Avocat en droit du travail à Paris
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Nos clients témoignent
Très bon premier échange téléphonique avec M. Chahdi. Professionnel, clair, à l'écoute et bienveillant, il a pris le temps de répondre à toutes mes questions. Il donne une excellente première impressi... Très bon premier échange téléphonique avec M. Chahdi. Professionnel, clair, à l'écoute et bienveillant, il a pris le temps de répondre à toutes mes questions. Il donne une excellente première impression du cabinet. Merci pour votre accueil.
Je suis ravie du conseil avisé reçu ce jour par maître Reda kohen. Je recommande vivement.
Je recommande vivement Maître Kohen Il m'a aidé à faire valoir mes droits et m'a accompagné avec beaucoup de professionnalisme. Il a su me rassurer tout au long de la procédure, en étant à l'écoute, d... Je recommande vivement Maître Kohen Il m'a aidé à faire valoir mes droits et m'a accompagné avec beaucoup de professionnalisme. Il a su me rassurer tout au long de la procédure, en étant à l'écoute, disponible et de bon conseil. Grâce à son engagement, j'ai retrouvé confiance. Un grand merci pour son excellent travail.
Maître KOHEN, un avocat exemplaire ... J'ai eu Maître Kohen par téléphone en février 2026 pour un jour de week-end aux alentours de 15h poir une urgence et il m'a donné 2h plus tard c'est qui est rare... Maître KOHEN, un avocat exemplaire ... J'ai eu Maître Kohen par téléphone en février 2026 pour un jour de week-end aux alentours de 15h poir une urgence et il m'a donné 2h plus tard c'est qui est rare. Il m'a écouté et a pris mon affaire en charge la semaine d'après. J'étais dans une situation chaotique, il m'a aidé à trouver la solution avec son expertise en droit. Je ne peux que vous recommander Un grand merci a vous Maître!! Si tout les avocats seraient comme vous ... Encore une fois un grand merci... 1000 milles merciiii
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« Un professionnalisme exemplaire dès le premier contact. Merci tout particulièrement à Monsieur Chahdi pour son accueil chaleureux, sa disponibilité et la clarté du protocole proposé, qui permet d'év... « Un professionnalisme exemplaire dès le premier contact. Merci tout particulièrement à Monsieur Chahdi pour son accueil chaleureux, sa disponibilité et la clarté du protocole proposé, qui permet d'évaluer la faisabilité de mon dossier en toute transparence avant tout engagement. »
Super échange avec Mr Chahdi je le recommande
« Un professionnalisme exemplaire dès le premier contact. Merci tout particulièrement à Monsieur Chahdi pour son accueil chaleureux, sa disponibilité et la clarté du protocole proposé, qui permet d'év... « Un professionnalisme exemplaire dès le premier contact. Merci tout particulièrement à Monsieur Chahdi pour son accueil chaleureux, sa disponibilité et la clarté du protocole proposé, qui permet d'évaluer la faisabilité de mon dossier en toute transparence avant tout engagement. » Un grand bravo
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Maitre Kohen nous a bien conseillé et accompagné. Je le remercie pour tout ce qu'il a fait.
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Mr Kohen is very professional. I am extremely satistied with the service I received. Their team was attentive and very responsive from start to finish. I would not hesitate to recommend them to anyone... Mr Kohen is very professional. I am extremely satistied with the service I received. Their team was attentive and very responsive from start to finish. I would not hesitate to recommend them to anyone in need of professional and dependable support.
Vraiment,si un grand plaisir de lire des message des citoyens , ou clients concernant maitre Reda Kohen ,avec des qualités professionnelles, humaines, simplicité, sage, etc.. Je souhaite, à Maitr... Vraiment,si un grand plaisir de lire des message des citoyens , ou clients concernant maitre Reda Kohen ,avec des qualités professionnelles, humaines, simplicité, sage, etc.. Je souhaite, à Maitre Reda Kohen une bonne continuation dans tout les domaines de vie , Avec tout Mes respects Maitre
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Je tiens à remercier sincèrement Maitre Reda Kohen pour la qualité de ses échanges. J'ai été particulièrement touchée par la rapidité de réponse, l'attention portée à ma situation et le temps consacré... Je tiens à remercier sincèrement Maitre Reda Kohen pour la qualité de ses échanges. J'ai été particulièrement touchée par la rapidité de réponse, l'attention portée à ma situation et le temps consacré à l'étude de mon dossier. Les explications fournies étaient claires, réfléchies et empreintes d'une grande honnêteté intellectuelle. Dans un contexte difficile, j'ai beaucoup apprécié de trouver un professionnel à l'écoute, bienveillant et soucieux d'apporter un éclairage utile. Un grand merci pour votre disponibilité et votre professionnalisme.
Enfin un avocat de confiance, qui se rend vraiment disponible pour ses clients! Nous sommes très ravi d’avoir trouvé Maître Kohen qui sait de quoi il parle. L’équipe du garage Renault Auto Infini à No... Enfin un avocat de confiance, qui se rend vraiment disponible pour ses clients! Nous sommes très ravi d’avoir trouvé Maître Kohen qui sait de quoi il parle. L’équipe du garage Renault Auto Infini à Noiseau.
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Je tiens sincèrement à remercier ce cabinet d’avocats pour son professionnalisme, son écoute et surtout ses précieux conseils. Dès le premier échange, j’ai été accueilli avec sérieux, respect et human... Je tiens sincèrement à remercier ce cabinet d’avocats pour son professionnalisme, son écoute et surtout ses précieux conseils. Dès le premier échange, j’ai été accueilli avec sérieux, respect et humanité. Ils ont pris le temps de m’expliquer ma situation juridique clairement et de me rassurer dans une période très stressante. Grâce à leur accompagnement, j’ai enfin compris mes droits et les démarches à suivre. Je recommande vivement ce cabinet à toute personne recherchant des avocats compétents, réactifs et vraiment impliqués dans la défense de leurs clients. Encore merci pour votre aide précieuse et votre bienveillance.
