Avocat en droit routier à Paris : Défense experte en cas de conduite sans permis

Contrôlé au volant sans permis valide, vous faites face à un délit pénal dont les conséquences dépassent largement le simple prononcé d’une amende. L’article L. 221-2 du Code de la route prévoit jusqu’à un an d’emprisonnement et quinze mille euros d’amende. Le tribunal peut ordonner la confiscation de votre véhicule même s’il appartient à un tiers, prononcer une interdiction de conduire pouvant atteindre cinq ans, et inscrire cette condamnation à votre casier judiciaire. Ces sanctions compromettent votre activité professionnelle si vous dépendez d’un véhicule pour travailler.

Le Cabinet Kohen Avocats défend les conducteurs poursuivis devant les juridictions parisiennes et franciliennes. Nous analysons la validité de la notification administrative qui vous informait de la suspension ou de l’invalidation. Nous examinons si vous connaissiez effectivement votre absence de droit de conduire au moment du contrôle. Cette connaissance constitue un élément juridique déterminant du délit. Son absence peut justifier votre relaxe, comme l’a admis la Cour d’appel de Pau le 1er mars 2007 dans une affaire similaire.

Notre objectif consiste à éviter l’emprisonnement ferme, préserver votre véhicule professionnel, et limiter les interdictions futures. Nous préparons chaque dossier avant l’audience en rassemblant les preuves de notification défaillante, les justificatifs professionnels démontrant votre dépendance au véhicule, et les éléments de régularisation en cours. Nous négocions avec le parquet pour proposer des mesures alternatives crédibles : travail d’intérêt général, stage de sensibilisation, amende raisonnable.

Qu'est-ce que la conduite sans permis selon la législation française ?

Définition juridique et domaine d’application :

L’article L. 221-2 du Code de la route incrimine la conduite d’un véhicule automobile sans détenir le permis correspondant à sa catégorie. Cette incrimination couvre toutes les situations où le lien juridique entre le conducteur et son droit de conduire est rompu ou inexistant.

Multiples configurations du délit :

Conduite sans avoir jamais obtenu le permis : le conducteur n’a jamais réussi l’examen du permis de conduire. Cette situation peut donner lieu depuis le 1er novembre 2018 à une amende forfaitaire délictuelle de 800 euros si aucune circonstance aggravante n’est retenue et en l’absence de récidive. Cette procédure simplifiée évite la comparution devant le tribunal correctionnel. Le montant est réduit à 640 euros si le paiement intervient dans les quinze jours, mais passe à 1600 euros après quarante-cinq jours. L’infraction reste inscrite au bulletin numéro deux du casier judiciaire malgré cette procédure simplifiée.

Conduite malgré suspension du permis : le conducteur fait l’objet d’une suspension administrative ordonnée par le préfet ou d’une suspension judiciaire prononcée par un tribunal. Il continue de conduire pendant la période d’interdiction. Cette configuration constitue un délit distinct prévu à l’article L. 224-16 du Code de la route, puni de deux ans d’emprisonnement et 4500 euros d’amende.

Conduite malgré annulation du permis : le permis a été annulé définitivement par décision judiciaire. Le conducteur doit repasser intégralement l’examen du permis après expiration du délai d’interdiction prononcé. Toute conduite avant cette nouvelle obtention constitue le délit.

Conduite malgré invalidation du permis : le solde de points est épuisé, ce qui entraîne l’invalidation automatique du permis. L’administration envoie une notification recommandée informant le conducteur de cette invalidation et de l’obligation de restituer son permis. L’absence de réception effective de cette notification peut justifier la relaxe si le conducteur ignorait légitimement son invalidation.

Conduite avec catégorie de permis non conforme : le conducteur détient un permis autorisant une catégorie de véhicules mais conduit un véhicule relevant d’une catégorie supérieure. Un conducteur titulaire du seul permis B qui conduit un poids lourd commet cette infraction.

Chacune de ces configurations relève de la même incrimination de conduite sans permis, bien que leurs origines et implications diffèrent profondément.

