Cour de justice de l’Union européenne, le 12 octobre 2023, n°C-445/22

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I. L’application rigoureuse du critère de l’opérateur privé en économie de marché

A. La validation du cadre d’analyse des avantages économiques

La Cour de justice rappelle que l’examen d’une aide d’État suppose de vérifier si l’entreprise aurait pu obtenir les mêmes avantages sur le marché financier. Elle souligne que « le critère du créancier privé doit être appliqué en tenant compte de toutes les informations disponibles au moment de l’octroi de la mesure ». Les juges confirment que les garanties accordées sans une prime de risque appropriée ne correspondent pas au comportement prudent d’un opérateur agissant dans un secteur concurrentiel. La société requérante n’a pas apporté la preuve que ses difficultés financières persistantes auraient permis de solliciter des financements privés équivalents sans l’intervention étatique.

B. Le rejet des griefs relatifs à la dénaturation des éléments de preuve

Les juges écartent l’argumentation selon laquelle le Tribunal aurait dénaturé les faits concernant la situation économique réelle de l’entreprise au moment de la signature des actes. La Cour précise que le contrôle juridictionnel sur les appréciations économiques complexes se limite à la vérification du respect des règles de procédure et de motivation. Le juge ne saurait substituer son propre jugement à celui de l’organe compétent, sauf en présence d’une erreur manifeste d’appréciation ou d’un détournement de pouvoir flagrant. La validation de la méthode suivie par les juges de première instance assure la cohérence de la jurisprudence relative au traitement des entreprises stratégiques en difficulté.

La confirmation du raisonnement économique tenu par le Tribunal conduit à s’interroger sur la portée de l’obligation de récupération qui pèse désormais sur l’État membre concerné.

II. La pérennisation de l’obligation de récupération des aides incompatibles

A. La primauté de la protection de la concurrence sur les intérêts sectoriels

Le rejet définitif du pourvoi rend exécutoire l’obligation pour l’État membre de procéder à la récupération effective des fonds publics versés à l’entreprise de manière indue. Cette solution manifeste la volonté des instances européennes de garantir des conditions de concurrence égales en neutralisant les avantages accordés à des entités économiquement non viables. La jurisprudence constante dispose que « la suppression d’une aide illégale par voie de récupération est la conséquence logique de la constatation de son caractère incompatible ». Les impératifs de fonctionnement du marché intérieur l’emportent ainsi sur les considérations sociales ou territoriales qui avaient motivé l’octroi initial des mesures de soutien financier.

B. L’autorité de la chose jugée et la stabilité des relations juridiques

Par cet arrêt, la Cour clôture un contentieux complexe ayant nécessité plusieurs années de procédure devant les différentes formations de jugement de l’Union européenne. L’autorité de la chose jugée interdit désormais toute contestation ultérieure de la qualification juridique des mesures de soutien comme aides d’État illégales et incompatibles. La condamnation aux dépens de la partie requérante confirme le bien-fondé de la position adoptée par l’institution européenne tout au long de cette procédure contentieuse. Cette décision constitue une référence pour le traitement futur des dossiers industriels sensibles où l’intervention publique doit reste strictement encadrée par le droit de l’Union.

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Hassan KOHEN
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