PHAROS, deepfake et cyberharcèlement : signalement ou plainte, que faire ?

L’information judiciaire ouverte à Paris autour de X, de Grok et de possibles deepfakes sexuels remet une question très pratique au centre du dossier : lorsqu’une image truquée, un montage sexuel, une menace ou une campagne de cyberharcèlement circule en ligne, faut-il faire un signalement PHAROS, déposer plainte, ou les deux ?

La réponse courte est simple : PHAROS sert à signaler un contenu illicite précis sur internet ; la plainte sert à déclencher une procédure pénale pour une victime identifiée. Les deux démarches peuvent se compléter, mais elles ne produisent pas les mêmes effets.

Dans un dossier de deepfake, de cyberharcèlement ou de diffusion d’image intime, il ne faut pas se contenter de cliquer sur “signaler” sur le réseau social. Il faut conserver les preuves, qualifier les faits, choisir le bon canal et éviter les erreurs qui font perdre du temps au moment où le contenu continue à circuler.

Pour les situations urgentes, l’appui d’un avocat pénaliste à Paris permet de trier rapidement les démarches utiles : retrait, plainte, signalement, audition ou défense en cas de convocation.

PHAROS : à quoi sert vraiment le signalement ?

PHAROS est le portail officiel de signalement des contenus illicites sur internet. Le ministère de l’Intérieur rappelle que la plateforme reçoit les signalements, les analyse, les recoupe et peut permettre d’identifier l’hébergeur, l’éditeur ou l’auteur du contenu. Sa modernisation a été présentée le 31 mars 2026 sur le site Ma Sécurité.

Pour un deepfake, une menace, une incitation à la violence, une image sexuelle non consentie, un contenu pédopornographique ou un propos pénalement répréhensible, PHAROS permet donc d’alerter les services spécialisés. C’est utile lorsque le contenu est encore en ligne, qu’il peut toucher d’autres personnes, ou que la plateforme ne réagit pas.

Mais PHAROS n’est pas une plainte automatique. La même page officielle précise que, lorsque la personne qui signale est victime, un dépôt de plainte reste nécessaire auprès d’un commissariat ou d’une brigade de gendarmerie. Pour certaines escroqueries en ligne, PHAROS renvoie vers THESEE, qui permet une plainte en ligne.

En pratique, il faut raisonner ainsi :

  • contenu illicite à faire remonter rapidement : signalement PHAROS ;
  • victime qui veut poursuivre l’auteur : plainte ;
  • escroquerie en ligne relevant de THESEE : plainte en ligne possible ;
  • contenu dangereux toujours diffusé : signalement PHAROS plus démarches auprès de la plateforme ;
  • urgence ou menace directe : appel aux services de police ou de gendarmerie, sans attendre la réponse d’un formulaire.

Deepfake sexuel : quelles infractions peuvent être visées ?

Depuis la loi SREN du 21 mai 2024, le Code pénal vise expressément les montages et contenus générés par traitement algorithmique.

L’article 226-8 du Code pénal sanctionne la diffusion d’un montage ou d’un contenu visuel ou sonore généré par algorithme représentant l’image ou les paroles d’une personne sans son consentement, lorsque le caractère artificiel n’apparaît pas ou n’est pas indiqué. Les peines sont aggravées lorsque le contenu est diffusé via un service de communication au public en ligne. Source : article 226-8 du Code pénal.

L’article 226-8-1 est encore plus ciblé : il concerne le montage ou contenu à caractère sexuel réalisé avec l’image ou les paroles d’une personne sans son consentement. La peine peut atteindre trois ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende lorsque la publication a été réalisée en ligne. Source : article 226-8-1 du Code pénal.

Selon les faits, d’autres qualifications peuvent s’ajouter :

  • cyberharcèlement, si les publications, messages ou relais répétés dégradent les conditions de vie de la victime ;
  • menace ou chantage, si le contenu est utilisé pour obtenir de l’argent, un silence ou un comportement ;
  • atteinte à la vie privée, si des images ou données personnelles sont exploitées ;
  • usurpation d’identité, si le faux contenu sert à faire croire que la victime a tenu des propos ou accompli des actes ;
  • infractions relatives aux mineurs, si un mineur est visé ou représenté.

