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Ticket restaurant stagiaire 2026 : droit, stage non rémunéré et recours si l’employeur refuse

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Les stages d’été relancent une question très concrète : un stagiaire peut-il demander les tickets restaurant de l’entreprise, même s’il n’est pas salarié, même si son stage est court, même si sa gratification est faible ou inexistante ?

La réponse est souvent oui, mais elle doit être formulée correctement. Le stagiaire n’a pas le statut de salarié. Il ne peut donc pas réclamer tous les avantages de l’entreprise comme s’il avait signé un contrat de travail. En revanche, le Code de l’éducation prévoit une règle spéciale : le stagiaire a accès au restaurant d’entreprise ou aux titres-restaurant dans les mêmes conditions que les salariés de l’organisme d’accueil.

Cette nuance est importante. L’entreprise n’a pas toujours l’obligation générale de créer un dispositif de titres-restaurant si elle n’en a pas. Mais lorsqu’un dispositif existe pour les salariés placés dans une situation comparable, le stagiaire ne peut pas être écarté simplement parce qu’il est stagiaire.

Le stagiaire a-t-il droit aux tickets restaurant ?

L’article L. 124-13 du Code de l’éducation prévoit que le stagiaire a accès au restaurant d’entreprise ou aux titres-restaurant prévus par le Code du travail, dans les mêmes conditions que les salariés de l’organisme d’accueil.

En pratique, il faut donc poser deux questions.

Première question : les salariés de l’entreprise bénéficient-ils d’un restaurant d’entreprise, d’une cantine, d’une carte de titres-restaurant ou de tickets restaurant papier ou dématérialisés ?

Deuxième question : le stagiaire se trouve-t-il dans une situation comparable au regard du repas ? Autrement dit, sa journée de présence comprend-elle normalement une pause repas, avec des horaires de stage qui recouvrent le déjeuner ou un autre repas concerné ?

Si la réponse est oui, l’entreprise doit expliquer très précisément pourquoi elle refuse l’avantage. Une réponse générale du type “les stagiaires n’ont pas droit aux tickets restaurant” est juridiquement fragile.

Stage non rémunéré ou stage de moins de deux mois : est-ce différent ?

La gratification du stage et le droit d’accès aux titres-restaurant ne répondent pas à la même logique.

Un stage de plus de deux mois ouvre en principe droit à une gratification minimale. Un stage plus court peut ne pas être gratifié. Mais l’accès au restaurant d’entreprise ou aux titres-restaurant n’est pas réservé aux seuls stagiaires gratifiés.

Le point central reste celui des conditions appliquées aux salariés. Si les salariés reçoivent un titre par journée travaillée comprenant une pause repas, le stagiaire présent dans les mêmes conditions doit pouvoir demander le même traitement, sauf règle objective et vérifiable.

Exemple simple : un stagiaire présent de 9 h à 17 h, cinq jours par semaine, dans une entreprise où les salariés reçoivent un ticket restaurant pour chaque journée avec pause déjeuner, dispose d’un argument sérieux. Le fait que son stage dure six semaines ou qu’il ne soit pas gratifié ne suffit pas, à lui seul, à justifier un refus.

La situation peut être différente si le stagiaire est seulement présent une demi-journée, si ses horaires ne comprennent pas de repas, si l’entreprise dispose d’un restaurant d’entreprise accessible au stagiaire au lieu d’un titre-restaurant, ou si les salariés comparables ne bénéficient pas non plus de titres dans cette configuration.

L’entreprise peut-elle choisir entre cantine et titres-restaurant ?

Oui, l’entreprise peut organiser la restauration selon son fonctionnement : restaurant d’entreprise, accès à une cantine interentreprises, titres-restaurant ou autre dispositif licite.

Le droit du stagiaire n’est pas nécessairement un droit à recevoir une carte ticket restaurant. Le texte parle d’accès au restaurant d’entreprise ou aux titres-restaurant. Si l’entreprise donne accès à une cantine dans les mêmes conditions que les salariés, le débat n’est pas le même que lorsqu’elle refuse tout accès et ne remet aucun titre.

Le stagiaire doit donc vérifier concrètement ce qui existe dans l’entreprise :

  • les salariés ont-ils une cantine ou des titres-restaurant ?
  • les alternants, apprentis, intérimaires ou stagiaires précédents ont-ils reçu l’avantage ?
  • la convention de stage mentionne-t-elle la restauration, les frais de repas ou l’accès aux avantages collectifs ?
  • le règlement intérieur, l’intranet RH ou la note d’accueil parlent-ils des titres-restaurant ?
  • les journées de stage comprennent-elles effectivement un repas dans l’horaire ?

Ces éléments permettent de distinguer un refus justifié d’un refus discriminant ou arbitraire.

Un stagiaire peut-il recevoir un ticket restaurant pour chaque jour ?

L’article R. 3262-7 du Code du travail prévoit qu’un même salarié ne peut recevoir qu’un titre-restaurant par repas compris dans son horaire de travail journalier. Ce texte vise le salarié, mais il sert aussi de repère pratique lorsque le stagiaire est assimilé aux salariés pour l’accès au dispositif.

Il ne faut donc pas raisonner uniquement en nombre de jours calendaires. Il faut regarder les journées réellement présentes et les repas compris dans l’horaire.

Un stagiaire absent, en congé, en formation extérieure sans repas concerné, ou présent seulement le matin, ne peut pas nécessairement réclamer un titre pour cette journée. À l’inverse, un stagiaire présent toute la journée dans les locaux ne doit pas être privé du titre si les salariés dans la même situation en bénéficient.

