Cabinet Kohen Avocats · Paris 17ᵉ

Maître Hassan KOHEN intervient en urgence, du commissariat à la cour d'assises. Première analyse stratégique offerte, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Barreau de Paris Garde à vue, instruction, assises Fiche CNB avocat.fr
Maître Hassan KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Hassan KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Avocat mitard et quartier disciplinaire : recours Paris

Parler à un avocat 06 89 11 34 45

Le placement au mitard ou en quartier disciplinaire est la sanction la plus lourde du régime pénitentiaire interne. Elle est prononcée par le chef d’établissement après passage en commission de discipline, peut atteindre vingt à trente jours d’isolement cellulaire, et s’accompagne presque toujours d’un retrait de crédits de réduction de peine. Cette page expose le cadre légal, les droits du détenu, la procédure devant la commission de discipline, et l’arsenal des recours ouverts au détenu et à sa famille à Paris.

DÉTENU CONVOQUÉ EN COMMISSION
Vous êtes visé par une procédure disciplinaire au mitard.
Vous avez reçu un compte rendu d’incident, vous êtes placé en prévention au quartier disciplinaire, ou vous avez été sanctionné par la commission de discipline. Vous voulez contester la sanction, le retrait de crédits de réduction de peine, ou les conditions de détention.

Voir les recours →

FAMILLE D’UN DÉTENU AU MITARD
Votre proche a été placé au quartier disciplinaire.
Votre proche détenu est isolé au mitard, vous n’avez plus de contact téléphonique ni de visite normale, vous craignez une atteinte à sa dignité ou à sa santé. Vous voulez agir vite pour déclencher les recours et faire intervenir un avocat.

Saisir le cabinet →

Comment ça se passe.

1
Vous appelez ou envoyez vos pièces.
Téléphone direct ou dépôt sécurisé jusqu’à 1 Go. Compte rendu d’incident, décision de la commission de discipline, notification de retrait de CRP, courriers à l’administration pénitentiaire.
2
Réponse personnelle sous 24 h.
Maître Hassan KOHEN vous rappelle et formule une première analyse stratégique adaptée au stade de la procédure disciplinaire et aux recours encore ouverts.
3
Rendez-vous au cabinet ou en visio.
Convention d’honoraires claire, demande de permis de communiquer, préparation des recours devant le juge de l’application des peines, le directeur interrégional ou le juge administratif.
Partie I

Régime disciplinaire pénitentiaire : fautes, procédure, sanctions au mitard.

01Quelles sont les fautes disciplinaires en détention et les trois degrés ?+

Le régime disciplinaire des personnes détenues est codifié aux articles R. 231-1 à R. 235-12 du Code pénitentiaire. Les fautes sont classées en trois degrés selon leur gravité, et chaque degré ouvre droit à un éventail de sanctions encadré.

Les fautes du premier degré couvrent les faits les plus graves : violences sur personnel, prise d’otage, évasion, dégradation portant atteinte à la sécurité, participation à toute action collective de nature à compromettre l’ordre. Les fautes du deuxième degré visent par exemple les insultes, menaces, refus d’obtempérer, possession d’objets interdits non dangereux, refus de se soumettre aux mesures de sécurité. Les fautes du troisième degré sanctionnent les manquements de moindre gravité au règlement intérieur. Art. R. 231-1 et s. C. pénit.Art. R. 232-1 à R. 232-9 C. pénit.

02Comment se déroule la procédure devant la commission de discipline ?+

La procédure est régie par les articles R. 232-12 et suivants du Code pénitentiaire. Le surveillant rédige un compte rendu d’incident qui est transmis à un gradé. Si la qualification de faute est retenue, un rapport d’enquête est rédigé. Le chef d’établissement décide alors de poursuivre devant la commission de discipline ou de classer.

La commission est présidée par le chef d’établissement ou son délégué, assistée de deux assesseurs dont un membre extérieur à l’administration pénitentiaire. La personne détenue est convoquée par écrit au moins vingt-quatre heures avant l’audience, avec mention de la nature des faits reprochés, du droit à l’assistance d’un avocat et du droit à un interprète. L’audience est contradictoire. La décision est motivée et notifiée par écrit. Art. R. 232-12 à R. 232-37 C. pénit.

