Tribunal judiciaire de Nanterre, le 8 janvier 2026, n°23/07854

Le tribunal judiciaire de Nanterre, dans un jugement réputé contradictoire du 8 janvier 2026, a statué sur une demande en paiement et en résiliation d’un contrat de garde-meubles. Une société de transports avait assigné une cliente défaillante qui ne payait plus les échéances depuis mai 2019. La question de droit portait sur le bien-fondé des demandes de paiement des arriérés et de résiliation judiciaire du contrat. Le tribunal a fait droit à l’intégralité des prétentions de la société créancière.

L’obligation contractuelle et la preuve de son inexécution.
Le juge a rappelé que “les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits”. Il a constaté que la société versait aux débats le contrat signé, un courrier de reconnaissance de dette et des mises en demeure. En l’absence de la défenderesse, celle-ci “s’interdit de rapporter la preuve selon laquelle elle se serait libérée de ses obligations”. La valeur de ce raisonnement est de rappeler que le défendeur défaillant ne peut contester les preuves adverses. La portée est d’affirmer que la production d’un contrat et de pièces comptables suffit à établir la créance.

La résolution pour inexécution suffisamment grave.
Le tribunal a jugé que la cliente “a cessé de régler les échéances du contrat de garde-meubles à compter de mai 2019” malgré trois mises en demeure. Il a donc “constaté le manquement grave” à ses obligations contractuelles. Cette solution applique l’article 1224 du code civil qui permet la résolution en cas d’inexécution grave. Le sens est de sanctionner un abandon prolongé du paiement. La portée est de permettre au créancier de recouvrer la libre disposition de ses locaux de stockage.

Les mesures accessoires et leur exécution forcée.
Le tribunal a ordonné l’enlèvement des meubles sous astreinte de 20 euros par jour de retard passé un délai de trois mois. Il a également condamné la débitrice à payer une indemnité d’occupation mensuelle jusqu’à l’enlèvement effectif. Cette double mesure assure l’effectivité de la décision en contraignant la partie perdante à libérer les lieux. La portée pratique est d’éviter que la résolution du contrat ne reste lettre morte. L’astreinte temporaire et l’indemnité d’occupation garantissent la cessation rapide de l’occupation sans titre.

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Hassan KOHEN
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