Vingt réponses précises aux questions les plus fréquentes en droit du travail : licenciement, harcèlement, heures supplémentaires, prud’hommes, forfait-jours, accident du travail, rupture conventionnelle, discrimination, congés payés et clauses du contrat. Chaque réponse cite les textes applicables et la jurisprudence vérifiée de la Cour de cassation.
Droits fondamentaux des salariés et cadres à Paris
La page reçoit des impressions sur les recherches d'avocat pour les droits fondamentaux des salariés à Paris 9, les cadres et le contentieux social. Le cabinet intervient lorsque l'employeur porte atteinte à une liberté au travail, sanctionne un salarié protégé par un motif interdit ou laisse une situation de harcèlement s'installer.
- Libertés individuelles et collectives. L'article L. 1121-1 du Code du travail impose que toute restriction soit justifiée par la tâche à accomplir et proportionnée au but recherché.
- Discrimination et carrière. L'article L. 1132-1 du Code du travail protège notamment l'accès à l'emploi, la rémunération, la formation, la promotion, la mutation, le renouvellement du contrat et le licenciement.
- Harcèlement moral ou sexuel. Les articles L. 1152-1 et L. 1153-1 permettent de qualifier les atteintes à la dignité, à la santé ou à l'avenir professionnel.
Pour un salarié ou un cadre, l'analyse utile consiste à réunir les emails, avertissements, évaluations, certificats médicaux, témoignages, fiches de paie et échanges RH afin de choisir entre négociation, référé, saisine prud'homale ou plainte lorsque le dossier comporte aussi un volet pénal.
Mon licenciement est-il sans cause réelle et sérieuse et quelles indemnités puis-je obtenir ?
Le licenciement sans cause réelle et sérieuse suppose que les motifs énoncés dans la lettre ne sont pas établis ou ne présentent pas une gravité suffisante pour justifier la rupture. L'article L. 1232-1 du Code du travail exige une cause réelle et sérieuse, et l'article L. 1235-1 donne au juge le pouvoir de former sa conviction au vu des éléments fournis par les parties. La lettre de licenciement fixe les limites du litige : l'employeur ne peut pas, devant le conseil de prud'hommes, ajouter ou modifier les motifs invoqués.
Le salarié qui obtient gain de cause à droit à une indemnité plafonnée par le barème prévu à l'article L. 1235-3, fonction de l'ancienneté et de l'effectif. S'y ajoutent l'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement, l'indemnité compensatrice de préavis, l'indemnité de congés payés afférente et le remboursement des indemnités chômage versées par France Travail dans la limite de six mois (article L. 1235-4).
Lorsque le motif disciplinaire invoque ne repose sur aucun fait vérifiable, le licenciement est requalifié. La Cour de cassation a rappelé que le bureau de conciliation et d'orientation conserve une compétence d'ordre général pour régler tout différend né à l'occasion du contrat de travail et que les parties qui comparaissent volontairement peuvent étendre l'objet de la conciliation au-delà des seules indemnités de rupture (Cass. soc., 24 avril 2024, n° 22-20.472, publié au Bulletin). Le cabinet évalue la solidité du motif et chiffre la créance des le premier rendez-vous.
Barème Macron : comment sont calculées mes indemnités de licenciement abusif ?
Le barème dit Macron, codifié à l'article L. 1235-3 du Code du travail, fixe des planchers et plafonds d'indemnité pour licenciement sans cause réelle et sérieuse. Le calcul dépend de l'ancienneté et de l'effectif. Pour une entreprise de onze salariés et plus, le minimum est d'un mois de salaire brut à partir d'un an d'ancienneté, et le plafond progresse jusqu'à vingt mois pour trente ans d'ancienneté. Pour les entreprises de moins de onze salariés, le minimum est plus faible.
Le barème ne s'applique pas lorsque le licenciement est nul, par exemple en cas de discrimination, de violation d'une liberté fondamentale, de dénonciation de bonne foi de faits délictueux par un lanceur d'alerte ou de licenciement d'une salariée enceinte. La Cour de cassation a confirmé qu'aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l'objet d'une mesure discriminatoire pour avoir relate ou témoigne, de bonne foi, de faits constitutifs d'un délit ou d'un crime dont il aurait eu connaissance dans l'exercice de ses fonctions
(Cass. soc., 13 septembre 2023, n° 21-22.301, publié au Bulletin). Dans ce cas, l'indemnité plancher est de six mois de salaire et la réintégration peut être demandée.
Le calcul intègre la moyenne mensuelle brute des douze ou trois derniers mois selon le calcul le plus favorable. Les heures supplémentaires régulières, primes et avantages permanents y sont inclus. Le barème s'ajoute, sans s'y substituer, à l'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement, au préavis et aux congés payés afférents. Le cabinet établit un chiffrage prude depuis les bulletins de paie et la convention collective applicable, en distinguant le terrain principal et les demandes subsidiaires.
Licenciement verbal ou lettre tardive : est-ce valable et quels sont mes recours ?