03Quels sont les droits de la défense du détenu et le rôle de l’avocat ?+

Le détenu dispose du droit d’être assisté par un avocat à tous les stades de la procédure disciplinaire. L’avocat peut consulter le dossier au moins vingt-quatre heures avant l’audience, s’entretenir librement avec son client, et présenter des observations orales et écrites devant la commission.

L’avocat peut être désigné personnellement ou commis d’office au titre de l’aide juridictionnelle. Le détenu doit être avisé de ce droit lors de la convocation. À défaut d’avocat le jour de l’audience, le détenu peut demander un renvoi. La commission peut également entendre des témoins, examiner des pièces, et la défense peut produire toute pièce utile, y compris un certificat médical, des attestations de codétenus ou de personnel, et tout élément de contexte. Art. R. 232-22 C. pénit.Art. R. 232-25 C. pénit.

04Quelles sanctions peuvent être prononcées : mitard, perte de CRP, autres ?+

Les sanctions sont énumérées aux articles R. 233-1 et R. 233-2 du Code pénitentiaire. Elles vont du simple avertissement au placement en cellule disciplinaire, en passant par la privation d’activités, le confinement en cellule individuelle ordinaire, la privation de cantine ou la mise à pied d’un emploi pénitentiaire.

Le placement en cellule disciplinaire, communément appelé mitard ou quartier disciplinaire, est la sanction la plus lourde. Il s’accompagne presque systématiquement d’un retrait de crédits de réduction de peine prononcé par le juge de l’application des peines au visa des articles 721 et 721-1 du Code de procédure pénale. La perte de CRP peut atteindre plusieurs mois selon la gravité de la faute et le comportement antérieur du condamné. Art. R. 233-1 et R. 233-2 C. pénit.Art. 721 et 721-1 CPP

05Quelle est la durée maximale du placement au mitard (20 jours, 30 jours) ?+

La durée maximale du placement en cellule disciplinaire dépend du degré de la faute. Pour une faute du premier degré, la durée maximale est de trente jours pour un majeur lorsqu’il s’agit d’actes de violence physique. Pour les autres fautes du premier degré et pour les fautes du deuxième degré, la durée est ramenée à vingt jours. Les fautes du troisième degré ne peuvent excéder quatorze jours.

Pour les mineurs, la durée est réduite : sept jours maximum pour une faute du premier degré, cinq jours pour le deuxième degré, trois jours pour le troisième degré. La sanction peut être assortie d’un sursis total ou partiel, ce que la défense doit systématiquement solliciter. Au-delà de ces plafonds, le maintien à l’isolement disciplinaire est illégal et susceptible de recours en référé devant le juge administratif. Art. R. 233-3 C. pénit.Art. R. 233-5 C. pénit.

Le mitard isole, le retrait de CRP allonge la peine, l’avocat ouvre les voies de recours.

Chaque décision disciplinaire repose sur un texte, une qualification, une procédure contradictoire et une motivation. La défense étudie le compte rendu d’incident, la régularité de la commission, la proportionnalité de la sanction et les conditions matérielles d’exécution. Le détenu et sa famille doivent agir vite, les délais sont brefs.

Partie II

Recours du détenu et de la famille : commission, JAP, juge administratif.

01Comment contester la décision de la commission de discipline ?+

La décision de la commission de discipline est une décision administrative. Elle peut faire l’objet d’un recours administratif préalable obligatoire devant le directeur interrégional des services pénitentiaires, dans un délai de quinze jours à compter de la notification. Le directeur interrégional dispose d’un mois pour statuer. Le silence vaut décision implicite de rejet.

Après cette première étape, le détenu peut saisir le tribunal administratif compétent dans un délai de deux mois à compter de la décision expresse ou implicite. Le recours pour excès de pouvoir vise l’annulation de la sanction. Un référé-suspension fondé sur l’article L. 521-1 du Code de justice administrative peut être déposé pour suspendre l’exécution. En cas d’atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, le référé-liberté de l’article L. 521-2 du Code de justice administrative permet une décision sous quarante-huit heures. Art. R. 234-1 et s. C. pénit.Art. L. 521-2 CJA

02Comment contester le retrait de crédits de réduction de peine devant le JAP ?+

Le retrait de crédits de réduction de peine est ordonné par le juge de l’application des peines après la sanction disciplinaire. Il fait l’objet d’une ordonnance motivée susceptible d’appel devant la chambre de l’application des peines dans un délai de vingt-quatre heures pour le condamné, conformément à l’article D. 49-41-2 du Code de procédure pénale.

