Cour de justice de l’Union européenne, le 22 mars 2017, n°C-665/15

La Cour de justice de l’Union européenne, par un arrêt rendu le 6 octobre 2025, s’est prononcée sur le défaut d’exécution d’obligations techniques par un État membre. La problématique juridique centrale réside dans l’application effective de la directive concernant le permis de conduire et la mise en œuvre de la coopération administrative. Les faits révèlent qu’une autorité nationale n’a pas assuré la connexion informatique requise au réseau européen des permis de conduire dans les délais prescrits par la législation. La Commission européenne a engagé une procédure de manquement après avoir constaté que les mesures nécessaires n’avaient toujours pas été adoptées officiellement durant la phase précontentieuse. Les juges doivent trancher si cette carence technique constitue une violation caractérisée des engagements souscrits lors de l’adoption de la norme de droit européen. La juridiction énonce qu’ « en n’ayant pas mis en place la connexion au réseau », le membre de l’Union a failli à ses responsabilités juridiques internationales. L’examen de la conformité technique précède l’analyse des conséquences structurelles de cette condamnation sur l’ordre juridique communautaire.

I. L’affirmation d’un manquement lié à l’absence de raccordement technique

A. Le caractère impératif de la connexion au réseau communautaire

La directive impose aux administrations nationales une obligation de résultat concernant l’établissement d’un lien permanent avec le système d’information partagé entre les différents États membres. Ce réseau facilite la vérification instantanée des droits de conduire afin de prévenir efficacement les fraudes documentaires et les abus au sein du marché intérieur. L’obligation de connexion est formulée de manière impérative afin de garantir une uniformité de traitement des conducteurs circulant sur le territoire européen. L’absence de mesures concrètes au terme du délai imparti caractérise alors une méconnaissance grave des engagements souscrits par l’administration nationale défaillante.

B. Le constat d’une carence administrative injustifiée dans le temps

L’État ne parvient pas à démontrer l’existence de circonstances exceptionnelles pouvant justifier le retard accumulé pour la mise en service du dispositif informatique obligatoire. La Cour retient souverainement que le pays concerné « a manqué aux obligations qui lui incombent en vertu de l’article 7, paragraphe 5, sous d) » de la directive. Cette solution confirme que les difficultés techniques internes ne sauraient exonérer un membre de son devoir de transposition et d’exécution rapide des normes européennes. Le défaut d’interconnexion perturbe gravement la surveillance administrative et la protection des usagers de la route au sein de l’espace commun.

II. Les implications de la sanction sur la solidarité administrative européenne

A. La protection de la sécurité routière par l’interconnexion des fichiers

Le bon fonctionnement de l’espace de libre circulation repose sur la capacité des autorités à échanger des données fiables sur les conducteurs circulant hors des frontières. L’absence de connexion au réseau empêche le contrôle mutuel des interdictions de conduire et fragilise ainsi la sécurité des usagers sur l’ensemble du territoire. La décision rappelle que chaque État doit contribuer activement à l’architecture de sécurité collective par le respect scrupuleux des protocoles techniques de communication. La sanction financière et juridique vient clore le débat sur la responsabilité de la partie n’ayant pas respecté ses engagements initiaux.

B. La rigueur procédurale de la condamnation pour manquement d’État

Le dispositif final prévoit que la partie défaillante « est condamnée aux dépens » conformément aux règles habituelles régissant le contentieux devant la juridiction de Luxembourg. Cette condamnation souligne la gravité attachée au non-respect des délais de mise en œuvre, même lorsqu’il s’agit de mesures à caractère purement technologique. La fermeté du juge européen garantit l’effet utile du droit de l’Union et incite les membres à moderniser leurs infrastructures pour le bénéfice de tous. L’intégrité du système juridique dépend de cette exigence de ponctualité dans l’application des décisions prises collectivement par les institutions européennes.

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Hassan KOHEN
Avocat Associé

Hassan Kohen

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