{"id":843838,"date":"2026-05-06T00:12:37","date_gmt":"2026-05-05T22:12:37","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-12-mai-2016\/"},"modified":"2026-05-06T00:12:43","modified_gmt":"2026-05-05T22:12:43","slug":"tribunal-darrondissement-12-mai-2016","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-12-mai-2016\/","title":{"rendered":"Tribunal d&#8217;arrondissement, 12 mai 2016"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>Jugt no 1486\/ 2016<\/p>\n<p>Notice no 4634\/09\/CD<\/p>\n<p>1 x \u00e9tr. (6 x acqt.)<\/p>\n<p>AUDIENCE PUBLIQUE DU 12 MAI 2016<\/p>\n<p>Le Tribunal d&#039;arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, chambre correctionnelle, a rendu le jugement qui suit:<\/p>\n<p>dans la cause du Minist\u00e8re Public contre<\/p>\n<p>1. P1.), n\u00e9 le (\u2026) \u00e0 (\u2026) (Belgique), demeurant, L-(\u2026),<\/p>\n<p>2. P2.), n\u00e9 le (\u2026) \u00e0 (\u2026) (France), demeurant (\u2026), F-(\u2026),<\/p>\n<p>3. P3.), n\u00e9 le (\u2026) \u00e0 (\u2026), demeurant (\u2026), L-(\u2026),<\/p>\n<p>4. P4.), n\u00e9e le (\u2026) \u00e0 (\u2026), demeurant (\u2026), L-(\u2026),<\/p>\n<p>5. P5.), n\u00e9 le ( \u2026) \u00e0 (\u2026), demeurant (\u2026), L-(\u2026),<\/p>\n<p>6. P6.), n\u00e9 le (\u2026) \u00e0 (\u2026), demeurant (\u2026), L-(\u2026),<\/p>\n<p>&#8211; p r \u00e9 v e n u s \u2013<\/p>\n<p>en pr\u00e9sence de:<\/p>\n<p>1. A.), n\u00e9e le (\u2026) \u00e0 (\u2026), \u00e9lisant domicile en l\u2019\u00e9tude de Ma\u00eetre Nour E. HELLAL,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Nour E. HELLAL, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>partie civile constitu\u00e9e contre les pr\u00e9venus P2.), P3.), P4.), P5.), P6.) et P1.), pr\u00e9qualifi\u00e9s;<\/p>\n<p>2. B.), n\u00e9 le (\u2026) \u00e0 (\u2026), \u00e9lisant domicile en l\u2019\u00e9tude de Ma\u00eetre N our E. HELLAL,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Nour E. HELLAL, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>partie civile constitu\u00e9e contre les pr\u00e9venus P2.), P3.), P4.), P5.), P6.) et P1.), pr\u00e9qualifi\u00e9s;<\/p>\n<p>3. C.), demeurant (\u2026), L-(\u2026),<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Claude WASSENICH, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>partie civile constitu\u00e9e contre les pr\u00e9venus P2.), P3.), P4.), P5.), P6.) et P1.), pr\u00e9qualifi\u00e9s. &#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-<\/p>\n<p>F A I T S :<\/p>\n<p>Par citation du 2 7 janvier 2016, le P rocureur d&#039;Etat pr\u00e8s le Tribunal d&#039;arrondissement de Luxembourg a requis les pr\u00e9venus de compara\u00eetre \u00e0 l\u2019audience publique du 29 f\u00e9vrier 2016 devant le Tribunal correctionnel de ce si\u00e8ge, pour y entendre statuer sur les pr\u00e9ventions suivantes:<\/p>\n<p>homicide involontaire, non- assistance \u00e0 personne en danger.<\/p>\n<p>A l\u2019audience publique du 29 f\u00e9vrier 2016, le vice-pr\u00e9sident constata l&#039;identit\u00e9 des pr\u00e9venus et leur donna connaissance de l&#039;acte qui a saisi le Tribunal .<\/p>\n<p>L\u2019interpr\u00e8te Rita SCHMIT assista le pr\u00e9venu P2.) pour la traduction des d\u00e9positions faites \u00e0 l\u2019audience.<\/p>\n<p>Les t\u00e9moins Laurent SCHROEDER, T1.) et T2.) furent entendus, chacun s\u00e9par\u00e9ment, en leurs d\u00e9clarations orales, apr\u00e8s avoir pr\u00eat\u00e9 le serment pr\u00e9vu \u00e0 l&#039;article 155 du code d&#039;instruction criminelle.<\/p>\n<p>Le Tribunal ordonna la suspension des d\u00e9bats et la continuation de l&#039;affaire \u00e0 l&#039;audience publique du 1 er mars 2016.<\/p>\n<p>A l\u2019audience publique du 1 er mars 2016, l\u2019interpr\u00e8te Rita SCHMIT assista le pr\u00e9venu P2.) pour la traduction des d\u00e9positions faites \u00e0 cette audience.<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Lise REIBEL, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, r\u00e9it\u00e9ra la partie civile pour et au nom de C.) , pr\u00e9qualifi\u00e9, demandeur au civil, contre les pr\u00e9venus P2.), P3.), P4.), P5.), P6.) et P1.), pr\u00e9qualifi\u00e9s. Il donna lecture des conclusions \u00e9crites qu&#039;il d\u00e9posa ensuite sur le bureau du Tribunal et qui furent sign\u00e9es par le vice-pr\u00e9sident et par le greffier.<\/p>\n<p>Les t\u00e9moins Laurent SCHROEDER et T3.) furent entendus, chacun s\u00e9par\u00e9ment, en leurs d\u00e9clarations orales, apr\u00e8s avoir pr\u00eat\u00e9 le serment pr\u00e9vu \u00e0 l&#039;article 155 du code d&#039;instruction criminelle.<\/p>\n<p>Le Tribunal ordonna la suspension des d\u00e9bats et la continuation de l&#039;affaire \u00e0 l&#039;audience publique du 2 mars 2016.<\/p>\n<p>A l\u2019audience publique du 2 mars 2016, l\u2019interpr\u00e8te Rita SCHMIT assista le pr\u00e9venu P2.) pour la traduction des d\u00e9positions faites \u00e0 cette audience.<\/p>\n<p>Les t\u00e9moins Marcel WEIS, T4.) , T5.) et T6.) furent entendus, chacun s\u00e9par\u00e9ment, en leurs d\u00e9clarations orales, apr\u00e8s avoir pr\u00eat\u00e9 le serment pr\u00e9vu \u00e0 l&#039;article 155 du code d&#039;instruction criminelle.<\/p>\n<p>Le Tribunal ordonna la suspension des d\u00e9bats et la continuation de l&#039;affaire \u00e0 l&#039;audience publique du 3 mars 2016.<\/p>\n<p>A l\u2019audience publique du 3 mars 2016, l\u2019interpr\u00e8te Rita SCHMIT assista le pr\u00e9venu P2.) pour la traduction des d\u00e9positions faites \u00e0 cette audience.<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Nour E. HELLAL, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, r\u00e9it\u00e9ra la partie civile pour et au nom de B.) , pr\u00e9qualifi\u00e9, demandeur au civil, contre les pr\u00e9venus P2.), P3.), P4.), P5.), P6.) et P1.), pr\u00e9qualifi\u00e9s. Il donna lecture des conclusions \u00e9crites qu&#039;il d\u00e9posa ensuite sur le bureau du Tribunal et qui furent sign\u00e9es par le vice- pr\u00e9sident et par le greffier.<\/p>\n<p>Les experts Dr Andreas SCHUFF, PD Dr Konrad SCHWARZKOPF et Dr Christian BRAUN furent entendus en leurs d\u00e9clarations et explications, apr\u00e8s avoir pr\u00eat\u00e9 le serment pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article 36 du code d&#039;instruction criminelle<\/p>\n<p>Le Tribunal ordonna la suspension des d\u00e9bats et la continuation de l&#039;affaire \u00e0 l&#039;audience publique du 4 mars 2016.<\/p>\n<p>4 A l\u2019audience publique du 4 mars 2016, l\u2019interpr\u00e8te Ri ta SCHMIT assista le pr\u00e9venu P2.) pour la traduction des d\u00e9positions faites \u00e0 cette audience.<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Nour E. HELLAL, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, se constitua partie civile pour et au nom de A.) , pr\u00e9qualifi\u00e9e, demanderesse au civil, contre les pr\u00e9venus P2.) , P3.), P4.), P5.), P6.) et P1.), pr\u00e9qualifi\u00e9s. Il donna lecture des conclusions \u00e9crites qu&#039;il d\u00e9posa ensuite sur le bureau du Tribunal et qui furent sign\u00e9es par le vice- pr\u00e9sident et par le greffier.<\/p>\n<p>L\u2019expert Prof. Dr Robert WENNIG fut ent endu en ses d\u00e9clarations et explications, apr\u00e8s avoir pr\u00eat\u00e9 le serment pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article 36 du code d&#039;instruction criminelle.<\/p>\n<p>Le t\u00e9moin Prof. Dr T15.) fut entendu en ses d\u00e9clarations orales, apr\u00e8s avoir pr\u00eat\u00e9 le serment pr\u00e9vu \u00e0 l&#039;article 155 du code d&#039;instruction criminelle.<\/p>\n<p>Le Tribunal ordonna la suspension des d\u00e9bats et la continuation de l&#039;affaire \u00e0 l&#039;audience publique du 9 mars 2016.<\/p>\n<p>A l\u2019audience publique du 9 mars 2016, l\u2019interpr\u00e8te Rita SCHMIT assista le pr\u00e9venu P2.) pour la traduction des d\u00e9positions faites \u00e0 cette audience.<\/p>\n<p>Les t\u00e9moins T7.) , T8.), T9.) et le t\u00e9moin T10.) furent entendus, chacun s\u00e9par\u00e9ment, en leurs d\u00e9clarations orales, apr\u00e8s avoir pr\u00eat\u00e9 le serment pr\u00e9vu \u00e0 l&#039;article 155 du code d&#039;instruction criminelle.<\/p>\n<p>Le Tribunal ordonna la suspension des d\u00e9bats et la continuation de l&#039;affaire \u00e0 l&#039;audience publique du 10 mars 2016.<\/p>\n<p>A l\u2019audience publique du 10 mars 2016, l\u2019interpr\u00e8te Rita SCHMIT assista le pr\u00e9venu P2.) pour la traduction des d\u00e9positions faites \u00e0 cette audience.<\/p>\n<p>Les t\u00e9moins \u00e0 d\u00e9charge Dr T11.) , T12.), T13.) et T14.) furent entendus, chacun s\u00e9par\u00e9ment, en leurs d\u00e9clarations orales, apr\u00e8s avoir pr\u00eat\u00e9 le serment pr\u00e9vu \u00e0 l&#039;article 155 du code d&#039;instruction criminelle.<\/p>\n<p>Lecture fut ensuite donn\u00e9e des d\u00e9positions faites devant la police judiciaire du t\u00e9moin E.), absente mais excus\u00e9e.<\/p>\n<p>Les pr\u00e9venus P4.) et P3.) furent entendus en leurs explications et moyens de d\u00e9fense.<\/p>\n<p>Le Tribunal ordonna la suspension des d\u00e9bats et la continuation de l&#039;affaire \u00e0 l&#039;audience publique du 16 mars 2016.<\/p>\n<p>A l\u2019audience publique du 16 mars 2016, l\u2019interpr\u00e8te Rita SCHMIT assista le pr\u00e9venu P2.) pour la traduction des d\u00e9positions faites \u00e0 cette audience.<\/p>\n<p>Les experts Prof. Dr Robert WENNIG et D r Andreas SCHUFF, et le t\u00e9moin Prof. Dr T15.) furent r\u00e9e ntendus en leurs explications.<\/p>\n<p>Lecture fut ensuite donn\u00e9e des d\u00e9positions faites devant la police judiciaire du t\u00e9moin D.), d\u00e9c\u00e9d\u00e9.<\/p>\n<p>Les pr\u00e9venus P2.) , P6.) et P1.) furent entendus en leurs explications et moyens de d\u00e9fense.<\/p>\n<p>Le Tribunal ordonna la suspension des d\u00e9bats et la continuation de l&#039;affaire \u00e0 l&#039;audience publique du 17 mars 2016.<\/p>\n<p>A l\u2019audience publique du 17 mars 2016, l\u2019interpr\u00e8te Rita SCHMIT assista le pr\u00e9venu P2.) pour la traduction des d\u00e9positions faites \u00e0 cette audience.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9venu P5.) fut entendu en ses explications et moyens de d\u00e9fense.<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Lise REIBEL, en remplacement de Ma\u00eetre C laude WASSENICH, avocats \u00e0 la Cour, les deux demeurant \u00e0 Luxembourg, exposa plus amplement les moyens de la partie civile C.) .<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Nour E HELLAL, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, exposa plus amplement les moyens des parties civiles A.) et B.).<\/p>\n<p>Le Tribunal ordonna la suspension des d\u00e9bats et la continuation de l&#039;affaire \u00e0 l&#039;audience publique du 18 mars 2016.<\/p>\n<p>A l\u2019audience publique du 18 mars 2016, l\u2019interpr \u00e8te Rita SCHMIT assista le pr\u00e9venu P2.) pour la traduction des d\u00e9positions faites \u00e0 cette audience.<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Jean MINDEN, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, exposa plus amplement les moyens de d\u00e9fense du pr\u00e9venu et d\u00e9fendeur au civil P2.) .<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Philippe PENNING, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, exposa plus amplement les moyens de d\u00e9fense du pr\u00e9venu et d\u00e9fendeur au civil P5.) .<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Fr\u00e9d\u00e9ric MIOLI, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, exposa plus amplement les moyens de d\u00e9fense des pr\u00e9venus et d\u00e9fendeurs au civil P1.) et P6.).<\/p>\n<p>Le Tribunal ordonna la suspension des d\u00e9bats et la continuation de l&#039;affaire \u00e0 l&#039;audience publique du 22 mars 2016.<\/p>\n<p>A l\u2019audience publique du 22 mars 2016, l\u2019interpr\u00e8te Rita SCHMIT assista le pr\u00e9venu P2.) pour la traduction des d\u00e9positions faites \u00e0 cette audience.<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Rosario GRASSO, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, exposa plus amplement les moyens de d\u00e9fense du pr\u00e9venu et d\u00e9fendeur au civil P3.) .<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Robert LOOS, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, exposa plus amplement les moyens de d\u00e9fense de la pr\u00e9venue et d\u00e9fenderesse au civil P4.) .<\/p>\n<p>6 Le repr\u00e9sentante du Minist\u00e8re Public, Laurent SECK , premier substitut du Procureur d\u2019Etat, r\u00e9suma l&#039;affaire et fut entendu en son r\u00e9quisitoire.<\/p>\n<p>Le Tribunal prit l&#039;affaire en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 et rendit \u00e0 l&#039;audience de ce jour, date \u00e0 laquelle le prononc\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 fix\u00e9, le<\/p>\n<p>J U G E M E N T qui suit:<\/p>\n<p>Vu la citation \u00e0 pr\u00e9venu du 27 janvier 2016 (not. 4634\/09\/CD) r\u00e9guli\u00e8rement notifi\u00e9e aux pr\u00e9venus.<\/p>\n<p>Vu l&#039;ordonnance de renvoi num\u00e9ro 3419\/2014 rendue en date du 17 d\u00e9cembre 2014 par la chambre du conseil du T ribunal d&#039;arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, r\u00e9form\u00e9e par l\u2019arr\u00eat num\u00e9ro 238\/2015 du 18 mars 2015 de la Chambre du Conseil de la Cour d\u2019Appel .<\/p>\n<p>Vu l\u2019information donn\u00e9e par courrier du 17 mars 2016 \u00e0 la Caisse Nationale de Sant\u00e9 en application des dispositions de l\u2019article 453 du code de la s\u00e9curit\u00e9 sociale.<\/p>\n<p>Vu le rapport d\u2019autopsie du 15 avril 2009 \u00e9tabli par l\u2019Institut f\u00fcr Rechtsmedezin, Universit\u00e4t des Saarlandes.<\/p>\n<p>Vu le rapport d\u2019expertise toxicologique du Prof. Dr Robert WENNIG du 17 juillet 2009, d\u00e9pos\u00e9 le 21 juillet 2009 au cabinet du juge d\u2019instruction ainsi que les rapports compl\u00e9mentaires y relatifs des 17 janvier 2013, 17 juillet 2013 et 1 er<\/p>\n<p>novembre 2013.<\/p>\n<p>Vu les rapports d\u2019expertises interdisciplinaires des experts Dr Andreas SCHUFF, PD Dr Konrad SCHWARZKOPF et Dr Christian BRAUN, entr\u00e9s au cabinet du juge d\u2019instruction le 3 octobre 2011 et le 16 mai 2013.<\/p>\n<p>Vu l\u2019instruction diligent\u00e9e par le juge d\u2019instruction.<\/p>\n<p>Vu l\u2019ensemble des proc\u00e8s -verbaux et rapports de police dress\u00e9s en cause.<\/p>\n<p>Vu les parties civiles de A.) , de B.) et de C.) contre les pr\u00e9venus P2.), P3.), P4.), P5.), P6.) et P1.).<\/p>\n<p>Il y a lieu de leur en donner acte.<\/p>\n<p>Entendu les d\u00e9clarations des t\u00e9moins Laurent SCHROEDER, T1.) , T2.), T3.), Marcel WEIS, T4.) , T5.), T6.), Prof. Dr T15.) , T7.), T8.), T9.), T10.), Dr T11.) , T12.), T13.) et T14.).<\/p>\n<p>Entendu les experts Dr Andreas SCHUFF, PD Dr Konrad SCHWARZKOPF, Dr Christian BRAUN et Prof. Dr Robert WENNIG en leurs explications.<\/p>\n<p>7 Entendu la lecture des d\u00e9positions des t\u00e9moins E.) et D.), non pr\u00e9sents.<\/p>\n<p>AU PENAL :<\/p>\n<p>Le Minist\u00e8re Public reproche aux pr\u00e9venus P2.), P3.), P4.), P5.), P6.) et P1.) d\u2019avoir, en infraction aux articles 418 et 419 du code p\u00e9nal, caus\u00e9 par d\u00e9faut de pr\u00e9voyance ou de pr\u00e9caution la mort de V.) et en infraction \u00e0 l\u2019article 410- 1 du code p\u00e9nal de s\u2019\u00eatre, sans danger s\u00e9rieux pour eux -m\u00eames, abstenus volontairement de venir en aide ou de procurer une aide \u00e0 V.) , expos\u00e9 \u00e0 un p\u00e9ril grave.<\/p>\n<p>Quant au moyen tir\u00e9 de la violation de l\u2019article 6-1 de la Convention Europ\u00e9enne de la Sauvegarde des Droits de l\u2019Homme pour non- respect du d\u00e9lai raisonnable entrainant le d\u00e9p\u00e9rissement des preuves et parant l\u2019irrecevabilit\u00e9 des poursuites :<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Philippe PENNING, mandataire de P5.) , Ma\u00eetre Rosario GRASSO, mandataire de P3.) et Ma\u00eetre Robert LOOS, mandataire d\u2019P4.), soul\u00e8vent l\u2019irrecevabilit\u00e9 des poursuites p\u00e9nales dirig\u00e9es contre leurs mandants pour violation de l&#039;article 6- 1 de la Convention de Sauvegarde des Droits de l&#039;Homme et des Libert\u00e9s Fondamentales. Le principe du d\u00e9lai raisonnable aurait \u00e9t\u00e9 viol\u00e9 en l\u2019esp\u00e8ce et il en serait r\u00e9sult\u00e9 un d\u00e9p\u00e9rissement des preuves au pr\u00e9judice des pr\u00e9venus.