Pour établir le délit, l’accusation doit démontrer trois éléments distincts. Chacun peut faire l’objet d’une contestation.

Élément matériel : la conduite d’un véhicule

La jurisprudence interprète le concept de conduite de manière extensive. Le conducteur est réputé conduire dès qu’il se trouve aux commandes du véhicule avec le moteur en marche, même à l’arrêt. Un conducteur immobilisé sur le bas-côté, moteur allumé, se trouve en situation de conduite. Les forces de l’ordre constatent fréquemment l’infraction lors d’arrêts à un feu rouge ou dans un embouteillage. Le mouvement du véhicule n’est pas un critère déterminant.

Élément matériel : l’absence de permis valide au moment considéré

Le conducteur doit se trouver dans l’une des configurations précédemment énumérées : non-titularité, suspension, annulation, invalidation, ou non-conformité de catégorie. Cette absence doit être établie avec certitude au moment précis du contrôle. Les forces de l’ordre consultent le fichier national des permis de conduire pour vérifier la validité en temps réel.

Élément intentionnel : la connaissance de l’absence de permis

Cet élément constitue le levier de défense le plus efficace. La jurisprudence impose que le conducteur ait agi en connaissance de cause. Il doit avoir conscience que son permis n’est plus valide. Cette connaissance est présumée lorsque le conducteur n’a jamais obtenu le permis ou lorsqu’il a reçu notification officielle d’une suspension, annulation ou invalidation.

La présomption cède si le conducteur prouve qu’il ignorait légitimement son absence de droit. L’absence de réception de la notification administrative détruit l’élément intentionnel. La Cour d’appel de Pau a relaxé un prévenu le 1er mars 2007 faute de preuve de la notification de l’injonction de restitution et de la connaissance par le conducteur de l’invalidation de son permis. Une erreur de bonne foi sur la date de fin de suspension constitue également une circonstance susceptible de remettre en cause l’intention délictuelle.

Votre cabinet d’avocats mène les investigations nécessaires pour établir ces absences de connaissance et obtenir votre relaxe ou une atténuation importante de la condamnation.

Peines principales applicables :

Pour une conduite sans permis sans circonstance aggravante, l’article L. 221-2 du Code de la route prévoit : – Emprisonnement : jusqu’à un an de prison – Amende : jusqu’à quinze mille euros – Tribunal compétent : Tribunal judiciaire, chambres correctionnelles

Peines complémentaires dans le pouvoir discrétionnaire du juge :

Immobilisation du véhicule : d’une durée maximale d’un an. Cette mesure administrative prive le propriétaire de l’usage de son bien.

Confiscation du véhicule : le tribunal peut ordonner la confiscation définitive du véhicule, même s’il appartient à un tiers n’ayant pas commis l’infraction. Cette mesure est dramatique pour les travailleurs dépendant de leur véhicule professionnel. La Chambre criminelle de la Cour de cassation a confirmé le 13 février 2018 l’obligation pour le juge de motiver spécialement cette décision et de respecter les droits du propriétaire tiers.

Interdiction de conduire certaines catégories de véhicules : d’une durée maximale de cinq ans. Cette interdiction peut concerner les véhicules particuliers, professionnels ou autres selon les termes de la condamnation.

Obligation d’un stage de sensibilisation à la sécurité routière : aux frais intégralement supportés par le condamné. Ce coût s’ajoute aux autres pénalités.

Travail d’intérêt général : mesure alternative ou complémentaire à l’emprisonnement, d’une durée variant de quarante à deux cent quarante heures.

Peines aggravées en cas de récidive :

La récidive existe lorsqu’une nouvelle conduite sans permis survient dans les cinq ans suivant une condamnation définitive pour le même délit. Les peines augmentent considérablement : – Emprisonnement : jusqu’à deux ans – Amende : jusqu’à trente mille euros – Confiscation du véhicule : devenue obligatoire – Interdiction de conduire : imposée pour une durée minimale de cinq ans

Les tribunaux prononcent des peines fermes en cas de récidive. La Cour d’appel de Toulouse a condamné le 23 juillet 2008 un récidiviste à deux ans d’emprisonnement dont six mois sous surveillance électronique mobile. La Cour d’appel de Douai a prononcé le 2 mai 2007 une peine de huit mois d’emprisonnement ferme pour un délit de fuite cumulé avec une conduite sans permis en récidive.

