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Tribunal judiciaire de Strasbourg, le 17 septembre 2025, n°24/08076

Le Tribunal judiciaire de Strasbourg, le 17 septembre 2025, statue sur une action en indemnisation suite à un vol. L’événement remonte au 23 août 2019 et la requête est déposée après l’expiration du délai quinquennal de prescription. La demanderesse produit un document pour tenter d’interrompre ce délai. La juridiction doit déterminer si ce document constitue une reconnaissance interruptive de prescription. Elle déclare l’action irrecevable, considérant que le document non signé ne peut interrompre la prescription.

L’exigence formelle d’une reconnaissance interruptive

La décision rappelle le régime légal de la prescription extinctive et de son interruption. L’action personnelle en réparation se prescrit par cinq ans à compter de la connaissance du fait générateur. Le délai était expiré lors de l’introduction de l’instance. La demanderesse invoquait un document transactionnel pour interrompre ce délai. Le tribunal applique strictement l’article 2240 du code civil.

La reconnaissance interruptive doit émaner du débiteur et manifester clairement son intention. Le juge examine la validité formelle du document produit. Il constate une absence matérielle essentielle à sa force probante. “Or, sans qu’il ait lieu d’examiner le contenu précis de ce document et l’étendue des engagements y figurant, il convient d’observer qu’il ne comporte aucune signature de la part de la défenderesse” (Tribunal judiciaire de Strasbourg, le 17 septembre 2025, n°24/08076). Cette absence empêche toute attribution certaine du document.

La portée d’un document non signé sur la prescription

La solution dénie tout effet interruptif au document en raison de son défaut de signature. Le tribunal refuse de se pencher sur le fond des engagements allégués. La forme prime sur le contenu pour établir la volonté du débiteur. Un écrit non signé ne peut valoir reconnaissance de la dette de la part de son auteur supposé. La sécurité juridique exige des manifestations non équivoques.

La décision précise les conséquences de cette invalidité formelle. “Dès lors, il ne peut pas être considéré comme une reconnaissance de la part de celle-ci et ne peut pas avoir d’effet interruptif” (Tribunal judiciaire de Strasbourg, le 17 septembre 2025, n°24/08076). L’action est donc déclarée irrecevable pour prescription acquise. Cette solution protège le débiteur contre des allégations incertaines de reconnaissance.

La rigueur probatoire attachée à l’interruption de la prescription

Le sens de l’arrêt est d’affirmer une exigence probatoire stricte pour la reconnaissance. La signature est un élément essentiel pour lier son auteur à un écrit. Sans elle, le document reste un simple projet ou une proposition unilatérale. Cette approche formelle évite les contestations sur l’origine et la sincérité de l’écrit. Elle renforce la prévisibilité du droit de la prescription.

La valeur de cette décision réside dans son alignement avec une jurisprudence constante. Une décision antérieure du même tribunal énonçait déjà le même principe. “Or, sans qu’il ait lieu d’examiner le contenu précis de ce document et l’étendue des engagements y figurant, il convient d’observer qu’il ne comporte aucune signature” (Tribunal judiciaire de Strasbourg, le 25 juin 2025, n°24/02676). La cohérence jurisprudentielle sécurise les relations juridiques.

Les implications pratiques pour la preuve de l’interruption

La portée de la solution est pratique et préventive. Elle rappelle aux créanciers l’importance de conserver des preuves formelles. Tout acte interruptif doit être matérialisé par un support attribuable au débiteur. Une simple lettre ou un email non signé pourrait rencontrer le même sort. Cette rigueur incite à la prudence dans la gestion des contentieux naissants.

Elle consacre également le rôle du juge dans le contrôle d’office de la prescription. Le tribunal soulève ce moyen même en l’absence des défendeurs. Il vérifie scrupuleusement les éléments produits pour s’y opposer. La prescription extinctive est d’ordre public et son application est stricte. Cette décision illustre l’impossibilité de contourner un délai expiré par un document imparfait.

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Hassan KOHEN
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