Conseil constitutionnel, Décision n° 2009-583 DC du 22 juin 2009

Le Conseil constitutionnel, par sa décision du 22 juin 2009, se prononce sur la conformité à la Constitution d’une résolution modifiant le règlement du Congrès. La réforme suit la loi constitutionnelle du 23 juillet 2008 qui a rénové les institutions de la Cinquième République. L’article 18 de la Constitution autorise désormais une prise de parole directe du chef de l’État devant le Parlement réuni en Congrès. Les parlementaires ont adopté des dispositions réglementaires pour organiser cette nouvelle prérogative présidentielle et le débat éventuel qui l’accompagne. La résolution a été transmise au juge constitutionnel pour un contrôle de constitutionnalité obligatoire en vertu de l’article 61 de la Constitution. Il appartient au Conseil de vérifier si les modalités choisies pour cette allocution et la simplification des scrutins respectent les principes fondamentaux. Le Conseil constitutionnel juge que les articles soumis sont conformes aux règles constitutionnelles et valide le fonctionnement de l’assemblée. L’examen de cette décision permet d’analyser la formalisation de la parole présidentielle avant d’étudier la modernisation fonctionnelle du règlement du Congrès.

I. La formalisation de la parole présidentielle devant le Congrès

A. L’encadrement des modalités de l’intervention directe L’article 1er de la résolution définit les conditions dans lesquelles le président de la République s’exprime devant le Parlement réuni en Congrès. Le Conseil souligne que ces dispositions fixent les modalités par lesquelles le chef de l’État « prend la parole devant le Parlement réuni à cet effet ». Cette réforme met fin à une tradition d’isolement du pouvoir exécutif vis-à-vis des assemblées législatives instaurée sous les précédentes républiques. Les juges vérifient que le texte respecte scrupuleusement la lettre du deuxième alinéa de l’article 18 issu de la révision de 2008. L’intervention présidentielle devient un acte solennel dont l’organisation matérielle nécessite une coordination rigoureuse entre les deux chambres parlementaires.

B. La préservation de l’équilibre des pouvoirs par l’absence de vote La décision rappelle que la déclaration présidentielle peut donner lieu à un débat, mais que celui-ci « ne fait l’objet d’aucun vote ». Cette précision textuelle évite de transformer l’exercice en une mise en jeu de la responsabilité politique du gouvernement devant le Congrès. Le juge constitutionnel veille à ce que la séparation des pouvoirs ne soit pas dénaturée par l’introduction de cette pratique de communication. L’absence de sanction par un vote garantit que le discours présidentiel reste un acte d’information sans conséquence juridique immédiate. La neutralité de cette phase de discussion protège l’équilibre institutionnel tout en favorisant le dialogue démocratique au sein du Parlement. Cette protection des équilibres fondamentaux s’accompagne d’une volonté de moderniser le fonctionnement interne de l’institution parlementaire réunie à Versailles.

II. La modernisation fonctionnelle du règlement du Congrès

A. La simplification des procédures de scrutin et de compte rendu L’article 2 de la résolution opère des ajustements techniques visant à fluidifier le travail des parlementaires lorsqu’ils siègent en formation de Congrès. Le Conseil observe que ce texte « simplifie l’organisation du scrutin public » pour rendre les procédures de vote plus efficaces et rapides. L’établissement d’un compte rendu intégral unique de chaque séance remplace les méthodes multiples afin de garantir une meilleure transparence des débats. Ces mesures administratives répondent à une volonté de rationalisation parlementaire devenue nécessaire avec l’accroissement des sollicitations constitutionnelles de cet organe. Le juge valide ces changements car ils ne portent aucune atteinte aux droits des élus ni au principe de clarté des délibérations.

B. Une conformité globale aux exigences de la révision constitutionnelle de 2008 Le Conseil conclut que l’ensemble des dispositions a été pris conformément à l’article 18 sans méconnaître aucune règle de valeur constitutionnelle. Cette décision de conformité totale permet l’entrée en vigueur immédiate des nouvelles règles et stabilise le cadre juridique des futures interventions. La reconnaissance de la validité de cette résolution marque l’aboutissement du processus de mise en œuvre de la réforme institutionnelle de 2008. Le juge constitutionnel assume son rôle de régulateur en s’assurant que la pratique nouvelle s’insère harmonieusement dans l’ordonnancement juridique existant. La clarté des motifs employés par les juges souligne la simplicité de la question posée face à des textes explicites et protecteurs.

📄 Circulaire officielle

Nos données proviennent de la Cour de cassation (Judilibre), du Conseil d'État, de la DILA, de la Cour de justice de l'Union européenne ainsi que de la Cour européenne des droits de l'Homme.
Hassan KOHEN
Avocat Associé

Hassan Kohen

Avocat au Barreau de Paris • Droit Pénal & Droit du Travail

Maître Kohen, avocat à Paris en droit pénal et droit du travail, accompagne ses clients avec rigueur et discrétion dans toutes leurs démarches juridiques, qu'il s'agisse de procédures pénales ou de litiges liés au droit du travail.

En savoir plus sur Kohen Avocats

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture