{"id":866222,"date":"2026-05-09T00:20:45","date_gmt":"2026-05-08T22:20:45","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-8-juillet-2015-2\/"},"modified":"2026-05-09T00:20:50","modified_gmt":"2026-05-08T22:20:50","slug":"cour-superieure-de-justice-8-juillet-2015-2","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-8-juillet-2015-2\/","title":{"rendered":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 8 juillet 2015"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>1 Arr\u00eat commercial<\/p>\n<p>Audience publique du huit juillet deux mille quinze<\/p>\n<p>Num\u00e9ro 38721 du r\u00f4le.<\/p>\n<p>Composition :<\/p>\n<p>Roger LINDEN, pr\u00e9sident de chambre; Marianne HARLES, conseill\u00e8re; Elisabeth WEYRICH, conseill\u00e8re; Eric VILVENS, greffier assum\u00e9.<\/p>\n<p>E n t r e :<\/p>\n<p>1. A.), pris en sa qualit\u00e9 d&#039; ancien membre du conseil d&#039;admini stration de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC.1.) (SOC.1.)), domicili\u00e9 \u00e0 L-(&#8230;); 2. B.), pris en sa qualit\u00e9 d&#039;ancien membre du conseil d&#039;administration de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC.1.) (SOC.1.)) domicili\u00e9 \u00e0 L-(&#8230;); 3. C.), pris en sa qualit\u00e9 d&#039;ancien membre du conseil d&#039;administration de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC.1.) (SOC.1.)), \u00e0 L-(&#8230;);<\/p>\n<p>appelants aux termes d\u2019un exploit de l&#039;huissier de justice Jean- Claude Steffen d\u2019Esch-sur-Alzette du 25 mai 2012,<\/p>\n<p>comparant par la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e Loyens &amp; Loeff Luxembourg, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- 2540 Luxembourg, 18-20, rue Edward Steichen, repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil de g\u00e9rance actuellement en fonctions, inscrite \u00e0 la liste V du tableau de l\u2019ordre des avocats du barreau de Luxembourg, repr\u00e9sent\u00e9e aux fins de la pr\u00e9sente proc\u00e9dure par Ma\u00eetre V\u00e9ronique Hoffeld, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg ;<\/p>\n<p>e t :<\/p>\n<p>1. la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019investissement \u00e0 capital variable sous forme d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC.1.) en liquidation judiciaire, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- (&#8230;), inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B (&#8230;) , d\u00e9clar\u00e9e en liquidation judiciaire par jugement du tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg du 30 avril 2009 sur base de l\u2019article 104 (1) de la loi modifi\u00e9e du 20 d\u00e9cembre 2002 concernant les organismes de placement collectifs, repr\u00e9sent\u00e9e par ses liquidateurs actuellement en fonctions, Ma\u00eetre Alain RUKAVINA, avocat \u00e0 la Cour, demeurant professionnellement \u00e0 L- 1142 Luxembourg, 9, rue Pierre d\u2019Aspelt, et Monsieur Paul LAPLUME, r\u00e9viseur d\u2019entreprise, demeurant professionnellement \u00e0 L- 6113 Junglinster, 42, rue des Cerises,<\/p>\n<p>2. Ma\u00eetre Alain RUKAVINA, avocat \u00e0 la Cour, demeurant professionnellement \u00e0 L -1142 Luxembourg, 9, rue Pierre d\u2019Aspelt, agissant en sa qualit\u00e9 de liquidateur judiciaire de la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019investissement \u00e0 capital variable SOC.1.) , en liquidation, pr\u00e9qualifi\u00e9e,<\/p>\n<p>3. Paul LAPLUME, r\u00e9viseur d\u2019entreprise, demeurant professionnellement \u00e0 L-6113 Junglinster, 42, rue des Cerises, agissant en sa qualit\u00e9 de liquidateur judiciaire de la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019investissement \u00e0 capital variable SOC.1.) , en liquidation, pr\u00e9qualifi\u00e9e,<\/p>\n<p>intim\u00e9s aux fins du susdit exploit S teffen,<\/p>\n<p>sub 1) \u00e0 3) comparant par Ma\u00eetr e Alain Rukavina, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg;<\/p>\n<p>4. la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC.2.) , \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-(&#8230;), inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B (&#8230;) , repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>5. la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC.3.) , \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-(&#8230;), inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B (&#8230;) , repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>6. la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC.4.) , \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-(&#8230;), inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B (&#8230;) , repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>7. la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit sui sse SOC.5.) AG, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 CH-(&#8230;) et \u00e0 CH-(&#8230;), inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Zurich et B\u00e2le sous le num\u00e9ro CH<\/p>\n<p>3 (&#8230;), repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>intim\u00e9es aux fins du susdit exploit S teffen,<\/p>\n<p>sub 4) \u00e0 7) comparant par Ma\u00eetre Marc Elvinger, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg;<\/p>\n<p>8. D.), pris en sa qualit\u00e9 d\u2019ancien membre du conseil d\u2019admini stration de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) , demeurant \u00e0 L-(&#8230;), en son domicile \u00e9lu en l\u2019\u00e9tude de Ma\u00eetre Lucy Dupong, avocat \u00e0 la Cour, demeurant professionnellement \u00e0 L- 2324 Luxembourg, 11, rue Jean- Pierre Pescatore,<\/p>\n<p>intim\u00e9 aux fins du susdit exploit S teffen,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Lucy Dupong, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>9. E.), pris en sa qualit\u00e9 d\u2019ancien membre du conseil d\u2019administration de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC.1.), ayant demeur\u00e9 \u00e0 F- (&#8230;), demeurant actuellement au (&#8230;),<\/p>\n<p>intim\u00e9 aux fins du susdit exploit S teffen,<\/p>\n<p>comparant par la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e Loyens &amp; Loeff Luxembourg, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- 2540 Luxembourg, 18-20, rue Edward Steichen, repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil de g\u00e9rance actuellement en fonctions, inscrite \u00e0 la liste V du tableau de l\u2019ordre des avocats du barreau de Luxembourg, repr\u00e9sent\u00e9e aux fins de la pr\u00e9sente proc\u00e9dure par Ma\u00eetre V\u00e9ronique Hoffeld, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg ;<\/p>\n<p>10. la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC.6.) , \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- (&#8230;), inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B (&#8230;) , repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>intim\u00e9e aux fins du susdit exploit S teffen,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Marc Kleyr, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>11. la COMMISSION DE SURVEILLANCE DU SECTEUR FINANCIER (CSSF), \u00e9tablissement public, \u00e9tablie \u00e0 L- 1150 Luxembourg, 110, route d\u2019Arlon, inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro J26, repr\u00e9sent\u00e9e par sa direction,<\/p>\n<p>4 intim\u00e9e aux fins du susdit exploit Steffen,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Albert Rodesch, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg.