Cour de justice de l’Union européenne, le 29 septembre 2022, n°C-500/21

La Cour de justice de l’Union européenne, par une décision rendue le 29 septembre 2022, tranche un litige portant sur le remboursement de fonds européens. Une entité privée, engagée dans un programme de recherche scientifique, a fait l’objet d’un contrôle financier remettant en cause l’éligibilité de ses frais. Suite à la contestation d’une note de débit émise par l’autorité de gestion, le Tribunal de l’Union européenne a rendu un arrêt le 24 février 2021. La société requérante a saisi la haute juridiction d’un pourvoi visant à obtenir l’annulation de cette décision au motif d’erreurs d’interprétation des clauses contractuelles. Le problème juridique réside dans la détermination du niveau de preuve requis pour justifier le temps de travail effectif des collaborateurs au titre du contrat. Les magistrats rejettent les arguments de la partie appelante et confirment que le défaut de documentation suffisante entraîne l’obligation de restituer les subventions versées. L’examen de cette solution souligne l’importance de la rigueur comptable puis met en lumière la portée du contrôle juridictionnel sur l’exécution des conventions financières.

I. La primauté de la rigueur contractuelle dans la justification des dépenses de personnel

A. L’exigence de preuves documentaires probantes pour attester de la réalité du travail

La Cour souligne que les obligations contractuelles imposent aux bénéficiaires de fournir des éléments de preuve extrêmement précis pour chaque heure de travail déclarée. Elle considère que la production de feuilles de présence fiables est une condition préalable indispensable à la reconnaissance de l’éligibilité des coûts par l’administration. La juridiction rappelle que le respect des conditions financières de la convention constitue une obligation essentielle pesant sur tout bénéficiaire d’une aide publique européenne. Cette position ferme garantit que les deniers de l’Union sont utilisés conformément aux objectifs précis qui ont été définis lors de la signature du contrat.

B. L’interprétation stricte des stipulations conventionnelles relatives à l’éligibilité des coûts financiers

L’arrêt rejette toute interprétation souple qui permettrait de valider des dépenses sur la base de simples estimations ou de documents établis de manière rétroactive. La juridiction de l’Union confirme que les clauses contractuelles doivent être appliquées avec une rigueur absolue afin d’assurer l’égalité de traitement entre les candidats. La volonté de l’entité privée de substituer ses propres méthodes de calcul aux stipulations du contrat est ainsi jugée inadmissible par les magistrats de Luxembourg. La décision renforce la protection des intérêts financiers de l’institution versante en sanctionnant le manque de diligence comptable de l’organisme ayant reçu les fonds.

II. Le maintien d’un contrôle juridictionnel rigoureux sur l’usage des subventions publiques

A. La validation de la méthode d’audit employée par l’institution chargée de la gestion des fonds

Le raisonnement suivi par le Tribunal de l’Union européenne est validé par la Cour car il repose sur une analyse correcte de la charge probatoire. Les juges estiment que l’autorité administrative dispose du pouvoir de vérifier la réalité des prestations et de rejeter les frais qui ne sont pas étayés. L’arrêt précise explicitement que « le pourvoi est rejeté » dans la mesure où les griefs invoqués ne permettent pas de démontrer une dénaturation des faits. Le contrôle exercé sur l’audit financier apparaît comme un garde-fou nécessaire pour prévenir tout risque de détournement des subventions accordées aux structures de recherche.

B. La confirmation du rejet définitif des prétentions formulées par la personne morale requérante

En décidant que la société appelante supporte ses propres dépens et ceux de l’autre partie, la Cour manifeste sa volonté de clore définitivement ce litige. Cette issue contentieuse rappelle aux acteurs privés la nécessité d’une gestion administrative irréprochable lorsqu’ils participent à des programmes de coopération technique ou scientifique. La décision du 29 septembre 2022 s’inscrit dans une jurisprudence constante qui privilégie la force obligatoire des contrats de subvention sur les considérations d’équité. Les professionnels doivent désormais s’assurer de la parfaite adéquation de leurs outils de suivi interne avec les exigences fixées par les instances de contrôle.

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Hassan KOHEN
Avocat Associé

Hassan Kohen

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