Tribunal judiciaire de Bobigny, le 12 avril 2023, n°24/03119

Le tribunal judiciaire, statuant par jugement réputé contradictoire, a rendu une décision le 12 avril 2023. Cette instance concernait l’indemnisation de divers préjudices corporels suite à une responsabilité déjà établie. La juridiction a examiné chaque poste de préjudice et fixé le point de départ des intérêts. Elle a condamné solidairement les défendeurs à indemniser la victime et a statué sur les frais de procédure.

L’office du juge dans l’administration de la preuve et la qualification des faits

Le juge exerce un contrôle souverain sur l’évaluation des préjudices allégués. Il procède à un réexamen détaillé des calculs proposés par la partie demanderesse. Il corrige ainsi une erreur matérielle dans l’assignment concernant la durée du déficit fonctionnel temporaire. “Le tribunal observe que c’est manifestement à la suite d’une erreur matérielle que le demandeur a retenu la qualification de “préjudice esthétique permanent” dans le dispositif de ses conclusions pour ce poste de préjudice, alors que dans sa motivation, il s’agit clairement du déficit fonctionnel permanent.” (Sur la question du déficit fonctionnel permanent). Cette intervention démontre son pouvoir de requalification au service de la vérité des débats. Le juge s’appuie substantiellement sur l’expertise médicale pour fonder son appréciation. Il reprend les taux et évaluations fournis par l’expert pour chaque chef de préjudice. La décision illustre le dialogue entre le juge et l’expert dans la fixation du préjudice corporel. L’expert éclaire le juge qui conserve son pouvoir souverain d’appréciation et de décision.

La mise en œuvre des règles procédurales et indemnitaires

La décision applique strictement le régime légal des intérêts moratoires après la condamnation. Elle retient le point de départ ordinaire prévu par le code civil. “Dans le cas d’espèce, les condamnations dont est assortie la présente décision porteront intérêts à compter du jour de la décision.” (Sur le point de départ des intérêts au taux légal). Ce choix s’inscrit dans l’application du droit commun, le juge n’usant pas de son pouvoir dérogatoire. La solution se distingue d’une jurisprudence qui pourrait fixer un point de départ antérieur. La gestion des frais de procédure et des dépens est traitée avec une certaine équité. Le tribunal accorde une somme au titre de l’article 700 du code de procédure civile. Il ordonne également le remboursement de frais d’expertise avancés dans une autre instance. Cette approche vise à réparer intégralement le préjudice subi, y compris dans sa dimension processuelle. Elle assure une indemnisation effective sans laisser à la charge de la victime les frais nécessaires à la preuve.

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