Arrêt C-231/19 du 2020-07-02

La Cour de justice de l’Union européenne, première chambre, a rendu le 2 juillet 2020 un arrêt préjudiciel sur l’interprétation de l’article 135, paragraphe 1, sous g), de la directive TVA. Une société de gestion de fonds utilisait une plateforme informatique unique fournie par un tiers pour gérer à la fois des fonds communs de placement et d’autres fonds. L’administration fiscale refusait l’exonération partielle de TVA pour la partie des services affectée aux fonds communs de placement. La question portait sur le traitement fiscal d’une prestation unique à usage mixte. La Cour a jugé qu’une telle prestation unique ne relève pas de l’exonération prévue par cette disposition.

I. L’impossibilité d’une ventilation fiscale d’une prestation unique

La qualification de prestation unique interdit tout traitement fiscal différencié de ses éléments constitutifs. La Cour rappelle que “cette opération doit être soumise à un seul et même taux de TVA” (point 35). Une ventilation au prorata de l’utilisation pour les fonds communs de placement serait contraire à la fonctionnalité du système de la TVA. Cette solution s’impose car la décomposition artificielle d’une prestation unique est prohibée par la jurisprudence constante de la Cour. Le sens de cette règle est de préserver la cohérence du régime de la taxe sur la valeur ajoutée. La valeur de cet arrêt réside dans le refus d’étendre aux prestations uniques la solution retenue pour les groupements autonomes.

II. L’absence de spécificité de la prestation pour les fonds communs de placement

La prestation de services en cause ne peut être qualifiée d’opération exonérée car elle n’est pas spécifique à la gestion des fonds communs de placement. La Cour souligne que le service “peut être indifféremment utilisé pour la gestion de fonds communs de placement et pour celle d’autres fonds” (point 48). Cette absence de spécificité exclut que la prestation forme un ensemble distinct destiné à des fonctions essentielles de la gestion de ces fonds. Le sens de cette condition est de garantir une interprétation stricte des exonérations, conformément à la jurisprudence. La portée de cet arrêt est d’empêcher qu’une plateforme polyvalente bénéficie de l’exonération pour son usage partiel.

📄 Circulaire officielle

Nos données proviennent de la Cour de cassation (Judilibre), du Conseil d'État, de la DILA, de la Cour de justice de l'Union européenne ainsi que de la Cour européenne des droits de l'Homme.
Hassan KOHEN
Avocat Associé

Hassan Kohen

Avocat au Barreau de Paris • Droit Pénal

Maître Kohen, avocat à Paris en droit pénal et droit du travail, accompagne ses clients avec rigueur et discrétion dans toutes leurs démarches juridiques, qu'il s'agisse de procédures pénales ou de litiges liés au droit du travail.

Analyse stratégique offerte

Envoyez vos pièces. Recevez une stratégie.

Transmettez-nous les pièces de votre dossier. Maître Hassan KOHEN vous répond personnellement sous 24 heures avec une première analyse stratégique de votre situation.

  • Première analyse offerte et sans engagement
  • Réponse personnelle de l'avocat sous 24 heures
  • 100 % confidentiel, secret professionnel garanti
  • Jusqu'à 1 Go de pièces, dossiers et sous-dossiers acceptés

Cliquez ou glissez vos fichiers ici
Tous formats acceptes (PDF, Word, images, etc.)

Envoi en cours...

Vos donnees sont utilisees uniquement pour traiter votre demande. Politique de confidentialite.

了解 Maître Hassan Kohen, avocat en droit pénal à Paris 的更多信息

立即订阅以继续阅读并访问完整档案。

继续阅读