<\/p>\n<p>Les mandataires de P3.) et d\u2019P4.) plaident qu\u2019il aurait \u00e9t\u00e9 impossible \u00e0 leurs mandants de rapporter la preuve que les concentrations toxiques dans le sang de V.) lors de son traitement \u00e0 l\u2019h\u00f4pital n\u2019\u00e9taient pas particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9es, alors que les \u00e9chantillons de sang n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 saisis \u00e0 l\u2019h\u00f4pital par les enqu\u00eateurs. Ils implorent \u00e9galement l\u2019absence d\u2019examen de l\u2019intestin gr\u00eale au moment de l\u2019autopsie alors que cet examen aurait \u00e9ventuellement permis d\u2019\u00e9lucider la mort suspecte de V.) . Ces manquements leur auraient \u00e9t\u00e9 pr\u00e9judiciables alors qu\u2019au moment de leur inculpation, il ne leur aurait plus \u00e9t\u00e9 possible de contribuer \u00e0 la manifestation de la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>Aux termes de l&#039;article 6- 1 de la Convention de Sauvegarde des Droits de l&#039;Homme et des Libert\u00e9s Fondamentales, toute personne a droit \u00e0 ce que sa cause soit entendue \u00e9quitablement, publiquement et dans un d\u00e9lai raisonnable.<\/p>\n<p>Cependant, ni ladite Convention ni une loi nationale ne pr\u00e9cisent les effets que le juge du fond doit d\u00e9duire d\u2019un d\u00e9passement du d\u00e9lai raisonnable qu\u2019il constaterait.<\/p>\n<p>Les cons\u00e9quences d\u2019un d\u00e9passement du d\u00e9lai raisonnable doivent \u00eatre examin\u00e9es sous l\u2019angle de la preuve, d\u2019une part, et sous l\u2019angle de la sanction, d\u2019autre part. En effet, la dur\u00e9e anormale de la proc\u00e9dure peut avoir pour r\u00e9sultat la d\u00e9perdition des preuves de sorte que le juge ne pourrait plus d\u00e9cider que les faits sont \u00e9tablis. Le d\u00e9passement du d\u00e9lai raisonnable peut aussi entra\u00eener des<\/p>\n<p>8 cons\u00e9quences dommageables pour le pr\u00e9venu (Cass. belge, 27 mai 1992, R.D.P. 1992. 998).<\/p>\n<p>Il y a violation irr\u00e9parable des droits de la d\u00e9fense lorsque les pr\u00e9venus ne jouissent plus devant le juge du fond de l\u2019exercice entier de leurs droits de d\u00e9fense, c\u2019est-\u00e0-dire lorsqu\u2019ils n\u2019ont plus la possibilit\u00e9 de contester la recevabilit\u00e9 des poursuites et le bien- fond\u00e9 des pr\u00e9ventions, de faire valoir tout moyen de d\u00e9fense et de pr\u00e9senter au juge du fond toutes demandes utiles au jugement de la cause.<\/p>\n<p>Ainsi, lorsque le d\u00e9passement du d\u00e9lai raisonnable fait obstacle, m\u00eame partiellement, \u00e0 l\u2019exercice des droits de la d\u00e9fense, il y a violation de ce principe g\u00e9n\u00e9ral du droit, violation irr\u00e9parable d\u00e8s lors qu\u2019il est impossible de conjurer les effets du temps \u00e9coul\u00e9, devant entra\u00eener l\u2019irrecevabilit\u00e9 de l\u2019action publique (F. KUTY, Tendances r\u00e9centes en mati\u00e8re de d\u00e9lai raisonnable, in Actualit\u00e9s du droit p\u00e9nal et de proc\u00e9dure p\u00e9nale, \u00e9ditions du Jeune Barreau de Bruxelles, 2001, no 88, p. 169).<\/p>\n<p>De m\u00eame, une violation irr\u00e9parable des droits de la d\u00e9fense entra\u00eene l\u2019irrecevabilit\u00e9 des poursuites (Cass, ch. R\u00e9un., 16 septembre 1998, affaire dite A.-D., J.L.M.B., 1998, page 3430).<\/p>\n<p>Il incombe \u00e0 la juridiction de jugement d\u2019appr\u00e9cier, \u00e0 la lumi\u00e8re des donn\u00e9es de chaque affaire, si la cause est entendue dans un d\u00e9lai raisonnable, et, dans la n\u00e9gative, de d\u00e9terminer les cons\u00e9quences qui pourraient en r\u00e9sulter.<\/p>\n<p>Or, le caract\u00e8re raisonnable de la proc\u00e9dure s\u2019appr\u00e9cie suivant les circonstances de la cause et non in abstracto. Trois crit\u00e8res se sont d\u00e9gag\u00e9s de la jurisprudence de la Cour Europ\u00e9enne des Droits de l\u2019Homme, pour appr\u00e9cier le d\u00e9lai raisonnable d\u2019un proc\u00e8s; aucun n\u2019\u00e9tant toutefois pr\u00e9dominant :1) la complexit\u00e9 de l\u2019affaire en fait et en droit, en nombre de parties, en difficult\u00e9s de preuves, etc, 2) du comportement du pr\u00e9venu (sans aller \u00e0 exiger qu\u2019il facilite la preuve des accusations port\u00e9es contre lui) et enfin 3) le comportement des autorit\u00e9s nationales comp\u00e9tentes (S. GUINCHARD et J. BUISSON, Proc\u00e9dure p\u00e9nale, n\u00b0376, p. 263).<\/p>\n<p>S&#039;agissant du point de d\u00e9part du d\u00e9lai raisonnable dans lequel le pr\u00e9venu doit \u00eatre jug\u00e9, il est admis qu&#039;en mati\u00e8re p\u00e9nale, c&#039;est la date \u00e0 laquelle l&#039;accusation a \u00e9t\u00e9 formul\u00e9e par l&#039;autorit\u00e9 comp\u00e9tente. D\u00e8s lors, il ne s&#039;agit ni du jour o\u00f9 l&#039;infraction a \u00e9t\u00e9 commise, ni de celui de la saisine de la juridiction de jugement, mais bien du jour o\u00f9 la personne poursuivie s&#039;est trouv\u00e9e dans l&#039;obligation de se d\u00e9fendre; cela peut \u00eatre le jour de l&#039;ouverture d&#039;une information ou de l&#039;inculpation officielle, c&#039;est-\u00e0-dire le moment o\u00f9 le suspect est inform\u00e9 officiellement qu&#039;en raison des soup\u00e7ons qui p\u00e8sent sur lui, une proc\u00e9dure est ouverte \u00e0 sa charge, mais \u00e9galement la date \u00e0 laquelle l&#039;int\u00e9ress\u00e9 peut l\u00e9gitimement d\u00e9duire de certains \u00e9v\u00e9nements qu&#039;il est soup\u00e7onn\u00e9 d&#039;avoir commis certaines infractions et qu&#039;une proc\u00e9dure est susceptible d&#039;\u00eatre conduite contre lui (M. FRANCHIMONT, Manuel de proc\u00e9dure p\u00e9nale, 3 \u00e8me \u00e9dition, p.1160).<\/p>\n<p>9 La question de savoir si le d\u00e9lai raisonnable a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pass\u00e9 d\u00e9pend dans de nombreux cas, d\u2019un examen attentif des circonstances et des causes de tout retard et non pas simplement de la prise en consid\u00e9ration de la dur\u00e9e du laps de temps en question (F. QUILLERE-MAZOUP, La D\u00e9fense du Droit \u00e0 un Proc\u00e8s Equitable, p. 233 \u2013 239, \u00e9d Bruyland 1999).<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, les faits reproch\u00e9s aux pr\u00e9venus se sont d\u00e9roul\u00e9s entre le 3 et le 4 mars 2009. Une enqu\u00eate polici\u00e8re a \u00e9t\u00e9 ouverte de suite et les pr\u00e9venus ont \u00e9t\u00e9 inculp\u00e9s entre f\u00e9vrier 2010 et janvier 2012 . Parall\u00e8lement des rapports d\u2019expertises ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tablis. Le dernier rapport est dat\u00e9 du 1 er novembre 2013. Le r\u00e9quisitoire du Minist\u00e8re Public est dat\u00e9 du 15 octobre 2014.<\/p>\n<p>Dans le cadre de la proc\u00e9dure de r\u00e8glement une ordonnance de renvoi a \u00e9t\u00e9 rendue en date du 17 d\u00e9cembre 2014 par la chambre du conseil du Tribunal d&#039;arrondissement de et \u00e0 Luxembourg. Celle- ci a \u00e9t\u00e9 r\u00e9form\u00e9e par l\u2019arr\u00eat num\u00e9ro 238\/2015 du 18 mars 2015 de la Chambre du Conseil de la Cour d\u2019Appel.<\/p>\n<p>L\u2019appr\u00e9ciation du d\u00e9lai raisonnable suivant la Cour europ\u00e9enne, se fait in concreto, aucun d\u00e9lai fixe n\u2019\u00e9tant pr\u00e9\u00e9tabli.<\/p>\n<p>Le Tribunal souligne que les faits reproch\u00e9s aux pr\u00e9venus n\u00e9cessitaient l\u2019\u00e9tablissement d\u2019expertises interdisciplinaires, impliquaient une pluralit\u00e9 de protagonistes et pr\u00e9sentaient de ce fait une certaine complexit\u00e9 justifiant les d\u00e9lais.<\/p>\n<p>Les pr\u00e9venus d\u00e9plorent en outre des manquements dans le travail de l\u2019enqu\u00eate qui n\u2019\u00e9taient plus r\u00e9cup\u00e9rables au vu de l\u2019anciennet\u00e9 des faits, le Tribunal constate cependant \u00e0 titre surabondant que le dossier r\u00e9pressif contient suffisamment d\u2019\u00e9l\u00e9ments pour permettre aux pr\u00e9venus de se d\u00e9fendre utilement.<\/p>\n<p>Le Tribunal retient partant qu\u2019il y a en l\u2019esp\u00e8ce pas eu de d\u00e9passement du d\u00e9lai raisonnable au sens de l&#039;article 6 de la Convention de Sauvegarde des Droits de l&#039;Homme et des Libert\u00e9s Fondamentales.<\/p>\n<p>Le moyen de l&#039;irrecevabilit\u00e9 des poursuites p\u00e9nales est partant \u00e0 rejeter.<\/p>\n<p>A. Les faits<\/p>\n<p>Les \u00e9l\u00e9ments tels qu\u2019ils r\u00e9sultent du dossier r\u00e9pressif, ensemble les d\u00e9bats men\u00e9s \u00e0 l\u2019audience publique du Tribunal, peuvent se r\u00e9sumer comme suit :<\/p>\n<p>Il ressort du rapport num\u00e9ro 101, \u00e9tabli le 4 mars 2009 par la Police Grand- Ducale, C.I.S. Remich, que le jour m\u00eame vers 6.50 heures le corps inerte de V.) a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 dans le lit de la cellule G1 115 du Centre P\u00e9nitentiaire de Luxembourg (ci-apr\u00e8s \u00ab CPL \u00bb).<\/p>\n<p>Le d\u00e9funt purgeait une peine d\u2019emprisonnement couvrant la p\u00e9riode du 23 ao\u00fbt 2007 au 7 ao\u00fbt 2010. A cette fin il occupait habituellement la cellule A1 113. N\u00e9anmoins, suite \u00e0 un traitement m\u00e9dical effectu\u00e9 au CLINIQUE1.) (ci-apr\u00e8s<\/p>\n<p>10 \u00ab CLINIQUE1.) \u00bb), il a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9 dans la cellule G1 115 qui constitue une cellule \u00e9quip\u00e9e de surveillance cam\u00e9ra adjacente \u00e0 l\u2019infirmerie du CPL.<\/p>\n<p>Comme le m\u00e9decin de garde d\u00e9p\u00each\u00e9 sur les lieux qualifiait la mort du d\u00e9tenu de suspecte, une autopsie du corps de V.) a \u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9e et les cellules occup\u00e9es par celui -ci ont \u00e9t\u00e9 fouill\u00e9es.<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte du rapport num\u00e9ro SPJ\/POLTEC\/2008\/5831- 1\/HERO \u00e9tabli le 4 mars 2009 par le Service de Police Judiciaire, Section Police Technique que le 5 mars 2009 une autopsie a \u00e9t\u00e9 pratiqu\u00e9e sur le corps du d\u00e9funt par le m\u00e9decin l\u00e9giste docteur Andreas SCHUFF . Le m\u00e9decin l\u00e9giste n\u2019a pas constat\u00e9 de cause \u00e9vidente de d\u00e9c\u00e8s mais a relev\u00e9, dans son rapport \u00e9crit, que les constatations faites sur le cadavre \u00e9taient le cas \u00e9ch\u00e9ant compatibles avec un d\u00e9c\u00e8s suite \u00e0 une intoxication par m\u00e9dicaments.<\/p>\n<p>Suivant rapport num\u00e9ro JDA-5831.4, \u00e9tabli le 13 mars 2009 par l e Service de Police Judiciaire, section Criminalit\u00e9 G\u00e9n\u00e9rale, groupe homicides, V.) a \u00e9t\u00e9 transport\u00e9 le 3 mars 2009 vers 10.30 heures au CLINIQUE1.) pour un traitement m\u00e9dical suite \u00e0 une surconsommation de m\u00e9dicaments. En effet, lors de la distribution de m\u00e9dicaments vers 6 :30 heures le m\u00eame jour une infirmi\u00e8re a jug\u00e9 que son \u00e9tat n\u00e9cessitai t une r\u00e9\u00e9valuation. Suite \u00e0 la r\u00e9\u00e9valuation le patient a \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 l\u2019infirmerie du CPL. Ensuite le transfert au CLINIQUE1.) a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9.<\/p>\n<p>Au CLINIQUE1.) des antidotes ont \u00e9t\u00e9 administr\u00e9s au patient par voie intraveineuse et par la suite par voie intramusculaire avant le retour au CPL.<\/p>\n<p>Vers 12 :30 heures V.) a r\u00e9int\u00e9gr\u00e9 le CPL et il aurait \u00e9t\u00e9 vu vivant pour la derni\u00e8re fois \u00e0 23 :30 heures dans la cellule.<\/p>\n<p>Les dossiers m\u00e9dicaux \u00e9tablis au CLINIQUE1.) et au CPL ont \u00e9t\u00e9 saisis. Par la suite l\u2019audition de tous les protagonistes ayant interagi avec le d\u00e9funt et l\u2019ayant trait\u00e9 a \u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9e. Parall\u00e8lement des experts ont \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9s afin d\u2019\u00e9lucider les causes m\u00e9dicales de son d\u00e9c\u00e8s.<\/p>\n<p>I. Les conclusions des experts :<\/p>\n<p>a) Les experts judiciaires :<\/p>\n<p>Quant \u00e0 Prof. Dr Robert WENNIG : Afin de d\u00e9terminer les causes du d\u00e9c\u00e8s de V.) , le juge d\u2019instruction a nomm\u00e9 les experts Prof. Dr Robert WENNIG, toxicologue, Dr. Andreas SCHUFF, m\u00e9decin l\u00e9giste, PD. Dr. Konrad SCHWARZKOPF, Facharzt f\u00fcr An\u00e4sthesie et Dr. Christian BRAUN, Facharzt f\u00fcr Innere Medezin.<\/p>\n<p>Quant aux rapports d\u2019expertises du Prof. Dr Robert WENNIG, le toxicologue arrive \u00e0 la conclusion que V.) est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 suite \u00e0 une intoxication m\u00e9dicamenteuse des substances Me thadon, Tramadol, Mirtazapin et les<\/p>\n<p>11 benzodiaz\u00e9pines Bromazepam et Nordazepam. Les doses des substances Methadon, Tamadol et Mirtazapin contenues dans le sang analys\u00e9, \u00e9taient des doses th\u00e9rapeutiques. Cependant le taux des substances de Bromazepam et Nordazpam d\u00e9passait largement le dosage th\u00e9rapeutique.<\/p>\n<p>Selon l\u2019expert, le d\u00e9c\u00e8s de V.) doit \u00eatre imput\u00e9 \u00e0 l\u2019ingestion d\u2019un cocktail de diff\u00e9rents m\u00e9dicaments s\u00e9datifs et entrainant une d\u00e9pression respiratoire.<\/p>\n<p>L\u2019expert souligne que vraisemblablement, compte tenu des toxiques trouv\u00e9s post mortem, une quantit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e de m\u00e9dicaments a vait \u00e9t\u00e9 ing\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p>Si l\u2019on admet que le patient ne s\u2019est pas r\u00e9-intoxiqu\u00e9 entre la prise en charge par l\u2019infirmerie du CPL et son d\u00e9c\u00e8s dans la nuit, les taux sanguins doivent avoir \u00e9t\u00e9 sensiblement plus \u00e9lev\u00e9s compte tenu de la m\u00e9tabolisation des substances lors de son traitement \u00e0 l\u2019h\u00f4pital.<\/p>\n<p>L\u2019expert soutient cependant qu\u2019une deuxi\u00e8me ingestion serait peu probable puisqu\u2019on aurait alors d\u00fb trouver des quantit\u00e9s plus importantes de ces m\u00e9dicaments dans le contenu stomacal de la victime au moment de l\u2019autopsie.<\/p>\n<p>L\u2019expert souligne qu\u2019il y a lieu de tenir compte du fait qu\u2019apr\u00e8s l\u2019administration d\u2019antidotes, le risque de re- s\u00e9dation r\u00e9apparait en raison des temps de demi -vie d\u2019\u00e9limination tr\u00e8s courts des antidotes par rapport aux temps de demi-vie d\u2019\u00e9limination des m\u00e9dicaments ing\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<p>Il admet en outre que le pic plasmatique des m\u00e9dicaments n\u2019avait pas encore \u00e9t\u00e9 atteint au moment du traitement du patient \u00e0 l\u2019h\u00f4pital, de sorte que les antidotes ont momentan\u00e9ment neutralis\u00e9 les effets, mais que ceux-ci sont r\u00e9apparus par la suite au moment de la re- s\u00e9dation.<\/p>\n<p>Ainsi le d\u00e9c\u00e8s serait d\u00fb \u00e0 une interaction m\u00e9dicamenteuse avec une action pharmacodynamique agoniste et une pharmacocin\u00e9tique diff\u00e9rentielle avec le risque de re- s\u00e9dation.<\/p>\n<p>Selon l\u2019expert, la dur\u00e9e clinique de l\u2019activit\u00e9 antagoniste des antidotes est difficile \u00e0 pr\u00e9dire, ce qui rendrait une surveillance continue indispensable dans de bonnes conditions de soins.<\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, l\u2019expert conclut que si le patient avait \u00e9t\u00e9 trait\u00e9 de mani\u00e8re stationnaire \u00e0 l\u2019h\u00f4pital pendant au moins 24 heures cons\u00e9cutives, son d\u00e9c\u00e8s aurait probablement pu \u00eatre \u00e9vit\u00e9. Il conclut \u00e9galement que les m\u00e9decins traitants auraient d\u00fb proc\u00e9der \u00e0 une investigation toxicologique plus pouss\u00e9e.