Le licenciement doit être notifié par lettre recommandée avec accusé de réception ou remis en main propre contre décharge, conformément à l'article L. 1232-6 du Code du travail. Toute rupture annoncée oralement, par téléphone, sur les réseaux sociaux ou par circulaire interne avant la lettre officielle vaut licenciement sans cause réelle et sérieuse, voire nul lorsque l'annonce porte atteinte à une liberté fondamentale. Le délai de l'article L. 1232-2, qui impose un entretien préalable au moins cinq jours ouvrables après convocation, est impératif. Une lettre envoyée plus d'un mois après l'entretien est tardive et entaché la procédure d'irrégularité.
La preuve du licenciement verbal incombe au salarié, mais le standard est souple. Un courriel envoyé après la conversation, un SMS de rappel, un courrier confirmant l'éviction, l'attestation d'un collègue ayant assisté à la scène ou la cessation immédiate de l'accès aux outils professionnels suffisent généralement. La Cour de cassation a confirmé l'obligation faite au juge d'apprécier la régularité de la procédure suivie et le caractère réel et sérieux des motifs invoqués par l'employeur
(Cass. soc., 24 avril 2024, n° 22-20.472, publié au Bulletin).
Le recours se conduit devant le conseil de prud'hommes dans les douze mois de la rupture (article L. 1471-1). Outre l'indemnité pour licenciement sans cause réelle et sérieuse, le salarié peut obtenir l'indemnité compensatrice de préavis, les congés payés afférents, l'indemnité de licenciement et, en cas d'irrégularité formelle, un mois de salaire complémentaire. Le cabinet conseille d'agir rapidement pour préserver les preuves.
Comment prouver un harcèlement moral au travail et qui doit apporter les preuves ?
L'article L. 1154-1 du Code du travail aménagé la charge de la preuve en matière de harcèlement moral. Le salarié présente des éléments de fait laissant supposer l'existence d'un harcèlement : courriels dégradants, attestations de collègues, certificats médicaux, comptes rendus d'entretien, arrêts de travail répétés, modifications soudaines de fonctions, mise à l'écart, surcharge de travail excessive. L'article L. 1152-1 définit le harcèlement comme des agissements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte aux droits, à la dignité, d'altérer la santé ou de compromettre l'avenir professionnel.
Une fois ces éléments présentés, l'employeur doit prouver que les faits invoqués sont justifiés par des éléments objectifs étrangers à tout harcèlement. La Cour de cassation a précisé les contours de cette charge partagée : lorsque le salarié présente plusieurs éléments de fait constituant selon lui une discrimination directe ou indirecte, il appartient au juge d'apprécier si ces éléments pris dans leur ensemble laissent supposer l'existence d'une telle discrimination et, dans l'affirmative, il incombe à l'employeur de prouver que ses décisions sont justifiées par des éléments objectifs étrangers à toute discrimination
(Cass. soc., 5 février 2025, n° 23-15.776, publié au Bulletin), règle transposable au harcèlement.
Le harcèlement moral peut émaner du supérieur hiérarchique, d'un collègue ou d'un subordonné. Il n'exige pas d'élément intentionnel. Le salarié peut demander la nullité du licenciement subi en raison du harcèlement, sa réintégration, des dommages et intérêts pour le harcèlement lui-même, pour le manquement à l'obligation de sécurité et pour le préjudice moral. La pénalisation est possible (article 222-33-2 du Code pénal).
Mon licenciement est-il nul pour discrimination et quelles indemnités obtenir ?
Le licenciement est nul lorsqu'il est prononcé en violation d'une liberté fondamentale ou pour un motif discriminatoire prohibé par l'article L. 1132-1 du Code du travail : origine, sexe, handicap, état de santé, grossesse, orientation sexuelle, age, religion, opinion politique, activité syndicale, appartenance à une ethnie. La nullité ouvre droit à la réintégration et au paiement de l'intégralité des salaires non perçus depuis l'éviction (article L. 1235-3-1) sans barème Macron applicable.
La Cour de cassation a récemment renforcé le standard probatoire. Elle a jugé que le salarié présentait des éléments de fait relatifs à des agissements discriminatoires en raison de son origine, et qu'il appartenait des lors au juge de rechercher si l'employeur prouvait que les agissements discriminatoires invoqués étaient justifiés par des éléments objectifs étrangers à toute discrimination
(Cass. soc., 14 novembre 2024, n° 23-17.917, publié au Bulletin). Cette décision interdit aux juges de rejeter une demande au motif que le salarié ne ferait mention d'aucune mesure précise, des lors qu'il rapporte des éléments concordants.
Si la réintégration n'est pas demandée ou si elle est impossible, l'indemnité minimale est de six mois de salaire, sans plafond. S'y ajoutent l'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement, l'indemnité de préavis, les congés payés afférents, et le cas échéant des dommages et intérêts pour le préjudice moral spécifique de la discrimination. Les preuves utiles incluent les comparaisons avec des collègues places dans une situation analogue, les statistiques internes de l'entreprise, les courriels, les comptes rendus d'évaluation et les attestations. Le cabinet construit le dossier en croisant éléments factuels et statistiques.
Rupture conventionnelle : dans quels cas peut-elle être annulée ?
La rupture conventionnelle, régie par les articles L. 1237-11 et suivants du Code du travail, peut être annulée pour vice du consentement (violence, dol ou erreur) ou pour irrégularité procédurale. Le défaut d'entretien préalable, le non-respect du délai de rétractation de quinze jours calendaires après signature, ou l'absence d'homologation par la DREETS sont des causes classiques d'annulation. L'annulation entraîne la requalification en licenciement sans cause réelle et sérieuse avec ouverture du barème prévu à l'article L. 1235-3.
Le harcèlement moral n'entraîne pas, à lui seul, la nullité de la rupture conventionnelle. La Cour de cassation a jugé qu'en l'absence de vice du consentement, l'existence de faits de harcèlement moral n'affecte pas en elle-même la validité de la convention de rupture intervenue en application de l'article L. 1237-11 du code du travail
(Cass. soc., 23 janvier 2019, n° 17-21.550, publié au Bulletin). Il faut donc démontrer que le contexte de harcèlement a vicié le consentement, par exemple par une emprise psychologique, une pression caractérisée ou une violence morale.
L'action en nullité se prescrit par douze mois à compter de la date d'homologation. Le salarié obtient les indemnités de rupture sans cause réelle et sérieuse, sous déduction des sommes déjà perçues au titre de la rupture conventionnelle. Le cabinet recommande, avant signature, une analyse complète du dossier : motifs réels, contexte conflictuel, montant de l'indemnité spécifique au regard de l'ancienneté, droit à l'allocation chômage, traitement social et fiscal. Une rupture conventionnelle bien négociée permet d'éviter le contentieux, mais une rupture imposée sous pression peut être attaquée devant le conseil de prud'hommes dans le délai utile.
Saisir les prud'hommes : combien de temps et quelles étapes ?
Le salarié dispose de douze mois à compter de la notification du licenciement pour saisir le conseil de prud'hommes (article L. 1471-1 du Code du travail). Pour les rappels de salaire et heures supplémentaires, le délai est de trois ans (article L. 3245-1). Pour la discrimination, le délai est de cinq ans à compter de la révélation. La requête est déposée au greffe du conseil de prud'hommes du lieu d'exécution du contrat ou du domicile du salarié.
La procédure passe d'abord par un bureau de conciliation et d'orientation, étape obligatoire ou les parties peuvent transiger. Le BCO conserve une compétence d'ordre général : la Cour de cassation a jugé que les parties qui comparaissent volontairement devant ce bureau peuvent librement étendre l'objet de leur conciliation à des questions dépassant celles des seules indemnités de rupture
(Cass. soc., 24 avril 2024, n° 22-20.472, publié au Bulletin). L'accord signé vaut transaction et empêche toute contestation ultérieure sur les questions traitées.
Si la conciliation échoue, l'affaire est renvoyée au bureau de jugement. Après un calendrier d'échange de conclusions et de pièces, l'audience de plaidoirie est tenue. Le délai moyen entre la saisine et le jugement est de douze à vingt-quatre mois selon les conseils. Le jugement est susceptible d'appel devant la chambre sociale de la cour d'appel compétente lorsque le montant en jeu dépasse 5 000 euros. Pour les dossiers urgents (proximité de la rupture, contestation d'un licenciement imminent, communication forcée de pièces), la procédure de référé prud'homal permet d'obtenir des mesures provisoires. Le cabinet évalue, des le premier rendez-vous, le terrain procédural adapté.
Comment prouver et me faire payer mes heures supplémentaires ?
L'article L. 3171-4 du Code du travail aménagé la charge de la preuve. Le salarié présente des éléments suffisamment précis quant aux heures non rémunérées qu'il prétend avoir accomplies pour permettre à l'employeur, qui assure le contrôle du temps de travail, d'y répondre utilement en produisant ses propres éléments. Un décompte hebdomadaire mentionnant les heures de prise et de fin de service, des courriels horodatés, des plannings, des badges d'accès ou des attestations de collègues suffisent à remplir l'exigence.
La Cour de cassation, réunie en formation plénière de chambre, a fixé le standard d'application. En cas de litige relatif à l'existence ou au nombre d'heures de travail accomplies, il appartient au salarié de présenter, à l'appui de sa demande, des éléments suffisamment précis quant aux heures non rémunérées qu'il prétend avoir accomplies afin de permettre à l'employeur, qui assure le contrôle des heures de travail effectuées, d'y répondre utilement en produisant ses propres éléments. Le juge forme sa conviction en tenant compte de l'ensemble de ces éléments au regard des exigences rappelées aux dispositions légales et réglementaires précitées
(Cass. soc., 27 janvier 2021, n° 17-31.046, publié au Bulletin et au Rapport).
Les heures supplémentaires donnent lieu à une majoration de vingt-cinq pour cent pour les huit premières et de cinquante pour cent au-delà (article L. 3121-36). La prescription est triennale (article L. 3245-1). Le salarié peut réclamer trois ans de rappels sur les bulletins de paie, plus les congés payés afférents et la contrepartie obligatoire en repos. En cas de minoration intentionnelle des heures sur le bulletin, l'indemnité forfaitaire pour travail dissimulé de l'article L. 8223-1 est due (six mois de salaire). Le cabinet chiffre la créance puis saisit le conseil de prud'hommes.
Mon forfait-jours est-il valable si ma charge de travail n'est pas suivie ?
Le forfait-jours, régi par les articles L. 3121-53 à L. 3121-66 du Code du travail, exige un suivi effectif de la charge de travail, un entretien annuel dédié portant sur la charge de travail, l'organisation du travail, l'articulation entre vie professionnelle et vie privée et la rémunération, un document de contrôle des jours travaillés et un droit à la déconnexion. L'absence de l'une de ces garanties privé la convention de forfait d'effet : le salarié peut alors réclamer le paiement d'heures supplémentaires sur la base de trente-cinq heures hebdomadaires.
La Cour de cassation a récemment durci les exigences. L'employeur s'assure régulièrement que la charge de travail du salarié est raisonnable et permet une bonne répartition dans le temps de son travail. A défaut de stipulations conventionnelles prévues aux 1° et 2° du II de l'article L. 3121-64, une convention individuelle peut être valablement conclue sous réserve des dispositions suivantes : 1° L'employeur établit un document de contrôle faisant apparaître le nombre et la date des journées ou demi-journées travaillées
(Cass. soc., 24 avril 2024, n° 22-20.539, publié au Bulletin). La même jurisprudence vise expressément les conventions de forfait des avocats salariés.
