Conseil constitutionnel, Décision n° 2005-526 DC du 13 octobre 2005

La décision n° 2005-523 DC rendue le 13 octobre 2005 porte sur la conformité d’une résolution modifiant le règlement d’une institution parlementaire. Cette saisine obligatoire intervient après l’adoption d’une résolution visant à adapter les procédures internes aux nouvelles exigences des lois organiques financières. Une autorité législative a adopté ce texte afin de tirer les conséquences de réformes relatives aux finances publiques et à la sécurité sociale. La saisine porte principalement sur les conditions de dépôt des modifications textuelles proposées par les membres de cette institution représentative. La juridiction doit déterminer si l’encadrement temporel des amendements respecte les prérogatives constitutionnelles des élus chargés de la rédaction législative. La haute instance déclare les dispositions conformes sous la réserve d’interprétation concernant les pouvoirs discrétionnaires de certains organes de direction. L’analyse de cette décision suppose d’étudier l’aménagement des procédures face aux impératifs organiques avant d’envisager l’encadrement de la flexibilité par les principes supérieurs.

I. L’aménagement des procédures parlementaires face aux impératifs organiques

A. La mise en cohérence du règlement avec le droit budgétaire

Les premiers articles de la résolution assurent la conformité des règles internes avec les prescriptions de la loi organique relative aux lois de finances. Le texte prévoit le renvoi immédiat des projets budgétaires à la commission chargée des finances dès leur dépôt officiel sur le bureau. Ces ajustements techniques traduisent une volonté de fluidifier l’examen des textes financiers en respectant les nouveaux cadres temporels imposés par le législateur. La juridiction valide ces évolutions permettant une meilleure lisibilité des étapes de discussion et d’adoption des budgets annuels de l’administration d’État. Cette mise en œuvre garantit l’efficacité du travail législatif tout en respectant la hiérarchie des normes imposée par les textes organiques fondamentaux.

B. L’instauration de délais stricts pour le dépôt des amendements

L’article cinq de la résolution fixe des bornes temporelles pour la présentation des propositions de modification émanant des membres de la chambre. Les amendements peuvent être déposés « sauf décision de l’organe de direction » jusqu’à l’avant-veille ou la veille de la discussion en séance. Ces délais visent à stabiliser l’ordre du jour et à permettre aux commissions d’examiner sereinement la teneur des textes débattus publiquement. Le juge précise que ces restrictions temporelles ne s’appliquent pas aux sous-amendements, préservant ainsi une capacité de réaction immédiate des parlementaires. Cette organisation constitue un levier de rationalisation du travail législatif dans un contexte de densification croissante des débats budgétaires et sociaux.

II. L’encadrement de la flexibilité procédurale par les principes constitutionnels

A. La sauvegarde de la clarté et de la sincérité des débats

La juridiction lie la discipline temporelle à des exigences démocratiques fondamentales pour garantir la qualité supérieure de la loi produite par les élus. La faculté de modifier les délais de dépôt doit permettre « d’assurer la clarté et la sincérité du débat parlementaire » sans aucune ambiguïté. Ces principes essentiels découlent de l’article six de la Déclaration de 1789 affirmant que « la loi est l’expression de la volonté générale ». Ils se fondent aussi sur l’article trois de la Constitution disposant que « la souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants ». L’organisation interne ne doit donc jamais occulter la compréhension des enjeux réels par les citoyens et par leurs mandataires politiques élus.

B. La protection du droit d’amendement par une réserve d’interprétation

La décision assortit la validation de la réforme d’une réserve impérative limitant le pouvoir discrétionnaire de l’instance gérant les travaux législatifs. Il appartient à cet organe de concilier les exigences de clarté « et le respect du droit d’amendement conféré aux parlementaires par l’article 44 ». La haute juridiction rappelle que l’efficacité administrative ne saurait justifier une entrave excessive aux prérogatives individuelles des membres de l’assemblée concernée. Cette position assure un équilibre entre la nécessaire rationalisation du parlementarisme et la vitalité démocratique inhérente au libre exercice du mandat représentatif. La portée de la décision confirme la volonté du juge de protéger l’intégrité de la procédure législative contre toute dérive purement technique.

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Hassan KOHEN
Avocat Associé

Hassan Kohen

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