La régularisation se calcule souvent simplement : nombre de journées ouvrant droit à l’avantage, moins les titres déjà reçus, multiplié par la valeur patronale ou la valeur de l’avantage perdu selon la demande formulée. Il faut toutefois être prudent : la demande prud’homale ou amiable ne se présente pas toujours comme un simple rappel de salaire, car le stagiaire n’est pas salarié.

Que faire si l’employeur refuse les tickets restaurant au stagiaire ?

Le premier réflexe consiste à demander une réponse écrite, calme et précise. Le stagiaire peut écrire au tuteur, au service RH ou à la personne chargée de la convention de stage :

“Je constate que les salariés présents sur des journées comprenant la pause déjeuner bénéficient de titres-restaurant. Mon stage prévoit une présence sur ces mêmes journées. Pouvez-vous me confirmer les conditions d’accès au restaurant d’entreprise ou aux titres-restaurant pour les stagiaires, conformément à l’article L. 124-13 du Code de l’éducation ?”

Cette demande évite de transformer immédiatement le sujet en conflit. Elle oblige surtout l’entreprise à préciser son raisonnement.

Si l’entreprise répond que les stagiaires sont exclus par principe, il faut demander le texte, la note interne ou la règle qui justifie cette exclusion. Si elle répond que le stage est trop court ou non rémunéré, il faut rappeler que l’accès aux titres-restaurant ne dépend pas seulement de la gratification. Si elle répond qu’une cantine est disponible, il faut vérifier si le stagiaire y a réellement accès dans les mêmes conditions financières et pratiques que les salariés.

En cas de refus persistant, plusieurs suites sont possibles : signalement à l’établissement d’enseignement, demande de régularisation auprès de l’organisme d’accueil, médiation, puis action judiciaire si le montant ou le principe le justifie. Le bon choix dépend de la durée du stage, du montant en jeu, de l’existence d’autres manquements et de la volonté de préserver ou non la relation avec l’entreprise.

Quelles preuves conserver ?

Le stagiaire doit éviter de se limiter à une affirmation orale. Les preuves utiles sont simples :

  • la convention de stage et ses avenants ;
  • les horaires réellement effectués ;
  • les plannings, feuilles de présence ou courriels de mission ;
  • les échanges avec le tuteur ou le service RH ;
  • les règles internes sur les tickets restaurant ;
  • les captures de l’intranet RH si elles sont accessibles régulièrement ;
  • les preuves que les salariés comparables reçoivent l’avantage ;
  • les demandes écrites restées sans réponse ;
  • le nombre de journées de stage comprenant une pause repas.

Il faut aussi conserver les éléments relatifs aux autres avantages prévus pour les stagiaires : remboursement des transports, accès au restaurant d’entreprise, activités sociales et culturelles du CSE, gratification, congés ou autorisations d’absence lorsque le stage est long. Un refus de tickets restaurant est parfois le signe d’une gestion plus large du stage qui doit être vérifiée.

Les erreurs fréquentes à éviter

La première erreur consiste à dire que le stagiaire est un salarié. C’est faux. Le stagiaire reste lié par une convention de stage. Mais cette absence de contrat de travail ne permet pas à l’entreprise d’ignorer les droits spécifiques prévus par le Code de l’éducation.

La deuxième erreur consiste à confondre gratification et tickets restaurant. La gratification rémunère la présence en stage lorsque les seuils sont atteints. Le titre-restaurant répond à la question du repas pendant la journée de présence.

La troisième erreur consiste à réclamer automatiquement un titre pour tous les jours du calendrier. Les absences, demi-journées, jours fériés, périodes de fermeture ou journées sans repas compris dans l’horaire peuvent modifier le calcul.

La quatrième erreur consiste à oublier la comparaison avec les salariés. La formule “dans les mêmes conditions” impose de regarder les règles réellement appliquées dans l’organisme d’accueil. C’est souvent là que le dossier se joue.

La cinquième erreur consiste à attendre la fin du stage sans trace écrite. Plus la demande est formulée tard, plus il devient difficile de reconstituer les jours concernés, les règles internes et les échanges.

Paris et Île-de-France : stages, sièges sociaux et grandes entreprises

À Paris et en Île-de-France, les litiges sur les tickets restaurant de stagiaires se rencontrent souvent dans les sièges sociaux, agences de communication, cabinets, start-up, associations, écoles, organismes de formation, commerces et entreprises de services.

Le sujet paraît parfois mineur, mais il révèle une question plus large : l’entreprise traite-t-elle le stagiaire comme un simple renfort gratuit ou comme une personne accueillie dans un cadre légal précis ? Lorsqu’un stage se déroule plusieurs semaines à temps plein, le refus systématique d’un avantage prévu par les textes peut justifier une analyse plus complète de la convention, de la durée, de la gratification, des missions confiées et du risque de requalification si le stagiaire occupe en réalité un poste de travail.

Le conseil de prud’hommes peut être compétent pour certains litiges liés à une demande de requalification ou à une relation de travail dissimulée. D’autres demandes peuvent relever d’une analyse plus spécifique du stage et de la convention. Avant d’agir, il faut identifier l’objectif : obtenir une régularisation amiable, faire corriger la pratique pour la suite, préparer une demande indemnitaire ou contester plus largement les conditions du stage.

Sources utiles

Les textes principaux à vérifier sont l’article L. 124-13 du Code de l’éducation, l’article L. 3262-1 du Code du travail et l’article R. 3262-7 du Code du travail. La fiche officielle Service-Public sur le stage d’un étudiant en milieu professionnel rappelle aussi l’accès au restaurant d’entreprise ou aux titres-restaurant.

Le cabinet a également traité la question voisine des tickets restaurant en télétravail. Pour une analyse plus large du contrat, des preuves et des recours, vous pouvez consulter la page du cabinet en droit du travail à Paris.

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