<\/p>\n<p>A l\u2019audience Dr Robert WENNIG rejoint les conclusions de ses rapports.<\/p>\n<p>Il souligne qu\u2019un nombre \u00e9lev\u00e9 de m\u00e9dicaments a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 dans les segments de cheveux analys\u00e9s de V.), m\u00e9dicaments dont une grande partie n\u2019\u00e9tait pas prescrite.<\/p>\n<p>12 Il maintient que V.) est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 suite \u00e0 une intoxication mixte. S\u2019il existe de la litt\u00e9rature sur le temps de demi-vie de m\u00e9dicaments isol\u00e9s, il n\u2019existerait cependant pas de documentation sur les effets de substances m\u00e9lang\u00e9es.<\/p>\n<p>L\u2019expert affirme que dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 le patient ne se serait pas r\u00e9- intoxiqu\u00e9, le pic aurait \u00e9t\u00e9 avant l\u2019admission \u00e0 l\u2019h\u00f4pital.<\/p>\n<p>Quant aux experts Dr. Andreas SCHUFF, PD. Dr. Konrad SCHWARZKOPF et Dr. Christian BRAUN.<\/p>\n<p>Le coll\u00e8ge des experts arrive \u00e0 la conclusion que la prise en charge, le diagnostic et les soins prodigu\u00e9s \u00e0 V.) par P4.) et P3.) au CLINIQUE1.) \u00e9taient conformes aux r\u00e8gles de l\u2019art. N\u00e9anmoins la d\u00e9cision de renvoyer V.) au CPL aurait constitu\u00e9 un non- respect du devoir de pr\u00e9caution du m\u00e9decin, notamment au vu du fait que le patient pr\u00e9sentait lors de son admission au CLINIQUE1.) , un score de Glasgow de 13\/15.<\/p>\n<p>Une surveillance en r\u00e9animation ou , le cas \u00e9ch\u00e9ant, dans une \u00ab Intermadiate Care Station \u00bb aurait d\u00fb \u00eatre assur\u00e9e. Les pr\u00e9misses du CPL n\u2019auraient pas \u00e9t\u00e9 adapt\u00e9s en l\u2019esp\u00e8ce afin d\u2019assurer la surveillance de la victime. En cas de d\u00e9t\u00e9rioration de l\u2019\u00e9tat du patient une intervention imm\u00e9diate devrait \u00eatre assur\u00e9e.<\/p>\n<p>Dans leur rapport conjoint, les experts ont en outre critiqu\u00e9 l\u2019absence d\u2019instructions \u00e9crites, concr\u00e8tes et d\u00e9taill\u00e9es donn\u00e9e s aux infirmiers du CPL par les m\u00e9decins traitants du CLINIQUE1.) .<\/p>\n<p>Ils admettent \u00e9galement que d\u2019un point de vu m\u00e9dico- l\u00e9gale, une re- consommation ne serait pas forc\u00e9ment \u00e0 voir comme cause de d\u00e9c\u00e8s. Il serait possible que le patient soit d\u00e9c\u00e9d\u00e9 suite \u00e0 un \u00e9puisement corporel en relation avec les m\u00e9dicaments et antidotes administr\u00e9s.<\/p>\n<p>A l\u2019audience, les experts ont r\u00e9sum\u00e9 les \u00e9l\u00e9ments du rapport et ont maintenu leurs conclusions.<\/p>\n<p>Le Dr. Andreas SCHUFF, lui, a soulign\u00e9 qu\u2019au niveau de l\u2019autopsie rien d\u2019anormal pouvant expliquer le d\u00e9c\u00e8s du patient aurait \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 \u00e0 part l\u2019aspiration du contenu gastrique, toutefois compatible avec un d\u00e9c\u00e8s suite \u00e0 une intoxication entrainant un coma profond et l\u2019arr\u00eat de la respiration.<\/p>\n<p>PD. Dr. Konrad SCHWARZKOPF a soulign\u00e9 que le traitement en soi du patient \u00e9tait fait selon les r\u00e8gles de l\u2019art. N\u00e9anmoins, sous sa directi on, le patient aurait \u00e9t\u00e9 surveill\u00e9 en permanence pendant 24 heures. Il critique en outre que les m\u00e9decins traitant ont administr\u00e9 par voie intra musculaire des antidotes avant de le transf\u00e9rer au CPL, ce qu\u2019il qualifie de \u00ab therapeutischer Blindflug \u00bb.<\/p>\n<p>Dr. Christian BRAUN rejoint les conclusions de PD. Dr. Konrad SCHWARZKOPF.<\/p>\n<p>13 b) Prof. Dr T15.) , expert unilat\u00e9ral entendu en tant que t\u00e9moin :<\/p>\n<p>Professeur T15.), Professeur de R\u00e9animation M\u00e9dicale \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Paris- Diderot, Chef de service, R\u00e9animation M\u00e9dicale et Toxicologique, H\u00f4pital Lariboisi\u00e8re, Paris, a \u00e9t\u00e9 entendu en tant que t\u00e9moin \u00e0 la demande des pr\u00e9venus P4.) et P3.). Il a d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019\u00e0 sa compr\u00e9hension de l\u2019\u00e9tat neurologique de V.) \u00e0 l\u2019h\u00f4pital, sur base du dossier lui soumis par la d\u00e9fense, celui-ci pr\u00e9sentait un score de Glasgow entre 14 et 15\/15. Il ne pr\u00e9sentait pas de d\u00e9tresse vitale n\u00e9cessitant un m\u00e9decin r\u00e9animateur d\u2019office. Il admet que la prise en charge du patient aux urgences du CLINIQUE1.) telle qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9e correspond \u00e0 la prise en charge usuelle dans un service d\u2019urgence de m\u00eame attribution.<\/p>\n<p>Il n\u2019y aurait eu aucune indication \u00e0 faire un dosage quantitatif des toxiques &#8211; examens qui ne seraient pratiquement jamais effectu\u00e9s dans un service d\u2019urgence alors que les r\u00e9sultats ne sont disponibles d\u2019office, qu\u2019il existe une grande variabilit\u00e9 interindividuelle qui complique l\u2019interpr\u00e9tation des concentrations sanguines d\u00e9pendant beaucoup de l\u2019anciennet\u00e9 et de l\u2019importance de la consommation ant\u00e9rieure. Pour le surplus, la connaissance du dosage aurait un int\u00e9r\u00eat scientifique, mais ne serait nullement n\u00e9cessaire au traitement du patient.<\/p>\n<p>Compte tenu de l\u2019\u00e9tat du patient \u00e0 12 :30 heures, donc au moins cinq heures apr\u00e8s la derni\u00e8re prise pr\u00e9sum\u00e9e de m\u00e9dicaments, le maintien en surveillance au CLINIQUE1.) ne lui semble pas n\u00e9cessaire, au vu de l\u2019\u00e9tat du patient, si une surveillance param\u00e9dicale de bonne qualit\u00e9 pouvait \u00eatre garantie au CPL.<\/p>\n<p>Les pics des effets de benzodiaz\u00e9pines son t attendus deux heures environ apr\u00e8s l\u2019administration, au maximum quatre heures. Le t\u00e9moin a soulign\u00e9 que d\u00e9pass\u00e9 le pic, l\u2019\u00e9tat du patient ne peut que s\u2019am\u00e9liorer.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9volution pr\u00e9visible de ce type d\u2019intoxication chez un patient consommateur chronique devait donc se faire vers une r\u00e9cup\u00e9ration de vigilance normale au milieu d\u2019apr\u00e8s-midi.<\/p>\n<p>Il souligne en outre qu\u2019en l\u2019esp\u00e8ce les effets de l\u2019intoxication ont \u00e9t\u00e9 antagonis\u00e9s par les antidotes, permettant aux m\u00e9decins de croire que le traitement prodigu\u00e9 \u00e9tait efficace.<\/p>\n<p>Le t\u00e9moin est formel pour dire que le d\u00e9c\u00e8s survenu vers 3 :00 heures du matin en date du 4 mars 2009 ne pouvait \u00eatre attribu\u00e9 aux m\u00e9dicaments administr\u00e9s \u00e0 6h30 heures du matin, de sorte qu\u2019il \u00e9met l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une r\u00e9- intoxication.<\/p>\n<p>Il conclut que la prise en charge du patient \u00e9tait correcte, l\u2019intoxication n\u2019\u00e9tant pas \u00e0 qualifier d\u2019intoxication grave et les effets de celle- ci ont \u00e9t\u00e9 revers\u00e9s de mani\u00e8re r\u00e9elle.<\/p>\n<p>Le patient tel qu\u2019il se pr\u00e9sentait, n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 admis en r\u00e9animation mais soumis \u00e0 une surveillance param\u00e9dicale consistant en un contr\u00f4le de la conscience du patient.<\/p>\n<p>14 Sur question, il a pr\u00e9cis\u00e9 que l\u2019on peut sevrer une personne d\u00e9pendante \u00e0 la m\u00e9thadone avec de la m\u00e9thadone.<\/p>\n<p>II. L\u2019audition des t\u00e9moins :<\/p>\n<p>Dans le cadre de l\u2019enqu\u00eate polici\u00e8re, devant le juge d\u2019instruction et \u00e0 l\u2019audience, il a \u00e9t\u00e9 proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019audition de l\u2019ensemble des personnes ayant \u00e9t\u00e9 en contact avec V.), tant au CPL qu\u2019au CLINIQUE1.) .<\/p>\n<p>Quant \u00e0 Laurent SCHROEDER :<\/p>\n<p>A l\u2019audience, l\u2019enqu\u00eateur Laurent SCHROEDER a r\u00e9sum\u00e9 l\u2019ensemble des \u00e9l\u00e9ments composant le dossier r\u00e9pressif.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 Marcel WEIS : A l\u2019audience publique, le commissaire en chef Marcel WEIS a d\u00e9clar\u00e9 avoir saisi le dossier m\u00e9dical de V.) \u00e0 l\u2019improviste. Les prises de sang faites au CLINIQUE1.) n\u2019auraient pas \u00e9t\u00e9 saisies.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 D.) : Entendu le 20 mars 2009 par les policiers, l\u2019infirmier D.) a d\u00e9clar\u00e9 avoir \u00e9t\u00e9 au courant que V.) \u00e9taient de retour au CPL apr\u00e8s un court s\u00e9jour au CLINIQUE1.) . Le 3 mars 2009 vers 20.30 heures il aurait consult\u00e9 le patient ensemble avec P6.). Ils auraient contr\u00f4l\u00e9 les param\u00e8tres vitaux de V.), param\u00e8tres qui auraient \u00e9t\u00e9 dans les normes. Ce dernier aurait \u00e9t\u00e9 somnolent, mais il aurait \u00e9t\u00e9 assis au bord de son lit et il aurait eu un discours ordonn\u00e9.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 T5.) :<\/p>\n<p>Entendue le 24 mars 2009, l\u2019infirmi\u00e8re T5.) a d\u00e9clar\u00e9 avoir pris en charge V.) le 3 mars 2009 au matin \u00e0 l\u2019infirmerie du CPL ensemble avec sa coll\u00e8gue de travail T4.). V.) aurait \u00e9t\u00e9 amen\u00e9 par cette derni\u00e8re en chaise roulante. Le patient aurait \u00e9t\u00e9 somnolent, de sorte qu\u2019 elles auraient d\u00fb le stimuler verbalement afin de le garder r\u00e9veill\u00e9. Sa pression art\u00e9rielle aurait \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9e et au vu de son \u00e9tat elles lui auraient mis \u00e0 disposition de l\u2019oxyg\u00e8ne. Suite \u00e0 l\u2019administration d\u2019une infusion dite \u00ab Ringerlaktat \u00bb et d\u2019une ampoule de NARCAN, de l\u2019accord t\u00e9l\u00e9phonique du docteur DR.), l\u2019\u00e9tat de V.) se serait consid\u00e9rablement am\u00e9lior\u00e9 alors qu\u2019il \u00e9tait plus \u00e9veill\u00e9. Par la suite le patient aurait \u00e9t\u00e9 transport\u00e9 au CLINIQUE1.) .<\/p>\n<p>Entre 12.30 heures et 13.30 heures V.) serait revenu au CPL. Auparavant le docteur P3.) aurait inform\u00e9 sa coll\u00e8gue T4.) du retransfert et aurait ordonn\u00e9 le placement du patient en cellule \u00e9quip\u00e9e de cam\u00e9ra de vid\u00e9osurveillance ainsi que le contr\u00f4le de son \u00e9tat de conscience. Les r\u00e9quisitions du m\u00e9decin auraient \u00e9t\u00e9 pos\u00e9es par \u00e9crit dans le dossier m\u00e9dical du patient.<\/p>\n<p>Sur question, T5.) a d\u00e9clar\u00e9 que l\u2019\u00e9tat de V.) aurait \u00e9t\u00e9 meilleur \u00e0 son retour au CPL alors qu\u2019il aurait \u00e9t\u00e9 possible de s\u2019entretenir normalement avec ce dernier.<\/p>\n<p>15 R\u00e9entendue le 6 d\u00e9cembre 2011, T5.) a d\u00e9clar\u00e9 avoir transmis les informations concernant le patient \u00e0 ses coll\u00e8gues de travail lors de la rel\u00e8ve de poste. Elle aurait insist\u00e9 sur le fait qu\u2019il y avait lieu de surveiller V.) . Au cas o\u00f9 le patient deviendrait \u00e0 nouveau somnolent, le m\u00e9decin avait ordonn\u00e9 de lui administrer des antidotes apr\u00e8s 16.00 heures. Elle a en outre d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019\u00e0 son avis tout infirmier exp\u00e9riment\u00e9 sai t ce qu\u2019il y avait lieu de faire.<\/p>\n<p>Entendue \u00e0 l\u2019audience, T5.) a confirm\u00e9 ses d\u00e9clarations faites auparavant. Elle a pr\u00e9cis\u00e9 qu\u2019apr\u00e8s l\u2019administration de l\u2019antidote au CPL et avant son d\u00e9part \u00e0 l\u2019h\u00f4pital, l\u2019\u00e9tat du patient s\u2019\u00e9tait l\u00e9g\u00e8rement am\u00e9lior\u00e9, mais ils auraient cependant d\u00e9cid\u00e9 de le faire traiter \u00e0 l\u2019h\u00f4pital, d\u00e9cision que le patient n\u2019aurait pas appr\u00e9ci\u00e9e .<\/p>\n<p>Au retour de V.) au CPL son \u00e9tat se serait trouv\u00e9 am\u00e9lior\u00e9. Elle aurait transmis les instructions du m\u00e9decin \u00e0 ses coll\u00e8gues de travail au moment de la rel\u00e8ve de poste.<\/p>\n<p>Sur question, le t\u00e9moin a d\u00e9clar\u00e9 que le cas \u00e9ch\u00e9ant et compte tenu des instructions re\u00e7ues, elle serait all\u00e9e voir le patient pour ensuite d\u00e9cider comment espacer les contr\u00f4les de conscience ordonn\u00e9s.<\/p>\n<p>T5.) a d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque il n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 exceptionnel que des d\u00e9tenus intoxiqu\u00e9s reviennent apr\u00e8s un court traitement \u00e0 l\u2019h\u00f4pital et que les instructions du m\u00e9decin n\u2019auraient pas syst\u00e9matiquement \u00e9t\u00e9 transmises par \u00e9crit.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 T4.) : Entendue le 24 mars 2009, T4.) a d\u00e9clar\u00e9 s\u2019\u00eatre rendue le 3 mars 2009 au matin dans la cellule de V.) . Ce dernier aurait \u00e9t\u00e9 somnolent et aurait eu des probl\u00e8mes d\u2019\u00e9locution. Transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 l\u2019infirmerie, ses param\u00e8tres vitaux auraient \u00e9t\u00e9 dans les normes, n\u00e9anmoins le personnel soignant lui aurait administr\u00e9 de l\u2019oxyg\u00e8ne alors qu\u2019il avait des probl\u00e8mes respiratoires.<\/p>\n<p>Le t\u00e9moin a d\u00e9clar\u00e9 avoir pris contact avec le docteur DR.) , m\u00e9decin consultant des prisonnier dans une autre partie du CPL. Ce dernier aurait ordonn\u00e9 via t\u00e9l\u00e9phone de traiter le patient avec une infusion dite \u00ab Ringerlaktat \u00bb et d\u2019une ampoule de NARCAN. Le docteur DR.) aurait organis\u00e9 le transfert du d\u00e9tenu au CLINIQUE1.) en vue de son traitement.<\/p>\n<p>Par la suite elle aurait eu une conversation t\u00e9l\u00e9phonique avec le docteur P3.) qui l\u2019aurait inform\u00e9e de l\u2019administration au patient des m\u00e9dicaments ANEXATE et NARCAN et du retransfert du patient au CPL. Le m\u00e9decin aurait ordonn\u00e9 le placement du patient en cellule \u00e9quip\u00e9e de d\u2019une vid\u00e9osurveillance jusqu\u2019au lendemain. Le m\u00e9decin aurait \u00e9galement ordonn\u00e9 de lui administrer les m\u00eames m\u00e9dicaments en cas de somnolence et de garder V.) \u00e0 l\u2019\u0153il.<\/p>\n<p>A son retour au CPL, le t\u00e9moin aurait bri\u00e8vement vu le patient et son \u00e9tat aurait \u00e9t\u00e9 \u00e0 son avis l\u00e9g\u00e8rement meilleur. Il serait retourn\u00e9 \u00e0 pied \u00e0 l\u2019infirmerie.<\/p>\n<p>Le lendemain vers 6.50 heures s\u2019appr\u00eatant \u00e0 consulter le patient dans sa cellule elle aurait trouv\u00e9 le corps inerte et rigide de V.) .<\/p>\n<p>Entendue \u00e0 l\u2019audience, T4.) a confirm\u00e9 ses d\u00e9clarations faites auparavant. Comme le patient n\u2019aurait pas r\u00e9agi de mani\u00e8re satisfaisante \u00e0 l\u2019administration de l\u2019antidote \u00e0 l\u2019infirmerie , la d\u00e9cision de le transf\u00e9rer au CLINIQUE1.) aurait \u00e9t\u00e9 prise, d\u00e9cision que V.) n\u2019approuvait pas.<\/p>\n<p>Par la suite elle aurait \u00e9t\u00e9 inform\u00e9e par le docteur P3.) que la conscience du patient devait \u00eatre r\u00e9guli\u00e8rement contr\u00f4l\u00e9e, qu\u2019il sera it plac\u00e9 en cellule cam\u00e9ra se trouvant \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019infirmerie et qu\u2019en cas de besoin des antidotes pourraient \u00eatre administr\u00e9s. Elle aurait not\u00e9 ces instructions dans le dossier m\u00e9dical du patient.<\/p>\n<p>Par la suite V.) serait revenu \u00e0 pied \u00e0 l\u2019infirmerie entre deux gardiens.<\/p>\n<p>De fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale le t\u00e9moin a d\u00e9clar\u00e9 que les traitements \u00e0 l\u2019h\u00f4pital \u00e9taient de dur\u00e9es plus ou moins longues et qu\u2019au retour des patients les m\u00e9decins traitant ne transmettaient pas syst\u00e9matiquement des instructions \u00e9crites au sujet du traitement \u00e0 suivre.