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Maître Hassan KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Hassan KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Avocat interrogatoire première comparution article 116 CPP — Paris

Vous êtes convoqué par un juge d’instruction pour un interrogatoire de première comparution. Ce moment décide de votre statut dans le dossier : mis en examen, témoin assisté, ou laissé libre. La préparation conditionne tout. Cette page expose ce qu’est l’IPC, vos droits d’accès au dossier avant l’audience, le rôle de l’avocat, et les leviers stratégiques pour défendre la suite de l’instruction.

Vous êtes convoqué pour un IPC
Préparer l’interrogatoire de première comparution.
Un juge d’instruction vous convoque par lettre recommandée ou en sortie de garde à vue. L’enjeu est votre statut procédural et la suite de l’instruction.

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Un proche est convoqué
Choisir un avocat avant la première comparution.
L’IPC fixe la trajectoire du dossier. Mise en examen, témoin assisté, détention provisoire : tout se joue ce jour-là.

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Partie I

L’interrogatoire de première comparution, moment-clé de l’instruction.

01Qu’est-ce que l’interrogatoire de première comparution prévu à l’article 116 CPP ?+

L’interrogatoire de première comparution est la première audition formelle d’une personne devant le juge d’instruction. Le magistrat vérifie l’identité, notifie les faits reprochés et la qualification juridique, puis décide du statut procédural.

Code de procédure pénale, article 116 : « Lorsqu’il envisage de mettre en examen une personne qui n’a pas déjà été entendue comme témoin assisté, le juge d’instruction procède à sa première comparution selon les modalités prévues par le présent article. Le juge d’instruction constate l’identité de la personne et lui fait connaître expressément, en précisant leur qualification juridique, chacun des faits dont il est saisi et pour lesquels la mise en examen est envisagée. »

L’IPC déclenche l’application des droits de la défense propres à la phase juridictionnelle de l’instruction. C’est le basculement entre l’enquête et la procédure d’instruction. Art. 116 CPP

02Comment est convoqué le mis en cause et quel délai a-t-il pour préparer l’IPC ?+

La convocation à IPC peut intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, par convocation remise par officier de police judiciaire, ou directement en sortie de garde à vue par le juge d’instruction.

La lettre de convocation indique les faits reprochés, leur qualification, la date de l’audience, et précise que la personne a le droit d’être assistée d’un avocat de son choix ou commis d’office. L’avocat désigné peut consulter le dossier au greffe du juge d’instruction dans les jours précédant l’IPC. Le délai pratique est court, généralement de quelques jours à quelques semaines selon l’urgence. Art. 116 CPP

03Quels sont les droits du mis en cause d’accéder au dossier avant l’interrogatoire ?+

L’article 114 du Code de procédure pénale impose la communication préalable du dossier à l’avocat avant chaque interrogatoire ou audition.

Code de procédure pénale, article 114 : « Les parties ou leur avocat sont convoqués au plus tard cinq jours ouvrables avant chaque interrogatoire ou audition par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, télécopie avec récépissé ou tout autre moyen prévu par voie réglementaire. La procédure est mise à la disposition de l’avocat quatre jours ouvrables au plus tard avant chaque interrogatoire de la personne mise en examen. »

L’avocat consulte le dossier au greffe ou en obtient une copie. Cette communication conditionne l’effectivité de la défense. La méconnaissance de ce délai peut donner lieu à requête en nullité. La chambre criminelle a néanmoins précisé que l’article 114 CPP applicable aux convocations en vue d’un interrogatoire n’exige pas la mention d’un objet précisant la teneur de l’acte envisagé par le juge d’instruction.

Cass. crim., 19 déc. 2023, n° 23-85.642 (Publié au Bulletin) : « Il se déduit des termes mêmes de l’article D. 32-1-2 du code de procédure pénale que le permis de communiquer doit être sollicité par écrit, afin de donner date certaine à cette demande. »

Art. 114 CPPCass. crim., 6 mai 2025, n° 24-85.566Cass. crim., 19 déc. 2023, n° 23-85.642

04Mise en examen ou témoin assisté : quelle décision à l’issue de l’IPC ?+

À l’issue de l’IPC, le juge d’instruction choisit entre trois options. La mise en examen, si les indices graves ou concordants rendent vraisemblable que la personne a participé aux faits. Le statut de témoin assisté, si les indices ne sont que simples. La sortie de procédure sans statut, plus rare.

