Conseil constitutionnel, Décision n° 2025-163 ORGA du 10 avril 2025

Le Conseil constitutionnel a rendu le 10 avril 2025 une décision administrative relative à l’organisation interne de son service juridique et de ses procédures d’instruction. Cette mesure intervient dans le cadre du renouvellement des effectifs chargés d’assister les membres de l’institution dans l’examen des recours qui leur sont soumis. Le besoin de compétences spécialisées issues des hautes juridictions de l’ordre financier justifie régulièrement l’intégration temporaire de magistrats qualifiés au sein du collège. Une magistrate, exerçant les fonctions de conseillère référendaire à la juridiction financière, a été sollicitée pour apporter son concours technique aux travaux juridictionnels.

La procédure de désignation a débuté par une lettre du premier président de la juridiction financière adressée au Conseil constitutionnel en date du 2 avril 2025. Cette proposition formelle a été suivie d’une délibération souveraine du Conseil le 10 avril 2025 afin d’entériner le choix de l’expert pour cette mission. Le problème juridique réside dans les modalités d’exercice du pouvoir de nomination administrative visant à garantir la continuité et l’efficacité de l’instruction constitutionnelle. La juridiction décide qu’une magistrate est « nommée rapporteure adjointe auprès du Conseil constitutionnel pour la période d’avril 2025 à octobre 2025 ». L’analyse de cet acte nécessite d’étudier les modalités du renforcement des moyens d’instruction avant d’examiner le cadre institutionnel de cette collaboration.

I. Les modalités du renforcement des moyens d’instruction du Conseil constitutionnel

A. Le recours stratégique à l’expertise des juridictions financières

L’institution s’appuie traditionnellement sur des magistrats extérieurs pour préparer les dossiers complexes et assurer la fluidité du calendrier de traitement des affaires en instance. L’usage prévoit que des membres du Conseil d’État ou de la juridiction financière soient mis à disposition pour éclairer les membres du collège. Cette pratique permet de bénéficier d’une rigueur technique indispensable lors de l’examen des textes législatifs ou des questions prioritaires de constitutionnalité de haute technicité. L’apport d’un conseiller référendaire garantit une maîtrise approfondie des enjeux financiers et budgétaires essentiels à la régularité des lois de finances et de financement.

B. L’encadrement temporel et organique de la mission d’assistance

L’acte mentionne expressément que la désignation est effectuée « en application de la délibération du Conseil constitutionnel », garantissant ainsi la régularité procédurale de la mesure. La mission est strictement limitée dans le temps pour une durée de six mois, ce qui souligne le caractère temporaire et ponctuel du renfort opérationnel. Ce cadre temporel restreint permet de répondre à un flux de travail spécifique tout en préservant l’équilibre des effectifs permanents au sein de l’institution. La nomination repose sur le socle de l’ordonnance du 7 novembre 1958, assurant la conformité du recrutement aux exigences fondamentales de l’organisation judiciaire.

La mise à disposition de compétences juridictionnelles spécialisées s’insère dans un dispositif administratif global garantissant la cohérence de l’activité consultative et contentieuse du Conseil.

II. Le cadre institutionnel de la collaboration entre les hautes juridictions

A. L’exercice régulier du pouvoir d’organisation interne

Le Président du Conseil constitutionnel exerce une compétence d’organisation indispensable à l’exercice indépendant des missions de contrôle de constitutionnalité dévolues par la norme suprême. Cette nomination matérialise la faculté pour la Haute Juridiction de structurer ses services administratifs sans ingérence extérieure, conformément au principe d’autonomie des pouvoirs publics. La décision confirme la validité de la procédure de concertation entre les chefs des grandes juridictions françaises pour organiser le partage des compétences humaines. L’intervention préalable de la juridiction financière atteste de la coopération harmonieuse entre les institutions chargées de veiller au respect de la légalité.

B. La portée fonctionnelle de la fonction de rapporteur adjoint

La qualité de rapporteur adjoint confère à l’intéressé une fonction stratégique dans la préparation des projets de décision sans pour autant lui octroyer de voix délibérative. Cette distinction entre l’instruction technique et le pouvoir de décision souverain assure la protection de l’impartialité des membres nommés par les autorités constitutionnelles. L’insertion de magistrats spécialisés au sein du processus de décision renforce la crédibilité des analyses juridiques portant sur des politiques publiques d’une grande complexité. Cette pratique administrative contribue à la pérennité d’une jurisprudence constitutionnelle cohérente, nourrie par une expertise technique issue des différentes branches du droit public français.

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Hassan KOHEN
Avocat Associé

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