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Arrêt maladie en téléconsultation : nouvelle limite de 3 jours, contrôle CPAM et recours

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Depuis le 27 juin 2026, un arrêt de travail prescrit en télémédecine ne peut plus, en principe, ouvrir droit aux indemnités journalières au-delà de trois jours.

La règle vise les arrêts de travail prescrits à distance, notamment par téléconsultation. Elle ne supprime pas la possibilité d’obtenir un arrêt maladie sans se déplacer. Elle change surtout ce que le salarié doit vérifier immédiatement : la durée de l’arrêt, l’identité du médecin, la possibilité de prolongation, l’adresse transmise à la caisse et la preuve d’envoi des documents.

Pour un salarié déjà malade, la difficulté est concrète. Un arrêt de trois jours peut suffire pour un épisode court. Il peut devenir insuffisant lorsqu’une infection, une crise douloureuse, un trouble psychique, une rechute ou une pathologie chronique empêche réellement la reprise. Dans ce cas, il faut éviter de laisser un trou entre deux arrêts, car la caisse primaire d’assurance maladie peut contrôler la date, la transmission et les conditions d’indemnisation.

L’enjeu n’est donc pas seulement médical. Il est aussi financier. Un arrêt mal transmis, trop tardif, prolongé dans de mauvaises conditions ou prescrit par un praticien qui ne peut pas justifier l’exception peut entraîner un refus ou une suspension d’indemnités journalières.

Ce qui change pour l’arrêt maladie prescrit en téléconsultation

La loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales a introduit une limitation spécifique pour les arrêts de travail prescrits en télémédecine.

Le principe est simple : lorsque l’arrêt est délivré à distance, les indemnités journalières ne peuvent pas être versées pour plus de trois jours, sauf exception prévue par le texte.

Cette limite ne signifie pas que l’arrêt est automatiquement faux ou sans effet. Elle signifie que la prise en charge par l’assurance maladie est plafonnée si les conditions d’exception ne sont pas réunies. Le salarié peut donc se retrouver avec un arrêt médicalement prescrit, mais avec un risque financier sur la période dépassant trois jours.

Les exceptions doivent être vérifiées au cas par cas. Le texte vise notamment les situations dans lesquelles l’arrêt est prescrit par le médecin traitant ou la sage-femme référente, ou lorsqu’il est impossible d’obtenir une consultation en présence pour prolonger l’arrêt. En pratique, ce sont les justificatifs et la cohérence du parcours de soins qui feront la différence.

Le salarié doit donc relire l’arrêt dès sa réception. Il faut contrôler la date de début, la date de fin, les heures de sortie, l’adresse de repos et le mode de transmission. Une erreur matérielle peut produire des conséquences plus lourdes qu’avant, car la CPAM dispose désormais d’un angle de contrôle supplémentaire.

Que faire si l’arrêt de téléconsultation dépasse trois jours ?

La première question est de savoir si l’arrêt initial dépasse trois jours ou si plusieurs arrêts courts se succèdent.

Si l’arrêt initial dépasse trois jours, il faut demander immédiatement au médecin pourquoi l’exception s’applique. Il peut s’agir du médecin traitant, d’un suivi connu, d’une impossibilité de consultation présentielle ou d’une autre situation documentée. Cette justification doit être conservée.

Si l’arrêt est limité à trois jours mais que l’état de santé empêche la reprise, il faut organiser la suite avant la fin de l’arrêt. L’idéal est une consultation avec le médecin traitant ou un praticien pouvant examiner le salarié en présence. La prolongation doit être datée correctement. Un décalage d’une journée peut créer une période non couverte.

Le salarié ne doit pas attendre le dernier soir pour chercher une solution. En cas de pathologie persistante, il faut contacter le cabinet médical, la maison de santé, le service de soins non programmés ou, lorsque l’état le justifie, les services d’urgence. Le but n’est pas seulement d’obtenir un papier. Il est de permettre une continuité médicale traçable.