<\/p>\n<p>Interrog\u00e9 sur sa compr\u00e9hension personnelle quant \u00e0 une instruction \u00ab conscience \u00e0 surveiller r\u00e9guli\u00e8rement \u00bb, le t\u00e9moin a d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019elle aurait probablement contr\u00f4l\u00e9 le patient \u00e0 des intervalles plus ou moins espac\u00e9s \u00e0 adapter \u00e0 l\u2019\u00e9tat de conscience du patient. En cas de d\u00e9gradation elle aurait probablement pris contact avec le m\u00e9decin de garde afin de recevoir des instructions \u00e0 suivre.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 T9.) :<\/p>\n<p>Entendu le 31 mars 2009 l\u2019infirmier T9.) a d\u00e9clar\u00e9 avoir travaill\u00e9 le 3 mars 2009 entre 6 :00 heures et 14 :00 heures. Il n\u2019aurait cependant pas personnellement vu V.) le jour en question.<\/p>\n<p>A l\u2019audience T9.) a maintenu ne pas avoir vu V.) le 3 mars 2009.<\/p>\n<p>D\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, il a confirm\u00e9 que le temps de traitement \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de patients intoxiqu\u00e9s variait fortement. Il a en outre d\u00e9clar\u00e9 \u00eatre au courant que divers objets illicites ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9s dans les cellules cam\u00e9ra.<\/p>\n<p>Si une instruction d\u2019un m\u00e9decin n\u2019 \u00e9tait pas assez pr\u00e9cise, il contacterait le m\u00e9decin en question, afin d\u2019avoir plus de pr\u00e9cisions.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 T2.) :<\/p>\n<p>Entendu le 16 avril 2009, T2.) a d\u00e9clar\u00e9 \u00eatre engag\u00e9 au CPL en tant qu\u2019infirmier psychiatrique. En date du 3 mars 2009 il aurait travaill\u00e9 au CPL au cours de la journ\u00e9e.<\/p>\n<p>Vers 9.30 heures il aurait r\u00e9\u00e9valu\u00e9 l\u2019\u00e9tat de V.) avec sa coll\u00e8gue de travail T1.) alors que son \u00e9tat \u00e9tait pr\u00e9occupant et que la veille de nouveaux m\u00e9dicaments lui ont \u00e9t\u00e9 prescrits. En voyant le patient il s auraient de suite d\u00e9cid\u00e9 de le<\/p>\n<p>17 transf\u00e9rer \u00e0 l\u2019infirmerie alors qu\u2019il transpirait fortement et que sa conscience \u00e9tait troubl\u00e9e. De l\u2019avis du t\u00e9moin, V.) aurait eu une intoxication de m\u00e9dicaments. Sur ordonnance t\u00e9l\u00e9phonique du m\u00e9decin, des antidotes auraient \u00e9t\u00e9 administr\u00e9s au patient \u00e0 l\u2019infirmerie.<\/p>\n<p>Entendu \u00e0 l\u2019audience, T2.) a \u00e9galement confirm\u00e9 ses d\u00e9clarations faites auparavant. Lorsqu\u2019il aurait vu V.) avec T1.) ils auraient pri s la d\u00e9cision de le transf\u00e9rer l\u2019infirmerie. Il aurait \u00e9t\u00e9 somnolent mais r\u00e9veillable. A l\u2019infirmerie les infirmiers somatiques l\u2019auraient pris en charge. Lorsque la d\u00e9cision aurait \u00e9t\u00e9 prise de le transf\u00e9rer au CLINIQUE1.) , V.) aurait \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement agit\u00e9.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 T1.) : Entendue le 23 avril 2009, T1.) a d\u00e9clar\u00e9 \u00eatre engag\u00e9e en tant qu\u2019infirmi\u00e8re en psychiatrie par la clinique CNPE d\u2019Ettelbr\u00fcck, mais qu\u2019elle exercerait ses fonctions au CPL.<\/p>\n<p>Le 3 mars 2009 elle aurait travaill\u00e9 entre 6 :00 heures et 14 :00 heures. Elle aurait vu V.) une premi\u00e8re fois vers 6 :30 heures lors de la distribution des m\u00e9dicaments aux d\u00e9tenus. L\u2019\u00e9tat du d\u00e9tenu aurait \u00e9t\u00e9 normal au moment de la distribution des m\u00e9dicaments en ce sens qu\u2019elle aurait normalement communiqu\u00e9e avec ce dernier. En sa pr\u00e9sence V.) aurait bu 30 mg de m\u00e9thadone. Comme V.) aurait d\u00e9clar\u00e9 avoir mal dormi et qu\u2019il semblait fatigu\u00e9 elle ne lui aurait pas donn\u00e9 les 100 mg de Tranxene prescrits.<\/p>\n<p>Vers 9.00 heures elle aurait eu l\u2019intention de r\u00e9\u00e9valuer V.) avec son coll\u00e8gue de travail T2.). Ils auraient \u00e9t\u00e9 avertis de l\u2019\u00e9tat pr\u00e9occupant du patient par un gardien. Arriv\u00e9s dans la cellule, ils auraient constat\u00e9 que V.) \u00e9tait allong\u00e9 sur son lit, qu\u2019il \u00e9tait somnolent, qu\u2019il avait des probl\u00e8mes respiratoires et qu\u2019il transpirait fortement. Ainsi ils ont d\u00e9cid\u00e9 de le transf\u00e9rer \u00e0 l\u2019infirmerie au moyen d\u2019une chaise roulante. Apr\u00e8s traitement du patient avec les m\u00e9dicaments NARCAN et ANEXATE, V.) a \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de garde.<\/p>\n<p>R\u00e9entendue le 7 d\u00e9cembre 2011 T1.) a d\u00e9clar\u00e9 que le 3 mars 2009 au matin V.) aurait d\u00e9clar\u00e9 \u00eatre fatigu\u00e9. Ainsi elle aurait d\u00e9cid\u00e9 de lui donner que la m\u00e9thadone mais non pas les autres m\u00e9dicaments prescrits. A son avis l\u2019\u00e9tat de V.) n\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9occupant. Dans le couloir le gardien T12.) aurait affirm\u00e9 que les d\u00e9tenus recevaient trop de m\u00e9dicaments.<\/p>\n<p>Entre 9 :30 heures et 9 :45 heures elle serait retourn\u00e9e au bloc en pr\u00e9sence de son coll\u00e8gue de travail afin de r\u00e9\u00e9valuer V.) . A leur arriv\u00e9e V.) aurait \u00e9t\u00e9 allong\u00e9 dans son lit. Il aurait \u00e9t\u00e9 conscient mais somnolent. Compte tenu de son \u00e9tat, il aurait \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 l\u2019infirmerie. Suite \u00e0 l\u2019administration des m\u00e9dicaments V.) aurait \u00e9tait conscient.<\/p>\n<p>Entendue \u00e0 l\u2019audience publique T1.) a confirm\u00e9 ses d\u00e9clarations faites auparavant. Lors de la distribution des m\u00e9dicaments, V.) aurait d\u00e9clar\u00e9 \u00eatre fatigu\u00e9 de sorte qu\u2019elle ne lui aurait donn\u00e9 que la m\u00e9thadone. Lors de la r\u00e9\u00e9valuation du patient celui-ci se serait trouv\u00e9 dans son lit et son \u00e9tat aurait \u00e9t\u00e9 inqui\u00e9tant de sorte qu\u2019il aurait \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 l\u2019infirmerie. A l\u2019infirmerie V.) aurait<\/p>\n<p>18 \u00e9t\u00e9 conscient et capable de marcher. Il aurait en outre tent\u00e9 d\u2019arracher la perfusion.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 E.) :<\/p>\n<p>Entendue le 23 avril 2009, E.) a d\u00e9clar\u00e9 \u00eatre engag\u00e9e en tant qu\u2019infirmi\u00e8re en psychiatrie par la clinique CNPE d\u2019Ettelbr\u00fcck, mais qu\u2019elle exercerait ses fonctions au CPL.<\/p>\n<p>Le 3 mars 2009 elle aurait travaill\u00e9 entre 13 :30 heures et 21 :30 heures. La veille elle aurait \u00e9t\u00e9 en contact avec V.) , ce dernier aurait \u00e9t\u00e9 parfaitement conscient. Plus tard dans la soir\u00e9e elle lui aurait transmis , par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019un gardien, les m\u00e9dicaments prescrits.<\/p>\n<p>Le lendemain, le 3 mars 2009 vers 18.20 heures elle aurait rendu visite \u00e0 V.) afin de savoir ce qu\u2019il avait ing\u00e9r\u00e9. A son arriv\u00e9e il aurait dormi, elle l\u2019aurait r\u00e9veill\u00e9, V.) se serait assis sur le bord de son lit. A son avis ses capacit\u00e9s physiques et psychiques auraient \u00e9t\u00e9 r\u00e9duites, il aurait \u00e9t\u00e9 apathique. Au vu de son \u00e9tat, elle aurait d\u00e9cid\u00e9 de remettre la conversation au lendemain.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 T6. ) : Entendu le 16 avril 2009, T6.) a d\u00e9clar\u00e9 avoir partag\u00e9 la cellule avec V.) depuis la mi- f\u00e9vrier 2009. V.) aurait consomm\u00e9 une grande quantit\u00e9 de m\u00e9dicaments dont une partie obtenue \u00e0 l\u2019aide d\u2019\u00e9changes d\u2019objets personnels. Le 2 mars 2009 ils auraient \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9s ensemble dans la cellule num\u00e9ro 113. Le jour m\u00eame V.) lui aurait dit que le m\u00e9decin lui av ait prescrit de la m\u00e9thadone. Aussi il lui aurait montr\u00e9 un sachet contenant une grande quantit\u00e9 du m\u00e9dicament Bromazephan 12 mg. V.) aurait d\u00e9clar\u00e9 avoir \u00e9chang\u00e9 trois cartes t\u00e9l\u00e9phoniques contre 50 pilules. Le soir m\u00eame, T6.) aurait remarqu\u00e9 que V.) \u00e9tait apathique, le lendemain au matin son \u00e9tat se serait am\u00e9lior\u00e9. Le 3 mars 2009, V.) aurait, \u00e0 sa connaissance, re\u00e7u de la m\u00e9thadone. Par la suite il se serait recouch\u00e9, vers 9 :30 heures il aurait vu que V.) dormais les jambes crois\u00e9s la t\u00eate contre le mur. Par la suite V.) aurait \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 l\u2019infirmerie. Le t\u00e9moin a d\u00e9clar\u00e9 ne pas savoir si V.) avait consomm\u00e9 des m\u00e9dicaments non prescrits en sa possession . Entendu \u00e0 l\u2019audience, T6.) a d\u00e9clar\u00e9 que l\u2019\u00e9tat de V.) \u00e9tait pr\u00e9occupant le 2 mars 2009 au soir. Le lendemain il aurait \u00e9t\u00e9 un peu mieux que la veille. Il a confirm\u00e9 pour le surplus ses d\u00e9clarations faites auparavant.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 T3.) :<\/p>\n<p>Entendu le 27 avril 2009, le gardien T3.) a d\u00e9clar\u00e9 avoir travaill\u00e9 les 3 et 4 mars 2009 de 6 :30 heures \u00e0 14 :30 heures. Il a d\u00e9clar\u00e9 se souvenir que le 3 mars 2009, des soins ont \u00e9t\u00e9 prodigu\u00e9s \u00e0 V.) et par la suite il a \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4pital pour en revenir sur le temps de midi. A son retour, V.) aurait \u00e9t\u00e9 plac\u00e9 en cellule<\/p>\n<p>19 de vid\u00e9osurveillance. Avant son entr\u00e9e en cellule, il aurait \u00e9t\u00e9 soumis \u00e0 une fouille corporelle qui a eu un r\u00e9sultat n\u00e9gatif. Une combinaison de la prison lui aurait \u00e9t\u00e9 mise \u00e0 disposition et ses propres v\u00eatements plac\u00e9s dans un sac d\u00e9pos\u00e9 devant la cellule.<\/p>\n<p>A son avis l\u2019\u00e9tat du patient n\u2019\u00e9tait pas bon et ne lui permettait pas de rester en prison.<\/p>\n<p>Le lendemain il aurait trouv\u00e9 le corps inerte de V.) .<\/p>\n<p>R\u00e9entendu \u00e0 l\u2019audience publique, T3.) a confirm\u00e9 ses d\u00e9clarations.<\/p>\n<p>Le t\u00e9moin a pr\u00e9cis\u00e9 que les d\u00e9tenus plac\u00e9s en cellule de vid\u00e9osurveillance sont syst\u00e9matiquement fouill\u00e9s et ils doivent porter une combinaison de la prison. Leurs v\u00eatements personnels sont mis dans un sac en plastique et plac\u00e9 devant la cellule. Il a \u00e9galement d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019il n\u2019 \u00e9tait pas exceptionnel que des d\u00e9tenus soient revenus rapidement au CPL apr\u00e8s un traitement \u00e0 l\u2019h\u00f4pital.<\/p>\n<p>Sur question il a expliqu\u00e9 que pendant la nuit le chef de garde \u00e9tait le seul \u00e0 avoir une cl\u00e9 pour ouvrir la cellule cam\u00e9ra, de sorte que l\u2019entr\u00e9e en cellule pouvait prendre un certain temps.<\/p>\n<p>20 Quant T7.) :<\/p>\n<p>Entendu le 28 avril 2009, le gardien T7.) a d\u00e9clar\u00e9 avoir travaill\u00e9 le 3 mars 2009 de 14 :00 \u00e0 22 :00 heures et le lendemain de 6 :30 heures \u00e0 14 :30 heures.<\/p>\n<p>Le 3 mars 2009 il aurait vu V.) \u00e0 trois reprises et pour la derni\u00e8re fois vers 21 :30 heures au moment de la prise de rel\u00e8ve de la garde de nuit. A son avis l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 de V.) n\u2019\u00e9tait pas bon, il aura it eu du mal \u00e0 tenir debout et semblait particuli\u00e8rement fatigu\u00e9. Vers 21.30 heures il aurait ouvert la porte de cellule et frapp\u00e9 contre la porte, sur ce V.) se serait redress\u00e9 dans son lit et aurait regard\u00e9 en sa direction.<\/p>\n<p>Le lendemain il aurait d\u00e9couvert V.) mort dans son lit.<\/p>\n<p>Entendu \u00e0 l\u2019audience, T7.) a d\u00e9clar\u00e9 avoir \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent au moment du placement de V.) dans la cellule cam\u00e9ra. Celui-ci aurait d\u00fb changer de v\u00eatements ce qu\u2019il aurait fait sans l\u2019aide d\u2019un gardien. Par la suite les gardiens auraient proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la fouille corporelle du patient et ses v\u00eatements personnels auraient, \u00e0 son avis, \u00e9t\u00e9 plac\u00e9s, comme d\u2019habitude devant la cellule. Le t\u00e9moin a en outre d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019en principe les d\u00e9tenus ne sont pas en contact avec d\u2019autres d\u00e9tenus \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du G1. Il a \u00e9galement d\u00e9clar\u00e9 que ce n\u2019\u00e9tait pas inhabituel qu\u2019un infirmier entrait dans une cellule cam\u00e9ra pendant la nuit.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 DR.) : Entendu le 24 novembre 2009 le docteur DR.) a d\u00e9clar\u00e9 se souvenir avoir consult\u00e9 des patients au CPL en date du 3 mars 2009 lorsqu\u2019il aurait \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 par une infirmi\u00e8re du transfert \u00e0 l\u2019infirmerie du patient V.) qui pr\u00e9sentait les sympt\u00f4mes d\u2019une intoxication m\u00e9dicamenteuse. Par t\u00e9l\u00e9phone il aurait ordonn\u00e9 le transfert du patient au CLINIQUE1.). Pour le surplus il a d\u00e9clar\u00e9 ne plus se souvenir en d\u00e9tail des \u00e9v\u00e8nements.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 T8.) : Entendu le 23 septembre 2010, T8.), infirmier dirigeant du d\u00e9partement somatique du CPL, a d\u00e9clar\u00e9 \u00eatre en charge de la coordination du service. Le d\u00e9partement somatique serait op\u00e9rationnel sur 24 heures et divis\u00e9 en trois plages horaires, 6.00- 14.00 heures ; 13.30-21.30 heures et 21.00- 6.30 heures. Le poste de nuit serait assur\u00e9 par un infirmier, ceux du jour par deux infirmiers pendant la semaine et une personne pendant le weekend.<\/p>\n<p>Lors des briefings du matin toutes les informations importantes concernant un patient seraient transmises aux membres du personnel. De m\u00eame, une r\u00e9union serait tenue \u00e0 chaque rel\u00e8ve de postes. Une fiche de transmission cibl\u00e9e serai t \u00e9tablie pour chaque d\u00e9tenu. Les fiches concernant les personnes en traitement seraient class\u00e9es dans un classeur dit rapport journalier.<\/p>\n<p>Les informations importantes concernant l\u2019\u00e9tat ou le traitement d\u2019un patient sont transmises, soit par courriel, soit par voie t\u00e9l\u00e9phonique \u00e0 l\u2019ensemble du personnel traitant du CPL. De m\u00eame toutes les informations importantes re\u00e7ues<\/p>\n<p>21 sont not\u00e9e s dans la fiche transmission cibl\u00e9e et continu\u00e9e s lors des changements de postes.<\/p>\n<p>A l\u2019audience, T8.) a d\u00e9clar\u00e9 que le temps de traitement \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de patients intoxiqu\u00e9s variait, mais \u00e9tait en principe d\u2019 une demi-journ\u00e9e. Le G1 serait situ\u00e9 juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019infirmerie. Les infirmiers s\u2019y rendraient en pr\u00e9sence d\u2019un gardien. La nuit cela pouvait prendre jusqu\u2019\u00e0 sept minutes, en cas d\u2019incident dans une autre partie de la prison m\u00eame d\u2019avantage.<\/p>\n<p>Il a soulign\u00e9 que les patients ne revenaient pas syst\u00e9matiquement avec des ordonnances \u00e9crites de l\u2019h\u00f4pital. En cas de doute il aurait personnellement toujours appel\u00e9 le m\u00e9decin traitant pour clarification. Il a soulign\u00e9 que tout infirmier aurait un r\u00f4le propre dans le traitement d\u2019un patient .<\/p>\n<p>Sur question, le t\u00e9moin a en outre d\u00e9clar\u00e9 avoir connaissance de cas o\u00f9 des patients sous cam\u00e9ras avaient r\u00e9ussi \u00e0 importer des objets d\u00e9fendus en cellule.