Plus précis encore, la haute juridiction a rappelé que l'employeur est tenu d'organiser une fois par an un entretien avec le salarié ayant conclu une convention de forfait en jours sur l'année, portant sur sa charge de travail, l'organisation de son travail, l'articulation entre son activité professionnelle et sa vie personnelle ainsi que sa rémunération. Un entretien d'évaluation et de performance qui a pour seul objet d'évaluer les performances du salarié ne constitue pas un tel entretien
(Cass. soc., 27 mars 2024, n° 22-17.078). Le cabinet vérifié l'accord collectif applicable, l'effectivité des entretiens et le suivi documenté du temps de travail.
Télétravail : ai-je droit aux tickets restaurant et au remboursement de mes frais ?
Le télétravail est régi par les articles L. 1222-9 à L. 1222-11 du Code du travail. Le télétravailleur bénéficie des mêmes droits que le salarié qui exécute son travail dans les locaux de l'entreprise : titres-restaurant, prime de vacances, treizième mois, formation, intéressement, conditions d'évolution professionnelle. L'employeur prend en charge les coûts directement engendrés par l'exécution du travail à distance, soit forfaitairement, soit sur justificatifs : abonnement internet, électricité, mobilier, matériel informatique, équipement ergonomique.
Le principe d'égalité de traitement s'applique aux titres-restaurant. La Cour de cassation a jugé en 2026 que si des mesures peuvent être réservées à certains salariés, c'est à la condition que tous ceux placés dans une situation identique, au regard de l'avantage en cause, aient la possibilité d'en bénéficier, à moins que la différence de traitement soit justifiée par des raisons objectives et pertinentes et que les règles déterminant les conditions d'éligibilité à la mesure soient préalablement définies et contrôlables
(Cass. soc., 21 janvier 2026, n° 24-11.491). L'employeur ne peut donc réserver les titres-restaurant aux seuls salariés présents sur site lorsque tous les salariés sont en télétravail dans une situation comparable au regard de l'avantage.
Le titre-restaurant est du si l'horaire de travail journalier comprend une pause repas, ce qui est généralement le cas en télétravail. Le refus d'attribution caractérisé une violation de l'égalité et ouvre droit à un rappel d'indemnités compensatrices, outre des dommages et intérêts pour le préjudice subi. Le salarié peut également réclamer le remboursement des frais professionnels réellement engagés : utilisation du domicile, abonnements, consommables. Le cabinet évalue les pièces (bulletins de paie, accord d'entreprise sur le télétravail, contrat) et chiffre la créance sur la période triennale.
Accident du travail : quels sont mes droits et comment reconnaître la faute inexcusable ?
L'accident du travail est défini à l'article L. 411-1 du Code de la sécurité sociale comme l'événement soudain survenu par le fait ou à l'occasion du travail. Le salarié bénéficie de la prise en charge intégrale des soins, des indemnités journalières (soixante pour cent du salaire pendant les vingt-huit premiers jours, quatre-vingts pour cent ensuite), et, en cas de séquelles, d'une rente. La déclaration doit être effectuée dans les vingt-quatre heures auprès de l'employeur, qui dispose de quarante-huit heures pour la transmettre à la CPAM.
La faute inexcusable de l'employeur (article L. 452-1 du Code de la sécurité sociale) permet d'obtenir une majoration de la rente et la réparation des préjudices personnels. Elle est caractérisée lorsque l'employeur avait ou aurait dû avoir conscience du danger auquel le salarié était exposé et qu'il n'a pas pris les mesures nécessaires pour l'en préserver. L'Assemblée plénière a opéré un revirement majeur en 2023 : la rente versée à la victime d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle atteinte d'une incapacité permanente égale ou supérieure au taux de 10 pour cent prévu par l'article R. 434-1 du même code ne réparé pas le déficit fonctionnel permanent
(Cass. AP, 20 janvier 2023, n° 20-23.673, publié au Bulletin et au Rapport).
Cette évolution permet à la victime de cumuler la rente avec une indemnisation distincte des souffrances physiques et morales endurées, du préjudice esthétique et d'agrément, du préjudice sexuel et du déficit fonctionnel permanent. La Cour de cassation a précisé les règles de prescription : l'effet interruptif, qui s'attache à la saisine de la caisse aux fins de conciliation, se poursuit jusqu'à ce que la caisse ait fait connaître aux parties le résultat de la tentative de conciliation, qui porte sur le principe même de la faute inexcusable mais également sur ses conséquences indemnitaires
(Cass. 2e civ., 5 septembre 2024, n° 22-16.220, publié au Bulletin).
Maladie professionnelle et inaptitude : quelles obligations de reclassement ?
Lorsque le médecin du travail déclare le salarié inapte à son poste à la suite d'une maladie professionnelle, l'employeur a l'obligation de rechercher un reclassement (article L. 1226-10 du Code du travail). Cette recherche est sérieuse, loyale, conduite au sein de l'entreprise et du groupe auquel elle appartient, sur tous les emplois compatibles avec les conclusions du médecin du travail. L'employeur consulté les représentants du personnel sur les propositions formulées.
