Cabinet Kohen Avocats · Paris 17ᵉ

Maître Hassan KOHEN intervient en urgence, du commissariat à la cour d'assises. Première analyse stratégique offerte, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Barreau de Paris Garde à vue, instruction, assises Fiche CNB avocat.fr
Maître Hassan KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Hassan KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Recrutement par IA : que faire si votre candidature a été écartée par un algorithme ?

Parler à un avocat 06 89 11 34 45

Les outils d’intelligence artificielle sont de plus en plus utilisés pour trier des CV, classer des candidatures, noter des réponses à un questionnaire ou aider un recruteur à sélectionner les profils à recevoir en entretien. Le problème n’est pas l’usage d’un outil numérique en lui-même. Le problème apparaît lorsque le candidat ne comprend pas pourquoi il a été écarté, lorsque la sélection repose sur des données opaques, ou lorsque l’outil reproduit un biais lié à l’âge, au sexe, à l’origine, au handicap, à la grossesse, au nom de famille, au lieu de résidence ou à un autre critère interdit.

Le droit français donne déjà plusieurs leviers au candidat. Le Code du travail interdit d’écarter une personne d’une procédure de recrutement pour un motif discriminatoire. Il impose aussi que les informations demandées au candidat aient un lien direct et nécessaire avec l’emploi proposé, et que les méthodes d’aide au recrutement soient portées à sa connaissance avant leur utilisation. À cela s’ajoutent les règles de protection des données personnelles et le règlement européen sur l’intelligence artificielle, qui classe certains systèmes utilisés pour l’accès à l’emploi parmi les systèmes sensibles ou à haut risque.

Concrètement, si votre CV est rejeté automatiquement, si vous recevez un refus standardisé après un test en ligne, si votre entretien vidéo est analysé par un outil automatisé ou si vous soupçonnez une discrimination à l’embauche, il faut agir vite et méthodiquement. L’objectif n’est pas seulement de contester le refus : il faut d’abord obtenir des éléments vérifiables.

Une IA peut-elle légalement trier des candidatures ?

Oui, un employeur peut utiliser un logiciel d’aide au recrutement. Il peut aussi s’appuyer sur un prestataire extérieur, un outil de matching, un score de compatibilité ou un filtre automatique. Mais cet outil ne donne pas un blanc-seing à l’employeur.

Le recrutement reste soumis au principe de non-discrimination de l’article L. 1132-1 du Code du travail. L’employeur ne peut pas écarter un candidat pour un motif interdit, même si la décision est présentée comme le résultat neutre d’un algorithme. Une discrimination indirecte peut aussi exister lorsqu’un critère apparemment neutre défavorise en pratique une catégorie protégée.

Exemples de signaux d’alerte :

  • un outil pénalise les interruptions de carrière, ce qui peut défavoriser des candidates ayant connu un congé maternité ou parental ;
  • un filtre élimine certains lieux de résidence sans justification objective ;
  • un score baisse parce que le candidat a un âge, une formation ou un parcours atypique ;
  • un questionnaire demande des informations sur la situation familiale, la santé, l’origine, la nationalité ou la disponibilité hors lien direct avec le poste ;
  • un entretien vidéo automatisé semble évaluer la voix, l’accent, l’apparence ou le comportement sans explication claire.

Dans ces situations, la difficulté est souvent probatoire. Le candidat ne voit pas l’algorithme, ne connaît pas les critères exacts et reçoit rarement une explication détaillée. C’est pourquoi il faut d’abord documenter le processus.

Ce que l’employeur doit vous dire avant d’utiliser une méthode de recrutement

L’article L. 1221-8 du Code du travail prévoit que le candidat doit être expressément informé, avant leur mise en oeuvre, des méthodes et techniques d’aide au recrutement utilisées à son égard. Les résultats obtenus sont confidentiels et les méthodes doivent être pertinentes au regard de la finalité poursuivie.