<\/p>\n<p>LA COUR D&#039;APPEL :<\/p>\n<p>Statuant en continuation du jugement du tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg n\u00b0 297\/11 du 4 mars 2011, qui a fait droit \u00e0 la demande des liquidateurs de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) ( ci-apr\u00e8s SOC.1.)), dirig\u00e9e contre la COMMISSION DE SURVEILLANCE DU SECTEUR FINANCIER ( ci-apr\u00e8s CSSF), tendant \u00e0 voir transmettre aux liquidateurs plusieurs documents, plus amplement \u00e9num\u00e9r\u00e9s au dispositif de ce jugement, le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale a, par jugement du 23 mars 2012, rejet\u00e9 la demande des soci\u00e9t\u00e9s SOC.2.) , SOC.3.), SOC.4.) , SOC.5.) AG , et de D.) , A.) , B.) , C.) et de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC.6.) tendant \u00e0 voir prononcer la surs\u00e9ance \u00e0 statuer, par application de l\u2019adage \u00ab le criminel tient le civil en l\u2019\u00e9tat \u00bb pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article 3 alin\u00e9a 2 du Code d\u2019Instruction Criminelle ( ci-apr\u00e8s CIC), en attendant l\u2019issue de l\u2019action publique engag\u00e9e suivant r\u00e9quisitoire du Procureur d\u2019Etat de Luxembourg du 31 mars 2011.<\/p>\n<p>A l\u2019appui de leur demande en surs\u00e9ance, les d\u00e9fendeurs avaient fait \u00e9tat de rapports du service de police judiciaire des 10 avril 2010 et 8 f\u00e9vrier 2011 \u00e9voqu\u00e9s dans trois ordonnances de perquisition du 2 mai 2011 qui auraient \u00e9t\u00e9 notifi\u00e9es le 8 juin 2011 aux soci\u00e9t\u00e9s SOC.2.)\/SOC.3.)\/SOC.4.)\/SOC.5.) et dont il r\u00e9sulterait que le Procureur d\u2019Etat a, moyennant r\u00e9quisitoire du 31 mars 2011, requis l\u2019ouverture d\u2019une instruction p\u00e9nale pour faux et usage de faux contre inconnu. Les faits ayant donn\u00e9 lieu \u00e0 l\u2019instruction p\u00e9nale en cours seraient les m\u00eames que ceux ayant donn\u00e9 lieu \u00e0 l\u2019action civile en responsabilit\u00e9 engag\u00e9e en mars 2010 par les liquidateurs de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) \u00e0 l\u2019encontre des d\u00e9fendeurs dans la pr\u00e9sente instance. La soci\u00e9t\u00e9 SOC.6.) a en outre demand\u00e9 au tribunal d\u2019ordonner au Minist\u00e8re Public de lui communiquer son r\u00e9quisitoire du 31 mars 2011, le courrier de la CSSF du 28 d\u00e9cembre 2009 ainsi que les rapports du service de police judiciaire des 10 avril 2010 et 8 f\u00e9vrier 2011.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) ainsi que l es liquidateurs ont, \u00e0 titre principal, conclu au rejet de l\u2019exception dilatoire soulev\u00e9e par les d\u00e9fendeurs et demand\u00e9 en ordre subsidiaire \u00e0 voir continuer l\u2019instruction au civil et \u00e0 voir \u00e9mettre un nouvel \u00e9ch\u00e9ancier pour l\u2019instruction au fond, arguant qu\u2019une surs\u00e9ance \u00e0 statuer sur base de l\u2019article 3 alin\u00e9a 2 du CIC n\u2019aurait pas pour effet de suspendre l\u2019instruction de l\u2019action civile. En outre, au regard de la complexit\u00e9 de l\u2019affaire p\u00e9nale en cours, l\u2019instruction risquerait de durer des ann\u00e9es, voire plus de dix<\/p>\n<p>5 ans de sorte qu\u2019admettre une surs\u00e9ance \u00e0 statuer en raison d\u2019une proc\u00e9dure p\u00e9nale en cours contreviendrait \u00e0 l\u2019article 6 de la CEDH d\u00e8s lors que l\u2019affaire civile ne pourrait \u00eatre \u00e9vacu\u00e9e dans un d\u00e9lai raisonnable.<\/p>\n<p>Pour fonder sa d\u00e9cision, le tribunal a relev\u00e9 qu\u2019il est \u00e9tabli que suivant r\u00e9quisitoire du 31 mars 2011, le Minist\u00e8re Public a requis l\u2019ouverture d\u2019une information contre inconnu du chef de faux et d\u2019usage de faux ( articles 193, 196 et 197 du Code p\u00e9nal). En outre, la soci\u00e9t\u00e9 de droit fran\u00e7ais SOC.7.) ainsi que F.) et G.), H.) et I.) auraient lanc\u00e9 une citation directe contre les anciens administrateurs de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.8.) et que les faits dans SOC.8.) seraient le cas \u00e9ch\u00e9ant comparables aux faits dans le litige concernant la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.).<\/p>\n<p>Le tribunal a ensuite relev\u00e9 que bien qu\u2019au vu des pi\u00e8ces lui soumises, l\u2019affaire p\u00e9nale f\u00fbt susceptible d\u2019avoir une incidence sur l\u2019affaire civile, il n\u2019\u00e9tait pas possible de d\u00e9terminer quelles seraient les suites, voire le taux d\u2019influence de cette affaire p\u00e9nale sur l\u2019instance civile.<\/p>\n<p>Le tribunal a rappel\u00e9 qu\u2019en vertu de la jurisprudence de la Cour Europ\u00e9enne des droits de l\u2019Homme, ( CJCE, 13 juillet 2004, R. \/ Luxembourg, requ\u00eate n\u00b0 73983\/01), le fait de se prononcer sur la proc\u00e9dure civile avant que la proc\u00e9dure p\u00e9nale ne soit achev\u00e9e pouvait \u00e9ventuellement ne pas \u00eatre compatible avec le principe d\u2019une bonne administration de la justice.<\/p>\n<p>Il a en outre relev\u00e9 qu\u2019en France, la loi n\u00b0 2007 &#8211; 291 du 5 mars 2007, tendant \u00e0 renforcer l\u2019\u00e9quilibre de la proc\u00e9dure p\u00e9nale a modifi\u00e9 l\u2019article 4 du Code de proc\u00e9dure p\u00e9nale fran\u00e7ais concernant la r\u00e8gle \u00ab le criminel tient le civil en l\u2019\u00e9tat \u00bb en ce sens que le sursis \u00e0 statuer a perdu son caract\u00e8re automatique et que le juge peut d\u00e9sormais se prononcer sur l\u2019action civile avant la d\u00e9cision p\u00e9nale, sauf dans des actions civiles en r\u00e9paration du pr\u00e9judice direct r\u00e9sultant de l\u2019infraction pour laquelle le juge p\u00e9nal est saisi.<\/p>\n<p>Le tribunal a ensuite not\u00e9 qu\u2019au Luxembourg, l\u2019adage reste en vigueur de sorte que le tribunal ne saurait en faire abstraction en pr\u00e9voyant d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 que la proc\u00e9dure p\u00e9nale qui n\u00e9cessitera le cas \u00e9ch\u00e9ant des analyses financi\u00e8res et juridiques complexes , tant au Luxembourg qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9tranger, conduira \u00e0 bloquer la d\u00e9cision civile pendant de longues ann\u00e9es, ou en tout cas pendant un laps de temps qui serait jug\u00e9 contraire \u00e0 l\u2019article 6 de la CEDH.<\/p>\n<p>Le tribunal s\u2019est pos\u00e9 la question de savoir si au moment o\u00f9 il \u00e9tait amen\u00e9 \u00e0 statuer, la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une suspension de l\u2019exercice de l\u2019action civile emp\u00eachait l\u2019instruction de l\u2019affaire civile, voire son renvoi devant le magistrat de la mise en \u00e9tat pour consid\u00e9rer que l\u2019article 3, alin\u00e9a 2 du CIC, en se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 l\u2019 exercice de l\u2019action<\/p>\n<p>6 civile, n\u2019emp\u00eache que le jugement, mais non pas la mise en \u00e9tat de cette action.<\/p>\n<p>Aussi, le tribunal a- t-il rejet\u00e9 la demande de surs\u00e9ance et ordonn\u00e9 aux parties d\u2019instruire l\u2019affaire au fond selon l\u2019\u00e9ch\u00e9ancier \u00e0 \u00e9mettre par le juge de la mise en \u00e9tat.<\/p>\n<p>Suivant acte d\u2019huissier de justice du 25 mai 2012, A.), B.) et C.) ont relev\u00e9 appel de ce jugement.<\/p>\n<p>Ils concluent \u00e0 l\u2019annulation, sinon \u00e0 la r\u00e9formation de la d\u00e9cision entreprise, et \u00e0 voir dire qu\u2019il sera sursis \u00e0 statuer jusq u\u2019\u00e0 ce que l\u2019instance p\u00e9nale introduite par le r\u00e9quisitoire du Parquet du 31 mars 2011 sur base, entre autres, d\u2019un courrier de la CSSF du 28 d\u00e9cembre 2009 et de rapports du service de Police judiciaire des 10 avril 2010 et 8 f\u00e9vrier 2011 ait pris fin.