Il faut aussi éviter les plateformes qui promettent un arrêt rapide sans véritable suivi. Un arrêt délivré dans des conditions fragiles peut être contesté. L’assurance maladie peut demander des explications, contrôler l’assuré et suspendre le paiement si les conditions d’indemnisation ne sont pas remplies.

L’adresse de repos devient un point sensible

Pendant un arrêt maladie, l’assuré doit permettre le contrôle médical. L’adresse de repos a donc une importance pratique. Si le salarié n’est pas à son domicile habituel, il doit vérifier que l’adresse indiquée permet réellement un contrôle.

La Cour de cassation a rappelé que l’article L. 323-6 du Code de la sécurité sociale définit les obligations du bénéficiaire des indemnités journalières. Elle précise qu’un déplacement conduisant le malade à résider momentanément à une autre adresse doit lui permettre de continuer à respecter ses obligations, notamment le contrôle médical. En revanche, la caisse ne peut pas fonder une suspension sur une autorisation préalable de sortie de circonscription déclarée illégale.

La décision est importante pour les salariés qui se reposent chez un proche, partent quelques jours hors de leur domicile ou séjournent temporairement dans une autre ville. Le problème n’est pas seulement de savoir si le déplacement était autorisé. Il faut surtout pouvoir démontrer que la CPAM pouvait contrôler l’arrêt.

En cas de changement d’adresse pendant l’arrêt, il faut donc prévenir la caisse par un canal traçable. Le compte ameli, un courrier, un message conservé ou tout justificatif daté peut devenir décisif. Le salarié doit également conserver les éléments expliquant le déplacement : aide familiale, logement temporaire, impossibilité de rester seul, suivi médical ou circonstance matérielle précise.

Le délai de transmission reste décisif

La réforme sur la télémédecine ne remplace pas les règles classiques de transmission de l’arrêt de travail.

Lorsque l’arrêt n’est pas transmis automatiquement, l’assuré doit l’envoyer dans le délai prévu. Le risque est connu : si la caisse reçoit l’arrêt trop tard, elle peut considérer qu’elle n’a pas pu exercer son contrôle pendant la période concernée.

Le tribunal judiciaire de Paris a encore rappelé le 26 mai 2026 que le refus de versement des indemnités journalières peut résulter du seul défaut de preuve d’une transmission utile. Dans cette affaire, l’arrêt avait été reçu après la fin de la période d’interruption de travail. Le tribunal a retenu que l’assuré ne justifiait pas d’une date d’envoi antérieure et a rejeté son recours.

Cette solution doit alerter les salariés. Il ne suffit pas de dire que l’arrêt existait. Il faut pouvoir prouver qu’il a été transmis à temps, par le bon canal et avec les informations nécessaires.

La preuve peut être simple : accusé de réception, capture de l’espace personnel, historique de télétransmission, courriel du cabinet médical, dépôt postal ou message de confirmation. Sans trace, le recours devient plus difficile.

L’employeur doit-il accepter un arrêt de travail obtenu en téléconsultation ?

L’employeur n’a pas à se substituer au médecin. S’il reçoit un arrêt de travail régulier, il doit en principe prendre acte de l’absence et traiter la paie selon les règles applicables.

En revanche, l’employeur peut demander la justification de l’absence et organiser, dans certains cas, une contre-visite médicale pour le complément employeur. Il peut aussi contester une absence non justifiée lorsque le salarié ne transmet aucun document ou laisse passer les délais.

Le salarié doit donc envoyer le volet destiné à l’employeur dans les conditions prévues par l’entreprise ou la convention collective. Il doit garder la preuve de l’envoi. Un simple appel téléphonique à un manager ne suffit pas.

Si l’arrêt est limité à trois jours côté CPAM, cela ne règle pas automatiquement toutes les conséquences côté contrat de travail. La question du maintien de salaire, du complément employeur, de la prévoyance et de la convention collective doit être vérifiée séparément.

