Conseil constitutionnel, Décision n° 2025-6440 AN du 20 juin 2025

Le Conseil constitutionnel, par une décision du 19 juin 2025, s’est prononcé sur le respect des obligations comptables incombant aux candidats aux élections législatives. Un candidat ayant obtenu plus de un pour cent des suffrages exprimés n’a pas déposé son compte de campagne dans le délai légal imparti. L’autorité administrative chargée du contrôle financier a saisi la juridiction constitutionnelle afin de statuer sur cette omission matérielle devenue définitivement caractérisée. L’intéressé a produit un document tardivement mais le Conseil doit déterminer si ce manquement justifie une déclaration d’inéligibilité pour une durée de trois ans. L’analyse de cette décision souligne la rigueur du cadre temporel des comptes de campagne tout en précisant la sévérité de la sanction encourue par le candidat.

I. La consécration nécessaire d’une obligation impérative destinée à garantir la transparence financière des campagnes

A. Le caractère contraignant du dépôt du compte de campagne pour tout candidat aux élections législatives

L’article L. 52-12 du code électoral impose à tout candidat franchissant le seuil des un pour cent des voix d’établir un compte de campagne complet. Ce document retrace l’ensemble des recettes perçues et l’ensemble des dépenses engagées en vue de l’élection pour garantir la sincérité du scrutin démocratique. Le dépôt doit être effectué au plus tard le dixième vendredi suivant le premier tour de scrutin auprès de l’autorité administrative compétente. Cette règle assure une vérification homogène des ressources mobilisées par les prétendants à la représentation nationale tout en prévenant les financements occultes ou illicites.

B. La matérialité indiscutable du manquement aux délais légaux constatée par la haute juridiction constitutionnelle

La juridiction relève dans son motif que le candidat « n’a pas déposé de compte de campagne » malgré l’obligation pesant sur sa personne électorale. Le respect scrupuleux de cette échéance temporelle est indispensable pour permettre à l’administration de certifier la régularité des opérations comptables avant toute proclamation définitive. Cette carence manifeste place le candidat en situation d’irrégularité au regard des dispositions impératives destinées à l’assainissement des mœurs financières de la vie publique. Le constat de ce défaut de dépôt automatique entraîne nécessairement l’ouverture d’une procédure de sanction devant le juge de l’élection.

II. La sanction proportionnée d’un manquement présentant un caractère de particulière gravité aux règles de financement

A. L’insuffisance de la régularisation tardive sans justification probante des circonstances ayant causé le retard

L’article L.O. 136-1 autorise le juge à déclarer inéligible le candidat en cas de manquement d’une particulière gravité aux règles de financement électoral. L’intéressé reconnaît son erreur mais ne produit pas d’éléments de nature à « justifier la méconnaissance des obligations résultant de l’article L. 52-12 » du code. La production spontanée d’un compte postérieurement à la saisine du Conseil ne saurait suffire à écarter la gravité d’un défaut initial de dépôt légal. La rigueur jurisprudentielle s’oppose ici à toute indulgence injustifiée pour préserver l’égalité de traitement entre tous les candidats soumis aux mêmes contraintes comptables.

B. Les conséquences rigoureuses de l’inéligibilité prononcée contre le candidat à la suite de son omission

Le juge constitutionnel prononce l’inéligibilité à tout mandat pour une durée de trois ans afin de sanctionner la méconnaissance négligente des principes électoraux. Cette décision sera notifiée au demandeur et publiée au Journal officiel de la République française conformément aux règles de procédure applicables au contentieux législatif. La sévérité de la mesure rappelle que la transparence comptable constitue un pilier de la confiance publique envers les futurs élus de la Nation. La protection du processus démocratique exige ainsi une application ferme des sanctions prévues par le législateur organique pour tout manquement financier significatif.

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Hassan KOHEN
Avocat Associé

Hassan Kohen

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