Tribunal judiciaire de Vannes, le 26 juin 2025, n°25/00280

La décision du Tribunal judiciaire de Vannes du 26 juin 2025 reconnaît l’existence d’une unité économique et sociale entre plusieurs sociétés. Cette reconnaissance intervient sur requête de salariés de ces entités. Les sociétés défenderesses ont accepté la demande lors de l’audience. Le tribunal ordonne en conséquence l’organisation d’élections pour un comité social et économique unique. La question posée est celle des conditions de reconnaissance d’une unité économique et sociale par accord des parties. Le juge valide cette reconnaissance par consentement mutuel et en tire les conséquences légales.

**La consécration d’une unité économique et sociale par accord des parties**

La décision valide la reconnaissance conventionnelle de l’unité économique et sociale. Le tribunal constate que « chacune des parties reconnaissant le bien fondé de la requête ». Il fait ainsi droit à la demande sans procéder à une vérification substantielle des critères légaux. Cette approche consacre l’autonomie de la volonté dans un domaine d’ordre public social. Elle permet une reconnaissance efficiente de la structure commune. La solution évite un contentieux long et technique sur les preuves. Elle favorise une mise en place rapide de la représentation collective. Le juge se limite à un rôle d’homologation de l’accord intervenu.

Cette reconnaissance produit des effets immédiats et contraignants. Le tribunal « ordonne l’organisation des élections professionnelles nécessaires ». Il rend également le jugement « opposable à l’ensemble des sociétés concernées ». L’article L. 2313-8 du code du travail trouve ainsi application. La décision crée une obligation positive pour les employeurs. Elle permet l’instauration d’une instance représentative unique. Cette approche pragmatique sécurise la situation juridique des parties. Elle garantit l’effectivité du droit à la représentation collective des salariés.

**Les implications d’une reconnaissance judiciaire simplifiée**

La portée de cette décision est significative pour la pratique. Elle confirme une voie procédurale simplifiée pour constituer une unité économique et sociale. La solution s’appuie sur l’absence de contestation des critères par les employeurs. Elle écarte un examen d’office approfondi par le juge. Cette position peut être analysée comme une application du principe dispositif. Le juge statue sur les prétentions des parties sans soulever d’office des moyens. La décision présente ainsi un caractère déclaratif plus que constitutif.

La valeur de cette jurisprudence mérite cependant discussion. La reconnaissance d’une unité économique et sociale engage des droits d’ordre public. L’article L. 2313-8 vise à protéger les salariés d’un éclatement artificiel des entreprises. Un contrôle minimaliste des critères pourrait en affaiblir la garantie. Certaines doctrines soutiennent un rôle plus actif du juge. Elles estiment nécessaire de vérifier la réalité des liens économiques et sociaux. La solution adoptée privilégie cependant la sécurité juridique et l’efficacité procédurale. Elle s’inscrit dans une logique de simplification des relations collectives.

Cette approche pourrait influencer les pratiques contentieuses futures. Elle offre une alternative aux expertises longues et coûteuses. La décision pourrait inciter à des reconnaissances conventionnelles similaires. Elle place la volonté des parties au cœur du processus de constitution. La solution reste néanmoins tributaire de l’accord des employeurs concernés. Elle ne préjuge pas des cas où la réalité de l’unité serait contestée. Le juge conserve son pouvoir d’appréciation souveraine sur les preuves en cas de litige.

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Hassan KOHEN
Avocat Associé

Hassan Kohen

Avocat au Barreau de Paris • Droit Pénal & Droit du Travail

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