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 T12.) :<\/p>\n<p>Entendu le 14 novembre 2011, le g ardien T12.) a d\u00e9clar\u00e9 que le 3 mars 2009 au matin il aurait accompagn\u00e9 l\u2019infirmi\u00e8re T1.) lors de la distribution des m\u00e9dicaments aux d\u00e9tenus. Arriv\u00e9s \u00e0 la cellule de V.) celui-ci s\u2019adossait contre la porte. Le t\u00e9moin aurait de suite vu que son \u00e9tat \u00e9tait pr\u00e9occupant. L\u2019infirmi\u00e8re lui aurait cependant donn\u00e9 sa dose de m\u00e9thadone. Suite \u00e0 l\u2019intervention du t\u00e9moin, elle ne lui aurait donn\u00e9 que la moiti\u00e9 de ses pilules.<\/p>\n<p>A l\u2019audience, T12.) a confirm\u00e9 ses d\u00e9clarations faites devant les policiers.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 T11.) : Entendue le 17 janvier 2011 par le juge d\u2019instruction, le docteur T11.) a d\u00e9clar\u00e9 avoir travaill\u00e9 au CPL pendant deux ans et demi en tant que m\u00e9decin psychiatre. A son avis, la m\u00e9thadone serait un traitement de substitution qui se justifierait dans des cas d\u2019h\u00e9ro\u00efnomanie majeure et ancienne et non pas pour sevrer, comme ceci serait pratiqu\u00e9 en milieu carc\u00e9ral. Entendue \u00e0 l\u2019audience, T11.) a d\u00e9clar\u00e9 ne jamais utiliser de la m\u00e9thadone \u00e0 titre de substitution.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 T10.) : Entendu \u00e0 l\u2019audience, le gardien T10.) a d\u00e9clar\u00e9 avoir travaill\u00e9 le 3 mars 2009 de 7.00 \u00e0 16.00 heures. Il aurait suivi l\u2019ambulance au CLINIQUE1.) . A son d\u00e9part au CPL l\u2019\u00e9tat de V.) aurait \u00e9t\u00e9 mauvais et il aurait eu du mal \u00e0 se tenir debout. Apr\u00e8s son traitement \u00e0 l\u2019h\u00f4pital il aurait \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s bien, raison pour laquelle il aurait \u00e9t\u00e9 rapatri\u00e9 au CPL en camionnette.<\/p>\n<p>A son avis le d\u00e9tenu n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 en contact avec un quelconque autre d\u00e9tenu \u00e0 son retour au CPL. En outre V.) aurait \u00e9t\u00e9 fouill\u00e9 tant \u00e0 son d\u00e9part du CPL qu\u2019\u00e0 son retour. Il aurait \u00e9t\u00e9 sous surveillance permanente des gardiens.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 T13.) :<\/p>\n<p>Entendu \u00e0 l\u2019audience, le gardien T13.) a d\u00e9clar\u00e9 avoir travaill\u00e9 le 3 mars 2009, il aurait vu V.) lors de sa premi\u00e8re ronde.<\/p>\n<p>De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale il a d\u00e9clar\u00e9 que les d\u00e9tenus plac\u00e9s en cellule cam\u00e9ra sont fouill\u00e9s et leurs v\u00eatements plac\u00e9s dans un sachet devant la porte de la cellule.<\/p>\n<p>Le contr\u00f4le par un infirmier d\u2019un d\u00e9tenu dans une cellule G1 pendant la nuit aurait \u00e9t\u00e9 tout \u00e0 fait possible. L\u2019arriv\u00e9e du gardien disposant de la cl\u00e9 de la cellule aurait pris environ cinq minutes.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 T14.) :<\/p>\n<p>Entendu \u00e0 l\u2019audience, le gardien T14.) a d\u00e9clar\u00e9 avoir travaill\u00e9 au PGC o\u00f9 \u00e9taient centralis\u00e9es l\u2019ensemble des cam\u00e9ras de vid\u00e9osurveillance de la prison. A ce titre il aurait \u00e9galement surveill\u00e9 les cam\u00e9ras des cellules G1. Tout mouvement suspect aurait \u00e9t\u00e9 d\u00e9nonc\u00e9 aux gardiens.<\/p>\n<p>D\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale il a confirm\u00e9 que l\u2019entr\u00e9e en cellule G1 pouvait prendre environ cinq minutes pendant la nuit. Il a en outre confirm\u00e9 qu\u2019il arrivait que des d\u00e9tenus plac\u00e9s en cellule cam\u00e9ra fussent en possession d\u2019objets non autoris\u00e9s.<\/p>\n<p>III. Quant aux d\u00e9clarations des pr\u00e9venus :<\/p>\n<p>Quant \u00e0 P4.) :<\/p>\n<p>Lors de son interrogatoire par le juge d\u2019instruction en date du 8 d\u00e9cembre 2010, P4.) a d\u00e9clar\u00e9 avoir pris en charge le patient V.) le 3 mars 2009, jour de non garde du CLINIQUE1.) au sein duquel elle exercerait comme m\u00e9decin urgentiste. Apr\u00e8s un appel t\u00e9l\u00e9phonique d\u2019un infirmier du CPL, V.) aurait \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9 par ambulance non m\u00e9dicalis\u00e9 au CLINIQUE1.) . Il a \u00e9t\u00e9 install\u00e9 dans la salle d\u2019urgences et a \u00e9t\u00e9 auscult\u00e9 et connect\u00e9 au SCOPE afin de surveiller sa tension art\u00e9rielle, la saturation en oxyg\u00e8ne, la fr\u00e9quence respiratoire et la fr\u00e9quence cardiaque. A son arriv\u00e9e V.) aurait \u00e9t\u00e9 somnolent mais r\u00e9veillable sur demande. Il aurait donn\u00e9 des r\u00e9ponses coh\u00e9rentes et \u00e0 son avis il pr\u00e9sentait d\u2019apr\u00e8s l\u2019\u00e9chelle de Glasgow un score de conscience de 15\/15.<\/p>\n<p>Suspectant une intoxication m\u00e9dicamenteuse, elle lui aurait demand\u00e9 ce qu\u2019il avait pris. Le patient aurait r\u00e9pondu n\u2019avoir pris que son traitement habituel prescrit.<\/p>\n<p>P4.) aurait ordonn\u00e9 une analyse sanguine afin de v\u00e9rifier si V.) pr\u00e9sentait un syndrome inflammatoire, une intoxication par alcool ou tricyclique.<\/p>\n<p>Par la suite elle aurait fait un test diagnostic avec une ampoule d\u2019ANEXATE en intraveineux sachant, compte tenu des donn\u00e9es transmises par le CPL qu\u2019il prenait des benzodiaz\u00e9pines. Sur ce, l\u2019\u00e9tat neurologique de V.) se serait<\/p>\n<p>23 nettement am\u00e9lior\u00e9. Il aurait \u00e9t\u00e9 parfaitement r\u00e9veill\u00e9. Ensuite P4.) lui aurait administr\u00e9 une ampoule de NARCAN, alors que la fiche pharmaceutique indiquait qu\u2019il \u00e9tait sous traitement de m\u00e9thadone.<\/p>\n<p>L\u2019analyse sanguine r\u00e9v\u00e9lait qu\u2019il ne souffrait pas d\u2019un syndrome inflammatoire et qu\u2019il avait des benzodiaz\u00e9pines dans le sang.<\/p>\n<p>Au cours du traitement du patient au CLINIQUE1.) les antidotes administr\u00e9s ont cess\u00e9 d\u2019agir. Malgr\u00e9 ceci, son \u00e9tat neurologique aurait \u00e9t\u00e9 normal. Il \u00e9tait r\u00e9veill\u00e9, avait un discours coh\u00e9rent et il \u00e9tait calme. A ce moment le patient \u00e9tait encore connect\u00e9 au SCOPE et ses param\u00e8tres vitaux \u00e9taient normaux.<\/p>\n<p>Ainsi la d\u00e9cision a \u00e9t\u00e9 prise de le r\u00e9int\u00e9grer au CPL dans une cellule \u00e9quip\u00e9e de cam\u00e9ra de surveillance. Le docteur P3.) aurait contact\u00e9 l\u2019infirmerie afin de les informer des mesures \u00e0 prendre.<\/p>\n<p>Avant son transfert au CPL, V.) aurait encore re\u00e7u une ampoule d\u2019ANEXATE et de NARCAN par voie intramusculaire afin de prolonger la dur\u00e9e d\u2019action de ces antidotes, administration courante pour des toxicomanes.<\/p>\n<p>Sur question, la pr\u00e9venue a d\u00e9clar\u00e9 que pour un patient souffrant d\u2019une intoxication m\u00e9dicamenteuse, l\u2019infirmier aurait pour mission d\u2019aller voir le patient et de lui parler afin de tester ses r\u00e9actions. Il s\u2019agirait d\u2019assurer une surveillance neurologique.<\/p>\n<p>A l\u2019audience, P4.) a maintenu ses d\u00e9clarations. La pr\u00e9venue a d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019une analyse sanguine quantitative serait rarement faite au CLINIQUE1.) . De plus, les r\u00e9sultats d\u2019une telle analyse n\u2019auraient pas de valeur ajout\u00e9e pour le traitement du patient. De m\u00eame, au vu de l\u2019\u00e9tat du patient, celui-ci n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 susceptible d\u2019\u00eatre soign\u00e9 en r\u00e9animation. A son avis une surveillance infirmi\u00e8re telle qu\u2019elle aurait \u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9e, et praticable au CPL, aurait \u00e9t\u00e9 parfaitement adapt\u00e9e en l\u2019esp\u00e8ce. A l\u2019h\u00f4pital la surveillance du patient n\u2019aurait pas diverg\u00e9e de celle assur\u00e9e au CPL.<\/p>\n<p>24 Quant \u00e0 P3.) :<\/p>\n<p>Lors de son audition polici\u00e8re le 19 mars 2009, P3.) a d\u00e9clar\u00e9 exercer la profession de m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste depuis l\u2019ann\u00e9e 2000. Il exercerait depuis 2002 au CLINIQUE1.) dans le service d\u2019urgence voire la polyclinique.<\/p>\n<p>En date du 3 mars 2009, P4.) aurait \u00e9t\u00e9 averti par le CPL du transfert un patient ayant probablement pris une surdose de m\u00e9dicaments.<\/p>\n<p>P4.) et lui-m\u00eame auraient assur\u00e9 le suivi m\u00e9dical du patient. A son arriv\u00e9e, V.) aurait \u00e9tait r\u00e9ceptif et un peu somnolent, il aurait toutefois pu donner des r\u00e9ponses claires.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s r\u00e9ception des r\u00e9sultats de l\u2019analyse sanguine, il aurait ordonn\u00e9 l\u2019administration du m\u00e9dicament ANEXATE afin de parer les effets du surdosage en benzodiaz\u00e9pines. Suite \u00e0 l\u2019administration de l\u2019antidote le patient aurait \u00e9t\u00e9 parfaitement r\u00e9veill\u00e9. Comme la fiche pharmaceutique du CPL renseignait que le patient avait re\u00e7u depuis la veille 30 mg de m\u00e9thadone, le m\u00e9dicament NARCAN aurait \u00e9g alement \u00e9t\u00e9 administr\u00e9 au patient \u00e0 titre d\u2019antidote aux opio\u00efdes. Suite au traitement du patient, ce dernier aurait atteint un score de 15\/15 sur l\u2019indicateur de conscience de Glasgow.<\/p>\n<p>Ainsi compte tenu de l\u2019\u00e9volution de l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 du patient, la d\u00e9cision aurait \u00e9t\u00e9 prise de le retransf\u00e9r er au CPL en ordonnant son placement dans une cellule \u00e9quip\u00e9e de surveillance par cam\u00e9ra et se trouvant adjacente au service m\u00e9dical du CPL. Il aurait ainsi appel\u00e9 au CPL afin d\u2019informer l\u2019infirmerie du traitement m\u00e9dical entrepris et des mesures \u00e0 prendre par la suite.<\/p>\n<p>Lors de son audition le 25 f\u00e9vrier 2010 par le juge d\u2019instruction, P3.) a confirm\u00e9 ses d\u00e9clarations faites auparavant.<\/p>\n<p>A son arriv\u00e9e au CLINIQUE1.) , V.) aurait \u00e9t\u00e9 r\u00e9ceptif et un peu somnolent, il aurait donn\u00e9 des r\u00e9ponses claires aux questions pos\u00e9es. Apr\u00e8s l\u2019administration des m\u00e9dicaments ANEXATE et NARCAN, le patient aurait \u00e9tait en pleine possession de ses facult\u00e9s. Il aurait \u00e9tait plus r\u00e9actif et plus spontan\u00e9.<\/p>\n<p>Comme V.) \u00e9tait r\u00e9veill\u00e9 et en pleine possession de ses facult\u00e9s il aurait \u00e9t\u00e9 clair qu\u2019il allait r\u00e9int\u00e9grer le CPL dans l\u2019infirmerie sous surveillance cam\u00e9ra. A son avis il fallait assurer une surveillance neurologique, par un infirmier, le cas \u00e9ch\u00e9ant un gardien, qui contr\u00f4le r\u00e9guli\u00e8rement son \u00e9tat de conscience et qui en cas de probl\u00e8me alerte le m\u00e9decin de garde.<\/p>\n<p>R\u00e9entendu le 19 octobre 2011, P3.) a confirm\u00e9 ses d\u00e9clarations faites auparavant. Eu \u00e9gard au degr\u00e9 d\u2019intoxication constat\u00e9 de V.) il aurait \u00e9t\u00e9 d\u2019avis que la surveillance du patient, telle que r\u00e9alisable au CP L, \u00e9tait assur\u00e9e .<\/p>\n<p>A l\u2019audience, le pr\u00e9venu a maintenu ses d\u00e9clarations faites auparavant et s\u2019est ralli\u00e9 aux d\u00e9clarations d\u2019P4.). Ils auraient trait\u00e9 le patient comme tout autre patient trait\u00e9 dans leur service pr\u00e9sentant la m\u00eame pathologie. La d\u00e9cision de placer le patient en cellule cam\u00e9ra aurait \u00e9t\u00e9 prise afin de minimiser le risque de<\/p>\n<p>25 re-intoxication du patient et non pas pour assurer une surveillance visuelle proprement dite. Il a en outre pr\u00e9cis\u00e9 que dans son instruction d\u2019\u00e9ventuellement administrer un antidote apr\u00e8s 16.00 heures, il aurait bien entendu \u00e9t\u00e9 sous- entendu qu\u2019en cas de d\u00e9gradation de l\u2019\u00e9tat du patient, l\u2019infirmer aurait de nouveau pris contact avec un m\u00e9decin.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 P2.) :<\/p>\n<p>Entendu le 15 mai 2009 le psychiatre P2.) a d\u00e9clar\u00e9 que le 2 mars 2009, V.) serait venu le consulter en urgence. Il aurait pr\u00e9sent\u00e9 des sympt\u00f4mes de manque. Le test urinaire fait cons\u00e9cutivement \u00e0 ces sympt\u00f4mes corporels \u00e9tait positif \u00e0 la m\u00e9thadone et aux benzodiaz\u00e9pines. Ainsi pour parer c es sympt\u00f4mes de manque, le pr\u00e9venu aurait prescrit \u00e0 V.) en sus de sa m\u00e9dication habituelle une dose quotidienne de 30 mg de m\u00e9thadone.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9venu aurait \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 de l\u2019\u00e9tat du patient le lendemain matin et il aurait ordonn\u00e9 l\u2019arr\u00eat de toute prise de m\u00e9dicaments et d\u00e9cid\u00e9, de concert avec le docteur DR.), son transfert au CLINIQUE1.).<\/p>\n<p>Le 3 mars 2009 entre 18.30 et 19.00 heures, l\u2019infirmi\u00e8re E.) l\u2019aurait appel\u00e9 pour l\u2019informer que le patient \u00e9tait de retour au CPL, ce qui l\u2019aurait quelque peu surpris.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9venu a finalement ajout\u00e9 que quinze jours apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de V.) , son cod\u00e9tenu T6.) lui aurait rapport\u00e9 au cours d\u2019une consultation que V.) avait accumul\u00e9 une grande quantit\u00e9 de Bromaz\u00e9pam 12 mg et d\u2019 un autre m\u00e9dicament.<\/p>\n<p>Lors de son premier interrogatoire par le juge d\u2019instruction, en date du 24 f\u00e9vrier 2010, P2.) a r\u00e9sum\u00e9 le pass\u00e9 psychiatrique de V.) et notamment r\u00e9v\u00e9l\u00e9 qu\u2019il consommait des neuroleptiques et des benzodiaz\u00e9pines. Plus ou moins dix jours avant son d\u00e9c\u00e8s il aurait modifi\u00e9 son traitement dans un sens s\u00e9datif.<\/p>\n<p>V.) aurait \u00e9t\u00e9 d\u00e9pendant des m\u00e9dicaments. Il aurait notamment consomm\u00e9 des m\u00e9dicaments obtenus de mani\u00e8re illicite et non prescrits par un m\u00e9decin.<\/p>\n<p>P2.) a confirm\u00e9 que le 2 mars 2009, V.) l\u2019aurait consult\u00e9 en urgence et en manque. Ainsi il lui aurait prescrit 30 mg de m\u00e9thadone que V.) aurait pris en sa pr\u00e9sence le 2 mars 2009.<\/p>\n<p>Le 3 mars 2009 au matin V.) aurait re\u00e7u une deuxi\u00e8me dose de 30 mg de m\u00e9thadone.<\/p>\n<p>P2.) a maintenu qu\u2019une infirmi\u00e8re l\u2019aurait inform\u00e9 du retour de V.) au CPL, de sorte qu\u2019il devait le voir le lendemain.<\/p>\n<p>R\u00e9entendu le 19 octobre 2011, P2.) confirme ses d\u00e9clarations.<\/p>\n<p>26 Lors de son audition \u00e0 l\u2019audience, P2.) a maintenu ses d\u00e9clarations faites auparavant sauf, qu\u2019avec le recul, il ne lui semblerait plus que E.) l\u2019aurait appel\u00e9 le 3 mars 2009 au soir pour l\u2019informer du retour au CPL de V.) .<\/p>\n<p>Quant \u00e0 P6.) :<\/p>\n<p>Entendu le 31 mars 2009 par les policiers, P6.) a d\u00e9clar\u00e9 avoir commenc\u00e9 son travail le 3 mars 2009 \u00e0 13 :30 heures. De suite ses coll\u00e8gues de travail l\u2019auraient inform\u00e9 des \u00e9v\u00e8nements du matin et notamment que suite \u00e0 son retour au CPL, V.) aurait \u00e9t\u00e9 plac\u00e9 en cellule cam\u00e9ra. Il aurait \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 qu\u2019en cas de d\u00e9gradation de l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 de V.) un antidote pourrait \u00eatre administr\u00e9.<\/p>\n<p>P6.) aurait vu V.) vers 19.30 heures ensemble avec D.) . Ils auraient pris les param\u00e8tres vitaux du patient qui n\u2019aurait pas donn\u00e9 lieu \u00e0 inqui\u00e9tude. Ils se seraient en outre entretenus avec celui-ci. V.) n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 en forme \u00e0 100% mais son \u00e9tat aurait \u00e9t\u00e9 tout \u00e0 fait acceptable. Le pr\u00e9venu a ajout\u00e9 qu\u2019ils auraient d\u00e9j\u00e0 trait\u00e9 des cas plus graves au CPL. Compte tenu de l\u2019\u00e9tat de V.) , l\u2019administration d\u2019un antidote n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 indiqu\u00e9e.