb.<\/p>\n<p>Or, dans ses conclusions du 9 mars 2016, que FELIX GIORGETTI d\u00e9clare, sans autres explications, faire siennes \u00ab sur ce point \u00bb, JERUTO IMMOBILIERE ne se borne pas \u00e0 conclure \u00e0 la confirmation du jugement frapp\u00e9 d\u2019appel en ce qu\u2019il n\u2019a pas allou\u00e9 \u00e0 BEFFORT BANDERMANN \u00ab l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des sommes r\u00e9clam\u00e9es \u00bb, mais demande, par appel incident d\u2019intim\u00e9 \u00e0 intim\u00e9 que la Cour d\u2019appel a d\u00e9clar\u00e9 irrecevable, de r\u00e9former ledit jugement en diminuant les sommes revenant \u00e0 BEFFORT BANDERMANN \u00e0 \u00ab 4.830,50 EUR, sinon au montant de 7.136,15 EUR correspondant aux moins-values retenues par l\u2019expert pour tous les d\u00e9g\u00e2ts constat\u00e9s \u00bb.<\/p>\n<p>Vu que dans son acte d\u2019appel, FELIX GIORGETTI n\u2019a pas contest\u00e9 l\u2019\u00e9valuation des diff\u00e9rents chefs de pr\u00e9judice faite par les premiers juges et que, dans ses conclusions du 18 mai 2016, elle demande \u00e0 la Cour d\u2019appel de \u00ab statuer conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019acte d\u2019appel enti\u00e8rement pris en la cause \u00bb, la Cour d\u2019appel interpr\u00e8te la r\u00e9f\u00e9rence ambigu\u00eb de FELIX GIORGETTI aux conclusions de JERUTO IMMOBILIERE, consistant \u00e0 d\u00e9clarer les faire siennes \u00ab sur ce point \u00bb, en ce sens que FELIX GIORGETTI conteste l\u2019appel incident de BEFFORT BANDERMANN en ce qu\u2019il tend \u00e0 faire revoir vers la hausse l\u2019\u00e9valuation du pr\u00e9judice par les premiers juges, mais qu\u2019il ne conteste pas la fixation du montant du pr\u00e9judice par ceux-ci.<\/p>\n<p>Concernant l\u2019appel incident de BEFFORT BANDERMANN, il convient de relever que les premiers juges ont fait droit \u00e0 sa demande en r\u00e9paration du pr\u00e9judice aux vitrages par l\u2019allocation du montant r\u00e9clam\u00e9 de 13.903,63.-, de sorte que son appel incident est sans objet \u00e0 ce sujet.<\/p>\n<p>Il ne ressort d\u2019aucune pi\u00e8ce probante que BEFFORT BANDERMANN ait d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 fait proc\u00e9der \u00e0 la remise en \u00e9tat des d\u00e9sordres. Le pr\u00e9judice futur est indemnisable lorsqu\u2019il est virtuel, c\u2019est-\u00e0-dire \u00ab lorsqu\u2019il appara\u00eet comme la prolongation directe et probable d\u2019un \u00e9tat de chose actuel et qu\u2019il est susceptible d\u2019une \u00e9valuation imm\u00e9diate \u00bb (Philippe LE TOURNEAU, Lo\u00efc CADIET, Droit de la responsabilit\u00e9 et des contrats, Dalloz, 2002\/2003, n\u00b0 1415 p. 370 et r\u00e9f. y cit\u00e9es). Or, la g\u00eane inh\u00e9rente aux travaux de remise en \u00e9tat \u00e0 venir est \u00e0 l\u2019origine de tracas et d\u2019un trouble de jouissance futur certain dont l\u2019indemnisation a \u00e9t\u00e9 correctement fix\u00e9e par les premiers juges au montant forfaitaire de 1.500.- euros \u00e0 titre de dommages et int\u00e9r\u00eats, de sorte que l\u2019appel incident de BEFFORT BANDERMANN, qui demande \u00e0 se voir allouer la somme de 2.500.- euros \u00e0 ce titre, n\u2019est pas fond\u00e9.<\/p>\n<p>En ce qui concerne le dommage au carrelage, il ressort du jugement frapp\u00e9 d\u2019appel que les juges n\u2019ont pas fait droit au montant r\u00e9clam\u00e9 par BEFFORT BANDERMANN de 7.609,55.- euros, mais n\u2019ont \u00e9valu\u00e9 le dommage qu\u2019au montant de 3.804,77.- euros.