Le Conseil constitutionnel, saisi le 5 juillet 1967 d’une loi organique, rend sa décision le 10 juillet de la même année. Ce texte législatif définit les critères d’accès à une position de congé spécial tout en encadrant les modalités de sa mise en œuvre. Un membre du gouvernement a déféré ce texte au contrôle de constitutionnalité par délégation du chef du pouvoir exécutif national. Le litige porte sur la validité externe de la norme ainsi que sur le respect des garanties fondamentales des agents judiciaires.
Le juge doit vérifier si les dispositions nouvelles respectent les règles procédurales ainsi que les principes garantissant l’indépendance de la magistrature. La juridiction énonce que le texte est conforme à la Constitution et prononce ainsi une validation totale des dispositions organiques présentées. L’analyse de cette décision suppose d’étudier la régularité de la procédure législative avant d’aborder la portée de la conformité matérielle.
I. La reconnaissance d’une procédure législative régulière
A. Le respect des exigences formelles de l’article 46
Le juge vérifie que la loi fut prise dans la « forme exigée par l’article 64, troisième alinéa, de la Constitution ». Cette disposition impose une loi organique pour régir le statut des magistrats membres de l’autorité judiciaire nationale. L’arrêt souligne également le « respect de la procédure prévue à l’article 46 » pour l’adoption des normes à valeur organique. L’examen porte sur les délais de réflexion parlementaire ainsi que sur le vote définitif du texte par les deux assemblées. La régularité externe de la loi constitue un préalable nécessaire à toute analyse du fond des dispositions contestées.
B. La compétence affirmée du législateur organique
Le législateur dispose d’une compétence reconnue pour définir les positions statutaires accessibles aux membres du corps judiciaire. La décision indique que l’objet de la loi est d’instituer « un congé spécial, sur demande » pour les magistrats concernés. Le caractère facultatif de cette mesure renforce la validité du dispositif aux yeux de la juridiction constitutionnelle. Le Parlement exerce ainsi sa mission en déterminant les règles relatives aux garanties fondamentales des agents de l’ordre judiciaire. Cette régularité de la forme permet au juge d’apprécier ensuite le contenu des dispositions au regard des droits fondamentaux.
II. Une validation matérielle fondée sur la neutralité du texte
A. L’absence d’atteinte aux garanties constitutionnelles
L’arrêt énonce que le texte soumis à l’examen « n’est contraire à aucune disposition de la Constitution » après analyse. Le juge ne relève aucune violation des principes d’indépendance ou d’inamovibilité mentionnés à l’article 64 du texte suprême. L’instauration d’une position de congé ne semble pas perturber le déroulement des carrières ou les garanties disciplinaires des magistrats. Par conséquent, la motivation succincte de la décision démontre une évidence juridique quant à la validité du mécanisme administratif proposé. La simplicité du dispositif explique la brièveté des motifs retenus pour écarter tout grief d’inconstitutionnalité.
B. La portée d’une déclaration de conformité absolue
La déclaration de conformité assure l’entrée en vigueur de la loi organique et garantit une sécurité juridique aux bénéficiaires. Cette solution s’inscrit dans une jurisprudence constante où le juge constitutionnel préserve l’équilibre des pouvoirs publics. L’arrêt confirme que la création de nouvelles positions administratives relève du domaine législatif sans léser les principes supérieurs. Le juge remplit sa mission de régulateur institutionnel en validant un texte dont l’objet est purement technique. La loi organique instituant un congé spécial pour les magistrats du corps judiciaire est ainsi déclarée conforme à la Constitution.