Le choix de la qualification n’est pas théorique. Il détermine le service compétent, la manière de présenter les preuves, les demandes urgentes de retrait, et la stratégie en cas d’identification partielle de l’auteur.

PHAROS ou plainte : quelle démarche faire en premier ?

Si l’image truquée ou les messages sont encore accessibles, le premier réflexe doit être probatoire. Il faut figer ce qui existe avant suppression, modification ou déréférencement.

Conservez l’URL exacte. Faites des captures d’écran avec la date, l’heure, le nom du compte, le nombre de vues, les commentaires et les partages. Téléchargez la vidéo ou l’image lorsque c’est possible sans la rediffuser. Notez les pseudonymes, les liens de profil, les messages privés, les comptes qui relaient, et les éventuelles demandes d’argent ou menaces.

Ensuite seulement, il faut agir par canal.

PHAROS est pertinent pour signaler le contenu. Le signalement doit viser une URL précise et expliquer en quelques lignes pourquoi le contenu paraît illicite : deepfake sexuel non consenti, harcèlement coordonné, menace, contenu visant un mineur, diffusion d’image intime, chantage.

La plainte est nécessaire si vous êtes victime. Elle doit être déposée au commissariat, en gendarmerie, ou par courrier au procureur selon la situation. Pour les escroqueries internet, la plateforme THESEE peut recevoir certaines plaintes en ligne, notamment les faux sites de vente, piratages de comptes, chantages en ligne avec demande d’argent ou rançongiciels.

Enfin, il faut demander le retrait à la plateforme, mais sans dépendre d’elle. Une suppression interne peut limiter l’exposition, mais elle peut aussi effacer des éléments utiles si les preuves n’ont pas été conservées avant.

Que faire si le contenu est un deepfake sexuel ?

Un deepfake sexuel impose une réaction rapide et ordonnée.

Première étape : ne pas répondre publiquement sous l’effet de la panique. La réponse publique donne parfois plus de visibilité au contenu et complique la preuve de sa diffusion initiale.

Deuxième étape : établir un dossier de preuve. Il doit comprendre les URLs, captures, vidéos, identifiants de comptes, dates de publication, messages privés, demandes de retrait, réponses de la plateforme et tout élément permettant d’identifier l’auteur ou les relais.

Troisième étape : signaler. PHAROS peut être utilisé pour le contenu illicite en ligne. Si le contenu est sexuel, non consenti, ou vise un mineur, il faut le dire explicitement dans le signalement, sans recopier inutilement les images.

Quatrième étape : déposer plainte. Le dépôt de plainte doit viser les faits, pas seulement le mot “deepfake”. Il faut expliquer que l’image ou la voix a été reproduite sans consentement, préciser le caractère sexuel ou non, indiquer les canaux de diffusion, et joindre les preuves.

Cinquième étape : envisager une action de retrait et de déréférencement. Selon l’urgence, il peut être utile d’adresser une mise en demeure à la plateforme, de solliciter le retrait du contenu, puis de documenter l’inaction éventuelle. La fiche Cybermalveillance sur le cyberharcèlement rappelle l’importance de conserver les preuves et de signaler les contenus.

Et si vous êtes mis en cause pour un deepfake ou un signalement PHAROS ?

Il arrive aussi qu’une personne soit convoquée après un signalement PHAROS, une plainte pour deepfake ou une dénonciation liée à un contenu en ligne.

Dans ce cas, il ne faut pas effacer les comptes, supprimer l’historique, réinitialiser un téléphone ou contacter la personne plaignante sans conseil. Ces réflexes peuvent être interprétés comme une volonté de faire disparaître des éléments.