<\/p>\n<p>S\u2019il est vrai que \u00ab Le propre de la responsabilit\u00e9 civile est de r\u00e9tablir aussi exactement que possible l\u2019\u00e9quilibre d\u00e9truit par le dommage et de replacer la victime, aux d\u00e9pens du responsable, dans la situation o\u00f9 elle se serait trouv\u00e9e si l\u2019acte dommageable ne s\u2019\u00e9tait pas produit ; qu\u2019en cons\u00e9quence la r\u00e9paration int\u00e9grale du dommage caus\u00e9 \u00e0 une chose n\u2019est assur\u00e9e que par le remboursement des frais de remise en \u00e9tat de la chose ou, si cette remise en \u00e9tat est impossible, par le paiement d\u2019une somme d\u2019argent repr\u00e9sentant la valeur de son remplacement \u00bb (Cass. fr., 2 e civ, 8 avril 1970, n\u00b0 de pourvoi 68-13969), encore faut-il que la victime du dommage qui en r\u00e9clame r\u00e9paration \u00e9tablisse l\u2019existence et le montant exact du pr\u00e9judice.<\/p>\n<p>Au soutien de sa pr\u00e9tention, BEFFORT BANDERMANN produit un devis du 9 avril 2008 de la soci\u00e9t\u00e9 CARRELAGES EKELMANN SARL pour un montant de 7.609,55.- euros, pr\u00e9voyant, notamment, la fourniture et la pose de 30 m2 de carrelage destin\u00e9es au magasin. Or, il ne r\u00e9sulte ni du comparatif des \u00e9tats des lieux du 10 mai 2005, ni du rapport d\u2019expert du 8 juillet 2005, que les fissures traversantes affectant le carrelage au sol soient en lien causal avec les travaux litigieux. L\u2019expert constate en ce qui concerne les fissures dans les carrelages au sol que \u00ab suivant \u00e9tat des lieux<\/p>\n<p>13 du 20 juillet 2000, de nombreuses fissures avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 constat\u00e9es le long du pignon lat\u00e9ral gauche. Le propri\u00e9taire signale une aggravation des fissures ce qu\u2019il nous est impossible de confirmer ou d\u2019infirmer \u00bb. L\u2019expert ne retient, au contraire, qu\u2019environ 5 ml de plinthes se d\u00e9solidarisant du mur \u00e0 la suite des travaux.<\/p>\n<p>Il s\u2019ensuit que BEFFORT BANDERMANN n\u2019a pas justifi\u00e9 de travaux de r\u00e9fection de carrelage en lien causal avec les travaux litigieux pour un montant de 7.609,55.- euros, de sorte que sa pr\u00e9tention n\u2019est pas fond\u00e9e et qu\u2019il n\u2019y a pas lieu \u00e0 r\u00e9formation du jugement entrepris.<\/p>\n<p>Sur les indemnit\u00e9s de proc\u00e9dure<\/p>\n<p>pour la premi\u00e8re instance<\/p>\n<p>FELIX GIORGETTI demande, par r\u00e9formation du jugement appel\u00e9, \u00e0 \u00eatre d\u00e9charg\u00e9e de la condamnation au paiement in solidum \u00e0 BEFFORT BANDERMANN d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.500.- euros.<\/p>\n<p>JERUTO IMMOBILIERE demande \u00e9galement, par r\u00e9formation, dans le cadre de son appel d\u2019intim\u00e9 \u00e0 intim\u00e9 que la Cour a d\u00e9clar\u00e9 irrecevable, \u00e0 \u00eatre d\u00e9charg\u00e9e de la condamnation au paiement in solidum \u00e0 BEFFORT BANDERMANN d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.500.- euros.<\/p>\n<p>BEFFORT BANDERMANN conclut \u00e0 la confirmation du jugement frapp\u00e9 d\u2019appel.<\/p>\n<p>Eu \u00e9gard \u00e0 l\u2019issue du litige, les parties FELIX GIORGETTI et JERUTO IMMOBILIERE sont \u00e0 d\u00e9bouter de leurs demandes respectives et l\u2019indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure allou\u00e9e en premi\u00e8re instance \u00e0 BEFFORT BANDERMANN est \u00e0 confirmer par les motifs des premiers juges.<\/p>\n<p>JERUTO IMMOBILIERE demande encore la condamnation de BEFFORT BANDERMANN \u00e0 lui payer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.500.- euros pour la premi\u00e8re instance.<\/p>\n<p>L\u2019appel incident de JERUTO IMMOBILIERE contre BEFFORT BANDERMANN \u00e9tant irrecevable, il y a lieu d\u2019\u00e9carter cette demande.<\/p>\n<p>14 pour l\u2019instance d\u2019appel<\/p>\n<p>BEFFORT BANDERMANN sollicite la condamnation de FELIX GIORGETTI \u00e0 lui payer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.500.- euros pour l\u2019instance d\u2019appel.