Conseil constitutionnel, Décision n° 90-276 DC du 5 juillet 1990

Le Conseil constitutionnel a rendu la décision numéro quatre-vingt-dix deux cent soixante-dix-sept DC le vingt-cinq juin mil neuf cent quatre-vingt-dix. Cette affaire concerne une résolution adoptée par une chambre parlementaire visant à modifier son règlement intérieur pour inclure des préoccupations environnementales. Le texte prévoit l’annexe systématique d’un document d’information aux rapports législatifs pour les projets « dont l’application est susceptible d’avoir un impact sur la nature ». La procédure de contrôle fut engagée conformément aux exigences constitutionnelles imposant l’examen préalable des règlements des assemblées avant leur mise en œuvre. Le litige porte sur la validité juridique de cette nouvelle contrainte procédurale au regard des principes supérieurs régissant l’élaboration de la loi nationale. Le juge a estimé que « ces prescriptions ne sont contraires à aucune disposition de la Constitution », validant ainsi l’insertion de ce dispositif informatif.

I. L’intégration de l’impératif écologique au sein de la procédure législative

A. L’institution d’un mécanisme d’information environnementale préalable

Le règlement intérieur de l’organe délibérant impose désormais que certains rapports comportent en annexe une étude technique nommée bilan écologique. Ce document doit être un « bilan écologique, constitué d’éléments d’information quant aux incidences de la législation proposée, notamment sur l’environnement, les ressources naturelles et les consommations d’énergie ». Cette obligation vise à renforcer la connaissance des élus sur les conséquences matérielles des textes « dont l’application est susceptible d’avoir un impact sur la nature ». L’objectif est d’éclairer le choix des représentants par une analyse préalable des réalités physiques et biologiques des réformes soumises à leur vote souverain.

B. La reconnaissance d’une autonomie organisationnelle au service de la transparence

Le juge constitutionnel reconnaît par cette décision la faculté pour une assemblée de structurer librement ses propres modalités de travail et d’information. Cette liberté d’auto-organisation permet d’intégrer des enjeux sociétaux majeurs sans pour autant dénaturer les procédures législatives prévues par les textes fondamentaux. L’ajout de cette formalité administrative témoigne d’une volonté de moderniser le processus de création de la norme par une prise en compte accrue des données environnementales. L’assemblée peut légitimement s’auto-imposer des contraintes de clarté dès lors qu’elles facilitent la compréhension des défis écologiques par les membres de la chambre.

II. Un contrôle juridictionnel garant de la fluidité des travaux parlementaires

A. La constatation d’une absence de contrariété aux normes constitutionnelles

La haute juridiction a procédé à un examen rigoureux de la résolution pour s’assurer qu’elle ne portait aucune atteinte au domaine réservé de la loi. Elle a conclu que « ces prescriptions ne sont contraires à aucune disposition de la Constitution », marquant ainsi la parfaite régularité du processus adopté par l’institution. L’absence de censure démontre que l’exigence d’une information environnementale n’entrave pas le libre exercice du pouvoir de délibération ni le droit d’amendement des parlementaires. Cette décision souligne la neutralité de la mesure vis-à-vis des principes de séparation des pouvoirs et de continuité de la procédure législative ordinaire.

B. La portée incitative d’une formalité dépourvue de sanction invalidante directe

Le bilan écologique constitue une règle de conduite interne dont la violation n’entraîne pas automatiquement l’inconstitutionnalité d’une loi adoptée ultérieurement par le parlement. Cette décision préserve l’efficacité de l’action législative tout en soulignant l’importance symbolique de la protection de la nature dans l’élaboration du droit positif. La solution rendue le vingt-cinq juin mil neuf cent quatre-vingt-dix fixe un cadre souple pour l’intégration de préoccupations transversales au sein du travail des commissions. La juridiction évite ainsi de transformer une simple obligation d’information en un obstacle insurmontable susceptible de paralyser l’adoption des réformes nécessaires au pays.

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Hassan KOHEN
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Hassan Kohen

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