Tribunal judiciaire de Marseille, le 6 février 2025, n°24/07390

Le tribunal judiciaire de Marseille, statuant en référé le 6 février 2025, examine une demande en constat de résiliation de bail pour impayés. Le bailleur public justifie du respect des formalités préalables et invoque une clause résolutoire acquise. Le juge du contentieux de la protection déclare la demande recevable et constate la résiliation. Il ordonne l’expulsion tout en accordant des délais de paiement et en suspendant la clause résolutoire sous conditions. Cette décision illustre l’équilibre entre la protection du créancier et les mesures d’accompagnement du débiteur.

La sanction procédurale des conditions préalables à l’action

Le juge vérifie scrupuleusement le respect des formalités substantielles prévues par la loi. Le texte exige une notification au préfet six semaines avant l’audience et une saisine préalable d’une commission pour les bailleurs personnes morales. Le bailleur produit la dénonciation de l’assignation en date du 27 novembre 2024, soit six semaines au moins avant l’audience en date du 6 février 2025. Il justifie également avoir signalé la situation à la Caisse d’Allocations Familiales deux mois avant l’assignation. Le respect de ces délais est une condition de recevabilité de l’action en constat de résiliation. Cette analyse rigoureuse assure l’effectivité du contrôle administratif et social préalable. Elle garantit que le locataire bénéficie des dispositifs d’accompagnement avant toute procédure judiciaire. La jurisprudence antérieure confirme cette exigence stricte. « Son action est donc recevable au regard des dispositions de l’article 24 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 » (Tribunal judiciaire de Paris, le 1 juillet 2025, n°24/10342). La portée de ce contrôle est essentielle pour les bailleurs sociaux. Elle conditionne l’accès au juge et renforce la sécurité juridique de la procédure d’expulsion.

L’équilibre entre la sanction du contrat et les mesures d’apurement

Le juge constate la résiliation de plein droit tout en aménageant ses conséquences. La clause résolutoire est acquise suite à un commandement resté impayé plus de deux mois. Par conséquent, la clause résolutoire est acquise de plein droit et le bail résilié à la date du 23 octobre 2024. Le juge ordonne donc l’expulsion du locataire après un délai de deux mois. Cependant, il use de son pouvoir d’appréciation pour accorder des délais de paiement. Compte tenu de l’accord entre les parties, il convient de faire droit à la demande de délais de paiement. Le juge suspend les effets de la clause résolutoire pendant trente-six mois sous conditions strictes. Cette suspension prend fin dès le premier impayé selon les modalités fixées par le juge. Le référé permet ainsi une solution provisoire mais immédiatement exécutoire. Il prévient un trouble illicite tout en offrant une chance de régularisation. La décision opère une conciliation entre l’exécution forcée du contrat et le maintien dans les lieux. Elle matérialise la fonction sociale du bail et le pouvoir modérateur du juge. La portée est pratique car elle évite une expulsion immédiate pour une dette en cours d’apurement. La valeur réside dans cette recherche d’une issue non exclusivement répressive au conflit locatif.

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Hassan KOHEN
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