Peines en cas de circonstances aggravantes :

Si la conduite sans permis s’accompagne d’un refus d’obtempérer à une sommation de s’arrêter signifiée par les forces de l’ordre, les peines augmentent encore : – Emprisonnement : jusqu’à trois ans – Amende : jusqu’à quarante-cinq mille euros – Confiscation du véhicule : obligatoire

La Cour d’appel de Bordeaux a condamné le 3 décembre 2008 un conducteur cumulant conduite sans permis, refus d’obtempérer aggravé, alcoolémie et très grand excès de vitesse à des peines d’emprisonnement et complémentaires lourdes.

Conséquences administratives durables :

Une condamnation pour conduite sans permis est inscrite au casier judiciaire et communiquée à la préfecture. Le tribunal peut prononcer une interdiction de solliciter un nouveau permis pendant une période pouvant s’étendre à plusieurs années. Cette interdiction retarde significativement toute possibilité de régularisation ultérieure.

Répercussions professionnelles et sociales :

Au-delà des sanctions officielles, une condamnation crée des barrières à l’accès de certaines professions : conducteur, chauffeur, représentant commercial. Elle complique l’accès à l’assurance automobile et peut justifier le licenciement d’un salarié dont la conduite était un élément essentiel des fonctions. La Cour d’appel de Versailles a validé le 20 janvier 2025 le licenciement d’un salarié condamné pour conduite sans permis lorsque la conduite constituait une fonction importante de son contrat de travail.

Contestation de l’élément intentionnel : le fondement de la relaxe

L’absence ou l’insuffisance de connaissance reste le levier le plus puissant de la défense. Nous menons une enquête approfondie pour démontrer que vous ignoriez légitimement votre absence de droit.

Absence de notification administrative de la suspension : si vous n’avez jamais reçu la lettre recommandée notifiant la suspension administrative prononcée par le préfet, vous aviez tout motif raisonnable de croire votre permis valide. Nous requérons la production des documents administratifs établissant la notification effective et soulevons l’absence de preuve de réception. Sans cette preuve, l’élément intentionnel ne peut être tenu pour établi.

Invalidation du permis pour perte de points non notifiée : en cas d’invalidation automatique pour épuisement du solde de points, l’administration envoie une notification recommandée. Une erreur d’adresse, un déménagement non notifié à la préfecture, une perte postale peuvent justifier l’absence de réception. La Cour d’appel de Pau a relaxé le 1er mars 2007 un prévenu faute de preuve de la notification de l’injonction de restitution et de sa connaissance de l’invalidation. Dans ces hypothèses, votre ignorance était entièrement légitime.

Erreur sur le calcul de la date de fin de suspension : si vous avez commis une erreur de bonne foi sur la date à laquelle vous pensiez récupérer votre permis, cette erreur constitue une circonstance atténuante majeure, voire une cause d’exonération.

Contestation de la matérialité de la conduite

Nous examinons les conditions concrètes du contrôle. Si vous n’étiez pas à la place conducteur au moment du contrôle, si le véhicule n’était pas en mouvement et que le moteur était éteint, ou si les éléments de preuve présentent des lacunes quant à votre implication effective, nous demandons votre relaxe au motif que l’élément matériel n’est pas établi.

État de nécessité : la défense des circonstances exceptionnelles

Cette défense fonctionne rarement mais peut prévaloir dans des circonstances véritablement exceptionnelles. Vous aviez le droit de conduire sans permis si vous y étiez contraint pour éviter un danger imminent et actuel menaçant votre vie ou celle d’autrui. Une urgence médicale nécessitant un transport immédiat à l’hôpital en l’absence de toute alternative constitue le cas typique : ambulance indisponible, pompiers saturés, aucun tiers capable de conduire.