L’appel est suspensif si la décision n’a pas encore été exécutée. La chambre de l’application des peines de la cour d’appel statue dans des délais brefs. La défense peut contester la matérialité de la faute, sa qualification, la proportionnalité du retrait au regard du comportement global du condamné, et les conséquences sur la date de libération. La Cour de cassation a jugé que la chambre d’application des peines ne peut, sur le seul appel du condamné, aggraver le retrait initialement prononcé.

Cass. crim., 20 mars 2024, n° 23-84.012, publié au Bulletin : « Vu l’article D. 49-41-2 du Code de procédure pénale ; il résulte de ce texte que, lorsqu’elle est saisie du seul appel du condamné contre une ordonnance du juge de l’application des peines retirant un crédit de réduction de peine, la chambre de l’application des peines ne peut aggraver le sort de l’appelant en retirant un crédit de réduction de peine d’une durée supérieure à celle ordonnée par le premier juge. »

La cassation a été prononcée à propos d’une chambre qui avait retiré soixante jours de CRP, alors que le JAP n’en avait retiré que quinze. La défense doit donc maîtriser cet interdit d’aggravation et l’invoquer systématiquement. Art. 721 et 721-1 CPPArt. D. 49-41-2 CPPCass. crim., 20 mars 2024, n° 23-84.012

03Quand engager un référé-liberté devant le juge administratif pour conditions de détention indignes ?+

Le référé-liberté de l’article L. 521-2 du Code de justice administrative permet de saisir le juge administratif en urgence lorsque l’administration pénitentiaire porte une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. La dignité de la personne humaine, le droit à la vie et l’interdiction des traitements inhumains et dégradants entrent dans cette catégorie.

Le juge des référés statue dans un délai de quarante-huit heures et peut ordonner toute mesure utile : fin du placement, fourniture de matériel, accès à l’eau, à la douche, soins médicaux, transfert. Les conditions matérielles d’exécution du mitard, l’absence de ventilation, l’insalubrité, la privation de promenade ou l’absence d’accès aux soins peuvent justifier ce recours. La famille peut alerter et fournir des éléments, mais le détenu reste le requérant ; l’avocat dépose la requête. Art. L. 521-2 CJA

04Comment fonctionne le recours 803-8 CPP contre les conditions de détention indignes ?+

L’article 803-8 du Code de procédure pénale, issu de la loi du 8 avril 2021, ouvre au détenu un recours juridictionnel devant le juge des libertés et de la détention ou le juge de l’application des peines selon le stade procédural. La requête vise à faire constater des conditions de détention contraires à la dignité de la personne humaine et à obtenir des mesures correctives, voire un transfert ou une mise en liberté.

La procédure est strictement contradictoire et la Cour de cassation veille à la communication des observations de l’administration au requérant. Le défaut de transmission justifie la cassation.

Cass. crim., 21 janv. 2026, n° 25-87.503 : « Vu les articles 803-8 du Code de procédure pénale et R. 249-23 du même code, la personne détenue qui considère que ses conditions de détention sont contraires à la dignité de la personne humaine et dont la requête a été estimée recevable doit recevoir copie des observations écrites du chef de l’établissement pénitentiaire et être invitée par le juge à produire sans délai ses observations. »

La défense doit donc vérifier la régularité de la procédure : communication intégrale des écrits de l’administration, délai laissé pour répondre, motivation de la décision. Le non-respect du contradictoire est une cause d’annulation. Art. 803-8 CPPArt. R. 249-23 CPPCass. crim., 21 janv. 2026, n° 25-87.503

05Comment articuler la procédure disciplinaire avec une procédure pénale en cours ?+

Une même conduite en détention peut donner lieu à une sanction disciplinaire et à des poursuites pénales devant le tribunal correctionnel. Le principe non bis in idem ne s’applique pas entre l’action disciplinaire interne et l’action pénale, qui poursuivent des finalités distinctes. La sanction disciplinaire peut intervenir même si l’action pénale est engagée ou clôturée.

