Tribunal judiciaire de Lyon, le 26 juin 2025, n°24/02161

Le Tribunal judiciaire de Lyon, statuant en premier ressort le 26 juin 2025, a confirmé une ordonnance d’injonction de payer. Une société avait obtenu une telle ordonnance contre une autre société pour le paiement d’une somme d’argent. La société débitrice avait formé opposition mais, lors de l’audience, elle n’était pas représentée et n’avait produit aucune pièce. Le tribunal a donc rejeté cette opposition comme infondée. La question se pose de savoir si l’absence de représentation et de production à l’audience entraîne nécessairement le rejet de l’opposition comme infondée. Le juge a répondu par l’affirmative, confirmant l’ordonnance et condamnant la société débitrice. Cette solution invite à analyser les conditions de régularité d’une opposition avant d’en mesurer les conséquences procédurales.

L’arrêt rappelle d’abord les exigences procédurales attachées à l’exercice du droit d’opposition. L’article 1415 du code de procédure civile prévoit que l’opposition rend les parties “dans l’état où elles se trouvaient avant l’ordonnance”. Le tribunal constate qu’en l’espèce, la société débitrice “n’était pas représentée et n’a produit ni conclusions ni pièces justificatives de son opposition”. Cette absence de toute démarche substantielle à l’audience prive l’opposition de son objet. Le juge applique strictement les règles de la procédure contradictoire. Une partie qui forme opposition doit en effet suivre la procédure ordinaire. Son défaut de comparution et son inaction l’exposent à ce que sa demande soit considérée comme non étayée. La décision souligne ainsi que le droit de former opposition ne dispense pas des obligations procédurales fondamentales. Il s’agit d’une application classique du principe selon lequel l’opposition doit être motivée pour être examinée.

La portée de cette rigueur procédurale mérite ensuite d’être soulignée. Le tribunal estime que l’opposition “sera considérée comme infondée”. Cette qualification est significative. Elle ne se borne pas à constater une irrecevilité ou un désistement implicite. Le juge procède à un examen au fond par défaut. La solution est conforme à une jurisprudence constante qui exige un débat contradictoire sur le bien-fondé de la créance. En l’absence de toute défense, le juge n’a d’autre choix que de confirmer l’ordonnance. La décision rappelle que “confirmant l’ordonnance d’injonction de payer, la [société] sera condamnée”. La confirmation est la conséquence logique de l’absence de moyens soulevés. Cette approche garantit l’efficacité de la procédure d’injonction de payer. Elle prévient les oppositions dilatoires tout en respectant le droit à un procès équitable. L’équilibre est ainsi préservé entre célérité et droits de la défense.

La solution adoptée consacre une saine gestion de la procédure. Elle évite l’encombrement des rôles par des instances sans objet. La rigueur de l’exigence peut toutefois sembler sévère. Une absence à l’audience peut résulter d’un contretemps indépendant de la volonté de la partie. Le code de procédure civile offre des voies de recours contre les jugements réputés contradictoires. La société débitrice pourra ainsi former opposition à ce jugement si elle justifie de son défaut. Le système juridique prévoit donc des correctifs. La décision du Tribunal judiciaire de Lyon s’inscrit dans une logique d’efficacité procédurale. Elle rappelle utilement que l’opposition à une injonction de payer engage son auteur à défendre activement sa position. Cette jurisprudence stabilise les pratiques et sécurise les créanciers.

📄 Circulaire officielle

Nos données proviennent de la Cour de cassation (Judilibre), du Conseil d'État, de la DILA, de la Cour de justice de l'Union européenne ainsi que de la Cour européenne des droits de l'Homme.
Hassan KOHEN
Avocat Associé

Hassan Kohen

Avocat au Barreau de Paris • Droit Pénal & Droit du Travail

Maître Kohen, avocat à Paris en droit pénal et droit du travail, accompagne ses clients avec rigueur et discrétion dans toutes leurs démarches juridiques, qu'il s'agisse de procédures pénales ou de litiges liés au droit du travail.

En savoir plus sur Kohen Avocats

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture