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Maître Hassan KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Hassan KOHEN
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Avocat prise illégale d’intérêts Paris : défense art 432-12 CP

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Une enquête préliminaire est ouverte contre vous. Vous êtes élu local, fonctionnaire territorial, dirigeant d’un organisme public. Le procureur évoque la prise illégale d’intérêts. Cette page expose le texte de l’article 432-12 du Code pénal, les éléments que le parquet doit prouver, les exceptions prévues pour les petites communes, le déroulement de la procédure et la stratégie de défense devant les juridictions parisiennes et le Parquet national financier.

Vous êtes mis en cause
Élu ou agent public confronté au délit de prise illégale d’intérêts.
Enquête PNF ou parquet local, perquisition, audition libre ou garde à vue, mise en examen. Le cabinet intervient à chaque stade pour préserver vos droits et préparer la défense au fond.

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Vous êtes opposant ou citoyen
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Plainte simple ou avec constitution de partie civile, signalement article 40 CPP, saisine de la HATVP. Le cabinet analyse la recevabilité et bâtit la stratégie probatoire.

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Partie I

Le délit de prise illégale d’intérêts : qualification et éléments constitutifs.

01Que dit l’art 432-12 CP aujourd’hui ?+

L’article 432-12 du Code pénal réprime le fait, pour une personne investie d’un pouvoir public, de retirer ou conserver un intérêt dans une opération qu’elle a la charge de surveiller, d’administrer, de liquider ou de payer.

Code pénal, article 432-12 : « Le fait, par une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public ou par une personne investie d’un mandat électif public, de prendre, recevoir ou conserver, directement ou indirectement, un intérêt de nature à compromettre son impartialité, son indépendance ou son objectivité dans une entreprise ou dans une opération dont elle a, au moment de l’acte, en tout ou partie, la charge d’assurer la surveillance, l’administration, la liquidation ou le paiement, est puni de cinq ans d’emprisonnement et d’une amende de 500 000 €, dont le montant peut être porté au double du produit tiré de l’infraction. »

La peine principale est de cinq ans d’emprisonnement et 500 000 euros d’amende, doublable au regard du produit de l’infraction. Art. 432-12 CP

02Réforme 2022 conflit intérêts : de l’« intérêt quelconque » à l’« intérêt compromettant l’impartialité ».+

La loi du 22 décembre 2021 pour la confiance dans l’institution judiciaire a substitué à la formule historique « intérêt quelconque » la notion d’« intérêt de nature à compromettre son impartialité, son indépendance ou son objectivité », rapprochant la définition pénale de la définition du conflit d’intérêts posée par la loi du 11 octobre 2013 sur la transparence de la vie publique.

La Cour de cassation a précisé que la nouvelle rédaction est « équivalente » à l’ancienne au regard de l’objectif d’indépendance, d’impartialité et d’objectivité des fonctions publiques. La jurisprudence antérieure conserve donc l’essentiel de sa pertinence. Loi n° 2021-1729 du 22 déc. 2021, art. 15Cass. crim., 5 avril 2023, n° 21-87.217

03Élu local prise illégale : qui est concerné exactement ?+

L’auteur doit être dépositaire de l’autorité publique, chargé d’une mission de service public ou investi d’un mandat électif public : maire et adjoint, conseiller départemental ou régional, parlementaire, ministre, magistrat, fonctionnaire, agent public, dirigeant d’établissement public, dirigeant de société d’économie mixte.

La qualité s’apprécie au moment de l’acte. L’élu qui ne dispose plus d’aucun pouvoir effectif sort du champ de l’article 432-12. Il peut, en revanche, encourir les poursuites de l’article 432-13 sur la prise illégale d’intérêts après cessation des fonctions, dit pantouflage. Art. 432-12 CPArt. 432-13 CP

04En quoi consiste la « charge » de l’opération ?+

L’auteur doit avoir, au moment de l’acte, la charge d’assurer la surveillance, l’administration, la liquidation ou le paiement de l’opération. Une simple compétence administrative générale ne suffit pas : il faut un pouvoir effectif sur l’opération litigieuse.