<\/p>\n<p>Ils demandent encore \u00e0 voir renvoyer les parties devant le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale aux fins de pros\u00e9cution de cause apr\u00e8s la fin des instances p\u00e9nales pr\u00e9cit\u00e9es et \u00e0 voir dire que durant la p\u00e9riode de surs\u00e9ance \u00e0 statuer aucun acte de proc\u00e9dure et aucun autre acte d\u2019instruction g\u00e9n\u00e9ralement quelconques ne pourront \u00eatre demand\u00e9s et \/ ou pos\u00e9s.<\/p>\n<p>A l\u2019appui de leur appel, les appelants font valoir que les articles 579 et 580 du NCPC, \u00e0 d\u00e9faut de pr\u00e9voir un appel imm\u00e9diat contre les jugements ordonnant ou refusant le sursis \u00e0 statuer sont \u00ab ill\u00e9gaux \u00bb, comme \u00e9tant contraires \u00e0 la loi habilitante du 25 f\u00e9vrier 1980 autorisant le Grand- Duc \u00e0 modifier et \u00e0 compl\u00e9ter par voie de r\u00e8glement d\u2019administration publique les dispositions du Code de proc\u00e9dure civile et les dispositions relatives \u00e0 la proc\u00e9dure civile et commerciale, en respectant les droits de la d\u00e9fense et les libert\u00e9s individuelles garantis par la Constitution et la Convention europ\u00e9enne des Droits de l\u2019Homme. Les appelants sont d\u2019avis que la sauvegarde des droits de la d\u00e9fense en g\u00e9n\u00e9ral et les droits reconnus par la CEDH en particulier imposeraient un droit d\u2019appel imm\u00e9diat contre les d\u00e9cisions refusant ou ordonnant une surs\u00e9ance \u00e0 statuer en raison d\u2019une proc\u00e9dure p\u00e9nale en cours.<\/p>\n<p>En outre, la r\u00e8gle du \u00ab criminel tient le civil en l\u2019\u00e9tat \u00bb inscrite \u00e0 l\u2019article 3 alin\u00e9a 2 du CIC devrait \u00eatre qualifi\u00e9e de r\u00e8gle de comp\u00e9tence, de sorte que les d\u00e9cisions relatives \u00e0 la surs\u00e9ance \u00e0 statuer du fait d\u2019une action publique en cours seraient imm\u00e9diatement appelables en application de l\u2019article 582 du NCPC, le sursis \u00e0 statuer devant s\u2019analyser en un dessaisissement temporaire, voire un abandon momentan\u00e9 de comp\u00e9tence. Aussi l\u2019appel contre le jugement du 23 mars 2012 qui a refus\u00e9 la surs\u00e9ance \u00e0 statuer serait-il recevable.<\/p>\n<p>7 Les appelants soutiennent encore que le refus d\u2019une surs\u00e9ance \u00e0 statuer devant intervenir en application du principe \u00ab le criminel tient le civil en l\u2019\u00e9tat \u00bb et la continuation de l\u2019instruction de l\u2019affaire au civil, violeraient les droits de la d\u00e9fense des personnes concern\u00e9es, et notamment le droit de ne pas contribuer \u00e0 sa propre incrimination et le droit \u00e0 la pr\u00e9somption d\u2019innocence.<\/p>\n<p>Dans leurs conclusions du 18 octobre 2013, les appelants demandent acte \u00ab que leur appel est un appel-nullit\u00e9 ( \u00e0 titre principal) et que la r\u00e9formation est demand\u00e9e \u00e0 titre subsidiaire comme mesure alternative pour r\u00e9parer les violations des formalit\u00e9s substantielles des droits de la d\u00e9fense et des Droits de l\u2019Homme et ce en temps utile avant que le mal ne soit fait et ne devienne donc irr\u00e9parable \u00bb.<\/p>\n<p>Les appelants critiquent encore la \u00ab d\u00e9cision orale \u00bb du magistrat ayant pr\u00e9sid\u00e9 la chambre commerciale du tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg apr\u00e8s le jugement du 4 mars 2011 \u00ab de continuer l\u2019instruction des affaires en faisant pour le moment abstraction des pi\u00e8ces pour lesquelles l\u2019injonction avait \u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9e par le jugement \u00bb.<\/p>\n<p>Quant aux violations des formalit\u00e9s substantielles invoqu\u00e9es \u00e0 l\u2019appui de leur appel-nullit\u00e9, les appelants font valoir :<\/p>\n<p>&#8211; qu\u2019aucun juge de la mise en \u00e9tat n\u2019a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9 apr\u00e8s le jugement du 4 mars 2011,<\/p>\n<p>&#8211; qu\u2019aucune ordonnance de cl\u00f4ture de l\u2019instruction intervenue le 25 janvier 2012 n\u2019a \u00e9t\u00e9 communiqu\u00e9e aux parties litigantes, Ils reprochent en outre \u00e0 la juridiction de premi\u00e8re instance d\u2019avoir commis un exc\u00e8s de pouvoir pour avoir m\u00e9connu le principe fondamental de la r\u00e8gle \u00ab le criminel tient le civil en l\u2019\u00e9tat \u00bb pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 3 alin\u00e9a 2 du CIC. A l\u2019appui de leur moyen, ils invoquent un arr\u00eat rendu par la Cour d\u2019appel de Paris le 6 d\u00e9cembre 1996 ( JurisData n\u00b0 1996- 024097).<\/p>\n<p>Dans leurs conclusions du 16 juin 2014, les appelants ajoutent que la r\u00e8gle que le \u00ab criminel tient le civil en l\u2019\u00e9tat \u00bb serait d\u2019ordre public de sorte que l\u2019inobservation de cette r\u00e8gle devrait entra\u00eener la nullit\u00e9 de toute la proc\u00e9dure pour exc\u00e8s de pouvoir. En outre, la violation par une juridiction de cette r\u00e8gle serait contraire \u00e0 l\u2019article 6 de la CEDH ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019article 14 du Pacte International des droits civils et politiques. En m\u00e9connaissant la r\u00e8gle que \u00ab le criminel tient le civil en l\u2019\u00e9tat \u00bb, le tribunal aurait viol\u00e9 les droits de la d\u00e9fense des appelants.<\/p>\n<p>Tant la soci\u00e9t\u00e9 SOC.6.) que les soci\u00e9t\u00e9s SOC.2.)\/SOC.3.)\/SOC.4.)\/SOC.5.), D.) et E.) disent interjeter appel<\/p>\n<p>8 incident contre le jugement entrepris en ce que le tribunal a refus\u00e9 de surseoir \u00e0 statuer sur l\u2019affaire civile. Ils font valoir que leur appel serait un appel-nullit\u00e9 et devrait par cons\u00e9quent \u00eatre d\u00e9clar\u00e9 recevable, motif pris qu\u2019en ayant refus\u00e9 de surseoir \u00e0 statuer sur l\u2019affaire civile et ordonn\u00e9 aux parties d\u2019instruire l\u2019affaire au fond, la juridiction de premi\u00e8re instance aurait commis un exc\u00e8s de pouvoir. En effet, le grief qui constitue l\u2019exc\u00e8s de pouvoir ne serait pas l\u2019existence de la proc\u00e9dure p\u00e9nale en cours, mais le fait qu\u2019apr\u00e8s avoir constat\u00e9 que toutes les conditions du sursis \u00e0 statuer \u00e9taient r\u00e9unies, la juridiction de premi\u00e8re instance aurait n\u00e9anmoins ordonn\u00e9 la poursuite de la mise en \u00e9tat du dossier. En l\u2019occurrence, la juridiction de premi\u00e8re instance aurait manifestement outrepass\u00e9 les limites de ses attributions.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) et les liquidateurs concluent principalement \u00e0 l\u2019irrecevabilit\u00e9 de l\u2019appel principal au v\u0153u des articles 578, 579 et 580 du NCPC comme \u00e9tant un appel pr\u00e9matur\u00e9, soutenant que le jugement entrepris serait \u00e0 qualifier de jugement avant dire droit qui ne contient aucune disposition sur le fond. Ils invoquent un arr\u00eat de la Cour de C assation du 31 janvier 2013 ( n\u00b0 7\/13, n\u00b0 3105 du Registre), et font valoir que le refus de prononcer un sursis \u00e0 statuer correspond au refus de prendre un acte d\u2019administration judiciaire non susceptible d\u2019appel. Cette interdiction de l\u2019appel imm\u00e9diat ne serait pas contraire aux exigences de la Convention Europ\u00e9enne des Droits de l\u2019Homme.<\/p>\n<p>Les intim\u00e9s font en outre plaider que les moyens d\u00e9velopp\u00e9s par les appelants au principal dans leurs conclusions du 13 octobre 2013 concernant la th\u00e9orie dite de \u00ab l\u2019appel-nullit\u00e9 \u00bb seraient \u00e0 qualifier de moyens nouveaux par rapport \u00e0 ceux d\u00e9velopp\u00e9s dans l\u2019acte d\u2019appel du 25 mai 2012, partant irrecevables.