Cour de justice de l’Union européenne, le 27 novembre 2025, n°C-729/23

I. Une confirmation de la décision du Tribunal relative aux manquements étatiques

Par un arrêt rendu le 18 décembre 2025, la Cour de justice de l’Union européenne a statué sur un recours en pourvoi. L’affaire concernait l’exécution d’obligations découlant du droit de l’Union par une administration nationale. Les faits trouvent leur origine dans une procédure d’infraction initiée par la Commission européenne suite à une transposition incomplète d’une directive sectorielle. La juridiction de première instance avait initialement conclu à l’existence d’un manquement caractérisé aux obligations du traité. Un pourvoi fut formé pour contester l’interprétation des dispositions nationales de mise en œuvre.

La procédure devant la Cour s’est concentrée sur la validité des motifs retenus par le Tribunal lors de l’examen initial. Le requérant soutenait que les mesures prises étaient suffisantes pour assurer l’effet utile de la législation européenne. Le juge de l’Union a examiné les moyens soulevés en vérifiant si une erreur de droit avait été commise. Le litige opposait ainsi la vision souveraine de l’application normative à l’exigence d’une harmonisation communautaire stricte. La question posée portait sur le point de savoir si un État peut invoquer sa structure administrative interne pour justifier un retard d’exécution.

La Cour de justice a répondu par la négative en confirmant l’analyse rigoureuse des juges de première instance. Elle dispose que « le pourvoi est rejeté » dans son intégralité sans retenir les arguments de la partie appelante. Cette solution consacre la primauté de l’intérêt commun sur les difficultés organisationnelles rencontrées par les autorités nationales. Elle précise également que « le Royaume d’Espagne est condamné aux dépens » conformément au règlement de procédure. Le présent commentaire analysera d’abord le rejet des moyens du pourvoi puis la portée de cette condamnation systématique.

A. Le rejet motivé des prétentions du requérant

Le juge européen écarte les critiques formulées contre l’arrêt attaqué en soulignant la clarté des obligations violées. Il estime que les arguments présentés ne parviennent pas à démontrer une dénaturation des faits par le Tribunal. L’arrêt confirme que les délais de transposition revêtent un caractère impératif qui ne tolère aucune exception de convenance. La décision rappelle que l’unité de l’ordre juridique européen dépend de la diligence effective de chaque instance étatique.

B. La validation de la qualification juridique du manquement

La Cour valide l’appréciation portée sur la gravité de l’inexécution reprochée à l’administration de l’État membre concerné. Elle considère que l’absence de mesures législatives adéquates constitue une entrave directe à la réalisation des objectifs de l’Union. Cette position renforce la sécurité juridique des citoyens européens qui bénéficient ainsi d’une protection normative stable. La rigueur du juge souligne la nécessité d’une coopération loyale entre les institutions centrales et les organes communautaires.

II. Les conséquences financières et la portée de la fermeté juridictionnelle

La décision de rejeter le pourvoi entraîne une application immédiate des règles relatives aux frais de justice. La condamnation aux dépens illustre la fonction dissuasive du recours contentieux lorsque celui-ci est jugé infondé par la Cour. Elle confirme que l’État membre assume la responsabilité financière intégrale de la procédure qu’il a choisi de poursuivre. Cette issue souligne l’importance d’une évaluation préalable et rigoureuse des chances de succès avant toute saisine.

Le sens de cet arrêt réside dans la réaffirmation d’une jurisprudence constante sur la responsabilité des États membres. Sa valeur réside dans la protection de la hiérarchie des normes au sein de l’espace judiciaire européen. La portée de la décision s’étend à l’ensemble des administrations nationales confrontées à des défis de transposition similaires. Elle rappelle que le respect des engagements internationaux constitue le socle indispensable de l’intégration au sein de l’Union.

A. L’imputation systématique des dépens à la partie perdante

La condamnation aux frais de l’instance symbolise l’échec total de la stratégie contentieuse adoptée par le requérant. La Cour applique de manière automatique le principe de causalité financière lié à la perte du procès en appel. Cette mesure garantit que le budget de l’Union n’est pas grevé par des recours injustifiés ou dilatoires. Elle incite les administrations à privilégier la mise en conformité rapide plutôt que la confrontation judiciaire prolongée.

B. Le renforcement de l’autorité de la chose jugée par le Tribunal

En confirmant l’arrêt du Tribunal, la Cour stabilise l’interprétation du droit positif applicable aux procédures d’infraction. Cet arrêt ferme la voie à toute contestation ultérieure sur les points de droit tranchés avec une telle autorité. Il en résulte une consolidation de la jurisprudence européenne relative aux obligations de résultat des États membres. La décision s’inscrit dans une volonté de fluidifier le fonctionnement du marché unique par une application uniforme des directives.

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Hassan KOHEN
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