L’admission de cette défense exige la démonstration que le danger était véritablement actuel, que la conduite constituait le seul moyen raisonnablement disponible, et que le préjudice causé était proportionné au préjudice évité.

Mise en avant de la régularisation de votre situation

Si vous avez déjà régularisé votre situation en repassant l’examen du permis de conduire et en obtenant un nouveau titre, nous valorisons considérablement cette démarche. Elle démontre au tribunal votre prise de conscience et votre volonté de respecter vos obligations légales. Cette régularisation peut conduire à une peine clémente, une dispense de peine, ou la renonciation à la confiscation du véhicule.

Démonstration des conséquences disproportionnées d’une condamnation sévère

Nous présentons au tribunal les conséquences que la confiscation du véhicule ou un emprisonnement auraient sur votre situation personnelle, professionnelle et familiale. Si votre véhicule constitue votre outil de travail principal, si vous dépendez de celui-ci pour votre activité économique et celle de votre famille, une confiscation entraînerait votre licenciement probable et la précarisation immédiate de votre situation. Ces éléments contextuels peuvent convaincre le magistrat de renoncer à la confiscation et de prononcer une peine d’amende et de travail d’intérêt général plutôt qu’une incarcération.

Valorisation de votre dossier personnel

Nous mettons en avant votre absence d’antécédent judiciaire lorsqu’elle existe, votre insertion stable au plan professionnel et social, vos responsabilités familiales, vos engagements associatifs ou caritatifs. Si vous êtes inscrit en auto-école pour repasser votre permis, nous le démontrons formellement au tribunal comme élément objectif de votre bonne volonté.

Négociation avec le ministère public

Avant l’audience contentieuse, nous engageons des contacts constructifs avec le procureur de la République pour discuter des réquisitions envisagées. Nous proposons des mesures alternatives pénales crédibles : amende raisonnable, stage de sensibilisation, travail d’intérêt général. Ces propositions visent à éviter l’emprisonnement et la confiscation du véhicule. Cette négociation préalable s’avère déterminante dans la majorité des dossiers.

Plaidoirie structurée et documentée

Au moment de l’audience, notre plaidoirie intègre tous les éléments de fait, de droit et contextuels pertinents. Nous présentons une synthèse claire et convaincante de votre situation, anticipons les arguments du ministère public, et exposons une construction juridique permettant au magistrat de prendre une décision favorable.

Phase de constatation et de contrôle :

Lors d’un contrôle routier, les forces de l’ordre vérifient la validité de votre permis en consultant le fichier informatisé national des permis. Si le permis n’apparaît pas valide, elles procèdent immédiatement à l’immobilisation du véhicule pour empêcher qu’il soit retiré de la circulation avant la procédure judiciaire. Le véhicule est placé en fourrière pour une durée déterminée.

Possible garde à vue :

Si les circonstances le justifient (refus d’obtempérer aux forces de l’ordre, conducteur en état d’ébriété, récidive établie, ou autres éléments aggravants), vous pouvez être placé en garde à vue pour audition approfondie. La durée maximale de la garde à vue pour cette infraction est de vingt-quatre heures.

Décision du procureur et choix de la procédure :

À l’issue du contrôle ou de la garde à vue, le procureur de la République choisit entre plusieurs modalités. Il peut proposer une amende forfaitaire délictuelle de 800 euros si vous n’avez jamais obtenu le permis, en l’absence de récidive et de circonstances aggravantes. Il peut également opter pour une comparution immédiate (jugement le jour même) ou une convocation ultérieure devant le tribunal correctionnel. En cas de comparution immédiate, vous avez le droit de demander un report de quelques semaines pour préparer votre défense avec votre avocat. Cette demande est généralement accordée.

Proposition de composition pénale :

Le procureur peut proposer une composition pénale comme alternative au procès. Cette solution inclut une amende transactionnelle, un stage de sensibilisation, ou du travail d’intérêt général. En acceptant et en exécutant les mesures proposées, vous évitez une condamnation au sens formel, bien que l’infraction soit enregistrée administrativement.