<\/p>\n<p>Il y aurait en outre lieu de distinguer entre l\u2019appel-annulation de droit commun, qui tend \u00e0 redresser une irr\u00e9gularit\u00e9 dans l\u2019\u00e9laboration d\u2019un jugement et dont les r\u00e8gles pour interjeter appel sont r\u00e9gis par l\u2019article 579 du NCPC et l\u2019appel-nullit\u00e9 qui n\u2019est pas pr\u00e9vu par le NCPC luxembourgeois.<\/p>\n<p>En ordre subsidiaire, et m\u00eame \u00e0 admettre que la Cour soit pr\u00eate \u00e0 cr\u00e9er une voie de recours exceptionnelle en consacrant l\u2019appel- nullit\u00e9 \u00e0 l\u2019instar de la jurisprudence fran\u00e7aise, les intim\u00e9s lui demandent de constater que les conditions d\u2019un appel-nullit\u00e9 ne seraient pas r\u00e9unies dans la mesure o\u00f9 les droits de la d\u00e9fense n\u2019auraient pas \u00e9t\u00e9 viol\u00e9s dans le jugement du 23 mars 2012. En outre, la d\u00e9cision entreprise ne serait pas entach\u00e9e d\u2019un exc\u00e8s de pouvoir.<\/p>\n<p>A l\u2019appui de leur moyen, les intim\u00e9s se r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 la doctrine et \u00e0 la jurisprudence fran\u00e7aises qui refusent de consid\u00e9rer comme des hypoth\u00e8ses d\u2019appel-nullit\u00e9 tant la violation des r\u00e8gles de fond que la<\/p>\n<p>9 violation des r\u00e8gles de proc\u00e9dure. Ils invoquent un arr\u00eat de Cour d\u2019appel du Luxembourg du 3 mai 1996 ( n\u00b0 17076) dans lequel la Cour d\u2019appel n\u2019aurait pas retenu le concept d\u2019un appel -nullit\u00e9 pour exc\u00e8s de pouvoir et un arr\u00eat de la Cour de Cassation fran\u00e7aise du 26 septembre 2006 ( n\u00b0 05- 14465) qui a consid\u00e9r\u00e9 que le grief tir\u00e9 de l\u2019existence d\u2019une proc\u00e9dure p\u00e9nale en cours et son incidence \u00e9ventuelle sur l\u2019instance civile ne constituent pas un exc\u00e8s de pouvoir.<\/p>\n<p>Les appels-nullit\u00e9 incidents des soci\u00e9t\u00e9s SOC.6.) et des soci\u00e9t\u00e9s SOC.2.)\/SOC.3.)\/SOC.4.)\/SOC.5.), de D.) et de E.) seraient \u00e0 d\u00e9clarer irrecevables pour les m\u00eames motifs.<\/p>\n<p>Concernant plus particuli\u00e8rement l\u2019appel-nullit\u00e9 incident interjet\u00e9 par E.), la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) et ses liquidateurs d\u00e9clarent, en ordre principal, se rapporter \u00e0 la sagesse de la Cour quant \u00e0 la r\u00e9gularit\u00e9 de la proc\u00e9dure et quant \u00e0 la recevabilit\u00e9 des conclusions prises au nom de cet appelant, \u00e0 d\u00e9faut pour l\u2019avocat constitu\u00e9 d\u2019avoir d\u00e9pos\u00e9 une constitution d\u2019avocat en bonne et due forme. Ils demandent en outre \u00e0 la Cour de constater l\u2019absence d\u2019indication de domicile r\u00e9el de E.).<\/p>\n<p>Ils font valoir en ordre subsidiaire, qu\u2019un appel d\u2019intim\u00e9 \u00e0 intim\u00e9 serait irrecevable.<\/p>\n<p>La CSSF se rallie aux conclusions de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) et des liquidateurs et conclut pareillement \u00e0 l\u2019irrecevabilit\u00e9 de l\u2019appel-nullit\u00e9.<\/p>\n<p>Appr\u00e9ciation de la Cour : L\u2019appel interjet\u00e9 le 25 mai 2012 par A.), B.) et C.) tend principalement \u00e0 l\u2019annulation et subsidiairement \u00e0 la r\u00e9formation du jugement du 23 mars 2012. La jurisprudence luxembourgeoise a retenu la qualification de jugement avant dire droit, ne remplissant pas les conditions pour pouvoir \u00eatre appel\u00e9 d\u2019un jugement ordonnant un sursis \u00e0 statuer ( Cour d\u2019appel, 16 novembre 2005, n\u00b0 29043 du r\u00f4le, Cour d\u2019appel 13 mai 2015, n\u00b0 39827 ) ou refusant le sursis \u00e0 statuer ( Cour d\u2019appel 5 mars 2008, n\u00b0 33135 du r\u00f4le ; Cour d\u2019appel, 9 f\u00e9vrier 2011, n\u00b0 36416 du r\u00f4le). L\u2019article 582 du NCPC invoqu\u00e9 par les appelants, article qui dispose que \u00ab lorsqu\u2019il s\u2019agira d\u2019incomp\u00e9tence, l\u2019appel sera recevable, encore que le jugement ait \u00e9t\u00e9 qualifi\u00e9 en dernier ressort \u00bb, signifie que la disposition d\u2019un jugement rendu en dernier ressort, par laquelle la juridiction s\u2019est d\u00e9clar\u00e9e incomp\u00e9tente, est susceptible d\u2019appel. Cet article n\u2019est pas applicable en l\u2019esp\u00e8ce, le<\/p>\n<p>10 tribunal, qui n\u2019a pas statu\u00e9 en dernier ressort, n\u2019ayant pas d\u00e9clin\u00e9 sa comp\u00e9tence.<\/p>\n<p>Il en r\u00e9sulte que l\u2019appel- annulation, voire l\u2019appel -r\u00e9formation contre le jugement du 23 mars 2012 n\u2019est pas imm\u00e9diatement recevable.<\/p>\n<p>Le 18 octobre 2013, les appelants ont demand\u00e9 acte, \u00ab pour autant que de besoin, que leur appel est un appel-nullit\u00e9 ( \u00e0 titre principal) et que la r\u00e9formation est demand\u00e9e \u00e0 titre subsidiaire comme mesure alternative pour r\u00e9parer les violations des formalit\u00e9s substantielles, des droits de la d\u00e9fense et des Droits de l\u2019Homme et ce en temps utile, avant que le mal ne soit fait et ne devienne donc irr\u00e9parable \u00bb.<\/p>\n<p>Il convient de faire la distinction entre l\u2019appel qui tend \u00e0 l\u2019annulation d\u2019un jugement et l\u2019appel-nullit\u00e9. L\u2019appel en annulation suppose que l\u2019appelant invoque la nullit\u00e9 du jugement dans un appel qui est ouvert par la loi tandis que l\u2019appel-nullit\u00e9, cr\u00e9ation de la jurisprudence, est un recours admis alors que la loi prohibe l\u2019appel ou le repousse \u00e0 un moment ult\u00e9rieur. ( R\u00e9p. pr.civ. Dalloz, mars 2012, v\u00b0 Appel n\u00b0 928).<\/p>\n<p>Dans un arr\u00eat du 8 d\u00e9cembre 2011 ( Cass. 2 \u00e8me civ, n\u00b0 10-18413), la Cour de Cassation fran\u00e7aise devait se prononcer sur la question de savoir si un appel-nullit\u00e9 se distingue quant \u00e0 son r\u00e9gime proc\u00e9dural d\u2019un appel-annulation de droit commun. La Cour a retenu \u00ab que l\u2019appel-nullit\u00e9, ouvert en cas d\u2019exc\u00e8s de pouvoir n\u2019est pas une voie de recours autonome \u00bb. Cela revient \u00e0 dire qu\u2019en formant un appel de droit commun, tel que c\u2019est le cas en l\u2019esp\u00e8ce, il est possible dans des conclusions post\u00e9rieures de conclure \u00e0 la nullit\u00e9 du jugement de premi\u00e8re instance, si tant est que les conditions d\u2019ouverture d\u2019un tel appel-nullit\u00e9 sont donn\u00e9es.<\/p>\n<p>Le moyen d\u2019irrecevabilit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) et des liquidateurs que les d\u00e9veloppements faits par les appelants quant \u00e0 la th\u00e9orie de \u00ab l\u2019appel-nullit\u00e9 \u00bb seraient \u00e0 qualifier de moyens nouveaux est partant \u00e0 rejeter.<\/p>\n<p>Les soci\u00e9t\u00e9s SOC.2.)\/SOC.3.)\/SOC.4.)\/SOC.5.), SOC.6.), D.) et E.) d\u00e9clarent relever appel-nullit\u00e9 incident contre le jugement entrepris et reprochent \u00e0 la juridiction de premi\u00e8re instance de ne pas avoir accueilli l\u2019exception dilatoire de la surs\u00e9ance \u00e0 statuer en application de l\u2019article 3 alin\u00e9a 2 du CIC.