Cour d’appel de Paris, le 5 février 2026, n°25/01543

La cour d’appel de Paris, dans son arrêt du 5 février 2026, infirme le jugement du tribunal de proximité de Villejuif et constate une usurpation d’identité. Un emprunteur avait été condamné à rembourser un crédit souscrit par un tiers à son insu, et il interjette appel. La question de droit centrale porte sur la charge de la preuve du consentement et de l’identité du signataire d’un contrat électronique. La solution retenue est que le prêteur ne démontre pas la validité du contrat, tandis que l’appelant prouve l’usurpation.

I. La défaillance du prêteur dans la preuve du consentement

La cour rappelle que la charge de la preuve de l’obligation incombe à celui qui réclame son exécution. Le prêteur ne justifie pas du procédé de signature électronique permettant d’attribuer le contrat à l’appelant. Ainsi, «la société Younited qui n’est pas constituée ne justifie pas du procédé mis en œuvre permettant d’en attribuer la signature à M. [G]» (Motifs). Cette absence de preuve prive le contrat de la condition essentielle du consentement.

La valeur de ce raisonnement est d’appliquer strictement les règles probatoires protectrices du consommateur. La portée est pratique : le prêteur supporte seul le risque d’une signature électronique non sécurisée. Il doit conserver et produire les éléments techniques permettant d’identifier le signataire.

II. La preuve rapportée de l’usurpation d’identité par l’emprunteur

L’appelant produit un jugement correctionnel condamnant un tiers pour prise du nom d’un autre et un courrier de la Banque de France. La cour en déduit que «celui-ci démontre avoir été victime d’une usurpation d’identité» (Motifs), corroborée par l’absence totale de remboursement. Cette démonstration renverse la présomption de régularité du contrat.

Le sens de cette solution est d’admettre que la preuve d’une usurpation peut résulter d’un faisceau d’indices concordants. Sa portée est double : elle exonère la victime de toute dette et sanctionne le prêteur défaillant. L’arrêt confirme que l’absence de contestation en première instance ne suffit pas à établir la réalité du contrat.

📄 Circulaire officielle

Nos données proviennent de la Cour de cassation (Judilibre), du Conseil d'État, de la DILA, de la Cour de justice de l'Union européenne ainsi que de la Cour européenne des droits de l'Homme.

Recherche dans la base juridique

Trouvez une décision, une chambre, un thème

Plus de 100 000 décisions commentées par notre intelligence artificielle, indexées en temps réel.

    Recherche propulsée par Meilisearch sur kohenavocats.com et kohenavocats.fr.
    Analyse stratégique offerte

    Envoyez vos pièces. Recevez une stratégie.

    Transmettez-nous les pièces de votre dossier. Maître Hassan KOHEN vous répond personnellement sous 24 heures avec une première analyse stratégique de votre situation.

    • Première analyse offerte et sans engagement
    • Réponse personnelle de l'avocat sous 24 heures
    • 100 % confidentiel, secret professionnel garanti
    • Jusqu'à 1 Go de pièces, dossiers et sous-dossiers acceptés

    Cliquez ou glissez vos fichiers ici
    Tous formats acceptes (PDF, Word, images, etc.)

    Envoi en cours...

    Vos donnees sont utilisees uniquement pour traiter votre demande. Politique de confidentialite.

    Больше на Maître Hassan Kohen, avocat en droit pénal à Paris

    Оформите подписку, чтобы продолжить чтение и получить доступ к полному архиву.

    Читать дальше