Cour d’appel de Paris, le 3 juillet 2025, n°23-15.913

La Cour de cassation, deuxième chambre civile, 3 juillet 2025, rejette un pourvoi dirigé contre l’arrêt rendu par la cour d’appel de Paris, 17 mars 2023. L’espèce oppose deux personnes, dans un litige dont la nature n’est pas précisée par la décision de rejet non spécialement motivé. Le demandeur au pourvoi sollicitait la cassation de l’arrêt d’appel; l’intimé concluait au rejet avec demandes au titre de l’article 700. La procédure révèle un arrêt d’appel contesté, puis un pourvoi examiné par la formation précitée, après communication au parquet général et débats publics. La question juridique tient aux conditions d’usage de l’article 1014, alinéa 1er, et aux effets attachés à un rejet non spécialement motivé. La Cour énonce d’abord ceci: « Les moyens de cassation, qui sont invoqués à l’encontre de la décision attaquée, ne sont manifestement pas de nature à entraîner la cassation. » Elle ajoute ensuite: « En application de l’article 1014, alinéa 1er, du code de procédure civile, il n’y a donc pas lieu de statuer par une décision spécialement motivée sur ce pourvoi. » Le dispositif précise encore « REJETTE le pourvoi ; » et, au titre des frais irrépétibles, « En application de l’article 700 du code de procédure civile, rejette la demande ; ».

I. Conditions et effets du rejet non spécialement motivé

A. Conditions d’application de l’article 1014 du code de procédure civile

La formule retenue vise des moyens manifestement impropres à provoquer la censure, dont l’examen ne requiert pas une motivation individualisée et développée. La Cour indique ainsi que l’inaptitude des griefs ressort avec évidence, ce qui autorise l’usage de la procédure simplifiée prévue par l’article 1014. L’expression « manifestement » opère un filtrage minimal, en réservant ce traitement aux pourvois ne posant ni difficulté sérieuse ni question nouvelle.

Le texte n’exige pas une énumération des griefs écartés, mais suppose une lecture effective du dossier et un contrôle juridictionnel réel. La technique permet de rejeter simultanément plusieurs moyens, y compris de procédure, lorsque leur inefficacité se déduit des règles applicables avec une certitude suffisante. La décision ici commentée illustre ce maniement, en rappelant expressément la base textuelle et la raison d’économie d’écriture qui la justifie.

B. Effets procéduraux et autorité attachée

Le rejet non spécialement motivé produit les effets d’une décision au fond sur le pourvoi, en cristallisant l’autorité de la chose jugée au stade de cassation. L’arrêt d’appel devient irrévocable, sauf voies extraordinaires dont les conditions demeurent strictes et étrangères au contrôle ordinaire de légalité. Le dispositif confirme cette issue en ces termes: « REJETTE le pourvoi ; » et refuse, au demeurant, les frais irrépétibles sollicités. La décision précise à cet égard: « En application de l’article 700 du code de procédure civile, rejette la demande ; » ce qui clôt l’instance.

Reste à apprécier la valeur de ce procédé et les limites qu’il entraîne pour l’intelligibilité des solutions et la prévisibilité du droit.

II. Appréciation critique et perspectives

A. Célérité, lisibilité normative et sécurité

La rationalisation opérée par l’article 1014 répond à l’enjeu de maîtrise des délais, sans priver les parties d’un véritable examen des moyens. Le rappel de la base légale et de la « manifesteté » des griefs assure une lisibilité minimale, suffisante à justifier la brièveté du motif. La Cour maintient ainsi la cohérence de sa fonction régulatrice, en évitant d’ériger en principes des solutions d’espèce appelant seulement confirmation. Cette économie d’écriture préserve la hiérarchie des décisions, en concentrant l’effort motivationnel sur les arrêts appelés à guider la jurisprudence.

B. Exigence de motivation et garanties

L’absence de motifs développés peut toutefois frustrer l’attente d’explication, notamment lorsque les moyens paraissent sérieux aux yeux des plaideurs ou de la doctrine. Le risque principal tient à la difficulté d’identifier la raison précise du rejet, ce qui complique l’anticipation des solutions futures dans des espèces proches. La Cour atténue néanmoins ce risque en réservant la procédure aux moyens manifestement inefficaces, et en s’appuyant sur l’arrêt d’appel pour la compréhension du litige. Le contrôle conduit par la formation régulière, l’audience publique et la référence explicite au fondement textuel constituent des garanties structurelles suffisantes. L’équilibre recherché combine célérité procédurale et loyauté de la décision, tout en évitant une surcharge rédactionnelle impropre à la mission de régulation normative.

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Hassan KOHEN
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