Toutefois, la défense doit veiller à la cohérence des versions, à la qualification des faits et à l’impact d’une condamnation sur l’exécution de la peine en cours. Une violence sur surveillant peut conduire à une perte de plusieurs mois de CRP, à une révocation d’aménagement de peine, et à une nouvelle peine ferme. La coordination entre la défense disciplinaire devant la commission, la défense devant le JAP et la défense correctionnelle est essentielle. L’avocat assure cette unité stratégique. Art. R. 232-12 et s. C. pénit.Art. 721 et 721-1 CPP

FAQ

Questions fréquentes.

Peut-on être placé au mitard en prévention avant la commission de discipline ?+

Oui. Le chef d’établissement peut décider d’un placement préventif en cellule disciplinaire en cas d’urgence et lorsque la sécurité ou le bon ordre l’exigent. Cette mesure ne peut excéder un délai bref, généralement deux jours ouvrés, jusqu’à la tenue de la commission. Elle doit être motivée et notifiée. Le temps passé en prévention est imputé sur la sanction définitivement prononcée.

La famille peut-elle saisir un avocat à la place du détenu ?+

La famille peut prendre contact avec un avocat, transmettre des informations et avancer les honoraires. Toutefois, le détenu reste le seul client juridique et doit ratifier le mandat. L’avocat sollicitera un permis de communiquer pour s’entretenir avec son client en détention. La famille reste informée dans le respect du secret professionnel et avec l’accord du détenu.

Le placement au mitard peut-il être assorti d’un sursis ?+

Oui. La commission de discipline peut prononcer une sanction de placement en cellule disciplinaire assortie d’un sursis total ou partiel. Le sursis peut être révoqué en cas de nouvelle faute commise dans un délai déterminé. La défense doit systématiquement solliciter l’application du sursis, en mettant en avant le comportement antérieur, l’absence de précédent disciplinaire récent, et la disproportion d’une sanction ferme.

Le détenu peut-il continuer à voir sa famille pendant le mitard ?+

Les conditions de visite sont restreintes pendant le placement au quartier disciplinaire. Les parloirs peuvent être maintenus à un rythme limité et dans des conditions adaptées. La correspondance écrite reste possible. Le détenu conserve le droit de s’entretenir avec son avocat à tout moment. Toute restriction excessive des liens familiaux peut être contestée devant le juge administratif.

Quels délais pour les recours après une sanction de la commission de discipline ?+

Le recours administratif préalable obligatoire devant le directeur interrégional doit être déposé dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision. Le recours contentieux devant le tribunal administratif doit ensuite être introduit dans un délai de deux mois à compter de la décision expresse ou implicite de l’autorité hiérarchique. L’appel de la décision de retrait de CRP devant la chambre d’application des peines est de vingt-quatre heures pour le condamné. Le référé-liberté n’a pas de délai mais suppose une urgence caractérisée.

Envoyez vos pièces. Recevez une stratégie.

Transmettez les pièces de votre dossier au cabinet. Maître Hassan KOHEN vous répond personnellement sous 24 heures avec une première analyse stratégique.

Première analyse offerte
Réponse personnelle sous 24 h
100 % confidentiel
Jusqu’à 1 Go de pièces

📄 Circulaire officielle

Nos données proviennent de la Cour de cassation (Judilibre), du Conseil d'État, de la DILA, de la Cour de justice de l'Union européenne ainsi que de la Cour européenne des droits de l'Homme.

Recherche dans la base juridique

Trouvez une décision, une chambre, un thème

Plus de 100 000 décisions commentées par notre intelligence artificielle, indexées en temps réel.

    Recherche propulsée par Meilisearch sur kohenavocats.com et kohenavocats.fr.
    Analyse stratégique offerte

    Envoyez vos pièces. Recevez une stratégie.

    Transmettez-nous les pièces de votre dossier. Maître Hassan KOHEN vous répond personnellement sous 24 heures avec une première analyse stratégique de votre situation.

    • Première analyse offerte et sans engagement
    • Réponse personnelle de l'avocat sous 24 heures
    • 100 % confidentiel, secret professionnel garanti
    • Jusqu'à 1 Go de pièces, dossiers et sous-dossiers acceptés

    Cliquez ou glissez vos fichiers ici
    Tous formats acceptes (PDF, Word, images, etc.)

    Envoi en cours...

    Vos donnees sont utilisees uniquement pour traiter votre demande. Politique de confidentialite.

    En savoir plus sur Maître Hassan Kohen, avocat en droit pénal à Paris

    Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

    Poursuivre la lecture