Cela signifie qu’un candidat peut demander :

  • quel outil a été utilisé pour analyser sa candidature ;
  • si un tri automatique, un score ou un classement a été appliqué ;
  • quels types de données ont été pris en compte ;
  • si une personne humaine a revu la candidature avant le refus ;
  • si les résultats du test, du questionnaire ou de l’analyse automatisée peuvent être communiqués ;
  • quelle est la finalité précise du traitement.

Cette demande doit rester sobre et écrite. Il ne faut pas accuser trop tôt. Une formulation utile consiste à demander communication des informations relatives aux méthodes d’aide au recrutement utilisées, aux résultats vous concernant et aux données personnelles traitées dans le cadre de la procédure.

Les données demandées au candidat doivent rester liées au poste

L’article L. 1221-6 du Code du travail limite les informations qui peuvent être demandées au candidat. Elles doivent servir à apprécier sa capacité à occuper l’emploi proposé ou ses aptitudes professionnelles. Elles doivent aussi présenter un lien direct et nécessaire avec l’emploi ou l’évaluation des aptitudes.

Un outil d’IA ne peut donc pas légitimer une collecte excessive. Même si le formulaire est automatisé, l’employeur doit pouvoir expliquer pourquoi chaque information est nécessaire.

Sont particulièrement sensibles :

  • la situation familiale ;
  • l’état de santé ;
  • la grossesse ;
  • l’origine ou la nationalité lorsqu’elle n’est pas légalement nécessaire ;
  • le lieu de naissance ;
  • la photographie ou l’analyse de l’apparence ;
  • les données issues de réseaux sociaux sans information claire ;
  • les informations relatives aux opinions, à la religion ou à l’activité syndicale.

La CNIL rappelle dans son guide du recrutement que les candidats conservent des droits sur leurs données tout au long du processus. Elle rappelle aussi que, face à une décision entièrement automatisée produisant un effet important, le RGPD ouvre un droit à l’intervention humaine et à la contestation de la décision.

Quels indices réunir si vous soupçonnez une discrimination par IA ?

Il ne suffit pas d’écrire que l’algorithme est injuste. Il faut réunir des éléments de fait laissant supposer une discrimination ou une irrégularité du processus.

Conservez notamment :

  • l’offre d’emploi complète ;
  • les captures d’écran du formulaire de candidature ;
  • les questions posées par la plateforme ;
  • les courriels automatiques reçus ;
  • la date et l’heure du dépôt de candidature ;
  • les éventuels scores, résultats de tests ou messages de refus ;
  • les échanges avec le recruteur ;
  • la preuve que le poste est resté ouvert après votre refus ;
  • les éléments montrant que votre profil correspondait aux critères objectifs de l’offre ;
  • les témoignages ou comparaisons avec d’autres candidats lorsque cela est possible.

Si vous pensez avoir été écarté à cause de votre âge, de votre grossesse, de votre handicap, de votre nom, de votre origine, de votre lieu de résidence ou de votre activité syndicale, il faut isoler les faits concrets. Par exemple : question interdite, filtre géographique, refus immédiat après déclaration d’une contrainte médicale, absence totale de réponse après ajout d’une information protégée, ou comparaison avec une candidature équivalente dépourvue de cette information.

Comment fonctionne la preuve devant le juge ?

En matière de discrimination, le candidat n’a pas à prouver seul toute la mécanique interne de l’entreprise. L’article L. 1134-1 du Code du travail prévoit un mécanisme probatoire aménagé : le candidat présente des éléments de fait laissant supposer l’existence d’une discrimination ; l’employeur doit ensuite démontrer que sa décision est justifiée par des éléments objectifs étrangers à toute discrimination.

Ce point est essentiel lorsque la sélection est automatisée. Le candidat doit construire un dossier suffisamment précis pour obliger l’employeur à expliquer le processus. Le juge peut, si nécessaire, ordonner des mesures d’instruction utiles.