<\/p>\n<p>Entendu le 27 janvier 2012 par le juge d\u2019instruction, P6.) a confirm\u00e9 ses d\u00e9clarations faites auparavant. Il a rappel\u00e9 que le docteur P3.) n\u2019avait pas donn\u00e9 d\u2019indications sur la fr\u00e9quence des contr\u00f4les \u00e0 effectuer et la fa\u00e7on dont le contr\u00f4le devait \u00eatre fait. Ainsi dans la prise en charge du patient, il se serait bas\u00e9 sur son r\u00f4le propre d\u2019infirmier, c\u2019est-\u00e0-dire la v\u00e9rification de l\u2019\u00e9tat neurologique du patient, est-ce qu\u2019il est r\u00e9veillabel, orient\u00e9 ou d\u00e9soriente, sa respiration et son allocution. Ensemble avec ses coll\u00e8gues de travail, ils auraient \u00e9galement proc\u00e9d\u00e9 au contr\u00f4le des param\u00e8tres vitaux du patient, de sa tension art\u00e9rielle et sa saturation en oxyg\u00e8ne.<\/p>\n<p>Il aurait \u00e9t\u00e9 convenu entre les membres de l\u2019\u00e9quipe de l\u2019apr\u00e8s-midi, que si l\u2019\u00e9tat de V.) allait s\u2019empirer, l\u2019infirmerie prendrait toutes les mesures pour renvoyer le patient au CLINIQUE1.) .<\/p>\n<p>P1.) l\u2019aurait inform\u00e9 avoir visit\u00e9 le patient \u00e0 deux reprises. Son \u00e9tat aurait \u00e9t\u00e9 stable, ne n\u00e9cessitant pas le retour au CLINIQUE1.) .<\/p>\n<p>P6.) aurait personnellement visit\u00e9 V.) en pr\u00e9sence de D.) vers 20.30 heures, ils auraient contr\u00f4l\u00e9 la tension art\u00e9rielle, la saturation et lui auraient parl\u00e9. Il aurait r\u00e9pondu et \u00e9tait orient\u00e9.<\/p>\n<p>A l\u2019arriv\u00e9e de P5.) pour son service de nuit, P1.) lui aurait fait le rapport.<\/p>\n<p>A l\u2019audience, P6.) a maintenu ses d\u00e9clarations faites auparavant. Il a confirm\u00e9 que T5.) a insist\u00e9, au moment de la rel\u00e8ve de poste, de garder V.) \u00e0 l\u2019\u0153il. Il aurait ainsi accompli son r\u00f4le propre d\u2019infirmier et aurait surveill\u00e9 de concert avec ses coll\u00e8gues de travail le patient V.) . Lors de sa derni\u00e8re visite vers 21. 30 heures il aurait r\u00e9veill\u00e9 le patient et son \u00e9tat ne donnait \u00e0 son avis pas lieu \u00e0 intervention ce qu\u2019il aurait bien entendu fait dans le cas contraire.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 P1.) :<\/p>\n<p>Entendu le 20 mars 2009, P1.) a d\u00e9clar\u00e9 travailler en tant qu\u2019infirmier au CPL. Le 3 mars 2009 il aurait travaill\u00e9 entre 13.30 heures et 21.30 heures.<\/p>\n<p>A la reprise de son poste, ses coll\u00e8gues de travail l\u2019auraient inform\u00e9 des \u00e9v\u00e8nements du matin. Il aurait eu la consigne d\u2019aller voir le patient au courant de l\u2019apr\u00e8s-midi sans avoir eu de directives sp\u00e9cifiques \u00e0 ce sujet.<\/p>\n<p>Ainsi il l\u2019aurait visit\u00e9 \u00e0 deux reprises une fois vers 16.00 heures et une fois apr\u00e8s 18.00 heures.<\/p>\n<p>Lors de sa premi\u00e8re visite V.) aurait dormi, il l\u2019aurait r\u00e9veill\u00e9 et lui aurait demand\u00e9 comment il se sentait, ce \u00e0 quoi ce dernier aurait r\u00e9pondu qu\u2019il se portait bien. V.) restait somnolent, mais il se serait r\u00e9veill\u00e9 de suite. Lors de la deuxi\u00e8me visite, le pr\u00e9venu l\u2019aurait \u00e9galement r\u00e9veill\u00e9. V.) l\u2019aurait regard\u00e9 sans lui parler et se serait endormi aussit\u00f4t.<\/p>\n<p>Dans l\u2019apr\u00e8s-midi, V.) n\u2019aurait plus re\u00e7u de m\u00e9dicaments.<\/p>\n<p>R\u00e9entendu le 16 septembre 2010, P1.) a d\u00e9clar\u00e9 maintenir les d\u00e9clarations faites le 20 mars 2009 par-devant la police judiciaire.<\/p>\n<p>Il aurait r\u00e9sum\u00e9 l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 de V.) \u00e0 son coll\u00e8gue P5.) au moment de la rel\u00e8ve de poste. Il lui aurait \u00e9galement fait lecture des observ ations de T4.) not\u00e9e s dans le dossier m\u00e9dical du patient. Il a pr\u00e9cis\u00e9 lui avoir dit que V.) n\u2019\u00e9tait, pendant ses heures de service, \u00e0 aucun moment dans un \u00e9tat n\u00e9cessitant un transfert au CLINIQUE1.) .<\/p>\n<p>Lors de son premier interrogatoire par le juge d\u2019inst ruction le 25 janvier 2012, P1.) a confirm\u00e9 ses d\u00e9clarations faites auparavant. Les indications du docteur P3.) auraient \u00e9t\u00e9 claires. Au cas o\u00f9 il aurait constat\u00e9 quoi que ce soit d\u2019alarmant chez le patient il aurait pris contact avec un m\u00e9decin. Cependant lors des deux contr\u00f4les qu\u2019il aurait faits , il n\u2019aurait pas eu besoin d\u2019intervenir.<\/p>\n<p>A son avis il aurait donn\u00e9 \u00e0 la fin de son service toutes les informations n\u00e9cessaires et utiles \u00e0 P5.) afin de lui permettre d\u2019effectuer son service de nuit. Celui- ci aurait en outre \u00e9t\u00e9 libre de consulter personnellement tant le dossier m\u00e9dical somatique que psychiatrique du patient.<\/p>\n<p>A l\u2019audience, P1.) a \u00e9galement d\u00e9clar\u00e9 maintenir ses d\u00e9clarations. Il aurait proc\u00e9d\u00e9 au contr\u00f4le du patient. L\u2019\u00e9tat de celui -ci n\u2019aurait pas donn\u00e9 lieu \u00e0 inqui\u00e9tude. De plus il aurait \u00e9t\u00e9 au courant qu\u2019aucun antidote n\u2019a \u00e9t\u00e9 administr\u00e9 au patient depuis son traitement \u00e0 l\u2019h\u00f4pital, de sorte qu\u2019il \u00e9tait d\u2019avis que l\u2019\u00e9tat de celui-ci ne pouvait que s\u2019am\u00e9liorer. Il a en outre d\u00e9clar\u00e9 ne pas avoir insist\u00e9 aupr\u00e8s de P5.) de surveiller sp\u00e9cialement V.) au vu des d\u00e9veloppements pr\u00e9c\u00e9dents.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 P5.) :<\/p>\n<p>28 Entendu le 26 mars 2009, P5.) a d\u00e9clar\u00e9 avoir travaill\u00e9 dans la nuit du 3 au 4 mars entre 21.30 heures et 6. 30 heures.<\/p>\n<p>Lors de la reprise de poste P1.) l\u2019aurait inform\u00e9 des \u00e9v\u00e8nements de l\u2019apr\u00e8s-midi. Il aurait \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 que V.) a \u00e9t\u00e9 trait\u00e9 au CLINIQUE1.) en raison d\u2019une overdose de m\u00e9dicaments et qu\u2019il se trouvait \u00e0 nouveau au CPL dans une cellule cam\u00e9ra. P5.) aurait lu la fiche m\u00e9dicale du patient de sorte qu\u2019il aurait \u00e9t\u00e9 au courant du traitement m\u00e9dical entrepris au CLINIQUE1.) .<\/p>\n<p>P1.) l\u2019aurait \u00e9galement inform\u00e9 avoir vu le patient \u00e0 deux reprises et que compte tenu de ses param\u00e8tres vitaux, le patient ne n\u00e9cessitait aucune intervention. Il lui aurait en outre dit qu\u2019en cas de somnolence, des antidotes auraient pu \u00eatre administr\u00e9s au patient, mais au vu de son \u00e9tat, ceci n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p>Il n\u2019aurait pas re\u00e7u d\u2019instructions particuli\u00e8res. Cependant compte tenu des informations re\u00e7ues par ses coll\u00e8gues, l\u2019\u00e9tat de V.) n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 pr\u00e9occupant.<\/p>\n<p>P5.) aurait visit\u00e9 le patient vers 22.10 heures et vers 23. 30 heures. A chaque fois, il aurait ouvert la lucarne de la porte, la premi\u00e8re fois V.) aurait lev\u00e9 la main, la deuxi\u00e8me fois il se serait retourn\u00e9 dans son lit.<\/p>\n<p>Auditionn\u00e9 le 26 f\u00e9vrier 2010 par le juge d\u2019instruction, P5.) a confirm\u00e9 que le 3 mars 2009 il aurait pris la rel\u00e8ve vers 21.00 heures, P1.) l\u2019aurait inform\u00e9 du d\u00e9roulement de la journ\u00e9e, il lui aurait notamment lu les observations not\u00e9es par T4.). P1.) lui aurait dit qu\u2019\u00e0 aucun moment le patient n\u2019aurait \u00e9t\u00e9 dans un \u00e9tat tel, n\u00e9cessitant le transfert au CLINIQUE1.) ou l\u2019administration de l\u2019antidote.<\/p>\n<p>A aucun moment P1.) lui aurait dit qu\u2019il fallait sp\u00e9cialement surveiller V. ) pendant la nuit. Ainsi, sur base des informations re\u00e7ues, V.) n\u2019aurait \u00e0 son avis pas n\u00e9cessit\u00e9 de surveillance param\u00e9dicale particuli\u00e8re.<\/p>\n<p>Il aurait cependant contr\u00f4l\u00e9 deux fois l\u2019\u00e9tat de conscience de V.) et ceci pour la derni\u00e8re fois vers 23.30 heures, contr\u00f4les effectu\u00e9s par acquis de conscience.<\/p>\n<p>Lors de son deuxi\u00e8me interrogatoire, P5.) a d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019au vu des d\u00e9clarations de P1.), l\u2019\u00e9tat de V.) se serait d\u00e9t\u00e9rior\u00e9, information que celui-ci ne lui aurait cependant pas transmise au moment de la rel\u00e8ve de poste.<\/p>\n<p>A l\u2019audience P5.) a d\u00e9clar\u00e9 que P1.) l\u2019aurait inform\u00e9 du d\u00e9roulement de la journ\u00e9e et notamment du fait qu\u2019il n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaire d\u2019administrer un antidote \u00e0 V.) apr\u00e8s 16.00 heures. De 16. 00 heures jusqu\u2019au soir, l\u2019\u00e9tat du patient ne s\u2019\u00e9tait pas d\u00e9t\u00e9rior\u00e9 de sorte qu\u2019\u00e0 son avis, son \u00e9tat ne pouvait que s\u2019am\u00e9liorer. Il aurait effectu\u00e9 les deux contr\u00f4les pour la simple raison qu\u2019il se serait trouv\u00e9 \u00e0 proximit\u00e9 de la cellule.<\/p>\n<p>B. En droit Tout au long de l\u2019instruction de l\u2019affaire ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019audience, les pr\u00e9venus ont contest\u00e9 avoir commis une faute en relation causale avec le d\u00e9c\u00e8s de V.). Ils<\/p>\n<p>29 soutiennent tous avoir exerc\u00e9 leur travail en \u00e2me et conscience et selon les r\u00e8gles de l\u2019art.<\/p>\n<p>Une partie des pr\u00e9venus soutient que le d\u00e9c\u00e8s de V.) ne serait compatible qu\u2019avec une nouvelle prise de m\u00e9dicaments par le patient apr\u00e8s le traitement \u00e0 l\u2019h\u00f4pital, \u00e9ventuellement dans une intention suicidaire de celui-ci.<\/p>\n<p>Ils soulignent tout particuli\u00e8rement que V.) n\u2019\u00e9tait pas un consommateur na\u00eff, ni de m\u00e9dicaments, ni de stup\u00e9fiants et qu\u2019il consommait, notamment compte tenu du rapport toxicologique \u00e9tabli en cause, divers produits obtenus de mani\u00e8re illicite au sein du CPL.<\/p>\n<p>Aussi il ne serait pas exclu \u00e0 l\u2019abri de tout doute que le V.) ait pu introduire des m\u00e9dicaments responsables de sa mort \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la cellule cam\u00e9ra soit sur ses v\u00eatements, v\u00eatements qui se trouvaient au moment des prises de photos par la police technique dans la cellule, soit sur ou dans son corps par la voie de body-packing voire body-stuffing.<\/p>\n<p>Ainsi, les pr\u00e9venus concluent \u00e0 l\u2019acquittement tant du chef d\u2019homicide involontaire que du chef de l\u2019infraction de non- assistance \u00e0 personne en danger.<\/p>\n<p>Pour qu\u2019une intervention m\u00e9dicale ayant caus\u00e9 un pr\u00e9judice au patient puisse recevoir la qualification de coups et blessures involontaires ou d\u2019homicide involontaire au sens des articles 418 et suivants du code p\u00e9nal, il faut que le mal ait \u00e9t\u00e9 caus\u00e9 par un d\u00e9faut de pr\u00e9voyance ou de pr\u00e9caution. La loi n\u2019exigeant pas que l\u2019agent, en l\u2019occurrence les m\u00e9decins et les infirmiers , ait \u00e9t\u00e9 la cause directe et imm\u00e9diate des homicides ou des blessures, il suffit, en effet, que par sa n\u00e9gligence ou par son d\u00e9faut de pr\u00e9caution il les ait occasionn\u00e9s.<\/p>\n<p>Les mots \u00ab d\u00e9faut de pr\u00e9voyance ou de pr\u00e9caution \u00bb embrassent tous les cas de faute, la plus l\u00e9g\u00e8re suffit. M\u00eame une abstention doit \u00eatre reconnue comme faute &#8211; cause de l\u00e9sions &#8211; si elle constitue la violation d\u2019une obligation l\u00e9gale, r\u00e9glementaire ou conventionnelle.<\/p>\n<p>La responsabilit\u00e9 p\u00e9nale du m\u00e9decin suppose que soit rapport\u00e9e la preuve certaine qu\u2019une faute a \u00e9t\u00e9 commise par le praticien dans l\u2019exercice de son art. Or, le dommage subi par le malade ne suffit pas \u00e0 \u00e9tablir la faute du m\u00e9decin (Trib. d\u2019arr. Lux., 6 f\u00e9vrier 2003, n\u00b0 261\/2003).<\/p>\n<p>Aussi il y a lieu de pr\u00e9ciser que le d\u00e9lit d\u2019homicide involontaire suppose un lien certain de causalit\u00e9 entre la faute et le dommage. Ainsi, ce dommage, \u00e9l\u00e9ment constitutif de l\u2019infraction, consiste non en une perte de chance de survie mais dans le d\u00e9c\u00e8s de la victime.<\/p>\n<p>Selon l\u2019article 410-1, sera puni d&#039;un emprisonnement de huit jours \u00e0 cinq ans et d&#039;une amende de 251, &#8211; euros \u00e0 10.000, &#8211; euros, ou d&#039;une de ces peines seulement, celui qui, sans danger s\u00e9rieux pour lui-m\u00eame ou pour autrui, s&#039;abstient volontairement de venir en aide ou de procurer une aide \u00e0 une personne expos\u00e9e \u00e0 un p\u00e9ril grave, soit qu&#039;il ait constat\u00e9 par lui-m\u00eame la situation de cette personne, soit que cette situation lui ait \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite par ceux qui<\/p>\n<p>30 sollicitent son intervention. Il n&#039;y a pas d&#039;infraction lorsque la personne sollicit\u00e9e a fait toutes les diligences pour procurer le secours par des services sp\u00e9cialis\u00e9s.<\/p>\n<p>Il appartient d\u00e8s lors au Tribunal d\u2019appr\u00e9cier si les agissements des pr\u00e9venus constituent des manquements aux obligations du m\u00e9decin voire de l\u2019infirmier et pr\u00e9sentent les caract\u00e8res d\u2019un d\u00e9faut de pr\u00e9voyance ou de pr\u00e9caution et\/ou s\u2019ils se sont rendus coupables de l\u2019infraction de non- assistance \u00e0 personne en danger.<\/p>\n<p>Quant au pr\u00e9venu P2.) : Le Minist\u00e8re Public reproche au pr\u00e9venu P2.) les infractions suivantes:<\/p>\n<p>\u00ab comme auteur, co- auteur ou complice,<\/p>\n<p>1) les 2 et 3 mars 2009 au Centre p\u00e9nitentiaire de Luxembourg \u00e0 Schrassig, sans pr\u00e9judice quant \u00e0 des indications de temps et de lieu plus exactes,<\/p>\n<p>en infraction aux articles 418 et 419 du code p\u00e9nal, d\u2019avoir caus\u00e9 par d\u00e9faut de pr\u00e9voyance ou pr\u00e9caution la mort d\u2019une personne, mais sans l\u2019intention d\u2019attenter \u00e0 la personne d\u2019autrui, en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir caus\u00e9 par d\u00e9faut de pr\u00e9voyance ou de pr\u00e9caution, mais sans l\u2019intention d\u2019attenter \u00e0 la personne d\u2019autrui, la mort du d\u00e9tenu V.) , n\u00e9 le (\u2026) \u00e0 (\u2026) et d\u00e9c\u00e9d\u00e9 dans la nuit du 3 mars 3009 au 4 mars 2009 dans l\u2019enceinte du Centre p\u00e9nitentiaire de Luxembourg, notamment en ordonnant l\u2019administration de m\u00e9thadone \u00e0 ce dernier, en se fondant imprudemment sur la supposition que le patient avait d\u00fb consommer de l\u2019h\u00e9ro\u00efne, alors que le test d\u2019urine effectu\u00e9 le 2 mars 2009 (\u00ab drug screen \u00bb) sur la personne de V.) n\u2019avait pas r\u00e9v\u00e9l\u00e9 de trace d\u2019h\u00e9ro\u00efne dans le corps du patient, les traces de m\u00e9thadone d\u00e9tect\u00e9es lors de cette m\u00eame analyse ne sachant valablement \u00e9tayer sa supposition que la consommation d\u2019h\u00e9ro\u00efne devait remonter \u00e0 plusieurs jours et que le patient avait d\u00fb consommer de la m\u00e9thadone depuis, vu la r\u00e9elle difficult\u00e9 pour un d\u00e9tenu de se procurer illicitement de la m\u00e9thadone, qui n\u2019est administr\u00e9e que sous surveillance stricte;<\/p>\n<p>2) le 3 mars 2009 vers 18:20 heures dans l\u2019arrondissement judiciaire de Luxembourg, au Centre p\u00e9nitentiaire de Luxembourg \u00e0 Schrassig, sans pr\u00e9judice quant \u00e0 des indications de temps et de lieu plus exactes,<\/p>\n<p>en infraction \u00e0 l\u2019article 410- 1 du code p\u00e9nal, de s\u2019\u00eatre sans danger s\u00e9rieux pour lui-m\u00eame abstenu volontairement de venir en aide ou de procurer une aide \u00e0 une personne expos\u00e9e \u00e0 un p\u00e9ril grave, soit qu\u2019il ait constat\u00e9 par lui-m\u00eame la situation de cette personne, soit que cette situation lui ait \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite par ceux qui sollicitent son intervention, en l\u2019esp\u00e8ce, sans danger pour lui-m\u00eame, en sachant que le matin- m\u00eame son patient V.) avait \u00e9t\u00e9 transport\u00e9 d\u2019urgence au CLINIQUE1.) pour suspicion d\u2019intoxication, de s\u2019\u00eatre volontairement abstenu de venir en aide \u00e0 V.) , en<\/p>\n<p>31 omettant de r\u00e9server une suite quelconque au coup de fil t\u00e9l\u00e9phonique de l\u2019infirmi\u00e8re E.), qui l\u2019a averti du retour du patient au CPL et lui a d\u00e9crit son \u00e9tat somnolent qu\u2019elle a jug\u00e9 inqui\u00e9tant au point de l\u2019inciter \u00e0 contacter le m\u00e9decin psychiatre en dehors de ses heures de services. \u00bb<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, le pr\u00e9venu P2.) a prescrit \u00e0 V.) une dose journali\u00e8re de 30 mg de m\u00e9thadone alors que celui-ci s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 sa consultation en date du 2 mars 2009 en manque. Si l\u2019analyse des cheveux de V.) n\u2019a pas \u00e9tabli que V.) s\u2019adonnait \u00e0 la consommation d\u2019h\u00e9ro\u00efne, celui-ci avait n\u00e9anmoins consomm\u00e9 de la m\u00e9thadone obtenue de mani\u00e8re illicite au centre p\u00e9nitentiaire.