Cour de justice de l’Union européenne, le 28 avril 2022, n°C-510/20

La Cour de justice de l’Union européenne siégeant à Luxembourg a rendu une décision le 6 octobre 2025 concernant l’application de la politique environnementale. Cette affaire traite du respect des échéances temporelles fixées par une directive-cadre pour assurer la préservation durable des eaux marines à l’échelle européenne. Un État membre n’a pas réexaminé ses stratégies nationales ni communiqué les informations requises à l’institution de contrôle dans les délais légaux prévus. L’organe chargé de veiller à l’application des traités a saisi la juridiction pour faire constater la violation manifeste du droit de l’Union européenne.

La question juridique porte sur la qualification du retard dans la mise en œuvre des obligations techniques imposées par la législation environnementale commune. Les juges déclarent que l’État a manqué à ses obligations en ayant « omis de procéder, dans les délais prescrits » aux réexamens indispensables. L’analyse portera sur la caractérisation du manquement matériel aux obligations de mise à jour avant d’étudier la défaillance procédurale relative à la transmission d’informations.

I. La caractérisation du manquement matériel aux obligations de mise à jour

A. L’omission du réexamen coordonné des composantes de la stratégie marine

L’article 17 de la directive 2008/56/CE impose un cycle de gestion rigoureux pour maintenir ou atteindre un bon état écologique des eaux marines. L’État membre devait réaliser un réexamen de ses stratégies nationales selon une méthode coordonnée définie par les dispositions législatives du cadre européen. La juridiction souligne que l’omission porte sur le « réexamen d’une manière coordonnée » de l’évaluation initiale et des objectifs de protection environnementale. Cette exigence de mise à jour périodique garantit l’adaptation constante des politiques publiques aux évolutions scientifiques et écologiques du milieu naturel marin. Le manquement présente un caractère objectif car il repose sur le simple constat de l’absence de réalisation des diligences prescrites par le texte. L’efficacité du dispositif européen repose sur cette actualisation régulière des données techniques par les autorités nationales responsables de la gestion des espaces.

B. Le non-respect des délais impératifs fixés par la législation environnementale

Le respect des échéances constitue une condition essentielle de la réussite de la stratégie marine commune entre les différents États membres de l’Union. La juridiction rappelle fermement que les mesures de réexamen doivent impérativement intervenir « dans les délais prescrits » par les dispositions de la directive-cadre. Toute tardiveté dans l’exécution de ces tâches techniques compromet la synchronisation globale des efforts nécessaires à la préservation des écosystèmes marins fragiles. L’État ne peut justifier son retard par des difficultés administratives internes puisque les obligations de résultat priment sur les contingences politiques nationales. Cette solution confirme la force contraignante des calendriers législatifs tout en introduisant l’examen de l’obligation de communication des résultats aux instances européennes.

II. La sanction de la défaillance procédurale dans la transmission des informations

A. L’absence de communication des mises à jour à l’institution de contrôle

L’obligation de notification représente le second volet des griefs retenus contre l’État membre défaillant dans le cadre de cette procédure d’infraction. Les autorités nationales ont omis la « communication à [l’institution compétente] des modalités des mises à jour effectuées à l’issue de ces réexamens ». Cette transmission est indispensable pour permettre à l’organe exécutif de l’Union d’exercer sa mission de contrôle de la conformité du droit. Sans ces informations précises, l’évaluation de la pertinence des politiques nationales au regard des objectifs écologiques communs devient techniquement impossible à réaliser. Le manquement aux obligations procédurales découle ici directement de l’absence de notification formelle des étapes franchies par l’administration dans son action.

B. Les conséquences juridiques attachées à la méconnaissance du droit de l’Union

La juridiction conclut que « [l’État membre] a manqué aux obligations qui lui incombent en vertu de l’article 17 » de la directive environnementale. Ce constat de manquement impose à la puissance publique de prendre les mesures nécessaires pour régulariser sa situation juridique dans les meilleurs délais. La condamnation aux dépens souligne la responsabilité financière de l’État dans la gestion de ce litige relatif à la protection de l’environnement. Cette décision renforce l’autorité du droit de l’Union en rappelant que la protection écologique exige une discipline administrative et technique très rigoureuse. La portée de cet arrêt réside dans l’affirmation de l’indivisibilité entre l’action de protection matérielle et l’obligation de transparence institutionnelle.

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Hassan KOHEN
Avocat Associé

Hassan Kohen

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