La jurisprudence récente continue d’appliquer ce raisonnement aux litiges liés au recrutement et à la discrimination. Par exemple, une décision de la cour d’appel de Toulouse du 10 mars 2026, disponible sur le site de la Cour de cassation, rappelle l’articulation entre l’article L. 1132-1 et l’article L. 1134-1 dans un litige de discrimination à l’embauche. L’intérêt pratique est clair : ce n’est pas au candidat de démonter seul tout le système de recrutement ; il doit d’abord faire apparaître des faits suffisamment sérieux.

Ce que change le règlement européen sur l’intelligence artificielle

Le règlement européen sur l’IA ne remplace pas le Code du travail. Il ajoute un niveau d’exigence pour certains systèmes d’intelligence artificielle. La Commission européenne présente l’AI Act comme un cadre fondé sur le niveau de risque des usages. La Direction générale des entreprises explique que les systèmes utilisés pour l’accès à l’emploi peuvent relever des systèmes à haut risque, avec des exigences de transparence, de supervision humaine, de gestion des risques, de qualité des données et de traçabilité.

Pour un candidat, l’effet concret est le suivant : lorsqu’une entreprise utilise un outil d’IA dans le recrutement, elle doit pouvoir documenter ce qu’elle fait. Elle ne peut pas se cacher derrière une réponse vague du type “l’outil a décidé”. Même lorsque l’outil vient d’un prestataire, l’employeur qui l’utilise dans sa procédure de recrutement conserve des obligations envers les candidats.

Cela ne signifie pas que tout refus de candidature devient illégal. Un employeur peut choisir un autre candidat pour des raisons objectives : expérience plus adaptée, compétence technique, disponibilité, niveau de diplôme réellement requis, rémunération compatible avec le poste, ou qualité des réponses à un test pertinent. Mais il doit pouvoir justifier que ces critères sont professionnels, nécessaires et non discriminatoires.

Quelle demande envoyer au recruteur après un refus suspect ?

La première démarche utile est une demande écrite, calme et précise. Elle peut être envoyée par courriel, puis par courrier recommandé si le sujet est sérieux.

Vous pouvez demander :

  • la confirmation qu’un outil automatisé ou un système d’aide à la décision a été utilisé ;
  • la description générale de la méthode d’évaluation ;
  • les données personnelles traitées dans votre dossier ;
  • les résultats ou scores vous concernant, lorsque leur communication est possible ;
  • l’identité du responsable du traitement des données ;
  • l’existence d’une intervention humaine dans la décision ;
  • les critères professionnels ayant justifié le refus ;
  • la durée de conservation de votre candidature.

Il faut éviter les demandes excessives ou agressives. L’objectif est d’obtenir une réponse exploitable, pas de donner au recruteur un motif de fermer l’échange. Si la réponse est inexistante, contradictoire ou manifestement insuffisante, elle pourra devenir un élément du dossier.

Quels recours sont possibles ?

Plusieurs voies peuvent être envisagées selon le dossier.

Si le problème porte principalement sur vos données personnelles, vous pouvez exercer vos droits RGPD auprès de l’employeur ou du prestataire, puis saisir la CNIL si la réponse n’est pas satisfaisante.

Si le problème porte sur une discrimination à l’embauche, vous pouvez saisir le conseil de prud’hommes pour demander réparation du préjudice subi. Le dossier doit alors démontrer que le refus n’est pas seulement décevant ou injuste, mais qu’il laisse supposer un motif discriminatoire.

Si la situation révèle un traitement collectif ou systémique, d’autres acteurs peuvent intervenir : représentants du personnel dans l’entreprise, inspection du travail, Défenseur des droits, ou organisations syndicales selon les cas. Pour un candidat isolé, l’enjeu est souvent de choisir le bon angle : demande de données, discrimination, non-respect des méthodes de recrutement ou combinaison de plusieurs fondements.

Paris et Île-de-France : où agir si le recrutement concernait un poste local ?