<\/p>\n<p>Le Professeur T15.) a soulign\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait tout \u00e0 fait possible de sevrer une d\u00e9pendance \u00e0 la m\u00e9thadone par de la m\u00e9thadone.<\/p>\n<p>La dose de 30 mg de m\u00e9thadone par jour \u00e9tant une dose th\u00e9rapeutique pour un probant non na\u00eff de sorte que la prescription par le pr\u00e9venu P2.) de m\u00e9thadone ne peut \u00eatre qualifi\u00e9e d\u2019erreur. Cette prescription th\u00e9rapeutique n\u2019a en outre pas de lien causal direct avec le d\u00e9c\u00e8s de V.) .<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019infraction de non- assistance \u00e0 personne en danger le pr\u00e9venu soutient qu\u2019aucun appel t\u00e9l\u00e9phonique a eu lieu au soir du 3 mars 2009, de sorte qu\u2019il y a un doute non seulement de savoir si V.) se trouvait en danger \u00e0 ce moment mais \u00e9galement si le pr\u00e9venu s\u2019est abstenu d\u2019intervenir.<\/p>\n<p>Ainsi il y a lieu d\u2019acquitter , conform\u00e9ment au r\u00e9quisitoire du Minist\u00e8re Public, le pr\u00e9venu tant de l\u2019infraction d\u2019homicide involontaire que de non- assistance \u00e0 personne en danger.<\/p>\n<p>Au vu des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent, le pr\u00e9venu P2.) est \u00e0 acquitter des infractions libell\u00e9es dans son chef.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la pr\u00e9venue P4.) : Le Minist\u00e8re Public reproche \u00e0 P4.) les infractions suivantes:<\/p>\n<p>\u00ab comme auteur, coauteur ou complice,<\/p>\n<p>depuis un temps non prescrit et notamment le 3 mars 2009, entre 10.52 heures et 13.00 heures, dans l\u2019arrondissement judiciaire de Luxembourg et plus particuli\u00e8rement au CLINIQUE1.) (CLINIQUE1.)), sans pr\u00e9judice quant aux indications de temps et de lieux plus exactes ;<\/p>\n<p>1) en infraction aux articles 418 et 419 du code p\u00e9nal, d\u2019avoir caus\u00e9 par d\u00e9faut de pr\u00e9voyance ou de pr\u00e9caution la mort d\u2019une personne, mais sans l\u2019intention d\u2019attenter \u00e0 la personne d\u2019autrui, en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir caus\u00e9 par d\u00e9faut de pr\u00e9voyance ou de pr\u00e9caution, mais sans l\u2019intention d\u2019attenter \u00e0 la personne d\u2019autrui, la mort du d\u00e9tenu V.), n\u00e9 le (\u2026) \u00e0 (\u2026) et d\u00e9c\u00e9d\u00e9 dans la nuit du 3 mars 2009 au 4 mars 2009 dans l\u2019enceinte du Centre<\/p>\n<p>32 P\u00e9nitentiaire de Luxembourg \u00e0 Schrassig (CPL), notamment par l\u2019effet des fautes suivantes :<\/p>\n<p>&#8211; avoir omis de faire proc\u00e9der \u00e0 un examen toxicologique d\u00e9taill\u00e9 en urgence aupr\u00e8s du Laboratoire National de Sant\u00e9 sur un patient soup\u00e7onn\u00e9 d\u2019avoir pris une overdose de m\u00e9dicaments et\/ou de drogues permettant ainsi d\u2019avoir un aper\u00e7u d\u00e9taill\u00e9 des substances absorb\u00e9es par V.) et de leur quantit\u00e9 pour ensuite prendre les d\u00e9cisions m\u00e9dicales qui s\u2019imposaient (hospitalisation \/ dur\u00e9e d\u2019administration d\u2019\u00e9ventuels antidotes etc.) (cf. nott. Rapport du Professeur R. WENNIG n\u00b0 A24\/2009 du 17 juillet 2009 p. 9 et interrogatoire du Dr. Serge SCHNEIDER du 11 f\u00e9vrier 2011),<\/p>\n<p>&#8211; avoir ordonn\u00e9 le retransfert de V.) , n\u00e9 le (\u2026) au CPL aux soins du personnel infirmier somatique local, un patient connu pour \u00eatre polytoxicomane, somnolent au moment de son admission et pour lequel le test toxicologique sommaire effectu\u00e9 (toxikologischer Orientierungsvortest) indiquait une forte absorption de benzodiaz\u00e9pines, au lieu de le faire placer sous monitoring \u00e0 l\u2019h\u00f4pital pour une dur\u00e9e d\u2019au moins 24 heures (cf. nott. Rapport d\u2019expertise du Dr. A. SCHUFF du 22 septembre 2011, p. 32- 34 et 40)<\/p>\n<p>2) en infraction \u00e0 l\u2019article 410- 1 du code p\u00e9nal de s\u2019\u00eatre sans danger s\u00e9rieux pour lui-m\u00eame abstenu volontairement de venir en aide ou de procurer une aide \u00e0 une personne expos\u00e9e \u00e0 un p\u00e9ril grave, qu\u2019il ait constat\u00e9 par lui-m\u00eame la situation de cette personne, en l\u2019esp\u00e8ce, de s\u2019\u00eatre sans danger pour eux -m\u00eames volontairement abstenus de venir en aide ou de procurer une aide \u00e0 V.) n\u00e9 le (\u2026) \u00e0 (\u2026) qui \u00e9tait amen\u00e9 au service des Urgences du CLINIQUE1.) suite \u00e0 des sympt\u00f4mes laissant penser \u00e0 une possible surconsommation de drogues ou de m\u00e9dicaments, surconsommation confirm\u00e9e par le test toxicologique sommaire effectu\u00e9 (toxikologischer Orientierungsvortest), en se contentant de lui administrer des antidotes (NARCAN et ANEXATE) et de le renvoyer au CPL aux soins du personnel infirmier somatique local au lieu de le faire placer sous monitoring \u00e0 l\u2019h\u00f4pital pour une dur\u00e9e d\u2019au moins 24 heures. \u00bb<\/p>\n<p>P4.) soutient n\u2019avoir commis aucune de faute dans le traitement m\u00e9dical de V.) \u00e0 son admission. Un test quantitatif ne serait pas pratiqu\u00e9 syst\u00e9matiquement, voire jamais et n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 indiqu\u00e9 alors que celui-ci n\u2019aurait nullement \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaire au traitement m\u00e9dical du patient. De plus elle souligne que le patient a \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 l\u2019infirmerie du CPL afin d\u2019assurer un contr\u00f4le infirmier r\u00e9gulier, prescriptions not\u00e9es par l\u2019infirmi\u00e8re T4.) et transmises \u00e0 tous les membres du service somatique.<\/p>\n<p>Selon le t\u00e9moin Prof. Dr T15.), les d\u00e9marches de diagnostic, de prescriptions d\u2019examens, de traitement et de transfert ont \u00e9t\u00e9 conformes aux exigences du m\u00e9tier. Qu\u2019au vu de l\u2019\u00e9tat clinique du patient au moment du traitement qu\u2019il n\u2019y avait aucune raison de l\u2019hospitaliser en r\u00e9animation.<\/p>\n<p>33 Le Tribunal constate qu\u2019un test quantitatif n\u2019aurait en rien chang\u00e9 le traitement du patient \u00e0 l\u2019h\u00f4pital et qu\u2019 un contr\u00f4le neurologique, tel que souhait\u00e9, a effectivement \u00e9t\u00e9 pratiqu\u00e9 au CPL.<\/p>\n<p>Compte tenu des divergences de vues diam\u00e9tralement oppos\u00e9es, quant au comportement professionnel de la pr\u00e9venue , entre les experts d\u2019une part et l\u2019expert unilat\u00e9ral, d\u2019autre part, il n\u2019est pas \u00e9tabli \u00e0 l\u2019exclusion de tout doute que la pr\u00e9venue n\u2019ait pas prodigu\u00e9 au patient les soins conformes aux r\u00e8gles de l\u2019art.<\/p>\n<p>Ainsi, les fautes reproch\u00e9es par le Minist\u00e8re Public laissent d\u2019\u00eatre \u00e9tablies, de sorte que la pr\u00e9venue devra \u00eatre relax\u00e9e du chef d\u2019homicide.<\/p>\n<p>Aussi, le premier \u00e9l\u00e9ment constitutif de l\u2019infraction de non- assistance \u00e0 personne en danger, \u00e0 savoir le p\u00e9ril grave, imminent et conscient n\u00e9cessitant une intervention m\u00e9dicale imm\u00e9diate, laisse \u00e9galement d\u2019\u00eatre \u00e9tablie.<\/p>\n<p>Au vu des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent, la pr\u00e9venue P4.) est \u00e0 acquitter des infractions libell\u00e9es dans son chef.<\/p>\n<p>34 Quant au pr\u00e9venu P3.) :<\/p>\n<p>Le Minist\u00e8re Public reproche \u00e0 P3.) les infractions suivantes:<\/p>\n<p>\u00ab comme auteur, coauteur ou complice,<\/p>\n<p>depuis un temps non prescrit et notamment le 3 mars 2009, entre 10.52 heures et 13.00 heures, dans l\u2019arrondissement judiciaire de Luxembourg et plus particuli\u00e8rement au CLINIQUE1.) (CLINIQUE1.)), sans pr\u00e9judice quant aux indications de temps et de lieux plus exactes ;<\/p>\n<p>1) en infraction aux articles 418 et 419 du code p\u00e9nal, d\u2019avoir caus\u00e9 par d\u00e9faut de pr\u00e9voyance ou de pr\u00e9caution la mort d\u2019une personne, mais sans l\u2019intention d\u2019attenter \u00e0 la personne d\u2019autrui,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir caus\u00e9 par d\u00e9faut de pr\u00e9voyance ou de pr\u00e9caution, mais sans l\u2019intention d\u2019attenter \u00e0 la personne d\u2019autrui, la mort du d\u00e9tenu V.) , n\u00e9 le (\u2026) \u00e0 (\u2026) et d\u00e9c\u00e9d\u00e9 dans la nuit du 3 mars 2009 au 4 mars 2009 dans l\u2019enceinte du Centre P\u00e9nitentiaire de Luxembourg \u00e0 Schrassig (CPL), notamment par l\u2019effet des fautes suivantes :<\/p>\n<p>&#8211; avoir omis de faire proc\u00e9der \u00e0 un examen toxicologique d\u00e9taill\u00e9 en urgence aupr\u00e8s du Laboratoire National de Sant\u00e9 sur un patient soup\u00e7onn\u00e9 d\u2019avoir pris une overdose de m\u00e9dicaments et\/ou de drogues permettant ainsi d\u2019avoir un aper\u00e7u d\u00e9taill\u00e9 des substances absorb\u00e9es par V.) et de leur quantit\u00e9 pour ensuite prendre les d\u00e9cisions m\u00e9dicales qui s\u2019imposaient (hospitalisation \/ dur\u00e9e d\u2019administration d\u2019\u00e9ventuels antidotes etc.) (cf. nott. Rapport du Professeur R. WENNIG n\u00b0 A24\/2009 du 17 juillet 2009 p. 9 et interrogatoire du Dr. Serge SCHNEIDER du 11 f\u00e9vrier 2011),<\/p>\n<p>&#8211; avoir ordonn\u00e9 le retransfert de V.) , n\u00e9 le (\u2026) au CPL aux soins du personnel infirmier somatique local, un patient connu pour \u00eatre polytoxicomane, somnolent au moment de son admission et pour lequel le test toxicologique sommaire effectu\u00e9 (toxikologischer Orientierungsvortest) indiquait une forte absorption de benzodiaz\u00e9pines, au lieu de le faire placer sous monitoring \u00e0 l\u2019h\u00f4pital pour une dur\u00e9e d\u2019au moins 24 heures (cf. nott. Rapport d\u2019expertise du Dr. A. SCHUFF du 22 septembre 2011, p. 32- 34 et 40)<\/p>\n<p>2) en infraction \u00e0 l\u2019article 410- 1 du code p\u00e9nal de s\u2019\u00eatre sans danger s\u00e9rieux pour lui-m\u00eame abstenu volontairement de venir en aide ou de procurer une aide \u00e0 une personne expos\u00e9e \u00e0 un p\u00e9ril grave, qu\u2019il ait constat\u00e9 par lui-m\u00eame la situation de cette personne, en l\u2019esp\u00e8ce, de s\u2019\u00eatre sans danger pour eux-m\u00eames volontairement abstenus de venir en aide ou de procurer une aide \u00e0 V.) n\u00e9 le (\u2026) \u00e0 Luxembourg qui \u00e9tait amen\u00e9 au service des Urgences du CLINIQUE1.) suite \u00e0 des sympt\u00f4mes laissant penser \u00e0 une possible surconsommation de drogues ou de m\u00e9dicaments, surconsommation confirm\u00e9e par le test toxicologique sommaire<\/p>\n<p>35 effectu\u00e9 (toxikologischer Orientierungsvortest), en se contentant de lui administrer des antidotes (NARCAN et ANEXATE) et de le renvoyer au CPL aux soins du personnel infirmier somatique local au lieu de le faire placer sous monitoring \u00e0 l\u2019h\u00f4pital pour une dur\u00e9e d\u2019au moins 24 heures. \u00bb<\/p>\n<p>Tout comme P4.) , P3.) soutient ne pas avoir commis de faute m\u00e9dicale. Le test quantitatif n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 indiqu\u00e9. De plus, il souligne que le patient a \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 l\u2019infirmerie du CPL avec contr\u00f4le infirmier r\u00e9gulier tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 not\u00e9 par l\u2019infirmi\u00e8re et transmis \u00e0 tous les membres du service somatique.<\/p>\n<p>Ainsi, pour ce qui concerne des infractions reproch\u00e9es au pr\u00e9venu P3.), il y a lieu de renvoyer aux d\u00e9veloppements faits pour P4.) , alors qu\u2019ils ont trait\u00e9 le patient ensemble.<\/p>\n<p>Au vu des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent, le pr\u00e9venu P3.) est \u00e0 acquitter des infractions libell\u00e9es dans son chef.<\/p>\n<p>Quant au pr\u00e9venu P1.):<\/p>\n<p>Le Minist\u00e8re Public reproche \u00e0 P1.) les infractions suivantes:<\/p>\n<p>\u00ab comme auteur, co- auteur ou complice,<\/p>\n<p>en date du 3 mars 2009 entre 13:30 heures et 21:30 heures dans l\u2019arrondissement judiciaire de Luxembourg, au Centre p\u00e9nitentiaire de Luxembourg \u00e0 Schrassig, sans pr\u00e9judice quant \u00e0 des indications de temps et de lieu plus exactes,<\/p>\n<p>1) en infraction aux articles 418 et 419 du code p\u00e9nal, d\u2019avoir caus\u00e9 par d\u00e9faut de pr\u00e9voyance ou pr\u00e9caution la mort d\u2019une personne, mais sans l\u2019intention d\u2019attenter \u00e0 la personne d\u2019autrui, en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir effectu\u00e9 un contr\u00f4le trop sommaire de l\u2019\u00e9tat de feu V.) vers 18 heures, en sachant qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un patient intoxiqu\u00e9 qui revient des urgences et dont la conscience est \u00e0 surveiller r\u00e9guli\u00e8rement et d\u2019avoir omis de continuer \u00e0 l\u2019infirmier P5.) que l\u2019\u00e9tat de conscience de V.) devait \u00eatre contr\u00f4l\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement au moment de la rel\u00e8ve de la garde \u00e0 21 heures.<\/p>\n<p>2) en infraction \u00e0 l\u2019article 410- 1 du code p\u00e9nal, de s\u2019\u00eatre sans danger s\u00e9rieux pour lui -m\u00eame abstenu volontairement de venir en aide ou de procurer une aide \u00e0 une personne expos\u00e9e \u00e0 un p\u00e9ril grave, soit qu\u2019il ait constat\u00e9 par lui-m\u00eame la situation de cette personne, soit que cette situation lui ait \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite par ceux qui sollicitent son intervention, en l\u2019esp\u00e8ce, sans danger s\u00e9rieux pour lui -m\u00eame, de s\u2019\u00eatre abstenu volontairement d\u2019effectuer tant les contr\u00f4les sur le patient V.) que la transmission d\u2019informations \u00e0 la rel\u00e8ve de la garde de nuit avec la minutie et la vigilance requises par la situation de ce patient, qui revenait d\u2019une hospitalisation<\/p>\n<p>36 d\u2019urgence pour intoxication et \u00e9tait susceptible d\u2019y \u00eatre retransf\u00e9r\u00e9 \u00e0 tout moment. \u00bb<\/p>\n<p>P1.) conclut \u00e0 son acquittement, alors qu\u2019il aurait fait toutes les d\u00e9marches n\u00e9cessaires et exig\u00e9s de sa part.<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte tant des \u00e9l\u00e9ments du dossier r\u00e9pressif que de l\u2019instruction \u00e0 l\u2019audience que des contr\u00f4les r\u00e9guliers de conscience du patient V.) ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9s et que le pr\u00e9venu en a inform\u00e9 P5.) au moment de la rel\u00e8ve de poste.<\/p>\n<p>Les \u00e9l\u00e9ments constitutifs des infractions libell\u00e9es \u00e0 charge du pr\u00e9venu laissent d\u2019\u00eatre \u00e9tablies.