En cas de doute, il faut comparer quatre documents : l’arrêt de travail, le bulletin de paie, la convention collective et les échanges avec l’employeur. Une absence d’indemnités journalières peut avoir un effet en cascade sur le maintien de salaire.

Que faire si la CPAM refuse ou suspend les indemnités journalières ?

Le premier réflexe est de demander la motivation écrite de la décision. Il faut savoir si la caisse invoque la limite de trois jours, un retard d’envoi, une adresse de contrôle impossible, une absence à convocation, une activité non autorisée ou un autre motif.

Ensuite, il faut reconstituer la chronologie. Date de la téléconsultation. Date de prescription. Date de début d’arrêt. Date de transmission à la CPAM. Date d’envoi à l’employeur. Date de prolongation éventuelle. Date du contrôle ou de la demande d’explication.

Cette chronologie permet de distinguer les vraies erreurs. Un arrêt prescrit par le médecin traitant ne se traite pas comme un arrêt obtenu ponctuellement sur une plateforme. Une prolongation après examen physique ne se traite pas comme une succession de téléconsultations anonymes. Un séjour chez un parent avec adresse déclarée ne se traite pas comme une disparition rendant tout contrôle impossible.

Si la décision est contestable, le recours passe généralement par la commission de recours amiable de la caisse, puis par le pôle social du tribunal judiciaire si le désaccord persiste. Le délai doit être vérifié dans la notification. Il ne faut pas attendre la fin de plusieurs mois de suspension pour agir.

Le dossier doit contenir les justificatifs médicaux utiles, les preuves d’envoi, les échanges CPAM, les bulletins de salaire, les justificatifs de résidence pendant l’arrêt et les éléments relatifs à l’employeur.

Paris et Île-de-France : le bon réflexe si votre arrêt est contesté

À Paris et en Île-de-France, les salariés alternent souvent téléconsultation, médecin traitant éloigné, déplacements professionnels, transports longs et difficultés d’accès à un rendez-vous rapide. Ce contexte peut expliquer le recours à la télémédecine, mais il ne dispense pas de documenter la situation.

Si l’arrêt dépasse trois jours, il faut préparer une explication simple : pourquoi la téléconsultation a été utilisée, qui a prescrit l’arrêt, pourquoi une consultation en présence n’était pas possible ou pourquoi le médecin traitant était compétent pour le faire.

Si la CPAM suspend les indemnités, il faut agir vite. La perte d’IJSS peut affecter le maintien de salaire, la prévoyance, le paiement du loyer et parfois la relation de travail. Un échange imprécis avec la caisse ou l’employeur peut ensuite être mal interprété.

Le cabinet intervient en droit du travail à Paris pour vérifier les arrêts contestés, les retenues de salaire, les refus de maintien de salaire et les recours liés à l’arrêt maladie.

Les pièces à réunir avant de contester

Avant toute contestation, réunissez l’arrêt de travail initial, la prolongation éventuelle, la preuve de télétransmission ou d’envoi, les messages du médecin, les échanges avec la CPAM, les échanges avec l’employeur, les bulletins de salaire concernés, la convention collective et les justificatifs d’adresse pendant l’arrêt.

Ajoutez aussi les éléments qui expliquent l’urgence médicale ou l’impossibilité de consultation en présence : rendez-vous indisponibles, médecin traitant absent, déplacement, état de santé incompatible avec un trajet, prescription antérieure ou suivi médical connu.

Ces pièces permettent de répondre à la vraie question : la caisse pouvait-elle contrôler l’arrêt et les conditions légales d’indemnisation étaient-elles remplies ?

Sources officielles utiles

Service-Public a publié une actualité sur la limitation des arrêts de travail prescrits en télémédecine.

Le texte de référence est la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales.

Sur les déplacements pendant l’arrêt et les contrôles CPAM, la Cour de cassation a rendu un arrêt publié au Bulletin le 5 juin 2025 : Cass. 2e civ., 5 juin 2025, n° 21-22.162.

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