Code de procédure pénale, article 80-1 : « À peine de nullité, le juge d’instruction ne peut mettre en examen que les personnes à l’encontre desquelles il existe des indices graves ou concordants rendant vraisemblable qu’elles aient pu participer, comme auteur ou comme complice, à la commission des infractions dont il est saisi. »

Le mis en cause peut demander à bénéficier du statut de témoin assisté plutôt que de la mise en examen. Art. 80-1 CPPArt. 113-1 à 113-8 CPP

05Quel est le rôle exact de l’avocat pendant l’interrogatoire de première comparution ?+

L’avocat est présent à chaque étape de l’IPC. Il accompagne la lecture des droits, conseille sur le choix de répondre ou non, intervient sur la qualification juridique retenue par le juge, formule des observations, demande l’audition de témoins ou des actes complémentaires.

L’avocat veille à la régularité de la notification des faits, à la précision de la qualification, à l’absence de question déloyale ou suggestive. Il peut faire des observations consignées au procès-verbal. Sa présence est un droit consacré par l’article 116 CPP, qui prévoit la convocation expresse de l’avocat. Art. 116 CPPArt. 105 CPP

06Le juge peut-il saisir le juge des libertés en sortie d’IPC pour une détention provisoire ?+

Oui. Si le juge d’instruction prononce la mise en examen et envisage la détention provisoire ou un contrôle judiciaire strict, il peut saisir le juge des libertés et de la détention le jour même.

Le débat différé est possible : la personne sollicite un délai pour préparer la défense devant le JLD, le procureur peut requérir une incarcération provisoire jusqu’au débat. L’avocat plaide les garanties de représentation, l’absence d’antécédent, les attaches familiales, professionnelles, le risque réel de fuite ou de concertation frauduleuse. La maîtrise de cette articulation IPC/JLD conditionne la liberté du mis en cause dans les heures qui suivent. Art. 145 CPP

L’IPC se prépare. Elle ne se subit jamais.

Lire la procédure transmise quatre jours avant, identifier les indices graves ou concordants invoqués, anticiper la qualification, préparer chaque réponse ou choisir le silence stratégique : le travail commence au cabinet, pas devant le juge.

Partie II

Stratégie de défense autour de l’interrogatoire de première comparution.

01Comment préparer l’IPC quand une garde à vue a précédé l’interrogatoire ?+

La garde à vue précède souvent l’IPC. Les procès-verbaux d’audition sont versés au dossier d’instruction et lus par le juge. L’avocat consulte les déclarations antérieures, repère les contradictions, identifie les questions déloyales ou les nullités possibles.

Toute déclaration faite en garde à vue sans avocat ou sans notification du droit au silence peut être contestée. La cohérence avec les déclarations à l’IPC est scrutée. La préparation consiste à reprendre chaque procès-verbal, expliquer le contexte des réponses, anticiper les questions du juge. Art. 63-1 CPPArt. 116 CPP

02Faut-il garder le silence à l’IPC ou répondre aux questions du juge ?+

Le droit au silence est notifié à l’ouverture de l’IPC. Le mis en cause peut faire des déclarations, répondre aux questions ou se taire, sans qu’aucune conséquence ne puisse être tirée du silence.

Le choix est stratégique. Répondre permet de poser sa version, d’expliquer un contexte, de désamorcer une qualification. Se taire évite de fournir des éléments à charge si le dossier est encore mal compris ou si le mis en cause est éprouvé. La décision se prend après lecture du dossier, jamais à l’instinct dans le cabinet du juge. Art. 116 CPP

03Comment demander des actes d’instruction utiles après l’IPC ?+

L’article 82-1 du Code de procédure pénale ouvre à la personne mise en examen un droit propre de demander des actes utiles à la manifestation de la vérité.

Code de procédure pénale, article 82-1 : « Les parties peuvent, au cours de l’information, saisir le juge d’instruction d’une demande écrite et motivée tendant à ce qu’il soit procédé à leur audition ou à leur interrogatoire, à l’audition d’un témoin, à une confrontation ou à un transport sur les lieux, à ce qu’il soit ordonné la production par l’une d’entre elles d’une pièce utile à l’information, ou à ce qu’il soit procédé à toutes autres mesures qui leur paraîtraient nécessaires à la manifestation de la vérité. »

Audition de témoin à décharge, contre-expertise, exploitation de vidéosurveillance, géolocalisation, examen technique. Le juge dispose d’un mois pour répondre, à défaut la chambre de l’instruction peut être saisie. Art. 82-1 CPP

04Comment contester la mise en examen par une requête en nullité ?+

La mise en examen prononcée sans indices graves ou concordants suffisants encourt la nullité. La personne mise en examen ou son avocat peut saisir la chambre de l’instruction dans un délai de six mois suivant l’IPC pour contester la mise en examen.