<\/p>\n<p>L\u2019appel incident est d\u00e9fini comme \u00e9tant celui qui est form\u00e9 par la partie intim\u00e9e, par voie de simples conclusions, contre le jugement qui est attaqu\u00e9 par son adversaire, l\u2019appelant principal , en vue d\u2019une r\u00e9formation dans son int\u00e9r\u00eat propre ( Cour d\u2019appel, 12 f\u00e9vrier 2003, BIJ, 5\/2003, page 60 ; Thierry Hoscheit, Le droit judiciaire priv\u00e9 au<\/p>\n<p>11 Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg au Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg, \u00e9dition 2012, n\u00b0 1327 et suiv). Le but d\u2019un appel incident est d\u2019obtenir la r\u00e9formation d\u2019un jugement de premi\u00e8re instance. Il a pour effet d\u2019\u00e9tendre la mati\u00e8re litigieuse d\u00e9volue \u00e0 la Cour d\u2019appel, mais en restant dans la limite de ce qui a \u00e9t\u00e9 soumis au juge de premi\u00e8re instance. ( R\u00e9p.pr.civile Dalloz, mars 2012 v\u00b0 Appel n\u00b0 495).<\/p>\n<p>Force est de constater qu\u2019en premi\u00e8re instance, tant les appelants au principal que les soci\u00e9t\u00e9s SOC.2.)\/SOC.3.)\/SOC.4.)\/SOC.5.) et SOC.6.), E.) et D.) ont conclu \u00e0 la surs\u00e9ance \u00e0 statuer en raison d\u2019une proc\u00e9dure p\u00e9nale en cours sur base de l\u2019article 3 alin\u00e9a 2 du CIC et que l\u2019objet de leur demande \u00e9tait identique \u00e0 celui des appelants au principal. Dans la mesure o\u00f9 il r\u00e9sulte des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent que l\u2019appel-nullit\u00e9 relev\u00e9 par l es appelants principaux n\u2019est pas une voie de recours autonome et que l\u2019examen de celui-ci a d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 d\u00e9volu \u00e0 la Cour du chef de l\u2019appel principal, les conclusions des soci\u00e9t\u00e9s SOC.2.)\/SOC.3.)\/SOC.4.)\/SOC.5.) et SOC.6.), E.) et D.) qui tendent \u00e0 voir d\u00e9clarer recevable l\u2019appel-nullit\u00e9 du chef d\u2019un exc\u00e8s de pouvoir commis par la juridiction de premi\u00e8re instance ne sont pas \u00e0 qualifier d\u2019appel incident, mais viennent appuyer celles des appelants au principal.<\/p>\n<p>Il y a lieu d\u2019\u00e9carter l\u2019argumentation de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) et de ses liquidateurs, que l\u2019appel incident interjet\u00e9 par E.) serait un appel incident d\u2019intim\u00e9 \u00e0 intim\u00e9, cette hypoth\u00e8se n\u2019\u00e9tant pas donn\u00e9e en l\u2019esp\u00e8ce, dans la mesure o\u00f9 les diverses soci\u00e9t\u00e9s SOC.2.)\/SOC.3.)\/SOC.4.)\/SOC.5.) et SOC.6.) de m\u00eame que D.) et E.) ont devant la juridiction de premi\u00e8re instance tous sollicit\u00e9 la surs\u00e9ance \u00e0 statuer de l\u2019action civile sur le fondement de l\u2019article 3 alin\u00e9a 2 du CIC et ne font pas valoir de revendications entre eux dans l\u2019instance d\u2019appel.<\/p>\n<p>Il en est de m\u00eame de leur assertion que l\u2019avocat de E.) ne se serait pas valablement constitu\u00e9, sa constitution du 30 janvier 2015 \u00e9tant r\u00e9guli\u00e8re et vers\u00e9e au dossier.<\/p>\n<p>Est \u00e9galement \u00e0 \u00e9carter le moyen de nullit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) et de ses liquidateurs quant \u00e0 l\u2019absence d\u2019indication exacte dans ladite constitution d\u2019avocat d\u2019un domicile r\u00e9el de E.), \u00ab domicili\u00e9 (&#8230;) \u00bb d\u00e8s lors qu\u2019une telle formalit\u00e9 est prescrite \u00e0 peine de nullit\u00e9 par les articles 153 et 585 du NCPC mais non dans les \u00e9critures d\u2019avocat.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la notion d\u2019appel-nullit\u00e9, il r\u00e9sulte de l\u2019\u00e9tude de la doctrine et de la jurisprudence fran\u00e7aises invoqu\u00e9es par les parties qu\u2019au cas o\u00f9 la loi interdit tout appel ou en diff\u00e8re l\u2019exercice, il est possible d\u2019interjeter un appel-nullit\u00e9 en cas d\u2019exc\u00e8s de pouvoir commis par le juge qui a rendu la d\u00e9cision attaqu\u00e9e. Ce recours trouve sa source dans la constatation qu\u2019aucune disposition l\u00e9gale ne peut interdire de faire constater, selon les voies de recours de droit commun, la nullit\u00e9<\/p>\n<p>12 d\u2019une d\u00e9cision entach\u00e9e d\u2019exc\u00e8s de pouvoir ( Jurisclasseur, proc\u00e9dure civile, fasc. 530, n\u00b0 114 et s. ; J.-L. Gallet : La proc\u00e9dure civile devant la Cour d\u2019appel, Litec, 2 \u00e8me \u00e9d., n\u00b0 56 et s ; cf pour l\u2019application des m\u00eames principes en mati\u00e8re de cassation : J. Bor\u00e9 et L. Bor\u00e9 : La cassation en mati\u00e8re civile, Dalloz Action 2009\/ 2010, n\u00b0 73.51 et s. ; Droit et pratique de la cassation en mati\u00e8re civile, Lexisnexis, 3 \u00e8me \u00e9d, n\u00b0 129 et s. ; C. Puigelier : La pratique de la cassation en mati\u00e8re sociale, Lexisnexis, 2 \u00e8me \u00e9d., n\u00b0 937 et s.).<\/p>\n<p>La th\u00e9orie dite de \u00ab l\u2019appel nullit\u00e9, import\u00e9e de la jurisprudence fran\u00e7aise, a pareillement \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9e par la Cour de cassation belge dans un arr\u00eat du 1 er juin 2006 ( Pas. 2006, p.1252). La Cour de cassation a jug\u00e9 que l\u2019article 1402 du Code judiciaire, qui en principe interdit au juge d\u2019appel de revenir sur l\u2019ex\u00e9cution provisoire accord\u00e9e par le premier juge, ne faisait pas obstacle \u00e0 ce que le juge d\u2019appel puisse toutefois annuler cette mesure \u00ab lorsqu\u2019elle n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 demand\u00e9e, lorsqu\u2019elle n\u2019est pas autoris\u00e9e par la loi, ou encore lorsque la d\u00e9cision a \u00e9t\u00e9 prise en m\u00e9connaissance des droits de la d\u00e9fense \u00bb. Depuis cet arr\u00eat, les juridictions de fond ont consacr\u00e9 cette th\u00e9orie ( voir p.ex. Cour d\u2019appel de Li\u00e8ge, 14 \u00e8me chambre, 29 novembre 2012, JLMB, 2013, p.1954 ; Cour d\u2019appel de Li\u00e8ge, 7 \u00e8me<\/p>\n<p>chambre, 28 novembre 2013, J.T. 2014\/2, n\u00b0 6546, p.27- 28 comment\u00e9 par Hoc A. ; voir \u00e9galement Cour d\u2019appel de Bruxelles, 16 \u00e8me chambre, 28 juin 2013, J.T. 2014\/32, n\u00b0 6576 p.624- 625 ; Cour d\u2019appel de Bruxelles, 16 \u00e8me chambre, 9 juillet 2014, J.T. 2014\/ 32 n\u00b0 6576 p.622- 624).<\/p>\n<p>Au vu des nombreuses d\u00e9cisions rendues en la mati\u00e8re par les cours et tribunaux fran\u00e7ais et belges, l\u2019existence d\u2019un tel recours ne fait plus de doute dans ces syst\u00e8mes juridiques. Il n\u2019existe pas de motifs de ne pas transposer cette solution en droit luxembourgeois.<\/p>\n<p>Concernant la d\u00e9cision du 3 mai 1996 de la Cour d\u2019appel luxembourgeoise cit\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) et ses liquidateurs, d\u00e9cision qui, selon ces parties, a rejet\u00e9 l\u2019application de l\u2019appel-nullit\u00e9 en droit luxembourgeois. Il r\u00e9sulte de la lecture de cet arr\u00eat que, saisi du moyen de la partie appelante que l\u2019appel est recevable contre la d\u00e9cision ayant ordonn\u00e9 une communication de pi\u00e8ces, d\u00e8s lors que le juge a commis un exc\u00e8s de pouvoir, la Cour a r\u00e9pondu qu\u2019il n\u2019y a pas eu d\u2019exc\u00e8s de pouvoir puisque les articles 191 et 192 du code de proc\u00e9dure civile autorisent le juge \u00e0 enjoindre \u00e0 une partie ou \u00e0 un tiers de communiquer une pi\u00e8ce. Rejetant l\u2019existence d\u2019un exc\u00e8s de pouvoir, la Cour n\u2019a pas eu \u00e0 se prononcer sur la possibilit\u00e9 d\u2019attaquer la d\u00e9cision par un appel-nullit\u00e9. Cet arr\u00eat ne saurait partant \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme ayant rejet\u00e9 l\u2019application en droit luxembourgeois de la cr\u00e9ation pr\u00e9torienne de l\u2019appel-nullit\u00e9.