La Cour de cassation rappelle que la qualité de vice-président d’une autorité administrative indépendante ne caractérise pas, à elle seule, une surveillance ou un contrôle de l’entreprise concernée. Il faut démontrer une intervention concrète dans le processus décisionnel. Cass. crim., 13 septembre 2023, n° 23-80.347

05Faut-il un enrichissement ou une intention de nuire ?+

Non. L’élément matériel suffit dès lors que l’auteur a connaissance des qualités qu’il revêt et de l’intérêt qu’il détient. La jurisprudence ne réclame ni l’intention de nuire, ni la preuve d’un bénéfice personnel effectif. Le délit est consommé même si l’opération n’a généré aucun gain.

La Cour de cassation juge que les infractions de prise illégale d’intérêts sont détachables des mandats et fonctions publics exercés par leur auteur, ce qui exclut la protection fonctionnelle de la collectivité. Cass. crim., 8 mars 2023, n° 22-82.229

06Marché public prise illégale : quels cas typiques alimentent les poursuites ?+

Élu qui vote une subvention à une association qu’il préside, maire qui attribue un marché public à une entreprise dirigée par un proche, conseiller régional qui participe à une délibération sur un partenariat avec une société dont il est associé, fonctionnaire qui instruit un dossier intéressant son conjoint, élu municipal qui participe à la cession d’un bien communal acquis ensuite par sa famille.

La Cour de cassation a confirmé la condamnation d’un président de conseil départemental ayant participé au versement d’une subvention à une commune, ensuite utilisée pour payer l’acquisition de terrains appartenant à sa famille. Cass. crim., 24 septembre 2025, n° 24-84.322

La défense pénale d’un élu n’est pas une plaidoirie d’opportunité. C’est une analyse millimétrée du conflit.

Texte, qualité, charge effective, nature de l’intérêt, motif impérieux : chaque élément du délit est discuté, chaque pièce est rapportée, chaque audition est préparée.

Partie II

Procédure, peines et stratégie de défense.

01Parquet local ou Parquet national financier (PNF) ?+

L’article 705 du Code de procédure pénale, issu de la loi du 6 décembre 2013, organise une compétence concurrente du PNF, du juge d’instruction et du tribunal correctionnel de Paris pour les délits prévus aux articles 432-10 à 432-15 du Code pénal, lorsque l’affaire apparaît « d’une grande complexité ».

Le PNF est saisi des dossiers à fort enjeu : grand nombre d’auteurs, ressort géographique étendu, sommes importantes, personnalités publiques. À défaut, le parquet local conserve sa compétence. Art. 705 CPPLoi n° 2013-1117 du 6 déc. 2013

02Garde à vue : quel régime et quelle durée ?+

La prise illégale d’intérêts ne figure pas dans la liste des infractions de criminalité organisée de l’article 706-73 du Code de procédure pénale. Le régime dérogatoire de 96 heures de l’article 706-88 ne s’applique pas, sauf circonstance particulière de bande organisée.

S’applique le régime de droit commun : la garde à vue ne peut excéder vingt-quatre heures, prolongeable une fois. Soit une durée maximale de 48 heures. L’avocat intervient dès la première heure et assiste aux auditions. Art. 63 CPPArt. 706-73 CPP

03Peines complémentaires : inéligibilité, confiscation, publication.+

L’article 432-17 du Code pénal énumère les peines complémentaires : interdiction des droits civils, civiques et de famille selon les articles 131-26 et 131-26-1 ; interdiction d’exercer une fonction publique ou l’activité dans laquelle l’infraction a été commise ; confiscation des sommes ou objets irrégulièrement reçus ; affichage ou diffusion de la décision.

L’interdiction des droits civiques entraîne, par application de l’article 131-26, une inéligibilité pendant une durée maximale de dix ans pour un crime ou cinq ans pour un délit. La peine est lourdement médiatisée pour les élus condamnés. Art. 432-17 CPArt. 131-26 CP

04Quels axes de défense privilégier ?+

Plusieurs lignes d’argumentation sont mobilisables. La contestation de la qualité : l’auteur n’avait, au moment de l’acte, ni mandat ni pouvoir effectif sur l’opération. La contestation de la charge : l’opération relevait d’une autre autorité, l’auteur s’est régulièrement abstenu, il n’a ni signé l’acte ni participé au vote.