<\/p>\n<p>JERUTO IMMOBILIERE sollicite \u00e0 son tour la condamnation in solidum de FELIX GIORGETTI et de BEFFORT BANDERMANN \u00e0 lui payer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.500.- euros en instance d\u2019appel.<\/p>\n<p>BEFFORT BANDERMANN demande le rejet de cette demande.<\/p>\n<p>FELIX GIORGETTI conclut au rejet des demandes des parties intim\u00e9es.<\/p>\n<p>La partie intim\u00e9e BEFFORT BANDERMANN ayant d\u00fb se d\u00e9fendre contre un appel non fond\u00e9 de la part de FELIX GIORGETTI, l\u2019\u00e9quit\u00e9 commande de lui allouer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure pour l\u2019instance d\u2019appel que la Cour fixe \u00e0 1.500.- euros.<\/p>\n<p>La demande de JERUTO IMMOBILIER pour l\u2019instance d\u2019appel est \u00e0 rejeter d\u00e8s lors qu\u2019il ne para\u00eet pas in\u00e9quitable de laisser \u00e0 sa charge les sommes expos\u00e9es non comprises dans les d\u00e9pens.<\/p>\n<p>Ayant fait l\u2019objet d\u2019une fusion par absorption en date du 30 d\u00e9cembre 2016, JERUTO IMMOBILIERE est actuellement d\u00e9nomm\u00e9e AERIUM HITECH SARL.<\/p>\n<p>PAR CES MOTIFS :<\/p>\n<p>La Cour d\u2019appel, septi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re civile, statuant contradictoirement, le magistrat charg\u00e9 de la mise en \u00e9tat entendu en son rapport oral,<\/p>\n<p>re\u00e7oit l\u2019appel principal de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e FELIX GIORGETTI SARL et l\u2019appel incident de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e BEFFORT &#8211; BANDERMANN SARL ;<\/p>\n<p>dit irrecevable l\u2019appel incident de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e JERUTO IMMOBILIERE SARL (actuellement AERIUM HITECH s\u00e0rl) contre la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e BEFFORT &#8211; BANDERMANN SARL ;<\/p>\n<p>d\u00e9clare non fond\u00e9s l\u2019appel principal de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e FELIX GIORGETTI SARL et l\u2019appel incident de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e BEFFORT &#8211; BANDERMANN SARL ;<\/p>\n<p>confirme le jugement entrepris n\u00b0 85\/15 du 24 avril 2015 ;<\/p>\n<p>condamne la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e FELIX GIORGETTI SARL \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e BEFFORT &#8211; BANDERMANN SARL une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.500.- euros pour l\u2019instance d\u2019appel ;<\/p>\n<p>d\u00e9boute la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e JERUTO IMMOBILIERE SARL (actuellement AERIUM HITECH s\u00e0rl) de ses demandes respectives en obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure ;<\/p>\n<p>condamne la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e FELIX GIORGETTI SARL aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance d\u2019appel et ordonne leur distraction au profit de Ma\u00eetre Laurent LIMPACH, avocat concluant, qui la demande, affirmant en avoir fait l\u2019avance.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-superieure-de-justice-chambre-7-civil\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-superieure-de-justice-chambre-7-civil\/20240827-185249\/20170308-ca7-42943a-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). Republication autorisee avec attribution, sans modification editoriale du texte integral.<\/em><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Arr\u00eat N\u00b0 47\/17 \u2013 VII \u2013 CIV Audience publique du 8 mars deux mille dix -sept Num\u00e9ro 42943 du r\u00f4le. Composition: Marie-Laure MEYER, premier conseiller, pr\u00e9sident; Monique HENTGEN, premier conseiller; Marie-Paule BISDORFF, conseiller; Daniel SCHROEDER, greffier. 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