Le reclassement est réputé impossible lorsque l'employeur établit qu'il a respecté les préconisations du médecin et qu'aucun poste compatible ne peut être proposé. La jurisprudence exige une démonstration concrète : la simple invocation d'un effectif limite ou d'une absence de poste vacant ne suffit pas. Lorsque l'inaptitude est d'origine professionnelle, l'employeur doit en outre l'expliciter dans la lettre de licenciement et verser une indemnité spécifique de licenciement égale au double de l'indemnité légale, augmentée du préavis (article L. 1226-14).
L'absence de recherche sérieuse, ou la recherche limitée à un périmètre insuffisant, privé le licenciement de cause réelle et sérieuse et ouvre droit à indemnisation. La Cour de cassation a réaffirmé que l'employeur doit prouver positivement les diligences menées : registres d'entrée et de sortie, organigrammes du groupe, courriels échanges avec les autres entités, propositions écrites au salarié. La recherche d'un poste compatible avec l'avis du médecin peut inclure une formation d'adaptation. Lorsque l'inaptitude est consécutive à un harcèlement ou à une faute inexcusable, le salarié peut cumuler les actions devant le pôle social du tribunal judiciaire et le conseil de prud'hommes. Le cabinet construit la stratégie sur la base de l'avis du médecin du travail, du registre du personnel et des changes écrits.
Congés payés pendant arrêt maladie : puis-je acquérir des droits ?
La loi du 22 avril 2024 a transposé la jurisprudence européenne et modifié le Code du travail pour permettre l'acquisition de congés payés pendant les arrêts maladie. L'article L. 3141-5-1 du Code du travail précise désormais que le salarié en arrêt maladie non professionnel acquiert deux jours ouvrables de congés payés par mois, dans la limite de vingt-quatre jours ouvrables par période de référence. Pour les accidents du travail et maladies professionnelles, l'acquisition se fait au taux normal de deux jours et demi par mois sans plafond spécifique.
La Cour de cassation a confirmé la portée de cette règle impérative en 2026. Elle a jugé que les dispositions conventionnelles, qui accordent 2,5 jours de congés payés par mois de travail effectif, n'assimilent pas les périodes de congé pour maladie non-professionnelle à du temps de travail effectif, de sorte qu'elles ne sont pas plus favorables que les dispositions légales
(Cass. soc., 21 janvier 2026, n° 24-22.016, publié au Bulletin). Le mécanisme légal s'applique donc des lors que la convention collective ne prévoit pas l'assimilation expresse de l'arrêt maladie à du travail effectif.
Le salarié peut réclamer la régularisation des congés payés acquis pendant les périodes d'arrêt depuis le 1er décembre 2009, dans la limite de la prescription. L'article L. 3245-1 fixe une prescription triennale pour les rappels de salaire, mais la loi du 22 avril 2024 a institué un délai spécifique pour la régularisation rétroactive. Le cabinet recalcule les droits à partir des bulletins de paie et des arrêts maladie sur la période utile.
Prise d'acte ou résiliation judiciaire : quelle option et quels effets ?
La prise d'acte est une rupture immédiate du contrat par le salarié qui impute des manquements graves à l'employeur. Elle prend effet le jour de la notification, sans préavis. La résiliation judiciaire, prévue par les articles 1225 du Code civil, est une demande adressée au juge prud'homal pour qu'il prononce la rupture aux torts de l'employeur tout en laissant le contrat se poursuivre jusqu'à la décision.
Si les manquements graves sont établis, la prise d'acte produit les effets d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse, voire d'un licenciement nul lorsque le manquement est lie à une discrimination, à un harcèlement, à un statut protecteur ou à un lanceur d'alerte. La Cour de cassation a jugé en ce sens : aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l'objet d'une mesure discriminatoire, directe ou indirecte, pour avoir relate ou témoigne, de bonne foi, de faits constitutifs d'un délit ou d'un crime dont il aurait eu connaissance dans l'exercice de ses fonctions
(Cass. soc., 13 septembre 2023, n° 21-22.301, publié au Bulletin).
Si les manquements ne sont pas suffisamment graves, la prise d'acte produit les effets d'une démission. Le risque de requalification en démission justifie une analyse fine avant l'envoi de la lettre. La résiliation judiciaire offre une sécurité intermédiaire : le salarié continue à percevoir son salaire jusqu'au prononcé du jugement, le contrat n'est rompu que si le juge fait droit à la demande. Le cabinet conseille généralement la résiliation judiciaire pour les dossiers les plus solides (impayés prolongés, harcèlement avéré, modification unilatérale d'un élément essentiel du contrat) et la prise d'acte pour les ruptures urgentes adossées à un dossier solide. Les pièces probantes doivent être rassemblées avant la décision.
CSP et licenciement économique : quelles obligations d'information employeur ?
Le contrat de sécurisation professionnelle (CSP), régi par les articles L. 1233-65 à L. 1233-70 du Code du travail, est proposé par l'employeur lors de l'entretien préalable au licenciement économique dans les entreprises de moins de mille salariés ou en redressement ou liquidation judiciaires. Le salarié dispose d'un délai de vingt et un jours calendaires pour accepter ou refuser. L'acceptation rompt le contrat sans préavis, le salarié bénéficie d'une allocation de sécurisation professionnelle plus favorable que l'ARE classique, ainsi que d'un accompagnement renforcé.
L'employeur doit informer par écrit le salarié du motif économique de la rupture, au plus tard au moment de l'acceptation du CSP. La Cour de cassation a récemment confirmé cette exigence : la rupture du contrat de travail résultant de l'acceptation par le salarié d'un contrat de sécurisation professionnelle doit avoir une cause économique réelle et sérieuse. L'employeur est en conséquence tenu d'énoncer la cause économique de la rupture du contrat dans un écrit remis ou adressé au salarié au cours de la procédure de licenciement et au plus tard au moment de l'acceptation du contrat de sécurisation professionnelle par le salarié, afin qu'il soit informé des raisons de la rupture lors de son acceptation
(Cass. soc., 6 mai 2025, n° 23-20.076).