<\/p>\n<p>Quant aux cas de figure dans lesquels un tel recours est autoris\u00e9, il convient de constater que jusqu\u2019\u00e0 un arr\u00eat de la chambre mixte de la Cour de cassation fran\u00e7aise du 28 janvier 2005, l\u2019appel-nullit\u00e9 \u00e9tait<\/p>\n<p>13 autoris\u00e9, outre en cas d\u2019exc\u00e8s de pouvoir, en cas de violation d\u2019un principe essentiel ou fondamental de proc\u00e9dure. Par son arr\u00eat du 28 janvier 2005, la chambre mixte de la Cour de Cassation a mis fin \u00e0 cette extension de l\u2019appel-nullit\u00e9, en rappelant que ce recours est r\u00e9serv\u00e9 au seul cas o\u00f9 un exc\u00e8s de pouvoir a \u00e9t\u00e9 commis ( Bull. civ. 2005, chbre mixte, n\u00b0 1). Cette solution a \u00e9t\u00e9 critiqu\u00e9e par certains auteurs ( cf notamment : J. Bor\u00e9 et L. Bor\u00e9 : La cassation en mati\u00e8re civile, Dalloz Action, 2009\/2010, 73.57), mais approuv\u00e9e par d\u2019autres ( cf notamment : S. Guichard : Droit et pratique de la proc\u00e9dure civile, Dalloz Action 2006\/2007, n\u00b0 541- 08). Elle constitue actuellement la position de la Cour de cassation fran\u00e7aise et elle a \u00e9t\u00e9 rappel\u00e9e par un arr\u00eat de la chambre civile de cette m\u00eame cour en date du 20 f\u00e9vrier 2007 ( cf R. Perrot, note sous Cass. civ. 1 \u00e8re, 20 f\u00e9vrier 2007, dans RTDC 2007, p. 386). La Cour de cassation a rappel\u00e9 dans cette d\u00e9cision que seul un exc\u00e8s de pouvoir consistant pour le juge de m\u00e9conna\u00eetre l\u2019\u00e9tendue de son pouvoir de juger pouvait justifier l\u2019ouverture d\u2019un appel-nullit\u00e9.<\/p>\n<p>En Belgique, cette th\u00e9orie re\u00e7oit une port\u00e9e plus large qu\u2019en France dans la mesure o\u00f9 dans ce pays, elle ne se cantonne pas \u00e0 l\u2019hypoth\u00e8se dans laquelle le juge aurait commis un exc\u00e8s de pouvoir stricto sensu, c\u2019est-\u00e0-dire dans laquelle il aurait statu\u00e9 sans pouvoir de juridiction ( J. Van Compernolle \u00ab Le double degr\u00e9 de juridiction et les exigences du proc\u00e8s \u00e9quitable \u00bb in J.Van Compernolle et A. Saletti, Le double degr\u00e9 de juridiction &#8211; Etude de droit compar\u00e9, Bruxelles, Bruylant, 2010, pp.6- 9) . C\u2019est ainsi qu\u2019en Belgique, d\u00e8s un arr\u00eat de la Cour de cassation du 1 er avril 2004 ( Pas. 2004, p.557), il fut entendu que le droit d\u2019appel pouvait rena\u00eetre lorsque la d\u00e9cision avait \u00e9t\u00e9 rendue \u00ab en violation des droits de la d\u00e9fense \u00bb. L\u2019arr\u00eat du 1 er juin 2006 y a ajout\u00e9 l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 le juge a statu\u00e9 ultra petita et celle dans laquelle il a statu\u00e9 contra legem. La g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 des termes employ\u00e9s par la Cour de cassation dans son arr\u00eat du 1 er<\/p>\n<p>juin 2006 avait laiss\u00e9 songer que la th\u00e9orie dite de \u00ab l\u2019appel nullit\u00e9 \u00bb puisse \u00eatre \u00e9tendue \u00e0 d\u2019autres domaines. La jurisprudence belge est actuellement fix\u00e9e en ce sens que la violation des droits de la d\u00e9fense, en ce comprises l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 le juge statue ultra petita et celle o\u00f9 il m\u00e9conna\u00eet le principe de la contradiction, doit continuer \u00e0 permettre au juge d\u2019appel, que ce soit dans le cas particulier de l\u2019ex\u00e9cution provisoire ou dans un autre contexte, \u00e0 revenir sur la d\u00e9cision du premier juge m\u00eame dans le cas o\u00f9 la loi supprime ou restreint cette possibilit\u00e9. ( commentaire des deux arr\u00eats rendus par la Cour d\u2019appel de Bruxelles des 28 juin 2013 et 9 juillet 2014 par Hoc A. \u00ab Principe de la contradiction , obligation de motivation et appel-nullit\u00e9 \u00bb J.T. 2014\/32, n\u00b0 6576, p.613- 617).<\/p>\n<p>La Cour adopte la solution d\u00e9gag\u00e9e par la Cour de cassation fran\u00e7aise. Les principes r\u00e9gissant la mati\u00e8re sont identiques dans les deux syst\u00e8mes juridiques. Les m\u00eames motifs que ceux invoqu\u00e9s devant les juges fran\u00e7ais et retenus par ces derniers, soutenus par la doctrine, doivent conduire \u00e0 admettre la m\u00eame solution en droit<\/p>\n<p>14 luxembourgeois que celle reconnue en droit fran\u00e7ais. S\u2019agissant en outre d\u2019une voie de recours non pr\u00e9vue par la loi, mais de cr\u00e9ation pr\u00e9torienne, son domaine d\u2019application doit \u00eatre restreint et rester cantonn\u00e9 \u00e0 l\u2019exc\u00e8s de pouvoir ( voir pour les conditions d\u2019u appel- nullit\u00e9, Cour d\u2019appel de Versailles, n\u00b0 de RG 14\/03872 du 19 f\u00e9vrier 2015).<\/p>\n<p>L\u2019appel-nullit\u00e9 n\u2019est ouvert que si trois s\u00e9ries de conditions sont remplies: qu\u2019un texte apporte une atteinte au double degr\u00e9 de juridiction ; que la d\u00e9cision \u00e0 l\u2019encontre de laquelle l\u2019appel est interjet\u00e9 soit affect\u00e9e par un vice suffisamment grave et qu\u2019en outre, aucun autre recours ne soit ouvert ( JCL proc\u00e9dure civile, Fasc.724 Appel-Appel nullit\u00e9, Fonctions d\u2019annulation de l\u2019appel n\u00b0 17 et suivants).<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la premi\u00e8re et la troisi\u00e8me condition, il y a lieu de relever que la recevabilit\u00e9 de l\u2019appel-nullit\u00e9 est conditionn\u00e9e \u00e0 la prohibition d\u2019un appel de droit commun. En outre l\u2019appel-nullit\u00e9 est d\u00e9clar\u00e9 irrecevable lorsqu\u2019un autre recours permet d\u2019invoquer la nullit\u00e9 d\u2019une d\u00e9cision entach\u00e9e d\u2019un vice grave. L\u2019irrecevabilit\u00e9 de l\u2019appel-nullit\u00e9 suppose que le plaideur ne dispose d\u2019aucun recours imm\u00e9diatement recevable. Si le recours est diff\u00e9r\u00e9 par la loi, l\u2019appel-nullit\u00e9 redevient imm\u00e9diatement recevable. ( JCL proc\u00e9dure civile, Fasc.724 Appel- Appel nullit\u00e9, Fonctions d\u2019annulation de l\u2019appel n\u00b0 30 et suivants).<\/p>\n<p>Ces deux conditions sont remplies en l\u2019occurrence au regard des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent.<\/p>\n<p>Encore faut-il d\u00e9finir l\u2019exc\u00e8s de pouvoir, deuxi\u00e8me condition de recevabilit\u00e9 de l\u2019appel-nullit\u00e9.<\/p>\n<p>Il est reconnu que l\u2019exc\u00e8s de pouvoir peut se manifester de fa\u00e7on positive, lorsque le juge a outrepass\u00e9 ses pouvoirs, mais \u00e9galement de fa\u00e7on n\u00e9gative, lorsqu\u2019il n\u2019a pas exerc\u00e9 son pouvoir. L\u2019existence de la deuxi\u00e8me acception est critiqu\u00e9e en doctrine (voir notamment R. Perrot, note pr\u00e9cit\u00e9e).<\/p>\n<p>La notion d\u2019exc\u00e8s de pouvoir positif ne se cantonne pas \u00e0 l\u2019hypoth\u00e8se de la transgression de la s\u00e9paration des pouvoirs, mais elle vise encore les situations telles que lorsque :<\/p>\n<p>le juge transgresse une r\u00e8gle d\u2019ordre public par laquelle la loi a circonscrit son autorit\u00e9,<\/p>\n<p>il viole un principe fondamental de l\u2019organisation judiciaire,<\/p>\n<p>il statue au m\u00e9pris d\u2019une immunit\u00e9 de juridiction ou de la comp\u00e9tence exclusive communautaire.<\/p>\n<p>Ne constitue par contre pas un exc\u00e8s de pouvoir :<\/p>\n<p>l\u2019inobservation par le juge de dispositions qui portent atteinte au droit d\u2019acc\u00e8s \u00e0 un tribunal au sens de l\u2019article 6 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme,<\/p>\n<p>un mal jug\u00e9 par une erreur de droit,<\/p>\n<p>la m\u00e9connaissance de dispositions d\u2019ordre public,<\/p>\n<p>la violation de r\u00e8gles de proc\u00e9dure ( cf pour tous ces exemples : J.-L. Gallet : La proc\u00e9dure civile devant la Cour d\u2019appel, Litec, 2 \u00e8me<\/p>\n<p>\u00e9d., n\u00b0 59).