Cour d’appel de Paris, le 18 juin 2025, n°24-11.494

La Cour de cassation, première chambre civile, le 18 juin 2025, rejette un pourvoi contre l’arrêt de la cour d’appel de Paris du 10 octobre 2023. Le litige opposait la demanderesse au ministère public et à un organisme public, dans le cadre d’une procédure civile dont l’objet précis n’est pas rappelé. Devant la haute juridiction, un désistement partiel du pourvoi est acté à l’égard de ce dernier.

L’arrêt de Paris du 10 octobre 2023 est contesté pour des motifs que le pourvoi qualifie de violations de la règle de droit. Les défendeurs sollicitent le rejet, invoquant l’absence de grief pertinent et la nature inopérante ou irrecevable des moyens invoqués. La question posée tient à la possibilité de rejeter le pourvoi par une motivation brève fondée sur l’article 1014, en présence d’un moyen manifestement infondé. La Cour énonce que « Le moyen de cassation, qui est invoqué à l’encontre de la décision attaquée, n’est manifestement pas de nature à entraîner la cassation ». Puis: « En application de l’article 1014, alinéa 1er, du code de procédure civile, il n’y a donc pas lieu de statuer par une décision spécialement motivée sur ce pourvoi ». Le dispositif en tire les conséquences, en ces termes: « REJETTE le pourvoi ; » et « En application de l’article 700 du code de procédure civile, rejette la demande ; ». L’analyse exige d’abord d’éclairer le mécanisme et la logique de ce rejet non spécialement motivé, puis d’en apprécier la valeur et la portée.

I. Le cadre et la logique du rejet non spécialement motivé

A. Fondement et conditions de l’article 1014 du code de procédure civile

L’article 1014 du code de procédure civile autorise la Cour de cassation à rejeter un pourvoi sans motivation spéciale lorsque le ou les moyens sont manifestement infondés. La formule légale encadre un contrôle de droit limité, qui écarte d’emblée les griefs inopérants, irrecevables, dépourvus de portée normative, ou visant une appréciation souveraine des faits. Le rejet ainsi prononcé tranche le litige au stade de la cassation et confère autorité à l’arrêt attaqué, sans renvoi ni exposition détaillée des motifs de rejet.

B. Mise en œuvre dans l’espèce et portée implicite

La décision commentée commence par constater un désistement partiel du pourvoi à l’encontre d’un défendeur public, ce qui circonscrit l’office de la Cour aux seules prétentions restantes. Elle statue ensuite en usant de la clause de filtrage, et retient que le moyen invoqué n’est pas de nature à entraîner la censure de l’arrêt parisien. Cette formulation implique que la règle de droit appliquée par la cour d’appel de Paris demeure valide pour l’espèce, les critiques n’ayant révélé aucune erreur de droit pertinente. Le dispositif en tire des conséquences procédurales classiques, comprenant la condamnation aux dépens et le rejet de la demande fondée sur l’article 700 du code de procédure civile.

II. Valeur et portée de la motivation brève au regard des garanties procédurales

A. Exigences de motivation et compatibilité avec le droit à un procès équitable

Le principe de motivation des décisions judiciaires commande une justification intelligible des solutions, mais n’exige pas une réponse exhaustive à chaque argument, surtout au stade du contrôle de droit. La formule de l’article 1014 du code de procédure civile préserve la lisibilité du contrôle, en distinguant les pourvois non sérieux des litiges soulevant une véritable question de droit. En rappelant que « il n’y a donc pas lieu de statuer par une décision spécialement motivée », la Cour signale au justiciable l’absence d’atteinte plausible à la règle de droit applicable. Cette motivation, quoique brève, satisfait aux exigences d’intelligibilité dès lors que les débats et les motifs de l’arrêt attaqué demeurent accessibles et que le contrôle exercé se borne à la légalité.

B. Conséquences pratiques, sécurité juridique et limites de l’outil

L’usage de l’article 1014 favorise une gestion raisonnable du flux des pourvois, concentre les ressources judiciaires sur les moyens sérieux et renforce la prévisibilité des solutions de droit établies. Il incite les praticiens à formuler des moyens précis, articulés autour d’un texte, d’une qualification et d’une erreur déterminée, faute de quoi l’examen sommaire emporte un rejet rapide. L’inconvénient principal tient à l’absence d’enseignement jurisprudentiel détaillé, qui limite la diffusion de motifs directeurs et peut entretenir l’incertitude sur la cause exacte de l’échec du moyen. Cet équilibre demeure toutefois compatible avec la sécurité juridique, dès lors que la cour d’appel de Paris, 10 octobre 2023, fournit les motifs de fond qui conservent leur autorité.

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Hassan KOHEN
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