La Cour d’appel d’Aix-en-Provence, le 17 septembre 2025, statue sur un pourvoi relatif à l’indemnisation du préjudice d’affection. Une passagère décédée suite à un accident de circulation engage la responsabilité de l’assureur du véhicule. Les proches de la victime, déboutés en première instance, sollicitent une réévaluation de leurs préjudices moraux. La juridiction d’appel confirme le jugement déféré en retenant le principe d’une indemnisation mais en validant les montants alloués.
Le principe d’indemnisation des victimes par ricochet
La cour rappelle le régime juridique applicable au préjudice moral des proches. Elle énonce le principe général d’une indemnisation accordée sans justificatif particulier aux parents et conjoints. “Il est de principe que, concernant le préjudice moral dû à la souffrance causée par le décès d’un proche, une indemnisation est accordée sans justificatif particulier aux parents, grands-parents, enfants et conjoints ou concubins du défunt” (Motivation). Ce principe assure une protection automatique aux liens familiaux les plus étroits. Il consacre une présomption de préjudice moral pour le cercle familial immédiat.
L’appréciation souveraine des circonstances affectant l’indemnisation
Les juges du fond exercent leur pouvoir souverain pour moduler la réparation. Ils relèvent que la victime directe ne résidait plus au domicile familial depuis son placement. “Toutefois, si la victime ne résidait plus au domicile familial, il ne peut pas être nié compte tenu des liens de parenté, l’existence de lien d’affection” (Motivation). Cette appréciation in concreto permet de tenir compte de la réalité des relations affectives. Elle évite une application purement automatique et abstraite du barème indemnitaire.
La confirmation des montants alloués par les premiers juges
La cour d’appel valide l’évaluation financière opérée en première instance. Elle estime que le tribunal a fait une juste appréciation des éléments de fait et de droit. “Ainsi il apparaît qu’aux termes d’une motivation pertinente que la cour adopte, le premier juge a fait une juste appréciation” (Motivation). Cette décision souligne la marge d’appréciation des juges du fond en matière d’évaluation. Elle renforce la sécurité juridique en évitant une remise en cause systématique en appel.
La portée de l’arrêt en matière de réparation du préjudice moral
Cet arrêt précise les conditions de réparation du préjudice d’affection après un décès. Il rappelle que l’éloignement géographique n’efface pas les liens familiaux légaux. La décision insiste sur la nécessité d’une appréciation concrète des situations individuelles. Elle confirme la jurisprudence établie sur la présomption de préjudice pour les proches parents. Enfin, elle limite les possibilités de contestation des évaluations indemnitaires en appel.