Tribunal judiciaire de Marseille, le 20 octobre 2025, n°25/03881

Le juge des contentieux de la protection, statuant par jugement contradictoire, a rendu une décision le [date]. Une association avait conclu une convention d’occupation précaire avec une personne dont le logement initial était frappé d’un arrêté de péril. Après la mainlevée de cet arrêté, l’occupante ayant refusé de libérer les lieux, l’association a saisi le juge. La question principale était de savoir si cette occupation persistante constituait un trouble manifestement illicite justifiant une expulsion sans délai. Le juge a prononcé la résiliation de la convention, ordonné l’expulsion immédiate et condamné l’occupante au paiement d’indemnités.

La cessation automatique du titre d’occupation

Le caractère déterminant de la convention précaire

Le juge fonde sa décision sur les stipulations claires de l’acte contractuel. La convention prévoyait son expiration automatique à la suite de la mainlevée de l’arrêté de péril. “la convention expire automatiquement : « – Au premier jour du mois qui suit la notification de l’arrêté de mainlevée constatant la réalisation des travaux prescrits” (Article 7.3 de la convention). Cette clause, jugée non équivoque, a produit ses effets dès la notification de la mainlevée. La valeur de cette analyse réside dans la stricte application du principe de l’autonomie de la volonté. Elle rappelle la force obligatoire des contrats et limite les possibilités d’interprétation extensive des clauses résolutoires.

La qualification d’occupation sans droit ni titre

L’extinction du titre conduit à requalifier la situation de l’occupante. Le juge estime qu’elle ne peut plus se prévaloir d’un droit à occuper les lieux. “Il s’ensuit que [l’occupante] ne justifie d’aucun droit ni titre à occuper les lieux litigieux” (Motifs). Cette absence de titre permet de caractériser un trouble manifestement illicite. La portée de ce raisonnement est essentielle car elle ouvre la voie aux procédures d’expulsion accélérées. Elle écarte toute discussion sur la qualité de l’habitation d’origine dès lors que le titre actuel a disparu.

Les conséquences procédurales de l’occupation illicite

La suppression des délais protecteurs

La qualification d’occupation sans droit ni titre a une incidence directe sur les modalités de l’expulsion. Le juge applique les dispositions du code des procédures civiles d’exécution relatives aux introductions frauduleuses. “le délai prévu au premier alinéa […] ne s’applique pas lorsque le juge […] constate la mauvaise foi de la personne expulsée” (Article L412-1 du code des procédures civiles d’exécution). Il supprime ainsi le délai de deux mois suivant le commandement. La sens de cette application est rigoureux car il assimile le maintien dans les lieux après extinction du titre à une situation de mauvaise foi justifiant une procédure rapide.

L’inopposabilité de la trêve hivernale

Le même fondement juridique conduit à écarter le bénéfice du sursis hivernal. Le juge rappelle que ce sursis ne s’applique pas en cas d’introduction sans droit. “le sursis à toute mesure d’expulsion […] ne s’applique pas lorsque la mesure d’expulsion a été prononcée en raison d’une introduction sans droit ni titre” (Article L412-6 du code des procédures civiles d’exécution). La portée de cette décision est pratique car elle permet une exécution immédiate de la décision d’expulsion. Elle renforce l’effectivité du droit de propriété face à une occupation illégale, même en période hivernale.

La condamnation au paiement d’indemnités

La réparation du préjudice subi

L’occupation illicite génère un préjudice qui doit être réparé. Le juge retient le principe d’une indemnité d’occupation mensuelle. “l’occupation illégale d’un bien crée un préjudice à son propriétaire en vertu de l’article 1240 du code civil” (Motifs). Le montant est fixé conformément à la valeur locative prévue au contrat. La valeur de cette condamnation est à la fois compensatoire et dissuasive. Elle vise à indemniser pleinement le propriétaire pour la jouissance indue de son bien pendant toute la durée de l’occupation illégale.

Le rejet des délais de paiement

Face à la demande de l’occupante de bénéficier d’échelonnement, le juge adopte une position stricte. Il relève l’absence de paiement antérieur et la durée de l’occupation sans contrepartie. “au regard des délais de paiement dont elle a, de fait, bénéficié – alors qu’aucun paiement ne fût-ce que partiel n’a eu lieu” (Motifs). La portée de ce rejet est significative car il privilégie les intérêts du créancier. Il rappelle que les délais de paiement sont une faculté du juge, subordonnée à une appréciation concrète du comportement du débiteur.

Cette décision illustre la fermeté du juge face aux occupations sans titre consécutives à l’extinction d’une convention précaire. Elle affirme la pleine efficacité des clauses résolutoires automatiques et leurs conséquences immédiates. En qualifiant le maintien dans les lieux de trouble manifestement illicite, elle permet une expulsion rapide et une condamnation pécuniaire intégrale. Cette approche protège efficacement le droit de propriété et sanctionne l’inexécution contractuelle, tout en appliquant de manière rigoureuse les exceptions aux délais protecteurs de l’expulsion.

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