Cour de justice de l’Union européenne, le 29 novembre 2018, n°C-340/17

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    La Cour de justice de l’Union européenne a rendu, le vingt-deux septembre deux mille vingt-deux, l’arrêt C-502/21 P concernant l’influence juridique du retrait d’un État membre. Un litige opposait une société nord-américaine à l’autorité de régulation européenne au sujet de la validité d’un signe distinctif préalablement enregistré. L’organisme compétent avait annulé l’enregistrement d’une marque en raison de l’existence d’un droit antérieur protégé sur le territoire d’un État alors membre de l’Union. La requérante contestait cette éviction en invoquant la perte de protection de ce titre national à la suite de la sortie définitive du pays concerné.

    Le Tribunal de l’Union européenne a rejeté le premier recours formé contre cet acte par un arrêt prononcé le vingt janvier deux mille vingt et un. La société a ensuite formé un pourvoi devant la juridiction supérieure en soutenant que le motif de refus avait disparu durant l’instance judiciaire. Elle affirmait que le droit antérieur n’était plus opposable puisque l’État concerné avait cessé d’appartenir à l’organisation régionale avant le terme de la procédure.

    La question posée consistait à déterminer si le retrait d’un État membre affecte la légalité d’une décision administrative prise avant la fin de la période transitoire. La Cour a rejeté le pourvoi en affirmant que la régularité d’un acte s’apprécie uniquement au regard des circonstances existantes lors de son adoption. L’étude du maintien du cadre juridique au jour de la décision précédera celle de la consolidation des droits face au retrait étatique.

I. L’appréciation temporelle de la légalité des décisions administratives

A. L’ancrage du contrôle au jour de la décision initiale

    Le juge rappelle une règle classique selon laquelle « la légalité d’un acte de l’Union doit être appréciée en fonction des éléments existant à sa date ». Cette approche garantit la stabilité juridique en évitant que des événements imprévisibles ne viennent remettre en cause des situations administratives déjà cristallisées. La chambre saisie refuse de prendre en considération des faits qui se sont produits postérieurement à la décision rendue par l’organisme de régulation.

B. Le rejet de la prise en compte des faits postérieurs

    L’argumentation fondée sur la fin de la période de transition n’emporte pas la conviction de la Cour en raison de son caractère tardif. Les magistrats estiment que « la circonstance que le droit en cause ait pu perdre le statut de droit antérieur » demeure totalement dépourvue de pertinence. Le contrôle de légalité exercé par le Tribunal ne peut intégrer des mutations législatives ou territoriales survenues après le prononcé de la décision contestée.

II. La consolidation des droits antérieurs malgré le retrait d’un État

A. La préservation de la cohérence du système des marques

    Le système de la marque européenne repose sur une évaluation rigoureuse des droits existants au moment du dépôt ou de la procédure d’opposition. Admettre une modification rétroactive des critères de validité créerait une insécurité préjudiciable pour l’ensemble des acteurs économiques opérant sur le marché intérieur. La Cour protège ainsi l’efficacité des procédures administratives en maintenant une ligne temporelle stricte pour l’examen des motifs relatifs de refus.

B. L’affirmation d’une solution protectrice de la prévisibilité juridique

    Cette jurisprudence confirme que le retrait d’un État ne saurait emporter l’annulation automatique des décisions prises durant son appartenance à l’Union européenne. Les droits acquis et les sanctions prononcées restent valables tant qu’ils respectaient l’ordonnancement juridique en vigueur au jour de leur édiction initiale. La solution retenue assure une transition ordonnée en évitant la réouverture systématique des litiges clos par une autorité administrative compétente.

📄 Circulaire officielle

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Hassan KOHEN
Avocat Associé

Hassan Kohen

Avocat au Barreau de Paris • Droit Pénal & Droit du Travail

Maître Kohen, avocat à Paris en droit pénal et droit du travail, accompagne ses clients avec rigueur et discrétion dans toutes leurs démarches juridiques, qu'il s'agisse de procédures pénales ou de litiges liés au droit du travail.

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