Le moyen porte sur l’insuffisance des indices, l’irrégularité de la notification des faits, le défaut de communication du dossier dans le délai de quatre jours, l’absence d’avocat à l’IPC, la déloyauté de la procédure ayant conduit à la mise en examen. La chambre de l’instruction examine et peut ordonner le renvoi au statut de témoin assisté. Art. 80-1 CPPArt. 173 CPP

05Comment se déroule l’IPC d’un mineur dans le cadre du Code de la justice pénale des mineurs ?+

Le mineur convoqué pour un IPC bénéficie de garanties renforcées par le Code de la justice pénale des mineurs entré en vigueur le 30 septembre 2021. La présence de l’avocat est obligatoire et non simplement facultative. Les représentants légaux sont avisés et peuvent être présents.

Le juge des enfants ou le juge d’instruction spécialisé conduit l’interrogatoire dans des conditions adaptées à l’âge. L’enregistrement audiovisuel est obligatoire pour les mineurs entendus sur des faits criminels. Le statut de témoin assisté est privilégié quand les indices ne sont pas graves et concordants. Art. L. 311-1 CJPMArt. L. 413-9 CJPM

06Peut-on être entendu sur le fond comme témoin sans avoir été mis en examen ?+

L’article 105 CPP interdit au juge d’instruction d’entendre comme témoin une personne contre laquelle existent des indices graves et concordants qui justifieraient sa mise en examen. La déloyauté procédurale consistant à entendre une personne sous serment pour contourner les droits de la défense est sanctionnée.

Code de procédure pénale, article 105 : « Les personnes à l’encontre desquelles il existe des indices graves et concordants d’avoir participé aux faits dont le juge d’instruction est saisi ne peuvent être entendues comme témoins. »

La méconnaissance de cette règle ouvre droit à requête en nullité. La personne doit être mise en examen ou bénéficier du statut de témoin assisté pour exercer ses droits. Art. 105 CPP

FAQ

Questions fréquentes.

Mon avocat peut-il voir le dossier avant l’interrogatoire de première comparution ?+

Oui. L’article 114 du Code de procédure pénale impose la mise à disposition du dossier à l’avocat quatre jours ouvrables au plus tard avant l’interrogatoire. L’avocat consulte la procédure au greffe du juge d’instruction ou en demande copie. Cette communication conditionne l’effectivité de la défense. Un défaut de communication dans le délai peut fonder une requête en nullité.

Combien de temps dure un interrogatoire de première comparution ?+

La durée varie selon la complexité du dossier. Un IPC simple dure une à deux heures. Un IPC sur une procédure complexe avec lecture de pièces, observations de l’avocat, demandes d’actes, peut durer une demi-journée. Si le juge saisit le juge des libertés à la suite, l’ensemble de la journée peut être consacré à la procédure.

Puis-je refuser de répondre aux questions du juge d’instruction ?+

Oui. Le droit au silence est notifié à l’ouverture de l’IPC. Vous pouvez choisir de ne faire aucune déclaration, de répondre uniquement à certaines questions, ou de répondre à toutes. Le silence ne peut être interprété comme un aveu. Aucune conséquence négative ne peut être tirée de l’exercice de ce droit fondamental. Le choix s’arbitre avec votre avocat après lecture du dossier.

Quelle différence entre mise en examen et témoin assisté ?+

La mise en examen suppose des indices graves ou concordants rendant vraisemblable la participation aux faits. Elle ouvre l’accès complet aux droits de la défense mais peut entraîner détention provisoire et contrôle judiciaire. Le témoin assisté correspond à des indices simples. Il bénéficie d’un avocat, accède au dossier, mais ne peut être placé en détention ni sous contrôle judiciaire. Le statut de témoin assisté est plus protecteur.

Peut-on être mis en examen sans avocat à l’audience ?+

Non. L’article 116 du Code de procédure pénale prévoit la convocation expresse de l’avocat à l’IPC. Si la personne n’a pas choisi d’avocat, le juge fait désigner d’office un avocat par le bâtonnier. La mise en examen prononcée sans avocat présent ni régulièrement convoqué est entachée de nullité. La présence de la défense est une garantie absolue de la procédure.

Le juge peut-il me placer en détention provisoire le jour même de l’IPC ?+

Le juge d’instruction n’a pas le pouvoir de placer en détention. Il peut saisir le juge des libertés et de la détention le jour même. Le JLD entend la personne mise en examen, son avocat, puis décide. Un débat différé est possible : la personne demande un délai pour préparer la défense, le procureur peut requérir une incarcération provisoire jusqu’au débat. Le rôle de l’avocat est central à ce stade.

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