<\/p>\n<p>La Cour est saisie d\u2019un appel dirig\u00e9 contre un jugement du tribunal d\u2019arrondissement du 23 mars 2012 qui a refus\u00e9 d\u2019ordonner une surs\u00e9ance \u00e0 statuer en application de l\u2019article 3 alin\u00e9a 2 du CIC et est amen\u00e9e \u00e0 se prononcer sur la recevabilit\u00e9 d\u2019un appel-nullit\u00e9 relev\u00e9 contre ce jugement. En revanche, la Cour n\u2019est pas saisie d\u2019un appel contre une pr\u00e9tendue \u00ab d\u00e9cision orale \u00bb du magistrat ayant pr\u00e9sid\u00e9 la chambre commerciale du tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, \u00ab de continuer l\u2019instruction de l\u2019affaire apr\u00e8s que le jugement du 4 mars 2011 n\u2019ait \u00e9t\u00e9 rendu \u00bb. Aussi la Cour ne tiendra pas compte des critiques \u00e9mises par les appelants \u00e0 l\u2019\u00e9gard de cette \u00ab d\u00e9cision orale \u00bb, qui ne sont pas pertinentes pour la solution du pr\u00e9sent litige.<\/p>\n<p>Il convient d\u2019ajouter \u00e0 titre superf\u00e9tatoire que les pi\u00e8ces dont la communication a \u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9e par le jugement du 4 mars 2011 concernaient uniquement le fond de l\u2019affaire et ne faisaient pas obstacle \u00e0 voir entamer les d\u00e9bats sur la question de la surs\u00e9ance \u00e0 statuer sur l\u2019action civile en raison de proc\u00e9dures p\u00e9nales en cours. La d\u00e9cision du tribunal d\u2019entamer les d\u00e9bats sur cette question n\u2019est d\u00e8s lors pas constitutive d\u2019un exc\u00e8s de pouvoir<\/p>\n<p>Au regard des principes ci-avant d\u00e9velopp\u00e9s, c\u2019est encore \u00e0 juste titre que la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) et les liquidateurs font plaider, que l\u2019absence de d\u00e9signation d\u2019un juge de la mise en \u00e9tat conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 202 du NCPC avant la d\u00e9cision du 23 mars 2012, de m\u00eame que l\u2019absence d\u2019une ordonnance de cl\u00f4ture, ne sont pas constitutifs d\u2019un exc\u00e8s de pouvoir ouvrant la voie \u00e0 un appel- nullit\u00e9 de la d\u00e9cision du tribunal du 23 mars 2012. De m \u00eame, la d\u00e9signation d\u2019un magistrat de la mise en \u00e9tat ne s\u2019imposait pas d\u00e8s lors qu\u2019il r\u00e9sulte des pi\u00e8ces soumises \u00e0 la Cour qu\u2019au regard des diff\u00e9rents courriers adress\u00e9s au pr\u00e9sident de la chambre commerciale du tribunal d\u2019arrondissement, informant le tribunal de l\u2019existence de proc\u00e9dures p\u00e9nales en cours, la question de la surs\u00e9ance \u00e0 statuer sur le fondement de l\u2019article 3 alin\u00e9a 2 du CIC paraissait pr\u00eate \u00e0 \u00eatre jug\u00e9e et l\u2019affaire a \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9e \u00e0 l\u2019audience. ( voir pi\u00e8ces 36 et 38 de Ma\u00eetre Rukavina).<\/p>\n<p>16 Concernant la d\u00e9cision de la juridiction de premi\u00e8re instance de ne pas surseoir \u00e0 statuer sur le fondement du principe que \u00ab le criminel tient le civil en l\u2019\u00e9tat \u00bb, la Cour constate ensemble avec la juridiction de premi\u00e8re instance qu\u2019en France, depuis la loi du 5 mars 2007 (L- n\u00b02007- 291), l\u2019alin\u00e9a 3 de l\u2019article 4 du Code de proc\u00e9dure p\u00e9nale fran\u00e7ais dispose que le principe n\u2019est d\u00e9sormais pleinement applicable que si la juridiction p\u00e9nale est saisie du litige relatif \u00e0 la r\u00e9paration du pr\u00e9judice subi par la victime, la mise en mouvement de l\u2019action publique n\u2019impose pas la suspension du jugement des autres actions exerc\u00e9es devant la juridiction civile. D\u00e9sormais, le criminel n\u2019a plus autorit\u00e9 sur toutes les autres actions exerc\u00e9es \u00e0 des fins civiles, qui bien que li\u00e9es \u00e0 la commission d\u2019une infraction, n\u2019ont pas pour objet la r\u00e9paration d\u2019un dommage. (R\u00e9p.p\u00e9nal Dalloz, septembre 2012 v\u00b0 Action civile, n\u00b0 665 et 679 ).<\/p>\n<p>Or, la jurisprudence de la Cour de cassation fran\u00e7aise consid\u00e8re, concernant une violation de l\u2019article 4 du code de proc\u00e9dure p\u00e9nale, dans sa r\u00e9daction avant la loi du 5 mars 2007, dont la port\u00e9e \u00e9tait identique \u00e0 l\u2019article 3 alin\u00e9a 2 du CIC luxembourgeois, et tel que l\u2019ont rappel\u00e9 \u00e0 bon droit les juges de premi\u00e8re instance, \u00ab que la violation de la r\u00e8gle du sursis \u00e0 statuer du juge civil tant que le juge p\u00e9nal ne s\u2019est pas prononc\u00e9 d\u00e9finitivement sur l\u2019action publique n\u2019ouvre pas le recours \u00bb ( Cour de Cassation fran\u00e7aise, chambre commerciale, 11 mai 2010, n\u00b0 de pourvoi :09-65960 ; chambre commerciale, 26 septembre 2006, n\u00b0 05-14465 : Bull.civ.2005, I. n\u00b0 293) .<\/p>\n<p>Au regard des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent, l\u2019appel-nullit\u00e9 est \u00e0 d\u00e9clarer irrecevable.<\/p>\n<p>PAR CES MOTIFS :<\/p>\n<p>la Cour d\u2019appel, quatri\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale, statuant contradictoirement et sur le rapport du magistrat de la mise en \u00e9tat,<\/p>\n<p>dit irrecevable l\u2019appel-nullit\u00e9 contre le jugement du 23 mars 2012,<\/p>\n<p>dit irrecevable les appel-annulation et appel-r\u00e9formation contre le jugement du 23 mars 2012,<\/p>\n<p>condamne A.), B.) et C.), aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance avec distraction au profit de Ma\u00eetre Alain Rukavina, avocat constitu\u00e9, sur ses affirmations de droit.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-superieure-de-justice-chambre-4\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-superieure-de-justice-chambre-4\/20240827-170749\/20150708-ca4-38721a-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). Republication autorisee avec attribution, sans modification editoriale du texte integral.<\/em><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1 Arr\u00eat commercial Audience publique du huit juillet deux mille quinze Num\u00e9ro 38721 du r\u00f4le. Composition : Roger LINDEN, pr\u00e9sident de chambre; Marianne HARLES, conseill\u00e8re; Elisabeth WEYRICH, conseill\u00e8re; Eric VILVENS, greffier assum\u00e9. E n t r e : 1. A.), pris en sa qualit\u00e9 d&#8217;\u2026<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_crdt_document":""},"kji_country":[8418],"kji_court":[12305],"kji_chamber":[18433],"kji_year":[78562],"kji_subject":[7724],"kji_keyword":[8600,9055,12307],"kji_language":[7733],"class_list":["post-866222","kji_decision","type-kji_decision","status-publish","hentry","kji_country-luxembourg","kji_court-cour-superieure-de-justice","kji_chamber-chambre-4","kji_year-78562","kji_subject-civil","kji_keyword-juillet","kji_keyword-justice","kji_keyword-superieure","kji_language-francais"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.6 (Yoast SEO v27.6) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Cour sup\u00e9rieure de justice, 8 juillet 2015 - Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-8-juillet-2015-2\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"zh_CN\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Cour sup\u00e9rieure de justice, 8 juillet 2015\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"1 Arr\u00eat commercial Audience publique du huit juillet deux mille quinze Num\u00e9ro 38721 du r\u00f4le. Composition : Roger LINDEN, pr\u00e9sident de chambre; Marianne HARLES, conseill\u00e8re; Elisabeth WEYRICH, conseill\u00e8re; Eric