La Cour de justice de l’Union européenne a rendu une décision concernant plusieurs questions préjudicielles posées par le Tribunal Superior de Justicia de Cataluña. Cette affaire concerne l’interprétation du droit de l’Union européenne dans un litige porté devant la juridiction espagnole. La juridiction de renvoi a soumis quatre interrogations portant sur la conformité de dispositions nationales aux normes européennes applicables. La Cour a examiné la recevabilité de la première question et sa propre compétence pour répondre aux suivantes. Elle décide que la première question est irrecevable et décline sa compétence pour les trois autres demandes. Le problème de droit réside dans la détermination des limites de l’intervention de la Cour face à des questions préjudicielles dénuées de lien suffisant avec le droit européen. Le contrôle rigoureux de la recevabilité de la demande précède nécessairement l’examen approfondi de la compétence juridictionnelle de la Cour de justice.
I. Le contrôle rigoureux de la recevabilité de la question préjudicielle
A. L’exigence d’un cadre factuel et juridique suffisant
La Cour rappelle que la procédure de renvoi préjudiciel suppose la transmission d’informations précises sur le contexte du litige principal. Elle énonce que « la première question préjudicielle posée par le Tribunal Superior de Justicia de Cataluña est irrecevable ». Cette décision souligne l’obligation pour le juge national de définir clairement le cadre factuel et réglementaire des questions posées. L’absence de ces éléments empêche la Cour de fournir une réponse utile au règlement du différend initial.
B. La sanction de l’imprécision des demandes de décision préjudicielle
L’irrecevabilité manifeste protège l’économie de la procédure européenne contre des demandes lacunaires ou purement hypothétiques. La Cour refuse d’intervenir lorsque les motifs du renvoi ne permettent pas de comprendre la nécessité de l’interprétation sollicitée. Cette rigueur garantit que seules les interrogations pertinentes pour l’application effective du droit européen sont examinées. Le juge national doit motiver précisément le lien entre les dispositions européennes invoquées et la législation nationale contestée.
II. La délimitation stricte de la compétence de la Cour
A. L’exclusion des situations étrangères au droit de l’Union
La Cour affirme qu’elle « n’est pas compétente pour répondre aux deuxième à quatrième questions préjudicielles ». Cette déclaration d’incompétence intervient lorsque l’objet du litige ne présente aucun point de rattachement avec le droit de l’Union. La Cour respecte ainsi l’autonomie des ordres juridiques nationaux pour les situations purement internes. Elle refuse de se prononcer sur des domaines réservés à la compétence exclusive des États membres.
B. La préservation de la fonction interprétative de la Cour
Le refus de statuer assure que la Cour ne devienne pas une instance consultative pour des questions de droit national. Cette position renforce la crédibilité des arrêts rendus sur le fond en limitant les interventions aux besoins du droit européen. La protection des compétences nationales constitue un principe fondamental de l’équilibre institutionnel au sein de l’Union européenne. Les juridictions des États membres conservent leur pleine autorité sur les matières n’entrant pas dans le champ d’application des normes européennes.