Préparation du dossier et échanges préalables :

Entre la constatation et le jugement, nous procédons à une investigation exhaustive : demande de documents administratifs auprès de la préfecture (notifications de suspension, invalidation), demande des rapports de contrôle détaillés aux forces de l’ordre, consultation des dossiers médicaux si pertinent, collecte des éléments contextuels favorables.

Audience devant le tribunal :

Vous comparaissez devant le tribunal correctionnel. Votre avocat plaide votre défense, conteste les éléments constitutifs du délit si les faits le permettent, expose les circonstances atténuantes et sollicite une peine appropriée sans confiscation du véhicule.

Délibéré et prononcé du jugement :

Le tribunal rend sa décision soit immédiatement après audience (rare), soit après un délibéré de quelques semaines. Vous êtes informé de la décision et disposez d’un délai de dix jours pour exercer un recours en appel.

Oui, une relaxe demeure possible si vous démontrez que vous ignoriez légitimement la suspension de votre permis. Cela suppose que vous n’ayez jamais reçu la notification administrative recommandée signalant la suspension. Votre avocat obtient de l’accusation la production des documents administratifs prouvant la notification, puis conteste leur validité ou la réception effective. En l’absence de preuve satisfaisante, l’élément intentionnel du délit ne peut être tenu pour établi et la relaxe doit intervenir. Cette défense fonctionne particulièrement dans les hypothèses de changement d’adresse non signalé, d’erreur d’adresse administrative, ou de délai postal anormalement long. La Cour d’appel de Pau a prononcé une relaxe le 1er mars 2007 faute de preuve de la notification de l’injonction de restitution et de la connaissance par le prévenu de l’invalidation de son permis.
Si vous n’avez pas reçu la lettre recommandée notifiant l’invalidation automatique pour solde de points nul, vous aviez le droit de croire votre permis valide. Votre cabinet d’avocats sollicitera de l’administration la production des documents attestant de l’adresse à laquelle la notification a été envoyée. Si une discordance existe entre cette adresse et celle où vous résidiez réellement, ou si d’autres anomalies apparaissent, nous contredirons la validité de la notification. Cette défense peut aboutir à une relaxe, ou à minima à une atténuation importante de la peine. La Cour d’appel de Pau a admis cette défense le 1er mars 2007 en relaxant un prévenu dont l’invalidation n’avait pas été valablement notifiée.
Oui, la confiscation est techniquement possible même si le véhicule n’appartient pas au conducteur poursuivi. Cependant, le propriétaire bénéficie de droits procéduraux spécifiques et peut contester la confiscation. Le propriétaire doit démontrer qu’il ignorait que le conducteur n’avait pas de permis valide et qu’il avait pris toutes les précautions raisonnables pour vérifier la validité du permis. La Chambre criminelle de la Cour de cassation a rappelé le 13 février 2018 l’obligation pour le juge de motiver spécialement la confiscation d’un véhicule appartenant à un tiers et de respecter les droits du propriétaire. En pratique, la confiscation est souvent écartée lorsqu’elle affecte un tiers de bonne foi. Votre avocat coordonne la défense du propriétaire et du conducteur pour maximiser les chances d’éviter cette sanction.
Oui, dans des hypothèses véritablement exceptionnelles. Si vous aviez besoin de transporter immédiatement une personne à l’hôpital en l’absence de toute alternative (ambulance indisponible, pompiers débordés, pas de tiers capable de conduire), l’état de nécessité peut être invoqué. Cette défense impose une démonstration rigoureuse : le danger doit être actuel et immédiat, la conduite doit avoir constitué le seul moyen disponible, et le mal causé (l’infraction) doit être proportionné au mal évité (le danger médical). Les juges demeurent restrictifs dans l’admission de cette défense. Les circonstances doivent être incontestables et documentées médicalement pour convaincre le tribunal.