<\/p>\n<p>Ainsi il y a lieu d\u2019acquitter , conform\u00e9ment au r\u00e9quisitoire du Minist\u00e8re Public, le pr\u00e9venu P1.) tant de l\u2019infraction d\u2019homicide involontaire que de non -assistance \u00e0 personne en danger.<\/p>\n<p>Quant au pr\u00e9venu P6.) : Le Minist\u00e8re Public reproche \u00e0 P6.) les infractions suivantes:<\/p>\n<p>\u00ab comme auteur, co- auteur ou complice,<\/p>\n<p>en date du 3 mars 2009 entre 13:30 heures et 21:30 heures dans l\u2019arrondissement judiciaire de Luxembourg, au Centre p\u00e9nitentiaire de Luxembourg \u00e0 Schrassig, sans pr\u00e9judice quant \u00e0 des indications de temps et de lieu plus exactes,<\/p>\n<p>1) en infraction aux articles 418 et 419 du code p\u00e9nal, d\u2019avoir caus\u00e9 par d\u00e9faut de pr\u00e9voyance ou pr\u00e9caution la mort d\u2019une personne mais sans l\u2019intention d\u2019attenter \u00e0 la personne d\u2019autrui, en l\u2019esp\u00e8ce, de ne pas avoir effectu\u00e9 tant les contr\u00f4les sur le patient V.) que la transmission d\u2019informations \u00e0 la rel\u00e8ve de la garde de nuit avec la minutie et la vigilance requises par la situation de ce patient, qui revenait d\u2019une hospitalisation d\u2019urgence pour intoxication et \u00e9tait susceptible d\u2019y \u00eatre retransf\u00e9r\u00e9 \u00e0 tout moment;<\/p>\n<p>2) en infraction \u00e0 l\u2019article 410- 1 du code p\u00e9nal, de s\u2019\u00eatre sans danger s\u00e9rieux pour lui-m\u00eame abstenu volontairement de venir en aide ou de procurer une aide \u00e0 une personne expos\u00e9e \u00e0 un p\u00e9ril grave, soit qu\u2019il ait constat\u00e9 par lui-m\u00eame la situation de cette personne, soit que cette situation lui ait \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite par ceux qui sollicitent son intervention,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, sans danger s\u00e9rieux pour lui -m\u00eame, de s\u2019\u00eatre abstenu volontairement d\u2019effectuer tant les contr\u00f4les sur la personne de V.) que la transmission d\u2019informations \u00e0 la rel\u00e8ve de la garde de nuit avec la minutie et la vigilance requises par la situation de ce patient, qui revenait d\u2019une hospitalisation<\/p>\n<p>37 d\u2019urgence pour intoxication et \u00e9tait susceptible d\u2019y \u00eatre retransf\u00e9r\u00e9 \u00e0 tout moment. \u00bb<\/p>\n<p>P6.) conclut \u00e0 son acquittement alors qu\u2019il aurait fait toutes les d\u00e9marches n\u00e9cessaires et exig\u00e9s de sa part.<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte, tout comme pour P1.) , tant des \u00e9l\u00e9ments du dossier r\u00e9pressif que de l\u2019instruction \u00e0 l\u2019audience que des contr\u00f4les r\u00e9guliers de conscience du patient V.) ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9s et que les informations utiles ont \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9es \u00e0 P5.) au moment de la rel\u00e8ve de poste.<\/p>\n<p>Les \u00e9l\u00e9ments constitutifs des infractions libell\u00e9es \u00e0 charge du pr\u00e9venu laissent d\u2019\u00eatre \u00e9tablies.<\/p>\n<p>Ainsi il y a lieu d\u2019acquitter , conform\u00e9ment au r\u00e9quisitoire du Minist\u00e8re Public, le pr\u00e9venu P6.) tant de l\u2019infraction d\u2019homicide involontaire que de non- assistance \u00e0 personne en danger.<\/p>\n<p>Quant au pr\u00e9venu P5.) :<\/p>\n<p>Le Minist\u00e8re Public reproche \u00e0 P5.) les infractions suivantes :<\/p>\n<p>\u00ab comme auteur, coauteur ou complice,<\/p>\n<p>depuis un temps non prescrit et notamment dans la nuit du 3 mars 2009 au 4 mars 2009, dans l\u2019arrondissement judiciaire de Luxembourg et plus particuli\u00e8rement au CPL, sans pr\u00e9judice quant aux indications de temps et de lieux plus exactes ;<\/p>\n<p>1) en infraction aux articles 418 et 419 du code p\u00e9nal, d\u2019avoir caus\u00e9 par d\u00e9faut de pr\u00e9voyance ou de pr\u00e9caution la mort d\u2019une personne, mais sans l\u2019intention d\u2019attenter \u00e0 la personne d\u2019autrui, en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir caus\u00e9 par d\u00e9faut de pr\u00e9voyance ou de pr\u00e9caution, mais sans l\u2019intention d\u2019attenter \u00e0 la personne d\u2019autrui, la mort du d\u00e9tenu V.), n\u00e9 le (\u2026) \u00e0 (\u2026) et d\u00e9c\u00e9d\u00e9 dans la nuit du 3 mars 2009 au 4 mars 2009 dans l\u2019enceinte du CPL, notamment en omettant d\u2019aller contr\u00f4ler r\u00e9guli\u00e8rement l\u2019\u00e9tat de conscience de V.) tel qu\u2019ordonn\u00e9 oralement par le Dr. P3.) notamment \u00e0 T4.) , infirmi\u00e8re au CPL (cf. nott. rapport JDA -5831.4 du 13 mars 2009 p. 11 (Clatte B02)), injonction \u00e9galement inscrite sur la fiche de soins de V.) au service somatique du CPL par T4.) (cf. nott. rapport JDA-5831.4 du 13 mars 2009 p. 11 (Clatte B02)) et rappel\u00e9 oralement par P1.) \u00e0 P5.) au moment de sa prise de service \u00e0 21.30 heures (cf. nott. rapport SPJ-1-2010- 5831.23 du 13 octobre 2010 p. 4 (Clatte B05)) ;<\/p>\n<p>2) en infraction \u00e0 l\u2019article 410- 1 du code p\u00e9nal de s\u2019\u00eatre sans danger s\u00e9rieux pour lui-m\u00eame abstenu volontairement de venir en aide ou de procurer une aide \u00e0 une personne expos\u00e9e \u00e0 un p\u00e9ril grave, qu\u2019il ait constat\u00e9 par lui-m\u00eame la situation de cette personne,<\/p>\n<p>38 en l\u2019esp\u00e8ce, de s\u2019\u00eatre sans danger pour lui-m\u00eame volontairement abstenus de venir en aide ou de procurer une aide \u00e0 V.) n\u00e9 le (\u2026) \u00e0 (\u2026) notamment en omettant d\u2019aller contr\u00f4ler r\u00e9guli\u00e8rement l\u2019\u00e9tat de conscience de V.), d\u00e9tenu plac\u00e9 sous surveillance \u00e0 l\u2019infirmerie du CPL suite \u00e0 une absorption excessive de m\u00e9dicaments dont notamment des benzodiaz\u00e9pines, fait dont il avait connaissance alors que c\u2019\u00e9tait inscrit sur la fiche de soins de de V.) au service somatique du CPL et que cela lui avait \u00e9t\u00e9 rappel\u00e9 oralement par P1.) au moment de sa prise de service \u00e0 21.30 heures. \u00bb<\/p>\n<p>P5.) admet avoir \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 par son co- pr\u00e9venu P1.) de l\u2019\u00e9tat de V.) . Il a en outre d\u00e9clar\u00e9 avoir pris connaissance des instructions not\u00e9es par T4.) quant aux mesures \u00e0 prendre.<\/p>\n<p>Au moment de sa prise de poste, V.) venait d\u2019\u00eatre vu par ses coll\u00e8gues de travail qui lui ont rapport\u00e9 que V.) \u00e9tait stable, que ses param\u00e8tres vitaux n\u2019inspiraient pas d\u2019inqui\u00e9tudes et que partant une surveillance \u00e0 intervalles rapproch\u00e9s \u00e9tait devenue d\u00e9suet. N\u00e9anmoins, par acquis de conscience et parce qu\u2019il \u00e9tait dans les parages, il a fait deux contr\u00f4les de la conscience du patient.<\/p>\n<p>Compte tenu de l\u2019\u00e9volution de l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 du patient pendant la journ\u00e9e et des informations transmises par ses coll\u00e8gues de travail, le pr\u00e9venu ne pouvait l\u00e9gitimement s\u2019attendre \u00e0 une d\u00e9t\u00e9rioration sensible de l\u2019\u00e9tat de conscience du patient pendant la nuit.<\/p>\n<p>C\u2019est partant \u00e0 bon escient que le pr\u00e9venu a pu estimer qu\u2019un contr\u00f4le rapproch\u00e9 n\u2019\u00e9tait plus n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p>Ainsi, les fautes reproch\u00e9es par le Minist\u00e8re Public laissent d\u2019\u00eatre \u00e9tablies, de sorte que le pr\u00e9venu devra \u00eatre relax\u00e9 du chef d\u2019homicide.<\/p>\n<p>Aussi, le premier \u00e9l\u00e9ment constitutif de l\u2019infraction de non- assistance \u00e0 personne en danger, \u00e0 savoir la connaissance du p\u00e9ril grave, imminent et conscient n\u00e9cessitant une intervention m\u00e9dicale imm\u00e9diate, laisse d\u2019\u00eatre \u00e9tablie.<\/p>\n<p>Au vu des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent, le pr\u00e9venu P5.) est \u00e0 acquitter des infractions libell\u00e9es dans son chef.<\/p>\n<p>AU CIVIL<\/p>\n<p>1) Demande civile de A.) contre P2.), P3.), P4.), P5.), P6.) et P1.) :<\/p>\n<p>A l&#039;audience publique du 4 mars 2016, Ma\u00eetre Nour E. HELLAL, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, r\u00e9it\u00e9ra la partie civile pour et au nom de A.) , pr\u00e9qualifi\u00e9e, demanderesse au civil, contre les pr\u00e9venus P2.), P3.), P4.), P5.), P6.) et P1.), pr\u00e9qualifi\u00e9s, d\u00e9fendeurs au civil.<\/p>\n<p>La partie demanderesse r\u00e9clame le montant de 250.000, &#8211; euros, toutes causes confondues, avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux, ou toute autre somme m\u00eame sup\u00e9rieure \u00e0 instituer par le Tribunal ou \u00e0 dire d\u2019experts.<\/p>\n<p>Il y a lieu de donner acte \u00e0 la demanderesse au civil de sa constitution de partie civile.<\/p>\n<p>Le Tribunal est cependant incomp\u00e9tent pour conna\u00eetre de la demande civile, eu \u00e9gard \u00e0 la d\u00e9cision d\u2019acquittement \u00e0 intervenir au p\u00e9nal \u00e0 l&#039;\u00e9gard des pr\u00e9venus P3.), P4.), P5.), P6.) et P1.).<\/p>\n<p>2) Demande civile de B.) contre P2.), P3.), P4.), P5.), P6.) et P1.) :<\/p>\n<p>A l&#039;audience publique du 3 mars 2016, Ma\u00eetre Nour E. HELLAL, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, se constitua partie civile pour et au nom de B.) , pr\u00e9qualifi\u00e9, demandeur au civil, contre les pr\u00e9venus P2.) , P3.), P4.), P5.), P6.) et P1.), pr\u00e9qualifi\u00e9s, d\u00e9fendeurs au civil.<\/p>\n<p>La partie demanderesse r\u00e9clame le montant de 175.000, &#8211; euros, toutes causes confondues, avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux.<\/p>\n<p>Il y a lieu de donner acte au demandeur au civil de sa constitution de partie civile.<\/p>\n<p>Le Tribunal est cependant incomp\u00e9tent pour conna\u00eetre de la demande civile, eu \u00e9gard \u00e0 la d\u00e9cision d\u2019acquittement \u00e0 intervenir au p\u00e9nal \u00e0 l&#039;\u00e9gard des pr\u00e9venus P3.), P4.), P5.), P6.) et P1.).<\/p>\n<p>3) Demande civile de C.) contre P2.), P3.), P4.), P5.), P6.) et P1.) : A l&#039;audience publique du 1 er mars 2016, Ma\u00eetre Lise REIBEL, en remplacement de Ma\u00eetre Claude WASSENICH, avocats \u00e0 la Cour, les deux demeurant \u00e0 Luxembourg, r\u00e9it\u00e9ra la partie civile pour et au nom de C.) , pr\u00e9qualifi\u00e9, demandeur au civil, contre les pr\u00e9venus P2.) , P3.), P4.), P5.), P6.) et P1.), pr\u00e9qualifi\u00e9s, d\u00e9fendeurs au civil.<\/p>\n<p>La partie demanderesse r\u00e9clame le montant de 75.000, &#8211; euros, toutes causes confondues, avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux.<\/p>\n<p>40 Il y a lieu de donner acte au demandeur au civil de sa constitution de partie civile.<\/p>\n<p>Le Tribunal est cependant incomp\u00e9tent pour conna\u00eetre de la demande civile, eu \u00e9gard \u00e0 la d\u00e9cision d\u2019acquittement \u00e0 intervenir au p\u00e9nal \u00e0 l&#039;\u00e9gard des pr\u00e9venus P3.), P4.), P5.), P6.) et P1.).<\/p>\n<p>P A R C E S M O T I F S :<\/p>\n<p>le Tribunal d&#039;arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, septi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re correctionnelle, statuant contradictoirement, les pr\u00e9venus et d\u00e9fendeurs au civil et leurs mandataires entendus en leurs explications et moyens de d\u00e9fense, le s mandataires des demandeurs au civil entendus en leurs conclusions, et le repr\u00e9sentant du Minist\u00e8re Public entendu en ses r\u00e9quisitions :<\/p>\n<p>AU PENAL :<\/p>\n<p>r e j e t t e le moyen d\u2019irrecevabilit\u00e9 des poursuites pour \u00eatre non fond\u00e9 ;<\/p>\n<p>Quant au pr\u00e9venu P2.) : a c q u i t t e le pr\u00e9venu P2.) des infractions non \u00e9tablies \u00e0 sa charge et le renvoie des fins de sa poursuite p\u00e9nale sans peine ni d\u00e9pens; l a i s s e les frais de sa poursuite p\u00e9nale \u00e0 charge de l&#039;Etat;<\/p>\n<p>41 Quant \u00e0 la pr\u00e9venue P4.) :<\/p>\n<p>a c q u i t t e la pr\u00e9venue P4.) des infractions non \u00e9tablies \u00e0 sa charge et la renvoie des fins de sa poursuite p\u00e9nale sans peine ni d\u00e9pens;<\/p>\n<p>l a i s s e les frais de sa poursuite p\u00e9nale \u00e0 charge de l&#039;Etat;<\/p>\n<p>Quant au pr\u00e9venu P3.) :<\/p>\n<p>a c q u i t t e le pr\u00e9venu P3.) des infractions non \u00e9tablies \u00e0 sa charge et le renvoie des fins de sa poursuite p\u00e9nale sans peine ni d\u00e9pens;<\/p>\n<p>l a i s s e les frais de sa poursuite p\u00e9nale \u00e0 charge de l&#039;Etat;<\/p>\n<p>Quant au pr\u00e9venu P1.) :<\/p>\n<p>a c q u i t t e le pr\u00e9venu P1.) des infractions non \u00e9tablies \u00e0 sa charge et le renvoie des fins de sa poursuite p\u00e9nale sans peine ni d\u00e9pens;<\/p>\n<p>l a i s s e les frais de sa poursuite p\u00e9nale \u00e0 charge de l&#039;Etat;<\/p>\n<p>Quant au pr\u00e9venu P6.) :<\/p>\n<p>a c q u i t t e le pr\u00e9venu P6.) des infractions non \u00e9tablies \u00e0 sa charge et le renvoie des fins de sa poursuite p\u00e9nale sans peine ni d\u00e9pens;<\/p>\n<p>l a i s s e les frais de sa poursuite p\u00e9nale \u00e0 charge de l&#039;Etat;<\/p>\n<p>Quant au pr\u00e9venu P5.) :<\/p>\n<p>a c q u i t t e le pr\u00e9venu P5.) des infractions non \u00e9tablies \u00e0 sa charge et le renvoie des fins de sa poursuite p\u00e9nale sans peine ni d\u00e9pens;<\/p>\n<p>l a i s s e les frais de sa poursuite p\u00e9nale \u00e0 charge de l&#039;Etat;<\/p>\n<p>AU CIVIL :<\/p>\n<p>1) Demande civile de A.) contre P2.), P3.), P4.), P5.), P6.) et P1.) :<\/p>\n<p>d o n n e acte \u00e0 la demanderesse au civil, A.), de sa constitution de partie civile;<\/p>\n<p>se d \u00e9 c l a r e incomp\u00e9tent pour en conna\u00eetre;<\/p>\n<p>l a i s s e les frais de cette demande civile \u00e0 charge de la demanderesse ;<\/p>\n<p>2) Demande civile de B.) contre P2.), P3.), P4.), P5.), P6.) et P1.) :<\/p>\n<p>d o n n e acte au demandeur au civil, B.), de sa constitution de partie civile;<\/p>\n<p>se d \u00e9 c l a r e incomp\u00e9tent pour en conna\u00eetre;<\/p>\n<p>l a i s s e les frais de cette demande civile \u00e0 charge du demandeur ;<\/p>\n<p>3) Demande civile de C.) contre P2.), P3.), P4.), P5.), P6.) et P1.) :<\/p>\n<p>d o n n e acte au demandeur au civil, C.) , de sa constitution de partie civile;<\/p>\n<p>se d \u00e9 c l a r e incomp\u00e9tent pour en conna\u00eetre;<\/p>\n<p>l a i s s e les frais de cette demande civile \u00e0 charge du demandeur .<\/p>\n<p>Par application des articles 1, 2, 3, 155, 179, 182, 183- 1, 184, 185, 189, 190, 190-1, 191 et 196 du code d&#039;instruction criminelle dont mention a \u00e9t\u00e9 faite.<\/p>\n<p>Ainsi fait et jug\u00e9 par Vincent FRANCK , vice-pr\u00e9sident, Patrice HOFFMANN, juge, et Jo\u00eblle DIEDERICH, juge, et prononc\u00e9, en pr\u00e9sence de Jessica JUNG, substitut du Procureur d\u2019Etat, en l&#039;audience publique du Tribunal d&#039;arrondissement de Luxembourg, date qu&#039;en t\u00eate, par le vice- pr\u00e9sident, assist\u00e9 du greffier assum\u00e9 Laetitia SANTOS, qui, \u00e0 l&#039;exception du repr\u00e9sentant du Minist\u00e8re Public, ont sign\u00e9 le pr\u00e9sent jugement.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/tribunal-darrondissement-luxembourg-penal\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/tribunal-darrondissement-luxembourg-penal\/20240828-003221\/20160512-talux7-1486a-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). Republication autorisee avec attribution, sans modification editoriale du texte integral.<\/em><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jugt no 1486\/ 2016 Notice no 4634\/09\/CD 1 x \u00e9tr. (6 x acqt.) AUDIENCE PUBLIQUE DU 12 MAI 2016 Le Tribunal d&#8217;arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, chambre correctionnelle, a rendu le jugement qui suit: dans la cause du Minist\u00e8re Public contre 1. 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