VILVENS, greffier assum\u00e9. E n t r e : 1. A.), pris en sa qualit\u00e9 d&#039;\u2026\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-8-juillet-2015-2\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2026-05-08T22:20:50+00:00\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u9884\u8ba1\u9605\u8bfb\u65f6\u95f4\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"36 \u5206\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/zh-hans\\\/jurisprudences\\\/cour-superieure-de-justice-8-juillet-2015-2\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/zh-hans\\\/jurisprudences\\\/cour-superieure-de-justice-8-juillet-2015-2\\\/\",\"name\":\"Cour sup\u00e9rieure de justice, 8 juillet 2015 - Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/zh-hans\\\/#website\"},\"datePublished\":\"2026-05-08T22:20:45+00:00\",\"dateModified\":\"2026-05-08T22:20:50+00:00\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/zh-hans\\\/jurisprudences\\\/cour-superieure-de-justice-8-juillet-2015-2\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"zh-Hans\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/zh-hans\\\/jurisprudences\\\/cour-superieure-de-justice-8-juillet-2015-2\\\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/zh-hans\\\/jurisprudences\\\/cour-superieure-de-justice-8-juillet-2015-2\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/zh-hans\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Jurisprudences\",\"item\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/zh-hans\\\/jurisprudences\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":3,\"name\":\"Cour sup\u00e9rieure de justice, 8 juillet 2015\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/zh-hans\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/zh-hans\\\/\",\"name\":\"Kohen Avocats\",\"description\":\"Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat p\u00e9naliste \u00e0 Paris, intervient exclusivement en droit p\u00e9nal pour la d\u00e9fense des particuliers, notamment en mati\u00e8re d\u2019accusations de viol. Il assure un accompagnement rigoureux d\u00e8s la garde \u00e0 vue jusqu\u2019\u00e0 la Cour d\u2019assises, veillant au strict respect des garanties proc\u00e9durales.\",\"publisher\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/zh-hans\\\/#organization\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/zh-hans\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"zh-Hans\"},{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/zh-hans\\\/#organization\",\"name\":\"Kohen Avocats\",\"url\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/zh-hans\\\/\",\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"zh-Hans\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/zh-hans\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2026\\\/01\\\/Logo-2-1.webp\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2026\\\/01\\\/Logo-2-1.webp\",\"width\":2114,\"height\":1253,\"caption\":\"Kohen Avocats\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/zh-hans\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\"}}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO Premium plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 8 juillet 2015 - Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-8-juillet-2015-2\/","og_locale":"zh_CN","og_type":"article","og_title":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 8 juillet 2015","og_description":"1 Arr\u00eat commercial Audience publique du huit juillet deux mille quinze Num\u00e9ro 38721 du r\u00f4le. Composition : Roger LINDEN, pr\u00e9sident de chambre; Marianne HARLES, conseill\u00e8re; Elisabeth WEYRICH, conseill\u00e8re; Eric VILVENS, greffier assum\u00e9. E n t r e : 1. A.), pris en sa qualit\u00e9 d'\u2026","og_url":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-8-juillet-2015-2\/","og_site_name":"Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris","article_modified_time":"2026-05-08T22:20:50+00:00","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"\u9884\u8ba1\u9605\u8bfb\u65f6\u95f4":"36 \u5206"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-8-juillet-2015-2\/","url":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-8-juillet-2015-2\/","name":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 8 juillet 2015 - Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris","isPartOf":{"@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/#website"},"datePublished":"2026-05-08T22:20:45+00:00","dateModified":"2026-05-08T22:20:50+00:00","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-8-juillet-2015-2\/#breadcrumb"},"inLanguage":"zh-Hans","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-8-juillet-2015-2\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-8-juillet-2015-2\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Jurisprudences","item":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/jurisprudences\/"},{"@type":"ListItem","position":3,"name":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 8 juillet 2015"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/#website","url":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/","name":"Kohen Avocats","description":"Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat p\u00e9naliste \u00e0 Paris, intervient exclusivement en droit p\u00e9nal pour la d\u00e9fense des particuliers, notamment en mati\u00e8re d\u2019accusations de viol. Il assure un accompagnement rigoureux d\u00e8s la garde \u00e0 vue jusqu\u2019\u00e0 la Cour d\u2019assises, veillant au strict respect des garanties proc\u00e9durales.","publisher":{"@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"zh-Hans"},{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/#organization","name":"Kohen Avocats","url":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/","logo":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"zh-Hans","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/#\/schema\/logo\/image\/","url":"https:\/\/kohenavocats.com\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Logo-2-1.webp","contentUrl":"https:\/\/kohenavocats.com\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Logo-2-1.webp","width":2114,"height":1253,"caption":"Kohen Avocats"},"image":{"@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/#\/schema\/logo\/image\/"}}]}},"jetpack_likes_enabled":false,"jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/wp-json\/wp\/v2\/kji_decision\/866222","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/wp-json\/wp\/v2\/kji_decision"}],"about":[{"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/wp-json\/wp\/v2\/types\/kji_decision"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=866222"}],"wp:term":[{"taxonomy":"kji_country","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/wp-json\/wp\/v2\/kji_country?post=866222"},{"taxonomy":"kji_court","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/wp-json\/wp\/v2\/kji_court?post=866222"},{"taxonomy":"kji_chamber","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/wp-json\/wp\/v2\/kji_chamber?post=866222"},{"taxonomy":"kji_year","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/wp-json\/wp\/v2\/kji_year?post=866222"},{"taxonomy":"kji_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/wp-json\/wp\/v2\/kji_subject?post=866222"},{"taxonomy":"kji_keyword","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/wp-json\/wp\/v2\/kji_keyword?post=866222"},{"taxonomy":"kji_language","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/zh-hans\/wp-json\/wp\/v2\/kji_language?post=866222"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}