Tribunal judiciaire de Carcassonne, le 15 décembre 2025, n°25/00214

Le tribunal judiciaire de Carcassonne a rendu un jugement réputé contradictoire le 15 décembre 2025. Une consommatrice avait acheté des meubles pour 3000 euros et versé un acompte de 600 euros. Le vendeur a refusé le paiement échelonné sans livrer les biens ni restituer les sommes. La question de droit portait sur le fondement juridique de la résolution du contrat de vente. Le tribunal a prononcé la résolution du contrat et ordonné la restitution de l’acompte.

Sur le fondement du droit de la consommation, la demande de résolution a été écartée. Le tribunal a constaté qu’aucune date de livraison n’était prévue au contrat. Le professionnel devait donc livrer dans les trente jours suivant la conclusion du contrat. Cependant, “elle ne justifie pas avoir adressé la moindre mise en demeure à la société Decoshop” (Motifs, page 4). La consommatrice ne remplissait donc pas les conditions de l’article L. 216-6 du code de la consommation. Cette solution a une valeur pédagogique en rappelant la nécessité de la mise en demeure préalable.

Sur le fondement de l’interdépendance des contrats, la résolution a été prononcée. Le tribunal a qualifié le financement refusé de crédit affecté au sens de l’article L. 311-1 du code de la consommation. Il a estimé que “l’achat et son financement constituent ainsi une opération commerciale unique” (Motifs, page 5). Le refus du crédit entraîne donc la résolution automatique du contrat de vente. Cette solution a une forte portée car elle consacre l’interdépendance même sans mention dans le contrat principal.

La demande de dommages et intérêts a été rejetée pour défaut de preuve. Le tribunal a relevé que la consommatrice “ne produit aucun élément en ce sens” pour justifier ses déplacements à Toulouse (Motifs, page 6). La valeur de cette décision est de rappeler la charge de la preuve du préjudice incombant au demandeur. La portée est limitée car elle ne fait qu’appliquer le droit commun de la responsabilité contractuelle.

Le sens de l’arrêt est de protéger le consommateur via l’interdépendance des contrats de vente et de crédit. Sa valeur est d’illustrer une solution favorable au consommateur même en l’absence de mise en demeure. Sa portée est de renforcer l’effectivité du droit de la consommation face à un professionnel défaillant.

Fondements juridiques

Article L. 216-6 du Code de la consommation En vigueur

I.-En cas de manquement du professionnel à son obligation de délivrance du bien ou de fourniture du service dans les conditions prévues à l’article L. 216-1, le consommateur peut :

1° Notifier au professionnel la suspension du paiement de tout ou partie du prix jusqu’à ce que le professionnel s’exécute, dans les conditions des articles 1219 et 1220 du code civil ;

2° Résoudre le contrat si, après avoir mis en demeure le professionnel d’effectuer la délivrance ou de fournir le service dans un délai supplémentaire raisonnable, ce dernier ne s’est pas exécuté dans ce délai.

Le contrat est considéré comme résolu à la réception par le professionnel de la lettre ou de l’écrit l’informant de cette résolution, à moins que le professionnel ne se soit exécuté entre-temps.

II.-Le consommateur peut toutefois immédiatement résoudre le contrat :

1° Lorsque le professionnel refuse de délivrer le bien ou de fournir le service ou lorsqu’il est manifeste qu’il ne livrera pas le bien ou ne fournira pas le service ;

2° Lorsque le professionnel n’exécute pas son obligation de délivrance du bien ou de fourniture du service à la date ou à l’expiration du délai prévu à l’article L. 216-1 et que cette date ou ce délai constitue pour le consommateur une condition essentielle du contrat. Cette condition essentielle résulte des circonstances qui entourent la conclusion du contrat ou d’une demande expresse du consommateur avant la conclusion du contrat.

Les dispositions du présent article sont sans préjudice de l’allocation de dommages et intérêts.

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