Pour une primo-infraction sans circonstance aggravante (pas de refus d’obtempérer, pas d’accident, pas d’antécédent), le tribunal prononce généralement une amende de mille à trois mille euros associée à du travail d’intérêt général. L’emprisonnement ferme reste rare pour les primo-délinquants, sauf circonstance particulièrement aggravante. La confiscation du véhicule peut être écartée si vous démontrez des éléments contextuels favorables : nécessité professionnelle, famille à charge, régularisation en cours. Un avocat maîtrisant le contentieux routier obtient généralement des peines significativement plus clémentes qu’une condamnation par défaut. Si vous n’avez jamais obtenu le permis et qu’aucune circonstance aggravante n’existe, le procureur peut proposer une amende forfaitaire délictuelle de 800 euros qui évite la comparution devant le tribunal.
Si le tribunal a prononcé une interdiction formelle de solliciter un nouveau permis, vous devez attendre l’expiration de ce délai avant toute réinscription en auto-école. Si aucune interdiction n’a été prononcée, vous pouvez théoriquement vous réinscrire immédiatement, bien que les auto-écoles appliquent parfois un délai de facto. En cas d’invalidation antérieure pour perte de points, un délai obligatoire de six mois minimum s’applique avant de pouvoir repasser l’examen. Votre avocat vous informera précisément des délais applicables selon votre condamnation.
Oui, en principe. Un permis blanc (autorisation de conduire à titre exceptionnel) peut être délivré par la préfecture pour des motifs professionnels, médicaux ou personnels graves pendant une période de suspension administrative. Cette demande doit être formalisée auprès de la préfecture compétente du lieu de résidence. Votre avocat peut vous conseiller sur les conditions d’obtention et vous aider à constituer le dossier de demande. L’obtention d’un permis blanc, bien que limitée dans ses conditions et sa durée, prévient les risques légaux d’une infraction supplémentaire.
Les honoraires des avocats du Cabinet Kohen Avocats pour une conduite sans permis varient selon la complexité et les enjeux du dossier. Pour une défense en première instance devant le tribunal correctionnel, les honoraires se situent entre mille deux cents euros et deux mille huit cents euros. Cette gamme couvre l’étude approfondie du dossier, les échanges avec le ministère public, la préparation de la plaidoirie et votre représentation à l’audience. Un devis détaillé et sans engagement vous est communiqué après évaluation précise de votre dossier. L’aide juridictionnelle peut financer intégralement ou partiellement ces honoraires selon vos ressources personnelles.
Oui, vous disposez d’un droit d’appel de dix jours à compter du prononcé du jugement. Un appel ouvre la possibilité de contester la décision de première instance devant la cour d’appel, laquelle réexamine l’affaire sur le plan factuel et juridique. Les chances de succès en appel dépendent de la qualité de l’argumentation nouvelle ou de défauts procéduraux en première instance. Votre avocat évalue la pertinence d’un appel au regard de la décision rendue et organise votre défense en appel si cette stratégie s’avère justifiée.
Oui, l’action publique en matière de délit se prescrit par principe après trois ans à compter de la date de l’infraction. Si plus de trois ans se sont écoulés entre la date du contrôle et le début des poursuites sans action judiciaire interruptive, l’infraction peut être déclarée prescrite. Cependant, certains actes procéduraux interrompent la prescription. Votre avocat vérifie attentivement le calendrier procédural pour identifier d’éventuels arguments de prescription.
Une condamnation pour conduite sans permis est inscrite au Bulletin numéro trois du casier judiciaire, dossier accessible à l’employeur et aux organismes publics dans certaines conditions. Cependant, la mention de cette condamnation expire après un délai : un an pour une amende seule, trois ans pour une condamnation à peine d’emprisonnement avec sursis, cinq ans pour une peine d’emprisonnement ferme. Passé ce délai, la condamnation peut être omise dans un CV ou une candidature. Cette limitation temporelle justifie une attention renforcée pour obtenir une peine clémente évitant l’emprisonnement ferme.