Il faut au contraire identifier le statut procédural : simple renseignement, audition libre, garde à vue, convocation devant un service spécialisé, perquisition numérique, saisie de téléphone ou demande de codes. Le risque n’est pas le même selon que l’on reproche la création du contenu, sa diffusion, son relais, son hébergement ou un commentaire associé.

Si une convocation intervient, l’accompagnement par un avocat pénaliste permet de préparer la chronologie, de distinguer création et partage, de vérifier les droits lors de l’audition, et d’anticiper les conséquences sur les téléphones, ordinateurs et comptes en ligne. Voir aussi notre page dédiée à la garde à vue et notre page sur la défense en matière de harcèlement sexuel.

Paris et Île-de-France : pourquoi le dossier doit être préparé localement

Les dossiers de cyberharcèlement, deepfake ou diffusion d’image intime peuvent être traités par des services spécialisés, mais la première démarche reste souvent locale : commissariat, brigade de gendarmerie, parquet compétent, puis éventuellement service d’enquête spécialisé.

À Paris et en Île-de-France, l’enjeu est de déposer un dossier clair dès le départ. Les services reçoivent beaucoup de signalements numériques. Un dossier confus, sans URL, sans date, sans capture exploitable ou sans chronologie oblige l’enquêteur à reconstituer ce que la victime pouvait fournir immédiatement.

Un dossier utile tient en quatre pièces :

  • une chronologie courte des publications et messages ;
  • un tableau des URLs, comptes et plateformes ;
  • un dossier de captures horodatées ;
  • une note expliquant ce que l’on demande : retrait, identification, poursuites, protection contre les relances ou menaces.

Lorsque le contenu vise une image sexuelle, une victime mineure ou une campagne coordonnée, il faut le signaler clairement dès le début. Le dossier n’est pas seulement technique. Il est pénal, personnel, et souvent urgent.

Les erreurs à éviter

La première erreur consiste à croire que PHAROS remplace une plainte. PHAROS signale un contenu. La plainte porte la demande pénale de la victime.

La deuxième erreur consiste à déposer une plainte trop générale : “on m’a harcelé sur internet” ou “un deepfake circule”. Il faut décrire les faits, les dates, les comptes, les liens, les propos, les images et les conséquences.

La troisième erreur consiste à supprimer les messages, bloquer tous les comptes et nettoyer son téléphone avant la preuve. On peut protéger sa tranquillité, mais il faut d’abord conserver ce qui démontre les faits.

La quatrième erreur consiste à ne viser que la plateforme. Dans certains dossiers, l’auteur initial, les relais organisés, les personnes ayant menacé la victime ou les comptes ayant demandé de l’argent peuvent avoir des responsabilités distinctes.

La cinquième erreur consiste à attendre. Sur internet, un contenu peut être copié, reposté, repris par d’autres comptes ou envoyé par messagerie privée. Plus le dossier est structuré tôt, plus les démarches ont une chance d’être utiles.

La stratégie à retenir

Pour un deepfake, une image sexuelle non consentie ou une campagne de cyberharcèlement, la bonne séquence est la suivante : preuve, signalement, plainte, retrait, suivi.

PHAROS est utile pour alerter sur un contenu illicite. THESEE peut être adapté à certaines escroqueries en ligne. La plainte reste indispensable si vous êtes victime et souhaitez que l’auteur soit poursuivi. Les textes pénaux existent désormais pour les contenus algorithmiques et les montages sexuels non consentis, mais ils doivent être utilisés avec un dossier factuel précis.

L’actualité X/Grok montre que ces sujets ne relèvent plus seulement de la réputation numérique. Ils peuvent déclencher des enquêtes pénales, des investigations techniques et des conséquences lourdes pour les auteurs, les diffuseurs et parfois les responsables de plateformes.

Pour une victime, l’objectif est immédiat : arrêter la diffusion, conserver la preuve, obtenir une qualification pénale correcte et éviter que la plainte soit traitée comme un simple conflit de réseau social.

Pour une personne convoquée, l’objectif est différent : comprendre ce qui est reproché, éviter les déclarations approximatives et préserver ses droits dès le premier échange avec les enquêteurs.

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