Pour un poste situé à Paris ou en Île-de-France, la compétence prud’homale dépend en pratique du lieu de travail envisagé, du siège de l’employeur ou des règles applicables au contrat proposé. Lorsque le candidat n’a jamais été embauché, la question doit être vérifiée avec soin, car le litige porte sur la phase précontractuelle.

Avant toute saisine, il faut regrouper :

  • l’offre d’emploi et sa localisation ;
  • l’identité exacte de l’employeur ;
  • les coordonnées de l’établissement qui recrutait ;
  • les échanges avec le service RH ;
  • les captures de la plateforme de candidature ;
  • les preuves de l’utilisation d’un outil automatisé ;
  • les éléments laissant supposer une discrimination.

À Paris, la difficulté pratique tient souvent à la rapidité des processus de recrutement. Les offres disparaissent vite, les plateformes effacent certains écrans et les refus automatiques ne détaillent pas les motifs. Il faut donc conserver les preuves dès le dépôt de candidature.

À retenir

Un recrutement par IA n’est pas interdit, mais il doit rester explicable, pertinent et non discriminatoire. Le candidat doit être informé des méthodes d’aide au recrutement utilisées. Les données collectées doivent avoir un lien direct avec le poste. En cas de suspicion de discrimination, la stratégie consiste à obtenir les informations utiles, conserver les preuves, puis construire un faisceau d’indices suffisamment sérieux.

Le bon réflexe n’est pas de contester immédiatement en termes généraux. Il faut demander les méthodes utilisées, les données traitées, l’existence d’une intervention humaine et les critères professionnels du refus. C’est cette traçabilité qui permet ensuite de décider s’il existe un recours prud’homal, une réclamation CNIL ou une saisine du Défenseur des droits.

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier.

Vous pensez avoir été écarté d’un recrutement par un outil automatisé ou pour un motif discriminatoire ? Le cabinet peut analyser vos preuves, la réponse du recruteur et l’opportunité d’un recours.

Consultation téléphonique en 48 heures avec un avocat du cabinet. Pour un dossier situé à Paris ou en Île-de-France, nous vérifions aussi la juridiction compétente et les pièces à préparer.

Contactez le cabinet au 06 89 11 34 45 ou via la page contact du cabinet.

Pour approfondir les recours en droit du travail, voir aussi notre page dédiée aux avocats en droit du travail à Paris.

Envoyez vos pièces. Recevez une stratégie.

Transmettez les pièces de votre dossier au cabinet. Maître Hassan KOHEN vous répond personnellement sous 24 heures avec une première analyse stratégique.

Première analyse offerte
Réponse personnelle sous 24 h
100 % confidentiel
Jusqu’à 1 Go de pièces

📄 Circulaire officielle

Nos données proviennent de la Cour de cassation (Judilibre), du Conseil d'État, de la DILA, de la Cour de justice de l'Union européenne ainsi que de la Cour européenne des droits de l'Homme.

Recherche dans la base juridique

Trouvez une décision, une chambre, un thème

Plus de 100 000 décisions commentées par notre intelligence artificielle, indexées en temps réel.

    Recherche propulsée par Meilisearch sur kohenavocats.com et kohenavocats.fr.
    Analyse stratégique offerte

    Envoyez vos pièces. Recevez une stratégie.

    Transmettez-nous les pièces de votre dossier. Maître Hassan KOHEN vous répond personnellement sous 24 heures avec une première analyse stratégique de votre situation.

    • Première analyse offerte et sans engagement
    • Réponse personnelle de l'avocat sous 24 heures
    • 100 % confidentiel, secret professionnel garanti
    • Jusqu'à 1 Go de pièces, dossiers et sous-dossiers acceptés

    Cliquez ou glissez vos fichiers ici
    Tous formats acceptes (PDF, Word, images, etc.)

    Envoi en cours...

    Vos donnees sont utilisees uniquement pour traiter votre demande. Politique de confidentialite.

    Discover more from Maître Hassan Kohen, avocat en droit pénal à Paris

    Subscribe now to keep reading and get access to the full archive.

    Continue reading