Après votre première consultation, nous procédons à une étude approfondie du dossier incluant : demande de tous les documents administratifs auprès de la préfecture et du tribunal (notifications, suspension, invalidation), obtention des rapports de contrôle détaillés auprès des forces de l’ordre, examen des jurisprudences applicables à votre situation, collecte de tous les éléments contextuels favorables (documents professionnels, attestations, justificatifs de régularisation). Nous vous proposons ensuite une stratégie adaptée, expliquée clairement et discutée avec vous. Nous engageons les échanges amiables avec le ministère public visant un accord sur les réquisitions, puis nous préparons votre plaidoirie pour l’audience. Chaque étape est coordonnée avec vous pour assurer votre compréhension et votre accord.
Pour optimiser votre première consultation, vous devez apporter : la citation ou convocation du tribunal, tous les documents relatifs au contrôle (procès-verbal, rapport des forces de l’ordre), la copie de votre permis de conduire ou du document prouvant son absence, tous les courriers administratifs reçus de la préfecture (notifications de suspension, invalidation, correspondances), les documents relatifs à votre véhicule (carte grise, assurance), toute correspondance avec le parquet ou le tribunal, et tous les éléments contextuels jugés pertinents (justificatifs professionnels, documents familiaux, preuves de régularisation en cours). Cette documentation exhaustive permet à votre avocat d’évaluer rapidement les moyens de défense disponibles.
Oui, la récidive aggrave considérablement les peines. Les textes prévoient deux ans d’emprisonnement et trente mille euros d’amende, avec confiscation obligatoire du véhicule et interdiction minimale de conduire de cinq ans. Les tribunaux prononcent effectivement des peines fermes en cas de récidive. La Cour d’appel de Toulouse a condamné le 23 juillet 2008 un récidiviste à deux ans d’emprisonnement dont six mois sous surveillance électronique mobile avec obligation de soins et maintien en détention provisoire. La Cour d’appel de Douai a prononcé le 2 mai 2007 une peine de huit mois d’emprisonnement ferme pour un délit de fuite cumulé avec une conduite sans permis en récidive. Ces décisions démontrent la sévérité des juridictions face à la réitération.
La conduite sans permis aggravée par un accident entraîne des peines considérablement alourdies. Le tribunal cumule les infractions : conduite sans permis, homicide ou blessures involontaires selon la gravité de l’accident, éventuellement délit de fuite si vous avez quitté les lieux. Les peines d’emprisonnement ferme deviennent quasi systématiques en cas de blessures graves ou de décès. La confiscation du véhicule est généralement prononcée. Votre responsabilité civile sera engagée pour indemniser les victimes, mais votre assurance peut refuser de vous couvrir si vous conduisiez sans permis valide, ce qui vous expose à devoir indemniser personnellement les victimes. La Cour d’appel de Bordeaux a condamné le 3 décembre 2008 un conducteur cumulant plusieurs infractions routières graves à des peines d’emprisonnement et complémentaires lourdes.
Techniquement, vous pouvez tenter de négocier avec le procureur, mais cette démarche présente des risques importants. Le procureur maîtrise parfaitement les textes et la jurisprudence. Il connaît les failles de votre dossier que vous ignorez peut-être. Sans avocat, vous risquez d’accepter des propositions défavorables ou de manquer des arguments de défense déterminants. Un avocat spécialisé en droit routier connaît les pratiques du parquet, les jurisprudences récentes favorables, et les éléments à mettre en avant pour obtenir des mesures alternatives crédibles. Il négocie sur un pied d’égalité avec le procureur et maximise vos chances d’éviter l’emprisonnement et la confiscation du véhicule.
Non, l’amende forfaitaire délictuelle de 800 euros n’est proposée que dans des cas strictement définis. Elle s’applique uniquement si vous n’avez jamais obtenu le permis de conduire, en l’absence de récidive et de circonstances aggravantes. Si vous conduisez malgré une suspension, annulation ou invalidation, cette procédure simplifiée ne s’applique pas et vous comparaîtrez devant le tribunal correctionnel. De même, si vous cumulez la conduite sans permis avec une conduite sans assurance lors du même contrôle, l’amende forfaitaire est exclue et vous serez poursuivi devant le tribunal. Le procureur conserve une marge d’appréciation pour refuser cette procédure simplifiée même lorsque les conditions sont remplies s’il estime les circonstances suffisamment graves.