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Préambule
En application de l’article 87 de la loi n° 2008-1330 du 17 décembre 2008 de financement de la sécurité sociale pour 2009 et de ses décrets publiés au Journal officiel du 21 mai 2009 relatifs aux accords et plans d’action en faveur de l’emploi des salariés âgés ;
Considérant l’article L. 2241-4 du code du travail visant la négociation triennale de branche sur l’emploi des salariés âgés ;
Prenant en compte l’accord de branche signé le 22 septembre 2009 qui prendra fin le 31 décembre 2012 et son bilan ;
Le présent accord vise à reconduire la politique volontariste en faveur de l’augmentation du taux d’activité des salariés âgés dans le secteur pour mieux gérer les carrières des seniors et ainsi sécuriser leur maintien dans l’emploi et leur employabilité.
En 2010, le taux d’emploi des salariés âgés de 55 ans à 64 ans est en France de 39,7 %. Le taux d’activité des 55-64 ans a augmenté d’environ 2 points par an de 2008 à 2010, contre 0,5 point annuellement de 2003 à 2007. De 2000 à 2010, le taux d’emploi des 55-64 ans a progressé dans la quasi-totalité des pays de l’Union européenne, avec pour la France une progression inférieure à la moyenne européenne (source DARES).
Le présent accord vise à répondre à cet enjeu majeur que constitue l’amélioration du taux d’emploi des seniors.
Depuis un certain nombre d’années, les partenaires sociaux de la branche se sont mobilisés en faveur de la promotion de la formation tout au long de la vie professionnelle afin de maintenir et faire évoluer le capital « compétences » des salariés, notamment sur la seconde partie de leur carrière. Ainsi, dans le cadre de l’accord du 4 novembre 2010, les salariés seniors sont désignés comme un des publics prioritaires majeurs de la branche.
Parallèlement dans ledit accord de 2010 sont définies des priorités majeures liées à la sécurisation des parcours professionnels. Ainsi, l’accès aux CQP (certificats de qualification professionnelle) et la lutte contre l’illettrisme constituent des axes ouverts en priorité aux seniors. Les partenaires sociaux rappellent qu’une filière de CQP de branche est construite, accompagnée de la mise en place d’un organisme certificateur de branche et d’une attribution nouvelle de la CPNEFP dans la délivrance des CQP.
Cette politique s’inscrit dans le prolongement de celle en faveur de la prévention des risques professionnels en matière de santé et de sécurité. Les partenaires sociaux ont créé dans l’accord du 18 janvier 2012 une commission paritaire nationale de santé et de sécurité (CPNSS) dont une des missions est la définition d’actions prioritaires, notamment vis-à-vis des seniors. Figurent également dans cet accord des dispositions spécifiques relatives au suivi de la santé des salariés âgés afin de contribuer à leur maintien en bonne santé.
S’agissant des négociations en matière de pénibilité, la branche a établi un diagnostic des situations de pénibilité dans le cadre du volet prévention et s’est engagée à ouvrir des discussions sur le volet compensation/réparation au cours du second semestre 2012.
Les partenaires sociaux ont conscience que le vieillissement de la population salariée, conjugué avec d’autres facteurs, augmente le risque de développement de troubles musculo-squelettiques (TMS). Or, plus de 50 % des effectifs dans la branche ont plus de 40 ans. Aussi, dans ce contexte attendu de vieillissement de la population salariée, la politique de branche de prévention des TMS contribue à diminuer le risque à sa source afin de favoriser l’allongement des parcours professionnels. Les partenaires sociaux rappellent que cette démarche de branche est un dispositif global qui contribue à développer une culture de prévention pérenne au sein de l’entreprise et s’adresse à l’ensemble des acteurs, du dirigeant à l’agent de service. La démarche de branche repose sur un dispositif de « formation action » adapté au secteur, dont les certifications délivrées (certificat prévention secours propreté et animateur prévention TMS) sont reconnues par l’INRS.
Le succès d’une telle politique en faveur du maintien dans l’emploi des seniors nécessite l’implica-tion et l’engagement de chacun. Les partenaires sociaux veilleront à l’exclusion de toutes formes de discriminations à l’égard des salariés seniors. En effet, grâce à leurs connaissances de l’entreprise et de ses métiers, les seniors jouent un rôle important dans l’accueil des jeunes notamment et la transmission des savoir-faire.
Les partenaires sociaux s’entendent à travers cet accord pour favoriser des parcours professionnels inscrits dans la durée, en améliorant l’accès à la formation professionnelle des seniors et en anticipant les carrières professionnelles.