Le défaut d'écrit détaillé au plus tard à l'acceptation privé le licenciement de cause réelle et sérieuse et ouvre le barème Macron. Le salarié peut donc accepter le CSP, percevoir l'ASP, puis saisir le conseil de prud'hommes pour contester le motif économique. La même décision précise qu'en cas de rupture du contrat de travail résultant de l'adhésion du salarié au contrat de sécurisation professionnelle, l'employeur doit, s'il entend renoncer à l'exécution de la clause de non-concurrence, le faire au plus tard à la date du départ effectif de l'intéressé de l'entreprise
. Le cabinet vérifié le motif économique réel, les critères d'ordre, la priorité de réembauche et l'éventuelle obligation de reclassement.
Ma clause de non-concurrence est-elle valable et puis-je la faire annuler ?
La clause de non-concurrence n'est licite qu'a quatre conditions cumulatives : elle doit être indispensable à la protection des intérêts légitimes de l'entreprise, limitée dans le temps et dans l'espace, tenir compte des spécificités de l'emploi du salarié, et comporter une contrepartie financière à la charge de l'employeur. L'absence de l'une de ces conditions, ou le caractère dérisoire de la contrepartie financière, entraîne la nullité de la clause. Le salarié peut alors poursuivre une activité concurrente sans entrave, et l'employeur ne peut réclamer aucun dommage ni intérêt.
La Cour de cassation a récemment confirmé la règle. Elle a jugé qu'une clause de non-concurrence n'est licite que si elle est indispensable à la protection des intérêts légitimes de l'entreprise, est limitée dans le temps et dans l'espace, tient compte des spécificités de l'emploi du salarié et comporte l'obligation pour l'employeur de verser au salarié une contrepartie financière, ces conditions étant cumulatives
(Cass. soc., 6 mai 2025, n° 23-14.978). L'imprécision géographique (extension automatique aux secteurs où le salarié sera amené à intervenir) ou la contrepartie inférieure à vingt-cinq pour cent de la rémunération brute constitue souvent la brèche.
L'employeur peut renoncer à la clause, mais la renonciation doit intervenir au plus tard à la date du départ effectif du salarié de l'entreprise. Une renonciation tardive est privée d'effet et la contrepartie reste due (Cass. soc., 6 mai 2025, n° 23-20.076). Le cabinet examine la clause au regard du contrat, de la convention collective applicable, des fonctions réellement exercées et du marché concerné. La nullité ou la requalification permet, selon les cas, d'échapper à la clause et de réclamer la contrepartie financière perçue indûment retenue, ou des dommages et intérêts pour la perte de chance professionnelle.
Preuves illicites (logs, vidéos) : l'employeur peut-il les utiliser contre moi ?
L'employeur peut contrôler l'activité du salarié à condition que le dispositif soit déclaré à la CNIL si nécessaire, que les représentants du personnel aient ete consultés (article L. 2312-38 du Code du travail) et que les salariés aient reçu une information préalable individuelle (article L. 1222-4). Le contrôle doit être proportionné au but recherche (article L. 1121-1). Une preuve obtenue en violation de ces règles est, par principe, écartée.
La Cour de cassation a opéré un tournant en ouvrant une voie d'admission contrôlée. Elle juge que dans un procès civil, l'illicéité dans l'obtention ou la production d'un moyen de preuve ne conduit pas nécessairement à l'écarter des débats. Le juge doit, lorsque cela lui est demandé, apprécier si une telle preuve porte une atteinte au caractère équitable de la procédure dans son ensemble, en mettant en balance le droit à la preuve et les droits antinomiques en présence, le droit à la preuve pouvant justifier la production d'éléments portant atteinte à d'autres droits à condition que cette production soit indispensable à son exercice et que l'atteinte soit strictement proportionnée au but poursuivi
(Cass. soc., 14 février 2024, n° 22-23.073, publié au Bulletin).
La même décision précise les critères de l'admissibilité : en présence d'une preuve illicite, le juge doit d'abord s'interroger sur la légitimité du contrôle opère par l'employeur et vérifier s'il existait des raisons concrètes qui justifiaient le recours à la surveillance et l'ampleur de celle-ci. Il doit ensuite rechercher si l'employeur ne pouvait pas atteindre un résultat identique en utilisant d'autres moyens plus respectueux de la vie personnelle du salarié. Enfin le juge doit apprécier le caractère proportionné de l'atteinte ainsi portée à la vie personnelle au regard du but poursuivi
. Le cabinet conteste systématiquement les preuves disproportionnées et exige le respect du contradictoire.
Discrimination grossesse ou état de santé : comment agir et quelles réparations ?
La discrimination fondée sur la grossesse ou l'état de santé est prohibée par l'article L. 1132-1 du Code du travail et par l'article L. 1225-1. Le licenciement d'une salariée enceinte est nul, sauf faute grave non liée à l'état de grossesse ou impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger. La protection court pendant toute la grossesse, le congé maternité et les dix semaines suivant la reprise. La Cour de cassation a jugé que la nullité résulte de plein droit de la transmission par la salariée, dans les quinze jours de la notification, du certificat médical attestant la grossesse.