La contestation de la nature de l’intérêt : intérêt purement public ou général, sans avantage personnel ni patrimonial. La démonstration d’un motif impérieux d’intérêt général. Chaque axe se construit par la preuve : délibérations, procès-verbaux d’abstention, attestations, expertises comptables. Art. 432-12 CP

05Comment fonctionne l’exception des communes de moins de 3 500 habitants ?+

L’article 432-12 prévoit des exceptions strictes pour les maires, adjoints et conseillers municipaux délégués des communes comptant 3 500 habitants au plus. Ces élus peuvent contracter avec leur commune dans la limite d’un montant annuel de 16 000 euros pour le transfert de biens ou la fourniture de services.

Ils peuvent aussi acquérir une parcelle d’un lotissement communal pour leur habitation, conclure un bail avec la commune ou acquérir un bien communal pour leur activité professionnelle, sur délibération motivée après évaluation des domaines. L’élu intéressé doit s’abstenir du vote. Art. 432-12 al. 2 et s. CP

06Délit instantané ou délit continu : pourquoi cela change tout pour la prescription.+

Le délit peut être instantané, par la prise d’intérêt, ou continu, par la conservation de l’intérêt. La Cour de cassation a précisé que l’infraction continue suppose que perdure le cumul, chez l’auteur, du pouvoir de surveillance ou d’administration et de l’intérêt dans l’opération.

Tant que perdure le cumul, la prescription ne court pas. Le contentieux se concentre alors sur la date à laquelle ce cumul a effectivement cessé. Cass. crim., 25 juin 2025, n° 23-81.084

FAQ

Questions fréquentes.

Mon abstention au vote suffit-elle à m’exonérer ?+

L’abstention est utile mais non décisive seule. Le tribunal examine tout le processus décisionnel : participation aux travaux préparatoires, aux échanges informels, à la rédaction des documents soumis au vote. L’abstention doit être formelle, mentionnée au procès-verbal, et accompagnée d’un retrait effectif du processus.

Quel est le délai de prescription du délit de prise illégale d’intérêts ?+

Six ans à compter de la consommation du délit, par application de l’article 8 du Code de procédure pénale. Pour un délit continu, la prescription ne court qu’à compter de la cessation du cumul des qualités, principe rappelé par Cass. crim., 25 juin 2025, n° 23-81.084. La date exacte fait souvent l’objet d’un débat technique au cours de l’instruction.

Suis-je obligé de répondre lors d’une audition libre ou d’une garde à vue ?+

Non. L’article 61-1 du Code de procédure pénale pour l’audition libre et l’article 63-1 pour la garde à vue imposent la notification du droit au silence. Vous pouvez répondre, vous taire ou ne répondre qu’à certaines questions. Le choix se prépare avec l’avocat, en fonction du dossier et de la stratégie retenue.

Le PNF est-il systématiquement saisi pour un élu mis en cause ?+

Non. L’article 705 du Code de procédure pénale prévoit une compétence concurrente, conditionnée à la « grande complexité » de l’affaire. Le PNF se concentre sur les dossiers à dimension nationale ou impliquant des sommes et des acteurs nombreux. Pour les dossiers locaux, le parquet du tribunal judiciaire territorialement compétent demeure le plus souvent en charge.

Une condamnation entraîne-t-elle automatiquement l’inéligibilité ?+

L’inéligibilité n’est pas automatique sur le fondement de l’article 432-12. Elle suppose le prononcé d’une peine complémentaire d’interdiction des droits civiques sur le fondement des articles 131-26 et 432-17. Depuis la loi Sapin II du 9 décembre 2016, la juridiction doit motiver spécialement la décision si elle écarte cette peine pour un élu condamné pour atteinte à la probité. L’enjeu de la plaidoirie sur la peine est donc majeur.

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