Lorsque la discrimination privé la salariée d'une possibilité de promotion, la Cour de cassation a admis le principe de la réparation intégrale en imposant au juge de rechercher quel grade la salariée aurait atteint sans la discrimination. Elle a jugé que il résulte des articles L. 1132-1 et L. 1134-5 du code du travail que le salarié privé d'une possibilité de promotion par suite d'une discrimination peut prétendre, en réparation du préjudice qui en est résulte dans le déroulement de sa carrière, à un reclassement dans le coefficient de rémunération qu'il aurait atteint en l'absence de discrimination et qu'il appartient au juge de rechercher à quel coefficient de rémunération le salarié serait parvenu sans la discrimination constatée
(Cass. soc., 24 avril 2024, n° 22-20.539, publié au Bulletin).
La salariée peut obtenir la nullité du licenciement, la réintégration ou, à défaut, l'indemnité plancher de six mois de salaire, le rappel de salaires sur la période d'éviction, des dommages et intérêts pour la discrimination subie, le cas échéant un repositionnement de carrière et un rappel salarial complémentaire. Le délai d'action est de cinq ans à compter de la révélation. Le cabinet construit le dossier en croisant les comparaisons avec les collègues, les comptes rendus d'évaluation et les statistiques internes.
Faute grave : quand un licenciement disciplinaire est-il disproportionné ?
La faute grave, définie par la jurisprudence, est celle qui rend impossible le maintien du salarié dans l'entreprise même pendant la durée du préavis. Elle privé le salarié de l'indemnité de licenciement et de l'indemnité compensatrice de préavis, mais lui laisse les congés payés acquis. La charge de la preuve pèse sur l'employeur (article L. 1234-1 du Code du travail). Le juge contrôle la proportionnalité de la sanction au regard des faits, de l'ancienneté, du comportement antérieur, du contexte et de la fonction occupée.
La sanction est disproportionnée lorsque l'employeur invoque un fait isolé, ancien, sans avertissement préalable, ou lorsqu'il existe une disproportion manifeste entre la gravité des faits et la sévérité de la rupture. La jurisprudence sanctionne également la faute grave invoquée à la suite d'une provocation de l'employeur, d'un climat de harcèlement ou d'une absence d'enquête préalable. Le délai de prescription disciplinaire est de deux mois à compter de la connaissance des faits par l'employeur (article L. 1332-4), au-delà duquel la sanction est nulle.
La Cour de cassation a rappelé que la sanction disciplinaire doit émaner d'une autorité ayant le pouvoir de représenter l'employeur. Elle a jugé que la sanction disciplinaire avait été prise par une salariée de l'association n'ayant pas le pouvoir de représenter l'employeur faute d'avoir reçu mandat du président de l'association pour l'opération litigieuse
(Cass. soc., 14 juin 2023, n° 21-23.461). L'absence de délégation rend la sanction nulle. Le cabinet examine la chronologie, la procédure suivie, la proportionnalité et la qualité du signataire pour identifier les vices possibles. La requalification en cause réelle et sérieuse, en démission, ou même en licenciement nul est fréquemment obtenue.
Temps partiel : quand puis-je demander une requalification en temps plein ?
Le contrat à temps partiel est régi par les articles L. 3123-1 et suivants du Code du travail. Il doit impérativement préciser la durée hebdomadaire ou mensuelle, la répartition des heures entre les jours de la semaine ou les semaines du mois, les modalités de modification de cette répartition et les conditions d'accomplissement des heures complémentaires. L'absence de l'une de ces mentions fait présumer un contrat à temps plein.
La requalification en temps plein peut également être prononcée lorsque le salarié accomplit régulièrement des heures portant la durée de travail à la durée légale ou conventionnelle, ou lorsque les variations imposées par l'employeur empêchent le salarié de prévoir le rythme auquel il doit travailler. L'article L. 3123-9 prohibé les heures complémentaires portant la durée de travail au niveau de la durée légale ou conventionnelle. La preuve incombe au salarié qui produit les bulletins de paie, plannings et messages de l'employeur.
L'article L. 3171-4 et son standard de preuve s'appliquent. La Cour de cassation a jugé que en cas de litige relatif à l'existence ou au nombre d'heures de travail accomplies, il appartient au salarié de présenter, à l'appui de sa demande, des éléments suffisamment précis quant aux heures non rémunérées qu'il prétend avoir accomplies afin de permettre à l'employeur, qui assure le contrôle des heures de travail effectuées, d'y répondre utilement en produisant ses propres éléments
(Cass. soc., 27 janvier 2021, n° 17-31.046, publié au Bulletin et au Rapport). La requalification ouvre droit à un rappel de salaire sur trois ans, à une indemnité de requalification, aux congés payés afférents et, en cas de rupture, à une indemnisation accrue. Le cabinet vérifié le contrat, les bulletins de paie et l'historique des plannings.
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La méthode est constante. Première étape : relire le contrat, les avenants, les bulletins et les échanges écrits pour mesurer ce que le dossier vaut réellement. Ensuite seulement, choisir la voie utile — négociation d’un départ, transaction, ou saisine du conseil de prud’hommes de Paris. Un dossier chiffré tôt se négocie mieux ; un dossier plaidé sans préparation se perd.
Salariés et cadres : licenciement, négociation de départ, prud’hommes
Pour un salarié ou un cadre, l’enjeu est rarement le principe : c’est le montant et le calendrier. Le cabinet chiffre l’indemnité conventionnelle, l’indemnité de licenciement sans cause réelle et sérieuse selon le barème applicable, les congés, le préavis, et les dommages distincts (harcèlement, conditions vexatoires). La négociation s’engage sur cette base documentée. À défaut d’accord, l’affaire est portée devant le conseil de prud’hommes, avec une stratégie de pièces construite dès le premier rendez-vous.
Employeurs : sécuriser les procédures et le dialogue social
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